Fiche de révision : Migration et exil au XIXe siècle

📋 Plan du Cours

  1. Boîte à outils pour qualifier les mobilités
  2. Migration et émigration : définitions et usages
  3. Exil et réfugié : définitions administratives
  4. Migrations temporaires vers sédentarisation au XIXe
  5. Migrations transnationales : France, Allemagne, Pays-Bas
  6. Italie : émigration interne puis immigration de masse
  7. Irlande : émigration, famines et diasporas
  8. Accueil des exilés politiques en France au XIXe
  9. Sociabilités et politisation des exilés en France
  10. Accueil européen : Grande-Bretagne, Suisse, Belgique
  11. UNRRA, OIR et HCR : institutions de l’après-guerre
  12. Convention de Genève et tournant des années 1970-1980

📖 1. Boîte à outils pour qualifier les mobilités

🔑 Notions clés & Définitions

  • Approche lexicale : Approche qui qualifie les personnes en mouvement à partir des mots utilisés (exilé, réfugié, migrant) et de leurs effets de sens.
  • Approche quantitative et statistique : Approche qui mesure des mobilités via des données sur les flux et les stocks, ainsi que sur les départs.
  • Approche juridique : Approche qui étudie des statuts définis par des organisations et par des conventions internationales.
  • Approche géo-historique et cartographique : Approche qui localise les mobilités dans l’espace et dans le temps pour analyser des phénomènes situés.
  • Approche culturelle : Approche qui analyse les représentations de l’immigration (images, cadrages) et leurs connotations positives ou négatives.

📝 Points essentiels

  • Les mots ne sont pas neutres : ils peuvent déshumaniser ou enfermer les personnes dans un statut.
  • Les statistiques se perfectionnent pour suivre à la fois les flux (mouvements) et les stocks (présences), et aussi les départs.
  • L’approche juridique relie les catégories étudiées à des fondements de conventions internationales, comme la Convention de Genève de 1951 pour le statut de réfugié.
  • L’approche géo-historique sert à limiter l’analyse à l’Europe et à situer les phénomènes sur des territoires précis.
  • L’approche culturelle examine comment l’immigration est mise en scène, avec des effets de valorisation ou de stigmatisation.
  • L’approche sociale invite à regarder les catégories sociales et les ressources culturelles des personnes, et pas seulement la pauvreté supposée.

💡 Astuce mémo

Lexique→Chiffres→Droit→Carte→Culture→Société→Politique (LCD-CCSP).

📖 2. Migration et émigration : définitions et usages

🔑 Notions clés & Définitions

  • Migration : La migration désigne un déplacement de population d’un lieu d’origine vers un autre, à l’intérieur d’un pays ou au-delà des frontières.
  • Émigration : L’émigration correspond au départ d’un groupe depuis un territoire vers l’extérieur, souvent pour des raisons économiques, politiques ou religieuses.
  • Mobilités géographiques : Les mobilités géographiques sont des déplacements dans l’espace rendus nécessaires par des contextes comme la guerre, l’emploi ou l’administration.
  • Mobilités temporaires : Les mobilités temporaires sont des départs planifiés sur une durée limitée, avec un retour attendu, sans installation durable.
  • Émigration contre-révolutionnaire : L’émigration contre-révolutionnaire désigne le départ d’opposants à la Révolution, notamment lors de la période révolutionnaire en France.

📝 Points essentiels

  • Les mobilités ne se limitent pas à l’époque contemporaine : elles existent déjà avant, avec des formes internes et transnationales.
  • Les guerres accroissent les mouvements : en Europe occidentale, les effectifs militaires augmentent et entraînent des mobilités à l’intérieur des États.
  • Chiffres de mobilisations au XVIIIe : environ 50 000 hommes mobilisés en Espagne, 100 000 en Angleterre et en Suède, 150 000 en Prusse, 200 000 en Autriche, 300 000 en Russie et en France.
  • Les guerres napoléoniennes provoquent des déplacements : en Espagne, les armées passent d’environ 100 000 à l’automne 1807 à un effectif non précisé en juillet 1811, puis la Grande Armée s’appuie en 1812 sur des non-cit.
  • En 1812, la Grande Armée compte seulement 1/3 de citoyens de l’empire : le reste est constitué d’étrangers au regard de la loi, ce qui illustre des mobilités liées à la guerre.
  • Mobilités économiques et administratives : des commerçants étrangers existent (ex. Marseille en 1789 : 28% de commerçants étrangers) et des métiers comme diplomate ou consul impliquent une mobilité durable ou permanente.

💡 Astuce mémo

Migration = mouvement (où l’on va), Émigration = départ (d’où l’on part).

📖 3. Exil et réfugié : définitions administratives

🔑 Notions clés & Définitions

  • Exilé : Nom administratif et politique désignant une personne expulsée hors de sa patrie, au sens attesté par le dictionnaire de Littré (1863-1877).
  • Réfugié : Terme administratif et politique pour désigner des personnes contraintes de fuir leur pays pour leurs opinions, la France devenant un lieu de refuge.
  • Nationalité (absence de définition) : Notion juridique encore non stabilisée au XIXe siècle, la définition de la nationalité n’étant pas encore établie au niveau international.
  • Absence de définition internationale du réfugié : Situation du XIXe siècle où le statut de réfugié n’a pas de définition juridique internationale unifiée.

📝 Points essentiels

  • Au XIXe siècle, il n’existe pas encore de définition internationale juridique du réfugié.
  • La notion de nationalité n’est pas encore juridiquement fixée de façon claire (en France, stabilisation seulement en 1889).
  • En France, les termes administratifs varient selon les catégories politiques et les situations, sans traitement uniforme pour tous les exilés.
  • « Exilé » et « réfugié » ne recouvrent pas exactement la même logique : l’exilé renvoie à l’expulsion, tandis que le réfugié renvoie à la fuite pour opinions avec la France comme refuge.
  • Les sources administratives montrent une pluralité de « bords » et de catégories, ce qui rend les définitions plus descriptives que juridiques.

💡 Astuce mémo

Exilé = expulsé ; Réfugié = opinions + refuge (France).

📖 4. Migrations temporaires vers sédentarisation au XIXe

🔑 Notions clés & Définitions

  • « Joséphins » : Les « joséphins » désignent des exilés PO espagnols soutenant le roi Joseph, arrivés massivement en France à la fin du Premier Empire.
  • Dépôts de réfugiés : Les dépôts de réfugiés sont des lieux d’hébergement imposés aux réfugiés, avec résidence fixée et sorties limitées, avant d’évoluer vers des villes.
  • Appels nominatifs : Les appels nominatifs sont des procédures de contrôle qui conditionnent l’accès aux secours financiers et vérifient le droit des réfugiés.
  • Naturalisation assouplie : La naturalisation assouplie est une mesure de 1848 qui facilite l’intégration et réduit le blocage lié aux contraintes antérieures.
  • Aliens’ Acts : Les Aliens’ Acts sont des lois britanniques successives encadrant l’accueil, l’expulsion et le statut des étrangers, avec des périodes d’assouplissement.

📝 Points essentiels

  • Fin du Premier Empire (1813-1814) : arrivée massive d’exilés « joséphins », séparés civils et militaires, recevant des secours réguliers.
  • Secours : versés mensuellement et par échelons, avec augmentation quand le réfugié est plus « riche » ; un pic survient en 1832 avec l’arrivée des Polonais.
  • 1830 : la gestion des secours passe au ministère de l’Intérieur, renforçant la dimension administrative de l’assistance.
  • Loi du 21 avril 1832 : le gouvernement peut réunir les réfugiés en villes désignées, imposer une destination, ordonner la sortie du royaume ou contraindre la présence si l’ordre public est menacé.
  • Dépôts de réfugiés : ce n’est pas un camp de concentration ; la résidence est fixée avec compatriotes, puis le dispositif tend à devenir une ville sans obligation d’espace collectif.
  • 1848 : la naturalisation est assouplie et l’arsenal réglementaire du mouvement est supprimé, mais les secours baissent et le contrôle de résidence est rétabli en février 1848.

💡 Astuce mémo

1832 = « secours + contrôle » ; 1848 = « assouplir + surveiller à nouveau ».

📖 5. Migrations transnationales : France, Allemagne, Pays-Bas

🔑 Notions clés & Définitions

  • Push : Facteur de départ qui pousse les migrants à quitter leur lieu d’origine pour des raisons économiques, sociales, culturelles ou religieuses.
  • Pull : Facteur d’attractivité qui attire les migrants vers une destination grâce à des opportunités et à des conditions jugées meilleures.
  • Ligne transatlantique régulière : Service maritime organisé reliant une ville européenne à une ville américaine avec des départs planifiés et des tarifs adaptés aux groupes.
  • Nativisme : Mouvement politique états-unien porté par des « natifs » qui rejettent les immigrés, surtout ceux perçus comme éloignés du modèle anglo-saxon.
  • Naturalisation : Procédure d’accès à la citoyenneté qui permet à un résident étranger de devenir citoyen après une durée de résidence et sous conditions.

📝 Points essentiels

  • Les migrations transatlantiques prennent de l’ampleur avec la mise en place de lignes de transport régulières dès les années 1820.
  • Aux États-Unis, les lois d’immigration apparaissent au XXe siècle, avec un cadre qui se renforce progressivement à partir des années 1920.
  • Push et pull sont souvent liés car les mêmes types de facteurs (économie, politique, culture, religion) peuvent expliquer à la fois le départ et l’attraction.
  • Exemple de push religieux : en 1881, des Juifs sont assignés à une zone de résidence dans l’Empire tsariste après le pogrom lié à l’assassinat d’Alexandre II, accusé à tort.
  • Nancy Green : toute migration commence par un voyage, donc d’abord par une histoire d’eau.
  • Première grande ligne transatlantique : ouverture en 1918 entre Liverpool et New York, avec tarifs groupés et accélération grâce à la machine à vapeur, mais des conditions sanitaires très mauvaises (épidémies, cales étou

💡 Astuce mémo

Push = Problèmes qui chassent ; Pull = Promesses qui attirent.

📖 6. Italie : émigration interne puis immigration de masse

🔑 Notions clés & Définitions

  • Émigration interne italienne : Mouvement de départs à l’intérieur de l’Italie, qui alimente ensuite des flux vers l’étranger et prépare l’arrivée de travailleurs italiens en Europe.
  • Immigration de masse italienne : Arrivée à grande échelle d’Italiens dans d’autres pays, qui accroît la visibilité sociale et les tensions xénophobes.
  • Vêpres marseillaises : Épisode de violences à Marseille en 1881 où des Italiens sont pris pour cible par des habitants, dans un contexte de concurrence et de rivalités.
  • Macaroni : Surnom stéréotypant utilisé pour désigner les Italiens dans la sous-culture xénophobe de la fin du XIXe siècle en France.
  • Caserio : Exilé italien impliqué dans l’assassinat du président Sadi Carnot en 1894, qui déclenche ensuite des violences anti-italiennes à Lyon.

📝 Points essentiels

  • Les tensions xénophobes de la fin du XIXe siècle en France visent aussi les Italiens, notamment quand la concurrence sur le travail se renforce.
  • En 1881, les « vêpres marseillaises » voient une chasse à des personnes supposées italiennes, avec un rassemblement massif devant un club d’Italiens.
  • Le conflit marseillais est présenté comme lié à des rivalités impériales et coloniales, et pas seulement à l’économie.
  • Après l’assassinat de Sadi Carnot en 1894 par Caserio, des violences anti-italiennes se multiplient à Lyon.
  • En 1911, la part d’étrangers est très élevée dans les Bouches-du-Rhône (16%), ce qui renforce la visibilité des communautés comme celle des Italiens.

💡 Astuce mémo

Marseille 1881 → club italien attaqué ; Lyon 1894 → Caserio → violences anti-italiennes.

📖 7. Irlande : émigration, famines et diasporas

🔑 Notions clés & Définitions

  • Antisémitisme pseudo-scientifique : L’antisémitisme pseudo-scientifique est une forme de racisme qui prétend fonder la haine sur des “théories” de hiérarchie des races.
  • Antisémitisme populaire : L’antisémitisme populaire est une hostilité diffusée dans l’espace public, notamment par la presse et des caricatures visant les Juifs.
  • Pogrom de Kichinev : Le pogrom de Kichinev est un épisode de violences antijuives où des maisons sont saccagées et des habitants sont massacrés.
  • Affaire Dreyfus : L’affaire Dreyfus est une crise judiciaire qui cristallise un sentiment antisémite en liant la discrimination à l’origine juive.

📝 Points essentiels

  • L’antisémitisme en Europe combine des motifs religieux et d’autres ressentiments, dont l’idée que le Juif serait un agent destructeur des ordres religieux et sociaux.
  • Une autre idée antisémite présente le Juif comme lié au capitalisme et à la finance, supposé préférer l’argent aux classes ouvrières.
  • En France, Edouard Drumont est présenté comme un défenseur majeur de l’antisémitisme populaire.
  • À partir des années 1880, les grandes migrations juives d’Europe de l’Est vers l’Europe s’accompagnent d’une montée de la discrimination.
  • Le pogrom de Kichinev illustre la violence qui alimente ensuite l’antisémitisme en France et au Royaume-Uni.
  • En 1892, Edouard Drumont lance La Libre Parole, un quotidien qui diffuse des caricatures du Juif et nourrit la stigmatisation.

💡 Astuce mémo

Presse + violence + crise : Drumont (La Libre Parole) → pogroms (Kichinev) → cristallisation (Dreyfus).

📖 8. Accueil des exilés politiques en France au XIXe

🔑 Notions clés & Définitions

  • Troupes coloniales : Ensemble de forces issues des colonies, mobilisées et présentes en France, qui s’inscrivent dans des dynamiques d’accueil et de contrôle des populations coloniales.
  • Indiens britanniques : Population venue de l’Empire britannique, arrivant en France par Marseille, dont la présence déclenche des réactions hostiles.
  • Réactions racistes : Ensemble de réactions d’hostilité et de rejet fondées sur la race, observées face à l’arrivée de certains groupes d’exilés ou de travailleurs.
  • Marseille : Port d’entrée mentionné comme voie d’arrivée en France pour des populations liées à l’Empire britannique.

📝 Points essentiels

  • Le texte signale l’apparition de troupes coloniales en France, dans un contexte où des groupes venus d’autres empires sont aussi visibles.
  • Côté britannique, des Indiens arrivent en France par Marseille, ce qui provoque des réactions hostiles et racistes.
  • L’hostilité est attribuée à l’Empire ALL, tandis qu’une répulsion est aussi mentionnée du côté anglais de l’île.
  • La section relie l’accueil de populations venues de l’extérieur à des tensions sociales et à des discours de rejet.
  • La présence de ces groupes est présentée comme un facteur de conflictualité autour de la cohabitation en France.

💡 Astuce mémo

Marseille = porte d’entrée : quand arrivent des Indiens britanniques, la réaction devient raciste.

📖 9. Sociabilités et politisation des exilés en France

🔑 Notions clés & Définitions

  • George Mosse : Historien associé à l’exemple mobilisé pour comprendre les trajectoires et cadres culturels des exilés en Europe.
  • SDN : Organisation internationale qui encadre partiellement la question des réfugiés et adopte une attitude prudente dans l’entre-deux-guerres.
  • Statut de réfugié allemand : Catégorie juridique créée par un arrangement en 1936 pour reconnaître certains ressortissants allemands comme réfugiés.
  • Comité inter-gouvernemental pour les réfugiés (CIR) : Instance créée en 1938 pour organiser la question des réfugiés allemands et autrichiens, présidée par George Rublee.
  • Ligue française des droits de l’homme : Association sollicitée par Rudolf C. pour obtenir un soutien juridique auprès des autorités françaises.

📝 Points essentiels

  • Les principaux pays d’accueil se montrent réticents face aux arrivées, notamment en contexte de crise économique, ce qui réduit fortement les possibilités d’admission.
  • Entre 1933 et 1945, environ 240 000 réfugiés du nazisme sont autorisés à entrer aux États-Unis, avec une sélection marquée (notamment des élites de professions intellectuelles).
  • En 1936, l’arrangement sur le statut de « réfugié allemand » n’est que très peu ratifié : seuls trois États membres (France, Royaume-Uni, Danemark).
  • En 1938, la conférence d’Evian-Les-Bains (initiative de Roosevelt) étend le statut aux Autrichiens et crée le CIR, mais aucun pays ne veut accueillir davantage d’Allemands ou d’Autrichiens.
  • Le cas Rudolf C. (juillet 1938) illustre la politisation et la judiciarisation : demande d’aide juridique à la Ligue, puis emprisonnement à la Santé en 1938 et dossier qui se poursuit jusqu’en 1939.
  • En 1938, décision d’interner dans des camps les étrangers jugés « perturbateurs », ce qui pousse des exilés à l’errance et à la clandestinité internationale pour éviter la police.

💡 Astuce mémo

Crise + quotas + peur = portes qui se ferment (Evian/CIR sans accueil).

📖 10. Accueil européen : Grande-Bretagne, Suisse, Belgique

🔑 Notions clés & Définitions

  • Travailleurs de force : Catégorie de travailleurs imposés par le régime nazi, utilisés pour alimenter l’effort de guerre et l’économie des territoires occupés.
  • Travailleurs volontaires : Catégorie de personnes ayant accepté de travailler pour le Reich, distinguée des travailleurs de force et reconnue comme ne relevant pas d’une autorité unique pour juger leur cas.
  • Déportation des Juifs : Déplacement vers un centre d’extermination, notion qui ne se réduit pas au simple fait d’être envoyé loin ou transporté.
  • Displaced Persons : Personnes déplacées après la guerre, regroupant des retours impossibles, des refus de rentrer et des déplacements forcés dans une Europe dévastée.
  • UNRRA : Organisation des Nations unies créée pour le secours et la reconstruction, chargée de prises en charge massives de personnes déplacées à partir de 1943.

📝 Points essentiels

  • Environ 11,5 millions de travailleurs de force sont mobilisés, certains envoyés sur les territoires d’occupation et d’autres devant voyager.
  • Le phénomène de départ volontaire s’explique notamment par un « push », un rôle d’exutoire familial et une recherche de carrière échappant à l’autorité paternelle.
  • Mai 1946 stabilise la notion de travailleurs volontaires, distincts des travailleurs de force, avec l’idée qu’aucune autorité ne peut les juger.
  • Janvier 1942, la conférence de Wannsee valide la « Solution Finale », visant l’extermination de la population juive d’Europe.
  • La déportation ne se décrit pas seulement par le transport : elle doit être comprise par l’arrivée dans le centre d’extermination.
  • Avril 1945, environ 4 millions de personnes déplacées sont liées aux territoires repris par l’URSS et les Polonais dans l’« espace vital » nazi allemand, avec des expulsions et violences associées (ex. Sudètes : 800 000)

💡 Astuce mémo

Force = imposé ; Volontaire = accepté ; Déportation = arrivée au centre d’extermination ; DP = après-guerre en attente de solution.

📖 11. UNRRA, OIR et HCR : institutions de l’après-guerre

🔑 Notions clés & Définitions

  • UNRRA : Institution humanitaire créée après la Seconde Guerre mondiale pour organiser l’aide aux populations déplacées et sinistrées.
  • OIR : Organisation d’après-guerre chargée de l’assistance et de la gestion des personnes déplacées, notamment dans le contexte européen.
  • HCR : Agence internationale dédiée à la protection des réfugiés, appelée à prendre le relais des dispositifs d’après-guerre.
  • Convention de Genève : Traité encadrant le statut des réfugiés, fondé sur la crainte de persécution et utilisé comme base juridique pour l’asile.

📝 Points essentiels

  • Après la guerre, la Convention de Genève sert de cadre à l’accueil des réfugiés, notamment ceux liés à la Guerre froide.
  • La Convention de Genève est pensée à une époque où l’accueil des dissidents du bloc communiste est particulièrement important.
  • Le critère de persécution individuelle correspond bien au modèle des réprimés politiques du bloc de l’Est.
  • La Convention a aussi été mobilisée pour des motifs plus larges, mais certains motifs (comme la violence économique) sont moins pris en compte.
  • La Guerre froide et les guerres de décolonisation transforment les formes d’exil et mettent sous tension les dispositifs d’asile existants.
  • La Convention de Genève est dite sans limites géographiques et temporelles (Convention de Belagio, 1967), mais elle reste jugée insuffisamment adaptée aux réalités de l’époque.

💡 Astuce mémo

Guerre froide → dissidents du bloc Est : la Convention de Genève colle surtout à la persécution individuelle.

📖 12. Convention de Genève et tournant des années 1970-1980

🔑 Notions clés & Définitions

  • Übersiedler : Les Übersiedler sont des personnes quittant le bloc de l’Est vers l’Ouest en s’appuyant sur les critères de la Convention de Genève.
  • Ostpolitik : L’Ostpolitik est une politique menée par la RFA visant à encourager des ressortissants de l’Est à venir s’installer en Allemagne de l’Ouest via des accords.
  • Solidarnosc : Solidarnosc est un syndicat indépendant polonais qui émerge au début des années 1980 et devient un moteur de mobilisation sociale.
  • Pieds Noirs : Les Pieds Noirs désignent les rapatriés d’Algérie après la guerre d’Algérie, arrivés en France à la fin du conflit.
  • Demandeurs d’asile : Les demandeurs d’asile sont les personnes qui déposent une demande pour obtenir une protection au titre de la Convention de Genève.

📝 Points essentiels

  • Les flux Est→Ouest s’expliquent par l’application des critères de persécution individuelle, ce qui favorise l’accueil des fuyards du bloc de l’Est.
  • Les Übersiedler connaissent des pics de départ en 1953 et 1958 sous Khrouchtchev, avec un profil majoritairement jeune et diplômé.
  • Pour absorber ces arrivées, l’Ouest met en place des camps d’accueil, dont Marienfelde (fondé en 1953) avec jusqu’à 1,3 million de passages jusqu’en 1990.
  • En 1956, l’exode hongrois déclenche une crise majeure de réfugiés en Europe, avec des arrivées en Occident (ex. France 12 000, Suède 10 000, Suisse 20 000).
  • En Pologne, l’Ostpolitik de Willy Brandt s’accompagne d’une hausse des départs vers la RFA à partir de 1975 (200 000 personnes).
  • Au début des années 1980, la Pologne se redresse et les flux vers l’Ouest se réorientent, tandis que Solidarnosc apparaît et agit pendant 15 mois (1980-1981).

💡 Astuce mémo

Übersiedler = « départs encadrés » ; Ostpolitik = « Est vers RFA » ; Solidarnosc = « syndicat qui accélère la fuite »

📅 Repères chronologiques

DateÉvénement
1951Convention de Genève : définition juridique du réfugié
21 avril 1832Loi sur les réfugiés étrangers : assignation à résidence et contrôle des secours
2 décembre 1851Coup d’État : fin de la Seconde République et départs en exil
1918Ouverture de la première grande ligne transatlantique Liverpool–New York
1889Loi française : stabilisation du cadre de la nationalité (code de la nationalité)

📊 Tableaux de synthèse

Lexique des personnes en mouvement (mots et logique)

TermeLogique dominantePoint d’appui
migrantsterme jugé déshumanisantbannissement du mot par Al-Jazeera en août 2015
exiléexpulsion/contrainte politiqueLittré : expulsé hors de la patrie
réfugiéfuite pour opinions + refugeDictionnaire général d’administration (1849) puis Convention de Genève (1951)

Approches pour qualifier les mobilités

ApprocheCe qu’elle analyseExemple d’ancrage
lexicaleles mots et leurs effets de sensqualifier exilé/réfugié/migrant
quantitative et statistiqueflux, stocks et départsperfectionnement des outils statistiques
juridiquestatuts et conventions internationalesConvention de Genève (1951)

⚠️ Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre migration et émigration : émigration renvoie au départ vers l’arrivée, tandis que migration est plus générale.
  2. Croire qu’il existe une définition internationale juridique du réfugié au XIXe siècle : le cours insiste sur l’absence de définition unifiée.
  3. Assimiler « déportation » à « transport » : pour les Juifs, il faut comprendre l’arrivée dans le centre d’extermination.
  4. Penser que les dépôts de réfugiés sont des camps de concentration : le cours précise que la résidence est fixée avec sorties limitées, puis tend vers une ville.
  5. Réduire les violences xénophobes à l’économie : le cours montre aussi des dimensions politiques (anarchistes, rivalités impériales/coloniales).
  6. Oublier que la Convention de Genève privilégie la persécution individuelle : la violence économique est moins prise en compte.
  7. Confondre travailleurs de force et travailleurs volontaires : la distinction se stabilise en mai 1946 et implique l’idée qu’aucune autorité ne peut juger les volontaires.

✅ Checklist Examen

  1. Définir et distinguer migration, émigration et mobilités géographiques/temporaires, puis citer l’émigration contre-révolutionnaire.
  2. Expliquer pourquoi les mots ne sont pas neutres et relier l’approche lexicale à la qualification exilé/réfugié/migrant.
  3. Présenter les 6 approches de qualification (lexicale, quantitative, juridique, géo-historique/cartographique, culturelle, sociale) et donner l’idée centrale de chacune.
  4. Définir exilé et réfugié dans le cadre du XIXe siècle (Littré 1863-77 ; Dictionnaire général d’administration 1849) et rappeler la différence logique exilé vs réfugié.
  5. Expliquer pourquoi au XIXe siècle il n’y a pas encore de définition internationale juridique unifiée du réfugié et rappeler la stabilisation de la nationalité en France (cadre 1889).
  6. Raconter la séquence 1813-1814 (joséphins), puis 1830 (secours au ministère de l’Intérieur), puis la loi du 21 avril 1832 (villes, assignation, sortie/présence) et le rôle des dépôts/appels nominatifs.
  7. Présenter les effets de 1848 : naturalisation assouplie, suppression de l’arsenal réglementaire du mouvement, mais rétablissement du contrôle de résidence en février 1848.
  8. Décrire la politisation des exilés en France au XIXe siècle : sociabilités (salons, cafés/banquets), comités et journaux, et le rôle du contrôle policier.
  9. Comparer les politiques d’accueil en Europe au XIXe siècle : Grande-Bretagne et Aliens’ Acts (succession), Suisse (accueil puis contraintes), Belgique (Pays-Bas du Sud puis loi d’expulsion 1835 et limitation après 1851).
  10. Expliquer comment la xénophobie et l’antisémitisme se renforcent fin XIXe-début XXe : crise économique, médiatisation, thèses pseudo-scientifiques, et cas Drumont/La Libre Parole puis Dreyfus.
  11. Présenter l’évolution des migrations transatlantiques (années 1820-1920) : push/pull, essor des lignes régulières, conditions du voyage, et changement de provenance (Nord/Ouest puis Sud/Est).
  12. Expliquer la logique de l’accueil aux États-Unis : nativisme (Native American Association), montée des lois fédérales (Chinese Exclusion/Immigration Acts), Ellis Island, puis intégration par travail et naturalisation (dû
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  14. comparisonTables

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1. Quelle approche permet de qualifier les mobilités à partir des mots employés comme « exilé », « réfugié » ou « migrant », en tenant compte de leurs effets de sens ?

2. Que définit précisément l'approche lexicale dans l'étude des mobilités humaines?

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Boîte à outils pour qualifier

Utilise mots, données, statuts, localisation, représentations, catégories sociales.

Approche lexicale

Qualifie les mobilités par les mots utilisés.

Migration vs émigration

Migration : déplacement, Émigration : départ à l’extérieur.

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