L’énonciation linguistique étudie comment le sujet, dans un contexte précis, produit et interprète un message en intégrant subjectivité, responsabilité, et pluralité de voix, à travers des mécanismes comme le déictique, la polyphonie, et les opérations énonciatives.
Sujet en tant qu’animé humain et locuteur : Le sujet de l’énonciation est considéré comme un individu doté de langage articulé, inscrit dans une culture et une société, qui produit un énoncé à partir d’un acte individuel d’utilisation de la langue (Benveniste, 1974). Il n’est pas autonome, mais en relation avec son environnement social et normatif.
Marques/traces du sujet dans l’énoncé : Les formes linguistiques qui témoignent de la subjectivité du locuteur, telles que les déictiques personnels (je, tu) et spatio-temporels (ici, maintenant), qui indiquent la position du sujet dans la situation d’énonciation (Benveniste, 1966).
Sujet hétérogène (polyphonie) : Concept selon Ducrot, où l’énoncé rassemble plusieurs voix ou instances, reflétant une pluralité de points de vue ou de sujets qui traversent le discours, sans qu’un seul sujet soit responsable de l’ensemble (Ducrot, 1980).
Co-énonciation : Interaction entre plusieurs protagonistes dans la production d’un énoncé, où la responsabilité et la construction du message sont partagées, impliquant une dynamique de dialogue ou de collaboration dans l’acte d’énoncer (Culioli, 1991).
Sujet en relation avec normes et formes discursives extérieures : Le sujet de l’énonciation est façonné par des normes sociales, culturelles et discursives qui orientent la production et l’interprétation de l’énoncé, intégrant des formes extérieures à l’individu (Benveniste, 1966 ; Libération, 2009).
Le sujet de l’énonciation n’est pas un simple individu autonome, mais un acteur inscrit dans une situation sociale, linguistique et culturelle, qui produit un acte de parole en relation avec son environnement (Benveniste, 1974).
Les marques linguistiques telles que les déictiques personnels et spatio-temporels témoignent de la position du sujet dans l’instant d’énonciation, permettant de localiser subjectivement le discours (Benveniste, 1966).
La polyphonie, selon Ducrot, désigne la pluralité de voix ou de sujets présents dans un énoncé, qui peuvent coexister ou dialoguer, rendant l’énoncé hétérogène et complexe.
La co-énonciation implique une interaction dynamique entre plusieurs protagonistes, où la responsabilité de l’énoncé est partagée, et où la production du sens est une construction conjointe (Culioli, 1991).
Le sujet est en relation avec des normes et formes discursives extérieures, qui orientent sa manière de produire et d’interpréter l’énoncé, intégrant ainsi des éléments sociaux et culturels dans l’acte d’énoncer (Libération, 2009).
Le sujet de l’énonciation est un acteur social et linguistique, marqué par ses traces dans l’énoncé, souvent hétérogène et en interaction avec d’autres voix, en relation étroite avec les normes et formes discursives extérieures.
Saussure (Cours de linguistique générale, 1916) : distinction entre langue, langage et parole. La langue est un système social, stable, et collectif, tandis que la parole désigne l'usage individuel et concret de cette langue. La langue constitue l’objet d’étude de la linguistique, séparée de la parole qui est plus variable et accidentelle.
Langue : objet social et collectif, système de signes et de règles partagées par une communauté linguistique. Elle est considérée comme stable, structurée, et indépendante de l’individu (Saussure).
Langage : capacité universelle de communication humaine, ensemble des facultés et des systèmes de signes, incluant la langue, la parole, et d’autres formes de communication. Le langage est une faculté, non un objet spécifique (Saussure).
Parole : réalisation concrète et individuelle de la langue, manifestation variable dans le temps et l’espace. Elle est individuelle, éphémère, et variable, contrairement à la langue.
Avancée du structuralisme : Saussure pose la langue comme un système de différences, où chaque signe n’a de sens qu’en opposition avec d’autres, marquant une rupture avec la linguistique pré-structurale centrée sur la référence ou l’histoire des mots.
Critiques du structuralisme : il exclut les composantes communicationnelles hors du code, telles que le contexte spatio-temporel, la subjectivité du locuteur, et l’interaction réelle, ce qui limite la compréhension du fonctionnement effectif de la communication (voir critique dans le contenu source).
Saussure distingue clairement la langue (objet social, collectif, stable) de la parole (usage individuel, concret, variable). La langue est le système de signes, de règles et de différences qui permet la communication, tandis que la parole est l’acte individuel d’énonciation.
La langue est considérée comme un objet d’étude autonome, séparé de la parole, ce qui a permis une avancée majeure dans la linguistique en la dégageant des aspects purement historiques ou référentiels.
La linguistique structurale, issue de Saussure, met en avant que le sens des signes est déterminé par leur position dans un système de différences, et non par leur référence à un référent extérieur.
La critique principale concerne l’exclusion des composantes communicationnelles hors code, telles que le contexte spatio-temporel, la subjectivité, et l’interaction, qui sont essentielles pour comprendre la communication réelle.
Le tournant pragmatique et énonciatif (voir section 4) remet en question cette séparation en insistant sur l’importance du contexte, de la subjectivité et de l’acte d’énoncer dans la construction du sens.
Le structuralisme de Saussure pose la langue comme un système social, stable et différentiel, distinct de la parole, mais cette approche a été critiquée pour son exclusion des aspects communicationnels et contextuels de la langue en usage réel.
L’approche pragmatique considère le langage comme un acte subjectif, contextuel et interactif, où la signification se construit dans la situation d’énonciation, en interaction avec le contexte et autrui.
Énonciation (Benveniste, 1974) : Mise en fonctionnement de la langue par un acte individuel d’utilisation, responsable de certaines classes de signes qu’elle promeut à l’existence. Elle renvoie à l’acte de produire un énoncé dans une situation spécifique, impliquant un sujet énonciateur et une situation contextuelle.
Appareil formel de l’énonciation : Ensemble des formes observables dans l’énoncé qui renvoient à la situation de production, telles que les marques de deixis et déictiques personnels ou spatio-temporels, constituant la matérialisation de l’acte d’énonciation.
Catégories énonciatives (Bracops, 2007) : Ensemble de classes grammaticales ou linguistiques par lesquelles le sujet parlant se définit en tant que tel, notamment les marques de subjectivité, de positionnement et de référence dans l’énoncé.
Signification dans la situation d’énonciation (Siouffi, Van Raemdonck, 1999) : La construction du sens d’un énoncé dépend du contexte précis de production, incluant la situation, le locuteur, l’auditeur, et les circonstances extralinguistiques, ce qui distingue la linguistique de l’énonciation d’une étude purement syntaxico-sémantique.
Distinction phrase/énoncé : La phrase est une unité syntaxique, souvent isolée, tandis que l’énoncé est une production concrète, contextualisée, qui peut contenir plusieurs phrases ou segments, et qui constitue un acte de langage spécifique.
L’énonciation est définie par Benveniste (1974) comme la mise en fonctionnement de la langue par un acte individuel, qui donne naissance à des signes spécifiques liés à la situation d’énonciation.
L’appareil formel de l’énonciation regroupe toutes les formes linguistiques observables dans l’énoncé, telles que les déictiques personnels (je, tu) et spatio-temporels (ici, maintenant), qui indiquent la position du locuteur dans l’espace et le temps.
La catégories énonciatives permettent d’identifier comment le sujet se positionne par rapport à son énoncé, notamment à travers la subjectivité, la modalité, et la référence.
La signification d’un énoncé est construite dans la situation spécifique où il est produit, ce qui implique une interaction entre le contexte extralinguistique et les formes linguistiques.
La distinction entre phrase et énoncé est fondamentale : la phrase est une unité syntaxique, alors que l’énoncé est une unité concrète, contextualisée, et souvent unique.
La critique du structuralisme souligne que l’étude de la langue doit intégrer ses composantes communicationnelles effectives, hors du seul code.
Le courant énonciatif insiste sur le rôle du sujet, de la subjectivité, et du contexte dans la production et l’interprétation du sens.
L’énonciation, selon Benveniste, est l’acte individuel qui met en marche la langue dans une situation précise, en utilisant un appareil formel spécifique, et en étant profondément liée au contexte et à la subjectivité du sujet parlant.
L’énonciation, selon Benveniste, est un acte singulier et éphémère qui met en marche la langue dans un contexte précis, en intégrant la subjectivité du locuteur à travers des marques de deixis, distinguant ainsi l’énonciation subjective de l’énonciation objective.
Polyphonie (Ducrot, 1980) : Responsabilité d’un acte de parole exprimée par la pluralité de voix ou de points de vue dans un énoncé, où différentes instances ou voix coexistent. L’énoncé peut ainsi porter plusieurs sens ou perspectives simultanément, reflétant une pluralité de positions ou de responsabilités.
Sujet parlant / Locuteur / Énonciateur (Ducrot, 1980) : Trois instances distinctes dans l’acte d’énonciation. Le sujet parlant désigne l’individu en tant qu’être humain doté de langage, le locuteur est celui qui produit l’énoncé, et l’énonciateur est responsable des actes illocutoires liés à l’énoncé. La polyphonie implique la coexistence de ces différentes instances dans un même énoncé.
Événement historique de production d’énoncé (Ducrot, 1980) : La production d’un énoncé est un acte singulier, inscrit dans un contexte social et psychologique précis, qui constitue un événement historique, c’est-à-dire un fait unique et contextualisé, susceptible d’être analysé en tant que tel.
Distinction phrase/énoncé (Ducrot, 1980) : La phrase est un enchaînement syntaxique virtuel, une unité linguistique abstraite, tandis que l’énoncé est un segment effectivement produit par un locuteur dans une situation donnée, intégrant des opérations énonciatives et une responsabilité polyphonique.
Pragmatique intégrée (Ducrot, 1980) : Approche qui considère que la signification d’un énoncé ne peut être dissociée de ses conditions d’énonciation, intégrant la responsabilité de différentes voix ou instances, et la dimension pragmatique de l’acte de parole.
La polyphonie selon Ducrot (1980) désigne la coexistence de plusieurs voix ou instances dans un même énoncé, où le locuteur peut faire entendre différentes responsabilités ou points de vue, souvent à travers des marques linguistiques spécifiques. Elle permet d’analyser comment un énoncé peut simultanément porter plusieurs responsabilités ou perspectives, reflétant la pluralité des acteurs ou des responsabilités sociales.
La distinction entre phrase et énoncé est fondamentale : la phrase est une unité syntaxique virtuelle, tandis que l’énoncé est une réalisation concrète, inscrite dans un contexte historique et social, et porteur d’une responsabilité polyphonique.
La production d’énoncé est un événement historique, inscrit dans un contexte précis, où le sujet parlant, le locuteur et l’énonciateur jouent des rôles différenciés mais liés. La responsabilité de l’acte de parole peut ainsi être partagée ou différenciée selon les voix impliquées.
La théorie de Ducrot insiste sur l’importance de la pragmatique intégrée, où la signification n’est pas seulement dans le contenu linguistique, mais aussi dans la responsabilité et la position des différentes voix dans l’acte d’énonciation.
La polyphonie permet d’interpréter les énoncés complexes, notamment dans le discours indirect, la modalisation, ou les discours à responsabilité partagée, en montrant comment plusieurs voix peuvent cohabiter dans un même énoncé.
La polyphonie de Ducrot révèle que tout énoncé peut porter la responsabilité de plusieurs voix ou instances, reflétant la complexité des responsabilités et des points de vue dans la communication, et soulignant l’importance de la dimension pragmatique dans l’analyse du langage.
Les opérations énonciatives de Culioli constituent un cadre pour analyser la production et l’interprétation des énoncés comme un processus dynamique, interactif et contextuel, où la subjectivité et la responsabilité sont partagées entre locuteur et auditeur.
Modalité comme expression de la subjectivité : La modalité permet d'exprimer la position, l’attitude ou le jugement du locuteur face à son énoncé, en intégrant ses opinions, ses degrés de certitude ou ses jugements de valeur. Benveniste (1974) : « La mise en fonctionnement de la langue par un acte individuel d’utilisation » implique que la modalité reflète la subjectivité du locuteur dans l’énoncé.
Modalité comme marque de l’attitude du locuteur : La modalité traduit l’attitude du locuteur vis-à-vis du contenu énoncé, qu’il s’agisse de certitude, de doute, d’obligation ou de permission. Elle se manifeste par des marques linguistiques (verbes modaux, adverbes, déictiques). Dufaye (2016) : « La modalité est une opération linguistique qui encode l’attitude du locuteur face à la proposition ».
Modalité liée à l’énonciation et au contexte : La modalité ne se limite pas à la syntaxe ou au lexique, elle dépend aussi du contexte extralinguistique, de la situation d’énonciation, et de la relation entre le locuteur et l’interlocuteur. Elle se manifeste dans la façon dont l’énoncé est produit et interprété dans une situation donnée. Benveniste (1966) : « La situation d’énonciation est essentielle pour comprendre la modalité ».
Notion de catégorie linguistique : La modalité constitue une catégorie grammaticale qui regroupe l’ensemble des moyens linguistiques (verbes, adverbes, déictiques) permettant d’encoder l’attitude du locuteur, la certitude, la nécessité ou la permission. Elle intervient dans la structure même de l’énoncé pour moduler son sens. Ducrot (1980) : La modalité est une « catégorie linguistique qui permet d’inscrire la position du locuteur par rapport à la proposition ».
La modalité est indissociable de l’acte d’énonciation, elle reflète la subjectivité et l’attitude du locuteur face à son propos, en fonction du contexte et de la situation d’énonciation (Benveniste, 1966 ; Dufaye, 2016).
Elle se manifeste par des marques linguistiques variées : verbes modaux (devoir, pouvoir), adverbes (peut-être, certainement), déictiques personnels (je, tu) et spatio-temporels (ici, maintenant). Ces marques permettent d’inscrire l’énoncé dans une perspective subjective ou objective.
La modalité peut exprimer différentes attitudes : certitude (il doit venir), doute (il pourrait venir), obligation (il faut qu’il parte), permission (tu peux sortir). Elle influence la force et la portée de l’énoncé.
La distinction entre modalité épistémique (de certitude ou de doute) et déontique (d’obligation ou de permission) est fondamentale pour analyser la position du locuteur. Section 10 (modalités épistémiques et appréciatives).
La modalité est une catégorie linguistique qui se manifeste à travers des formes grammaticales et lexicales, mais elle est aussi dépendante du contexte et de l’interprétation (Benveniste, 1966 ; Lansari, 2019).
La modalité est une catégorie linguistique qui encode l’attitude subjective du locuteur, en lien étroit avec le contexte d’énonciation, permettant d’inscrire l’énoncé dans une position de certitude, d’obligation ou de permission.
Modalité épistémique : Expression du degré de certitude ou de probabilité que le locuteur attribue à une proposition ou à un état de fait. Selon Benveniste (1974), elle reflète la position du locuteur par rapport à la réalité, en indiquant si un événement est certain, probable ou improbable.
Modalité appréciative : Jugement de valeur ou attitude affective du locuteur envers une proposition ou un contenu. Elle traduit une évaluation subjective, comme l’approbation, la désapprobation, ou la tonalité émotionnelle, sans nécessairement se référer à la réalité objective.
Distinction entre modalités épistémique et appréciative : La modalité épistémique concerne la connaissance ou la croyance du locuteur sur la réalité (certitude/probabilité), tandis que la modalité appréciative exprime une attitude ou un jugement de valeur (évaluation subjective). Benveniste (1974) insiste sur cette différenciation en soulignant que la première est liée à la connaissance, la seconde à l’émotion ou à l’évaluation.
Expression linguistique des attitudes du locuteur : Les modalités sont souvent exprimées par des marques grammaticales (verbes modaux, adverbes, déictiques) qui signalent la subjectivité, la certitude ou la valeur affective, comme dans "il doit venir" (modalité déontique) ou "il semble venir" (modalité épistémique).
La modalité épistémique permet d’indiquer le degré de certitude ou de probabilité que le locuteur attribue à une proposition, par exemple à travers des verbes modaux comme "pouvoir", "devoir", ou des adverbes comme "probablement", "sans doute" (voir Benveniste, 1974). Elle concerne la relation entre le sujet et la réalité, en intégrant la connaissance, la croyance ou l’incertitude.
La modalité appréciative traduit l’attitude affective ou jugement de valeur du locuteur, exprimée via des expressions comme "c’est merveilleux", "c’est horrible", ou par des formes grammaticales qui signalent une évaluation subjective. Elle ne concerne pas directement la véracité ou la probabilité, mais la tonalité ou l’émotion associée à l’énoncé.
La distinction entre ces deux modalités est essentielle pour analyser la subjectivité dans le discours, notamment dans la pragmatique et l’énonciation. Benveniste (1974) souligne que l’énonciation implique une mise en scène de la subjectivité, que ce soit par la certitude (épistémique) ou par la valeur (appréciative).
La linguistique moderne montre que ces modalités peuvent coexister dans un même énoncé, par exemple : "Il doit probablement venir, mais je trouve cela inquiétant", mêlant modalité épistémique ("probablement") et appréciative ("inquiétant").
La modalité linguistique est souvent marquée par des formes grammaticales spécifiques, mais aussi par des éléments lexicaux ou prosodiques, permettant au locuteur d’indiquer son degré de certitude ou sa valeur affective.
Les modalités épistémique et appréciative, distinctes dans leur fonction, permettent d’exprimer respectivement la position du locuteur face à la réalité et son jugement de valeur, jouant un rôle central dans la subjectivité et l’interprétation du discours.
Modalité radicale : Expression de la nécessité ou de l’obligation imposée par la réalité ou la logique, indépendamment de la volonté ou de l’attitude du locuteur. Elle concerne ce qui doit être ou ce qui est inévitable. AUTEUR (date) : La modalité radicale traduit une nécessité objective ou une contrainte logique, comme dans l’obligation morale ou physique.
Modalité déontique : Expression de la permission, de l’interdiction ou de l’autorisation, liée à des normes, des règles ou des devoirs. Elle reflète la subjectivité du locuteur ou d’une instance extérieure quant à ce qui est permis ou interdit. AUTEUR (date) : La modalité déontique concerne la dimension normative, souvent associée aux règles sociales ou morales.
Distinction entre modalités radicale et déontique : La modalité radicale exprime une nécessité objective ou logique (ex. obligation physique, nécessité logique), tandis que la modalité déontique concerne la légitimité ou la légalité d’une action selon des normes ou règles sociales ou morales. La première est indépendante de la volonté du locuteur, la seconde dépend de la subjectivité ou de l’autorité normative.
Expression des normes et règles dans l’énoncé : La modalité déontique se manifeste par des expressions linguistiques telles que "il faut", "il est interdit de", "tu peux", "tu ne peux pas", indiquant permission ou interdiction, souvent dans un cadre normatif ou réglementaire. AUTEUR (date) : Ces expressions traduisent la subjectivité normative du locuteur ou d’une instance extérieure.
La modalité radicale exprime une nécessité objective ou logique, tandis que la modalité déontique concerne la permission ou l’interdiction selon des normes ou règles sociales ou morales.
Verbes modaux devoir et pouvoir : Verbes exprimant respectivement l’obligation ou la nécessité (devoir) et la possibilité ou la capacité (pouvoir) dans une phrase. Selon Benveniste (1974), ils jouent un rôle essentiel dans la modalité en marquant l’attitude du locuteur face à l’énoncé.
Fonction modale : Fonction linguistique par laquelle un verbe ou un auxiliaire indique la modalité, c’est-à-dire la subjectivité, la nécessité, la possibilité ou la permission. Benveniste (1966) souligne que cette fonction modale reflète l’attitude du locuteur par rapport au contenu de l’énoncé.
Usage syntaxique et sémantique : La manière dont les verbes modaux s’intègrent dans la structure de la phrase (usage syntaxique) et la valeur de modalité qu’ils véhiculent (usage sémantique). Par exemple, "je dois partir" indique une obligation, tandis que "je peux partir" indique une capacité ou une possibilité.
Interaction entre modalité et temps/aspect : La modalité exprimée par devoir ou pouvoir peut varier selon le temps ou l’aspect du verbe. Benveniste (1966) montre que la modalité n’est pas indépendante du contexte temporel, influençant la nuance de l’obligation ou de la possibilité selon le temps (passé, présent, futur).
Les verbes devoir et pouvoir sont des verbes modaux qui modifient la force de l’énoncé en exprimant respectivement une obligation ou une nécessité (devoir) et une capacité ou possibilité (pouvoir). Leur fonction modale est centrale dans la construction de la subjectivité et de l’attitude du locuteur (Benveniste, 1966, 1974).
La fonction modale ne se limite pas à la simple expression de nécessité ou de possibilité, elle s’intègre dans la structure syntaxique de la phrase et interagit avec le temps et l’aspect du verbe pour préciser la nuance de la modalité.
La distinction entre devoir et pouvoir ne se limite pas à leur sens lexical : Benveniste (1966) insiste sur leur rôle dans la construction de la subjectivité, leur capacité à faire passer un jugement de nécessité ou de capacité, et leur influence sur la modalité épistémique ou déontique.
La modalité exprimée par ces verbes peut évoluer selon le contexte, le temps (présent, passé, futur) et l’aspect (accompli, inachevé), ce qui complexifie leur usage et leur interprétation (interaction entre modalité et temps/aspect).
La distinction entre la modalité déontique (permission, interdiction) et épistémique (degré de certitude) est essentielle pour comprendre leur usage dans la langue (voir section 10).
Les verbes devoir et pouvoir jouent un rôle clé dans l’expression de la modalité en linguistique, en permettant au locuteur d’indiquer obligation, nécessité, capacité ou possibilité, tout en étant étroitement liés à la structure syntaxique, au contexte temporel et à l’attitude subjective.
| Critère | Structuralisme (Saussure) | Approche pragmatique & Courant énonciatif | Auteur clé |
|---|---|---|---|
| Objet d’étude | La langue : système de différences, stable, collectif | L’énonciation : acte subjectif, contexte, responsabilité | Saussure / Benveniste |
| Distinction principale | Langue (système) vs Parole (usage individuel) | Sujet de l’énonciation, polyphonie, opérations énonciatives | Saussure / Ducrot / Culioli |
| Fonction du signe | Signes liés par différence, sens dans le système | Signification construite dans le contexte, interaction, subjectivité | Saussure / Lansari |
| Limites | Néglige le contexte, la subjectivité, l’interaction réelle | Intègre contexte, subjectivité, responsabilité multiple | Critiques du structuralisme |
| Critère | Approche pragmatique & Courant énonciatif | Notions clés & Définitions | Auteur clé |
|---|---|---|---|
| Focus principal | Interaction, contexte, responsabilité, subjectivité | Enonciation, sujet, polyphonie, opérations énonciatives | Benveniste, Ducrot, Culioli |
| La polyphonie | Présence de plusieurs voix ou instances dans un énoncé | Responsabilité multiple, responsabilité du sujet, co-énonciation | Bakhtine, Ducrot, Culioli |
| La théorie des opérations énonciatives | Mécanismes de production et d’interprétation dans le contexte | Repérage, différenciation, co-énonciation | Culioli |
| La notion de sujet | Acteur social, marqué par ses traces, en interaction avec autres voix | Sujet hétérogène, en relation avec normes sociales et discursives | Benveniste, Ducrot, Lansari |
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1. Selon Benveniste (1974), qu’est-ce que l’enonciation linguistique ?
2. Selon Benveniste (1974), comment définit-on l’énonciation linguistique ?
Mémorisez les concepts clés de Les fondements de l'énonciation linguistique avec 9 flashcards interactives.
Enonciation — définition ?
Acte individuel de mise en marche de la langue dans un contexte précis.
Enonciation — définition?
Acte de produire un message dans un contexte précis
Sujet de l’énonciation — rôle ?
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