📋 Plan du Cours
- Contrat social et volonté générale
- Citoyenneté républicaine et peuple
- Instruction publique et éducation civique
- Jacobinisme et primauté du politique
- Critiques du jacobinisme et décentralisation
- Deuxième gauche et éloge de la République
- Débat Debray et contestations républicanistes
- Affaire du voile et laïcité à l’école
- Libéralisme d’Emmanuel Macron et liberté individuelle
- État émancipateur et centralisation macronienne
- France, culture et histoire dans le discours macronien
- Libéralisme et régionalisme contre l’État centralisé
📖 1. Contrat social et volonté générale
🔑 Notions clés & Définitions
- Contrat social : Notion politique selon laquelle le lien entre gouvernants et gouvernés naît d’un accord fondateur entre les hommes.
- Volonté générale : Principe rousseauiste désignant l’orientation commune du peuple vers l’utilité publique, distincte des intérêts particuliers.
- Aliénation totale : Clause centrale du contrat social rousseauiste où chaque associé se donne entièrement à la collectivité politique.
- Nation de Sieyès : Définition de la Nation comme un corps d’associés soumis à une loi commune et représentés par la même législature.
- Nation d’Ernest Renan : Vision de la Nation fondée sur la volonté de vivre ensemble, soutenue par des éléments historiques et culturels partagés.
📝 Points essentiels
- Rousseau (1762) pousse l’idée que le peuple est souverain jusqu’à l’exigence d’exercer le pouvoir.
- Le contrat social vise la conservation et la prospérité des membres, puis Rousseau recentre l’homme comme citoyen vertueux.
- La volonté générale est dite inaliénable, indivisible et indestructible, et elle tend vers l’utilité publique.
- Rousseau rejette l’existence de sociétés partielles dans l’État et insiste sur l’idée d’un peuple constitué, pas d’individus isolés.
- En cas de désaccord, Rousseau affirme que la contrainte par le corps politique revient à forcer à être libre, car la volonté générale ne peut viser l’intérêt contraire.
- Les lois expriment la volonté générale : on est libre en obéissant à des lois qu’on a adoptées.
💡 Astuce mémo
Volonté générale = utilité publique, sans fraction : inaliénable, indivisible, indestructible.
📖 2. Citoyenneté républicaine et peuple
🔑 Notions clés & Définitions
- Liberté politique : Notion politique où la loi peut intervenir largement, y compris dans la sphère privée, ce qui renforce le primat du législateur.
- Libertés individuelles : Notion juridique et politique qui privilégie la protection des droits de la personne contre l’emprise de la loi.
- Volonté générale : Principe républicain selon lequel la loi exprime la volonté générale, ce qui tend à primer sur la considération de la personne qui légifère.
- Souveraineté nationale : Principe selon lequel la souveraineté appartient à la nation, conçue comme une et indivisible, et rattachée au Parlement.
- Citoyen vertueux : Figure républicaine du citoyen engagé dans la vie politique, ouvert à la société et guidé par la vertu civique.
📝 Points essentiels
- Avec la DDHC, une tension apparaît entre ceux qui valorisent la liberté politique (loi partout) et ceux qui défendent les libertés individuelles.
- Robespierre met en avant les droits de l’Homme tout en magnifiant la loi comme volonté générale, ce qui peut conduire le législateur à reculer sur certains droits.
- Le basculement vers la primauté de la volonté générale est présenté comme se produisant autour de 1793.
- La souveraineté nationale est décrite comme une, indivisible, imprescriptible et inaliénable, et le Parlement est présenté comme son dépositaire via les députés.
- Le primat du Parlement pose un problème de contrôle de constitutionnalité : comment contester la volonté générale si la souveraineté est censée être inattaquable ?
- Pour D. Schnapper, le Conseil constitutionnel serait fragile car il introduit une logique différente de celle du peuple souverain, ce qui maintient une méfiance envers l’Assemblée.
💡 Astuce mémo
Tension DDHC : Loi partout vs Libertés perso ; puis 1793 : Volonté générale au-dessus de la personne.
📖 3. Instruction publique et éducation civique
🔑 Notions clés & Définitions
- Culte national : Le culte national désigne une mise en scène symbolique de l’identité collective, notamment via des chants et rituels civiques.
- École de la République : L’école de la République est l’institution chargée de former les citoyens en combinant acquisition de savoir et formation morale et civique.
- Instruction : L’instruction correspond à la transmission de connaissances et de compétences permettant de comprendre le monde et d’exercer ses droits.
- Éducation : L’éducation désigne la transmission de normes et de valeurs qui orientent les comportements et la vie civique.
- Roman national : Le roman national est une histoire nationale romancée, réécrite pour consolider une culture politique commune et un sentiment d’identité.
📝 Points essentiels
- À droite, certains critiques résument la répartition des rôles par « la famille éduque, l’école instruit » et redoutent une intrusion de l’État dans la sphère privée.
- Condorcet attribue à l’école plusieurs finalités : instruire, assurer le bien-être, permettre l’exercice des droits et répondre aux besoins des jeunes.
- Rabaut-Saint-Étienne distingue deux objectifs : l’instruction éclaire l’esprit tandis que l’éducation forme le cœur par des vertus.
- Sous la IIIe République, Jules Ferry défend l’éducation civique et rend l’instruction obligatoire, puis la gratuité et l’obligation de scolarité jusqu’à 16 ans.
- Ferry relie l’instruction à l’égalité des Français et insiste sur la dimension morale et citoyenne de l’école.
- La séparation de l’Église et de l’État (1905) limite l’intervention religieuse dans le champ étatique et renforce l’idée de souveraineté du peuple.
💡 Astuce mémo
Instruction = lumières (savoir), Éducation = vertus (cœur).
📖 4. Jacobinisme et primauté du politique
🔑 Notions clés & Définitions
- Roman national : Récit historique présenté comme fondateur, qui simplifie le passé pour donner une image cohérente de la nation.
- Culte républicain : Attachement symbolique à la République, qui valorise le citoyen vertueux et renforce une lecture unificatrice de l’histoire.
- Jacobinisme : Courant politique attaché à la primauté du politique, à la souveraineté indivisible et à une centralisation forte.
- Primauté du politique : Idée selon laquelle l’autorité politique doit dominer l’organisation de la société civile et orienter la vie collective.
- Indivisibilité de la souveraineté : Principe selon lequel la souveraineté nationale ne doit pas être fragmentée et doit rester une et unique.
📝 Points essentiels
- S. Citron critique le roman national en le présentant comme une caricature et évoque le culte de l’époque républicaine en 1984.
- Ogien s’oppose au retour de la morale à l’école et discute le débat instruction contre éducation.
- Filipetti estime que la politique ne doit pas instrumentaliser l’histoire et doit s’appuyer sur le savoir scientifique.
- Plenel dénonce une uniformité étatique qui néglige les particularités locales.
- Chirac reconnaît la collaboration nazie de la France et Taubira le passé colonialiste et l’esclavage, ce qui contribue à l’idée d’un roman national trop caricatural.
- À droite comme à gauche, le roman national est contesté quand il devient trop républicain au détriment de la monarchie et des cultures provinciales.
💡 Astuce mémo
Roman national = récit “caricature” : à gauche et à droite, on le démonte pour rétablir une histoire plus exacte.
📖 5. Critiques du jacobinisme et décentralisation
🔑 Notions clés & Définitions
- Jacobinisme républicain : Courant républicain qui défend une Révolution sociale et un interventionnisme économique et social en limitant le droit de propriété.
- Jacobinisme conservateur : Variante de jacobinisme qui se rallie à la République par défaut, en mettant l’accent sur l’ordre tout en gardant un cadre républicain.
- Girondins : Courant souvent opposé aux jacobins, présenté comme plus tolérant et favorable à la décentralisation.
- Proudhon : Auteur associé à une critique du jacobinisme, notamment contre son caractère dictatorial.
- Rosanvallon : Penseur de la gauche anti-jacobine qui dénonce l’éradication des corps intermédiaires et l’extrême centralisation de l’État.
📝 Points essentiels
- Les jacobins républicains se distinguent par une volonté d’égalité et par un interventionnisme économique et social qui restreint le droit de propriété.
- Les jacobins plus conservateurs maintiennent la République car le retour à la monarchie est jugé impossible, et déplacent le clivage vers l’ordre et les questions économiques et sociales.
- Le jacobinisme est critiqué à droite d’abord, notamment pour son égalité jugée trop abstraite et imposée de manière brutale.
- À gauche, Proudhon critique le jacobinisme en soulignant son caractère dictatorial.
- La gauche anti-jacobine valorise la société civile et la décentralisation, et Rosanvallon dénonce l’élimination des corps intermédiaires.
- Rosanvallon formule en 2005 l’idée que le problème central de la société française est le caractère bureaucratique et centralisé de l’État, autrement dit le jacobinisme.
💡 Astuce mémo
Droite critique l’égalité trop “brutale”, gauche anti-jacobine vise l’État “bureaucratique et centralisé” (corps intermédiaires en moins).
📖 6. Deuxième gauche et éloge de la République
🔑 Notions clés & Définitions
- Deuxième gauche : Courant de la gauche française qui privilégie la nuance, la reconnaissance des réalités sociales et l’ouverture à la société des mœurs plutôt qu’un renversement radical du capitalisme.
- Michel Rocard : Premier ministre en 1988 sous François Mitterrand, figure politique associée à la deuxième gauche et à une logique d’autogestion et de décentralisation.
- PSU : Petit parti politique où Michel Rocard milite avant de rejoindre le PS en 1974 pour des raisons d’efficacité.
- La République du centre : Ouvrage publié en 1988 par J. Julliard, P. Rosanvallon et F. Furet, présenté comme une provocation contre l’idée que la République ne serait qu’un objet de la gauche.
- Fondation Saint-Simon : Structure intellectuelle liée à une collection de publication, mentionnée comme think tank et associée à l’ouvrage La République du centre.
📝 Points essentiels
- La domination de la deuxième gauche s’explique par la difficulté à renverser le capitalisme et par l’affaiblissement de la gauche.
- Michel Rocard définit en 1977 deux cultures de la gauche : une culture jacobine, centralisatrice et étatique, et une culture décentralisatrice, régionaliste et expérimentatrice.
- La deuxième gauche de Rocard se méfie du règlement et de l’administration et privilégie l’autonomie des collectivités de base.
- En 1988, Rocard intègre dans son gouvernement des personnalités de centre-droit et des acteurs issus de la société civile, et insiste sur le rôle de l’électorat, de l’opinion (sondages) et des syndicats.
- J. Julliard, P. Rosanvallon et F. Furet publient en 1988 La République du centre, ouvrage conçu comme une provocation car la République est alors surtout perçue comme un objet de la gauche.
- François Furet critique l’instrumentalisation politique de l’Histoire et soutient que le problème de la Révolution pourrait venir de son idéologie (ex. table rase) plutôt que seulement du contexte de l’époque.
💡 Astuce mémo
Rocard = Décentraliser et Expérimenter ; Furet = Histoire non instrumentalisée ; Julliard/Rosanvallon/Furet = République du centre (provocation).
📖 7. Débat Debray et contestations républicanistes
🔑 Notions clés & Définitions
- Deuxième gauche : Courant de gauche des années 1970-1980 qui valorise la société civile et conteste certaines formes d’État et de centralisation.
- Fondation Saint-Simon : Think tank français (1882-1898) orienté vers des thèmes sociaux, démocrates et européens, visant à dépasser le clivage droite/gauche.
- La République du centre : Ouvrage de 1988, sous-titré « La fin de l’exception française », défendant un recentrage social et la mise en avant des droits de l’Homme.
- Régis Debray : Philosophe lié à l’éloge de la République, opposé à la « société civile » comme « bonne société » et à l’idée de politique-marché d’opinion.
- Que vive la République : Essai publié en 1989 où Debray oppose la République à la Démocratie et critique l’héritage intellectuel de la « deuxième gauche ».
📝 Points essentiels
- En 1988, « La République du centre » paraît avec l’idée de dépasser l’« exception française » et de mettre les droits de l’Homme au premier plan.
- La Fondation Saint-Simon (1882-1898) est présentée comme un think tank social-démocrate et européen, parfois perçu comme provocateur, dirigé par Furet et Rosanvallon.
- Furet se félicite de la disparition, en une vingtaine d’années, de la conception jacobine de l’État et du conflit catholiques/laïques autour de l’école.
- Julliard reformule le clivage en opposant archaïsme et modernité, en soutenant que les « modernes » ne sont pas uniquement à gauche.
- Rosanvallon célèbre le triomphe de la « société civile » et l’alignement sur la valorisation des droits de l’Homme.
- Après 1988, des « frémissements républicains » apparaissent : la trame marxiste est jugée moins applicable et la Nation revient dans le champ intellectuel et politique.
💡 Astuce mémo
Fondation Saint-Simon = « Furet-Rosanvallon » : deux noms pour deux contre-pouvoirs, et un objectif européen pour dépasser droite/gauche.
📖 8. Affaire du voile et laïcité à l’école
🔑 Notions clés & Définitions
- Affaire du voile : Événement de 1989 qui relance le débat public sur la place des signes religieux à l’école et sur la laïcité.
- Nouvel Observateur : Périodique qui publie fin 1989 des tribunes contribuant à lancer et amplifier l’affaire du voile.
- Conseil d’État (1989) : Institution qui rend un avis en 1989 en critiquant le caractère ostentatoire et revendicatif des signes religieux visés.
- Circulaire Bayrou (1994) : Texte ministériel de 1994 demandant aux chefs d’établissement d’interdire les signes religieux ostensibles.
- Loi de 2004 sur les signes religieux : Loi adoptée en 2004 qui interdit le port de signes religieux ostensibles à l’école.
📝 Points essentiels
- En septembre 1989, trois filles arrivent voilées dans un collège de France et le principal leur refuse l’accès.
- Jospin, ministre de l’Éducation à l’époque, cherche une conciliation entre laïcité scolaire et situation des élèves.
- Les républicains défendent un cadre ferme : refuser le voile à l’école et protéger l’école de la religion, présentée comme pilier de la République.
- Des tribunes publiées fin 1989 dans le Nouvel Observateur lancent l’affaire du voile et mobilisent notamment Badinter via une référence à Beauvoir.
- Le débat à gauche oppose un refus du raidissement et critique une lecture jugée agressive et insuffisamment attentive au multiculturalisme.
- Le débat à gauche radicale dénonce une stigmatisation ciblant des jeunes immigrés maghrébins et musulmans, et une historienne américaine conteste l’universalité de la laïcité française.
💡 Astuce mémo
1989 = collège + voile refusé ; 1994 = Bayrou (ostensible) ; 2004 = interdiction (ostensible).
📖 9. Libéralisme d’Emmanuel Macron et liberté individuelle
🔑 Notions clés & Définitions
- Prima du politique : Le prima du politique désigne l’idée que l’action politique prime sur les déterminismes sociaux ou économiques dans l’organisation de la vie publique.
- Souveraineté républicaine : La souveraineté républicaine renvoie à l’idée que la souveraineté se joue au niveau national et doit être préservée pour que la volonté générale s’exprime.
- Traité de Maastricht : Le traité de Maastricht est présenté comme un tournant qui transfère une partie de la production monétaire à une entité internationale, perçu comme un recul de souveraineté.
- Traité européen de 2005 : Le traité européen de 2005 est évoqué comme une nouvelle étape relançant le débat public, car il propose une constitution européenne rejetée par la France.
- Républicanisme de Marine et Jean-Marie Le Pen : Le républicanisme du FN correspond à l’évolution progressive du discours du parti, passant d’un anti-jacobin initial à un registre plus républicain et souverainiste.
📝 Points essentiels
- Le cours oppose une vision volontariste du politique (prima du politique) à la période révolutionnaire du XVIIIe, en soulignant un souci social moins marqué.
- Le débat de souveraineté est relancé par l’arrivée du traité de Maastricht, car l’abandon de la monnaie nationale est présenté comme un abandon d’une partie de souveraineté.
- Séguin et Chevènement s’opposent au traité de Maastricht en liant souveraineté nationale et expression de la volonté générale au niveau national.
- La campagne présidentielle de 1995 relance la question de la volonté nationale, avec Chirac s’appuyant sur Séguin et un retour de la République qui s’accompagne d’une fracture sociale.
- En 2005, le rejet français d’une constitution européenne relance le débat et sert de point d’appui à une mobilisation républicaine et souverainiste.
- Le FN est créé en 1972 par Jean-Marie Le Pen, initialement anti-gaulliste et anti-jacobin, avec des positions d’économie libérale et anti-étatiste dans les années 1980.
💡 Astuce mémo
Souveraineté = monnaie nationale : Maastricht transfère → recul perçu → mobilisation républicaine.
📖 10. État émancipateur et centralisation macronienne
🔑 Notions clés & Définitions
- Libéralisme anti-étatiste : Courant politique qui privilégie l’économie libérale et limite le rôle de l’État dans la vie sociale et économique.
- Régionalisme : Position politique qui valorise les territoires et défend l’existence de provinces plutôt qu’un pouvoir uniformément central.
- Républicanisme jacobin : Référence à l’héritage révolutionnaire où l’organisation politique s’attache aux départements et à une forme de centralisation.
- Liberté individuelle : Idée selon laquelle l’action politique doit d’abord accroître l’autonomie de chacun plutôt que promouvoir une morale civique.
- Centralisation macronienne : Orientation politique associant un pilotage central et une logique de gestion pour organiser l’action publique, y compris sur le territoire.
📝 Points essentiels
- Le parcours politique de Marine Le Pen évolue dans les années 1990 vers un discours plus républicain et souverainiste, avec un éloignement progressif des États-Unis.
- En 2010, Marine Le Pen revendique un capital identitaire de 1500 ans et une vision fusionnelle de la nation fondée sur l’imprégnation.
- En 2011, des formations sont organisées pour que les représentants du FN deviennent « jacobins » attachés aux départements, en référence à l’héritage révolutionnaire.
- En 2012, Marine Le Pen lie sa vision politique au redécoupage de la nation de 1789 et insiste sur une volonté politique au service du peuple, contre technocrates et banques.
- En 2017, Macron se présente comme libéral : il met l’accent sur la liberté individuelle et refuse l’idée d’une politique qui promettrait le bonheur.
- Macron critique la « religion républicaine » et rejette la formation d’un citoyen vertueux, en jugeant la vertu purificatrice de Robespierre trop brutale.
💡 Astuce mémo
Anti-État d’abord, individu toujours : « moins de limites pour soi » + gestion centrale pour clarifier.
📖 11. France, culture et histoire dans le discours macronien
🔑 Notions clés & Définitions
- Individu plutôt que citoyen : Notion centrale du discours macronien où la priorité est donnée à l’individu, jugé mis de côté par une vision trop morale du citoyen.
- Religion républicaine : Expression utilisée pour critiquer l’idée d’une foi civique, présentée comme une forme de sens imposé à la vie par la politique.
- Bienveillance amicale : Formule associée à la fraternité, pensée sur un registre relationnel et non comme un devoir civique strict.
- Patriotisme républicain : Attachement à la République conçu comme un combat permanent, jamais acquis, à protéger ou reconquérir.
- Nation qui libère : Vision où la France est mobilisée pour garantir l’émancipation individuelle et redonner de l’élan au pays.
📝 Points essentiels
- Macron se démarque du républicanisme de son milieu politique en critiquant l’image du citoyen vertueux qui met l’individu à l’écart.
- Il affirme ne pas croire à une « religion républicaine » et refuse que la politique donne un sens à la vie.
- Il reformule la fraternité en parlant de « bienveillance amicale » plutôt que d’un registre strictement civique.
- Il se place du côté des démocrates en soutenant que « tout ce qui est bon n’est pas républicain et tout ce qui est républicain n’est pas bon », en citant des exemples historiques contre la légende républicaine.
- Face à l’actualité sécuritaire, il évoque le « séparatisme » et le « dévoilement de l’Islam », tout en rappelant en 2020 que devenir français implique devoirs avant droits.
- Il relie la France à un projet d’émancipation individuelle via l’idée de « Nation qui libère » et l’objectif de redressement du pays vers cette émancipation.
💡 Astuce mémo
Individu d’abord → République à conquérir → France pour libérer.
📖 12. Libéralisme et régionalisme contre l’État centralisé
🔑 Notions clés & Définitions
- Régionalisme apolitique : Courant qui valorise les cultures locales et les provinces sans viser d’emblée une rupture politique frontale avec l’État.
- Félibrige : École de pensée provençale qui défend la culture régionale et prépare un glissement vers des revendications politiques.
- Fédération régionaliste française : Organisation apparue en 1901 qui combat la centralisation en répartissant les compétences entre commune, région et État.
- Nationalisme intégral : Doctrine réactionnaire qui associe la défense des « provinces » à une vision fédérale de la France et à une critique de la centralisation.
- Principe de subsidiarité : Idée selon laquelle on doit d’abord confier les décisions aux communautés les plus proches avant de remonter vers l’échelon supérieur.
📝 Points essentiels
- Au milieu du XIXe siècle, l’intérêt pour la ruralité et les provinces se renforce surtout par un angle culturel dans des régions périphériques de la capitale.
- Le Félibrige réhabilite la littérature provençale et sert de base à l’idée que l’action culturelle ne suffit pas, ouvrant la voie à des revendications politiques.
- Le provincialisme vise l’élection d’assemblées provinciales « souveraines » et cherche à « délivrer » les provinces de la cage départementale.
- En 1901, la Fédération régionaliste française milite contre une centralisation jugée excessive en confiant les affaires à la commune, à la région puis à l’État.
- Après la Seconde Guerre mondiale, un régionalisme réapparaît sous forme de décentralisation, mais certaines personnalités du groupe sont rapidement liées au régime de Vichy.
- En Corse, le régionalisme se manifeste aussi avec une dimension nationaliste assumée, illustrée par la déclaration de Talamoni en 2016 (« nationaliste et rien d’autre »).
💡 Astuce mémo
Culture d’abord → politique ensuite : Félibrige commence par les lettres, puis réclame des pouvoirs provinciaux.
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 1762 | Contrat social de Rousseau |
| 1789 | Affirmation de la volonté générale et glissement vers la souveraineté nationale |
| 1793 | Basculement vers la primauté de la volonté générale (Robespierre) |
📊 Tableaux de synthèse
Rousseau : volonté générale vs sociétés partielles
| Notions | Caractéristiques | But |
|---|
| Volonté générale | inaliénable, indivisible, indestructible | tend à l’utilité publique |
| Sociétés partielles | à rejeter | empêche l’unité du peuple |
Instruction vs éducation (école républicaine)
| Terme | Fonction | Exemple de formulation |
|---|
| Instruction | donner des lumières, éclairer l’esprit | « éclaire, exerce l’esprit » |
| Éducation | former le cœur, inculquer des vertus | « forme le cœur; la seconde des vertus » |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre volonté générale (utilité publique, inaliénable/indivisible) et intérêts particuliers : ce n’est pas la somme des volontés.
- Croire que la liberté politique signifie seulement « moins de loi » : dans le cours, elle correspond au fait que la loi peut intervenir partout, y compris dans le privé.
- Mélanger souveraineté du peuple et primat du Parlement : après 1789, la souveraineté glisse vers le Parlement et devient sacralisée.
- Penser que le contrôle de constitutionnalité est « évident » : le cours insiste sur la fragilité perçue car il conteste une volonté générale censée être inattaquable.
- Réduire le roman national à une simple histoire : c’est une histoire romancée/écrite pour consolider une culture politique commune, donc contestable (scientifique et politique).
- Opposer trop vite instruction et éducation comme deux camps sans articulation : le cours montre une tension, puis une volonté de conciliation chez les jacobins.
- Confondre régionalisme et décentralisation : le cours distingue des régionalismes conservateurs (provinces, fédéralisme) et des réformes de décentralisation (Defferre, gouvernance).
✅ Checklist Examen
- Expliquer comment Rousseau fonde le lien politique par le contrat social et la finalité (conservation/prospérité), puis relier la clause d’aliénation totale à la volonté générale.
- Définir la volonté générale et justifier pourquoi Rousseau rejette les sociétés partielles dans l’État, en précisant ses propriétés (inaliénable, indivisible, indestructible).
- Exposer le mécanisme « contrainte = être forcé à être libre » en cas de désaccord avec la volonté générale, puis rappeler le rôle des lois (adoptées).
- Présenter la transition 1789 → souveraineté nationale : comment elle glisse vers le Parlement, et pourquoi cela rend le contrôle de constitutionnalité problématique (logique différente).
- Décrire la figure du citoyen vertueux (Rousseau/Robespierre) et la tension avec la logique des droits individuels (Montesquieu) telle qu’elle est exposée.
- Maîtriser la distinction instruction/éducation à partir des formulations du cours (lumières vs vertus) et citer les auteurs mobilisés (Condorcet, Rabaut-Saint-Etienne, Ferry).
- Expliquer ce qu’est le roman national (histoire romancée, pérenniser une culture politique commune) et pourquoi il est contesté (scientifique : caricature ; politique : morale à l’école, uniformité, etc.).
- Rappeler la quête d’une République une et indivisible : unification (langues, provinces, départements) et promotion de l’unité de la loi sur le territoire.
- Définir le jacobinisme (primauté du politique, souveraineté indivisible, centralisation, égalité, régénération par l’école) puis résumer ses critiques (droite : égalité brutale ; gauche : dictatorialité, corps intermédia
- Exposer le solidarisme : la fragilité du lien purement contractuel, puis la solidarité chez Comte/Durkheim et la « dette sociale » chez Léon Bourgeois (1896).
- Présenter la « deuxième gauche » : opposition Rocard entre culture jacobine et culture décentralisatrice/expérimentatrice, puis l’ouvrage La République du centre (1988) et ses idées (droits de l’Homme, société civile).
- Expliquer l’affaire du voile (1989 → Conseil d’État 1989, circulaire Bayrou 1994, loi 2004) et les arguments des débats (fermeté républicaine vs critique du raidissement/stigmatisation).
- Comparer les logiques républicaines et macroniennes : individu plutôt que citoyen, critique de la « religion républicaine », et idée de République comme projet d’émancipation individuelle.
- Exposer les contestations de l’État unitaire : régionalismes conservateurs (Félibrige, provincialisme, Fédération régionaliste française, subsidiarité) puis libéralisme/régionalisme et la décentralisation (Defferre, lien
Crée tes propres fiches de révision
Importe ton cours et l'IA génère fiches, QCM et flashcards en 30 secondes.
Générateur de fiches