Qu’est-ce qu’un État-nation ?
La coïncidence entre une ou plusieurs populations partageant des traits culturels et une même autorité institutionnelle.
Quel monopole institutionnel est inclus dans la définition de l’État-nation ?
Le monopole de l’exercice de la violence légitime.
Quels deux processus l’État-nation associe-t-il ?
L’émergence et l’extension de l’État, et la construction d’une identité nationale.
Quelle histoire caractérise les termes « nation » et « nationalisme » ?
Une histoire pluriséculaire marquée par un empilement de significations et d’appropriations politiques et scientifiques.
Quels usages caractérisent les catégories « nation » et « nationalisme » ?
Ce sont des catégories analytiques savantes et des étiquettes politiques utilisées dans des luttes partisanes ou des conflits armés.
Depuis quand le mot « nation » existe-t-il ?
Depuis le Moyen Âge.
À quelle époque émerge véritablement la notion moderne de nation ?
Au XVIIIe siècle.
En 1789, à quelle entité politique la nation est-elle identifiée ?
Au tiers état et au peuple révolutionnaire.
Entre 1870 et 1914, quelle acception du « nationalisme » se fixe ?
Une attitude de défense patriotique, souvent associée au conservatisme politique.
Quelles appartenances précédaient souvent l’appartenance nationale en Europe avant le XIXe siècle ?
Les appartenances au village, à la ville, à la région et à la religion.
À partir de quel événement la question nationale se pose-t-elle en Europe ?
À partir de la Révolution française.
Sur quoi porte l’étude historique du sentiment national ?
Sur la manière dont une population façonne, perçoit, revendique, promeut et défend son sentiment national.
Selon A.-M. Thiesse, que marque la véritable naissance d’une nation ?
La déclaration d’existence d’une poignée d’individus qui entend le prouver, selon A.-M. Thiesse, *La construction des identités nationales*, p. 11.
Quel rôle les États ont-ils souvent joué dans la construction historique de l’idée nationale ?
Un rôle déterminant.
Quel rôle symbolique la langue joue-t-elle dans la nationalisation des consciences ?
Elle en est l’un des principaux vecteurs symboliques.
Qu’impose l’ordonnance de Villers-Cotterêts en 1539 dans les documents administratifs ?
L’usage du français, notamment dans les actes juridiques et législatifs.
Comment l’abbé Sieyès définit-il la nation ?
Un corps d’associés vivant sous une loi commune et représenté par une même législature.
Quelle formule caractérise la République à partir de 1792 ?
Elle est réputée « une et indivisible ».
Quelles divisions les révolutionnaires veulent-ils effacer au nom de l’unité républicaine ?
Les divisions politiques, sociales, religieuses, régionales et linguistiques.
Quel est l’objectif fonctionnel de la politique linguistique révolutionnaire ?
Faciliter la diffusion des idées révolutionnaires.
Quel est l’objectif politique de la politique linguistique révolutionnaire ?
Créer et consolider le sentiment d’appartenance à une communauté nationale.
Quels moyens contribuent à forger le sentiment national sous la IIIe République ?
Le réseau d’écoles primaires et le service militaire.
Quels enfants reçoivent un enseignement en français à l’école primaire ?
Les enfants de 6 à 13 ans inclus.
Quelles matières comprend l’enseignement primaire dispensé en français ?
L’éducation civique et morale, la géographie, l’histoire de France, les mathématiques et les sciences.
Qu’impose l’homogénéisation nationale de l’État aux autres communautés ?
Une assimilation contestée.
Comment certaines Bretonnes et Savoyardes réagissent-elles à l’assimilation nationale ?
Elles y résistent parfois activement.
Quelle limite rencontre la résistance des Bretonnes et des Savoyardes ?
Elle ne crée pas de structures nationalistes alternatives au centralisme républicain.
Quelle volonté fonde la vision politique française de la nation diffusée à partir de la fin du XIXe siècle ?
La volonté du peuple de faire nation.
Selon Schiller dans le *Discours à la nation allemande* de 1807, quel est le fondement de la nation culturelle ?
Une culture qui préexiste à l’État.
Selon B. Anderson, qu’est-ce qui fonde la communauté imaginée qu’est la nation ?
La perception subjective d’une différence entre soi et les autres.
Quel auteur écrit que des mots comme « nation » découpent le réel et le font exister ?
D. Fabre, 1996.
Quel auteur nomme « acte de langage » une énonciation qui fait exister ce qu’elle désigne ?
J. Austin.
Sur quelles démarches repose l’analyse de la nation ?
La comparaison dans l’espace et dans le temps, ainsi que la démarche historique.
Selon A.-M. Thiesse, dans quel article et quelle œuvre est décrit le sens de « nation » sous l’Ancien Régime ?
Dans l’article « Nation » de l’Encyclopédie Universalis.
Comment l’arrêté du 23 juillet 1789 définit-il la nation ?
Comme une personne juridique constituée par l’ensemble des individus composant l’État.
En quelle année le mot « nationalisme » apparaît-il ?
En 1798.
Quel sens « nationalisme » prend-il au milieu du XIXe siècle ?
Une aspiration à l’indépendance politique et économique d’une communauté opprimée.
Quels éléments communs unissaient les Grecs du Ve siècle avant J.-C. ?
Une langue, une religion, des lieux oraculaires et des événements comme les jeux olympiques.
Selon Joseph Strayer, quelle allégeance venait en premier au Moyen Âge ?
L’allégeance au christianisme.
Quel auteur décrit l’échelle médiévale des allégeances ?
Joseph Strayer.
En quelle année l’éclatement du bloc soviétique remet-il la question nationale à l’ordre du jour ?
À partir de 1989.
Quel phénomène réactualise la question nationale après 1945 ?
Les mouvements de décolonisation.
Quelle était la situation de la grande masse des Européens face à l’écrit jusqu’au XVIIIe siècle ?
La grande masse de la population était analphabète.
À la fin de l’Ancien Régime, quelle part de la population française savait écrire son nom ?
40 %.
Quel ouvrage de du Bellay paraît en 1549 pour défendre la langue française ?
*La Défense et illustration de la langue française*.
Selon A. Dieckhoff, comment les Bourbons promouvaient-ils le français ?
Comme langue de l’appareil d’État et de haute culture, sans chercher à uniformiser autoritairement le pays, selon A. Dieckhoff, 2006.
Selon A. Dieckhoff, que déclarent les révolutionnaires au sujet des langues locales ?
Une « guerre impitoyable aux langues locales au nom de la consolidation de l’État national ».
Pourquoi les régimes postérieurs à la Révolution n’imposent-ils pas l’uniformisation linguistique par décret ?
Le projet révolutionnaire exige des bouleversements trop profonds pour être imposés par décret.
Jusqu’à quand la France reste-t-elle marquée par une forte diversité linguistique ?
Jusqu’à la fin du XIXe siècle.
Quel objectif républicain la diversité linguistique française contredit-elle ?
L’objectif universaliste de la République naissante.
En quelle année la Savoie est-elle rattachée à la France par référendum ?
En 1860.
Dans quelle œuvre Ernest Renan défend-il la conception politique de la nation ?
*Qu'est-ce qu'une nation ?*
En quelle année Ernest Renan prononce-t-il *Qu'est-ce qu'une nation ?* ?
1882.
Selon Max Weber, quand des dispositions héréditaires semblables créent-elles une communauté ?
Lorsqu’elles sont ressenties comme une caractéristique commune.
Dans l’État-nation français idéal-typique, quelle identité prime sur les appartenances aux groupes sociaux ?
L’identité nationale englobante.
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1. Quelle définition décrit le mieux un État-nation ?
2. Dans un territoire, l’État étend son administration à de nouvelles régions, mais les habitants ne construisent pas encore une identité nationale commune. Quelle interprétation convient ?
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