📋 Plan du Cours
- Contrat social : pacte tacite et convention
- Contrat social : contractants et compatibilités
- Intérêt d’un État : société et communauté
- Insociable sociabilité et pacification étatique
- État de nature et causes de querelles
- Conception valorisante de l’État et bien commun
- Réfutation de la théologie politique et du sacrifice
- Société anarchiste et critique du tout abstrait
- Vie et forces vives contre asphyxie étatique
- Politique et morale : État garant moral
- Politique et morale : État gestionnaire efficace
- Machiavel et le Prince : apparences et opportunisme
📖 1. Contrat social : pacte tacite et convention
🔑 Notions clés & Définitions
- Contrat social : Notion selon laquelle la vie politique reposerait sur un pacte implicite qui organise les relations entre membres de la société.
- Pacte tacite : Pacte non écrit qui existe en pratique et accompagne la vie politique sans être un document officiel.
- Convention politique : Règle implicite constamment active qui n’est pas un événement daté mais une structure de la vie en société.
- Théoriciens du contrat : Courant de penseurs de la fin du XVIe siècle qui développe l’idée d’un engagement fondateur entre individus et pouvoir politique.
- État (gouvernants) : Terme désignant ici les gouvernants et le pouvoir politique, c’est-à-dire l’acteur engagé dans la relation avec les citoyens.
📝 Points essentiels
- Le « contrat social » ne renvoie pas à un texte écrit ni à une date précise : il décrit un pacte implicite toujours présent dans la vie politique.
- Vivre sous un État organisé implique implicitement l’existence de ce contrat, même sans formalisation.
- La notion pose un problème central : identifier les contractants et déterminer ce à quoi chacun s’engage.
- Le débat porte sur la réciprocité : l’État est-il engagé envers les citoyens et inversement ?
- Le débat porte aussi sur la compatibilité des intérêts entre gouvernants et citoyens, condition de la stabilité politique.
- L’État est compris comme les gouvernants et le pouvoir politique, ce qui oriente la question de leur engagement.
💡 Astuce mémo
Contrat social = « pas de papier, mais des obligations » : pacte tacite + convention toujours active.
📖 2. Contrat social : contractants et compatibilités
🔑 Notions clés & Définitions
- Sociabilité : La sociabilité est une tendance humaine à entrer en société, car la vie collective développe les dispositions naturelles.
- Insociabilité : L’insociabilité est une tendance humaine à s’isoler et à vouloir tout diriger, ce qui crée des résistances et empêche une concorde parfaite.
- Antagonisme : L’antagonisme désigne l’insociable sociabilité, c’est-à-dire la coexistence de l’envie de société et de la répulsion à y vivre.
- État de nature : L’état de nature est une situation sans pouvoir commun capable de contraindre les individus, où chacun redoute et conteste l’autre.
- Rôle de l’État : Le rôle de l’État est d’organiser la société pour pacifier les conflits et éviter la désagrégation due à l’insociabilité.
📝 Points essentiels
- Kant décrit deux tendances contraires présentes chez les hommes : l’une pousse à s’associer, l’autre pousse à se détacher et à résister aux autres.
- La résistance provoquée par l’insociabilité réveille les forces humaines et aide à surmonter la paresse.
- Sous l’effet de l’ambition, de l’instinct de domination ou de la cupidité, les hommes cherchent une place parmi leurs compagnons malgré leurs résistances.
- Sans l’insociabilité, les talents resteraient enfouis, car une concorde parfaite supprimerait l’émulation et l’effort.
- Kant affirme que la nature veut la discorde, car elle seule peut sortir l’humanité de l’indolence.
- Le danger est que l’insociabilité désagrège la société, donc la société doit être organisée pour pallier ce risque, ce qui relève de l’État via une pacification.
💡 Astuce mémo
Sociabilité = développement en société ; Insociabilité = résistance qui force l’effort ; État = pacifier pour empêcher la désagrégation.
📖 3. Intérêt d’un État : société et communauté
🔑 Notions clés & Définitions
- Pacification : La pacification est la fonction de l’État qui réduit les conflits en imposant un ordre commun.
- État de nature : L’état de nature est une situation sans pouvoir commun capable de contraindre les individus à respecter autrui.
- Contractualisme : Le contractualisme est une approche qui explique l’État par un accord rationnel visant à sortir d’un état de conflit.
- Léviathan : Le Léviathan est la figure du pouvoir politique chez Hobbes, censé tenir les hommes en respect.
- Liberté naturelle : La liberté naturelle est l’indépendance de faire ce que l’on veut, sans protection par des lois communes.
📝 Points essentiels
- Sans pouvoir commun, la vie collective devient une guerre de chacun contre chacun.
- Hobbes explique l’état de guerre par trois causes de querelles : rivalité, méfiance, fierté.
- La rivalité pousse à attaquer pour s’approprier des personnes, des biens et des proches.
- La méfiance pousse à agir pour défendre ce que l’on possède ou protège.
- La fierté pousse à se battre pour des signes de mésestime liés à la réputation.
- La justification de l’État repose sur un calcul d’intérêts : on perd la liberté naturelle mais on gagne une liberté civile protégée par la loi.
💡 Astuce mémo
Sans pouvoir commun → rivalité/méfiance/fierté → guerre ; l’État (Léviathan) pacifie en inspirant la crainte et protège par la loi.
📖 4. Insociable sociabilité et pacification étatique
🔑 Notions clés & Définitions
- Léviathan : Le Léviathan est la figure du pouvoir étatique chez Hobbes, associée à une puissance qui inspire la terreur pour assurer la paix.
- Monopole de la violence légitime : Le monopole de la violence légitime désigne l’idée que l’État détient seul le droit d’user de la contrainte, notamment via les forces de l’ordre.
- Contrat social hobbesien : Le contrat social hobbesien est l’accord par lequel les individus transfèrent leur pouvoir pour former un pouvoir commun chargé de la paix et de la sécurité.
- République (civitas) : La République, appelée civitas en latin, est la “personne” politique issue de l’unification des volontés par convention.
📝 Points essentiels
- Chez Hobbes, l’expression « nous tenir en respect » renvoie à l’inspiration de la crainte, donc à une force dissuasive et répressive.
- Le pouvoir de l’État vise à protéger les citoyens contre les attaques extérieures et contre les torts qu’ils pourraient se faire entre eux.
- L’État hobbesien est présenté comme ayant une origine démocratique : les citoyens désignent un homme ou une assemblée pour les diriger.
- Le contrat implique un transfert de souveraineté : chacun abandonne son droit de se gouverner lui-même au profit du dirigeant ou de l’assemblée.
- L’unité politique recherchée dépasse le simple consensus : elle crée une unité réelle “en une seule personne” par convention de chacun avec chacun.
- La légitimité de la contrainte repose sur l’autorité reçue de chaque individu, permettant à l’État de modeler les volontés en vue de la paix intérieure et de la défense extérieure.
💡 Astuce mémo
Crainte → obéissance : Léviathan = terreur qui pacifie (paix intérieure + défense extérieure).
📖 5. État de nature et causes de querelles
🔑 Notions clés & Définitions
- Léviathan : Le Léviathan est la figure d’un pouvoir politique souverain, présenté comme garant de la paix et de la sécurité collective.
- Pacte de soumission : Le pacte de soumission est un engagement des citoyens à transférer leur libre arbitre au souverain pour obtenir l’ordre.
- État absolu : L’État absolu désigne un régime où le souverain concentre les pouvoirs nécessaires à l’ordre, sans droit de contestation des citoyens.
- Citoyen-sujet actif : Le citoyen-sujet actif est une figure politique qui participe aux décisions et revendique un rôle plus autonome que la simple obéissance.
- Tranquillité civile : La tranquillité civile est une paix sociale recherchée par le pouvoir, mais critiquée si elle devient une misère ou une privation de liberté.
📝 Points essentiels
- Le souverain reçoit de chaque individu une autorité qui lui permet de faire naître l’effroi et ainsi de modeler les volontés en vue de la paix et de la défense extérieure.
- Le pacte est décrit comme une soumission et une aliénation, car les citoyens s’engagent à ne plus exercer leur libre arbitre.
- Hobbes théorise un État absolu : le souverain assure l’ordre et dispose, pour cela, de tous les pouvoirs.
- Dans ce cadre, les citoyens ne disposent pas d’un droit de contestation face au souverain.
- Rousseau critique l’idée que la tranquillité civile soit une finalité politique : une paix obtenue au prix de la liberté n’est pas une vraie réussite.
- Rousseau affirme que renoncer à la liberté revient à perdre la qualité d’homme, ses droits et même ses devoirs, ce qui justifie de revendiquer la liberté.
💡 Astuce mémo
Hobbes = paix par peur (effroi) ; Rousseau = paix sans liberté = cachot (misère).
📖 6. Conception valorisante de l’État et bien commun
🔑 Notions clés & Définitions
- Contrat social : Le contrat social est un modèle politique où chacun s’unit aux autres tout en n’obéissant qu’à lui-même, via une volonté commune.
- Volonté générale : La volonté générale est, chez Rousseau, la volonté orientée vers l’intérêt commun, distincte de la simple addition des volontés particulières.
- Volonté de tous : La volonté de tous désigne la somme des volontés particulières tournée vers des intérêts privés, sans garantie d’intérêt commun.
- Lettre sur la tolérance : La Lettre sur la tolérance est un texte de Locke qui fonde une séparation ferme entre l’Église et l’État au nom de la liberté de conscience.
- Droit de propriété : Le droit de propriété est un droit que l’État doit respecter, même lorsqu’il organise le gouvernement.
📝 Points essentiels
- Chez Locke, le pouvoir politique est limité par des contre-pouvoirs et par l’exclusion de certains domaines des prérogatives de l’État.
- Le Second traité du gouvernement civil présente le droit de propriété comme un droit que l’État est tenu de respecter.
- La Lettre sur la tolérance établit l’absence de religion d’État et rejette la conversion forcée au nom de la liberté de conscience.
- La tolérance chez Locke est réciproque : elle ne doit pas être accordée à quelqu’un qui refuse le principe de ne pas persécuter ni molester autrui pour des raisons religieuses.
- Rousseau répond à la tension obéissance/liberté en posant que l’union collective fait que chacun n’obéit qu’à lui-même grâce à la volonté générale.
💡 Astuce mémo
Obéir = vouloir l’intérêt commun : chez Rousseau, la loi me fait suivre ma raison, pas mes pulsions.
📖 7. Réfutation de la théologie politique et du sacrifice
🔑 Notions clés & Définitions
- Volonté générale : Notion politique désignant l’expression de l’intérêt commun, formulée par la réflexion sur ce qui est commun à tous.
- Autonomie : Capacité d’obéir à ce que la raison commande, en distinguant la volonté rationnelle des pulsions, passions et envies.
- Liberté : État correspondant à l’obéissance à la loi comprise comme l’expression de sa propre raison, donc sans domination extérieure.
- Opposition de classes : Mécanisme historique selon lequel l’histoire est traversée par des rapports de domination entre classes, quel que soit le régime politique.
- Anarchisme : Courant qui rejette l’idée de gouvernement et considère que toute forme d’État implique une forme de despotisme.
📝 Points essentiels
- Le citoyen responsable ne se confond pas avec l’individu privé : la loi vise l’intérêt commun, pas la somme des désirs personnels.
- La loi doit émaner du peuple et exprimer la volonté générale, présentée comme une exigence démocratique.
- Obéir à la loi revient à obéir à soi, plus précisément à ce que la raison commande de vouloir, et non à des pulsions.
- La liberté est définie comme autonomie : la volonté rationnelle se reconnaît dans la loi plutôt que d’y subir une contrainte.
- Dans les régimes autoritaires et totalitaires, l’État cherche à modeler la société, ce qui rend l’antagonisme plus visible.
- Le marxisme déplace la question du régime : l’État sert structurellement la classe dominante à travers l’histoire, via une opposition de classes persistante (esclaves/maîtres, serfs/seigneurs, prolétariat/bourgeoisie).
💡 Astuce mémo
Raison→loi→autonomie : si la loi vient de la volonté générale, elle coïncide avec ce que ma raison veut, donc je suis libre.
📖 8. Société anarchiste et critique du tout abstrait
🔑 Notions clés & Définitions
- Stirner : Stirner est l’auteur mobilisé pour défendre une critique radicale de toute contrainte qui fixe la volonté de l’individu.
- L’Unique et sa propriété : L’Unique et sa propriété est l’ouvrage cité pour soutenir l’idée que la liberté de vouloir ne doit pas être liée par des devoirs.
- Liberté du vouloir : La liberté du vouloir désigne la capacité de décider sans être immobilisé par des engagements antérieurs ou des obligations imposées.
- Idéalisme politique : L’idéalisme politique désigne l’idée que l’anarchisme vise un ordre volontaire et librement reconstruit, et non le chaos.
- Fédéralisme volontaire : Le fédéralisme volontaire est le modèle d’organisation où des accords se multiplient à différents niveaux selon les intérêts compris par chacun.
📝 Points essentiels
- Thèse stirnérienne : tout ce qui prétend me faire obéir ou fixer ma volonté est présenté comme mon ennemi, rendant l’État incompatible avec l’individu.
- Argument central : l’homme doit conserver une liberté absolue du vouloir, car la liberté de penser et la liberté de vouloir sont liées.
- Remède proposé : ne reconnaître aucun devoir, donc ne pas se considérer comme lié, afin d’éviter d’être esclave de sa propre volonté passée.
- Conséquence politique : la démocratie n’est pas jugée meilleure qu’un autre régime, car voter crée une forme d’asservissement au vote antérieur.
- Exigence de continuité : la liberté de changer d’avis doit rester constante, y compris après des décisions antérieures.
- Clarification de l’anarchisme : il ne vise pas l’absence d’ordre (chaos), mais un ordre volontaire constamment réalisé librement, sans individualisme forcené.
💡 Astuce mémo
Stirner : « pas de devoir = pas de loi » ; l’État et le vote figent la volonté, donc on garde le droit de changer d’avis.
📖 9. Vie et forces vives contre asphyxie étatique
🔑 Notions clés & Définitions
- Théologie politique : La théologie politique désigne une justification idéologique de l’État qui présente ses exigences comme morales et sublimes.
- Sacrifice de la liberté naturelle : Le sacrifice de la liberté naturelle est l’idée que l’État légitime la perte des libertés individuelles au nom d’un intérêt supérieur.
- Bien collectif : Le bien collectif est l’objectif invoqué pour justifier l’action de l’État et exiger des renoncements au profit du « grand ensemble ».
- Universalité dévorante : L’universalité dévorante est la figure de l’État comme totalité qui « vit » en consommant des sacrifices humains et en niant la vie des parties.
- Société humaine naturelle : La société humaine naturelle est l’image d’une vie sociale qui accroît la liberté et la prospérité de chacun grâce à la vie de tous.
📝 Points essentiels
- Bakounine oppose la justification morale de l’État à l’analyse de ses effets réels sur les individus et les collectivités locales.
- La conception traditionnelle de l’État repose sur l’idée que la liberté et les intérêts de chacun doivent être sacrifiés au profit de la liberté et de la prospérité de « tout le monde ».
- Le « tout le monde » présenté comme représentant les intérêts de tous est, en pratique, une agglomération d’individus et de collectivités plus petites.
- Si la coordination exige des sacrifices des intérêts individuels et locaux, alors le « tout » ne correspond pas à un ensemble vivant mais à une abstraction destructive.
- L’État est décrit comme l’autel de la religion politique où la société naturelle est immolée, ce qui revient à nier la vie et le droit des parties.
- Bakounine affirme que la société anarchiste n’est pas l’immolation des individus et des associations locales, mais le maintien d’un ensemble vivant où chacun respire et devient plus fécond avec la prospérité de tous.
💡 Astuce mémo
État = autel : quand la « universalité » grandit, la vie des parties diminue (respiration étouffée).
📖 10. Politique et morale : État garant moral
🔑 Notions clés & Définitions
- État garant moral : L’État garant moral est une conception où l’État incarne un modèle éthique et doit orienter la politique vers un idéal humain.
- Théologie politique : La théologie politique désigne l’idée trompeuse qui traite l’État comme une autorité suprême, presque divine, capable d’exiger des sacrifices.
- Bien commun : Le bien commun est l’objectif présenté comme supérieur aux intérêts individuels, censé justifier l’action de l’État.
- Gestionnaire efficace : Le gestionnaire efficace est une conception où l’État se limite à administrer efficacement, sans prétendre imposer un modèle moral.
- Technicien des affaires publiques : Le technicien des affaires publiques est l’homme politique vu comme spécialiste pratique de l’administration, plutôt que porteur d’une exigence éthique.
📝 Points essentiels
- La conception courante justifie l’État en le valorisant comme serviteur du bien commun, avec une justification quasi morale de l’obéissance.
- Cette justification prétend nous pousser à dépasser nos passions égoïstes, comme si l’altruisme résultait presque malgré nous de l’État.
- La critique de la théologie politique vise l’idée que l’État commanderait comme une autorité suprême et exigerait des sacrifices.
- Le raisonnement dénoncé est incohérent car il traite le tout comme supérieur aux parties, alors qu’un tout n’existe que par ses parties.
- Si les parties sont sacrifiées, il ne reste plus rien : le « tout » devient une notion abstraite et vide.
- La question finale oppose deux réponses : l’État doit-il être moral ou seulement efficace, ce qui correspond à deux conceptions de l’État.
💡 Astuce mémo
Bien commun → altruisme (État moral) ; Théologie politique → sacrifice incohérent (tout sans parties).
📖 11. Politique et morale : État gestionnaire efficace
🔑 Notions clés & Définitions
- Sagesse au pouvoir : La sagesse au pouvoir désigne l’idée que la conduite politique doit être guidée par une forme de sagesse plutôt que par la seule efficacité technique.
- État gestionnaire efficace : L’État gestionnaire efficace désigne une conception où l’homme politique est surtout un technicien chargé d’administrer efficacement les affaires publiques.
- Technicien des affaires publiques : Le technicien des affaires publiques est l’homme politique réduit à un rôle d’exécutant compétent, davantage orienté vers la gestion que vers la morale.
- Prince : Le prince est le dirigeant, au sens machiavélien, dont la stratégie vise la conservation du pouvoir dans des conditions changeantes.
- Apparences de vertus : Les apparences de vertus désignent le fait qu’un prince peut donner l’impression d’être vertueux sans pratiquer réellement ces vertus en permanence.
📝 Points essentiels
- Machiavel oppose une réponse positive où la sagesse doit gouverner à une réponse négative où l’État ne serait qu’un gestionnaire efficace.
- Avec Machiavel, l’homme politique peut être vu comme un technicien des affaires publiques, ce qui rapproche la politique d’une logique d’efficacité.
- Le prince doit combiner deux aptitudes : être renard pour connaître les pièges et lion pour effrayer les loups.
- Un prince qui ne serait que lion échoue face aux lacets, et un prince qui ne serait que renard échoue face aux loups.
- Le prince n’est pas tenu de respecter sa parole si ce respect se retourne contre lui et si les motifs de la promesse ont disparu.
- Machiavel affirme que, comme les hommes ne sont pas tous gens de bien, le prince peut avoir des raisons légitimes de ne pas tenir sa foi quand cela sert sa conservation du pouvoir.
💡 Astuce mémo
Renard = pièges, Lion = peur : pour garder le pouvoir, on combine les deux et on ajuste la parole aux circonstances.
📖 12. Machiavel et le Prince : apparences et opportunisme
🔑 Notions clés & Définitions
- César Borgia : César Borgia : exemple historique utilisé comme modèle de conduite politique inspirant Machiavel, notamment par l’usage de la force puis la gestion de l’image publique.
- Rémy d’Orques : Rémy d’Orques : lieutenant nommé pour rétablir l’ordre par des mesures brutales, dont la responsabilité est ensuite retournée contre lui.
- Bouc émissaire : Bouc émissaire : personne rendue responsable de violences ou de décisions du pouvoir afin de préserver la réputation du dirigeant.
- Apparences de justice : Apparences de justice : stratégie consistant à faire croire à l’écoute du peuple et à la rectitude du prince, même lorsque la violence vient d’ailleurs.
📝 Points essentiels
- César Borgia nomme un lieutenant cruel et expéditif pour étouffer rapidement les désordres après une conquête en contexte d’anarchie.
- La terreur produite par le lieutenant sert à restaurer l’ordre, car chacun tremble à son seul nom.
- Borgia crée ensuite un tribunal civil pour recevoir les doléances et donner une image de justice auprès des populations.
- Pour dissiper l’inimitié née des rigueurs du lieutenant, Borgia fait exécuter Rémy d’Orques afin de montrer que la cruauté ne vient pas de lui.
- À Cesena, Rémy d’Orques est écartelé et exposé en place publique, spectacle qui provoque à la fois stupeur et satisfaction.
- Le prince instrumentalise le même homme à deux fins : imposer la peur puis se décharger de la responsabilité pour paraître humain et respectable.
💡 Astuce mémo
Force d’abord, justice ensuite : le prince fait frapper par l’autre, puis se blanchit en punissant l’exécutant.
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| fin du XVIème siècle | essor de la notion de « théoriciens du contrat » / contractualisme |
| 1588-1679 | référence à Hobbes (Léviathan) |
| 1864-1920 | référence à Max Weber (monopole de la violence légitime) |
📊 Tableaux de synthèse
Hobbes vs Locke vs Rousseau (contrat et liberté)
| Auteur | Justification de l’État | Liberté/limites |
|---|
| Hobbes | calcul d’intérêts pour sortir de la guerre de chacun contre chacun | perte de la liberté naturelle mais gain d’une liberté civile protégée par la loi; État absolu sans droit de contestation |
| Locke | pouvoir politique limité par contre-pouvoirs et exclusion de certains domaines | respect du droit de propriété; séparation Église/État et tolérance réciproque avec exigence de non-persécution |
| Rousseau | contrat où chacun s’unit aux autres tout en n’obéissant qu’à lui-même | obéissance à la loi = obéissance à soi via la volonté générale; autonomie (raison) |
Critiques de l’État : anarchisme (Stirner/Bakounine) vs théologie politique
| Auteurs/approches | Cible | Idée centrale |
|---|
| Stirner | l’État et même la démocratie comme fixation de la volonté | liberté du vouloir: ne reconnaître aucun devoir pour ne pas être esclave de sa volonté passée |
| Bakounine | la théologie politique justifiant l’État par le « bien de tout le monde » | le « tout » est une abstraction: l’État est l’autel où l’on immole les parties; société anarchiste = vie des parties |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre contrat social et document écrit: ici, c’est un pacte tacite, non daté et constamment impliqué par la vie politique.
- Croire que l’enjeu est seulement « qui gouverne »: le cours insiste sur « qui s’engage » et « à quoi » (contractants, termes, réciprocité, compatibilité des intérêts).
- Mélanger sociabilité/insociabilité: la sociabilité pousse à entrer en société, l’insociabilité pousse à s’isoler et à vouloir tout diriger, ce qui menace la concorde.
- Interpréter Hobbes comme une simple recherche de tranquillité: Rousseau critique la tranquillité civile si elle devient une misère (cachots) et une négation de la liberté.
- Confondre volonté générale (Rousseau) et « volonté de tous »: la volonté générale vise l’intérêt commun, la volonté de tous additionne des intérêts privés.
- Penser que l’anarchisme vise le chaos: le cours précise au contraire un ordre volontaire, auto-organisé, via accords/fédéralisme volontaire.
- Croire que « tout » signifie réellement un ensemble vivant: Bakounine montre que sacrifier les parties au « tout » revient à une universalité dévorante et destructive.
✅ Checklist Examen
- Expliquer pourquoi le « contrat social » est un pacte tacite et une convention toujours active, et non un texte écrit ni un événement daté.
- Identifier le problème central du contrat social: déterminer les contractants, les engagements réciproques et la compatibilité des intérêts État/citoyens.
- Distinguer communauté et société, et montrer pourquoi l’État doit créer une unité artificielle (homogénéisation) face aux rivalités et conflits.
- Reprendre l’argument kantien: sociabilité et insociabilité comme tendances contraires, et pourquoi l’insociable sociabilité est aussi un facteur de progrès.
- Expliquer l’état de nature chez Hobbes: absence de pouvoir commun, guerre de chacun contre chacun, et les trois causes de querelles (rivalité, méfiance, fierté).
- Justifier l’État chez Hobbes par le calcul d’intérêts: perte de la liberté naturelle et gain d’une liberté civile protégée par la loi.
- Décrire le « Léviathan » et le monopole de la violence légitime: « nous tenir en respect » = inspiration de la crainte/effroi et rôle coercitif (forces de l’ordre).
- Reconstituer le contrat hobbesien: transfert de souveraineté, unité « en une seule personne » (République/civitas), pacte de soumission/aliénation et absence de droit de contestation.
- Comparer les alternatives à l’absolutisme: limitation du pouvoir par division des pouvoirs, contre-pouvoirs, ou exclusion de domaines (Locke).
- Expliquer la position de Locke sur la propriété et la tolérance: droit de propriété respecté; séparation Église/État; réciprocité de la tolérance avec exigence de non-persécution.
- Expliquer la réponse de Rousseau à l’obéissance/liberté: chacun n’obéit qu’à lui-même grâce à la volonté générale, distincte de la volonté de tous, et l’autonomie comme liberté.
- Présenter les critiques anarchistes: Stirner (liberté du vouloir, ne reconnaître aucun devoir, démocratie = asservissement du vote passé) et Bakounine (théologie politique, sacrifice des parties au « tout », universalité
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