📋 Plan du Cours
- Modes d’imitation chez Aristote
- Mimesis et illusion du vrai au théâtre
- Linguistique de l’énonciation et cadre énonciatif
- Locuteur, énonciateur et destinataires du discours
- Double énonciation et double destination
- Parole théâtrale comme acte et contrat
- Persuasion rhétorique et valeurs des discours
- Présupposés, sous-entendus et implicite
- Lois conversationnelles et violations au théâtre
- Formes de dialogue et échanges à plusieurs
- Stichomythie et tirade
- Structure dramatique exposition nœud dénouement
📖 1. Modes d’imitation chez Aristote
🔑 Notions clés & Définitions
- Imitation indirecte : Mode d’imitation où l’on passe par le récit des actions, avec une distance introduite par la diégésis.
- Diégésis : Procédé narratif qui rapporte les actions et installe un décalage entre ce qui est raconté et les faits.
- Imitation directe : Mode d’imitation où les êtres humains sont donnés en action de façon représentée, sans médiation narrative.
- Mimesis : Imitation directe par la représentation des humains en action, typique du poème dramatique.
- Illusion référentielle : Illusion qui vise à faire croire que ce qui est raconté ou montré correspond au réel.
📝 Points essentiels
- Aristote distingue deux modes d’imitation en littérature : l’imitation indirecte et l’imitation directe.
- L’imitation indirecte s’appuie sur le récit des actions et la diégésis, ce qui crée un décalage avec les faits.
- L’imitation directe correspond à la mimesis, où la représentation met en scène des humains agissant.
- Le poème dramatique relève de la mimesis car il donne à voir directement, comme une retranscription mise en spectacle.
- Le théâtre met en tension la lecture du texte et la présence du spectacle, ce qui oblige à penser le spectateur.
- En stylistique, l’analyse porte sur la trame écrite, mais doit évaluer l’efficacité de l’illusion produite malgré l’absence de la pièce jouée en entier.
💡 Astuce mémo
Imitation indirecte = récit + diégésis (distance) ; imitation directe = mimesis (montrer en action).
📖 2. Mimesis et illusion du vrai au théâtre
🔑 Notions clés & Définitions
- Illusion référentielle : L’illusion référentielle est un effet qui fait croire que ce qui est raconté correspond au réel, grâce à l’immersion dans le texte.
- Déictiques : Les déictiques sont des marqueurs de repérage (comme ici/maintenant ou des formes de pointage) qui ancrent le discours dans une situation perçue comme réelle.
- Illusion de la spontanéité : L’illusion de la spontanéité est le sentiment d’immédiateté produit par un discours pourtant préparé et appris.
- Énonciation : L’énonciation est la mise en fonctionnement de la langue par un acte individuel d’utilisation, c’est-à-dire le fait de produire un énoncé.
- Locuteur : Le locuteur est celui qui prend la parole dans l’échange, distinct de celui qui a produit l’énoncé.
📝 Points essentiels
- Au théâtre, l’illusion du vrai vise surtout les objets du monde, que les mots rendent sensibles et crédibles.
- Le langage théâtral renforce l’effet de réel en multipliant des outils comme les déictiques, plus fréquents que dans le langage courant.
- L’illusion concerne aussi les personnages : leurs désignations (prénom, nom, qualités) accréditent leur statut social et leur rôle.
- L’illusion de la spontanéité repose sur un discours adapté au sujet et au personnage, pour que la source première du texte ne soit pas perçue.
- Le « naturel » classique correspond à l’effacement de l’art : l’écriture et le jeu doivent donner l’impression que le discours surgit sans médiation.
- On parle plutôt de texte dramatique que de texte théâtral : « théâtral » renvoie à ce qui apparaît une fois la pièce jouée.
💡 Astuce mémo
Illusion du théâtre = Réel (objets) + Statut (noms) + Immédiat (spontanéité) ; l’art se cache.
📖 3. Linguistique de l’énonciation et cadre énonciatif
🔑 Notions clés & Définitions
- Locuteur : Le locuteur est l’énonciateur qui produit l’énoncé et dont la présence des interlocuteurs peut être plus ou moins connue.
- Récepteur additionnel : Le récepteur additionnel est une personne dont la présence est supposée connue mais qui n’est pas forcément prise en compte par le locuteur dans l’échange direct.
- Spectateur indirect : Le spectateur indirect est un destinataire présent dans la boucle d’énonciation sans que le locuteur en ait nécessairement conscience.
- Dialogue théâtral : Le dialogue théâtral est une suite d’énoncés présentés comme un échange vraisemblable, mais orientés par une visée esthétique.
- Énonciation double : L’énonciation double correspond au fait que le théâtre organise deux niveaux de communication, l’un entre personnages et l’autre vers le spectateur.
📝 Points essentiels
- Le cadre énonciatif du théâtre suppose des destinataires dont la présence peut être connue, partiellement connue ou ignorée par le locuteur.
- Le récepteur additionnel correspond à un destinataire dont on sait qu’il est là et qui écoute, tandis que sa présence échappe au locuteur dans le cas du spectateur indirect.
- Le dialogue théâtral reprend la réalité des paroles humaines sous forme de discours vraisemblable, avec des écarts qui doivent être perçus comme des distorsions par rapport à des échanges ordinaires.
- Le dialogue théâtral est traité comme un échange vrai tout en produisant un effet esthétique, ce qui fait que chaque énoncé a à la fois un sens et une action.
- Le dialogue théâtral est caractérisé par une absence de forme propre, ce qui lui permet de faire circuler des modes de parole et des genres multiples.
- Le théâtre fonctionne comme un échange double : les personnages se parlent entre eux, et ils parlent aussi pour le spectateur.
💡 Astuce mémo
Locuteur = « je parle », Récepteur additionnel = « on sait qu’il écoute », Spectateur indirect = « il est là sans être vu ».
📖 4. Locuteur, énonciateur et destinataires du discours
🔑 Notions clés & Définitions
- Scripteur : Le scripteur est l’instance qui produit le texte, en amont de la parole scénique, et dont la présence peut rester discrète.
- Personnage : Le personnage est l’instance fictive qui prend la parole dans le dialogue et sert d’intermédiaire entre le texte et la scène.
- Acteur : L’acteur est le corps qui réalise sur scène la parole du personnage, assurant la transmission au public.
- Spectateur : Le spectateur est le destinataire présent dans la salle, qui reçoit la représentation et complète la communication théâtrale.
- Double énonciation : La double énonciation correspond au fait que le théâtre fait entendre une parole à deux niveaux, du texte vers la scène et de la scène vers le public.
📝 Points essentiels
- Au théâtre, la parole est dialogique : un énoncé ne peut pas n’avoir qu’un seul énonciateur sans impliquer au moins une autre instance de réception.
- Le monologue au théâtre est problématique à la lettre car le spectateur est toujours présent, ce qui empêche une parole “tout seul” du personnage.
- Premier niveau d’énonciation : l’énonciateur principal est l’auteur, qui s’adresse au lecteur et au spectateur, souvent de façon indirecte via les didascalies.
- Deuxième niveau d’énonciation : dans les dialogues, les personnages parlent directement et le dialogue résulte de deux énonciateurs seconds.
- La parole du scripteur passe par un “canal” de personnages : l’écrivain délègue sa parole et sa responsabilité à des énonciateurs secondaires.
- La destination est double : les répliques visent d’abord les interlocuteurs sur scène, puis le public devient un destinataire second mais déterminant pour la représentation.
💡 Astuce mémo
Théâtre = “auteur en coulisses” + “personnages sur scène” : double énonciation, double destination (interlocuteurs d’abord, public ensuite).
📖 5. Double énonciation et double destination
🔑 Notions clés & Définitions
- Double destination : La double destination désigne le fait que le théâtre vise d’abord les personnages, tout en s’adressant aussi au public via la représentation.
- Double énonciation : La double énonciation correspond à la superposition de deux communications au théâtre : celle entre personnages et celle qui passe par la scène et les didascalies.
- Spectateur destinataire second : Le spectateur est un destinataire secondaire mais central, car la représentation existe pour lui et transforme la parole en événement scénique.
- Didascalies : Les didascalies sont des indications qui relaient une communication entre le dramaturge et les acteurs ou le metteur en scène.
- Théâtre dans le théâtre : Le théâtre dans le théâtre est une forme particulièrement complexe où une représentation s’enchâsse dans une autre, renforçant la double énonciation.
📝 Points essentiels
- Au théâtre, la parole circule entre personnages, mais elle est aussi « captée » par le public, ce qui donne une seconde couche de communication.
- La double communication relie les acteurs au public par l’intermédiaire des personnages, et relie aussi le dramaturge aux acteurs et au metteur en scène par les didascalies.
- Pour repérer stylistiquement la double énonciation, on analyse les passages où l’auteur semble viser le public.
- Pour mesurer la portée de la double énonciation, on classe ses effets : informative, distractive ou ironique.
- Certains thèmes peuvent relever à la fois du contenu et de la théâtralité, et une isotopie de la parole peut servir de révélateur des lois du langage et du fonctionnement de la communication.
- La double énonciation la plus complexe apparaît dans le théâtre dans le théâtre, où les niveaux de représentation se superposent.
💡 Astuce mémo
Personnages = destinataires 1 ; Public = destinataire 2 ; Didascalies = pont dramaturge→scène.
📖 6. Parole théâtrale comme acte et contrat
🔑 Notions clés & Définitions
- Rapport conventionnel : Le rapport conventionnel est un type de relation entre interlocuteurs instauré par les échanges, qui peut être modifié par ce qui est dit ou tu.
- Art de persuader : L’art de persuader est la dimension rhétorique du théâtre, fondée sur l’idée que la parole peut convaincre et faire agir.
- Rhétorique : La rhétorique est l’ensemble des moyens de persuasion qui organisent les discours pour obtenir l’adhésion du public ou d’un juge.
- Discours délibératif : Le discours délibératif est un type de discours théâtral orienté vers la décision, où l’on pèse des options pour agir.
- Discours démonstratif : Le discours démonstratif est un type de discours théâtral qui sert à apprécier une conduite ou une décision déjà envisagée.
📝 Points essentiels
- La parole théâtrale instaure des rapports conventionnels avec autrui, en permettant ou non de poser des questions et d’en parler, ce qui transforme la dynamique des échanges.
- Le théâtre met en scène le langage quotidien pour révéler la dynamique propre des relations humaines.
- L’esthétique théâtrale classique intègre une composante persuasive, car elle croit au pouvoir de conviction du langage.
- Le théâtre peut être rapproché du tribunal : espace clos, parties qui plaident à tour de rôle, public-jug e et destin des personnages suspendu au succès de la parole.
- Les discours à valeurs délibératives dominent surtout dans tragédies et comédies, tandis que les discours à valeurs démonstratives permettent d’évaluer une conduite ou une décision.
- L’art oratoire fournit des structures au langage dramatique classique, en organisant les prises de parole comme des arguments ou des évaluations.
💡 Astuce mémo
Théâtre = tribunal : parole qui juge et qui décide.
📖 7. Persuasion rhétorique et valeurs des discours
🔑 Notions clés & Définitions
- Pathos : Le pathos désigne l’appel aux émotions du public, visant une réaction immédiate plutôt qu’une adhésion longuement réfléchie.
- Ravissement esthétique classique : Le ravissement, dans l’esthétique classique, repose sur une émotion jugée compatible avec la raison du spectateur, sans heurt majeur.
- Vraisemblance : La vraisemblance est un principe de représentation qui privilégie le plausible et produit chez le public une illusion de vérité.
- Bienséance : La bienséance impose l’adéquation des comportements aux normes éthiques et culturelles du moment, indépendamment de la logique pure.
- Présupposition : La présupposition correspond aux informations tenues pour acquises par le seul fait de formuler un énoncé, même si elles ne sont pas dites explicitement.
📝 Points essentiels
- Le pathos mobilise des passions comme l’admiration, la pitié, la terreur ou le rire pour déclencher une prise de position rapide.
- Dans l’esthétique classique, le ravissement doit rester fondé sur la crédibilité rationnelle du spectateur, sans choquer sa raison.
- La vraisemblance fait préférer un sujet feint et raisonnable à un sujet vrai jugé non conforme à la raison.
- La vraisemblance repose sur un enchaînement cause→effet et sur des mécanismes de raisonnement logiques pour faire entrer le spectateur dans la fiction.
- La bienséance concerne d’abord l’éthique et la conformité aux normes culturelles, pas la validité logique des raisonnements.
- La bienséance se décline en perspective externe (langage/gestuelle conformes à la politesse, comique souvent par infraction) et perspective interne (cohérence de l’action et des caractères, tensions dénouées).
💡 Astuce mémo
Pathos = Passions (réaction immédiate) ; Vraisemblance = Vrai-Comme (illusion par cause→effet) ; Bienséance = Bien-Éthique (conformité culturelle) ; Présupposition = Sous-entendu automatique (ce que l’énoncé fait déjà croire).
📖 8. Présupposés, sous-entendus et implicite
🔑 Notions clés & Définitions
- Présupposé : Un présupposé est une information tenue pour vraie par le contexte d’énonciation, même si elle n’est pas dite explicitement.
- Présupposé implicite théâtral : Un présupposé implicite théâtral est l’idée que tout énoncé sur scène repose sur une vérité supposée, incertaine par rapport à la vie réelle.
- Sous-entendu : Un sous-entendu est une information transmise indirectement, par exemple via une phrase qui en suggère d’autres.
- Implicite : L’implicite regroupe ce qui se déduit sans être formulé, et peut multiplier les sens possibles d’un énoncé.
- Lois conversationnelles : Les lois conversationnelles sont des règles qui encadrent la façon de parler, en agissant souvent de manière indirecte.
📝 Points essentiels
- Au théâtre, l’énonciation s’appuie sur des éléments préconstruits, ce qui rend possible la violation de présupposés évidents.
- Dans le théâtre de l’absurde, violer un présupposé peut produire un effet comique ou déstabilisant, comme dans la logique de La Cantatrice chauve d’Ionesco.
- Tout énoncé sur scène fonctionne avec un présupposé d’incertitude : ce qui est supposé vrai sur scène ne l’est pas forcément dans la vraie vie, et peut ne plus l’être.
- Le sous-entendu cumule souvent plusieurs présupposés, par exemple « Mon frère ne fume plus » implique qu’il a déjà fumé et qu’il existe un frère, tout en laissant ouvertes les raisons du changement.
- L’implicite vise à enrichir la représentation en creusant des zones d’énigme où plusieurs sous-entendus peuvent coexister, parfois de façon contradictoire.
- Les lois conversationnelles relèvent d’un non-dit : elles fonctionnent comme des codes indirects, universels dans leur principe mais dépendants des règles historiques locales.
💡 Astuce mémo
Présupposé = « je pars du vrai sans le dire » ; Sous-entendu = « je le suggère » ; Implicite = « je le déduis et ça se contredit parfois ».
📖 9. Lois conversationnelles et violations au théâtre
🔑 Notions clés & Définitions
- Lois conversationnelles : Ensemble de règles qui gouvernent l’échange verbal pour que les interlocuteurs partagent une information pertinente et cohérente.
- Théâtre comme exposition : Cadre théâtral où la conversation est conçue pour être observée, afin de montrer les réussites et les ratés de la communication.
- Règle de quantité : Principe selon lequel un énoncé doit fournir la quantité d’informations attendue, ni trop ni trop peu.
- Règle de qualité : Principe selon lequel un locuteur doit viser la sincérité et la véracité de ce qu’il dit.
- Règle de relation : Principe selon lequel un énoncé doit être pertinent pour produire une réponse adéquate chez le destinataire.
📝 Points essentiels
- Le théâtre met en scène des violations car la scène doit exposer la conversation au spectateur, pas seulement permettre un échange ordinaire.
- La loi des « colonies » réduit les redondances et les énoncés trop doublés, ce qui modifie la forme attendue des répliques.
- La règle de quantité est souvent bafouée à cause des scènes d’exposition qui exigent plus d’informations que dans un dialogue classique.
- Une violation de quantité peut servir à souligner la posture ou les sentiments du personnage, notamment dans les discours amoureux.
- Quand le spectateur reçoit trop peu d’informations, l’effet produit est associé à Beckett.
- La règle de qualité est traitée comme un outil dramaturgique : le mensonge devient un spectacle de la duperie et prépare la suite des échanges.
💡 Astuce mémo
Quantité = « juste assez » d’infos ; au théâtre, on triche pour faire voir sentiments (trop) ou mystère (pas assez).
🔑 Notions clés & Définitions
- Monologue : Le monologue est une forme théâtrale où un personnage parle en apparence seul, tout en construisant un échange avec un destinataire présent par convention.
- Aparte : L’aparté est une réplique prononcée par un personnage que les autres ne sont pas censés entendre, afin de créer une double destination au théâtre.
- Destinataire muet : Le destinataire muet est la présence silencieuse qui rend possible l’échange théâtral, notamment quand le personnage parle comme s’il était seul.
- Adresse au moi : L’adresse au moi est une variante du monologue où le personnage se divise en deux voix qui se disputent ou se répondent.
- Adresse à une instance supérieure : L’adresse à une instance supérieure est une forme de monologue où le personnage s’adresse à Dieu ou aux dieux, avec une intention d’adoration ou de rejet.
📝 Points essentiels
- Le monologue sert à structurer une pièce, mais il est rare dans le théâtre contemporain et son usage varie selon les auteurs.
- La définition courante du monologue (acteur seul qui se parle) pose problème car, au théâtre, le spectateur est présent et joue le rôle de destinataire.
- Le monologue reste dialogique : il suppose un destinataire muet mais présent (le spectateur) et comporte une division interne de la parole.
- Le monologue exprime une solitude : le héros ne parle pas parce qu’il n’a personne, mais pour dire son dilemme et chercher une solution.
- Le monologue peut viser un autre absent (mort ou imaginaire), ou prendre la forme d’une adresse au moi (deux voix) ou d’une adresse à une instance supérieure (prière).
- L’adresse à une instance supérieure peut être adoration ou détestation ; chez Corneille, ces instances sont plutôt liées au devoir ou à l’honneur.
💡 Astuce mémo
Monologue = « seul en scène, double en échange » : spectateur muet + voix internes.
📖 11. Stichomythie et tirade
🔑 Notions clés & Définitions
- Stichomythie : La stichomythie est un échange de répliques très rapides, vers à vers (ou hémistiche à hémistiche), qui sert à rendre une tension extrême visible et analysable.
- Tirade : La tirade est une longue suite de vers ou de phrases dite sans interruption par un seul personnage, souvent utilisée pour des effets dramatiques et poétiques.
- Faux dialogue : Le faux dialogue est un échange apparent où un personnage puissant parle tandis qu’un confident intervient peu, surtout pour écouter et relancer le discours.
- Duo d’amour : Le duo d’amour est un dialogue symétrique entre deux personnages liés par un rapport amoureux, caractérisé par l’équilibre des tours de parole et la parole en écho.
- Affrontements affectifs : Les affrontements affectifs sont des échanges où les liens émotionnels ne mènent pas forcément au consensus amoureux, mais à des assertions affectives et conflictuelles.
📝 Points essentiels
- La stichomythie suppose une situation de forte tension, tragique ou comique, où la rapidité des réponses rend l’affrontement immédiat.
- La stichomythie n’a pas un effet d’improvisation : sa construction permet d’observer parallélismes, oppositions et répétitions dans l’écriture.
- La tirade correspond à une prise de parole longue sans interruption par le même personnage, ce qui modifie le rythme global de la scène.
- La tirade doit être évaluée dans l’organisation de la scène : elle se mesure par rapport au débit de parole des autres moments.
- Le faux dialogue apparaît souvent dans la tragédie classique avec des confidents : le confident donne au spectateur les éléments clés en parlant très peu.
- Le duo d’amour repose sur l’alternance et la réceptivité des énoncés, avec un thème unifié et un caractère souvent futile souligné par l’écho des paroles.
💡 Astuce mémo
Stichomythie = « vers qui se répondent vite » ; Tirade = « un seul souffle long ». Faux dialogue = « le puissant parle, le confident relance ». Duo d’amour = « écho symétrique ».
📖 12. Structure dramatique exposition nœud dénouement
🔑 Notions clés & Définitions
- Structure dramatique : Organisation en étapes d’une pièce qui fait passer le spectateur d’une situation initiale à une crise puis à une résolution.
- Exposition : Scène ou acte d’ouverture qui fournit les informations nécessaires pour comprendre la pièce tout en restant vraisemblable dans le dialogue.
- Nœud dramatique : Moment central où la crise ou le conflit atteint son intensité maximale et où se produit un tournant décisif.
- Dénouement : Résolution de la situation dramatique qui clôt le nœud et peut ouvrir sur un nouvel équilibre ou une nouvelle étape.
- Tirade : Longue suite de vers ou de phrases dite sans interruption par un personnage de théâtre, souvent utilisée pour porter une information ou une thèse.
📝 Points essentiels
- La structure dramatique vise une progression non aléatoire, analysable via l’écriture, les parallélismes, les oppositions et les répétitions.
- La tirade est un outil poétique et un enjeu : son contenu pousse le spectateur à réfléchir (histoire, philosophie, idéologie).
- L’exposition doit faire passer du silence au début de l’action tout en gérant une double contrainte : informer et rester vraisemblable.
- Pour l’exposition, pose-toi : quel personnage expose et à qui parle-t-il, et quelles informations sur la crise et les obstacles sont déjà visibles ?
- Dans le théâtre moderne, l’auteur peut jouer avec les règles de l’exposition (ex. procédé de rupture).
- Le nœud dramatique correspond au temps fort de la crise ou du conflit, souvent situé à la fin de l’acte 3 dans les tragédies classiques.
💡 Astuce mémo
Exposition = Infos + vraisemblance ; Nœud = Tournant ; Dénouement = Résolution (E-N-D).
📊 Tableaux de synthèse
Modes d’imitation (Aristote)
| Mode | Médiation | Effet/lieu |
|---|
| Imitation indirecte | Récit des actions + diégésis | Décalage avec les faits ; présence du narrateur ; catégorie du récit |
| Imitation directe | Représentation des êtres humains en action = mimesis | Poème dramatique ; donne à voir directement ; enjeu de retranscription ; forme achevée de l’imitation |
Types de destinataires dans l’énonciation théâtrale
| Destinataire | Présence | Rôle dans la boucle |
|---|
| Destinataire direct | Présence sur scène | Interlocuteur des répliques (logique) |
| Récepteur additionnel | Présence supposée connue mais non prise en compte | Écoute dont la présence échappe au locuteur |
| Spectateur indirect | Présence dans la boucle d’énonciation | Destinataire présent sans être vu ; central pour la communication |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre imitation indirecte et imitation directe : l’une passe par le récit + diégésis (décalage), l’autre par la mimesis (représenter en action).
- Croire que l’illusion référentielle au théâtre vise d’abord les personnages : dans le cours, elle vise surtout les objets du monde évoqués et rendus sensibles par les mots.
- Prendre “théâtral” pour “texte une fois joué” et oublier qu’on doit plutôt analyser le texte dramatique : l’adjectif “théâtral” renvoie à ce qui apparaît une fois la pièce jouée.
- Dire que le monologue est “acteur seul” : au théâtre, le spectateur est toujours présent, donc le monologue reste dialogique (destinataire muet + division interne).
- Inverser locuteur et énonciateur : locuteur = celui qui prend la parole, énonciateur = celui qui a produit l’énoncé (au théâtre : dramaturge/acteur selon le niveau).
- Penser que les lois conversationnelles ne s’appliquent pas au théâtre : au contraire, elles sont fréquemment violées pour exposer la conversation au spectateur (quantité, qualité, relation, modalité).
- Réduire la double énonciation à “personnages qui parlent” : elle inclut aussi l’auteur/didaclasies vers scène et la parole captée par le public (double destination).
✅ Checklist Examen
- Identifier les deux modes d’imitation d’Aristote et associer imitation indirecte = récit + diégésis (décalage) et imitation directe = mimesis (représentation en action).
- Expliquer pourquoi le théâtre produit une “illusion du vrai” : adhésion du public pendant la présentation, effet sur les objets du monde et création de l’immédiat par les mots.
- Définir illusion référentielle, déictiques et illusion de la spontanéité, puis relier chacune à l’écriture dramatique (réel, ancrage, naturel classique).
- Définir énonciation et distinguer locuteur/énonciateur, puis placer le théâtre dans une logique de discours (résultat de l’acte d’énonciation).
- Distinguer destinataire direct, récepteur additionnel et spectateur indirect, et montrer comment le cadre énonciatif du théâtre varie selon la connaissance de la présence.
- Décrire le dialogue théâtral comme échange vraisemblable à visée esthétique, avec distorsions perçues comme violations par rapport aux échanges ordinaires.
- Expliquer la double énonciation et la double destination : auteur (via didascalies) ↔ acteurs/mise en scène et personnages ↔ public, y compris le cas du théâtre dans le théâtre.
- Relier la parole théâtrale à l’acte et au contrat (locutoire/perlocutoire/illocutoire) et justifier pourquoi la parole vaut acte d’acceptation/refus dans l’avancée des échanges.
- Maîtriser les notions de persuasion : rhétorique, discours délibératif/démonstratif, et les moyens (maxime, exemple, ethos, pathos) avec leur rôle au théâtre classique.
- Expliquer vraisemblance et bienséance, en distinguant perspective externe (politesse/normes ; comique par infraction) et perspective interne (cohérence interne et caractères).
- Définir présupposé, sous-entendu et implicite, puis donner l’idée du présupposé d’incertitude propre au théâtre et le lien avec le théâtre de l’absurde.
- Appliquer les lois conversationnelles (quantité, qualité, relation, modalité) au théâtre : expliquer pourquoi elles sont exposées/violées (scènes d’exposition, “colonies”, mensonge comme outil dramaturgique).
- Reconnaître les formes d’échange : monologue (dialogique), aparté (double destination), faux dialogue, duo d’amour, affrontements affectifs, et formes à plusieurs (chorale/trilogue).
- Comparer stichomythie et tirade : tension extrême vers à vers construite vs longue prise de parole à mesurer dans l’organisation de la scène et à rôle informatif/idéologique.
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