Fiche de révision : Les fondements du langage humain

Plan du Cours

  1. Définition du langage
  2. Double articulation et historicité
  3. Arbitraire du signe saussurien
  4. Langage et séparation du réel
  5. Langage animal et limites
  6. Langage et appartenance sociale
  7. Langage et domination
  8. Nommer, novlangue et performatifs
  9. Connotations et fonction expressive
  10. Pensée et langage indissociables

1. Définition du langage

Notions clés & Définitions

  • Langage (sens large) : Le langage, au sens large, désigne tout code constitué de signes servant à communiquer, comme les systèmes informatiques, mathématiques, gestuels ou symboliques.
  • Langage (sens restreint) : Le langage, au sens restreint, désigne le langage humain, c’est-à-dire la capacité à s’exprimer au moyen de signes verbaux.
  • Langue : La langue est le code linguistique abstrait propre à une communauté, structuré par des règles comme la grammaire et la syntaxe.
  • Parole : La parole est l’usage individuel de la langue, c’est-à-dire la réalisation concrète du code par les locuteurs.
  • Faculté symbolique : La faculté symbolique est la capacité humaine à produire et transmettre du sens à l’aide de signes verbaux.

Points essentiels

  • Au sens restreint, on a : langage = langue + parole, où la langue fournit le code et la parole son utilisation par les sujets.
  • Les humains maîtrisent leur langue maternelle sans apprentissage systématique, puis produisent des phrases correctes qu’ils n’ont jamais entendues.
  • La production spontanée de phrases nouvelles s’explique par des capacités linguistiques innées qui permettent de reconstruire une langue à partir d’informations très limitées.
  • La langue correspond à une particularisation de la faculté symbolique dans une communauté donnée, tandis que la parole correspond à l’actualisation de cette faculté chez chacun.

Astuce mémo

Langue = Code ; Parole = Usage : Langage = Langue + Parole.

2. Double articulation et historicité

Notions clés & Définitions

  • Double articulation : La double articulation est l’organisation du langage humain en niveaux distincts qui permettent, à partir de peu d’éléments, de produire une infinité de sens.
  • Phonèmes et morphèmes : Les phonèmes et les morphèmes sont deux types d’unités du langage, l’une sonore et l’autre porteuse de sens, qui se combinent pour former des énoncés.
  • Historicité du langage : L’historicité du langage désigne le fait que les langues évoluent au cours du temps, au lieu de rester figées comme des systèmes immuables.
  • Dialecte : Un dialecte (ou patois) est une variété résultant de la fixation d’une langue à une époque donnée, qui continue ensuite à se distinguer par ses usages.

Points essentiels

  • Le langage humain s’appuie sur une double articulation : des unités de sons (phonèmes) combinées entre elles puis des unités de sens (morphèmes) qui structurent le sens final.
  • Avec environ une trentaine de phonèmes, les langues produisent une infinité de significations grâce à un principe d’économie et de combinaison (lettres→phonèmes→mots→phrases).
  • La reconnaissance du caractère historique du langage est tardive, car il a longtemps été présenté comme d’origine divine (ex : récit de la tour de Babel donnant naissance à la pluralité des langues).
  • Le sens des mots change avec les époques : « terrible » a pu signifier « provoque la terreur » au XVIIIe siècle puis « sensationnel, génial » au XXe siècle.
  • De nouveaux mots apparaissent constamment, notamment avec la jeunesse et la technique (ex : « kiffer » puis « on s’enjaille », vocabulaire de l’Internet comme « cookies »).
  • Un dialecte correspond à une langue figée à un moment de son histoire : plus il y a de locuteurs, plus la langue change (comparaison avec l’Acadien proche du français du XVIe siècle).

Astuce mémo

Double articulation = du SON au SENS : phonèmes (sons) puis morphèmes (sens), combinés pour créer une infinité d’énoncés.

3. Arbitraire du signe saussurien

Notions clés & Définitions

  • Arbitraire du signe : Le signe linguistique est dit arbitraire car aucun lien naturel et nécessaire ne relie un mot à l’élément du réel qu’il désigne.
  • Signe immotivé : Un signe immotivé est un signe choisi sans raison particulière, au point qu’un autre signe aurait pu jouer le même rôle.
  • Symbole linguistique : Un symbole est un signe qui représente autre chose par ressemblance ou analogie, contrairement au mot arbitraire qui ne ressemble pas à ce qu’il signifie.

Points essentiels

  • À la différence du symbole, le signe linguistique ne ressemble pas à ce qu’il signifie, ce qui rend sa relation au réel non-naturelle.
  • La diversité des langues montre que parler ne donne pas accès à l’essence des choses, puisque des langues différentes découpent et nomment autrement.
  • Des mots imitatifs existent, mais ils restent conventionnels car ils varient d’une langue à l’autre, même pour les onomatopées.
  • Le sentiment de naturalité vient de l’apprentissage : une fois le langage acquis, le lien mot-chose paraît aller de soi au sujet parlant.
  • La thèse saussurienne affirme que le signe ne renvoie pas directement au référent réel : il unit une représentation intérieure (signifiant et signifié).

Astuce mémo

ImmOTIVÉ = pas de lien naturel : si les mots variaient, c’est que c’est un choix de langue, pas une ressemblance.

4. Langage et séparation du réel

Notions clés & Définitions

  • Séparation homme-monde : Notion philosophique : le langage ne donne pas un accès direct et naturel au réel, car il passe par des signes qui le médiatisent.
  • Séparation homme-homme : Notion philosophique : les échanges linguistiques ne garantissent jamais qu’on parle des mêmes choses, ce qui complique l’intersubjectivité.
  • Langue alphabétique : Catégorie linguistique : une langue alphabétique fait circuler le sens par des sons, l’écriture ne représentant pas directement le signifié.
  • Médiation écriture-son : Mécanisme : dans l’écriture alphabétique, le signe écrit renvoie au son, puis le son renvoie au signifié.

Points essentiels

  • Le caractère conventionnel du signe implique qu’il n’existe pas de relation naturelle, immédiate et directe entre l’homme et le monde.
  • Le langage montre aussi l’absence de relation immédiate entre les hommes, puisque rien n’assure qu’ils visent les mêmes choses.
  • Dans une langue alphabétique, l’écriture ne représente pas le signifié : elle renvoie aux signes phonétiques qui la composent.
  • Le schéma de double éloignement est : l’écrit renvoie au son, puis le son renvoie au signifié.
  • Après une période de symbiose mère-enfant, le petit humain devient un individu séparé, ce qui rend souvent les relations intersubjectives difficiles.
  • Même avec une intention de se comprendre, les décalages peuvent se multiplier entre pensée, mots, interprétations et attentes, rendant la communication incertaine.

Astuce mémo

Chaîne en trois étages : écrit → son → signifié (et donc le réel n’arrive jamais “en direct”).

5. Langage animal et limites

Notions clés & Définitions

  • Communication animale : Ensemble de systèmes de signes utilisés par les animaux pour se transmettre des informations et provoquer des comportements adaptés à une situation.
  • Langage humain : Type de langage réservé à l’être humain, fondé sur une intention d’adresser des signes intelligibles avec liberté et capacité d’évoquer le passé et l’irréel.
  • Mensonge animal : Conduite où certains animaux tentent de tromper intentionnellement, ce qui montre une intelligence mais ne correspond pas à un véritable langage.
  • Code inné : Organisation de signaux héritée biologiquement, déclenchée par des situations prévues, sans apprentissage durable ni construction d’un échange de sens.

Points essentiels

  • Le cri animal sert à avertir, protéger un territoire, renseigner sur la nourriture et appeler à la reproduction.
  • Le langage animal est limité à l’informatif : il transmet un message lié à des circonstances plutôt qu’une expression de l’individu.
  • Chez les abeilles, le signal ne peut pas être falsifié, car l’émetteur ne dispose pas de liberté de dire autre chose que l’information qu’il a.
  • Le langage animal est sans dialogue : la réponse à un message prend la forme d’une réaction immédiate, pas d’un autre message.
  • Le code animal est sans histoire : il relève de l’hérédité et fonctionne surtout sans apprentissage, avec des exceptions ponctuelles d’adaptation.
  • Seul le langage humain permet d’exprimer le ne-pas-exister (passé, imagination) grâce aux formes de type « si… », c’est-à-dire aux irréels.

6. Langage et appartenance sociale

Notions clés & Définitions

  • Appartenance sociale : Notion décrivant comment la parole permet d’identifier la position d’une personne dans un groupe social grâce à ses marques linguistiques.
  • Culture linguistique : Ensemble des normes et valeurs intégrées via l’apprentissage d’une langue, qui fournit les catégories pour penser et agir socialement.
  • Accent régional : Caractéristique sonore d’une façon de parler qui signale une origine géographique et devient un indice d’appartenance sociale.
  • Registre de vocabulaire : Façon de choisir les mots (niveau de langue) qui reflète le niveau socioculturel et, parfois avec une marge d’erreur, l’âge.

Points essentiels

  • Le langage fonctionne comme un révélateur d’appartenance en permettant d’inférer nationalité, région (accent), niveau socioculturel (vocabulaire) et âge (avec marge d’erreur).
  • L’apprentissage d’une langue revient aussi à assimiler une culture, car la langue transporte les normes et les valeurs sociales.
  • La domination passe par un accès inégal aux techniques du langage, ce qui stigmatise certains locuteurs lors de leurs prises de parole.
  • Les classes dominantes ont plus souvent « le verbe haut » et peuvent mobiliser le langage technique ou le jargon pour exclure, tandis que les dominés voient leur parole confisquée.
  • L’écrit a longtemps constitué un facteur de discrimination car l’écriture restait un privilège des « clercs » au Moyen Âge, excluant notamment classes populaires et femmes.

Astuce mémo

A-R-N-Â : Accent, Régionalité, Niveau, Âge repérés par le vocabulaire et la manière de parler.

7. Langage et domination

Notions clés & Définitions

  • Approche sociologique du langage : Approche qui étudie le langage comme pratique sociale où les échanges dépendent des rapports de pouvoir entre groupes.
  • Disputatio : Joute oratoire codifiée opposant deux adversaires, utilisée historiquement comme élément de formation des élites.
  • Rhétorique : Science du discours pensée pour convaincre, associée dans le cours à un vocabulaire du combat et à l’art de l’emporter en public.
  • Pouvoir de nommer : Idée selon laquelle la nomination transforme symboliquement la réalité perçue, en la rendant « saisissable » et en structurant notre monde intérieur.
  • Novlangue : Langage contrôlé visant à restreindre les pensées possibles, en rendant difficiles ou impossibles les opinions dissidentes.

Points essentiels

  • Le langage devient un instrument de domination car l’accès aux techniques d’expression et aux ressources culturelles est socialement inégal.
  • À l’oral, les dominants disposent plus souvent du « verbe haut » et peuvent exclure par le jargon, tandis que les dominés se voient confisquer la parole ou éprouvent des difficultés à dire ce qu’ils pensent.
  • Historiquement, la disputatio formait les classes dominantes à argumenter selon des règles reconnues, comme on le retrouve aussi dans des débats politiques à minutage strict.
  • Dans la tradition rappelée au cours, les sophistes sont critiqués pour une supériorité de façade qui persuade sans compétence réelle, et Platon invite à une méfiance envers les « beaux-parleurs ».
  • La nomination est présentée comme une prise de possession symbolique qui crée un monde intérieur et peut à la fois rassurer en montrant la banalité et décevoir en niant la singularité.
  • Dans l’univers d’Orwell (1984), l’ANGSOC/NOVLANGUE vise le contrôle total de la pensée en réduisant les moyens linguistiques de concevoir des dissidences.

8. Nommer, novlangue et performatifs

Notions clés & Définitions

  • Nommer : Acte de langage qui attribue un nom aux choses et leur confère une prise en main symbolique sur le monde.
  • Performatifs : Catégorie de phrases où dire produit une action, de sorte que l’énoncé ne décrit pas seulement mais fait quelque chose.
  • ANGSOC : Nom du parti de Big Brother dans 1984, associé à la réduction de la pensée par la Novlangue.

Points essentiels

  • Dans la Genèse, le pouvoir de nommer signifie une prise de possession symbolique, comme si le langage capturait la réalité.
  • Dans 1984, la Novlangue vise un contrôle total de la pensée en rendant l’expression d’opinions dissidentes plus difficile ou impossible.
  • Selon Austin, certains énoncés sont performatifs : dire correspond à agir, par exemple « je vous radie de l’université » ou « je dissous l’assemblée nationale ».
  • Quand Dieu ou Jésus donne un ordre (« que la lumière soit », « lève-toi et marche »), l’énoncé fonctionne comme une action sur le monde plutôt qu’une simple description.
  • Dans l’éducation, des énoncés performatifs peuvent produire des effets sociaux, comme le proverbe des Baruya qui finit par rendre vrai ce qu’il affirme (« les petites filles ne savent pas grimper aux arbres »).
  • L’enjeu de performativité se retrouve dans la transidentité : la déclaration « je suis une fille » pose la question de savoir si le réel est révoqué par l’individu.

Astuce mémo

Nommer = capturer; Novlangue = réduire; Performatifs = dire fait (dire → faire).

9. Connotations et fonction expressive

Notions clés & Définitions

  • Connotation : La connotation est l’information implicite d’un mot ou d’un énoncé qui influence le sens ressenti, indépendamment du contenu factuel.
  • Fonction suggestive : La fonction suggestive correspond au fait que les mots orientent la pensée en exerçant une influence inconsciente, même quand l’information “objective” semble identique.
  • Fonction expressive : La fonction expressive correspond au rôle de la parole pour extérioriser une singularité intérieure, en passant de l’impression subie à l’intention d’expression.
  • Passivité et intentionnalité : La passivité décrit la trace du monde en vous, tandis que l’intentionnalité désigne le mouvement où vous rendez ce qui vient de vous à l’extérieur.

Points essentiels

  • Dans un énoncé, la désignation ne suffit pas : la connotation oriente l’évaluation (par exemple X n’a pas lu tous les romans vs Y en a lu quelques-uns).
  • Deux formulations factuellement proches peuvent laisser une impression opposée, comme “Elle fume peu (bravo !)” et “Elle fume un peu”.
  • Le langage n’est jamais neutre : parler revient à prendre position, et les mots agissent comme des préjugés selon Nietzsche.
  • La parole vous fait passer d’une réception passive du monde à une expression intentionnelle de votre singularité, décrite comme une extériorisation bénéfique de “vous”.
  • Bergson affirme que le langage fige l’aspect objectif et impersonnel des sentiments, ce qui rend la pensée “incommensurable” avec le langage.
  • La puissance poétique vient du fait que l’on cherche moins le sens dictionnaire des mots que ce qu’on lit entre les mots, comme dans “il pleure dans mon cœur…” de Verlaine.

10. Pensée et langage indissociables

Notions clés & Définitions

  • Monologue intérieur : Notion de pensée du dedans où le discours ne sert pas d’abord à communiquer mais à se tenir à soi-même.
  • Pensée discursive : Notion selon laquelle la pensée fonctionne déjà comme un discours, donc comme une activité structurée par le langage.
  • Indissociabilité pensée-langage : Thèse selon laquelle la pensée ne peut ni exister ni se développer sans l’activité langagière qui la réalise.
  • Réalisation par la parole : Idée selon laquelle le langage n’exprime pas une pensée déjà achevée : il accomplit la pensée en acte.

Points essentiels

  • Sans langage, la pensée ne peut pas se développer et ne peut pas émerger, comme l’illustre l’exemple de l’enfant sauvage de Victor.
  • La pensée ne peut pas être considérée comme antérieure au langage : elle ne préexiste pas à son expression verbale.
  • La pensée doit être comprise comme un monologue intérieur, analogue au « discours que l’âme se tient à elle-même » du Théétète.
  • La pensée discursive signifie que penser implique déjà une forme de discours, et donc une dimension langagière.
  • Le langage n’est pas seulement le rappel d’une pensée faite : il est déjà pensée et sa parole réalise ce qu’on exprime.
  • « Les pensées naissent tout habillées » formule de Wilde reliant naissance de la pensée et forme déjà portée par l’expression.

Astuce mémo

Pensée = déjà un discours : sans parole, pas d’émergence (pensée se fabrique en s’exprimant).

Repères chronologiques

DateÉvénement
XVIIIème siècleÉvolution du sens de « terrible » (qui provoque la terreur)
XXème siècleÉvolution du sens de « terrible » (sensationnel, génial)
1962Austin : publication liée aux performatifs (How to do things with words)
3600 avant JC1ère écriture humaine connue : sumérien (écriture cunéiforme)
19 moisÂge d’Helen Keller lorsqu’elle devient sourde, muette et aveugle
1995AVC de Jean-Dominique Bauby (locked-in syndrom)
44 ansÂge de Jean-Dominique Bauby lors de l’AVC
9 juin 2024Exemple de performatif attribué à Macron : « Je dissous l’assemblée nationale »

Tableaux de synthèse

Langage : sens large vs sens restreint

NiveauDéfinitionExemples
Sens largeTout code constitué de signes pour communiquerlangage informatique, mathématique, gestuel, symbolique (ex : rouge pour l’amour/la révolution), langages animaux
Sens restreintEnsemble de la langue et de la parolelangage humain = langue + parole

Fonctions du langage (signifier vs suggérer)

FonctionCe que fait le langageEffet sur le lecteur/locuteur
SignifierProduire une signification par l’usage du signesubstituts d’images (réalité extérieure)
SuggérerFaire appel à l’expérience d’autruiexcitateur de pensées/émotions ; création chez l’auditeur/lecteur

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre langage (sens large) et langage (sens restreint) : au cours, le langage humain = langue + parole, pas simplement « tout code ».
  2. Croire que l’enfant « apprend » la langue maternelle par apprentissage systématique : le cours insiste sur l’inné et la reconstruction à partir d’informations pauvres.
  3. Penser que l’historicité signifie seulement « des mots nouveaux » : elle implique aussi la variation de signification des mots selon les époques.
  4. Réduire l’arbitraire saussurien à « n’importe quel son représente n’importe quelle chose » : c’est un choix conventionnel (immotivé) mais qui devient naturel après apprentissage.
  5. Oublier la chaîne double éloignement des langues alphabétiques : écrit → son → signifié (l’écriture ne représente pas directement le signifié).
  6. Croire que communication animale = langage humain : le cours distingue langage humain (intention, irréels, dialogue implicite) et communication limitée/informative.
  7. Imaginer que la pensée « précède » toujours le langage : thèse du cours = pensée et langage sont indissociables, la pensée ne se développe pas sans langage.

Checklist Examen

  1. Définir la distinction sens large / sens restreint du langage et donner la formule langage = langue + parole.
  2. Expliquer la langue (code conventionnel abstrait) et la parole (usage individuel) avec l’idée d’actualisation.
  3. Exposer la faculté symbolique et la thèse d’une capacité linguistique innée permettant la production de phrases jamais entendues.
  4. Décrire la double articulation : phonèmes puis morphèmes, et le rôle du principe d’économie et de combinaison.
  5. Justifier l’historicité du langage : nature tardive de sa reconnaissance, mythe de Babel et caractère changeant des significations.
  6. Relier diversité des langues et caractère conventionnel : réfuter la thèse du lien naturel (Cratyle), et préciser la différence avec le symbole.
  7. Définir la convention/contingence chez Benveniste et expliquer pourquoi, pour le sujet parlant, le lien mot-chose paraît naturel.
  8. Présenter la thèse de séparation homme-monde et homme-homme, puis décrire le mécanisme des langues alphabétiques (écrit → son → signifié).
  9. Comparer langage humain et communication animale : fonction informative, absence de dialogue, absence de liberté (falsification impossible), sans « irréels » (si…); rappeler l’idée du « ne-pas-exister ».
  10. Expliquer comment la parole signale l’appartenance sociale : nationalité/langue, accent régional, niveau socioculturel/vocabulaire et âge (avec marge d’erreur).
  11. Montrer comment le langage devient un instrument de domination : accès inégal aux techniques (verbe haut/jargon), disputatio/rhétorique, écrit discriminant.
  12. Définir nommer (pouvoir de capturer/appropriation symbolique), novlangue (contrôle des dissidences) et performatifs (dire = faire) avec un exemple.
  13. Expliquer connotation et fonction suggestive/expressive : même information, impressions opposées; langage non neutre.
  14. Définir pensée discursive / monologue intérieur et conclure à l’indissociabilité pensée-langage (pas d’antériorité de la pensée sur la parole).

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Les fondements du langage humain avec 20 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Dans le sens restreint, à quoi correspond le langage humain ?

2. Quelle relation décrit correctement le rapport entre langue et parole ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Les fondements du langage humain avec 20 flashcards interactives.

Langage — définition ?

Système de signes pour communiquer, au sens large.

Double articulation — rôle ?

Permet la production d'infinité de sens à partir de peu d'éléments.

Arbitraire du signe — principe ?

Lien non naturel entre mot et référent.

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