QCM : Poétique et comique des fabliaux (11 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Que désigne le terme « fabliaux » dans la littérature médiévale ?

Un récit médiéval unique transmis sous plusieurs versions
Un recueil constitué de textes sélectionnés par un éditeur
Un genre littéraire dont une centaine d’exemples sont conservés
L’ensemble des quelque mille fabliaux potentiellement composés

Un genre littéraire dont une centaine d’exemples sont conservés

Explication

Les fabliaux désignent un genre littéraire, dont environ une centaine d’exemples sont conservés, et non un livre ou un récit unique. L’anthologie est un recueil sélectionné, le récit unique réduit le genre à une œuvre et le millier correspond à une estimation des textes potentiels.

2. Une étude d’une anthologie de fabliaux relève que plusieurs récits mettent en scène des tromperies. Quelle conclusion respecte la portée de cet échantillon ?

Les tromperies constituent une règle du genre dès qu’elles apparaissent dans plusieurs textes
Les tromperies sont nécessairement le critère qui a guidé la sélection de l’anthologie
Les tromperies caractérisent les récits étudiés, sans qu’on puisse les attribuer à tous les fabliaux
Les tromperies définissent l’ensemble des fabliaux, puisque plusieurs récits les présentent

Les tromperies caractérisent les récits étudiés, sans qu’on puisse les attribuer à tous les fabliaux

Explication

Une anthologie ne représente qu’une sélection de textes : les traits observés dans celle-ci ne doivent pas être généralisés à tous les fabliaux. Attribuer les tromperies à tout le genre généralise l’échantillon, supposer une sélection exhaustive confond choix et totalité, et en faire une règle transforme une récurrence en norme.

3. Dans le prologue de la Chanson des Saisnes, quelles sont les trois matières distinguées par Jean Bodel ?

La matière de France, celle de Rome et celle de Grèce
La matière épique, celle courtoise et celle religieuse
La matière de France, celle de Bretagne et celle de Rome
La matière de Bretagne, celle d’Angleterre et celle de Rome

La matière de France, celle de Bretagne et celle de Rome

Explication

Jean Bodel distingue les matières de France, de Bretagne et de Rome dans le prologue de la Chanson des Saisnes. La Grèce et l’Angleterre remplacent à tort une matière citée, tandis que l’épopée, le courtois et le religieux sont des catégories d’un autre ordre.

4. Un étudiant constate qu’aucun art poétique vernaculaire des XIIe et XIIIe siècles ne définit précisément les genres. Quelle conclusion peut-il en tirer ?

Les arts poétiques codifient précisément les genres, même sans les nommer explicitement
Les genres ne sont pas définis précisément par des arts poétiques, même si des termes génériques existent
Les genres médiévaux ne se distinguent pas par des pratiques ou des rapprochements entre textes
Les textes médiévaux ne possèdent aucun terme permettant de distinguer leurs genres

Les genres ne sont pas définis précisément par des arts poétiques, même si des termes génériques existent

Explication

La littérature vernaculaire des XIIe et XIIIe siècles ne dispose pas d’arts poétiques définissant précisément des genres comme le fabliau, mais les termes génériques existent. Conclure à l’absence de tout terme confond absence de codification et absence de vocabulaire, supposer des définitions codifiées contredit le constat, et nier toute distinction ignore les pratiques médiévales.

5. Que désigne la brièveté dans la composition des fabliaux ?

Une histoire brève dont l’action se déroule nécessairement en une seule nuit et dans une maison
Une narration rapide qui privilégie les dialogues et supprime les descriptions de lieux
Une longueur réduite et une narration concise qui écarte digressions et aventures multiples pour conserver l’essentiel
Un récit limité à un incident unique, sans conséquences ni péripéties secondaires

Une longueur réduite et une narration concise qui écarte digressions et aventures multiples pour conserver l’essentiel

Explication

La brièveté concerne à la fois la taille du récit et sa concision, qui évite les digressions et les aventures multiples. La distinction entre un incident unique et plusieurs aventures liées définit plutôt les fabliaux simples et élaborés.

6. Quel philosophe affirme, dans *Le rire. Essai sur la signification du comique*, que le personnage comique est un type ?

Claude Roussel
Henri Bergson
Roger Dubuis
Dominique Boutet

Henri Bergson

Explication

Henri Bergson formule cette idée dans son essai publié en 1900 : la ressemblance à un type possède une dimension comique. Claude Roussel traite plutôt des traits donnés d’emblée aux personnages médiévaux, sans être l’auteur de cette affirmation sur le personnage comique.

7. Dans les fabliaux, quelle fonction les paroles remplissent-elles souvent au-delà de l’échange entre personnages ?

Elles suspendent l’intrigue pour développer longuement la psychologie des personnages.
Elles transmettent des informations et font progresser l’intrigue, notamment en servant la ruse.
Elles décrivent les voyages afin de détailler les étapes du déplacement des personnages.
Elles présentent surtout des retours en arrière qui expliquent les événements antérieurs.

Elles transmettent des informations et font progresser l’intrigue, notamment en servant la ruse.

Explication

La parole-action peut transmettre des informations et faire avancer l’intrigue, par exemple en soutenant une ruse ou une imposture verbale. À l’inverse, les voyages sont rarement racontés pour eux-mêmes : l’arrivée du personnage compte surtout parce qu’elle déclenche les péripéties.

8. Selon Roger Dubuis, comment se distingue un « point de bascule » d’une chute dans un fabliau ?

Il révèle la morale au milieu du récit, tandis que la chute rétablit l’ordre social à la fin.
Il surprend pendant l’intrigue et réoriente le récit, tandis que la chute produit un effet abrupt à la fin.
Il introduit un personnage secondaire pendant l’intrigue, tandis que la chute explique son rôle après le dénouement.
Il résume l’action au début du récit, tandis que la chute développe les conséquences après le dénouement.

Il surprend pendant l’intrigue et réoriente le récit, tandis que la chute produit un effet abrupt à la fin.

Explication

Le point de bascule surprend le public au cours de l’intrigue et fait bifurquer le récit, alors que la chute repose sur un effet final abrupt. La révélation d’une morale au milieu du récit ne correspond pas à cette distinction.

9. En quoi l’inversion carnavalesque se distingue-t-elle d’une subversion durable de l’ordre social ?

Elle suspend l’ordre social pour divertir, sans associer le renversement à une idée de régénération.
Elle ridiculise les dominés afin de confirmer les hiérarchies et de préserver les valeurs établies.
Elle renverse durablement l’ordre afin de remplacer les hiérarchies sociales par de nouvelles institutions.
Elle renverse provisoirement l’ordre afin de régénérer ce qui a été déprécié, sans viser à maintenir ce renversement.

Elle renverse provisoirement l’ordre afin de régénérer ce qui a été déprécié, sans viser à maintenir ce renversement.

Explication

Le rire carnavalesque met temporairement l’ordre à l’envers et rabaisse le haut dans une perspective de régénération. À la différence de cette inversion provisoire, la subversion durable chercherait à transformer définitivement l’ordre social.

10. Quelle interprétation Alain Corbellari donne-t-il de la représentation défavorable des prêtres dans les fabliaux ?

Elle attaque la doctrine chrétienne en présentant les prêtres comme ses représentants fidèles.
Elle dénonce surtout le pouvoir politique des prêtres et leur influence sur les institutions civiles.
Elle critique leur manquement à la morale chrétienne plutôt que les prêtres en général.
Elle condamne l’ensemble du clergé en raison de son opposition aux traditions populaires.

Elle critique leur manquement à la morale chrétienne plutôt que les prêtres en général.

Explication

Alain Corbellari voit dans cette stigmatisation une critique des prêtres qui contreviennent à la morale chrétienne, et non une attaque blasphématoire contre tous les prêtres. L’interprétation d’une condamnation générale du clergé va donc au-delà de cette critique ciblée.

11. Quel effet produit le fait que les fabliaux mettent en scène des personnages grotesques sans viser généralement une cible précise ?

Le rire repose sur une galerie de figures plutôt que sur une attaque dirigée contre un groupe déterminé.
Le texte se transforme en parodie intertextuelle d’une œuvre médiévale précise.
L’animal devient une allégorie chargée de dénoncer une institution sociale.
Le récit devient une satire explicite dont le blâme vise une personne identifiable.

Le rire repose sur une galerie de figures plutôt que sur une attaque dirigée contre un groupe déterminé.

Explication

L’absence habituelle de cible précise distingue le comique des fabliaux de la satire dirigée contre une personne ou un groupe déterminé. Une parodie intertextuelle, contrairement à cette tendance, suppose un renvoi à une œuvre précise, auquel les fabliaux recourent rarement.

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Quel genre littéraire désigne le fabliau ?

Un genre littéraire, et non une œuvre unique.

Quelles sont les trois matières distinguées par Jean Bodel dans le prologue de *La chanson des Saisnes* (1989) ?

La matière de France, celle de Bretagne et celle de Rome.

Qui a sélectionné les dix-neuf récits de l’anthologie au programme ?

Jean Dufournet.

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