Fiche de révision : Mers et océans mondialisés

Plan du Cours

  1. Mondialisation et enjeux maritimes
  2. Le détroit de Malacca
  3. Trafic et fonctions du détroit
  4. Gouvernance et rivalités à Malacca
  5. Flux maritimes de la mondialisation
  6. Routes et passages stratégiques
  7. Détroits et canaux stratégiques
  8. Câbles sous-marins et flux numériques
  9. Ressources halieutiques et énergétiques
  10. Ressources minérales océaniques
  11. Territorialisation des espaces maritimes
  12. Les ZEE, objet de litiges
  13. Liberté et sécurité de navigation
  14. La prise de conscience environnementale
  15. Des mesures de protection limitées

1. Mondialisation et enjeux maritimes

Notions clés & Définitions

  • Mondialisation : L’ensemble des processus d’intégration internationale résultant de la circulation accrue de produits, d’idées, de capitaux, de services, d’hommes et de femmes, qui conduit à une interdépendance croissante entre les régions du globe.

★ À maîtriser

  • Les mers et les océans fournissent des ressources halieutiques et énergétiques et permettent la circulation des personnes ainsi que les échanges matériels et immatériels.

Compléments

  • Pour le géographe Jacques Levy, la mondialisation affirme le monde comme espace et échelle de référence et signifie « la fin de la préhistoire du monde ».

  • Pour le géographe Laurent Carroué, la mondialisation est « un processus pluriséculaire de mise en réseau du monde ».

  • La mondialisation met les territoires en réseau dans une relation d’interdépendance et de concurrence, dans le cadre d’une division internationale du travail en recomposition permanente.

  • La mondialisation est un processus sélectif qui favorise certains territoires, les « gagnants », et en défavorise d’autres, les « perdants ».

  • La France possède la deuxième zone économique exclusive la plus vaste du monde et peut s’appuyer sur les mers et les océans pour affirmer sa puissance maritime.

2. Le détroit de Malacca

Notions clés & Définitions

  • Détroit : Un passage maritime étroit entre deux terres qui fait communiquer deux étendues marines.

★ À maîtriser

  • Le détroit de Malacca est emprunté par les principales routes maritimes reliant l’Europe et le Moyen-Orient à l’Asie orientale.

  • Un tiers du commerce maritime mondial passe par le détroit de Malacca, emprunté chaque année dans les deux sens par 70 000 à 90 000 navires.

Compléments

  • Le détroit de Malacca, large jusqu’à 24 milles marins, se situe entre les océans Indien et Pacifique.

  • Le géographe Jean-Claude Lasserre qualifie les détroits de « porte océane ».

  • Le trafic du détroit de Malacca comprend des navires transocéaniques et des navires dédiés au trafic régional.

3. Trafic et fonctions du détroit

★ À maîtriser

  • Le trafic de conteneurs dans le détroit de Malacca est passé de 5 millions d’EVP dans les années 1990 à 50 millions d’EVP à la fin des années 2010.

  • Environ un quart du pétrole consommé dans le monde transite par le détroit de Malacca, route la plus rapide et la plus courte entre le golfe Arabo-Persique et l’Asie orientale.

📌 Le détroit de Malacca risque la congestion maritime, ou « choke point », si le trafic dépasse 100 000 transits annuels, ce qui pourrait remettre en cause sa fluidité.

Compléments

  • Singapour est le deuxième port à conteneurs mondial, derrière Shanghai, et compte parmi les plus grands ports à conteneurs d’Asie du Sud-Est.

  • Singapour, la Malaisie et l’Indonésie ont lancé une coopération régionale qui s’appuie sur deux triangles de croissance : le triangle nord et le triangle SIJORI (Singapour, Johore et Riau) au sud.

  • Le risque de congestion à Malacca pourrait relancer un projet chinois ancien de canal sur l’isthme de Kra, en Thaïlande.

4. Gouvernance et rivalités à Malacca

★ À maîtriser

📌 Dans le détroit international de Malacca, le droit international interdit aux États riverains de restreindre le passage des navires étrangers ou de leur imposer des taxes.

📌 Les États riverains défendent leur souveraineté nationale et le transit portuaire local, tandis que les États utilisateurs défendent la libre circulation et la fluidité du trafic mondial.

  • La Malaisie, l’Indonésie et Singapour coopèrent pour sécuriser le trafic maritime en aménageant des couloirs de circulation et une aide à la navigation, puis en luttant contre la piraterie et le brigandage avec le soutien technique et financier d’États extérieurs.

  • La Chine a renforcé sa marine militaire pour protéger ses routes maritimes et développé sa coopération avec la Birmanie et la Malaisie, mais ces accords ne lui assurent pas une présence militaire permanente des deux côtés du détroit ni le contrôle de ses accès.

  • La Malaisie développe Port Klang, Tanjung Pelepas et Penang, qui concurrencent progressivement Singapour grâce à des coûts de manutention inférieurs de moitié et à une moindre saturation.

Compléments

  • Les États-Unis, la Chine et le Japon apportent un soutien technique et financier à la lutte contre la piraterie dans le détroit de Malacca, car leur approvisionnement dépend du passage dans de bonnes conditions.

  • Les États-Unis ont renforcé leur coopération militaire avec l’Inde dans l’océan Indien et accru la surveillance du détroit, notamment par des patrouilles conjointes de leurs marines.

  • Tanjung Pelepas a attiré les armateurs Maersk Seeland, danois, et Evergreen Marine, taïwanais, qui y ont transféré leurs activités auparavant implantées à Singapour.

5. Flux maritimes de la mondialisation

Notions clés & Définitions

  • Maritimisation : Le degré de dépendance croissant d’une économie aux mers et aux océans.
  • Littoralisation : La concentration des populations et des espaces productifs sur les littoraux.

★ À maîtriser

  • Le transport maritime achemine 85 % du commerce international des marchandises en volume et 70 % en valeur.

  • Les routes maritimes qui supportent les volumes les plus importants et les plus variés sont : les routes reliant l’Asie orientale à l’Europe, les routes transpacifiques, les routes transatlantiques

Compléments

  • Le transport maritime présente quatre avantages :

    • la liberté de circulation
    • la faiblesse des coûts
    • la fiabilité
    • la régularité
  • Les quantités transportées sur les routes maritimes Nord-Sud et Sud-Sud augmentent, reflétant une mondialisation inégale entre territoires plus ou moins intégrés et bénéficiant différemment du processus.

Astuce mémo

Faibles coûts et régularité → croissance des échanges maritimes.

6. Routes et passages stratégiques

Points essentiels

  • Un tiers des échanges maritimes pétroliers mondiaux transite par le détroit d’Ormuz, qui constitue le verrou du golfe Arabo-Persique.

7. Détroits et canaux stratégiques

Notions clés & Définitions

  • Choke points : Détroits et canaux maritimes stratégiques où se concentrent les routes et où s’entremêlent des enjeux locaux, régionaux et mondiaux.

★ À maîtriser

  • Le canal de Suez relie la mer Rouge à la Méditerranée et raccourcit la route maritime entre l’Europe et l’Asie.

  • Le canal de Panama relie les océans Atlantique et Pacifique à travers l’isthme de Panama.

Compléments

  • Les détroits du Nord-Pas-de-Calais, de Gibraltar et de Malacca concentrent une grande diversité de flux maritimes et accueillent de grands ports en expansion.

  • Le passage des navires dans les détroits et les canaux peut être remis en cause par la piraterie, une attaque terroriste ou un blocus.

8. Câbles sous-marins et flux numériques

★ À maîtriser

  • Plus de 90 % des liaisons Internet passent par les câbles sous-marins.

  • Les câbles sous-marins acheminent presque instantanément et à très bas coût des données de voix, d’images, de vidéos, de textes et des transactions financières entre les continents.

  • Le réseau sous-marin, déployé par une poignée de FTN, connecte inégalement le monde : il est dominé par les pôles nord-américain, européen et est-asiatique, tandis que l’Amérique du Sud et l’Afrique en sont dépendantes.

Compléments

  • Depuis le milieu du XIXe siècle, les mers et les océans sont traversés par des câbles de communication, des câbles télégraphiques aux câbles contemporains en fibre optique.

  • Plus de 10 trillions de dollars transitent chaque jour par les câbles sous-marins.

  • Les principaux acteurs cités sont :

    • Alcatel (France)
    • Nec (Japon)
    • Huawei (Chine)

📌 Les communications par câbles sous-marins sont plus rapides, plus rentables et plus sûres que les communications par satellites, mais leur maîtrise expose les échanges à des écoutes de services de renseignement.

  • Les révélations d’Edward Snowden ont montré l’ampleur des écoutes opérées par la NSA et d’autres services de renseignement sur le réseau mondial de câbles.

9. Ressources halieutiques et énergétiques

★ À maîtriser

  • Les ressources halieutiques nourrissent un milliard de personnes et fournissent du travail à des dizaines de millions d’actifs dans la pêche artisanale et industrielle.

  • La pêche mondiale est passée de 20 millions de tonnes en 1950 à 140 millions de tonnes en 2015.

  • Les chocs pétroliers de 1973 et de 1979 rendent justifiable l’exploitation de gisements océaniques jusque-là non rentables, notamment en mer du Nord et en Alaska.

  • L’exploitation offshore représente 30 % de la production mondiale de pétrole et 27 % de celle de gaz, tandis que les réserves offshore sont estimées à 20 % des réserves mondiales de pétrole et à 30 % de celles de gaz.

  • La liquéfaction du gaz en GPL ou en GNL permet de réduire son volume d’environ 250 fois pour le GPL et 600 fois pour le GNL, et de le transporter par navire gazier.

  • L’éolien marin est en pleine expansion, surtout en Europe, qui concentre près de 95 % de la puissance installée, essentiellement au Royaume-Uni et au Danemark.

Compléments

  • Les océans couvrent 71 % de la surface terrestre et représentent un volume de 1 320 millions de km³.

  • Les deux tiers des prises de pêche sont destinés à la consommation humaine et le tiers restant à des usages industriels, notamment la production de farines, d’huile et de colles.

  • Les premières exploitations offshore apparaissent au large de la Californie en 1887, puis sont expérimentées dans le golfe du Mexique en 1934.

  • À partir de 1974, les États-Unis ne sont plus autosuffisants en pétrole et en gaz et amplifient leurs recherches offshore.

📌 L’offshore classique concerne les faibles profondeurs, l’offshore profond dépasse 1 000 m et l’offshore ultra-profond dépasse 1 500 m.

  • Plus de 700 stations offshore sont en service dans le monde.

  • Le pétrole offshore est transporté par pipelines et/ou par tankers.

  • Les sources marines renouvelables potentiellement exploitables comprennent : les vagues, les courants, les marées, les différentiels de température entre eaux de surface et eaux profondes

10. Ressources minérales océaniques

★ À maîtriser

  • Les nodules polymétalliques des fonds marins sont riches en métaux non ferreux.

  • Les ressources minérales marines restent largement inexploitées et la rentabilité industrielle du ramassage des nodules est très incertaine.

Compléments

  • Les mers et les océans renferment des encroûtements rocheux riches en métaux et en terres rares.

📌 Les minéralisations hydrothermales sont moins dispersées que les nodules, ce qui leur confère des potentialités de ramassage plus rentables, mais leur exploitation n’a pas encore été tentée.

11. Territorialisation des espaces maritimes

★ À maîtriser

  • La Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM), adoptée en 1982 à Montego Bay et entrée en vigueur en 1994, accélère le découpage et la territorialisation des espaces maritimes.

📌 Dans les eaux territoriales, jusqu’à 12 milles marins (22 km) du trait de côte, les États côtiers disposent de droits exclusifs sur l’exploitation des ressources minérales, énergétiques et biologiques.

📌 Dans la ZEE, qui s’étend jusqu’à 200 milles marins (370 km) du trait de côte, la navigation et le survol restent libres, tandis que l’État côtier dispose de droits souverains sur l’exploitation des richesses et d’une juridiction notamment liée à la protection de l’environnement.

  • Au-delà de 200 milles marins du trait de côte, la haute mer est régie par la liberté des mers et par le droit du pavillon national des navires, tandis que les fonds marins relèvent du patrimoine commun de l’humanité.

Compléments

  • Les quatre conventions de Genève de 1958 constituent une première codification du droit de la mer.

📌 La zone contiguë s’étend sur 12 milles marins supplémentaires et permet à l’État côtier de prévenir et réprimer les infractions à ses lois douanières, fiscales, sanitaires ou d’immigration.

📌 Si l’extension du plateau continental est reconnue par les Nations unies, les droits de l’État côtier sur le sous-sol marin peuvent atteindre 350 milles marins (648,2 km), avec des droits exclusifs d’exploration et d’exploitation des ressources naturelles.

  • Les États se sont approprié 35 % du domaine maritime mondial.

📌 Le régime des détroits internationaux garantit le libre transit de la navigation internationale, que leurs États côtiers ne peuvent pas suspendre.

Astuce mémo

Droits souverains près des côtes, libertés plus loin

12. Les ZEE, objet de litiges

★ À maîtriser

  • La délimitation des ZEE est la principale source de litiges entre États littoraux, car les principes de la CNUDM ne fixent pas à eux seuls le tracé réel, qui doit être négocié entre les États.
  • Les rivalités autour des Spratleys et des Paracels opposent notamment :
    • la Chine
    • la Malaisie
    • le Vietnam
    • les Philippines
    • le Brunei

Compléments

  • Pour renforcer sa position en mer de Chine méridionale, la Chine a massivement poldérisé et militarisé des éléments insulaires, notamment Fiery Cross Reef, sans que ces aménagements puissent créer de ZEE.

  • Le territoire maritime français atteint 11 millions de km², ce qui le place au deuxième rang mondial derrière celui des États-Unis.

13. Liberté et sécurité de navigation

★ À maîtriser

  • La maîtrise et la surveillance des mers sont des enjeux de puissance qui exigent une capacité de projection, notamment grâce aux porte-avions et aux sous-marins nucléaires.

📌 Les États-Unis peuvent intervenir en tout point du globe, tandis que l’Inde et la Chine, malgré des capacités plus modestes, s’affirment comme des puissances montantes en développant leur marine de guerre et leurs bases militaires.

Compléments

  • La lutte contre la piraterie se concentre notamment dans :

    • le golfe d’Aden et les côtes somaliennes
    • le détroit de Malacca
    • le golfe de Guinée
  • La lutte contre la piraterie est de plus en plus assurée par des coalitions internationales.

14. La prise de conscience environnementale

★ À maîtriser

  • Les mers et les océans abritent une riche biodiversité et jouent un rôle de régulateur climatique mondial.

  • La pêche industrielle menace la pêche artisanale, notamment par la pêche illicite, non déclarée et non réglementée, qui est massive dans le golfe de Guinée.

  • La surpêche met en danger le renouvellement des ressources halieutiques.

Compléments

  • 80 % des pollutions océaniques sont d’origine terrestre.

  • L’aquaculture représente 50 % de la production mondiale des produits de la mer, mais l’alimentation des poissons élevés repose essentiellement sur de la farine issue de poissons pêchés, ce qui déplace la pression de pêche sans la supprimer.

Astuce mémo

Pêche industrielle → menace sur la pêche artisanale et sur le renouvellement des ressources

15. Des mesures de protection limitées

★ À maîtriser

  • Les aires marines protégées couvrent moins de 5 % de la surface des mers et des océans.

  • Les progrès de la protection maritime restent globalement trop lents face à la dégradation rapide des milieux, et il demeure difficile de concilier leur exploitation et leur préservation.

Compléments

  • Depuis la conférence de l’ONU sur les océans de 2017, le principe de compromis entre protection et activités économiques fonde la mise en place d’aires marines protégées.

  • L’Union européenne a instauré des quotas de pêche et lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée.

  • L’Organisation maritime internationale établit des règles de plus en plus strictes sur les émissions d’oxydes de soufre afin de faire évoluer les combustibles utilisés par les navires.

Astuce mémo

Compromis entre protection des milieux et activités économiques

Tableaux de synthèse

Droits selon les espaces maritimes

EspaceÉtendueDroits principaux
Eaux territorialesJusqu’à 12 milles marinsDroits exclusifs sur les ressources
Zone contiguë12 milles marins supplémentairesPrévention et répression de certaines infractions
ZEEJusqu’à 200 milles marinsRessources et juridiction environnementale, navigation libre
Haute merAu-delà de 200 milles marinsLiberté des mers et droit du pavillon

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Mers et océans mondialisés avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quelle évolution décrit le mieux la mondialisation ?

2. Une région côtière tire des revenus de la pêche et de l’énergie offshore, tout en accueillant le transport de passagers et des échanges de marchandises et d’informations. Quel rôle des mers et des océans cette situation illustre-t-elle ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Mers et océans mondialisés avec 10 flashcards interactives.

Que désigne la mondialisation ?

L’intégration internationale croissante qui crée une interdépendance entre les régions du globe.

Quelle est la place de la France dans le classement mondial des ZEE ?

La France possède la deuxième ZEE la plus vaste du monde.

Qu’est-ce qu’un détroit ?

Un passage maritime étroit entre deux terres reliant deux étendues marines.

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