QCM : Méthodes et enjeux de l’histoire — 15 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quelle définition correspond le mieux à l’histoire au sens d’une discipline étudiant le passé ?

Une enquête sur le passé fondée sur des sources et un point de vue
Une interprétation personnelle détachée des documents disponibles
Un récit totalement objectif reconstituant chaque événement passé
Une collection de souvenirs transmis par les sociétés anciennes

Une enquête sur le passé fondée sur des sources et un point de vue

Explication

L’histoire est une enquête sur le passé, terme associé à Hérodote au Ve siècle, qui s’appuie sur des sources et un point de vue. L’idée d’un récit totalement objectif néglige le rôle de la sélection et de l’interprétation historiques.

2. Pourquoi Paul Veyne qualifie-t-il l’histoire de « roman vrai » ?

Parce qu’elle transforme les mythes anciens en vérités établies
Parce qu’elle rapporte les souvenirs personnels des historiens
Parce qu’elle imagine librement des événements plausibles du passé
Parce qu’elle construit un récit argumenté à partir de sources

Parce qu’elle construit un récit argumenté à partir de sources

Explication

Paul Veyne emploie l’expression « roman vrai » pour désigner un récit construit et argumenté à partir de sources. À la différence d’un roman fictif, cette démarche impose une exigence documentaire.

3. Lorsqu’un historien étudie une période dont les sources sont fragmentaires, quel problème majeur rencontre-t-il ?

La sélection des dates, la beauté des récits et la popularité des auteurs
La comparaison des langues, la mesure du temps et la classification des sociétés
La disparition des musées, la traduction des textes et la conservation des objets
L’absence de sources, le rôle du point de vue et la crédibilité de l’historien

L’absence de sources, le rôle du point de vue et la crédibilité de l’historien

Explication

Les trois problèmes majeurs sont l’absence de sources, l’orientation du récit par un point de vue et la crédibilité de l’historien. Les autres regroupements mentionnent des difficultés possibles, mais pas les trois problèmes définissant cette démarche.

4. Qu’est-ce qu’une source historique ?

Un récit conservé par une institution en raison de sa valeur littéraire
Un document ou une trace laissée par les activités humaines
Un texte rédigé par un historien après l’événement étudié
Un témoignage conçu pour transmettre une information officielle

Un document ou une trace laissée par les activités humaines

Explication

Une source historique peut être un document produit par les acteurs étudiés ou une trace laissée par leurs activités. Elle ne se réduit donc pas à un texte conçu comme témoignage ou à un récit institutionnel.

5. Laquelle de ces associations présente uniquement des exemples de sources historiques ?

Des hypothèses, des interprétations, des débats et des conclusions
Des monnaies, des ossements, des graines et des outils
Des biographies, des romans, des critiques et des manuels récents
Des cartes modernes, des programmes scolaires, des archives numériques et des résumés

Des monnaies, des ossements, des graines et des outils

Explication

Les monnaies, les ossements, les graines et les outils sont des traces matérielles pouvant servir à étudier le passé. Les autres ensembles mélangent des productions interprétatives, pédagogiques ou contemporaines qui ne constituent pas nécessairement des sources historiques de la période étudiée.

6. Quelle conclusion est correcte lorsqu’une période passée a laissé peu ou pas de textes ?

Elle peut encore être étudiée grâce à d’autres traces humaines
Elle ne peut être étudiée qu’après la découverte d’un récit écrit
Elle peut être étudiée par les textes, mais pas par les objets matériels
Elle doit être exclue de l’histoire faute de témoignages directs

Elle peut encore être étudiée grâce à d’autres traces humaines

Explication

L’absence de textes n’empêche pas l’étude d’une période, car les objets, les restes biologiques, les images et d’autres traces peuvent fournir des informations. La conception d’une histoire fondée principalement sur les textes a dominé jusqu’au XIXe siècle, mais elle n’épuise pas les sources disponibles.

7. Quels éléments l’historien examine-t-il lorsqu’il critique une source ?

Son contexte de création, son auteur, son point de vue et son but
Son lieu de conservation, sa valeur marchande, son format et sa traduction
Sa longueur, sa popularité, son style et son classement en bibliothèque
Son ancienneté, sa beauté, sa rareté et sa capacité à émouvoir

Son contexte de création, son auteur, son point de vue et son but

Explication

La critique d’une source porte sur son contexte de création, son auteur lorsqu’il est identifiable, son point de vue et son but. La valeur esthétique ou marchande d’un document ne permet pas, à elle seule, d’établir ce qu’il informe sur le passé.

8. Pourquoi l’historien doit-il interroger les sources dont il dispose ?

Parce qu’un document accessible fournit une vérité définitive sur le passé
Parce que leur interprétation dépend de l’accès aux documents et peut évoluer
Parce que les sources anciennes deviennent fiables avec le temps
Parce que l’historien doit remplacer les documents par des hypothèses personnelles

Parce que leur interprétation dépend de l’accès aux documents et peut évoluer

Explication

Le travail historique dépend des documents accessibles, tandis que de nouvelles sources peuvent être découvertes ou que des sources connues peuvent être réanalysées. Une source disponible n’est donc pas une vérité définitive, contrairement à la deuxième proposition.

9. Quels historiens figurent parmi les premiers à fonder la critique des documents sur la preuve, l’argumentation et la démonstration ?

Les spécialistes de la numismatique et de l’épigraphie
Langlois et Seignobos
Hérodote et Paul Veyne
Bloch et Febvre

Langlois et Seignobos

Explication

Langlois et Seignobos comptent parmi les premiers historiens à confronter les sources et à soumettre les documents à une critique fondée sur la preuve et l’argumentation. Bloch et Febvre sont plutôt associés à l’histoire totale et à l’élargissement des champs étudiés.

10. Comment définir le récit historique lorsque les documents disponibles sont incomplets ou peu explicites ?

Une interprétation personnelle fondée principalement sur les souvenirs contemporains
Une retranscription fidèle des faits conservés dans les archives consultées
Une reconstruction argumentée qui peut mobiliser une imagination contrôlée par les sources
Une invention romanesque destinée à combler librement les lacunes documentaires

Une reconstruction argumentée qui peut mobiliser une imagination contrôlée par les sources

Explication

Le récit historique reconstruit le passé à partir de documents et peut recourir à une imagination justifiée lorsque les sources sont lacunaires. L’invention romanesque, en revanche, n’est pas nécessairement soumise au contrôle des sources.

11. Quelle exigence permet à l’historien de construire une reconstruction du passé tout en tenant compte du caractère évolutif de l’histoire ?

Présenter une explication logique et accepter que celle-ci puisse être révisée
Privilégier les versions les plus populaires pour renforcer l’adhésion du public
Écarter les hypothèses nouvelles qui pourraient fragiliser les conclusions établies
Établir un récit national stable afin de préserver une interprétation commune

Présenter une explication logique et accepter que celle-ci puisse être révisée

Explication

L’historien doit justifier logiquement ses reconstructions et garder à l’esprit que l’histoire peut évoluer avec de nouvelles recherches. Le roman national se distingue justement par son caractère présenté comme figé.

12. Pourquoi une représentation médiatique produite immédiatement après un événement ne constitue-t-elle pas encore une histoire pleinement objective ?

Parce que les médias transmettent nécessairement des récits dépourvus de toute valeur historique
Parce que les événements récents ne peuvent être étudiés à partir d’aucun document disponible
Parce que les émotions, la politisation et le choix des images peuvent introduire de la subjectivité
Parce que l’historien doit attendre la disparition de tous les témoins avant d’enquêter

Parce que les émotions, la politisation et le choix des images peuvent introduire de la subjectivité

Explication

À chaud, les émotions, la politisation, la recherche du sensationnel et la sélection des images ou des témoignages influencent la représentation des faits. Cela ne signifie pas que les documents médiatiques sont sans valeur ni qu’il faille attendre la disparition des témoins.

13. Quelle limite caractérise un témoignage utilisé comme source historique, même lorsque son auteur affirme dire la vérité ?

Il devient une preuve complète dès lors que son contenu paraît cohérent
Il restitue nécessairement l’ensemble des faits grâce à la sincérité de son auteur
Il présente un point de vue partiel qui doit être confronté à d’autres éléments
Il perd toute valeur historique lorsqu’il exprime une perception personnelle

Il présente un point de vue partiel qui doit être confronté à d’autres éléments

Explication

Un témoignage constitue une source historique, mais il ne donne qu’un point de vue partiel sur les faits. Sa sincérité ne suffit donc pas à produire une vérité complète, tandis que son caractère personnel ne lui retire pas sa valeur documentaire.

14. Quelle démarche l’historien suit-il pour rétablir la vérité historique à partir de témoignages divergents ?

Il retient le témoignage le plus détaillé afin de disposer d’une version unifiée des événements
Il confronte les témoignages et vérifie les faits sans abandonner le sujet par crainte d’une polémique
Il suspend son étude lorsque l’analyse risque de blesser certaines personnes ou mémoires
Il privilégie l’opinion majoritaire pour éviter de mettre en cause les groupes concernés

Il confronte les témoignages et vérifie les faits sans abandonner le sujet par crainte d’une polémique

Explication

L’historien compare les témoignages et vérifie les faits pour construire une connaissance critique, même lorsqu’un sujet est sensible. La crainte de blesser ou de provoquer une polémique ne doit pas conduire à renoncer à l’étudier.

15. Pourquoi l’abondance de témoignages diffusés par les médias ne remplace-t-elle pas le travail historique ?

Parce que les médias peuvent fournir des sources, mais leur multiplication ne dispense pas d’une analyse critique
Parce que la quantité de témoignages garantit une connaissance exacte sans nécessiter de vérification
Parce que les médias produisent des documents qui ne peuvent jamais être utilisés par les historiens
Parce que les historiens doivent privilégier les archives anciennes et écarter les récits médiatisés

Parce que les médias peuvent fournir des sources, mais leur multiplication ne dispense pas d’une analyse critique

Explication

Les médias peuvent être exploités comme sources historiques, mais leur abondance ne remplace ni la confrontation des récits ni la vérification des faits. La quantité de témoignages ne garantit donc pas à elle seule une connaissance exacte.

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les réponses avec 31 flashcards sur Méthodes et enjeux de l’histoire.

Qu'est-ce que l'histoire selon son origine grecque ?

L'histoire est une enquête sur le passé.

À quel auteur grec associe-t-on le terme histoire au Ve siècle ?

À Hérodote.

Comment Paul Veyne définit-il l'histoire ?

Comme un « roman vrai » construisant un récit argumenté.

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