Fiche de révision : Libéralisme et démocratie au XIXe siècle

Plan du Cours

  1. Libéralisme et démocratie
  2. Héritage de la Révolution française
  3. Charte octroyée et monarchie restaurée
  4. Vie politique sous la Restauration
  5. Crise de 1830 et Trois Glorieuses
  6. Monarchie de Juillet et orléanisme
  7. Légitimistes et peuple des rues
  8. Révolution de 1848
  9. Gouvernement provisoire et Constitution
  10. Élection de Louis-Napoléon Bonaparte
  11. Dérive conservatrice de la Deuxième République
  12. Grandes réformes républicaines

1. Libéralisme et démocratie

Notions clés & Définitions

  • Libéralisme politique : Idéologie politique fondée sur des libertés fondamentales et sur un État appliquant le droit sans arbitraire.
  • Libertés fondamentales : Ensemble de droits protégés qui garantissent aux individus une autonomie, notamment dans l’expression, les déplacements et la propriété.
  • État de droit : Principe selon lequel les règles s’appliquent de façon égale et non arbitraire, ce qui remplace l’exception et le traitement inégal.
  • Habeas corpus : Liberté consistant à empêcher qu’une personne soit contrainte arbitrairement, car son corps appartient à elle-même.
  • Souveraineté du peuple : Principe démocratique où le pouvoir appartient au peuple, qui décide de ce qui le concerne via des formes de délégation.

Points essentiels

  • Le libéralisme politique repose sur deux piliers forgés au siècle des Lumières : attachement aux libertés et État de droit.
  • L’habeas corpus protège contre la contrainte arbitraire en affirmant que le corps de l’individu ne peut être détenu sans justification.
  • En démocratie libérale, la souveraineté appartient au peuple et le degré d’inclusion de la notion de peuple conditionne le caractère plus ou moins démocratique du régime.
  • La démocratie n’est pas équivalente au libéralisme : on peut avoir des régimes libéraux sans être démocratiques, comme la monarchie anglaise citée dans le cours.

2. Héritage de la Révolution française

Notions clés & Définitions

  • Liberté : Notion politique issue des débats européens puis mise en pratique pendant la Révolution pour protéger des libertés fondamentales.
  • Égalité civile : Principe selon lequel la loi s’applique de manière identique aux citoyens, afin de remplacer une société fondée sur des privilèges.
  • Souveraineté : Principe politique opposé à l’absolutisme, selon lequel le pouvoir ne doit plus dépendre d’un seul souverain mais d’une source reconnue.
  • Déclaration des droits de l’homme et du citoyen : Document adopté en 1789 qui fixe pour la première fois, dans le cadre révolutionnaire, des libertés fondamentales.
  • Abolition des privilèges : Mesure révolutionnaire qui supprime les exemptions et accès réservés réservés à certaines catégories, notamment clergé et noblesse.

Points essentiels

  • 20 juin 1789, le serment du Jeu de Paume conduit à la création de l’Assemblée constituante chargée d’établir une constitution et d’ébranler l’Ancien Régime.
  • 4 août 1789, l’abolition des privilèges proclame l’égalité civile et supprime les inégalités juridiques entre ordres.
  • 26 août 1789, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen formalise des libertés fondamentales dans le nouveau régime.
  • 14 juillet 1789, la prise de la Bastille marque un basculement populaire qui renforce la contestation et accélère la transformation politique.

Astuce mémo

3 jalons de 1789 : Jeu de Paume (constitution) → 4 août (égalité) → 26 août (droits).

3. Charte octroyée et monarchie restaurée

Notions clés & Définitions

  • Charte octroyée : Document constitutionnel présenté comme accord volontaire du roi et non comme produit de la nation, signé par le souverain.
  • Monarchie restaurée : Régime de retour des Bourbons qui rétablit un roi avec une constitution encadrant partiellement la souveraineté par des institutions.
  • Parlement bicaméral : Organisation politique à deux chambres comprenant une chambre des députés élue et une chambre des pairs nommée par le roi.
  • Cens électoral : Conditions financières imposées pour voter, qui réservent le suffrage à une minorité de contribuables riches.
  • Chambre des pairs : Seconde chambre dont les membres sont nommés par le roi, ce qui limite le poids réel du parlement dans l’exécutif.

Points essentiels

  • Louis XVIII rejette la constitution sénatoriale proposée après l’abdication de Napoléon 1er et fait rédiger sa propre charte.
  • La charte justifie la souveraineté par la religion, la dynastie des Bourbons et la figure du roi, au lieu du peuple.
  • La charte prévoit un parlement bicaméral où la chambre des députés est élue et la chambre des pairs est nommée par le roi.
  • Le parlement ne contrôle pas le gouvernement : les ministres sont responsables devant le roi, et seul le roi peut renverser le gouvernement.
  • Le droit de vote est conditionné par un cens (plus de 300 francs), avec un âge minimal (30 ans), et la candidature exige un cens plus élevé (1000 francs) et 40 ans.

Astuce mémo

Charte octroyée = “donnée par le roi” : parlement oui, peuple non.

4. Vie politique sous la Restauration

Notions clés & Définitions

  • Terreur blanche : période de la Restauration marquée par des persécutions dirigées contre les forces démocrates et libérales.
  • Droit de supplique : moyen d’action parlementaire utilisé par les ultras pour demander au gouvernement d’être écouté, sans pouvoir le renverser.
  • Loi double vote : mesure électorale de 1820 qui donne un avantage supplémentaire aux propriétaires terriens les plus riches lors du vote.
  • Chambre retrouvée : surnom donné au parlement élu en 1824, dominé par les ultras après le renforcement électoral lié à la loi de 1820.

Points essentiels

  • Le climat de la Restauration entraîne une persécution des forces démocrates et libérales, appelée « terreur blanche ».
  • Aux élections de la chambre des députés en 1815, les ultras remportent 350 sièges sur 398 contre 48 aux modérés.
  • En mai 1816, Louis XVIII dissout l’assemblée et obtient ensuite une majorité de modérés lors de l’élection suivante.
  • Entre 1816 et 1820, Louis XVIII gouverne avec deux ministres, le duc de Richelieu et Decazes, tout en maintenant un corps électoral très réduit.
  • Entre 1816 et 1820, seuls les 100000 personnes les plus riches peuvent voter, ce qui structure l’opposition politique contre le régime.

Astuce mémo

Ultras : beaucoup de supplique ; suffrage : petit nombre de votants (cens) ; 1824 = Chambre retrouvée.

5. Crise de 1830 et Trois Glorieuses

Notions clés & Définitions

  • Adresse des 221 : Déclaration parlementaire qui exprime la volonté des députés de voir le gouvernement rester fidèle à l’orientation politique du Parlement.
  • Ordonnances de juillet 1830 : Décisions royales visant à dissoudre le Parlement, modifier le corps électoral, restreindre la presse et organiser de nouvelles élections en septembre.
  • Trois Glorieuses : Révolution de juillet 1830 née des ordonnances, amplifiée par la colère populaire parisienne et la crise économique.
  • Parti du Mouvement : Courant libéral qui voit la Révolution de 1814 comme une étape et veut poursuivre la démocratisation vers un suffrage plus large.
  • Parti de la Résistance : Courant conservateur qui estime la révolution terminée et défend l’idée que seuls les plus riches doivent conserver le droit de vote.

Points essentiels

  • Le 16 mai 1830, Charles X dissout l’Assemblée après des tensions avec le Parlement et l’« adresse des 221 ».
  • Les ordonnances de juillet 1830 combinent dissolution du Parlement, réforme électorale excluant la patente, suspension de la liberté de la presse et convocation d’élections pour septembre.
  • La suspension de la liberté de la presse met au chômage les ouvriers typographes, ce qui alimente les manifestations et la mobilisation en rue.
  • Le 28 juillet 1830, un affrontement avec la police fait environ 5000 blessés et 1000 morts.
  • Le lendemain, Charles X abdique et s’enfuit, tandis que Louis-Philippe est accueilli favorablement à Paris avec Lafayette.

Astuce mémo

Ordonnances = 4 coups : Dissoudre, Écarter la patente, Suspendre la presse, Septembre pour élire.

6. Monarchie de Juillet et orléanisme

Notions clés & Définitions

  • Orléanisme : Courant politique de la Monarchie de Juillet qui associe souveraineté nationale, parlementarisme et droit fondé sur la “capacité” des citoyens.
  • Charte amendée : Version modifiée de la Charte de 1814 sous Louis-Philippe, qui organise une lecture davantage parlementaire du régime.
  • Libéralisme doctrinaire : Doctrine libérale de l’orléanisme qui défend les libertés fondamentales tout en restant antidémocratique par peur des violences de 1789-1793.
  • Régime capacitaire : Principe de l’orléanisme selon lequel le droit de vote doit être accordé aux citoyens jugés capables, notamment via l’instruction et le mérite.

Points essentiels

  • Louis-Philippe fait le serment de respecter la Charte le 9 août 1830 devant les représentants des Français, en liant sa légitimité à l’adhésion du peuple.
  • La loi électorale du 14 août 1830 définit le peuple de façon très restrictive, malgré la souveraineté annoncée.
  • La loi de 1833 impose des écoles primaires dans toutes les communes pour préparer l’accès au droit de vote par le mérite.
  • En pratique, le régime reste censitaire et la majorité parlementaire ne permet pas d’alternance politique pendant 18 ans.

Astuce mémo

Guizot = écoles (capacité) mais sans suffrage élargi : “instruire, puis garder le cens”.

7. Légitimistes et peuple des rues

Notions clés & Définitions

  • France légitimiste : Mouvement politique contre le régime né en 1830, porté par l’élite traditionnelle attachée à la dynastie bourbonienne.
  • Peuple des rues : Ensemble des classes populaires urbaines politisées, surtout présentes à Paris, qui participent aux insurrections faute d’accès au vote.
  • Canuts : Ouvriers de la ville de Lyon, impliqués dans les révoltes de 1831 à 1834 et associés à une mobilisation populaire pour renverser le régime.
  • Bagne : Institution de répression qui déporte des opposants politiques vers des territoires comme la Nouvelle-Calédonie, la Guyane et l’Algérie.

Points essentiels

  • Le suffrage s’appuie sur un « pays légal » d’environ 20 000 électeurs, tandis que le « pays réel » inclut environ 30 000 citoyens inactifs qui contestent sans pouvoir voter.
  • Les légitimistes se disent fidèles à la seule dynastie légitime, les Bourbons, et visent la restauration du comte de Chambord tout en boycottant la vie politique officielle.
  • Les insurrections du « peuple des rues » incluent notamment Paris du 5 au 6 juin 1832 pour les obsèques du général Lamarque.
  • À Lyon, les révoltes des canuts ont lieu de 1831 à 1834, avec intervention de l’armée, puis en 1834 un retour dans un bain de sang.
  • Le Bagne sert à casser les oppositions en déportant des opposants politiques en Nouvelle-Calédonie, en Guyane et en Algérie.

Astuce mémo

20k qui votent vs 30k qui bougent : pays légal ≠ pays réel, donc insurrections.

8. Révolution de 1848

Notions clés & Définitions

  • Crise économique : Une période de difficultés économiques qui affame et désorganise le travail, ce qui rend les foules plus disponibles pour la contestation populaire.
  • Interdiction des banquets : Décision du pouvoir visant à empêcher les rassemblements politiques en remplaçant la mobilisation par une activité autorisée et en limitant la contestation.
  • Baril de poudre : Mécanisme explicatif des révolutions, où une crise durable prépare l’explosion sociale avant qu’un événement déclencheur n’embrase la situation.
  • Garde nationale : Milice encadrée par les autorités, recrutant des citoyens équipés, dont le ralliement pèse directement sur l’issue des combats de février 1848.
  • Esprit de 48 : Ensemble de compromis politiques et sociaux portés par le gouvernement provisoire, combinant démocratie électorale, réformes humanistes et mesures socialistes comme les ateliers.

Points essentiels

  • La révolution de 1848 naît d’une crise économique, aggravée par la cherté du pain, le chômage ouvrier et l’augmentation des dépendances à la charité.
  • L’embrasement est déclenché par la contestation républicaine autour du banquet prévu le 14 janvier 1848 à Paris, avant l’interdiction des banquets le 22 février 1848.
  • Le 23 février, les manifestants dressent des barricades et refusent de rentrer chez eux, puis une fusillade éclate le soir avec une vingtaine de morts.
  • Le 24 février, les combats sont très violents avec plus d’un millier de morts, et la garde nationale se rallie aux insurgés.
  • La pression militaire conduit Louis-Philippe à abdiquer le soir même au profit du Comte de Paris, tandis que la démocratie est proclamée sous l’influence d’Alphonse Lamartine.
  • Après février, le gouvernement provisoire réunit des représentants variés et lance des mesures de consensus, dont le suffrage universel masculin et la mise en place des ateliers nationaux.

Astuce mémo

Crise = Baril de poudre (pain + chômage) ; banquets = Étincelle (interdiction 22/02) ; barricades 23/02 puis bascule décisive 24/02 (garde nationale + abdication).

9. Gouvernement provisoire et Constitution

Notions clés & Définitions

  • Gouvernement provisoire : Gouvernement provisoire : instance politique créée après les journées de février 1848, chargée de diriger le pays avant la constitution et intégrant des représentants du peuple de Paris.
  • Assemblées constituante : Assemblée constituante : assemblée élue convoquée pour avril 1848 afin de rédiger une constitution qui encadre le pouvoir et les libertés politiques.
  • Suffrage universel masculin : Suffrage universel masculin : règle électorale de 1848 réservée aux hommes, avec une condition d’âge, qui élargit fortement le corps électoral.
  • Ateliers nationaux : Ateliers nationaux : dispositif financé par l’État donnant du travail aux ouvriers sans emploi, afin de concrétiser le droit au travail proclamé.

Points essentiels

  • Le gouvernement provisoire est nommé le 25 février 1848 à l’Hôtel de Ville de Paris, avec des représentants populaires dont Lamartine, Louis Blanc et l’ouvrier Albert.
  • Les mesures de consensus comprennent la constitutionnalisation de l’encadrement du pouvoir, le suffrage universel masculin, l’abolition de l’esclavage et la suppression de la peine de mort pour les délits politiques.
  • Le décret du droit au travail transforme le travail en droit et prévoit des ateliers nationaux pour employer les ouvriers sans emploi.
  • Une assemblée constituante est convoquée en avril 1848 pour produire la constitution, ce qui maintient le gouvernement provisoire en attendant son adoption.
  • La constitution de la République est promulguée le 4 novembre 1848 et affirme le suffrage universel ainsi que les libertés fondamentales, tout en supprimant l’idée de droit au travail.

Astuce mémo

Constitution d’abord, puis vote, puis humanité, puis travail : ordre en 4 idées du gouvernement provisoire.

10. Élection de Louis-Napoléon Bonaparte

Notions clés & Définitions

  • Louis-Napoléon Bonaparte : Personnage politique élu président de la Deuxième République en décembre 1848, porté notamment par l’héritage napoléonien et le ralliement de forces conservatrices.
  • Parti de l’Ordre : Coalition politique dominante qui cherche un chef « naturel » et soutient la candidature de Louis-Napoléon Bonaparte au scrutin présidentiel de décembre 1848.
  • Légende napoléonienne : Ressort de soutien politique qui fait préférer Louis-Napoléon Bonaparte même si ses idées sont mal connues par une partie des électeurs.
  • Cavaignac : Figure des modérés mise en avant pendant les journées de juin 1848, et qui apparaît comme candidat important lors de la présidentielle de décembre 1848.
  • Ledru-Rollin : Personnalité liée aux républicains de gauche qui se distingue comme opposant lors de l’élection présidentielle de décembre 1848.

Points essentiels

  • Les élections présidentielles ont lieu en décembre 1848 et aboutissent à l’élection de Louis-Napoléon Bonaparte avec 75% des voix.
  • Ledru-Rollin représente les républicains, mais reçoit peu de suffrages, tandis que Cavaignac incarne les modérés après avoir dirigé la répression des journées de juin.
  • Le parti de l’Ordre ne présente pas de candidat unique, ce qui contribue au ralliement autour de Louis-Napoléon Bonaparte en décembre 1848.
  • Les élections législatives d’avril 1849 voient la disparition des républicains modérés et une progression de la gauche, surtout liée à l’exaltation des électeurs populaires.
  • Les élections d’avril 1849 sont présentées comme confirmant la dynamique observée lors de la présidentielle, malgré une disqualification de la gauche après la tentative de coup de Ledru-Rollin.

Astuce mémo

Décembre 1848 : 75% pour Napoléon… même si on ne sait pas trop ses idées.

11. Dérive conservatrice de la Deuxième République

Notions clés & Définitions

  • Loi Falloux : Loi votée le 15 mars 1850 qui place l’instruction publique sous contrôle catholique pour orienter financement, nominations et contenus scolaires.
  • Loi Pectoral : Loi du 31 mai 1850 qui restreint le suffrage en exigeant une résidence continue de 3 ans pour pouvoir s’inscrire sur les listes électorales.
  • Comte de Chambord : Prétendant monarchiste dont l’orientation (drapeau blanc et modèle de l’Ancien Régime) bloque une restauration acceptable pour le camp de l’Ordre.
  • Coup d’État du 2 décembre 1851 : Action de Louis-Napoléon Bonaparte le 2 décembre 1851 qui dissout l’Assemblée et lance une nouvelle constitution, avec retour du suffrage universel.

Points essentiels

  • À partir de décembre, Louis-Napoléon Bonaparte devient président avec 75% des voix, puis les élections d’avril 1849 renforcent la droite et font reculer le camp républicain modéré.
  • La loi Falloux du 15 mars 1850 confie à l’Église catholique un contrôle sur l’instruction publique, notamment via la nomination des professeurs et les contenus enseignés.
  • La loi Pectoral du 31 mai 1850 limite l’inscription des électeurs à ceux résidant depuis 3 ans, ce qui exclut environ 3 millions de personnes parmi les plus pauvres.
  • Le projet de restauration échoue car le comte de Chambord veut revenir à un modèle proche de Charles X, jugé inacceptable, ce qui accroît les conflits avec la majorité et l’autorité présidentielle.
  • Le 2 décembre 1851, Louis-Napoléon Bonaparte dissout l’Assemblée, rétablit le suffrage universel et prépare une nouvelle constitution, en choisissant une date liée au sacre de Napoléon Bonaparte.

Astuce mémo

Falloux = 15/03 : l’Église pilote l’école ; Pectoral = 31/05 : suffrage par résidence 3 ans ; 02/12 : coup pour rejouer le sacre.

12. Grandes réformes républicaines

Notions clés & Définitions

  • Liberté de la presse : Principe républicain encadrant la publication des journaux, fondé sur une liberté très large assortie de possibilités d’actions pour diffamation.
  • Liberté syndicale : Mesure légale qui autorise les travailleurs à former des syndicats et leur donne un cadre juridique pour agir en justice et gérer des fonds.
  • Loi Waldeck–Rousseau : Texte de 1884 qui instaure la liberté syndicale en reconnaissant légalement les syndicats de travailleurs et leur personnalité juridique.
  • Loi Nakuet : Loi de 1884 qui rétablit la possibilité de divorcer selon les règles qu’elle organise.
  • Loi Goblet : Texte de 1886 qui interdit aux membres des ordres religieux d’occuper des postes d’enseignants dans les écoles.

Points essentiels

  • La loi du 29 juillet 1881 fixe les principes de la liberté de la presse et donne une grande latitude aux journaux, avec des actions possibles en cas de diffamation.
  • La loi du 30 juin 1881 libéralise et encadre les réunions publiques avec une information préalable adressée à la préfecture.
  • La loi Waldeck–Rousseau (1884) reconnaît légalement les syndicats de travailleurs et leur permet de percevoir des fonds et d’intenter des actions en justice.
  • La loi Nakuet (1884) restaure la pratique du divorce, puis la loi de 1889 rend le service militaire universel pour les hommes en supprimant les exemptions, y compris pour le clergé.
  • Les lois scolaires républicaines rendent l’école laïque avec des textes comme la loi Ferry (1881) et la loi Goblet (1886), qui exclut les religieux de l’enseignement public.

Astuce mémo

Presse (29/07/1881) → Réunions (30/06/1881) → Syndicats (Waldeck–Rousseau 1884) ; Divorce (Nakuet 1884) ; École laïque (Ferry 1881 + Goblet 1886).

Repères chronologiques

DateÉvénement
20 juin 1789Serment du Jeu de Paume (création de l’Assemblée constituante).
4 août 1789Abolition des privilèges (égalité civile proclamée).
26 août 1789Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (libertés fondamentales).
14 juillet 1789Prise de la Bastille (basculement populaire).
21 janvier 1793Exécution de Louis XVI.
18 brumaireCoup d’État de Napoléon Bonaparte (9 novembre dans le cours).
21 juin 1830dissolution de l’Assemblée après l’« adresse des 221 » (mentionnée comme 16 mai 1830 dans les notes, non retenue ici).
9 août 1830Serment de Louis-Philippe de respecter la Charte (devant les représentants des Français).
14 août 1830Loi électorale définissant le peuple de façon restrictive.
22 février 1848Interdiction des banquets.

Tableaux de synthèse

Trois camps politiques (configurations de 1789-1814)

CampObjectif politiqueBase sociale (selon le cours)Position sur le suffrage
Droite (réactionnaire)Revenir à l’ancien régimeNoblesse + clergé (émigrés)S’oppose à l’élargissement démocratique (restauration).
Milieu (libéraux)Maintenir/accomplir l’État de droit et les libertésBourgeois (hommes de droit, rentiers)Suffrage délégué au parlement ; censitaire dans la pratique du cours.
Gauche (démocrates)République + élargissement de la notion du peupleSans-culottes/jacobins et classes populairesVeut le suffrage universel.

Restauration (Charte de 1814) : organes et responsabilités

PointCe qui est prévuConséquence sur le pouvoir politique
SouverainetéFondée sur religion/dynastie et la figure du roi (roi “source de toute légitimité”)Peuple non central dans la légitimité du régime.
ParlementBicaméral : chambre des députés élue + chambre des pairs nomméePoids limité du parlement : pas de renversement du gouvernement.
Responsabilité ministérielleMinistres responsables devant le roi et lui seulLe roi conserve le pouvoir exécutif réel.
Droit d’action du parlementDroit de suppliqueLe parlement peut demander d’être écouté, sans contrôle exécutif.

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre libéralisme politique et démocratie : le cours insiste que des régimes peuvent être libéraux sans être démocratiques (ex : monarchie anglaise).
  2. Croire que la souveraineté du peuple signifie suffrage universel direct : dans le cours, plus la définition du peuple est restreinte, moins le régime est démocratique.
  3. Mélanger “égalité civile” (devant la loi) avec l’égalité politique au vote : la Restauration/Monarchie de Juillet restent censitaires malgré l’égalité civile.
  4. Se tromper sur la Charte octroyée : elle est présentée comme décidée/donnée par le roi (préambule fondamental), pas comme issue de la nation.
  5. Inverser les rôles au régime censitaire : le parlement n’a pas le pouvoir de renverser le gouvernement sous la Restauration, car les ministres ne sont responsables que devant le roi.
  6. Oublier la logique “baril de poudre / étincelle” en 1848 : la crise durable prépare l’explosion, mais l’événement déclencheur est la contestation autour du banquet puis l’interdiction.
  7. Confondre les objectifs des lois scolaires républicaines : Ferry vise laïciser/ républicaniser (pas “créer” l’école) et Goblet interdit aux religieux d’enseigner.

Checklist Examen

  1. Définir les deux piliers du libéralisme politique (libertés fondamentales via notamment l’habeas corpus, et État de droit) et relier l’impartialité de l’État aux principes du cours.
  2. Expliquer comment la Révolution française “expérimente” la liberté, l’égalité civile et la souveraineté, et connaître les trois jalons 20 juin / 4 août / 26 août 1789 plus le basculement du 14 juillet 1789.
  3. Identifier le basculement démocratique lié aux montagnards (élargissement de la notion du peuple, suffrage universel masculin, Terreur 1793-1794) et le fait qu’il n’y a pas d’élections sous leur régime.
  4. Connaître l’enchaînement des régimes après 1795 jusqu’à l’Empire (Directoire 1795-1799, Consulat 1799-1804, Empire 1804-1814) et l’idée de compromis autour des acquis de 1789.
  5. Présenter la Charte de 1814 telle que Louis XVIII l’impose (Charte octroyée, préambule, légitimité religieuse/dynastique) et préciser l’organisation du parlement + le droit de supplique et l’absence de renversement du gouvernement.
  6. Expliquer la dynamique de la Restauration dans l’affrontement ultras/libéraux (Terreur blanche, élections de 1815 selon le cours, dissolution de 1816, gouvernement de Richelieu et Decazes) et le rôle du suffrage censitaire très réduit.
  7. Raconter la séquence menant aux Trois Glorieuses : contexte, adresse des 221, ordonnances de juillet 1830 (dissolution/réforme électorale/exclusion de la patente/suspension de la presse/élections en septembre) et l’affrontement du 28 juillet 1830.
  8. Décrire l’orléanisme : serment du 9 août 1830, loi électorale du 14 août 1830 (peuple restreint), loi de 1833 (écoles primaires) et la logique “capacité” sans suffrage élargi dans le cours.
  9. Expliquer 1848 avec la méthode attendue du cours : baril de poudre (crise) + étincelle (banquet/banquets interdits le 22 février), barricades du 23 février, garde nationale qui se rallie le 24 février, puis constitution du 4 novembre 1848.
  10. Citer et relier les étapes politiques et conservatrices de 1848-1851 : élection de Louis-Napoléon Bonaparte en décembre 1848 (75% dans le cours), lois Falloux (15 mars 1850) et Pectoral (31 mai 1850), puis coup d’État du 2 décembre 1851.
  11. Connaître les grandes réformes républicaines et leurs dates (29 juillet 1881 presse, 30 juin 1881 réunions, Waldeck–Rousseau 1884 syndicats, Nakuet 1884 divorce, Goblet 1886 école) et rappeler l’objectif de laïcisation/républicanisation via Ferry (1881) dans le cours.

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1. Quel principe résume le mieux le libéralisme politique ?

2. Pourquoi la démocratie n’est-elle pas identique au libéralisme dans ce cadre ?

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Libéralisme politique — définition ?

Idéologie fondée sur libertés et État de droit.

Libertés fondamentales — exemple ?

Expression, propriété, déplacement.

État de droit — principe ?

Règles appliquées de façon égale.

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