📋 Plan du Cours
- Société comme ordre harmonieux et œuvre commune
- Ordre de l’Église et ordre de l’État
- Cosmos, loi naturelle et abstraction géométrique
- Vision augustinienne de l’ordre politique
- Deux cités en parallèle et paix sociale
- Justice de l’Église et justice de l’État
- Augus tinisme politique et mission auxiliaire
- Métaphysique de Platon et participation au Bien
- Métaphysique d’Aristote et acte des substances
- Loi nouvelle et œuvres extérieures de moralité
- Loi de liberté et sacrements de la grâce
- Justice naturelle ordonnée à la charité
📖 1. Société comme ordre harmonieux et œuvre commune
🔑 Notions clés & Définitions
- Cosmos : Le cosmos désigne l’ordre du monde, pensé comme une structure harmonieuse qui rend le réel intelligible et orienté vers une œuvre commune.
- Œuvre commune : L’œuvre commune est le but collectif d’une société, réalisé grâce à des relations ordonnées entre les hommes.
- Ordre de l’Église : L’ordre de l’Église repose sur la surnature, la grâce, la théologie et les vertus théologales couronnées par la charité.
- Ordre de l’État : L’ordre de l’État repose sur la nature, la philosophie et les vertus cardinales couronnées par la justice.
📝 Points essentiels
- Une société est historiquement conçue en Occident comme un ensemble harmonieux de relations entre les hommes visant une œuvre commune.
- L’harmonie renvoie à un ordre mesuré et ajusté, associé à des notions comme cosmos, loi, justice, intelligence, beauté et amitié.
- Les relations entre sociétés sont comprises comme des relations entre des ordres différents, chacun structuré par un type de réalité et de vertus.
- L’Église est ordonnée à la surnature et à la grâce, tandis que l’État est ordonné à la nature et à la philosophie, avec des vertus respectives charité et justice.
- Distinguer théologie et philosophie, grâce et nature, charité et justice permet de distinguer Église et État.
- Postulat contre la pensée moderne : il existe un ordre dans la nature (cosmos), ce qui rend possible une philosophie pour comprendre la société humaine naturelle.
💡 Astuce mémo
Cosmos = ordre mesuré ; Église = grâce/charité ; État = nature/justice.
📖 2. Ordre de l’Église et ordre de l’État
🔑 Notions clés & Définitions
- Démiurge : Le Démiurge est le principe divin qui ordonne le cosmos en réalisant, dans le devenir, la forme et les propriétés du modèle éternel.
- Idée du Bien : L’idée du Bien est le principe qui rend possibles la science et la vérité, et qui dépasse l’essence en dignité et en puissance.
- Nomos : Le nomos est la loi comprise comme affaire d’esprit, liée à l’intellect (nous) et opposée à l’arbitraire du pouvoir.
- Participation : La participation est le fait que tout ce qui existe et se gouverne doit recevoir une part de l’idée du Bien en soi pour être ordonné.
- Souverain bien : Le souverain bien est l’unique fin vers laquelle convergent les sciences, la morale et la vie politique dans l’unité du corps politique.
📝 Points essentiels
- Platon fait du cosmos une image du divin : le monde reçoit sa rigueur et sa nécessité du paradigme de l’Être éternel plutôt que du sensible périssable.
- La conduite humaine est réduite à une méthode de reproduction : l’âme doit regarder un modèle ordonné conforme au logos puis s’efforcer de le réaliser.
- Le modèle idéal conserve sa valeur même si sa réalisation historique est incertaine : le plan du peintre ou de l’État parfait peut guider sans preuve d’existence.
- La loi est rattachée au nous : une loi bien faite élève l’esprit, relève de l’épistémè et exige réflexion intelligente, justification et recherche de la vraie loi.
- Nomos s’oppose à l’arbitraire : la loi garantit sécurité aux citoyens et autorité aux magistrats, et sert de maître aux Grecs plutôt qu’un homme.
- Principe grec : on ne confie pas le pouvoir à un homme pour lui-même, mais on veut que quel que soit le régime, l’homme serve la justice comme but de la cité et souverain bien.
💡 Astuce mémo
Modèle → loi : l’âme copie l’ordre du Bien, et la cité copie la loi contre l’arbitraire.
📖 3. Cosmos, loi naturelle et abstraction géométrique
🔑 Notions clés & Définitions
- Contemplation de Dieu : La contemplation de Dieu est l’accès intellectuel à la vérité divine, présenté comme l’aboutissement naturel ou rendu possible par la grâce.
- Idées platoniciennes : Les idées platoniciennes sont des raisons/formes éternelles et immuables, contenues dans l’intelligence divine et servant de modèles à tout ce qui existe.
- Illumination : L’illumination est l’acte par lequel l’âme, en état de grâce, peut contempler les idées grâce à une lumière intelligible intérieure.
- Théologie naturelle : La théologie naturelle est l’effort philosophique visant Dieu comme sagesse et vérité, sans dépendre d’abord d’un contenu spécifiquement révélé.
- Nature pure : La nature pure est la thèse selon laquelle l’homme ne peut atteindre Dieu par ses seules capacités naturelles, ce qui rend la grâce indispensable.
📝 Points essentiels
- Le bien véritable est identifié à Dieu, présenté comme l’être le plus lumineux et l’objet de la contemplation.
- Platon est présenté comme défendant l’idée d’un seul type de gouvernement, car État et Église visent le même bien, avec une différence de visée (terre vs ciel).
- La philosophie est décrite comme amour de Dieu, et le philosophe est défini comme celui qui aime Dieu, créateur de tout.
- La connaissance par les sens est jugée insuffisante car elle ne permet pas de distinguer le vrai du faux dans des expériences comme le rêve ou la folie.
- Les idées sont dites éternelles et immuables, et tout ce qui naît et meurt est formé selon leur participation.
- Seule une âme sainte et pure est dite apte à contempler les idées, grâce à l’intelligence intérieure plutôt qu’aux yeux du corps.
💡 Astuce mémo
Idées = modèles éternels en Dieu ; âme pure + grâce = illumination ; sens = trompeur (rêve/folie).
📖 4. Vision augustinienne de l’ordre politique
🔑 Notions clés & Définitions
- Cité terrestre : La cité terrestre désigne la communauté fondée sur l’amour de soi jusqu’au mépris de Dieu.
- Cité céleste : La cité céleste désigne la communauté fondée sur l’amour de Dieu jusqu’au mépris de soi.
- Deux amours : Les deux amours sont le principe qui explique la naissance et la destinée des deux cités.
- Vraie justice : La vraie justice est la condition sans laquelle il n’y a pas de véritable république, car elle fonde l’ordre politique.
- République comme chose du peuple : La république est la chose du peuple, c’est-à-dire une association fondée sur la sanction du droit et la communauté d’intérêt.
📝 Points essentiels
- Le bonheur du philosophe est lié à la jouissance de Dieu : aimer Dieu et jouir de Dieu rend heureux.
- Les deux cités sont mêlées dans l’histoire présente et ne seront séparées qu’au jugement dernier.
- Deux amours structurent tout : l’amour de soi méprise Dieu (cité terrestre) et l’amour de Dieu méprise soi (cité céleste).
- La cité terrestre cherche sa gloire en elle-même et demande la gloire aux hommes, tandis que la cité céleste se glorifie dans le Seigneur.
- L’ordre politique dépend de la justice : sans justice rigoureuse, il n’y a ni gouvernement solide ni stabilité possible.
- La république n’existe vraiment que si elle est gouvernée avec une souveraine justice, et un peuple injuste cesse d’être un vrai peuple.
💡 Astuce mémo
Deux amours → deux cités : soi→mépris de Dieu (terrestre), Dieu→mépris de soi (céleste) ; et sans justice, pas de vraie république.
📖 5. Deux cités en parallèle et paix sociale
🔑 Notions clés & Définitions
- Cité de Dieu : La cité de Dieu désigne la communauté dont la justice et la paix viennent de Dieu, et dont le Christ est le souverain fondateur.
- Cité terrestre : La cité terrestre regroupe les hommes qui cherchent leur bonheur par leurs forces et leurs coutumes, sans recevoir la justice de Dieu.
- Justice de Dieu : La justice de Dieu est la sainteté que Dieu donne, source unique de la justice des hommes.
- Souverain bien : Le souverain bien est la fin véritable de l’existence, identifiée à la vie éternelle plutôt qu’au bonheur terrestre.
- Paix sociale : La paix sociale est le but recherché par tous, mais elle ne peut être pleinement fondée que dans la perspective de la cité de Dieu.
📝 Points essentiels
- La justice véritable n’appartient qu’à la cité dont le Christ est le fondateur et le souverain, et non à une simple république humaine.
- La religion n’améliore pas la morale par elle-même : la vraie félicité ne vient que de l’homme de bien, serviteur du seul Dieu.
- Quand la cité se mourait de vices, les « dieux » n’ont pas corrigé ses mœurs : ils ont aidé la corruption.
- La justice biblique est une sainteté qui rend participant à la seule source de justice, Dieu, et non une acquisition par mérite humain.
- Les Israélites charnels et la Jérusalem terrestre veulent établir leur propre justice et refusent de se soumettre à la justice donnée par Dieu.
- Dieu confond les superbes et relève les humbles : l’« arc des puissants » est détendu tandis que les faibles sont revêtus de force par l’appel à Dieu (Anne).
💡 Astuce mémo
Justice = don de Dieu (pas mérite) : « source unique » → paix possible.
📖 6. Justice de l’Église et justice de l’État
🔑 Notions clés & Définitions
- Cité de Dieu : La cité céleste est une communauté qui traverse la vie terrestre en vivant de la foi et en rapportant la paix temporelle à la paix véritable.
- Cité terrestre : La cité de la terre est une communauté qui ne vit pas de la foi et cherche surtout la paix et les plaisirs temporels.
- Obéissance de nécessité : L’obéissance aux lois de l’État est une réponse imposée par la condition humaine, sans engagement du cœur envers l’ordre politique.
- Justice de l’Église : La justice de l’Église relève d’un plan spirituel, fondé sur l’union à Dieu et au prochain, et ne se réduit pas à des sanctions terrestres.
- République romaine : La république, définie comme la chose du peuple, suppose des droits reconnus et une justice réelle, ce qui conduit à contester la réalité de la république à Rome.
📝 Points essentiels
- Les deux cités coexistent pendant le temps présent mais poursuivent des fins différentes, ce qui rend leur compatibilité limitée.
- L’usage des biens nécessaires à la vie est commun, mais le but de cet usage diverge entre ceux qui vivent de la foi et ceux qui n’y vivent pas.
- Les chrétiens obéissent aux lois de l’État pour ce qui règle la vie mortelle, sauf quand l’obéissance exigerait d’adorer de faux dieux.
- L’obéissance n’est pas une obéissance de cœur : la justice véritable de la cité céleste se situe ailleurs et vise une paix véritable en Dieu.
- La paix terrestre est utilisée comme un moyen provisoire, jusqu’à ce que tout ce qui est mortel passe et que la paix véritable soit atteinte.
- La démonstration d’Augustin lie république, peuple, droit et justice : sans justice il n’y a ni droit, ni peuple, donc pas de république au sens défini par Scipion/Cicéron.
💡 Astuce mémo
Foi→fins différentes : même biens, buts opposés; obéir→nécessité, pas cœur.
📖 7. Augus tinisme politique et mission auxiliaire
🔑 Notions clés & Définitions
- Justice de l’Église : La justice de l’Église est une justice intérieure, charitable et non sanctionnable par la force terrestre, annoncée dans l’Évangile et résumée par l’amour.
- Justice de l’État : La justice de l’État est une justice sanctionnée sur terre qui règle les intérêts temporels, même si elle peut être injuste.
- Bras séculier : Le bras séculier désigne l’idée selon laquelle l’État peut servir indirectement la justice de l’Église en combattant ce qui s’y oppose.
- Schisme donatiste : Le schisme donatiste est l’événement utilisé par Augustin pour justifier que la crainte et les lois peuvent, malgré tout, contribuer au bien de l’Église.
- Décret de Gratien : Le décret de Gratien est une grande compilation canonique qui assimile le droit naturel à ce qui est contenu dans l’Écriture et l’exprime par la règle d’or.
📝 Points essentiels
- La justice évangélique est imprécise car elle relève d’un esprit et d’une adhésion intérieure à Dieu plutôt que d’un critère juridique clair.
- La justice évangélique exige une perfection qui dépasse le simple partage équitable des biens et implique un renoncement total aux intérêts temporels.
- La justice évangélique est inapte à la sanction car elle vise le cœur et ne peut être jugée ni contrainte par des moyens terrestres.
- Augustin affirme que la justice de l’Église et celle de l’État ne se contredisent pas car elles ne se rencontrent pas : l’une est sanctionnable sur terre, l’autre non.
- Augustin maintient l’obéissance aux lois injustes en invoquant qu’un minimum d’ordre et de paix vaut mieux que le chaos, et en reliant cela à la Providence.
- La théorie du bras séculier présente l’État comme un auxiliaire : il ne s’identifie pas à la justice de l’Église mais peut l’aider indirectement en luttant contre ses oppositions.
💡 Astuce mémo
Deux justices, deux mondes : Église sans sanction (cœur→amour), État avec sanction (terre→ordre).
📖 8. Métaphysique de Platon et participation au Bien
🔑 Notions clés & Définitions
- Participation au Bien : La participation au Bien désigne l’idée que tout être doit s’ordonner à une réalité supérieure, le Bien en soi, pour recevoir son sens et sa finalité.
- Bien en soi : Le Bien en soi est l’Idée platonicienne d’un Bien unique et général, censé servir de principe commun à tous les biens particuliers.
- Métaphysique de la participation : La métaphysique de la participation affirme que l’unité du réel passe par une loi éternelle où le Bien en soi se rend présent.
- Acte et substance : La substance aristotélicienne est pensée comme ce qui existe réellement, et son être se manifeste par l’acte plutôt que par une simple idée.
- Bien selon les catégories : Le bien selon les catégories signifie que le bien se décline selon plusieurs genres de l’être, donc sans unique modèle général.
📝 Points essentiels
- Dans la perspective platonicienne, l’être se situe d’abord dans l’universel et l’essence (l’Idée) plutôt que dans l’existence singulière.
- La conséquence platonicienne est une métaphysique de la participation : tout doit se rejoindre dans la loi éternelle, identifiée au Bien en soi.
- La participation au Bien est présentée comme rendue possible par l’Église, qui résume le mystère du salut depuis l’origine de l’humanité.
- Dans la perspective aristotélicienne, l’être réel est d’abord dans l’existence singulière, la substance première, avant les universaux.
- La conséquence aristotélicienne est une métaphysique de l’attribution : chaque être se comprend par ses causes et par son actualisation propre.
- La critique d’Aristote vise l’idée d’un Bien en soi unique : le bien se répartit en plusieurs catégories de l’être, donc il n’y a pas une seule science des biens.
💡 Astuce mémo
Platon : Bien unique → participation ; Aristote : biens multiples → actes et catégories.
📖 9. Métaphysique d’Aristote et acte des substances
🔑 Notions clés & Définitions
- État : L’État est l’association politique qui englobe toutes les autres associations en visant le bien le plus important.
- Justice : La justice est la règle de l’association politique et la décision du juste qui constitue le droit.
- Parole humaine : La parole est ce qui permet d’exprimer le bien et le mal, donc le juste et l’injuste, et de fonder la vie sociale.
- Tout sur la partie : Le tout l’emporte sur la partie, car la réalité des parties dépend de leur appartenance au tout.
- Église : L’Église est une association surnaturelle, distincte de l’État, orientée vers le salut des âmes par la grâce.
📝 Points essentiels
- Toute association se forme en vue d’un bien, et l’État vise le bien le plus important parmi les biens humains.
- Les fonctions de roi, magistrat, père de famille et maître ne se confondent pas : elles diffèrent spécifiquement, pas seulement en degré.
- La méthode consiste à réduire le composé à ses éléments indécomposables et à remonter à l’origine pour observer le développement.
- L’homme est naturellement social : comme les abeilles, il s’associe, mais il se distingue par la parole qui exprime le juste et l’injuste.
- L’État est naturellement au-dessus de la famille et de l’individu, car la destruction du tout fait disparaître la réalité des parties.
- Sans société et sans lois, l’homme devient soit une brute, soit un dieu, donc il ne peut être membre de l’État sans vivre en commun avec justice et droit.
💡 Astuce mémo
Parole → juste : la parole rend possible la justice, donc la cité.
📖 10. Loi nouvelle et œuvres extérieures de moralité
🔑 Notions clés & Définitions
- Loi nouvelle : La loi nouvelle est la règle morale de la nouvelle alliance, promulguée dans l’Évangile et diffusée dans le cœur des fidèles par le Saint-Esprit.
- Œuvres extérieures : Les œuvres extérieures sont les actes visibles relevant du culte, des pratiques sociales et des prescriptions qui concernent l’organisation de la vie commune.
- Charité : La charité est l’amour qui fait agir intérieurement et qui opère la foi, en orientant l’homme vers le bien au-delà de la simple conformité extérieure.
- Sacrements de la loi nouvelle : Les sacrements de la loi nouvelle sont les rites institués par le Christ pour conférer la grâce et soutenir le bon usage de celle-ci.
📝 Points essentiels
- La loi nouvelle ne règle pas suffisamment les actes extérieurs si on attend d’elle des prescriptions détaillées comme celles de la loi ancienne.
- La foi agissant par la charité est le principe qui donne sa valeur aux réalités de la loi nouvelle, et elle dépasse ce que la loi ancienne explicitait.
- La loi ancienne comportait des préceptes cérémoniels et judiciaires, alors que la loi nouvelle ne comporte pas de préceptes judiciaires.
- Le Christ affirme que celui qui met en pratique ses paroles construit sur le roc, ce qui fonde l’idée que tout ce qui concerne le salut est suffisamment exposé.
- La loi nouvelle commande seulement ce qui introduit à la grâce et ce qui est nécessaire au bon usage de la grâce.
- Le Christ institue les sacrements de la loi nouvelle : baptême, eucharistie, ordination des ministres, pénitence et mariage indissoluble.
💡 Astuce mémo
Foi→Charité→Grâce : la loi nouvelle vise d’abord l’intérieur, puis les sacrements qui donnent la grâce.
📖 11. Loi de liberté et sacrements de la grâce
🔑 Notions clés & Définitions
- Loi nouvelle : La loi nouvelle est l’ordre donné par le Christ où la grâce du Saint-Esprit oriente la vie des croyants.
- Sacrements de la loi nouvelle : Les sacrements de la loi nouvelle sont des réalités instituées par le Christ qui transmettent la grâce dont il est la source.
- Foi agissant par la charité : La foi agissant par la charité désigne l’union intérieure de la foi et de l’amour qui anime l’agir moral.
- Préceptes moraux : Les préceptes moraux sont des commandements liés à la vertu, accessibles à la raison et exprimant l’autorité de la raison.
- Œuvres extérieures : Les œuvres extérieures sont des actions sensibles qui peuvent soit introduire à la grâce, soit découler de la grâce intérieure.
📝 Points essentiels
- La loi nouvelle n’a pas à préciser des commandements ou interdictions pour toutes les œuvres extérieures, sauf pour les sacrements et les préceptes moraux liés à l’idée de vertu.
- La grâce dépasse la raison humaine, donc l’accroissement de la grâce appelle une révélation plus complète des vérités de foi.
- Les préceptes moraux relèvent de la raison comme règle de l’agir humain, et portent sur des actes comme ne pas tuer ou ne pas voler.
- Les sacrements sont institués par le Christ en personne car ils donnent la grâce dont le Christ est la source unique.
- Les réalités sacrées comme la consécration d’un temple ou la simple célébration de solennités ne donnent pas la grâce par elles-mêmes, donc leur établissement est laissé à la discrétion des fidèles.
- Les règles données aux Apôtres ont un caractère moral plutôt que cérémoniel, et peuvent être comprises comme des concessions ou comme des règles provisoires pour la mission avant la passion du Christ.
💡 Astuce mémo
Grâce = dépassement de la raison ; Loi = liberté pour le non-essentiel ; Sacrements = Christ institue ; Morale = raison guide.
📖 12. Justice naturelle ordonnée à la charité
🔑 Notions clés & Définitions
- Justice légale : La justice légale est une vertu générale qui ordonne les actes humains au bien commun de la société.
- Charité : La charité est une vertu qui ordonne les actes humains au bien divin, en les rapportant à Dieu.
- Justice générale : La justice générale désigne la justice qui englobe l’agir envers autrui et peut relever des autres vertus en vue du bien commun.
- Harmonie de l’incarnation : L’harmonie de l’incarnation exprime l’accord distinct mais coordonné entre l’ordre naturel et l’ordre de la grâce, entre État et Église.
📝 Points essentiels
- Saint Thomas juge la convenance de la loi ancienne à la raison naturelle, puis mesure la valeur de la loi humaine à la loi divine.
- Les lois divines servent de garde-fou sans empiéter sur la raison, et la théologie trie les doctrines profanes selon la foi plutôt que de déterminer la politique par raison.
- La justice est une vertu générale car elle règle les rapports avec autrui à l’intérieur de la société et subordonne le bien de la partie au bien du tout.
- La justice légale ne se confond pas avec n’importe quelle vertu : elle se distingue en tant qu’elle ordonne au bien commun, comme la charité ordonne au bien divin.
- La justice naturelle est “matière” de la charité : les actions justes selon la mesure sociale deviennent, en second ordre, mesurées par la charité envers Dieu.
- L’ordre de la nature et de la grâce s’articule ainsi : l’État garantit la justice (mesure sociale), tandis que l’Église transmet la grâce et juge ce qui relève de l’exercice de la charité.
💡 Astuce mémo
Justice = mesure sociale (État) ; Charité = mesure divine (Église) : la justice prépare la charité, comme la partie se subordonne au tout.
📊 Tableaux de synthèse
Église vs État : fondements et justice
| Ordre | Fondement | Justice / finalité |
|---|
| Église | surnature, grâce, théologie, vertus théologales couronnées par la Charité | justice intérieure non sanctionnable par la force terrestre; paix rapportée à la paix véritable; fin: vie éternelle |
| État | nature, philosophie, vertus cardinales couronnées par la Justice | justice sanctionnée sur terre réglant les intérêts temporels; paix temporelle comme moyen provisoire; fin: souverain bien terrestre (limité) |
Platon vs Aristote : cosmos, loi et bien
| Auteur | Cosmos / loi | Bien / méthode |
|---|
| Platon | cosmos comme ordonnance intérieure; loi rattachée au nous (esprit) et opposée à l’arbitraire; modèle à imiter | Bien en soi unique par participation; méthode: contemplation du modèle intelligible (idéalité indépendante de l’application) |
| Aristote | réalité dans les substances singulières en acte; loi comme règle de l’association politique | biens multiples selon catégories; méthode: partir des faits et remonter aux conditions d’intelligibilité; critique du Bien en soi |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre cosmos (ordre mesuré et intelligible) et simple “ordre” social : chez le cours, le cosmos renvoie à une intelligibilité et à une loi du monde.
- Croire que l’Église et l’État visent la même justice au même niveau : le cours insiste sur deux plans (justice intérieure vs justice sanctionnée) et sur leur non-contradiction.
- Interpréter la “paix sociale” comme une fin ultime : elle est recherchée par tous, mais ne peut être pleinement fondée que dans la perspective de la cité de Dieu.
- Réduire la cité céleste à l’Église militante et la cité terrestre à l’État : le cours met en garde contre cette assimilation trop simple et parle plutôt de sociétés mêlées dans l’histoire.
- Penser que la loi nouvelle donne des prescriptions détaillées pour toutes les œuvres extérieures : elle commande surtout ce qui introduit à la grâce (sacrements) et les préceptes moraux liés à la vertu.
- Croire que la justice chez saint Thomas se confond avec la charité : la justice est une vertu générale ordonnant au bien commun, tandis que la charité ordonne au bien divin; elles s’harmonisent.
- Croire que l’obéissance aux lois injustes est une approbation morale : chez Augustin, c’est une obéissance de nécessité pour éviter le chaos, reliée à la Providence et au maintien d’un minimum d’ordre.
✅ Checklist Examen
- Définir une société comme ensemble harmonieux de relations entre les hommes visant une œuvre commune, et expliquer pourquoi “harmonieux” renvoie à cosmos, loi, justice, intelligence, beauté et amitié.
- Expliquer la distinction structurante Église/État : ordre de l’Église (surnature, grâce, théologie, charité) et ordre de l’État (nature, philosophie, vertus cardinales, justice).
- Présenter le postulat contre la pensée moderne : il existe un ordre dans la nature (cosmos), rendant possible une philosophie pour comprendre la société humaine naturelle.
- Exposer la pensée platonicienne : cosmos comme ordonnance intérieure, loi rattachée au nous, opposition au pouvoir arbitraire, et méthode d’imitation du modèle intelligible (idée du Bien).
- Expliquer la participation au Bien chez Platon : souverain bien unique, rôle de l’idée du Bien comme principe de science et de vérité, et critique de la connaissance par les sens (rêve/folie).
- Présenter la vision augustinienne : deux amours (amour de soi jusqu’au mépris de Dieu / amour de Dieu jusqu’au mépris de soi) et naissance/destin des deux cités.
- Relier justice et république chez Augustin : vraie justice condition de la vraie république (chose du peuple fondée sur sanction du droit et communauté d’intérêt), et démonstration que sans justice il n’y a pas de peuple
- Expliquer la co-présence des deux cités et la paix sociale : usage commun des biens nécessaires, mais fins différentes; obéissance aux lois de l’État sauf quand l’obéissance exigerait d’adorer de faux dieux.
- Décrire la solution augustinienne aux tensions justice Église/justice État : deux justices qui ne se rencontrent pas (sanctionnable vs non sanctionnable), maintien de l’obéissance malgré l’injustice, et théorie du bras/s
- Expliquer la justice évangélique : imprécision (esprit et adhésion intérieure), exigence de perfection, inaptitude à la sanction, et rôle des sacrements comme actes extérieurs institués par le Christ.
- Exposer la métaphysique de la participation (Platon) et d’attribution (Aristote) : universel/essence vs substance singulière/acte, et conséquences sur l’unité ou la pluralité des biens.
- Présenter la critique d’Aristote du Bien en soi : biens multiples selon catégories, absence de science unique des biens, et méthode partant des faits et de l’observation.
- Expliquer la synthèse de saint Thomas : grâce n’abolit pas la nature, raison naturelle sert la foi et inclinaison naturelle seconde la charité; loi éternelle, loi naturelle, loi humaine, loi ancienne et loi nouvelle.
- Maîtriser la Q.108 (loi nouvelle et œuvres extérieures) : loi nouvelle règle surtout sacrements et préceptes moraux liés à la vertu; le reste est laissé au jugement des fidèles/supérieurs; distinguer œuvres introduisant/
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