📋 Plan du Cours
- Crise politique et électorale de 1993
- Cohabitation de 1993 à 1995 et relations Mitterrand-Balladur
- Orientations économiques et sécuritaires du gouvernement Balladur
- Scrutin présidentiel de 1995 et victoire de Chirac
- Gouvernement Juppé et plan Juppé face aux contestations
- Dissolution de 1997 et victoire de la gauche plurielle
- Cohabitation Jospin-Chirac et tensions avant 2002
- Sécurité sous le gouvernement Jospin et police de proximité
- Présidentielle de 2002 : duel Chirac Jospin et séisme politique
- Causes de la présence de Jean-Marie Le Pen en 2002
- Variables explicatives du vote Front national en 2002
- Canicule 2003, Irak 2003 et référendum TCE 2005
📖 1. Crise politique et électorale de 1993
🔑 Notions clés & Définitions
- Crise politique 1993 : Période de fragilisation du pouvoir socialiste, aggravée par des scandales financiers et des affaires de corruption.
- Élections législatives de 1993 : Élection qui marque l’usure du pouvoir mitterrandien, avec un effondrement du Parti socialiste sous 20% des voix.
- Assemblée nationale la plus à droite : Configuration parlementaire de 1993 où la majorité est dominée par les députés du RPR et de l’UDF.
- Usure du pouvoir mitterrandien : Affaiblissement progressif de la fin du second septennat, avec difficultés à mener des réformes et critiques internes.
- Cohabitation de velours : Cohabitation 1993-1995 présentée comme plus apaisée que celle de 1986-1988, fondée sur le respect institutionnel.
📝 Points essentiels
- En 1993, la crise politique est accentuée par des scandales financiers et des faits de corruption visant plusieurs responsables publics.
- Aux législatives de 1993, le Parti socialiste subit un échec historique et recueille moins de 20% des voix.
- La nouvelle Assemblée nationale élue en 1993 est la plus à droite de la Ve République, dominée par les députés du RPR et de l’UDF.
- La défaite de 1993 réduit fortement la représentation de la gauche, fragilisant la fin du second septennat de François Mitterrand.
- Mitterrand cumule douze années de mandat et ses derniers gouvernements, déjà affaiblis par une majorité relative, peinent à faire aboutir des réformes.
- Pierre Bérégovoy est accusé d’être en partie responsable de la débâcle de 1993 au sein de la gauche, alimentant les critiques contre d’anciens responsables.
💡 Astuce mémo
PS 1993 = <20% et Assemblée RPR-UDF : « droite renforcée, gauche réduite ».
📖 2. Cohabitation de 1993 à 1995 et relations Mitterrand-Balladur
🔑 Notions clés & Définitions
- Balladur : Édouard Balladur : Premier ministre dont la politique sécuritaire renforce les contrôles aux frontières et la lutte contre l’immigration clandestine.
- Mariages blancs : Mariages blancs : pratique visée par les mesures de lutte contre les entrées et séjours irréguliers.
- Présidentielle de 1995 : Présidentielle de 1995 : élection structurée par un duel interne à la droite entre Jacques Chirac et Édouard Balladur, puis un face-à-face avec Lionel Jospin.
- Duel Chirac-Balladur : Duel Chirac-Balladur : rivalité ouverte au sein de la droite (RPR) qui domine la campagne du premier tour.
- Gouvernement Juppé : Gouvernement Juppé : gouvernement formé après la victoire de Jacques Chirac en 1995, avec Alain Juppé comme Premier ministre.
📝 Points essentiels
- Sur le plan sécuritaire, Balladur renforce les contrôles aux frontières et les conditions d’entrée et de séjour des immigrés.
- Balladur lutte contre les mariages blancs et l’immigration clandestine, dans une continuité avec la politique menée entre 1986 et 1988.
- La droite gouvernementale combine libéralisme économique et fermeté sécuritaire.
- En 1995, la fin du septennat s’accompagne de révélations sur Mitterrand : passé sous Vichy, existence d’une fille cachée, et dégradation de sa santé.
- À gauche, Lionel Jospin est finalement désigné candidat socialiste, tandis qu’à droite Chirac confirme sa candidature et Balladur se déclare aussi, déclenchant une rivalité au sein du RPR.
- La campagne de 1995 oppose trois candidatures majeures : Jacques Chirac (RPR), Édouard Balladur (RPR-UDF) et Lionel Jospin (PS).
💡 Astuce mémo
Sécurité Balladur = Frontières + mariages blancs + clandestins ; 1995 = duel Chirac/Balladur puis Chirac gagne.
📖 3. Orientations économiques et sécuritaires du gouvernement Balladur
🔑 Notions clés & Définitions
- Majorité parlementaire écrasante : Une majorité parlementaire très large donne au gouvernement un soutien solide pour faire adopter ses décisions.
- Gouvernement Juppé : Le gouvernement dirigé par Alain Juppé porte une politique de rigueur budgétaire et de réformes sociales, dans un cadre européen contraignant.
- « Jupettes » : Surnom médiatique donné aux ministres femmes du gouvernement Juppé, révélant une connotation sexiste dans la perception publique.
- Plan Juppé : Ensemble de réformes présenté rapidement par le Premier ministre, visant notamment retraites et financement de la Sécurité sociale.
- PLFSS : Loi de financement de la Sécurité sociale votée chaque année pour fixer les objectifs de dépenses et de recettes.
📝 Points essentiels
- Le gouvernement Juppé bénéficie de la plus forte majorité parlementaire de toute la Cinquième République, ce qui renforce son appui au Parlement.
- La présence accrue de femmes n’atteint pas la parité, et les femmes restent plus souvent dans des ministères dits « non régaliens » tandis que les hommes dominent les ministères régaliens.
- Le plan Juppé rompt avec les promesses de 1995 sur la « fracture sociale » et l’égalité des chances, tout en s’inscrivant dans une continuité de rigueur budgétaire et de privatisations.
- Depuis le traité de Maastricht (1992), la France doit respecter des critères de convergence qui limitent notamment endettement et déficit publics, encadrant la politique économique.
- La réforme des retraites prévoit un allongement de la durée de cotisation, passant de 37,5 à 40 annuités notamment pour les fonctionnaires.
- Le PLFSS est adopté chaque année par le Parlement pour fixer dépenses et recettes, et s’inscrit dans la logique de la CSG (1988) qui rend la Sécurité sociale plus dépendante des objectifs budgétaires de l’exécutif.
💡 Astuce mémo
Maastricht → chiffres qui serrent ; Juppé → retraites + PLFSS ; « jupettes » → femmes visibles mais hiérarchie persistante.
📖 4. Scrutin présidentiel de 1995 et victoire de Chirac
🔑 Notions clés & Définitions
- Alain Juppé : Premier ministre de Jacques Chirac, il porte des projets de réforme et subit une forte contestation sociale qui affaiblit son autorité.
- Retraits et régimes spéciaux : Ensemble de réformes liées aux retraites et aux régimes particuliers, qui déclenchent une contestation et conduisent à des retraits de projets.
- Loi de financement de la Sécurité sociale : Texte budgétaire annuel qui finance la Sécurité sociale et reste voté malgré le recul sur d’autres réformes.
- Dissolution de 1997 : Décision de Jacques Chirac de dissoudre l’Assemblée nationale, qui déclenche des élections législatives et ouvre une victoire de la gauche.
- Gauche plurielle : Alliance électorale de la gauche menée autour du PS et de partenaires (PCF, Verts, radicaux de gauche, Mouvement des citoyens), structurée surtout pour les législatives.
📝 Points essentiels
- Face à la contestation, Alain Juppé retire ses projets relatifs aux retraites et aux régimes spéciaux.
- La loi de financement de la Sécurité sociale est maintenue et votée, puis reconduite chaque année.
- Juppé propose sa démission à Jacques Chirac, mais le président la refuse, ce qui affaiblit l’exécutif.
- Le gouvernement est aussi fragilisé par des scandales (HLM, soupçons de financement illégal du RPR, évacuation de Saint-Bernard en 1996) et par un chômage > 10%.
- En 1997, Jacques Chirac dissout l’Assemblée nationale, décision présentée comme stratégique plutôt que personnelle.
- La dissolution se retourne contre la droite : la gauche plurielle gagne les législatives de printemps 1997 avec près de 320 sièges, contre une droite qui perd plus de la moitié (environ 470 députés en 1993).
💡 Astuce mémo
Recul sur retraites + loi SS maintenue → crise politique → dissolution 1997 → gauche plurielle gagne.
📖 5. Gouvernement Juppé et plan Juppé face aux contestations
🔑 Notions clés & Définitions
- Cohabitation 1997-2002 : Période de cohabitation entre Jacques Chirac et Lionel Jospin, la plus longue de la Ve République, durant cinq ans et relativement stable au début.
- Gauche plurielle : Coalition de partis de gauche qui porte des réformes à la fois économiques et des politiques dites de libéralisme culturel.
- Réduction du temps de travail (RTT) : Réforme visant à réduire la durée légale du travail hebdomadaire pour partager l’emploi et lutter contre le chômage.
- Couverture Maladie Universelle (CMU) : Dispositif élargissant l’accès aux soins aux personnes modestes qui ne cotisent pas à la Sécurité sociale.
- Pacte civil de solidarité (PACS) : Union civile ouverte à des couples de même sexe, qui s’inscrit dans la continuité des évolutions du libéralisme culturel.
📝 Points essentiels
- La cohabitation est perçue comme apaisée au début, car chacun évite une crise majeure et l’opinion y voit une gestion pragmatique malgré la divergence partisane.
- La croissance repart et le chômage baisse d’environ un million de personnes sur l’ensemble du mandat, tandis que plusieurs réformes d’envergure sont mises en œuvre.
- La RTT d’Aubry vise le passage de 39 à 35 heures hebdomadaires, avec un objectif initial envisagé dès 1981 mais atteint dix ans plus tard.
- Les emplois-jeunes créent environ 350 000 postes publics pour l’insertion des jeunes, notamment dans l’éducation, la médiation sociale, l’animation et l’accueil de services publics.
- La CMU permet aux plus modestes d’accéder aux soins, en élargissant la protection de la Sécurité sociale à ceux qui ne cotisent pas.
- Le PACS suscite une forte opposition de la droite, illustrée par Christine Boutin, ce qui révèle un clivage idéologique sur les questions de société.
💡 Astuce mémo
RTT-Emplois-jeunes-CMU-PACS : 4 réformes “emploi + protection + société”.
📖 6. Dissolution de 1997 et victoire de la gauche plurielle
🔑 Notions clés & Définitions
- Gauche plurielle : Coalition de gauche issue des recompositions politiques de la fin des années 1990, associée à une victoire électorale et à une nouvelle configuration du pouvoir.
- Gouvernement Jospin : Gouvernement de gauche dirigé par Lionel Jospin, dont la politique combine des priorités sociales et une forte attention portée à la sécurité.
- Police de proximité : Dispositif de sécurité visant à rapprocher les forces de l’ordre des habitants pour renforcer la coopération locale.
- Tolérance zéro à la française : Formule associée à Jacques Chirac pour une politique sécuritaire fondée sur une réponse ferme aux comportements jugés déviants.
- Lionel Jospin : Personnalité politique de gauche qui tente, pendant la campagne de 2002, d’élargir la notion de sécurité à des dimensions sociales et professionnelles.
📝 Points essentiels
- Les élections municipales de 2001 marquent un recul de la gauche, surtout dans les petites et moyennes communes, avec des bastions socialistes qui basculent à droite.
- La gauche conserve deux grandes métropoles, Paris et Lyon, ce qui signale un changement de profil sociologique de l’électorat socialiste.
- Le gouvernement Jospin ne délaisse pas la sécurité : elle devient sa deuxième priorité, portée notamment par le ministre de l’Intérieur Jean-Pierre Chevènement.
- La police de proximité est présentée comme une réponse aux critiques de la droite et de l’extrême droite, en misant sur la collaboration locale.
- En campagne présidentielle de 2002, Lionel Jospin élargit la sécurité aux enjeux sociaux et professionnels pour la rattacher à la justice sociale.
- Jacques Chirac mobilise fortement la sécurité avec une logique de « tolérance zéro à la française », et le débat est ravivé après les attentats du 11 septembre 2001.
💡 Astuce mémo
Sécurité en 3 temps : Jospin = social + proximité, Chirac = tolérance zéro, 11/09 = accélérateur du débat sécurité↔liberté.
📖 7. Cohabitation Jospin-Chirac et tensions avant 2002
🔑 Notions clés & Définitions
- Cohabitation Jospin-Chirac : Configuration politique où le président et le Premier ministre appartiennent à des camps différents, ce qui accroît les tensions et les rivalités publiques.
- Logique de protestation : Orientation politique centrée sur la contestation, où l’action vise d’abord à provoquer et à dénoncer plutôt qu’à s’insérer dans le jeu électoral.
- Stratégie de conquête du pouvoir : Orientation politique visant à gagner des élections et à accéder au pouvoir en s’insérant dans la compétition électorale.
- Duel Chirac–Jospin : Anticipation de campagne selon laquelle l’élection présidentielle se jouerait surtout entre le président sortant et le Premier ministre.
- Séisme politique de 2002 : Choc national provoqué par le résultat inattendu de l’élection présidentielle, qui renverse les attentes du duel annoncé.
📝 Points essentiels
- La compétition présidentielle de 2002 atteint un record avec 16 candidats, ce qui reflète une forte fragmentation du champ politique à gauche comme à droite.
- À gauche, plusieurs candidatures majeures s’affrontent, dont Lionel Jospin (PS), Robert Hue (PCF), Jean-Pierre Chevènement (MRC), Olivier Besancenot (LCR) et Arlette Laguiller (LO).
- À droite, la compétition oppose notamment Jacques Chirac (RPR) et François Bayrou (UDF), avec aussi des candidatures comme Christine Boutin et Alain Madelin.
- L’extrême droite est divisée entre Jean-Marie Le Pen (FN) et Bruno Mégret (MNR).
- La campagne est fortement personnalisée : le débat se structure autour du duel Chirac–Jospin, au point d’éclipser les autres candidats.
- Jospin cherche à incarner l’alternance et critique un président présenté comme usé et vieilli, tandis que Chirac répond sur un ton offensif en dénonçant des propos jugés inacceptables.
💡 Astuce mémo
Duel annoncé, choc réel : Chirac–Jospin attendu, Chirac–Le Pen au final.
📖 8. Sécurité sous le gouvernement Jospin et police de proximité
🔑 Notions clés & Définitions
- Dispersion des voix : La dispersion des suffrages désigne une fragmentation électorale où aucun candidat ne domine nettement et où les voix se répartissent entre de nombreux profils.
- Tripartition du champ politique : La tripartition du champ politique correspond à la domination relative de trois pôles (droite, extrême droite, gauche) qui ne totalisent qu’environ la moitié des suffrages.
- Sidération nationale : La sidération nationale est l’état de choc collectif provoqué par un résultat électoral jugé inédit et contraire aux attentes habituelles.
- Front républicain : Le front républicain est une coalition d’appel au vote visant à faire barrage à l’extrême droite au nom des valeurs républicaines.
- Barrage à l’extrême droite : Le barrage à l’extrême droite désigne la stratégie civique consistant à voter pour le candidat opposé au Front national afin d’empêcher sa présence au pouvoir.
📝 Points essentiels
- En 2002, aucun candidat ne dépasse 20% et les 16 candidats se partagent les suffrages, la plupart autour de 3 à 5%, ce qui traduit une difficulté de rassemblement des grands partis.
- Les trois premiers (Chirac, Le Pen, Jospin) ne totalisent qu’environ 53 à 54% des suffrages exprimés, marquant la fin du schéma bipolaire classique.
- Le second tour Chirac–Le Pen provoque une sidération car le Parti socialiste n’avait jamais été absent d’un second tour présidentiel depuis la fondation de la Ve République.
- Le 21 avril 2002, des manifestations spontanées éclatent partout et culminent le 1er mai avec près d’1,3 million de manifestants, notamment place de la Bastille à Paris.
- Chirac refuse tout débat avec Jean-Marie Le Pen pour éviter la banalisation des idées du Front national, décision présentée comme une première depuis l’instauration du débat d’entre-deux-tours en 1974.
- La mobilisation aboutit à un front républicain relayé par médias et responsables politiques, avec des appels symboliques du type « voter Chirac avec des gants » ou « se pincer le nez » ; seuls Arlette Laguiller et Daniel
💡 Astuce mémo
Sidération → Bastille + 1er mai (≈1,3 million) ; Front républicain = vote défensif contre Le Pen.
📖 9. Présidentielle de 2002 : duel Chirac Jospin et séisme politique
🔑 Notions clés & Définitions
- Propriété des enjeux : Notion de science politique selon laquelle certains partis sont perçus comme plus compétents sur des thèmes précis, ce qui les rend “propriétaires” de ces enjeux.
- Effets d’agenda : Mécanisme par lequel la répétition médiatique d’un sujet le rend progressivement plus important aux yeux du public, indépendamment d’un lien direct au vote.
- Effets de circularité : Mécanisme où les médias parlent de ce qui préoccupe déjà les individus, ce qui renforce ensuite l’importance de ces préoccupations.
- Sous-déclaration du vote Le Pen : Phénomène de sondage où des électeurs hésitent à avouer un vote pour Jean-Marie Le Pen, ce qui fausse les estimations.
- Lecture sociologique d’un tableau croisé : Méthode d’analyse qui relie le vote à des variables socio-démographiques en repérant surreprésentations et sous-représentations par catégorie.
📝 Points essentiels
- La médiatisation de l’extrême droite depuis la fin des années 1980 diffuse ses idées via des débats très suivis, renforçant des logiques médiatiques et commerciales.
- La médiatisation n’est pas autonome : elle s’inscrit dans l’évolution structurelle du débat des années 1980, avec l’essor des enjeux sécuritaires et migratoires.
- La “propriété des enjeux” explique pourquoi la mise en avant de la sécurité et de l’immigration en 2001-2002 favorise mécaniquement les partis porteurs historiques de ces thèmes.
- Les sciences politiques invitent à nuancer l’idée d’un effet direct des médias sur le vote : parler d’un sujet ne fait pas automatiquement gagner le parti qui le défend.
- Le premier tour de 2002 s’explique par des facteurs de court terme (focalisation sur l’insécurité et dispersion des candidatures de gauche en 2001-2002) et des dynamiques de long terme (progression du Front national dès
- Jean-Marie Le Pen obtient en 2002 un nombre de voix comparable à 1988 ou 1995, mais un pourcentage plus visible car la participation est plus faible lors des scrutins précédents.
💡 Astuce mémo
Agenda + circularité : “on met en avant” puis “on amplifie ce qui inquiète déjà”.
📖 10. Causes de la présence de Jean-Marie Le Pen en 2002
🔑 Notions clés & Définitions
- Proximité partisane : La proximité partisane désigne le fait de se déclarer proche d’un parti, et elle permet d’anticiper fortement le choix de vote lors d’une élection.
- Vote ouvrier : Le vote ouvrier correspond à la part des ouvriers qui déclarent avoir voté pour un candidat, révélant un ancrage social spécifique.
- Effet de l’âge : L’effet de l’âge regroupe les différences de vote selon les tranches d’âge, qui traduisent des comportements politiques distincts.
- Niveau de diplôme : Le niveau de diplôme est un indicateur social qui est associé à la probabilité de voter pour le Front national.
- Front républicain : Le front républicain désigne un réflexe de mobilisation contre l’extrême droite, particulièrement visible dans les duels électoraux.
📝 Points essentiels
- Parmi les personnes proches du Front national, 85% déclarent avoir voté Le Pen, contre 18% dans l’ensemble de la population.
- Le vote Le Pen est sous-représenté chez les femmes et sur-représenté chez les hommes, avec une explication liée à la diffusion des valeurs féministes et à la sensibilité aux politiques de gauche dans les années 1980–1990
- Chez les ouvriers, 31% déclarent avoir voté Le Pen, soit 13 points de plus que la moyenne, ce qui signale un ancrage ouvrier du vote d’extrême droite depuis les années 1990.
- L’écart d’âge le plus marqué concerne les 18-24 ans, avec une sous-représentation de plus de 10 points par rapport à l’ensemble de la population.
- Le niveau de diplôme suit une tendance classique : plus il est élevé, moins le vote Le Pen est représenté, même si les écarts se réduisent avec le temps.
- Les différences de genre et de profession sont moins marquées aujourd’hui pour Marine Le Pen, mais certaines variables liées à la position sociale et économique restent pertinentes pour expliquer le vote.
💡 Astuce mémo
Proximité→vote (85% vs 18%), Âge→18-24 (−10+), Diplôme→moins haut = plus Le Pen, Front républicain→barrage (gauche surtout).
📖 11. Variables explicatives du vote Front national en 2002
🔑 Notions clés & Définitions
- Front républicain : Le front républicain désigne une mobilisation électorale visant à faire barrage à l’extrême droite lors d’un duel politique.
- Proximité partisane déclarée : La proximité partisane déclarée correspond à ce que les répondants disent de leur camp politique dans les enquêtes.
- Gouvernement Raffarin : Le gouvernement Raffarin est le gouvernement dirigé par Jean-Pierre Raffarin entre 2002 et 2004 après l’élection présidentielle de 2002.
- Présidentialisation du régime : La présidentialisation du régime renforce l’idée que l’élection présidentielle détermine l’essentiel du pouvoir politique.
- Contrat Première Embauche (CPE) : Le CPE est un contrat destiné aux jeunes, avec une période d’essai de deux ans permettant un licenciement sans motif.
📝 Points essentiels
- Environ 94% des électeurs se déclarant proches de la gauche votent Chirac contre Jean-Marie Le Pen au second tour de 2002.
- Près de 88% des électeurs se déclarant proches de la droite votent aussi Chirac contre Jean-Marie Le Pen en 2002.
- Le réflexe de barrage persiste dans les scrutins récents, mais il est plus marqué à gauche qu’à droite.
- En cas de duel gauche vs Rassemblement national, les électeurs de droite votent moins souvent pour le candidat de gauche que les électeurs de gauche pour un candidat de droite dans l’autre configuration.
- Il n’existe pas de correspondance mécanique entre proximité partisane déclarée et vote effectif, car des réponses peuvent être imprécises ou incohérentes.
- Le gouvernement Raffarin (2002–2004) est nommé par Jacques Chirac avec un Premier ministre non personnellement proche mais présenté comme porteur d’ouverture.
💡 Astuce mémo
Barrage gauche→Chirac : 94% ; barrage droite→Chirac : 88% (le barrage est fort des deux côtés, surtout à gauche).
📖 12. Canicule 2003, Irak 2003 et référendum TCE 2005
🔑 Notions clés & Définitions
- Canicule de l’été 2003 : Événement sanitaire de l’été 2003 qui entraîne une surmortalité et déclenche des accusations de manque d’anticipation du gouvernement.
- Guerre en Irak 2003 : Conflit de 2003 qui devient un défi majeur pour la France, notamment à cause de sa position de refus de participation.
- Référendum sur le TCE 2005 : Consultation de mai 2005 sur le Traité constitutionnel européen qui se solde par une victoire du « non ».
- État d’urgence : Mesure exceptionnelle prise face à des troubles graves, utilisée dans la période pour répondre à des violences urbaines.
📝 Points essentiels
- La canicule de l’été 2003 provoque une surmortalité estimée à environ 15 000 personnes.
- Le gouvernement est accusé de négligence, en particulier le ministre de la Santé, pour son manque d’anticipation et de réactivité.
- La France refuse de participer à la guerre en Irak en 2003, position réaffirmée par Dominique de Villepin à l’ONU en février 2003.
- Le référendum sur le TCE a lieu en mai 2005 et le « non » l’emporte à 54,8%.
- Le « non » au TCE constitue un revers pour Jacques Chirac et pour les dirigeants des grands partis favorables au traité.
- La défaite de la majorité présidentielle aux élections régionales de 2004 conduit à la démission de Jean-Pierre Raffarin après la conquête de 24 régions sur 26 par l’opposition.
💡 Astuce mémo
Canicule→15 000 morts; Irak→refus à l’ONU (fév. 2003); TCE→« non » 54,8% (mai 2005).
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 1993 | Élections législatives : échec historique du Parti socialiste, moins de 20% des voix ; Assemblée nationale la plus à droite de la Ve République (RPR-UDF). |
| 1993 1995 | Nouvelle cohabitation dite « de velours » (Mitterrand/Balladur). |
| 1995 | Présidentielle : Chirac l’emporte au second tour avec un peu plus de 52% des suffrages. |
| 1995-1997 | Gouvernement Juppé : plan Juppé, grandes grèves de novembre-décembre 1995, recul sur retraites/régimes spéciaux. |
| 1997 | Dissolution de l’Assemblée nationale ; victoire de la gauche plurielle aux législatives de printemps 1997. |
| 1997–2002 | Cohabitation Chirac–Jospin, la plus longue de la Ve République (cinq ans). |
| 2001 | Élections municipales : recul de la gauche dans les petites et moyennes communes ; maintien de Paris et Lyon. |
| 2002 | Présidentielle : premier tour le 21 avril 2002 ; second tour Chirac–Le Pen ; sidération et front républicain. |
| 2002–2004 | Gouvernement Raffarin. |
| 2003 | Canicule de l’été 2003 (surmortalité ~15 000) ; guerre en Irak (refus de participation française). |
📊 Tableaux de synthèse
Comparaison des deux cohabitations (logique générale)
| Période | Caractéristique | Acteurs clés |
|---|
| 1993 1995 | « Cohabitation de velours », plus apaisée | Mitterrand / Balladur ; Chirac refuse Matignon pour préparer 1995 |
| 1997–2002 | Cohabitation la plus longue, relativement stable au début | Chirac / Jospin ; tensions réapparaissent avant 2002 |
Sécurité : deux cadrages politiques
| Période | Orientation | Exemple |
|---|
| 1993 1995 | Fermeté sécuritaire dans la continuité | Contrôles aux frontières ; lutte contre mariages blancs et immigration clandestine |
| 1997–2002 | Sécurité comme priorité, mais approche de proximité | Police de proximité ; sécurité « deuxième priorité » du gouvernement Jospin |
| 2001-2002 | Politisation de la sécurité et débat sécurité↔liberté | Tolérance zéro à la française (Chirac) ; élargissement de la sécurité par Jospin |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre la « cohabitation de velours » (1993-1995) avec la cohabitation Chirac–Jospin (1997-2002) : elles n’ont ni les mêmes acteurs ni le même niveau de tensions.
- Croire que la loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) disparaît avec le recul sur les retraites : le cours insiste au contraire sur son maintien et sa reconduction annuelle.
- Mélanger les rôles de Chirac et Balladur en 1995 : Chirac se prépare à la présidentielle et Balladur est Premier ministre, puis la rivalité interne à la droite structure le scrutin.
- Interpréter la médiatisation comme une cause directe du vote : le cours insiste sur l’idée d’effets d’agenda/circularité, pas d’un effet automatique des médias.
- Oublier que le « front républicain » n’est pas une adhésion idéologique : c’est un vote défensif visant à faire barrage à l’extrême droite.
- Confondre CIP et CPE : le CIP (Balladur, 1993) est un contrat d’insertion pour les jeunes avec paiement à 80% du SMIC, tandis que le CPE (Villepin, 2006) prévoit une période d’essai de deux ans et un licenciement sans «
- Penser que la dissolution de 1997 est un geste personnel sans stratégie : le cours la présente comme une décision réfléchie, censée redonner de l’élan à la droite, qui se retourne contre elle.
✅ Checklist Examen
- Expliquer pourquoi les élections législatives de 1993 fragilisent la fin du second septennat (crise, moins de 20% pour le PS, Assemblée nationale dominée RPR-UDF).
- Décrire la « cohabitation de velours » (1993-1995) : autonomie de Balladur, refus de Chirac de Matignon, relations cordiales et respect institutionnel.
- Lister les deux grandes orientations du gouvernement Balladur (libéralisme économique et durcissement sécuritaire) et donner au moins un exemple pour chaque volet.
- Raconter la rivalité Chirac–Balladur autour de 1995 et conclure par le résultat du second tour (Chirac un peu au-dessus de 52%).
- Présenter le gouvernement Juppé (1995-1997) : majorité écrasante, place des femmes (« jupettes ») et orientations du plan Juppé (retraites, PLFSS, régimes spéciaux).
- Expliquer le déroulement et l’enjeu des grandes grèves de novembre-décembre 1995, puis le recul de Juppé sur retraites/régimes spéciaux tout en maintenant la loi de financement de la Sécurité sociale.
- Justifier la dissolution de 1997 et ses effets : victoire de la gauche plurielle aux législatives de printemps 1997 (près de 320 sièges) et défaite de la droite (perte de plus de la moitié).
- Décrire les grandes réformes de la cohabitation 1997–2002 (RTT, emplois-jeunes, CMU, PACS) et la logique de sécurité (police de proximité, sécurité comme deuxième priorité).
- Expliquer pourquoi les tensions réapparaissent avant 2002 (présidentielle, rôle de la sécurité, rivalités et désaccords) et rappeler le contexte des municipales de 2001 (recul de la gauche hors Paris/Lyon).
- Analyser la présidentielle de 2002 : record de 16 candidats, premier tour le 21 avril 2002, sidération, front républicain et décision de Chirac de refuser tout débat avec Le Pen.
- Expliquer les causes de la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour en mobilisant au moins trois mécanismes du cours (dispersion, campagne peu mobilisatrice de la gauche, médiatisation/« propriété des enjeux », sous-
- Présenter le gouvernement Raffarin (2002–2004) : calendrier des législatives après la présidentielle, politiques menées (santé/retraites, renoncement à supprimer les 35 heures) et axe sécuritaire.
- Conclure la période 2003–2007 avec trois défis perturbateurs (canicule 2003 ~15 000, refus de participer à la guerre en Irak, référendum TCE 2005 « non » à 54,8%) et leurs conséquences politiques (démission de Raffarin).
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