Anthropologie conflictuelle : Selon Hobbes, la nature humaine est intrinsèquement conflictuelle, caractérisée par une rivalité permanente, une méfiance et une lutte pour la reconnaissance, ce qui engendre un état de guerre permanent (Livre de Job, source biblique du Léviathan).
Tendance naturelle à la quête du profit personnel : Hobbes affirme que chaque individu, par nature, cherche à satisfaire ses désirs et à maximiser ses avantages, ce qui conduit à une compétition constante entre les êtres humains (Léviathan, Livre I, Chap 13, 1651).
L’association comme convention artificielle imposée par la nature humaine : L’association n’est pas une nécessité inscrite dans la nature, mais une convention artificielle que les hommes choisissent pour garantir leur sécurité et leur propriété, face à leur tendance conflictuelle.
Instauration de l’État pour garantir sécurité et propriété : Hobbes propose que l’État, ou Leviathan, soit créé par un contrat social afin de mettre fin à l’état de guerre permanent, en centralisant la puissance pour assurer la sécurité et la stabilité des biens et des personnes.
Hobbes conçoit la nature humaine comme conflictuelle, où l’égalité naturelle entre les individus, combinée à leur tendance à la méfiance, mène inévitablement à la rivalité et à la guerre de tous contre tous (Livre I, Chap 13, 1651).
La quête du profit personnel, motivée par la peur de la mort et le désir de puissance, pousse chaque individu à agir de manière égoïste, ce qui rend la coopération difficile sans une autorité supérieure.
La convention d’association, bien que volontaire, devient une nécessité pour sortir de la violence naturelle, car l’état de nature est marqué par l’insécurité permanente.
La solution hobbesienne consiste à instaurer un pouvoir souverain, le Léviathan, qui détient le monopole de la force légitime, afin de garantir la sécurité et la propriété, en échange de la cession de la liberté individuelle.
La nature humaine, selon Hobbes, ne peut assurer la paix sans l’intervention d’un pouvoir centralisé, ce qui justifie la nécessité de l’État comme institution artificielle.
La nature humaine selon Hobbes est conflictuelle et égoïste, nécessitant la création d’un État fort pour garantir la sécurité et la propriété, en substituant la convention artificielle à l’instinct naturel de guerre.
HOBBES (1651) : « La nature a fait les humains si égaux » — Constat d’une égalité naturelle entre les êtres humains, notamment dans leur capacité à dominer les autres, traduite par la puissance équivalente des individus. Hobbes précise que cette égalité ne concerne pas seulement les corps mais aussi les esprits, ce qui rend impossible une domination naturelle durable.
Égalité dans l’espérance des fins : Selon Hobbes, tous les individus ont une égalité dans leurs attentes de parvenir à leurs fins, ce qui engendre des conflits permanents. La poursuite de fins similaires ou opposées crée un cycle infini de rivalités, car chacun croit pouvoir atteindre ses objectifs.
Sources de conflit liées à l’égalité naturelle : L’égalité dans la capacité à dominer, combinée à l’espérance partagée de succès, génère des rivalités, méfiances et luttes pour la possession ou la reconnaissance, conduisant à un état de guerre permanent selon Hobbes.
Hobbes établit que l’égalité naturelle entre les êtres humains repose sur leur capacité à dominer, ce qui, paradoxalement, rend la domination durable impossible car chaque individu possède une puissance équivalente. Cette égalité est une source fondamentale de conflit, car elle entraîne une compétition constante pour la possession, la reconnaissance ou la sécurité.
La tendance naturelle à la quête du profit personnel, combinée à l’égalité dans l’espérance de succès, crée un cycle infini de rivalités et de méfiance, rendant la coexistence pacifique impossible sans une autorité supérieure.
La conséquence de cette égalité est une instabilité permanente, où la sécurité et la propriété ne peuvent être garanties par les individus eux-mêmes, justifiant la nécessité d’un État pour instaurer la sécurité commune (voir section 4).
L’égalité naturelle entre les êtres humains, selon Hobbes, est à la fois une condition de leur puissance et une source inévitable de conflit, ce qui rend indispensable la création d’un pouvoir souverain pour garantir la paix et la sécurité.
La défiance naturelle, la rivalité, et l’orgueil conduisent à un état de guerre permanent entre individus, rendant nécessaire l’intervention d’une puissance souveraine pour garantir la sécurité et la paix sociales.
Contrat social (Hobbes, 1651) : Convention artificielle par laquelle des individus, en abandonnant leur souveraineté individuelle, délèguent leur pouvoir à une autorité unique pour garantir la sécurité et l’ordre. La société repose sur cet accord volontaire visant à éviter la guerre de tous contre tous.
Souveraineté (Hobbes, 1651) : Pouvoir absolu et indivisible confié à un souverain ou une assemblée d’hommes, qui détient la légitimité d’imposer la loi et d’utiliser la force pour maintenir la paix. La souveraineté est la puissance ultime, non arbitraire, mais légitime par le contrat.
Abandon de souveraineté (Hobbes, 1651) : Acte par lequel les individus cèdent volontairement leur pouvoir individuel au souverain, en échange de la sécurité commune. Cet abandon est nécessaire pour sortir de l’état de nature conflictuel et instaurer la paix.
Origine de l’État (Hobbes, 1651) : Résulte d’un contrat entre les individus, qui acceptent de transférer leur liberté naturelle à une autorité souveraine afin d’assurer leur sécurité et leur propriété. La création de l’État est une convention artificielle, imposée par la nature conflictuelle de l’homme.
Volonté unique (Hobbes, 1651) : La volonté collective qui émerge de la multitude des volontés individuelles, unifiée sous l’autorité du souverain. Elle constitue la seule véritable volonté légitime pour faire respecter la paix et la justice, évitant ainsi le chaos inhérent à la nature humaine.
La conception hobbesienne du contrat social repose sur l’idée que l’état de nature est caractérisé par la méfiance, la rivalité et la guerre permanente, car « la nature a fait les humains si égaux » (Hobbes, 1651). Cette égalité naturelle engendre des conflits liés à la possession et à la reconnaissance.
Pour sortir de cette anarchie, les individus acceptent de céder leur souveraineté à un pouvoir souverain, incarné par un homme ou une assemblée, qui détient le monopole de la force légitime. La souveraineté est donc une puissance absolue, mais légitime, qui garantit la sécurité de tous.
La légitimité du souverain repose sur le consentement des sujets, qui ont choisi cette délégation de pouvoir pour assurer leur survie. La puissance du souverain doit être mutuelle, c’est-à-dire que sa force doit concerner tous les individus de manière égale, pour éviter la rébellion ou la guerre civile.
La théorie hobbesienne insiste sur le fait que l’obéissance aux lois est une nécessité pour prévenir le retour à l’état de nature, où la vie serait « solitaire, pauvre, nasty, brutish, et courte » (Hobbes). La stabilité et la paix sont donc le résultat d’un pacte collectif.
La souveraineté n’est pas arbitraire, mais doit respecter la légitimité du contrat social. La puissance souveraine, une fois instaurée, ne doit pas être limitée par des droits individuels, car cela risquerait de fragiliser l’ordre établi.
Le contrat social selon Hobbes est une convention artificielle par laquelle les individus abandonnent leur souveraineté naturelle pour instaurer une puissance souveraine légitime, capable de garantir la paix et la sécurité, évitant ainsi la guerre de tous contre tous.
Souveraineté : Pouvoir légitime et unique d’un État ou d’un souverain, qui ne partage son autorité avec aucune autre instance. Elle garantit l’autorité suprême sur l’ensemble du territoire et la population, et ne peut être contestée sans remettre en cause la légitimité même de l’État. AUTEUR (date) : notion centrale en philosophie politique, notamment chez Jean Bodin (1576), qui définit la souveraineté comme la puissance absolue et perpétuelle d’une République.
Pouvoir du souverain sur lui-même et sur les sujets : La capacité du souverain à exercer son autorité sans contrainte extérieure, incluant la maîtrise de ses propres actions et décisions. Cela implique une autonomie complète dans l’exercice de la souveraineté, assurant la cohérence et la stabilité de l’ordre politique. AUTEUR (date) : selon Hobbes (1651), la souveraineté implique la puissance absolue du souverain sur lui-même et sur ses sujets, pour garantir la paix et la sécurité.
Usage exclusif de la force par le souverain : La prérogative du souverain à détenir le monopole de la violence légitime sur son territoire, conformément à la théorie de Max Weber (1919). Cela signifie que seul le souverain peut légitimement recourir à la force pour faire respecter la loi, assurer la sécurité, et maintenir l’ordre. Toute utilisation de la force par une autre instance est considérée comme illégitime.
Distinction entre souveraineté et pouvoir arbitraire : La souveraineté, bien que dotée d’un pouvoir absolu, doit être exercée dans le respect de la légitimité et de la justice. La souveraineté n’est pas synonyme de pouvoir arbitraire, qui serait exercé sans limite ni justification morale ou légale. La légitimité de la souveraineté repose sur la conformité aux principes du contrat social ou à la légitimité divine, selon les théories. AUTEUR (date) : selon Rousseau (1762), la souveraineté doit être fondée sur la volonté générale, et non sur la volonté arbitraire du souverain.
Pouvoir légitime et unique : La souveraineté confère une autorité exclusive, reconnue comme légitime par la société ou la communauté politique. Elle ne peut être partagée ou déléguée sans perdre sa nature propre. La légitimité de ce pouvoir repose sur la conformité à la loi, au contrat social ou à la volonté collective. AUTEUR (date) : chez Bodin (1576), la souveraineté est indivisible et doit être concentrée dans une seule instance pour assurer la stabilité.
La souveraineté désigne le pouvoir légitime, indivisible et exclusif d’un État ou d’un souverain, qui doit être exercé dans le respect de la légitimité et de la justice, notamment par le monopole de la force légitime.
Loi politique comme produit d’un accord collectif : La loi résulte d’un consensus ou d’un contrat entre les membres d’une société, garantissant l’ordre et la justice. Selon Montesquieu (10/02/26), la légitimité de la loi repose sur sa provenance collective, notamment dans un régime démocratique où le peuple participe à sa création.
Obéissance fondée sur intérêt et justice : L’obéissance à la loi est motivée par la reconnaissance de son aspect juste ou par l’intérêt personnel à respecter l’ordre social. Montesquieu souligne que dans un gouvernement populaire, la légitimité de la loi repose sur son alignement avec l’intérêt général, ce qui favorise une obéissance volontaire.
Obéissance motivée par respect ou crainte selon régime : La nature de l’obéissance varie selon le régime politique. Dans une monarchie ou autocratie, elle est souvent due à la crainte ou au respect de l’autorité héréditaire ou arbitraire. Dans un régime démocratique, elle est plutôt basée sur le respect des principes et la conviction morale, comme le montre Montesquieu (10/02/26).
Rôle de l’éducation et du débat public dans l’obéissance volontaire : La formation civique et la participation démocratique renforcent la légitimité et la compréhension des lois, incitant à une obéissance volontaire. Montesquieu insiste sur l’importance de l’éducation et du débat pour que l’obéissance ne soit pas seulement mécanique, mais morale et éclairée.
La loi politique est le résultat d’un accord collectif, qui peut prendre la forme d’un contrat ou d’une convention, garantissant la stabilité et la justice dans la société (voir références à Montesquieu, 10/02/26).
L’obéissance à la loi peut être motivée par la justice et l’intérêt, ou par la peur et le respect, selon le régime. Dans un régime démocratique, l’obéissance volontaire repose sur la conviction morale et la légitimité de la loi, renforcée par l’éducation civique et le débat public.
La légitimité de la loi repose sur sa conformité à la volonté générale ou à l’intérêt collectif, ce qui justifie l’obéissance volontaire plutôt que la simple contrainte. La participation citoyenne et la transparence dans l’élaboration des lois favorisent cette obéissance morale.
La distinction entre obéissance par intérêt (pragmatique) et obéissance par respect (morale) est essentielle pour comprendre la nature de la légitimité et la stabilité du régime.
La critique de la légitimité de la loi peut émerger si celle-ci est perçue comme injuste ou arbitraire, ce qui peut conduire à la désobéissance civile, comme le montre Thoreau ou Rousseau.
L’obéissance à la loi repose autant sur un accord collectif légitime que sur la conviction morale et le respect, renforcés par l’éducation et le débat public, ce qui garantit une obéissance volontaire et durable.
La liberté politique consiste en la capacité d’agir selon la loi légitime, obtenue par une obéissance volontaire motivée par la justice et l’intérêt collectif, dans un cadre où la souveraineté s’exprime à travers des lois légitimes.
Liberté morale : Capacité de déterminer par soi-même le sens de ses actions, en étant maître de ses choix et de ses valeurs, sans être contraint par une volonté extérieure. Elle implique une autonomie intérieure dans la décision morale.
(Source : cours, notion développée dans le cadre de la liberté morale)
Liberté existentielle : Autonomie de l’individu face aux déterminations extérieures, c’est-à-dire la capacité de se définir et de choisir son propre devenir indépendamment des influences ou contraintes extérieures. Elle renvoie à la condition d’être un sujet libre dans son existence.
(Source : cours, notion développée dans le cadre de la liberté existentielle)
Distinction entre liberté politique, morale et existentielle :
La liberté morale concerne la maîtrise intérieure de ses choix, tandis que la liberté existentielle renvoie à l’autonomie fondamentale de l’individu face aux déterminismes extérieurs, toutes deux essentielles pour comprendre la véritable nature de la liberté humaine.
Désobéissance morale : Refus délibéré d’obéir à une loi en raison de son illégitimité morale, c’est-à-dire lorsque la loi va à l’encontre de principes éthiques ou de justice. Selon Hannah Arendt (1969), cette désobéissance vise à remettre en question la légitimité morale de l’autorité ou de la loi, en s’appuyant sur des critères éthiques plutôt que sur des intérêts personnels.
Désobéissance par intérêt personnel : Refus d’obéir à une loi motivé par des bénéfices ou avantages individuels, sans considération pour la légitimité morale ou l’intérêt général. Elle est souvent considérée comme une désobéissance égoïste ou opportuniste, opposée à la désobéissance morale.
Désobéissance collective et légitimité politique : Action collective de désobéissance visant à contester la légitimité d’un ordre ou d’une loi, en mobilisant un groupe pour défendre des principes politiques ou sociaux. Martin Luther King (1958) a illustré cette notion en prônant une désobéissance civile non violente pour faire évoluer la légitimité politique d’un régime injuste.
Critère moral pour l’obéissance aux lois : Principe selon lequel l’obéissance aux lois doit être fondée sur leur légitimité morale, c’est-à-dire leur conformité à des principes éthiques ou à la justice. La légitimité morale peut justifier la désobéissance si la loi est perçue comme contraire à ces principes.
Légitimité (voir section 3) : Reconnaissance par les citoyens de la validité et de la justice d’une autorité ou d’une loi, fondée sur des critères éthiques, démocratiques ou rationnels. La légitimité constitue la condition essentielle pour que l’obéissance soit moralement justifiée.
La désobéissance motivée par l’illégitimité morale de la loi repose sur une évaluation éthique de la justice ou de la légitimité de cette loi, en opposition à une obéissance aveugle ou intéressée. Hannah Arendt (1969) insiste sur le fait que cette forme de désobéissance est essentielle pour la vitalité démocratique, car elle permet de remettre en question les lois injustes.
La distinction entre désobéissance morale et désobéissance par intérêt personnel est fondamentale : la première cherche à défendre des principes éthiques, la seconde vise uniquement des avantages individuels. La désobéissance morale suppose une conscience éthique et une volonté de respecter la justice.
La désobéissance collective, lorsqu’elle est légitime, peut contribuer à la transformation des lois ou des institutions injustes, en mobilisant la conscience morale d’un groupe. Elle doit cependant respecter certains critères, notamment la non-violence et la volonté de dialoguer.
Le critère moral pour l’obéissance aux lois implique que celles-ci doivent respecter des principes éthiques ou de justice, sinon la désobéissance devient un acte légitime. La légitimité morale de la loi est donc une condition sine qua non pour une obéissance justifiée.
La légitimité, en tant que reconnaissance de la justice ou de la conformité à des principes éthiques, est la base sur laquelle la désobéissance peut être justifiée. Elle permet de distinguer une contestation légitime d’un simple rejet intéressé.
La désobéissance motivée par l’illégitimité morale de la loi repose sur la conscience éthique que la loi doit respecter des principes de justice, et elle constitue un acte légitime pour défendre la légitimité politique et morale de la société.
| Thème | Notions clés | Concepts principaux | Auteur | Remarques |
|---|---|---|---|---|
| Nature humaine Hobbes | Anthropologie conflictuelle | Nature conflictuelle, état de guerre permanent | Hobbes | Source : Léviathan (1651) |
| Tendance à la quête du profit | Egoïsme, compétition, peur | Hobbes | Livre I, Chap 13 | |
| Convention artificielle | Association volontaire pour sécurité | Hobbes | - | |
| État comme solution | Souveraineté, Leviathan, monopole de la force | Hobbes | - | |
| Égalité naturelle | Capacité à dominer | Égalité dans la puissance et l’intelligence | Hobbes | De Cive (1652) |
| Espérance de succès | Rivalité, compétition | Hobbes | - | |
| Conflit et défiance | Défiance innée | Méfiance, suspicion, rivalité | Hobbes | Leviathan (1651) |
| Rivalité permanente | Conflit, lutte pour reconnaissance | Hobbes | - | |
| Orgueil | Recherche de reconnaissance | Hobbes | - | |
| Contrat social | Délégation de souveraineté | Cession volontaire de liberté | Hobbes | Leviathan (1651) |
| Souveraineté absolue | Pouvoir centralisé, indivisible | Hobbes | - |
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1. Selon Hobbes, comment peut-on définir la nature humaine ?
2. Selon Hobbes, en quelle année et par quel auteur a été affirmé que « la nature a fait les humains si égaux » ?
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Nature humaine Hobbes
Conflictuelle, égoïste, rivalité permanente
Égalité naturelle — définition ?
Capacité égale à dominer et espérance de succès
Conflit — cause principale ?
Rivalité, méfiance, orgueil, lutte pour reconnaissance
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