Fiche de révision : L’État entre ordre et liberté

Plan du Cours

  1. Ruse et pouvoir chez Machiavel
  2. État de nature et société civile
  3. Souveraineté et liberté chez Hobbes
  4. Contrainte légitime et violence
  5. Despotisme doux et individualisme
  6. Violence étatique et libertés
  7. Critique anarchiste de l’État
  8. Sociétés sans pouvoir coercitif
  9. État de police et État de droit
  10. Le paradoxe libérateur de l’État

1. Ruse et pouvoir chez Machiavel

★ À maîtriser

  • Dans Le Prince, chapitre XVIII, écrit en 1513, Machiavel distingue le combat par les lois, propre à l’homme, du combat par la force, propre aux bêtes.

  • Selon Machiavel, le prince doit être à la fois renard pour reconnaître les pièges et lion pour effrayer les loups.

  • Pour Machiavel, un prince peut ne pas tenir une promesse si son respect lui devient nuisible et si les raisons qui l’avaient conduit à la faire ont disparu. - Le Prince, 1513

Compléments

📌 Machiavel estime que le prince doit paraître clément, fidèle, humain, sincère et religieux, tout en restant capable de montrer les qualités opposées lorsque cela est nécessaire.

  • Machiavel cite Alexandre VI comme exemple d’un prince dont les tromperies réussirent grâce à sa maîtrise de cet art. - Le Prince, 1513

  • Selon Machiavel, les hommes jugent davantage par les yeux que par les mains, car tous peuvent voir les apparences mais peu peuvent connaître profondément les actes. - Le Prince, 1513

Astuce mémo

Le renard déjoue les pièges, le lion effraie les loups.

2. État de nature et société civile

★ À maîtriser

📌 Dans Le Citoyen, chapitre X, §1, publié en 1642, Hobbes oppose l’état de nature, où chacun jouit d’une liberté entière mais séparée, à l’état civil, où la liberté est réglée par des lois communes.

  • Pour Hobbes, dans l’état de nature, la liberté d’un homme peut porter atteinte à celle d’un autre, de sorte que la loi et la force sont nécessaires pour défendre les intérêts de chacun. - Le citoyen, 1642

  • Hobbes affirme que, hors de l’état civil, la justice et la sécurité sont impossibles et que l’homme est un loup pour l’homme. - Le citoyen, 1642

Compléments

  • Les lois sont présentées comme nécessaires à (Hobbes, 1642) :
    • la sécurité
    • l’obéissance
    • la sociabilité
    • la politesse
    • le savoir
    • la bienveillance

Astuce mémo

Liberté illimitée dans la nature, liberté réglée dans la société civile.

3. Souveraineté et liberté chez Hobbes

Notions clés & Définitions

  • Liberté : Le Léviathan, 1651 - Pour Hobbes, la liberté d’un homme consiste à ne pas rencontrer d’obstacle extérieur à son action.

★ À maîtriser

  • Dans Le Léviathan, chapitre XVII, publié en 1651, Hobbes soutient que pouvoir et liberté ne se contredisent pas.

  • Le cours présente le contrat hobbesien comme un contrat d’association et de soumission à l’autorité du souverain. - Hobbes, Le citoyen

Compléments

  • Selon le cours, le souverain absolu de Hobbes reçoit des pouvoirs destinés à garantir la sécurité, la justice et la propriété. - Le citoyen

  • Dans Le Léviathan, Hobbes affirme que la raison est le seul moyen de fournir des lois aux hommes.

Astuce mémo

L’absence de pouvoir commun mène au chaos ; le souverain garantit la sécurité.

4. Contrainte légitime et violence

★ À maîtriser

📌 Le cours distingue la force, exercée par la société au moyen de l’institution judiciaire dans le cadre de la loi, de la violence, qui vise délibérément et gratuitement à nuire à une personne.

📌 Selon le cours, la contrainte est légitime lorsqu’elle protège la société et ses membres contre une menace pour l’ordre, la sécurité ou la paix sociale.

  • Dans le commentaire du texte de Rousseau, la question directrice est de savoir si l’on a le droit de contraindre un autre homme.

  • Le cours présente la loi comme la règle que tous les membres de la société doivent respecter et comme le cadre du recours à la contrainte.

Compléments

  • Le cours présente l’autorité comme l’autre pouvoir de l’État, distinct de la force.

Astuce mémo

La force protège selon la loi ; la violence vise à nuire.

5. Despotisme doux et individualisme

Notions clés & Définitions

  • Individualisme : De la démocratie en Amérique, 1840 - Dans le cours sur Tocqueville, l’individualisme désigne le repli de l’individu sur la satisfaction de ses désirs propres plutôt que sur le souci du bien commun.

★ À maîtriser

  • Dans De la démocratie en Amérique, publié en 1840, Tocqueville envisage une nouvelle forme de despotisme susceptible de menacer les peuples démocratiques. - Alexis De Tocqueville

  • Le cours attribue à Tocqueville l’idée qu’un État tutélaire peut gêner, comprimer, énerver et éteindre les citoyens sans les détruire ouvertement. - De la démocratie en Amérique, 1840

  • Selon le cours sur Tocqueville, le repli individualiste détisse le lien social et rend les citoyens plus enclins à se remettre à l’État. - De la démocratie en Amérique, 1840

Compléments

  • Le cours présente la paresse et la lâcheté politiques comme des causes du renoncement des citoyens à penser, parler et assumer leurs responsabilités par eux-mêmes.

Astuce mémo

Le repli sur soi facilite la tutelle de l’État et l’affaiblissement des libertés.

6. Violence étatique et libertés

★ À maîtriser

  • Dans l’extrait daté de 1915, l’État impose aux citoyens une obéissance et des sacrifices extrêmes et restreint leur liberté.

Compléments

  • L’extrait de 1915 affirme que l’État contrôle les communications et les expressions d’opinion en cachant la vérité et en supprimant les concessions favorables aux citoyens.

  • Dans le texte de Pierre-Joseph Proudhon, Idée générale de la révolution au XIXe siècle, publié en 1851, l’auteur dénonce le fait d’être commandé, inspecté, espionné, dirigé, réglé, recensé, endoctriné, contrôlé et classé au nom de différentes autorités et valeurs.

7. Critique anarchiste de l’État

Notions clés & Définitions

  • Mutualisme : Dans le cours, le mutualisme est un système économique fondé sur la réciprocité, la coopération et le crédit gratuit entre travailleurs.

Points essentiels

  • Bakounine rejette le communisme autoritaire parce qu’il nie la liberté et concentre les puissances de la société dans l’État.

  • Bakounine défend une organisation de la société et de la propriété de bas en haut, fondée sur la libre association plutôt que sur le pouvoir et l’autorité collective.

  • Bakounine rejette :

    • les conventions nationales
    • les assemblées constituantes
    • les gouvernements provisoires
    • les dictatures révolutionnaires
  • Selon Bakounine, tout État implique nécessairement domination et esclavage, car il place une minorité gouvernante au-dessus des masses.

Astuce mémo

La centralisation du pouvoir transforme la révolution en domination.

8. Sociétés sans pouvoir coercitif

Notions clés & Définitions

  • Société sans État : Pour Pierre Clastres, une société sans État est une société où le pouvoir politique ne s’est pas constitué en pouvoir coercitif et où le chef ne commande pas.

★ À maîtriser

  • Pierre Clastres affirme que le chef d’une tribu ne dispose ni d’autorité coercitive, ni de moyen de donner un ordre, et que les membres de la tribu ne lui doivent pas obéissance.

  • Pour apaiser les conflits, le chef tribal décrit par Clastres utilise son prestige et la parole pour persuader les parties de renoncer aux injures et aux vengeances. - Pierre Clastres

Compléments

  • Selon Clastres, la parole du chef n’a pas force de loi et sa persuasion peut échouer, auquel cas le conflit risque de se résoudre dans la violence. - Pierre Clastres

  • Le chef est reconnu pour (Pierre Clastres) : ses dons oratoires, son savoir-faire comme chasseur, sa capacité à coordonner les activités guerrières offensives ou défensives

Astuce mémo

Le chef persuade par la parole, mais la société conserve le pouvoir.

9. État de police et État de droit

Notions clés & Définitions

  • État de droit : Mon plaidoyer pour l’État de droit, 17 août 2016 - Selon Dominique Rousseau, l’État de droit est un État dont le pouvoir est limité par le droit et dans lequel individus et puissance publique sont soumis au même droit.

★ À maîtriser

  • Dans l’État de police, les gouvernants concentrent le pouvoir de faire exécuter et juger la loi selon leur volonté, sans contrôle possible. - Dominique Rousseau, Mon plaidoyer pour l’État de droit, 17 août 2016

  • Dans l’État légal, l’exécutif, l’administration et la justice doivent respecter la loi votée par le Parlement, mais cette loi ne peut pas être jugée. - Dominique Rousseau, Mon plaidoyer pour l’État de droit, 17 août 2016

  • Pour certains juristes, l’État de droit exige que les lois votées par le Parlement respectent un droit supérieur qui fonde le contrôle juridictionnel des lois. - Dominique Rousseau, Mon plaidoyer pour l’État de droit, 17 août 2016

Compléments

  • Le débat juridique sur l’État de droit porte notamment sur la possibilité de qualifier un régime totalitaire d’État de droit et sur la source, le contenu et la nature du droit qui s’impose à l’État. - Dominique Rousseau, Mon plaidoyer pour l’État de droit, 17 août 2016

Astuce mémo

Police, légal, droit : du pouvoir sans contrôle au pouvoir soumis au droit supérieur.

10. Le paradoxe libérateur de l’État

★ À maîtriser

  • Selon le texte sur le paradoxe de l’État, l’État permet aux hommes de dépasser leurs déterminations sociales et de se percevoir comme égaux en droit.

  • Le texte sur le paradoxe de l’État affirme que celui-ci peut étendre son intervention à toutes les sphères sociales et devenir un instrument d’aliénation politique.

  • Pour empêcher l’État d’étouffer le citoyen, le droit doit garantir la vie privée, la liberté d’aller et venir, l’inviolabilité du domicile, la libre expression et l’action collective.

Compléments

  • Les valeurs constitutionnelles citées sont :
    • l’égalité entre les femmes et les hommes
    • la liberté individuelle
    • la fraternité

Astuce mémo

L’État fait émerger le citoyen égal en droit, mais peut aussi l’aliéner.

Tableaux de synthèse

Formes d’État et contrôle du pouvoir

Forme d’ÉtatRègle applicableContrôle
État de policeLes gouvernants déterminent et appliquent la loi selon leur volontéAucun contrôle possible
État légalLes pouvoirs exécutif, administratif et judiciaire respectent la loi parlementaireLa loi elle-même ne peut pas être jugée
État de droitLe pouvoir est soumis au droit, éventuellement supérieur à la loiUn contrôle juridictionnel des lois est légitime

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur L’État entre ordre et liberté avec 33 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Dans le chapitre XVIII du Prince, quelle distinction Machiavel établit-il entre deux manières de combattre ?

2. Un prince doit déjouer un piège tout en inspirant de la crainte à ses adversaires : quelles figures animales Machiavel associe-t-il à ces rôles ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de L’État entre ordre et liberté avec 72 flashcards interactives.

Dans *Le Prince*, quels combats Machiavel distingue-t-il au chapitre XVIII ?

Le combat par les lois, propre à l’homme, et le combat par la force, propre aux bêtes.

Qui distingue les deux formes de combat dans *Le Prince* (1513) ?

Machiavel.

Dans *Le Prince*, quelles fonctions le renard et le lion remplissent-ils pour le prince ?

Le renard reconnaît les pièges et le lion effraie les loups.

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