📋 Plan du Cours
- Naissance de la IIIe République en 1870
- La Commune de Paris et ses enjeux
- De la République conservatrice à la République parlementaire
- Libertés publiques et souveraineté nationale
- Laïcité et laïcisation de la société
- Diffusion de la culture républicaine
- Victor Hugo, icône républicaine au Panthéon
- Crises et montée de l’antiparlementarisme
- Affaire Dreyfus et affrontement nationaliste
- France réactionnaire et tensions anticléricales
- Droits politiques des femmes sous la IIIe République
📖 1. Naissance de la IIIe République en 1870
🔑 Notions clés & Définitions
- IIIe République : Régime politique français proclamé en 1870, né après la chute du Second Empire et organisé autour d’un parlementarisme républicain.
- Proclamation du 4 septembre 1870 : Acte politique par lequel la République est proclamée, déclenchant la mise en place d’un gouvernement provisoire de Défense nationale.
- Gouvernement provisoire de Défense nationale : Gouvernement mis en place après la proclamation du 4 septembre 1870 pour faire face à la situation de guerre et à la défaite.
- Lois constitutionnelles de 1875 : Ensemble de textes qui donnent à la IIIe République un fonctionnement parlementaire et ancrent ses principes dans l’héritage révolutionnaire.
- Commune de Paris : Épisode révolutionnaire de 1871, lié à un idéal républicain et libertaire, qui dure 72 jours.
📝 Points essentiels
- Le 4 septembre 1870, la République est proclamée par des députés de l’opposition républicaine (dont Gambetta et Jules Ferry).
- La proclamation du 4 septembre 1870 entraîne la création d’un gouvernement provisoire de « Défense nationale » sans insurrection générale ni émeute.
- Le 28 janvier 1871, le GPRF signe un armistice prévoyant le désarmement de Paris assiégé par les Prussiens.
- Le traité de Francfort n’est signé que le 19 mai 1871, après l’armistice.
- La IIIe République devient un régime parlementaire grâce aux lois constitutionnelles rédigées en 1875.
- La Commune de Paris dure 72 jours et s’inscrit dans un idéal républicain et libertaire.
💡 Astuce mémo
4/9 = République, 28/1 = armistice, 19/5 = Francfort : dates en chaîne pour ne pas confondre.
📖 2. La Commune de Paris et ses enjeux
🔑 Notions clés & Définitions
- Gouvernement provisoire de Défense nationale : Gouvernement mis en place après le basculement républicain, chargé de conduire la « défense nationale » pendant la crise du régime.
- Armistice du 28 janvier 1871 : Accord signé après la défaite militaire, prévoyant notamment le désarmement de Paris assiégé par les Prussiens.
- Assemblée constituante : Institution élue le 8 février 1871, qui concentre le pouvoir exécutif et oriente la politique vers la pacification.
- Fédération des 220 bataillons : Regroupement des représentants de la garde nationale, doté de statuts visant une République et la conservation des armes.
- Comité central de la Fédération : Instance élue le 15 mars 1871, composée surtout de petits patrons, artisans et commerçants, plutôt que d’ouvriers ou de socialistes.
📝 Points essentiels
- 28 janvier 1871 : le GPRF signe un armistice prévoyant le désarmement de Paris, avant la signature du traité de Francfort le 19 mai 1871.
- 8 février 1871 : les élections donnent une majorité monarchiste, et le pouvoir exécutif est confié à Adolphe Thiers.
- Thiers cherche d’abord à pacifier la France et repousse la décision sur la forme du régime (monarchie ou république).
- Thiers négocie la paix incluant la perte de l’Alsace-Lorraine, accepte l’occupation temporaire allemande à Paris et autorise un défilé sur les Champs-Élysées.
- Thiers décide de ne plus payer les salaires de la garde nationale, ce qui renforce la colère parisienne face aux décisions de l’Assemblée.
- 10 mars 1871 : l’Assemblée s’installe à Versailles, et les représentants des 220 bataillons se constituent en Fédération avec des buts politiques républicains et la défense par les armes.
💡 Astuce mémo
Dates-clés en chaîne : 28/01 armistice → 08/02 élections → 10/03 Versailles → 18/03 canons → Commune.
📖 3. De la République conservatrice à la République parlementaire
🔑 Notions clés & Définitions
- République conservatrice : Régime républicain orienté vers l’ordre et la tradition, porté par des conservateurs qui veulent limiter les transformations sociales et politiques.
- République parlementaire : Régime où le pouvoir politique s’organise autour du Parlement, avec une place centrale donnée aux majorités parlementaires dans la conduite du pays.
- Comte de Chambord : Prétendant monarchique légitimiste qui refuse l’adoption du drapeau tricolore, ce qui freine un rassemblement monarchiste large.
- Maréchal Mac Mahon : Président de la République élu par l’Assemblée en 1873, issu du camp légitimiste et annonçant une politique de restauration de l’ordre.
- Ordre moral : Politique conservatrice confi ant à l’Église un rôle de contrôle de la société, présentée comme un moyen d’unifier les conservateurs divisés.
📝 Points essentiels
- Après l’écrasement de la Commune, la question du régime reste ouverte car la forme constitutionnelle n’est pas encore fixée.
- Les conservateurs sont majoritaires mais divisés entre un retour à la Restauration et une République conservatrice.
- Le comte de Chambord refuse le drapeau tricolore et veut le drapeau blanc des Bourbon, ce qui empêche un large ralliement autour de lui.
- Le 24 mai 1873, l’Assemblée élit le maréchal Mac Mahon président de la République, après le remplacement d’Adolphe Thiers.
- Mac Mahon annonce le retour de « l’Ordre moral », une politique donnant à l’Église la mission de contrôler la société.
- La logique de l’« Ordre moral » vise l’unité des conservateurs, mais renforce surtout la combativité des républicains grâce à leur unité autour de l’anticléricalisme.
💡 Astuce mémo
Chambord refuse le drapeau → pas d’unité monarchiste ; Mac Mahon impose l’Ordre moral → l’anticléricalisme réunit les républicains.
📖 4. Libertés publiques et souveraineté nationale
🔑 Notions clés & Définitions
- Ordre moral : Politique conservatrice visant à restaurer un contrôle de la société par l’Église, présentée comme un retour à l’ordre de l’Ancien Régime.
- Anticléricalisme : Attitude politique hostile à l’intervention du clergé dans les affaires publiques, qui renforce l’unité des républicains.
- Lois constitutionnelles de 1875 : Ensemble de lois établissant un régime républicain avec un président élu par l’Assemblée et un gouvernement responsable devant la chambre des députés.
- Liberté de la presse : Principe légal qui garantit l’édition et la diffusion sans autorisation préalable, avec une liberté d’affichage.
- Souveraineté nationale : Principe selon lequel le pouvoir émane des citoyens électeurs lors des consultations électorales.
📝 Points essentiels
- Mac Mahon annonce le retour de l’Ordre moral et confie à l’Église un rôle de contrôle social, ce qui vise l’unification de conservateurs divisés.
- L’Ordre moral renforce surtout la combativité républicaine en consolidant leur unité autour de l’anticléricalisme.
- Les lois constitutionnelles du 30 janvier 1875 prévoient un mandat présidentiel de 7 ans et un droit de dissolution du président après avis du Sénat.
- Le régime instauré par les lois de 1875 repose sur un gouvernement responsable devant la chambre des députés et sur un président disposant de larges pouvoirs.
- En 1881, la loi sur la liberté de la presse supprime l’autorisation préalable pour l’imprimerie et la librairie et garantit la liberté d’affichage.
- En 1884, la loi Waldeck Rousseau établit la liberté syndicale et la loi de 1884 prévoit l’élection des maires plutôt que leur désignation par le préfet.
💡 Astuce mémo
Ordre moral → Église contrôle ; Anticléricalisme → républicains s’unissent ; 1875 → président + dissolution (avis Sénat) ; 1881–1884 → libertés (presse, réunion, syndicats, association) + maires élus.
📖 5. Laïcité et laïcisation de la société
🔑 Notions clés & Définitions
- Laïcité : Valeur républicaine qui organise la vie publique en séparant l’espace politique de l’influence religieuse.
- Laïcisation de la société : Processus par lequel la société adopte progressivement des normes et pratiques inspirées par la laïcité.
- Cléricalisme : Courant politique qui cherche à donner au clergé un rôle dans la vie politique et publique.
- Positivisme : Doctrine associée aux Républicains qui soutient une approche rationnelle et combat l’emprise politique du clergé.
- École publique et laïque : Établissement fondé sur l’instruction commune, sans référence religieuse, pour former les futurs citoyens.
📝 Points essentiels
- La laïcité vise le cléricalisme et l’ingérence du clergé en politique, pas la religion elle-même.
- La laïcité et la souveraineté populaire deviennent le socle de la démocratie libérale, mais cette culture républicaine est contestée.
- La loi sur l’école publique et laïque est votée en 1882.
- La loi de séparation des Églises et de l’État est votée en 1905.
- Les lois Jules Ferry (1881-1882) instaurent un enseignement primaire gratuit, obligatoire et laïque de 6 à 13 ans.
- Les instituteurs, formés dans les écoles normales, sont chargés de former des citoyens par l’histoire, la géographie et l’instruction civique.
💡 Astuce mémo
Laïcité = anti-cléricalisme : on sépare la politique de l’influence du clergé.
📖 6. Diffusion de la culture républicaine
🔑 Notions clés & Définitions
- Drapeau tricolore : Symbole national français qui sert de support visuel à l’adhésion à la République.
- Marseillaise : Hymne national utilisé comme marqueur sonore de l’identité républicaine.
- Marianne : Représentation symbolique de la République présente dans de nombreuses mairies de France.
- Service militaire : Institution qui, via la loi de 1889, organise la vie des jeunes hommes et favorise le brassage social.
- Panthéon : Lieu de mémoire accueillant des dépouilles de personnages importants pour la patrie, selon les régimes politiques.
📝 Points essentiels
- Le drapeau tricolore, la Marseillaise et Marianne servent d’outils symboliques pour diffuser la culture républicaine.
- La République installe Marianne dans les mairies et multiplie aussi les rues et statues dédiées à la République.
- En 1880, le 14 juillet devient la fête nationale, renforçant la célébration collective de la République.
- La loi de 1889 fixe le service militaire à 2 ans pour tous les jeunes hommes d’une classe d’âge, sans exemption possible.
- Le service militaire favorise un brassage social en régiments, ce qui diffuse des valeurs républicaines, le patriotisme et un mode de vie urbain.
- Le gouvernement républicain utilise Victor Hugo comme figure laïque et fédératrice pour unir les Français derrière la République.
💡 Astuce mémo
Symboles + dates + corps : drapeau/Marseillaise/Marianne, 1880 (14 juillet), 1889 (2 ans) → diffusion de la République.
📖 7. Victor Hugo, icône républicaine au Panthéon
🔑 Notions clés & Définitions
- Victor Hugo : Victor Hugo : écrivain majeur présenté comme une figure emblématique de la République et de son idéal de dignité et de courage.
- Panthéon : Panthéon : lieu symbolique où Victor Hugo est transféré après des funérailles nationales, marquant la reconnaissance de la France républicaine.
- Funérailles nationales : Funérailles nationales : cérémonie d’État qui accompagne la mort de Victor Hugo et rassemble une très large partie de la population.
- Antiparlementarisme : Antiparlementarisme : courant hostile au régime parlementaire, qui se développe dans un contexte de crises et menace la République.
- Crise boulangiste : Crise boulangiste : mouvement lié au général Boulanger, porté par le rêve de revanche et par l’idée d’une république autoritaire.
📝 Points essentiels
- Victor Hugo meurt le 22 mai 1885 à 83 ans, et sa disparition est présentée comme un deuil pour la France républicaine.
- Victor Hugo entre au Panthéon le 1er juin 1885 après des funérailles nationales suivies par 1 million de personnes.
- Le deuil touche la République des nouveaux pouvoirs, l’aristocratie politique et aussi le Paris populaire (instituteurs laïcs et Communards).
- L’antiparlementarisme progresse avec une crise économique (grande dépression de 1873 à 1896), une crise sociale et des crises politico-financières et anarchistes.
- La crise boulangiste s’appuie sur le général Boulanger, surnommé « général Revanche », populaire grâce à un patriotisme intransigeant envers l’Allemagne.
- Boulanger rallie des mécontents de droite et de gauche en proposant une république autoritaire, puis son mouvement s’effondre après sa fuite lors d’une arrestation redoutée.
💡 Astuce mémo
Panthéon = 1er juin 1885 ; deuil national = 22 mai 1885 + 1 million : Hugo devient le visage de la République.
📖 8. Crises et montée de l’antiparlementarisme
🔑 Notions clés & Définitions
- Scandale de Panama : Scandale politico-financier où des fonds destinés au projet sont utilisés pour influencer la presse et des responsables politiques, entraînant une perte massive pour des souscripteurs.
- Chéquards : Députés chargés de garantir la fiabilité du projet, dont la mission est présentée comme consistant à affirmer des faits malgré des coûts réels plus élevés.
- Antiparlementarisme : Hostilité croissante envers le Parlement, renforcée par des crises politiques et financières et par la violence politique.
- Anarchisme : Courant politique qui rejette l’État et plus largement toute autorité, menant des actions de rue.
- Lois scélérates : Ensemble de lois visant à réprimer l’anarchisme en limitant la liberté d’expression et en permettant des condamnations rapides.
📝 Points essentiels
- Le scandale de Panama implique Ferdinand de Lesseps, l’usage des fonds des souscripteurs pour « arroser » la presse et des ministres, et la participation d’environ 100 députés surnommés « chéquards ».
- En 1889, le tribunal de la Seine prononce la liquidation judiciaire, ruinant 85 000 souscripteurs (petits actionnaires).
- La ruine des souscripteurs et la révélation de la corruption alimentent la montée de l’antiparlementarisme.
- Entre 1892 et 1894, une vague d’attentats anarchistes touche la période parlementaire, avec un assassinat à la chambre des députés en 1893.
- En 1894, Sadi Carnot est assassiné à Lyon par l’Italien Caserio, ce qui renforce la répression contre l’anarchisme.
- Les lois dites « scélérates » entravent la liberté d’expression et autorisent des condamnations expéditives contre les anarchistes.
💡 Astuce mémo
Panama = « argent qui arrose » → ruine (1889) → antiparlementarisme ; Anarchistes = attentats (1892-1894) → lois scélérates (répression).
📖 9. Affaire Dreyfus et affrontement nationaliste
🔑 Notions clés & Définitions
- Dreyfusards : Courant politique républicain qui défend la révision de l’affaire Dreyfus et s’appuie sur des valeurs civiques.
- Anti-dreyfusards : Camp nationaliste et hostile à la révision de l’affaire Dreyfus, associé à des milieux catholiques et antisémites.
- Procès de Rennes : Procès de la « deuxième Affaire » où Alfred Dreyfus est de nouveau condamné avant d’être ensuite gracié et libéré.
- Bloc des Gauches : Coalition gouvernementale qui relance la procédure de révision et contribue à l’aboutissement judiciaire en 1906.
- Défense républicaine : Orientation politique issue du reclassement des forces républicaines, associée à l’avènement d’une majorité parlementaire en juin 1899.
📝 Points essentiels
- La société se divise en deux camps : dreyfusards et anti-dreyfusards, avec des oppositions politiques et identitaires marquées.
- Le 9 septembre 1899, le procès de Rennes aboutit à une nouvelle condamnation d’Alfred Dreyfus, suivie d’une grâce présidentielle puis d’une libération.
- La « troisième Affaire » est relancée en 1903 après un discours de Jean Jaurès à la Chambre des députés.
- En 1906, une seconde révision est ordonnée par le gouvernement du Bloc des Gauches, menant à la réhabilitation d’Alfred Dreyfus le 12 juillet 1906.
- Après la crise, une majorité parlementaire se recompose sous l’impulsion de leaders comme Jaurès et permet l’avènement de la « Défense républicaine » en juin 1899.
💡 Astuce mémo
Dreyfus = 1899 Rennes (condamné→gracié/libéré) puis 1903 Jaurès (relance) puis 1906 Bloc des Gauches (réhabilitation le 12 juillet).
📖 10. France réactionnaire et tensions anticléricales
🔑 Notions clés & Définitions
- Assassinat de Sadi Carnot : Événement politique majeur de juin 1894 où le président Sadi Carnot est tué par un anarchiste italien.
- Lois scélérates : Ensemble de mesures adoptées après la montée des violences pour restreindre la liberté de la presse et viser des journaux anarchistes.
- Politique anticléricale de Combes : Orientation gouvernementale relancée par Émile Combes entre 1902 et 1905 contre l’influence politique du clergé.
- Loi de séparation des Églises et de l’État : Loi votée en décembre 1905 qui organise la séparation entre institutions religieuses et État.
- Statut juridique des femmes mariées : Situation légale sous le Code civil où les femmes sont maintenues comme mineures juridiques soumises à leur mari.
📝 Points essentiels
- En juin 1894, Sadi Carnot est assassiné par un anarchiste italien, ce qui alimente la crainte d’une hausse des violences.
- Le gouvernement fait voter des lois limitant la liberté de la presse et interdisant des journaux anarchistes.
- Les socialistes dénoncent ces mesures comme des « lois scélérates ».
- Émile Combes dirige le gouvernement de 1902 à 1905 et relance une politique anticléricale.
- La loi de séparation des Églises et de l’État est votée en décembre 1905.
- Une partie des catholiques interprète la séparation comme une persécution et la mise en œuvre rencontre de fortes résistances dans certaines campagnes.
💡 Astuce mémo
Carnot→peur→presse muselée ; Combes→séparation→apaisement (Briand) vs résistances.
📖 11. Droits politiques des femmes sous la IIIe République
🔑 Notions clés & Définitions
- IIIe République : Régime politique français où le droit de vote n’est pas accordé aux femmes, malgré l’extension du suffrage universel aux hommes.
- Hubertine Auclert : Militante féministe française associée aux premières campagnes pour le droit de vote des femmes, notamment par une candidature en 1920.
- Premier mouvement féministe : Mobilisation féministe naissante en France qui réclame le suffrage féminin et recourt à des actions publiques et perturbatrices.
- Rapport de Ferdinand Buisson : Rapport parlementaire de 1909 portant sur le suffrage des femmes, adopté par la Chambre des députés avant d’être rejeté plus tard.
- Jules Ferry : Républicain dont les propos de 1870 associent le vote des femmes au risque d’influence cléricale et au retour monarchiste.
📝 Points essentiels
- La IIIe République n’accorde pas le droit de vote aux femmes, ce qui déclenche des mobilisations féministes spécifiques.
- Hubertine Auclert soutient le suffrage féminin et se présente aux élections législatives de 1920 comme acte de provocation.
- Les premières féministes utilisent des pétitions et des actions qui perturbent certains bureaux de vote et des séances de la Chambre des députés.
- En 1909, le rapport de Ferdinand Buisson sur le suffrage des femmes est adopté par la Chambre des députés, puis la proposition est rejetée dix ans plus tard.
- Les arguments pro-suffrage défendent une démocratie « large » : éducation politique des nouvelles électrices et participation rapide au service de la République.
- Les oppositions reposent sur des préjugés : les femmes seraient influencées par le clergé et leur vote ferait craindre un retour des monarchistes à la Chambre des députés.
💡 Astuce mémo
Suffrage féminin = « pas de vote » sous la IIIe République : Auclert (provocation 1920) + Buisson (1909 adopté, rejet 10 ans après) + peur du clergé (Ferry 1870).
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 4 septembre 1870 | Proclamation de la République par les députés de l’opposition républicaine et mise en place d’un gouvernement provisoire de « Défense nationale » |
| 28 janvier 1871 | Signature d’un armistice prévoyant le désarmement de Paris assiégé |
| 19 mai 1871 | Signature du traité de Francfort (après l’armistice) |
📊 Tableaux de synthèse
Régime républicain : évolution institutionnelle
| Période | Caractéristique | Repère |
|---|
| Début IIIe République | Régime parlementaire en construction, président élu par l’Assemblée avec droit de dissolution après avis du Sénat | 30 janvier 1875 |
| Consolidation | Équilibre des pouvoirs exécutif/législatif, gouvernement responsable devant le Parlement, renoncement au droit de dissolution | janvier 1879 |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre la proclamation du 4 septembre 1870 avec l’armistice du 28 janvier 1871 ou avec la signature du traité de Francfort le 19 mai 1871.
- Croire que la Commune s’étend à toute la France : le cours insiste qu’elle reste un épisode parisien (72 jours) sans extension provinciale.
- Mélanger les rôles : Thiers négocie la paix et ordonne le retrait/siege après le 18 mars 1871, tandis que la Commune élit des représentants et adopte le drapeau rouge.
- Penser que l’« Ordre moral » vise à unir les conservateurs sans effet : le cours dit qu’il renforce surtout la combativité républicaine via l’anticléricalisme.
- Inverser la logique de la laïcité : elle vise le cléricalisme et l’ingérence du clergé, pas la religion elle-même.
- Oublier que la IIIe République refuse le droit de vote aux femmes : les arguments de Ferry (peur de l’influence cléricale/retour monarchiste) reviennent dans le cours.
- Confondre les étapes de l’affaire Dreyfus : 1899 (Rennes), 1903 (relance), 12 juillet 1906 (réhabilitation).
✅ Checklist Examen
- Expliquer pourquoi la IIIe République est proclamée le 4 septembre 1870 et ce que met en place le gouvernement provisoire de « Défense nationale ».
- Rappeler la chronologie : capture de Sedan (2 septembre 1870), armistice du 28 janvier 1871, puis traité de Francfort signé le 19 mai 1871.
- Décrire le rôle des élections du 8 février 1871 et la mission de pacification confiée à Adolphe Thiers, avant la décision sur le régime.
- Expliquer les causes immédiates du basculement parisien : décisions de Thiers (salaires garde nationale, occupation, Champs-Élysées) et installation de l’Assemblée à Versailles le 10 mars 1871.
- Présenter la Fédération des 220 bataillons : buts politiques (République, conservation des armes, abolition des armées permanentes) et composition du comité central (15 mars 1871).
- Raconter le déclenchement du 18 mars 1871 (canons de la garde nationale, Montmartre), l’élection de la Commune, et le bilan de la « semaine sanglante » (21-28 mai 1871).
- Expliquer la transition « République conservatrice » vers « République parlementaire » : division des conservateurs, refus du drapeau tricolore par le comte de Chambord, élection de Mac Mahon le 24 mai 1873, puis lois de
- 30 janvier 1875 et bascule vers un régime réellement parlementaire en janvier 1879.
- Maîtriser les libertés publiques et la souveraineté nationale : liberté de la presse (1881), libertés de réunion/syndicale/association, et élection des maires (loi de 1884).
- Expliquer la laïcité et la laïcisation : positivisme contre le cléricalisme, lois sur l’école publique et laïque (1882) et séparation Églises/État (décembre 1905).
- Citer les moyens de diffusion de la culture républicaine : école (Jules Ferry 1881-1882), symboles/rites (drapeau, Marseillaise, Marianne, 14 juillet 1880) et service militaire (loi de 1889, 2 ans).
- Raconter l’usage de Victor Hugo comme icône républicaine : entrée au Panthéon le 1er juin 1885 après funérailles nationales, et lien avec l’idéal de dignité/égalité/courage.
- Analyser les crises et l’antiparlementarisme : crise économique (1873-1896), crise boulangiste (1886-1889-1887-1889 selon le cours), scandale de Panama (1892-1889 liquidation), attentats anarchistes (1892-1894) et lois «
- scélérates » (répression).
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