★ À maîtriser
📌 L’État-nation associe deux processus distincts : l’émergence et l’extension de l’État, d’une part, et la construction d’une identité nationale, d’autre part.
📌 « Nation » et « nationalisme » sont à la fois des catégories analytiques savantes et des étiquettes politiques employées dans des luttes partisanes ou des conflits armés.
Compléments
D. Fabre écrit que les mots comme « nation », « patrie », « ethnie » et « peuple » « d’un même mouvement, découpent le réel et le font exister » (1996 : 99).
J. Austin appelle « acte de langage » le fait qu’une énonciation puisse contribuer à faire exister ce qu’elle nomme, comme une nation ou un peuple.
L’analyse de la nation s’appuie sur la comparaison dans l’espace et dans le temps ainsi que sur la démarche historique.
★ À maîtriser
Compléments
Sous l’Ancien Régime, « nation » désignait de manière assez floue des populations ayant des caractéristiques culturelles ou religieuses communes, vivant dans une même contrée ou appartenant à un même État. - A.-M. Thiesse, article « Nation », Encyclopédie Universalis
Un arrêté du 23 juillet 1789 définit la nation comme une « personne juridique constituée par l’ensemble des individus composant l’État ».
Au milieu du XIXe siècle, « nationalisme » prend le sens d’une aspiration à l’indépendance politique et économique d’une communauté opprimée.
Nation médiévale, nation politique en 1789, nationalisme au sens actuel vers 1900.
★ À maîtriser
Avant le XIXe siècle, en Europe, les appartenances au village, à la ville, à la région et à la religion précédaient souvent l’appartenance nationale, les identités religieuses pouvant se superposer aux autres.
La question nationale se pose en Europe à partir de la Révolution française et occupe les élites intellectuelles et politiques occidentales au XIXe siècle.
L’étude historique du sentiment national porte sur la manière dont une population, sur un territoire donné, le :
Compléments
Les Grecs du Ve siècle avant J.-C. partageaient une langue, une religion, des lieux oraculaires comme Delphes et des événements comme les jeux olympiques, malgré les guerres entre cités indépendantes comme Athènes et Sparte.
Selon Joseph Strayer, au Moyen Âge, l’échelle des allégeances de la plupart des hommes plaçait d’abord le christianisme, puis l’appartenance régionale, et enfin l’appartenance française.
Après 1945, les mouvements de décolonisation réactualisent la question nationale, puis l’éclatement du bloc soviétique à partir de 1989 la remet également à l’ordre du jour.
Allégeances locales et religieuses avant le XIXe siècle, identité nationale construite ensuite.
★ À maîtriser
Selon A.-M. Thiesse, « la véritable naissance d’une nation, c’est le moment où une poignée d’individus déclare qu’elle existe et entend le prouver » (La construction des identités nationales, p. 11).
L’idée nationale est une construction historique dans laquelle les États ont souvent joué un rôle déterminant.
La langue est l’un des principaux vecteurs symboliques de la nationalisation des consciences, alors que nombre de langues européennes officielles n’existaient pas avant le XIXe siècle ou n’étaient parlées que par une minorité.
Compléments
Jusqu’au XVIIIe siècle, la grande masse de la population des pays européens était analphabète et, dans de nombreux pays, les langues n’avaient pas de retranscription formalisée comprenant grammaire, orthographe et dictionnaires.
À la fin de l’Ancien Régime, 40 % de la population française savait écrire son nom.
Ronsard et du Bellay, auteur de la Défense et illustration de la langue française (1549), contribuent à autonomiser le français du latin et à lui donner une légitimité artistique.
En 1634, l’Académie française est créée, puis son dictionnaire est rédigé en 1694.
Sous l’Ancien Régime, le français classique était surtout parlé par :
Selon A. Dieckhoff, les Bourbons promouvaient le français comme langue de l’appareil d’État et de haute culture sans chercher à uniformiser autoritairement le pays.
Centralisation royale → diffusion précoce du français officiel, sans uniformisation de la population.
★ À maîtriser
📌 La politique linguistique révolutionnaire poursuit un objectif fonctionnel, faciliter la diffusion des idées révolutionnaires, et un objectif politique, créer et consolider le sentiment d’appartenance à une communauté nationale.
Compléments
Souveraineté du peuple → effacement des divisions pour rendre la République « une et indivisible »
★ À maîtriser
Sous la IIIe République, le réseau d’écoles primaires et le service militaire contribuent à forger le sentiment national.
À l’école primaire, les enfants de 6 à 13 ans inclus reçoivent en français un enseignement comprenant l’éducation civique et morale, la géographie et l’histoire de France, les mathématiques et les sciences.
Compléments
Les régimes qui suivent la Révolution ne cherchent pas à uniformiser la langue sur le territoire, car le projet révolutionnaire implique des bouleversements trop profonds pour être imposés par décret.
Jusqu’à la fin du XIXe siècle, la France demeure marquée par une forte diversité linguistique, perçue comme contraire à l’objectif universaliste de la République naissante.
📌 L’homogénéisation nationale menée par l’État produit un sentiment national au détriment d’autres communautés, auxquelles elle impose une assimilation contestée.
★ À maîtriser
📌 À partir de la fin du XIXe siècle, une vision politique de la nation, fondée sur la volonté du peuple de faire nation, se diffuse parmi les élites républicaines françaises, notamment après la défaite face à l’Allemagne.
Compléments
Ernest Renan défend la conception politique de la nation dans la conférence « Qu'est-ce qu'une nation ? », prononcée en 1882.
Selon Max Weber, des dispositions semblables transmissibles par l’hérédité ne créent une communauté que si elles sont ressenties subjectivement comme une caractéristique commune.
📌 Dans sa version idéal-typique, l’État-nation français privilégie une identité nationale englobante au détriment des appartenances à des groupes sociaux tels que la famille, la région ou le groupe professionnel et religieux.
En France, la volonté du peuple fait la nation ; chez Herder et Schiller, la culture précède l’État
Conceptions politique et culturelle de la nation
| Dimension | Conception politique | Conception culturelle |
|---|---|---|
| Fondement | Volonté du peuple de faire nation | Culture et caractéristiques présentées comme préexistantes |
| Rapport à l’État | La volonté collective fonde la nation | La nation précède l’État |
| Repères du cours | Vision des élites républicaines françaises ; Renan | Herder et Schiller |
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Qu’est-ce qu’un État-nation ?
La coïncidence entre une ou plusieurs populations partageant des traits culturels et une même autorité institutionnelle.
Quel monopole institutionnel est inclus dans la définition de l’État-nation ?
Le monopole de l’exercice de la violence légitime.
Quels deux processus l’État-nation associe-t-il ?
L’émergence et l’extension de l’État, et la construction d’une identité nationale.
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