Dispositif théorico-expérimental (DTE)
AUTEUR (date) : concept désignant la méthode scientifique qui repose sur la mise en œuvre d’expériences contrôlées et la formulation de lois ou de faits objectifs, permettant de produire des preuves vérifiables. Il s’agit d’un cadre méthodologique spécifique, notamment associé aux sciences expérimentales, qui privilégie l’observation, la manipulation et la répétition pour valider des hypothèses.
Hiérarchisation des savoirs
AUTEUR (date) : processus selon lequel certains types de connaissances ou disciplines sont considérés comme plus « sérieux », plus « objectifs » ou plus « légitimes » que d’autres. Cette hiérarchisation résulte souvent de la valorisation des sciences expérimentales au détriment des savoirs non expérimentaux, conduisant à une distinction entre sciences « vraies » et autres formes de connaissances.
Méthode scientifique unique
AUTEUR (date) : conception selon laquelle il existerait une seule méthode valable pour produire du savoir scientifique, généralement associée aux sciences expérimentales, qui pourrait être appliquée à toutes les disciplines pour garantir la validité et l’objectivité des résultats.
Méthodes scientifiques plurielles
AUTEUR (date) : ensemble de différentes approches méthodologiques adaptées à divers types de réalités ou objets d’étude, reconnaissant que chaque réalité nécessite une méthode spécifique pour être appréhendée de manière pertinente et efficace.
Sciences expérimentales
AUTEUR (date) : disciplines scientifiques qui se caractérisent par l’utilisation systématique de dispositifs expérimentaux, de mesures quantitatives, et la recherche de lois ou de faits objectifs. Elles privilégient la reproductibilité et la vérification empirique pour valider leurs hypothèses.
Savoirs non expérimentaux
AUTEUR (date) : formes de connaissance qui ne reposent pas sur l’expérimentation ou la vérification empirique, telles que la philosophie, l’histoire, ou certains savoirs traditionnels. Ces savoirs peuvent explorer des réalités ou des objets que la méthode expérimentale ne peut pas toujours saisir ou tester.
La croyance en une méthode scientifique unique privilégie les sciences expérimentales et marginalise d’autres formes de savoir. En effet, cette vision suppose que la seule méthode valable pour produire du savoir est celle qui repose sur le dispositif théorico-expérimental (DTE), considéré comme la référence ultime. Cela conduit à une hiérarchisation des connaissances, où certaines disciplines, notamment celles qui ne peuvent pas facilement se conformer à cette méthode, sont dévalorisées ou disqualifiées. Par exemple, les savoirs issus de la philosophie, de l’histoire ou des pratiques traditionnelles sont souvent considérés comme moins « objectifs » ou « scientifiques », ce qui limite leur reconnaissance sociale et leur financement.
Il existe cependant plusieurs méthodes scientifiques adaptées à différents types de réalités, ce qui remet en question l’idée d’une science unifiée. La diversité des objets d’étude, qu’il s’agisse de phénomènes physiques, sociaux, ou culturels, nécessite des approches variées. Par exemple, la sociologie ou l’anthropologie utilisent des méthodes qualitatives ou interprétatives, différentes du modèle expérimental, pour comprendre des réalités complexes et contextuelles. La reconnaissance de cette pluralité permet de mieux appréhender la diversité des connaissances humaines.
La tentative d’imposer une méthode unique a pour conséquence une hiérarchisation des savoirs, où ceux qui ne rentrent pas dans le cadre du DTE sont souvent disqualifiés ou marginalisés. Cela peut entraîner une disqualification des savoirs non expérimentaux, comme ceux issus de la philosophie ou des pratiques traditionnelles, et favoriser une vision réductionniste de la connaissance. Par ailleurs, cette approche peut conduire à une mise en avant de résultats qui, bien que socialement convaincants, ne sont pas nécessairement représentatifs de la complexité des réalités étudiées, comme le montre la critique du scientisme ou du positivisme.
La pluralité des méthodes scientifiques reflète la diversité des réalités étudiées et remet en question l’idée d’une science monolithique. Reconnaître cette diversité permet d’éviter la hiérarchisation injuste des savoirs et d’adopter une approche plus inclusive et adaptée à chaque objet d’étude.
Enjeux sociaux
Les enjeux sociaux de la science concernent l’impact que la perception, la pratique et la gouvernance de la science ont sur la société dans son ensemble. Ils incluent notamment la répartition des financements, la reconnaissance de divers savoirs et la manière dont la science influence et est influencée par les enjeux politiques, économiques et culturels. La science ne se limite pas à la production de connaissances, mais participe aussi à la structuration des rapports sociaux et à la légitimation de certains points de vue ou savoirs.
Disqualification de l'opinion
Ce concept désigne le processus par lequel certaines opinions ou savoirs, notamment ceux issus de la société civile ou des citoyens, sont marginalisés ou considérés comme moins crédibles face à la science officielle ou experte. La disqualification peut résulter d’une présentation de la science comme unique et objective, ce qui tend à réduire la légitimité des autres formes de connaissance ou d’opinion. Elle pose un problème démocratique en limitant la participation citoyenne à la définition et à la validation des savoirs.
Rôle social de la science
Le rôle social de la science renvoie à sa fonction dans la société, notamment en tant que source de connaissances objectives permettant de résoudre des problèmes, d’éclairer les décisions publiques et d’assurer un progrès technique et social. La science participe aussi à la construction de la légitimité sociale, à la reconnaissance de savoirs divers et à la gestion des enjeux liés à ses applications.
Science et démocratie
Ce rapport concerne la manière dont la science est intégrée dans le processus démocratique. La question centrale est de savoir si la science, en tant que savoir objectif, peut ou doit jouer un rôle dans la délibération démocratique, ou si sa présentation comme unique et objective peut poser un problème démocratique en marginalisant la parole citoyenne. La démocratie suppose une participation active des citoyens, ce qui peut être compromis si la science est perçue comme inaccessible ou comme seule source légitime de savoir.
Usage social de la science
L’usage social de la science désigne la manière dont ses résultats sont exploités dans la société, notamment dans la prise de décision, la politique publique, ou encore dans la vie quotidienne. Il s’agit aussi de la façon dont la société valorise ou critique ces usages, en fonction de leur impact sur la répartition des ressources, la reconnaissance des savoirs divers ou la légitimité des acteurs impliqués.
L’image que la société se fait de la science influence directement la légitimité accordée aux opinions et savoirs non scientifiques. Lorsqu’elle est perçue comme unique, objective et incontestable, cette perception peut marginaliser les points de vue citoyens ou issus d’autres formes de connaissance. Ce phénomène de disqualification de l’opinion remet en question la démocratie, car il limite la participation et la reconnaissance des savoirs issus de la société civile.
La présentation de la science comme seule et unique source de vérité peut aussi poser un problème démocratique en excluant ou en minimisant la valeur des savoirs et opinions citoyens. La science, dans cette optique, est souvent vue comme un rôle social central, mais cette centralité peut conduire à une marginalisation des savoirs locaux, traditionnels ou issus de l’expérience individuelle, qui ne s’inscrivent pas dans le cadre scientifique dominant.
Les enjeux sociaux de la science incluent également la répartition des financements et la reconnaissance des divers savoirs. La compétition pour l’attribution des ressources peut favoriser certains domaines ou acteurs, au détriment d’autres formes de savoirs ou de pratiques sociales. La reconnaissance de la diversité des savoirs, notamment dans les sciences humaines ou dans les savoirs traditionnels, devient un enjeu crucial pour une gouvernance équilibrée et démocratique de la science.
Enfin, la manière dont la science est perçue et utilisée dans la société influence la légitimité de ses applications et de ses résultats. La science doit être intégrée dans un cadre démocratique où la participation citoyenne, la transparence et la reconnaissance de la pluralité des savoirs jouent un rôle essentiel pour assurer une utilisation socialement responsable.
La perception sociale de la science, lorsqu’elle est vue comme unique et objective, peut marginaliser les opinions citoyennes et poser un problème démocratique, en limitant la reconnaissance et la participation à la construction des savoirs. La légitimité des savoirs divers et la gouvernance équilibrée de la science sont essentielles pour une démocratie réellement participative.
Science unifiée
La science unifiée désigne une conception selon laquelle toutes les disciplines scientifiques devraient suivre un modèle unique, cohérent et homogène, permettant d’établir des lois générales applicables à tous les domaines du savoir. Elle suppose que la méthode expérimentale, la recherche de lois causales et la vérification empirique sont les critères fondamentaux pour définir ce qu’est une science. Cette idée repose sur l’exemple des sciences expérimentales, telles que la physique ou la chimie, où la recherche de lois universelles est centrale.
Science diversifiée
La science diversifiée reconnaît la pluralité des disciplines scientifiques, chacune ayant ses propres méthodes, objets d’étude et critères de validation. Elle insiste sur le fait que différentes sciences peuvent avoir des approches variées, notamment dans le cas des sciences humaines, où la complexité des phénomènes étudiés ne se prête pas toujours à une modélisation expérimentale stricte. La diversité des sciences évite ainsi de réduire toutes les disciplines à un seul modèle, valorisant la spécificité de chaque domaine.
Rêve d'une science unifiée
Ce rêve correspond à l’aspiration à faire converger toutes les disciplines scientifiques vers un modèle unique, souvent inspiré des sciences expérimentales. Il repose sur l’idée qu’il serait possible d’établir une théorie générale, applicable à tous les domaines du savoir, permettant une compréhension totale du monde. Cependant, ce rêve est souvent considéré comme illusoire, notamment parce que les sciences humaines ne s’y prêtent pas toujours, en raison de leur complexité et de leur diversité méthodologique.
Sciences molles
Les sciences molles désignent les disciplines qui ne suivent pas le modèle de la science expérimentale stricte, notamment les sciences humaines et sociales. Elles sont qualifiées de « molles » car elles ne correspondent pas à un modèle unique de la science, celui basé sur la vérification expérimentale et la recherche de lois universelles. Leur objet d’étude étant souvent subjectif, contextuel ou qualitatif, elles sont perçues comme moins « rigoureuses » ou moins « scientifiques » dans une optique strictement positiviste.
Modèle de la science dominante
Ce modèle est celui qui privilégie la science expérimentale, souvent considéré comme la référence ultime pour définir ce qu’est une science. Il valorise la démarche expérimentale, la vérification empirique, la formulation de lois générales et la reproductibilité des résultats. Ce modèle sert souvent de référence pour juger de la scientificité d’autres disciplines, ce qui peut conduire à une hiérarchisation des savoirs, où les sciences molles sont perçues comme inférieures ou moins valides que les sciences dures.
Le rêve d'une science unifiée repose sur le modèle des sciences expérimentales, souvent inadapté aux sciences humaines. En effet, ce modèle privilégie la démarche expérimentale, la recherche de lois universelles et la vérification empirique, ce qui fonctionne bien pour des disciplines comme la physique ou la chimie. Cependant, il est souvent inadapté aux sciences humaines, où les objets d’étude sont plus complexes, contextuels et sujets à interprétation.
Les sciences humaines sont parfois qualifiées de « molles » parce qu’elles ne correspondent pas au modèle unique de la science. Cette qualification reflète une perception selon laquelle ces disciplines seraient moins rigoureuses ou moins scientifiques, en raison de leur difficulté à produire des lois universelles ou à suivre une démarche expérimentale stricte. Cependant, cette distinction doit être nuancée, car elle repose souvent sur une hiérarchisation implicite des savoirs, qui tend à valoriser les sciences expérimentales au détriment des sciences humaines.
Reconnaître la diversité des sciences permet d’éviter de hiérarchiser les savoirs sur une échelle du plus dur au plus mou. Au contraire, il faut valoriser la pluralité des approches et des méthodes, en comprenant que chaque discipline a ses propres critères de validité et ses objets spécifiques. La diversité des sciences doit être vue comme une richesse, permettant d’aborder la complexité du réel sous différentes perspectives, plutôt que comme un obstacle à une prétendue unité scientifique.
Il est essentiel de valoriser la diversité des sciences plutôt que de poursuivre un rêve illusoire d’unité totale. La reconnaissance de cette pluralité permet d’éviter une hiérarchisation injuste des savoirs et d’apprécier la richesse des différentes approches pour comprendre le monde.
Objectivité expérimentale
L'objectivité expérimentale repose sur des dispositifs permettant une seule interprétation possible des phénomènes. Elle consiste à mettre en place des méthodes, des instruments ou des procédures qui limitent la subjectivité du chercheur et garantissent que les résultats obtenus peuvent être reproduits et vérifiés indépendamment de l'opinion ou de l'interprétation personnelle. La fiabilité des mesures, la standardisation des protocoles et la reproductibilité sont des éléments fondamentaux pour assurer cette objectivité.
Objectivité comme oripeau
L'objectivité peut être utilisée superficiellement pour conférer un faux sérieux à des résultats non décisifs. Dans ce contexte, le terme « oripeau » indique que l'objectivité est parfois brandie comme un masque ou une façade pour donner une apparence de crédibilité à des résultats qui, en réalité, manquent de fondement solide ou de validation rigoureuse. Cela peut servir à masquer la faiblesse ou la subjectivité réelle des conclusions.
Objectivité métaphorique
L'objectivité est aussi considérée comme une métaphore dans le monde de la recherche. Elle désigne le fait que, dans certaines disciplines, le chercheur tente de produire des connaissances qui ne peuvent pas être simplement l’expression de sa subjectivité, mais qui, une fois passées par un processus critique, sont perçues comme « objectivement » liées aux phénomènes étudiés. Cependant, cette notion est métaphorique, car elle ne désigne pas une objectivité absolue, mais plutôt une aspiration ou une image de neutralité et de fiabilité.
Fiabilité des mesures
La fiabilité des mesures concerne la constance et la reproductibilité des résultats obtenus par des dispositifs ou méthodes expérimentales. Elle garantit que, sous les mêmes conditions, les mesures effectuées donneront des résultats cohérents, ce qui est essentiel pour assurer une objectivité expérimentale. La fiabilité est un critère clé pour distinguer une observation ou une mesure crédible d’une simple opinion.
Interprétation unique
L’interprétation unique fait référence à la capacité d’un dispositif ou d’une méthode à produire une seule lecture ou compréhension possible d’un phénomène. Elle est liée à l’idée que, dans un cadre objectif, les résultats doivent conduire à une seule conclusion valable, évitant ainsi la multiplicité d’interprétations subjectives. La recherche d’une interprétation unique est un objectif de l’objectivité expérimentale pour renforcer la validité des connaissances.
L'objectivité expérimentale repose sur des dispositifs permettant une seule interprétation possible des phénomènes. Cela signifie que, grâce à des méthodes rigoureuses, des instruments standardisés et des protocoles précis, il devient possible d’obtenir des résultats qui ne laissent pas place à l’ambiguïté ou à l’interprétation subjective. La fiabilité des mesures est un pilier central de cette démarche, puisqu’elle garantit que les résultats sont reproductibles et constants lorsqu’on répète l’expérience dans les mêmes conditions.
Cependant, l’objectivité peut aussi être utilisée de manière superficielle, comme un oripeau. Elle sert alors à donner un faux sérieux à des résultats qui, en réalité, ne sont pas nécessairement décisifs ou solides. Cette utilisation peut masquer la faiblesse ou la subjectivité réelle des conclusions, en leur conférant une apparence de crédibilité qui peut induire en erreur.
L’objectivité doit être comprise dans son contexte scientifique spécifique. Elle n’est pas un concept uniforme applicable de la même manière dans toutes les disciplines. Par exemple, en sciences expérimentales, elle peut se traduire par des mesures précises et reproductibles, tandis qu’en sciences sociales, elle peut désigner une construction méthodologique permettant une interprétation la plus neutre possible. La notion métaphorique d’objectivité évoque cette aspiration à produire des connaissances qui, une fois validées par un processus critique, semblent indépendantes de la subjectivité du chercheur, mais elle ne doit pas être confondue avec une objectivité absolue.
L’interprétation unique est un idéal dans la démarche expérimentale : il s’agit que le dispositif ou la méthode conduise à une seule lecture valable des phénomènes, évitant ainsi la multiplicité d’interprétations subjectives. La recherche d’une telle interprétation contribue à renforcer la crédibilité et la fiabilité des résultats scientifiques.
L’objectivité en sciences se manifeste par la mise en place de dispositifs garantissant une seule interprétation des phénomènes, mais elle peut aussi être utilisée comme un masque pour des résultats superficiels ou non décisifs. La compréhension de ses différentes formes permet de mieux évaluer la validité et les limites des connaissances scientifiques.
Discours public sur la science
Il s’agit de la manière dont la science est présentée, évoquée ou mobilisée dans les débats et discours destinés au grand public ou aux acteurs politiques. Ce discours tend à valoriser la science comme une source de vérité objective, souvent utilisée pour légitimer des positions ou des décisions.
Science vs opinion
Ce concept oppose la science, considérée comme une recherche de vérité objective et universelle, à l’opinion, perçue comme subjective, influencée par des enjeux personnels ou sociaux. La science est vue comme produisant des savoirs valides et incontestables, tandis que l’opinion est considérée comme personnelle et susceptible de subjectivité ou de préjugés.
Pédagogie scientifique
C’est l’ensemble des stratégies et méthodes par lesquelles la science est enseignée ou expliquée au public ou aux décideurs. Elle vise à faire comprendre que la science produit des discours « vrais » et « objectifs », souvent en opposition avec la subjectivité de l’opinion.
Autorité scientifique
Il s’agit de la légitimité conférée à la science ou aux scientifiques pour produire des discours considérés comme fiables et incontestables. Cette autorité repose sur l’idée que la science produit une vérité « objective » et « non politique », qui doit guider ou éclairer les décisions publiques.
Science comme preuve
Ce concept désigne l’usage de la science comme un fondement ou une justification irréfutable dans le cadre de décisions ou de discours publics. La science est alors perçue comme apportant des preuves indiscutables, permettant de légitimer une position ou une politique.
Dans les discours publics, la science est souvent invoquée pour discréditer ou marginaliser les opinions divergentes. Par exemple, lorsqu’un débat oppose différentes visions sur un enjeu sociétal, la référence à la science sert à dévaloriser les points de vue qui ne s’appuient pas sur des « faits » ou des « preuves » scientifiques. Cette utilisation de la science comme argument d’autorité contribue à imposer une vision « objective » et « non politique » du monde, en excluant ou en marginalisant la subjectivité et la diversité des opinions.
La science est également mobilisée pour imposer une certaine légitimité dans la prise de décision. Elle est présentée comme produisant un discours « vrai », « objectif » et « non politique », ce qui permet aux décideurs ou aux experts de justifier leurs choix en se référant à une vérité scientifique supposée unique. Cette posture pose un défi démocratique, car elle tend à réduire la participation citoyenne en disqualifiant l’opinion personnelle, souvent considérée comme subjective ou non fondée.
Ce positionnement de la science comme seule source de vérité n’est pas seulement une construction épistémologique, mais aussi une stratégie sociale. Les scientifiques eux-mêmes, souvent formés à cette vision, tendent à présenter leur pratique comme devant être protégée de toute influence extérieure, notamment des enjeux sociaux, politiques ou économiques. Par exemple, dans le rapport des États Généraux de la Recherche (2004), il est indiqué que la science doit élaborer ses propres questions, à l’abri des contingences sociales ou économiques, renforçant ainsi l’idée d’une science indépendante et objective.
L’usage social de la science s’accompagne aussi d’un discours qui oppose « la » science à l’opinion, en utilisant des expressions telles que « les faits prouvent que », « du point de vue scientifique », ou « objectivement ». Ces formulations tendent à présenter la science comme une vérité universelle, opposée à la subjectivité des citoyens, dont le discours est alors disqualifié comme « non scientifique » ou « subjectif ». Les politiques, en s’appuyant sur cette distinction, cherchent souvent à faire preuve de pédagogie en expliquant aux citoyens ce qui « doit » être, en se référant à la science pour légitimer leurs décisions.
Ce rapport entre science et démocratie soulève un problème : en disqualifiant d’emblée l’opinion citoyenne comme subjective, il limite la possibilité d’un débat démocratique pluraliste. La science, dans ce contexte, devient un outil de légitimation qui peut réduire la liberté d’intervention des citoyens, en leur laissant uniquement la possibilité de choisir des options parmi celles déjà « validées » par la science ou par des experts.
L’exemple des expertises illustre cette mobilisation de la science dans la sphère politique ou économique. Lorsqu’on recourt à la science ou à l’expertise pour justifier une décision publique, la diversité des interprétations et la pluralité des disciplines sont souvent ignorées ou sous-utilisées. La science est alors utilisée comme un argument univoque, alors qu’en réalité, chaque discipline peut apporter plusieurs perspectives, et chaque interprétation peut être scientifique. La construction d’un barrage, par exemple, mobilise différentes disciplines : ingénierie, écologie, économie, etc., et chacune peut donner une lecture différente des enjeux.
L’usage social de la science tend à légitimer certaines positions en la présentant comme une vérité objective, tout en disqualifiant l’opinion citoyenne comme subjective, ce qui pose un défi démocratique en limitant la participation et le pluralisme dans les débats publics.
Argument d'autorité
L'argument d'autorité consiste à invoquer la science comme une source incontestable pour renforcer un discours ou une décision. Il s'agit de faire valoir la légitimité de la position en se référant à une expertise scientifique, en supposant que cette dernière détient une vérité objective et universelle. Selon le contenu source, cette invocation peut donner l'impression que la réponse est définitive, ce qui peut masquer la complexité et la pluralité des savoirs impliqués.
Neutralité scientifique
La neutralité scientifique désigne la posture dans laquelle la science est perçue comme étant exempte de biais, d'intérêts ou d’enjeux sociaux et politiques. Elle suppose que la démarche scientifique, par sa méthode, garantit une objectivité et une impartialité dans la production des connaissances. Cependant, le contenu source souligne que cette neutralité peut être une illusion, car la sélection des disciplines, des courants et la manière dont on pose le problème influencent fortement les résultats et leur utilisation.
Pathos de l'objectivité
Le pathos de l'objectivité renvoie à l’émotion ou à la posture affective qui accompagne la présentation de la science comme étant neutre, sérieuse et rationnelle. Cette posture vise à convaincre en suscitant la confiance et en donnant une impression d’autorité incontestable. Elle repose sur une mise en scène de sérieux et de neutralité, qui peut cependant dissimuler des enjeux sociaux et politiques sous-jacents, comme la sélection des experts ou la définition même du problème à traiter.
Seriousness scientifique
La seriousness scientifique désigne la posture de sérieux, de rigueur et de gravité adoptée par la science dans ses discours et ses démarches. Elle sert à renforcer la crédibilité des arguments en leur conférant une apparence de rationalité et de fiabilité. Selon le contenu, cette gravité peut contribuer à faire accepter comme incontestables des résultats qui, en réalité, sont soumis à des choix et à des interprétations.
Légitimité scientifique
La légitimité scientifique correspond à la reconnaissance sociale et institutionnelle de la science comme étant une source d’autorité légitime pour justifier des décisions ou des discours. Elle repose sur la croyance en la supériorité de la méthode scientifique pour produire des connaissances valides. Cependant, le contenu source montre que cette légitimité peut être instrumentalisée pour faire passer des décisions comme étant purement rationnelles, alors qu’elles sont souvent influencées par des choix sociaux, politiques ou économiques.
La science est parfois invoquée comme une autorité incontestable pour renforcer un discours, ce qui repose sur une perception de la science comme étant objective, rationnelle et universelle. Cette invocation de la science comme argument d’autorité peut donner une légitimité immédiate à une décision ou à une position, en particulier lorsque la référence à « la science » est présentée comme une preuve irréfutable. Cependant, cette posture repose souvent sur le pathos de l’objectivité, qui inclut une attitude sérieuse et neutre visant à convaincre. Cette posture, si elle est efficace pour renforcer la crédibilité, peut aussi masquer des enjeux sociaux et politiques sous-jacents, tels que le choix des disciplines mobilisées, la définition du problème ou la sélection des experts. En effet, la composition du comité d’experts, le courant scientifique choisi ou la perspective temporelle (court, moyen ou long terme) influencent fortement les résultats de l’expertise. La référence à la science est ainsi souvent utilisée pour donner une apparence d’objectivité et de rationalité, mais elle peut en réalité masquer des biais, des intérêts ou des enjeux de pouvoir. La distinction entre ce qui est considéré comme une vérité scientifique incontestable et ce qui relève de la subjectivité ou de la position politique est souvent floue, renforçant la difficulté à critiquer ou à remettre en question ces discours. La crédulité envers la science comme étant la seule voie légitime de connaissance peut ainsi conduire à une forme d’acceptation passive des décisions, en particulier lorsque la science est présentée comme une preuve unique, sans reconnaître la pluralité des savoirs ou la complexité des enjeux.
La science peut être instrumentalisée comme une autorité sociale pour asseoir des discours, en utilisant le pathos de l’objectivité et la posture de sérieux pour masquer la complexité et la pluralité des enjeux. Cette utilisation peut renforcer la légitimité des décisions tout en dissimulant les enjeux sociaux, politiques ou économiques qui les sous-tendent.
Financements scientifiques
Les financements scientifiques désignent l’ensemble des ressources financières allouées à la recherche dans le but de soutenir la production de savoirs. Selon le contenu source, ces financements ont souvent été obtenus par des relations avec des intérêts étatiques, militaires ou industriels, qui influencent la direction et les priorités de la recherche. Par exemple, Pasteur a dû intéresser des industriels pour financer ses recherches, illustrant que la recherche n’est pas totalement indépendante des enjeux économiques ou politiques.
Répartition des crédits
La répartition des crédits concerne la distribution des ressources financières entre différents domaines, disciplines ou projets de recherche. La croyance en une méthode scientifique unique et objective influence cette répartition, conduisant à privilégier certains champs au détriment d’autres. Par exemple, les sciences expérimentales, souvent perçues comme plus « rigoureuses », reçoivent généralement une part plus importante des crédits, au détriment d’approches alternatives ou interdisciplinaires.
Scientisme
Le scientisme est une idéologie qui considère la science comme la seule voie légitime pour accéder à la vérité. Il suppose que la méthode scientifique est universelle et absolue, ce qui peut conduire à une valorisation excessive des sciences expérimentales et à une marginalisation des autres formes de connaissance ou d’approche. Le scientisme tend à privilégier la recherche expérimentale, souvent au détriment d’approches qualitatives ou philosophiques.
Positivisme
Le positivisme est une philosophie qui valorise uniquement les connaissances empiriques et vérifiables par l’expérience. Il insiste sur l’observation, l’expérimentation et la mesure comme seules sources de savoir valable. Dans le contexte de la recherche, le positivisme favorise une vision de la science comme une accumulation de faits vérifiés, ce qui peut conduire à privilégier les recherches expérimentales et à dévaloriser les approches alternatives ou critiques.
Influence sociale sur la recherche
L’influence sociale sur la recherche désigne la manière dont les pressions, intérêts et attentes de la société, de l’État, des industriels ou d’autres acteurs façonnent la production scientifique. La conception de la science comme étant indépendante et détachée de la société est un mythe, car en réalité, la recherche a toujours été influencée par ces acteurs. La séparation étanche entre science et société, souvent évoquée, ne correspond pas à la réalité historique et actuelle, où la recherche est souvent orientée par des intérêts sociaux, économiques ou politiques.
La croyance en une méthode scientifique unique influence la répartition des financements, favorisant certains domaines au détriment d’autres. Par exemple, cette vision tend à privilégier les sciences expérimentales, perçues comme plus « objectives », ce qui peut marginaliser des approches alternatives ou interdisciplinaires. Cette orientation est renforcée par le scientisme et le positivisme, qui valorisent la connaissance empirique, vérifiable et mesurable, au détriment d’autres formes de savoir ou de méthodes. Le scientisme, en particulier, peut conduire à une vision de la science comme seule source de vérité, ce qui justifie la priorité donnée aux recherches expérimentales et techniques.
Les conflits d’intérêts, qu’ils soient financiers, idéologiques ou sociaux, affectent la production et la reconnaissance des savoirs. La recherche n’est pas une activité indépendante : elle est souvent financée par des acteurs ayant des intérêts précis, comme l’industrie ou l’État, ce qui influence ses orientations. La séparation entre science et société est un mythe, car la recherche a toujours été façonnée par des relations avec ces acteurs. La conception selon laquelle la science doit rester dans son « coin » pour garantir son objectivité est contestée par la réalité de ses liens étroits avec des enjeux sociaux, économiques et politiques.
Les enjeux financiers et idéologiques, notamment la croyance en une méthode scientifique unique, influencent fortement la répartition des crédits et la priorisation des domaines de recherche. En réalité, la recherche scientifique est profondément façonnée par des intérêts sociaux et économiques, remettant en question l’idée d’une science totalement indépendante et objective.
Opinion publique
L’opinion publique désigne l’ensemble des opinions, des attitudes et des sentiments exprimés par la population sur un sujet donné, notamment dans le contexte des débats scientifiques ou technologiques. Elle reflète la perception collective et peut influencer ou être influencée par les discours médiatiques, politiques ou scientifiques.
Subjectivité
La subjectivité renvoie à l’aspect personnel, émotionnel et subjectif de l’opinion ou du jugement. Elle s’oppose à l’objectivité, qui vise une neutralité et une vérification par des faits. La subjectivité est inhérente à l’opinion publique, car celle-ci est souvent façonnée par des expériences, des valeurs et des croyances individuelles ou collectives.
Dialogue science-société
Le dialogue science-société désigne l’échange constructif entre les scientifiques et la société civile, visant à partager, expliquer et débattre des enjeux liés à la science. Il cherche à instaurer une relation de confiance et à faire reconnaître la légitimité des opinions citoyennes dans les débats scientifiques.
Participation citoyenne
La participation citoyenne consiste en l’implication active des citoyens dans les processus décisionnels ou dans la discussion autour des enjeux scientifiques et technologiques. Elle permet de valoriser l’opinion publique comme acteur légitime, en lui donnant une voix dans la définition des priorités et des limites de la recherche.
Disqualification de l'opinion
La disqualification de l’opinion désigne le processus par lequel l’opinion publique est considérée comme peu crédible ou non pertinente face à la prétendue objectivité scientifique. Elle limite la reconnaissance de la légitimité des opinions citoyennes dans les débats scientifiques, en privilégiant une vision exclusive de la science comme étant neutre et indépendante.
L’opinion publique est souvent disqualifiée face à la prétendue objectivité scientifique. Cette disqualification repose sur l’idée que la science, en tant que recherche basée sur des faits et des preuves, détient une supériorité indiscutable sur les opinions subjectives. Par conséquent, dans le contexte de nombreux débats scientifiques, l’opinion citoyenne est reléguée à un rôle secondaire ou même à une simple expression d’émotion ou de croyance, plutôt qu’à une contribution légitime au débat.
Cette disqualification limite la participation démocratique dans les débats scientifiques. En considérant l’opinion publique comme peu crédible ou irrationnelle, les acteurs scientifiques ou politiques réduisent la possibilité pour les citoyens de s’impliquer activement dans la définition des enjeux, des priorités ou des limites de la recherche. Cela peut conduire à une déconnexion entre la science et la société, et à une méfiance croissante envers les institutions scientifiques.
Reconnaître la valeur des opinions citoyennes est essentiel pour un dialogue constructif entre science et société. La participation citoyenne permet de dépasser la simple transmission d’informations, en intégrant les préoccupations, les valeurs et les expériences des citoyens dans la réflexion scientifique. Cela favorise une meilleure compréhension mutuelle, une légitimité accrue des décisions et une démocratie renforcée, où la science n’est pas seulement un savoir réservé à une élite, mais un enjeu partagé par tous.
Valoriser l’opinion publique comme acteur légitime dans les débats scientifiques est crucial pour renforcer la démocratie. En intégrant la subjectivité et les perspectives citoyennes, on favorise un dialogue plus équilibré, transparent et respectueux, permettant à la science de mieux répondre aux attentes et aux préoccupations de la société.
Expertise scientifique
L'expertise scientifique désigne la connaissance spécialisée et approfondie que détiennent les scientifiques dans un domaine précis. Elle repose sur la maîtrise de méthodes, de données et de théories propres à cette discipline. Selon le contenu source, l'expertise permet aux scientifiques d'analyser, d'évaluer et de commenter des questions complexes, souvent en exploitant des discussions entre spécialistes ou des modèles de processus enchevêtrés. Elle constitue la base sur laquelle se fonde leur capacité à influencer la société et les décisions publiques.
Pouvoir scientifique
Le pouvoir scientifique est la capacité que détiennent les experts à influencer la société, notamment par leur capacité à faire autorité sur des sujets techniques ou scientifiques. Ce pouvoir découle de leur expertise, mais aussi de leur reconnaissance sociale et institutionnelle. Il leur confère une influence significative sur la formation des opinions publiques, la législation et les politiques publiques, en particulier lorsque leur discours est perçu comme crédible et objectif.
Autorité épistémique
L'autorité épistémique désigne la légitimité que confère la reconnaissance de la compétence et de la crédibilité d’un scientifique ou d’un groupe de scientifiques dans leur domaine. Elle repose sur la validation sociale et institutionnelle de leur savoir, ainsi que sur leur capacité à produire des connaissances jugées fiables. Cette autorité leur permet d’être écoutés et pris en compte dans le processus décisionnel, notamment face à des enjeux complexes ou controversés.
Légitimité
La légitimité de l’expertise repose sur la reconnaissance sociale et institutionnelle de la compétence des scientifiques. Elle est renforcée par la crédibilité de leurs méthodes, la transparence de leurs travaux, ainsi que par la conformité de leurs résultats avec les standards scientifiques. La légitimité leur confère une position d’autorité dans le débat public, leur permettant d’influencer les décisions politiques et sociales.
Influence politique
L’influence politique désigne la capacité des scientifiques à orienter ou à modifier les décisions et les orientations des acteurs politiques. Elle se manifeste par la participation à des conseils, la production de rapports, ou encore par la communication de leurs expertises dans le but de façonner des politiques publiques ou des réglementations. Leur influence dépend de leur légitimité, de leur pouvoir scientifique, et de la reconnaissance qu’ils obtiennent dans l’espace public.
L'expertise confère un pouvoir social et politique important aux scientifiques. En effet, leur savoir spécialisé leur donne une capacité d'influence notable dans la société, notamment dans la formation des opinions publiques, la législation et la prise de décisions politiques. Ce pouvoir repose sur leur expertise, qui leur permet d'analyser des questions complexes, souvent en exploitant des discussions entre spécialistes ou des modèles de processus enchevêtrés, comme mentionné par Stengers et Drumm. La reconnaissance sociale et institutionnelle constitue la base de leur légitimité, qui leur confère une autorité épistémique. Cette légitimité, à son tour, leur donne la capacité d'influencer concrètement les orientations sociales et politiques, en particulier lorsque leur discours est perçu comme crédible et objectif. La relation entre expertise et pouvoir est donc intrinsèque : plus l'expertise est reconnue, plus son influence politique est forte, ce qui peut conduire à des décisions publiques influencées par la science.
L'expertise scientifique détient un pouvoir social et politique considérable, reposant sur la légitimité qu’elle tire de la reconnaissance sociale et institutionnelle. Ce pouvoir permet aux scientifiques d’influencer directement les décisions politiques et les orientations sociales, soulignant ainsi la relation étroite entre savoir spécialisé et exercice du pouvoir dans la société.
Démocratie scientifique
Il n’existe pas de définition explicite dans le contenu source, mais ce terme renvoie à l’idée que la science doit être intégrée dans un cadre démocratique, c’est-à-dire accessible, transparente et participative. La démocratie scientifique implique que la production et l’usage des connaissances scientifiques soient soumis à un contrôle et à une discussion ouverts à tous, permettant ainsi une légitimité collective dans les décisions qui en découlent.
Participation démocratique
Ce concept désigne l’implication active des citoyens dans les processus de décision liés à la science et à ses applications. Elle suppose une interaction entre scientifiques et citoyens, permettant à ces derniers d’exprimer leurs intérêts, leurs préoccupations et leur compréhension, afin de contribuer à une gouvernance plus légitime et équilibrée des enjeux scientifiques.
Transparence scientifique
La transparence scientifique consiste à rendre accessible et compréhensible le processus de production des connaissances, ainsi que leurs résultats. Elle permet aux citoyens, aux autres scientifiques et aux décideurs d’évaluer la fiabilité, la pertinence et les enjeux liés à ces connaissances, évitant ainsi leur instrumentalisation ou leur usage non démocratique par les pouvoirs.
Débat public
Le débat public est un espace de discussion ouvert où scientifiques, citoyens, décideurs et autres acteurs échangent sur les enjeux liés à la science. Il favorise la confrontation des points de vue, la clarification des enjeux et la légitimation des décisions, en permettant une intégration plus transparente et participative de la science dans la société.
Science et société
Ce concept désigne la relation entre la production scientifique et ses implications sociales, économiques et politiques. Il insiste sur l’importance d’un dialogue entre la science et la société, où la science ne serait pas une autorité exclusive mais un élément intégré dans un processus démocratique, permettant de prendre en compte les intérêts et les valeurs sociales dans les décisions scientifiques.
La démocratie nécessite une intégration transparente et participative de la science dans les débats publics. En effet, pour qu’une démocratie soit vivante et légitime, il est crucial que la science ne soit pas perçue comme une autorité inaccessible ou monolithique, mais comme un domaine accessible à la discussion et à la critique. Cela implique que la science doit être ouverte, claire et compréhensible, afin que les citoyens puissent participer efficacement aux décisions qui concernent leur vie et leur environnement.
Le monopole de la science sur la vérité peut nuire à la démocratie. La référence à une « science unique » ou à une « preuve » comme argument ultime peut masquer la diversité des disciplines, des débats internes et des points de vue contradictoires. Cette conception univoque de la science peut conduire à une instrumentalisation par les pouvoirs, qui l’utilisent comme un argument d’autorité pour imposer des mesures sans véritable discussion démocratique. La référence à une « preuve » unique peut ainsi empêcher la confrontation d’idées et limiter la possibilité pour les citoyens de participer à la définition des enjeux.
Favoriser le dialogue entre scientifiques et citoyens est crucial pour une démocratie vivante. La mise en place d’un « amatorat distribué » ou d’une « intelligence publique » permet à des collectifs de citoyens, formés à comprendre certains domaines scientifiques, d’intervenir dans le débat public. Ces collectifs ne cherchent pas à devenir des scientifiques, mais à disposer d’un savoir suffisant pour poser des questions pertinentes et faire valoir leurs intérêts spécifiques, distincts de ceux des producteurs de savoirs. Ce dialogue contribue à une meilleure légitimité des décisions, en évitant que la science ne soit utilisée comme un simple argument d’autorité.
Promouvoir une science ouverte, transparente et participative est essentiel pour renforcer la légitimité des décisions collectives. En intégrant la science dans un cadre démocratique où citoyens et scientifiques dialoguent et collaborent, on favorise une gouvernance plus légitime, équilibrée et respectueuse des intérêts sociaux et environnementaux.
| Critère | Méthodes scientifiques multiples | Approche unique |
|---|---|---|
| Définition | Diversité d’approches adaptées à différents objets d’étude | Une seule méthode valable pour toutes les disciplines |
| Représentants clés | Dispositif théorico-expérimental (DTE), méthodes qualitatives, interprétatives | Conception selon laquelle la méthode expérimentale est universelle |
| Objectifs | Comprendre la diversité des réalités, éviter la hiérarchisation | Garantir l’objectivité et la validité par une méthode unique |
| Limites | Risque de relativisme ou de dispersion des savoirs | Risque de réductionnisme et de marginalisation des savoirs non expérimentaux |
| Critère | Sciences expérimentales | Savoirs non expérimentaux |
|---|---|---|
| Définition | Disciplines utilisant expérimentation, mesures quantitatives, lois objectives | Connaissances issues de la philosophie, histoire, traditions |
| Méthodes | Observation, manipulation, reproductibilité | Analyse qualitative, interprétation |
| Objectifs | Vérification empirique, lois universelles | Exploration de réalités complexes et contextuelles |
| Limites | Limites dans l’étude de phénomènes sociaux ou culturels | Moins de reproductibilité, difficulté à vérification empirique |
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1. Quelle est la caractéristique principale des méthodes scientifiques multiples ?
2. En quoi la conception d'une science unifiée diffère-t-elle de celle d'une science diversifiée ?
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Méthodes scientifiques multiples
Diversité d’approches adaptées à différents objets d’étude
Enjeux sociaux de la science
Impact de la science sur la société, la gouvernance et la reconnaissance des savoirs
Science unique ou diversifiée
Reconnaissance de plusieurs méthodes selon les disciplines, pas une seule méthode universelle
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