📋 Plan du Cours
- Naissance de la Ve République en 1958
- Chronologie d’Alger et bascule du 13 mai
- Régime présidentiel, parlementaire et débat semi-présidentiel
- Crainte d’un régime éphémère et mission algérienne
- Attentats de 2015 et tenue institutionnelle
- Évolutions récentes : alternance, cohabitation, impuissance
- Fin de la IVe République et instabilité gouvernementale
- Organisation de l’Algérie française en 1958
- Insurrection d’Alger et comité de salut public
- Écriture de la Constitution par l’exécutif
- Triangle du pouvoir et renouvellement du personnel
- Guerre d’Algérie et référendums jusqu’à l’indépendance
📖 1. Naissance de la Ve République en 1958
🔑 Notions clés & Définitions
- 13 mai 1958 : Date de naissance politique de la Ve République, liée au contexte militaire à Alger.
- 4 octobre 1958 : Date de référence constitutionnelle de la Ve République, correspondant à l’adoption de la Constitution.
- Constitution de 1958 : Texte fondateur de la Ve République, rédigé par l’exécutif pour rééquilibrer les pouvoirs.
- Régime présidentiel : Type de régime où l’exécutif est structuré autour d’un président, avec un pouvoir moins dépendant d’une majorité parlementaire.
- Régime parlementaire : Type de régime où la stabilité de l’exécutif dépend de la relation avec la majorité de l’Assemblée nationale.
📝 Points essentiels
- La Ve République naît le 13 mai 1958 à Alger, même si on la date aussi du 4 octobre 1958 pour la Constitution.
- La mise en place est très rapide : la naissance politique et constitutionnelle intervient en environ 3 mois.
- L’exécutif rédige la Constitution car de Gaulle tire les leçons des échecs et déséquilibres des 2e et 3e Républiques.
- L’ambition de de Gaulle est de rééquilibrer les pouvoirs en renforçant la place de l’exécutif.
- La chronologie de 1958 comprend notamment 13 mai (élément militaire à Alger), puis des étapes en juillet, le 25 août et le 4 octobre.
- Le débat porte sur la qualification : certains décrivent la Ve République comme un régime semi-présidentiel, tandis que d’autres la rattachent à des logiques présidentielles ou parlementaires.
💡 Astuce mémo
13/05 Alger → 04/10 Constitution : naissance d’abord sur le terrain, puis institutionnelle.
📖 2. Chronologie d’Alger et bascule du 13 mai
🔑 Notions clés & Définitions
- Crise du 13 mai 1958 : Événement déclencheur de la bascule politique qui ouvre un processus menant au changement de régime.
- Révolution pacifique de 13 mai : Moment de rupture marqué par un changement net, sans morts ni émeutes, qui signale l’entrée dans une nouvelle phase.
- Présidentialisme prémonitoire : Idée selon laquelle l’évolution récente du pouvoir présidentiel annonce à l’avance une impuissance liée au manque de majorité.
- Constitution de la Ve République : Cadre institutionnel dont la révision et l’application permettent au régime de traverser des crises politiques et sécuritaires.
📝 Points essentiels
- La crise du 13 mai 1958 fonctionne comme une étincelle qui enclenche un processus de bascule.
- La bascule est décrite comme une révolution pacifique, avec rupture nette et absence de morts ni d’émeutes.
- L’obsession attribuée à De Gaulle est l’ordre, afin de rendre à la France sa capacité de puissance.
- Le régime s’installe et s’adapte malgré des secousses, notamment le départ de De Gaulle en 1969 lié à une perte de confiance perçue.
- La Ve République survit à l’alternance politique, avec une transformation de la gauche en 1981 et des réformes (notamment en 1992) sans changement de fond institutionnel.
- La Ve République survit à la cohabitation (1986) et à ses reproductions en 1993, 1997 et 2002, malgré des duels entre têtes pour les élections suivantes.
💡 Astuce mémo
13 mai = étincelle sans émeute : rupture pacifique → bascule institutionnelle.
📖 3. Régime présidentiel, parlementaire et débat semi-présidentiel
🔑 Notions clés & Définitions
- Crise du 13 mai 1958 : Événement déclencheur qui ouvre une période de bascule politique en France et en Algérie.
- Révolution pacifique : Changement politique présenté comme non violent, sans morts ni émeutes, marquant une rupture avec le passé.
- Ordre gaullien : Idée directrice attribuée à De Gaulle selon laquelle l’objectif prioritaire est de rétablir l’ordre et la puissance de la France.
- Instabilité gouvernementale de la IVe République : Période caractérisée par une succession rapide de gouvernements et une durée très courte des équipes au pouvoir.
- Morcellement de l’Assemblée nationale : Situation parlementaire où l’absence de majorité stable oblige à des coalitions et rend le fonctionnement plus instable.
📝 Points essentiels
- La crise du 13 mai 1958 agit comme une étincelle qui enclenche un processus de transformation politique.
- La rupture est décrite comme nette avec le passé, dans un cadre présenté comme pacifique (pas de morts, pas d’émeutes).
- L’obsession attribuée à De Gaulle est l’ordre, avec l’objectif de rendre à la France sa capacité de puissance sur la scène internationale.
- La France est décrite comme ayant perdu du poids internationalement au moment où De Gaulle formule sa logique de “recommencement”.
- Sous la IVe République, on compte 22 gouvernements en 12 ans, et seuls 6 sont renversés selon les modalités prévues par la Constitution.
- Le parlement est morcelé : pas de majorité durable, donc des coalitions, et une logique de “compensation” car les mêmes acteurs reviennent au pouvoir.
💡 Astuce mémo
13 mai = étincelle : pacifique mais rupture, puis bascule vers un nouveau régime.
📖 4. Crainte d’un régime éphémère et mission algérienne
🔑 Notions clés & Définitions
- Coalitions parlementaires : Groupements de partis qui gouvernent faute de majorité stable au Parlement.
- Fin de l’empire : Période où la domination coloniale s’effrite, nourrissant des inquiétudes en métropole.
- Départements algériens : Découpage administratif de l’Algérie en 1958 en Algérois, Constantinois et Oranais.
- Toussaint rouge : Déclaration de guerre du FLN au colonialisme le 1er novembre 1954.
- Révolte légitime : Expression utilisée par Debré pour qualifier la contestation contre l’« incurie du Système ».
📝 Points essentiels
- L’absence de majorité au Parlement pousse à des coalitions, ce qui alimente l’inquiétude sur la continuité du pouvoir.
- La fin de l’empire est présentée comme un réveil des nations, déjà germé dans les victoires de Valmy.
- Depuis 1945, le droit des peuples est invoqué tandis que l’Occident est décrit comme colonisant des territoires qui n’ont pas accepté cette situation.
- En 1958, l’Algérie est organisée en trois départements : Algérois, Constantinois et Oranais.
- La population algérienne est décrite comme hétérogène : 10 millions d’habitants dont 9 millions ont des racines locales mais pas les mêmes droits.
- Les « pieds noirs » sont présentés comme 1,5 million d’habitants vivant en Algérie depuis longtemps, se disant français d’Algérie et attachés à la France sans rompre le lien avec elle.
💡 Astuce mémo
Valmy → nations réveillées ; 45 → droit des peuples ; Algérie → 3 départements ; 54 → FLN frappe (Toussaint rouge).
📖 5. Attentats de 2015 et tenue institutionnelle
🔑 Notions clés & Définitions
- FLN : Mouvement nationaliste algérien qui revendique l’indépendance et s’oppose au maintien de l’Algérie dans la métropole.
- Armée française : Institution militaire française dont une partie exerce une pression politique à Alger pour poursuivre la guerre et refuser certains choix gouvernementaux.
- Pflimlin : Président du Conseil investi en mai 1958, dont l’arrivée est perçue à Alger comme une rupture et une déclaration de guerre.
- Comité de salut public : Structure créée le 13 mai 1958 à Alger pour organiser l’action des insurgés et exiger à Paris un gouvernement capable de conserver l’Algérie française.
- Jacques Massu : Général qui dirige le comité de salut public proclamé le 13 mai 1958.
📝 Points essentiels
- À Alger, le débat oppose ceux qui veulent négocier et ceux qui refusent, car le FLN revendique l’indépendance comme objectif central.
- Avant tout vote à l’Assemblée nationale, l’armée française met la pression sur Paris en affirmant qu’elle n’est pas favorable à Pflimlin et que la guerre doit continuer car elle estime gagner.
- Le FLN bénéficie d’un soutien international présenté comme venant des États-Unis, de l’URSS et de pays voisins.
- Le 13 mai 1958, trois militaires français capturés par le FLN sont tués, provoquant un choc chez les familles et dans l’armée française.
- L’armée convoque une manifestation de soutien le 13 mai pour rendre hommage aux militaires tombés au champ d’honneur.
- Le 13 mai 1958 à 17h, place du Forum à Alger, la ville entière se rassemble et la manifestation est décrite comme pacifique avant de basculer en émeutes vers la fin de la journée (mise en cause de minorités opportunistes
💡 Astuce mémo
FLN = Indépendance ; Armée = pression avant vote ; 13 mai = choc puis bascule ; Massu = salut public.
📖 6. Évolutions récentes : alternance, cohabitation, impuissance
🔑 Notions clés & Définitions
- Pouvoir de force militaire : Pouvoir fondé sur la hiérarchie et la contrainte, qui cherche à imposer l’ordre par l’action plutôt que par le débat politique.
- Forum comme tribune : Transformation de l’espace public en lieu de confrontation permanente, où les débats deviennent l’enjeu central du contrôle politique.
- État de siège : Mesure d’exception qui suspend ou renforce fortement les libertés pour rétablir l’ordre face à une crise.
- Impuissance politique : Situation où l’autorité ne parvient pas à agir efficacement, car les acteurs ne se tournent pas vers le centre du pouvoir.
📝 Points essentiels
- La hiérarchie militaire s’engage dans un pouvoir de force pour contrôler le mouvement et déplacer le centre des débats.
- Le gouvernement général transforme le balcon en tribune, créant une assemblée générale presque permanente.
- Le dispositif s’appuie sur Paris pour peser davantage, tout en évitant d’être perçu comme une manœuvre de contrôle.
- René Pléven (14 mai 1958) juge qu’il faut agir vite : état de siège, arrestation des suspects, destitution des militaires indisciplinés.
- Le 15 mai 1958, Raoul Salan prononce un discours de justification et d’horizon politique en appelant explicitement De Gaulle.
- L’absence de De Gaulle comme acteur (spectateur supposé) rend la situation éloignée d’un changement de régime, car personne ne se tourne vers lui.
💡 Astuce mémo
Force→contrôle : quand la hiérarchie impose, le forum devient tribune et l’action doit être immédiate (état de siège, arrestations, destitutions).
📖 7. Fin de la IVe République et instabilité gouvernementale
🔑 Notions clés & Définitions
- Manifestation du 15 mai 1958 : Manifestation politique organisée par la gauche pour montrer que Paris ne se rallie pas à De Gaulle immédiatement.
- Conférence de presse du 19 mai 1958 : Conférence de presse où De Gaulle répond aux questions et cherche à maîtriser l’image qu’on lui prête.
- Cheminement de De Gaulle : Processus progressif par lequel De Gaulle se présente comme un recours légal plutôt que comme un arriviste par la force.
- Référendum comme souveraineté : Idée selon laquelle la légitimité vient uniquement du peuple souverain, via le référendum, et non des représentants politiques.
- Insurrection civile et militaire : Soulèvement décrit comme combinant acteurs civils et militaires, accompagné d’un manifeste du général de Gaulle.
📝 Points essentiels
- Le 15 mai 1958, la gauche mobilise une manifestation pour prouver que Paris n’attend pas De Gaulle.
- De Gaulle répond à l’attente médiatique par une conférence de presse avec environ 400 journalistes au musée d’Orsay.
- Des députés et groupes de gauche qualifient De Gaulle de « factieux » et dénoncent son lien supposé avec l’armée d’Algérie.
- De Gaulle affirme ne pas vouloir commencer une carrière de dictateur à 67 ans, en se présentant comme un homme du légal.
- La gauche et l’opinion ne sont pas certaines que l’histoire s’écrive pacifiquement, tant la tension est forte.
- Des citations de Roosevelt (1944) et d’Auriol (1947) décrivent De Gaulle comme une menace potentielle pour la démocratie, notamment par son ambition et son rapport à la démocratie.
💡 Astuce mémo
15 mai = gauche en rue ; 19 mai = DG en réponse : « pas dictateur ».
📖 8. Organisation de l’Algérie française en 1958
🔑 Notions clés & Définitions
- Crise de mai 1958 : Période de tension politique en France où les manifestations et la peur d’un basculement vers la dictature dominent le climat public.
- Renoncement de la 4e République : Forme de compromis où De Gaulle accepte d’être le dernier président de la 4e République avant d’envisager un retour légal au pouvoir.
- Article 90 de la Constitution : Disposition constitutionnelle de la 4e République permettant une révision du texte constitutionnel dans le cadre négocié en 1958.
- Loi constitutionnelle de révision : Acte adopté en juin 1958 qui encadre la transformation du régime et fixe des principes directeurs pour les modifications.
- Commonwealth à la française : Idée d’organisation constitutionnelle des rapports entre la République et des peuples associés, présentée comme solution au problème algérien.
📝 Points essentiels
- En mai 1958, les boulevards sont remplis de monde et les manifestations sont portées par des organisations comme la CGT, tandis que la gauche appelle aussi à manifester.
- Le climat est décrit comme un risque maximal, avec l’idée que le pire est possible et la crainte d’une dérive vers la dictature.
- René Coty, le 29 mai 1958, annonce qu’il transmet la plénitude de ses fonctions à M. le Président de l’Assemblée nationale en citant De Gaulle comme « le plus illustre des Français » et en mettant sa démission dans la “d
- Le 30 mai 1958, De Gaulle négocie avec les parlementaires prêts à voter pour lui et doit donner des engagements politiques pour obtenir leur accord.
- Le compromis prévoit une révision constitutionnelle permise par l’article 90, avec l’idée que De Gaulle accepte d’être le dernier président de la 4e République tout en gardant une voie légale pour revenir au pouvoir.
- Chronologie : 1er juin 1958 investiture par l’Assemblée nationale, 2 juin pleins pouvoirs, 3 juin adoption de la loi constitutionnelle de révision de la Constitution.
💡 Astuce mémo
Mai 1958 = « boulevards pleins + peur du pire » ; Juin 1958 = « investiture → pleins pouvoirs → loi des 5 bases ».
📖 9. Insurrection d’Alger et comité de salut public
🔑 Notions clés & Définitions
- Insurrection d’Alger : Soulèvement à Alger en 1958 qui alimente la crise politique et la contestation du pouvoir de De Gaulle.
- Comité de salut public : Instance politique d’urgence évoquée dans le contexte de la crise, associée à une logique de pouvoir concentré et d’action immédiate.
- Jacques Duclos : Député communiste qui critique De Gaulle en l’accusant de couvrir des « factieux » et d’exercer un pouvoir de type dictatorial.
- François Mitterrand : Opposant politique qui dénonce l’idée que des minorités violentes puissent agir impunément contre la démocratie.
- Tanguy Prigent : Député SFIO qui refuse l’idée de confier le poste de président du Conseil à un homme réclamé par des factieux et une armée en rébellion.
📝 Points essentiels
- Jacques Duclos accuse De Gaulle de soutenir des « factieux » d’Alger et d’autres régions, et de parler comme s’il cumulait chef de l’État et chef du gouvernement.
- Duclos souligne aussi l’exécution d’ordres qu’il qualifie de dictateurs, ce qui alimente l’accusation d’usurpation.
- La gauche communiste ne participe pas au mouvement de De Gaulle, ce qui la place comme premier opposant avec environ 25% des voix.
- François Mitterrand affirme que la présence de De Gaulle signale, même malgré lui, la possibilité pour des minorités violentes d’attaquer la démocratie et d’en sortir victorieuses.
- Tanguy Prigent présente le refus d’une coalition avec De Gaulle comme une exigence républicaine, en mettant en avant le rôle de factieux et d’une armée en rébellion.
- Le débat politique oppose des lectures de la crise : certains dénoncent la légitimation de la violence, d’autres insistent sur l’illégitimité d’un pouvoir issu d’une rébellion.
💡 Astuce mémo
Duclos = « factieux couverts » ; Mitterrand = « démocratie attaquée » ; Prigent = « président du Conseil réclamé par la rébellion ».
📖 10. Écriture de la Constitution par l’exécutif
🔑 Notions clés & Définitions
- Garde des sceaux Debré : Fonction ministérielle responsable de la conduite de l’écriture du texte constitutionnel sous la Ve République naissante.
- Constitution de Bayeux : Constitution associée au discours de Bayeux, présentée comme le brouillon politique de la Constitution de 1946.
- Groupe de travail de juin 1958 : Petite équipe de juristes réunie à partir du 12 juin 1958 pour rédiger le projet de Constitution.
- Comité consultatif constitutionnel : Instance créée en juin 1958 pour encadrer la poursuite des travaux malgré l’impossibilité de laisser le Parlement totalement à l’écart.
- Pouvoir constituant originaire : Idée selon laquelle de Gaulle aurait agi comme fondateur d’un ordre constitutionnel nouveau plutôt que comme simple modificateur.
📝 Points essentiels
- Confier l’écriture aux parlementaires aurait entraîné lenteur et compromis, ce que de Gaulle jugeait incompatible avec sa volonté d’avoir la main.
- L’écriture est placée sous la responsabilité du Garde des sceaux, Michel Debré.
- Le discours de Bayeux (16 juin 1946) est présenté comme un brouillon, mais il n’est pas entendu en 1946 et il échoue notamment sur l’élection du président au suffrage universel.
- À partir du 12 juin 1958, de Gaulle réunit un groupe de travail de juristes, présidé par Debré au ministère de la Justice, qui siège plusieurs fois par semaine.
- Le « livre rouge » correspond à un avant-projet où environ 90% du texte est déjà rédigé avant la finalisation.
- Debré enferme l’équipe au château avec Debré pour achever le texte, conçu comme un texte de droit décrivant des prérogatives, puis validé politiquement par l’exécutif et juridiquement via le Conseil d’État (25 août).
💡 Astuce mémo
Exécutif = main sur le texte : Debré (garde des sceaux) + juristes enfermés (livre rouge ~90%) + validation juridique (CE) avant le référendum.
📖 11. Triangle du pouvoir et renouvellement du personnel
🔑 Notions clés & Définitions
- Triangle du pouvoir : Triangle du pouvoir : organisation du pouvoir sous la Ve République où président, Premier ministre et Parlement se répartissent des leviers décisifs.
- Ordonnances de l’article 38 : Ordonnances de l’article 38 : mécanisme constitutionnel permettant au gouvernement, par délégation, de faire des lois par ordonnances.
- Union pour la nouvelle République : Union pour la nouvelle République : grand parti gaulliste structurant la majorité parlementaire issue des élections législatives de 1958.
- Collège électoral : Collège électoral : mode de désignation de certains dirigeants par un ensemble d’électeurs élargi plutôt que par le suffrage universel direct.
- Premier gouvernement de Michel Debré : Premier gouvernement de Michel Debré : équipe ministérielle formée après sa nomination comme Premier ministre en janvier 1959.
📝 Points essentiels
- 28 septembre 1958 : référendum constitutionnel avec 15% d’abstention et 82,06% de « oui », naissance politique de la Ve République.
- 4 septembre 1958 : date au Journal officiel considérée comme date de naissance juridique de la Ve République.
- 4 octobre 1958 : promulgation de la Constitution sans mise en place immédiate des institutions.
- Article 38 : le référendum peut déléguer à l’exécutif la capacité de faire des lois par ordonnances.
- Plus de 200 ordonnances ont été prises et appliquées, et une partie continue de produire des effets aujourd’hui.
- Transition : la pratique institutionnelle se construit progressivement, notamment pour « forger la pratique » au-delà du texte.
💡 Astuce mémo
Président → ordonne (art. 38) ; Parlement → élit ; Matignon → exécute : le triangle se met en place par la pratique.
📖 12. Guerre d’Algérie et référendums jusqu’à l’indépendance
🔑 Notions clés & Définitions
- Guerre d’Algérie : Conflit armé entre la France et les mouvements indépendantistes algériens, dont la fin passe par des négociations et des référendums.
- Référendum sur l’autodétermination : Consultation électorale portant sur l’autodétermination de l’Algérie, utilisée pour légitimer la suite du processus politique.
- Accords d’Evian : Accords signés en 1962 qui organisent la sortie du conflit et prévoient un cessez-le-feu avant une paix effective.
- Référendum sur l’indépendance : Dernière consultation populaire en 1962 qui valide l’indépendance de l’Algérie.
- Indépendance proclamée : Moment où l’Algérie devient officiellement indépendante, ouvrant une relation ensuite jugée compliquée avec la France.
📝 Points essentiels
- 9 janvier 1959 : Michel Debré est nommé Premier ministre et forme le premier gouvernement, après soumission des conceptions et des noms des collaborateurs au général de Gaulle.
- Le communiqué de Matignon présente une approbation présidentielle du Premier ministre, ce qui traduit une hiérarchie réelle sans correspondre exactement aux textes.
- De Gaulle en Algérie (4 janvier 1959) : il ne s’exprime pas, mais cherche la fidélité des militaires dès juin et s’appuie sur l’idée d’avoir été compris par les populations.
- 8 janvier 1961 : référendum sur l’autodétermination avec 73,75 % de participation et 75 % de « oui ».
- 19 mars 1962 : accords d’Evian, avec un cessez-le-feu qui n’est ni immédiat ni synonyme de paix, donc des morts continuent.
- 8 avril 1962 : ultime référendum sur l’indépendance avec 75,33 % de participation et 90,81 % de « oui » ; la logique est de faire valider l’indépendance par le peuple après la confiance « en bas ».
💡 Astuce mémo
Autodétermination (1961) = 75% oui ; Indépendance (1962) = 90,81% oui : plus on avance, plus le « oui » monte.
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 13 mai 1958 | Naissance politique de la Ve République à Alger (élément militaire de la guerre à Alger) ; insurrection/étincelle et comité de salut public |
| 4 octobre 1958 | Date de référence constitutionnelle : promulgation de la Constitution (sans mise en place immédiate des institutions) ; date au Journal officiel |
| 28 septembre 1958 | Référendum constituant : 15% d’abstention et 82,06% de « oui » (naissance politique de la Ve République) |
📊 Tableaux de synthèse
Régimes présidentiel vs parlementaire (idée générale du cours)
| Type de régime | Logique de pouvoir | Condition de stabilité |
|---|
| Présidentiel | Exécutif structuré autour d’un président | Moins dépendant d’une majorité parlementaire |
| Parlementaire | Stabilité de l’exécutif dépend de la relation avec la majorité | Pas de majorité = pas de pouvoir (gouverner avec/contre l’Assemblée) |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre la naissance politique de la Ve République (13 mai 1958 à Alger) avec la naissance juridique/constitutionnelle (4 octobre 1958).
- Croire que la Constitution est immédiatement « mise en place » le 4 octobre 1958 : le cours insiste sur une promulgation sans installation immédiate des institutions.
- Penser que la Ve République est « semi-présidentielle » comme qualification certaine : le cours signale un débat (présidentiel vs parlementaire).
- Oublier que l’argument central de la IVe République est l’absence de majorité : « pas de majorité = pas de pouvoir » et donc coalitions/instabilité.
- Se tromper sur le rôle de De Gaulle dans l’écriture : le cours dit que l’exécutif écrit la Constitution, avec Debré (garde des sceaux) et un groupe de juristes.
- Inverser les référendums algériens : autodétermination (8 janvier 1961) puis indépendance (8 avril 1962), avec des taux de « oui » différents.
- Croire que le référendum de 1962 « impose » l’indépendance sans suite : le cours souligne que le cessez-le-feu des accords d’Evian n’est ni immédiat ni synonyme de paix.
✅ Checklist Examen
- Expliquer pourquoi la Ve République est dite née « à Alger » le 13 mai 1958, tout en précisant la date constitutionnelle du 4 octobre 1958.
- Relier l’ambition de De Gaulle à l’objectif de rééquilibrer les pouvoirs en renforçant la place de l’exécutif.
- Comparer les logiques présidentielle et parlementaire telles que présentées dans le cours, en mobilisant l’idée « pas de majorité = pas de pouvoir ».
- Décrire le contexte de la crise de mai 1958 : lassitude, inquiétude (guerre d’Algérie) et certitude (un homme-réponse).
- Raconter la chronologie d’Alger du 13 mai 1958 (Forum, pacifique puis bascule en émeutes) jusqu’à la proclamation du comité de salut public.
- Expliquer la stratégie de Paris et du pouvoir civil face au « pouvoir de force » : état de siège, arrestations, destitution des militaires indisciplinés (14 mai 1958).
- Présenter le « recours » de De Gaulle : communiqué du 15 mai 1958 et réponse à l’accusation de dictature (19 mai 1958).
- Expliquer le compromis de mai-juin 1958 : renoncement de la 4e République, révision constitutionnelle permise par l’article 90, puis loi constitutionnelle de révision (3 juin 1958).
- Décrire le processus d’élaboration de la Constitution : responsabilité du garde des sceaux Debré, groupe de travail à partir du 12 juin, « livre rouge » (~90%), validation juridique (Conseil d’État, 25 août).
- Donner les étapes de mise en place : référendum du 28 septembre 1958, promulgation du 4 octobre 1958, puis élections (législatives de novembre 1958, présidentielle du 21 décembre 1958).
- Expliquer comment la Ve République survit aux crises politiques : alternance (1981), cohabitation (1986 puis reproductions), et tenue en 2015 via état d’urgence et mesures dérogatoires (15 jours).
- Retracer la sortie de la guerre d’Algérie par les référendums et accords : autodétermination (8 janvier 1961), accords d’Evian (19 mars 1962), indépendance (8 avril 1962) et indépendance proclamée (5 juillet 1962).
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