Fiche de révision : Principes éthiques en démocratie et justice

📋 Plan du Cours

  1. Enjeux éthiques en démocratie
  2. Rappel des trois grandes familles éthiques
  3. Éthique des vertus appliquée à l’ingénieur
  4. Utilitarisme et calcul des conséquences
  5. Déontologisme et règles impératives
  6. Société bien ordonnée et justice publique
  7. Réhabilitation du déontologisme par Rawls
  8. Position originelle et voile d’ignorance
  9. Deux principes de justice de Rawls
  10. Éthique de la discussion et conditions de validité
  11. Désobéissance civile et critères d’acceptabilité
  12. Bibliographie essentielle du cours

📖 1. Enjeux éthiques en démocratie

🔑 Notions clés & Définitions

  • Théorie de la justice : Théorie politique et morale qui cherche à définir des principes justes pour organiser la coopération entre citoyens.
  • John Rawls : Auteur associé à une théorie de la justice visant à penser l’équité des institutions démocratiques.
  • Conflictualité en démocratie : Notion qui désigne la présence de désaccords et de tensions dans l’espace public, traités par des procédures démocratiques.
  • Démocratie ouverte : Idée de démocratie conçue comme un système ouvert, où les débats et la participation jouent un rôle central.

📝 Points essentiels

  • La séance relie l’éthique politique à des enjeux actuels de la démocratie, en particulier la justice et la gestion des désaccords.
  • La théorie de la justice de John Rawls sert de repère pour réfléchir à ce qui rend une institution légitime et équitable.
  • La discussion en démocratie implique une conflictualité : le désaccord n’est pas un accident, mais une donnée à organiser.
  • Les enjeux éthiques portent sur la manière de décider collectivement quand les intérêts et valeurs divergent.
  • Le schéma de démocratie ouverte met l’accent sur la circulation des débats et la participation comme éléments structurants du fonctionnement démocratique.

💡 Astuce mémo

Rawls = Justice; Conflit = Discussion organisée; Ouverte = Participation et débat.

📖 2. Rappel des trois grandes familles éthiques

🔑 Notions clés & Définitions

  • Utilitarisme : Doctrine éthique qui juge une action à partir de ses conséquences, en cherchant le meilleur bilan global pour toutes les parties prenantes.
  • Déontologisme : Approche éthique qui évalue une action selon le respect de règles impératives, indépendamment des conséquences attendues.
  • Éthique des vertus : Courant éthique qui met l’accent sur les qualités morales d’une personne, comme la prudence ou l’honnêteté, plutôt que sur un calcul ou une règle unique.
  • Ingénieur vertueux : Idéal moral appliqué à l’ingénierie : un bon ingénieur se caractérise par des vertus comme la prudence, l’honnêteté et la responsabilité.

📝 Points essentiels

  • L’utilitarisme demande d’examiner les conséquences globales pour toutes les parties prenantes.
  • L’utilitarisme vise la décision qui produit le plus de satisfaction et le moins d’insatisfaction pour le plus grand nombre.
  • Le déontologisme cherche s’il existe une règle impérative à respecter, même si les conséquences semblent favorables.
  • Le déontologisme s’exprime par des interdits typiques comme ne pas frauder et ne pas mentir.
  • L’éthique des vertus demande quelles qualités morales caractérisent un bon ingénieur.
  • Un bon ingénieur est attendu comme prudent, honnête et responsable.

💡 Astuce mémo

Utilitarisme = calcul des conséquences; Déontologisme = règles à respecter; Vertus = qualités de la personne.

📖 3. Éthique des vertus appliquée à l’ingénieur

🔑 Notions clés & Définitions

  • Éthique des vertus : Approche morale centrée sur les qualités de caractère d’un agent, plutôt que sur des règles fixes ou un calcul des conséquences.
  • Utilitarisme : Théorie morale qui juge une décision à partir de ses conséquences globales, en cherchant le plus de satisfaction et le moins d’insatisfaction pour le plus grand nombre.
  • Déontologisme : Position morale qui privilégie le respect de règles impératives, indépendamment des conséquences attendues.
  • Consentement libre et éclairé : Principe selon lequel les personnes concernées doivent pouvoir décider en connaissance de cause, sans contrainte, avant d’être impliquées.
  • Éthique des vertus et ingénieur : Idée selon laquelle un bon ingénieur devrait développer des qualités comme prudence, honnêteté et responsabilité pour guider ses choix.

📝 Points essentiels

  • L’utilitarisme cherche la décision qui maximise la satisfaction et minimise l’insatisfaction pour le plus grand nombre.
  • Le déontologisme pose l’existence de règles impératives à respecter quelles que soient les conséquences, comme ne pas frauder ou ne pas mentir.
  • Dans le domaine technoscientifique, l’approche utilitariste est critiquée pour sa dimension sacrificielle et pour le non-respect possible du consentement libre et éclairé.
  • L’éthique des vertus propose des qualités (prudence, honnêteté, responsabilité) mais ces qualités ne peuvent pas être érigées en règles contraignantes car elles restent trop vagues pour guider directement l’action.
  • En situation d’urgence à grande échelle, la question se pose de savoir comment progresser scientifiquement tout en respectant absolument des normes de droits fondamentaux.
  • Rawls réhabilite le déontologisme en critiquant l’utilitarisme et en défendant l’idée de principes de justice justifiables dans une démocratie pluraliste.

💡 Astuce mémo

Vertus = qualités; Utilitarisme = calcul; Déontologie = règles; Rawls = priorité aux principes de justice.

📖 4. Utilitarisme et calcul des conséquences

🔑 Notions clés & Définitions

  • Société bien ordonnée : Une société bien ordonnée est une société conçue pour favoriser le bien de ses membres et structurée par une conception publique de la justice.
  • Conception publique de la justice : Une conception publique de la justice est un cadre partagé, connu de tous, qui sert de référence commune pour arbitrer les revendications.
  • Principes de justice : Les principes de justice sont les règles communes que chacun accepte et sait que les autres acceptent aussi.
  • Institutions de base : Les institutions de base sont les structures fondamentales de la société qui satisfont, en général, les principes de justice et sont reconnues comme telles.

📝 Points essentiels

  • Une société bien ordonnée combine finalité collective et cadre normatif public de la justice.
  • Chacun accepte les mêmes principes de justice et sait que les autres les acceptent aussi.
  • Les institutions de base satisfont en général les principes de justice et sont reconnues comme satisfaisant ces principes.
  • Même en cas d’exigences excessives entre individus, un point de vue commun permet d’arbitrer les revendications.
  • La vigilance réciproque liée à l’intérêt personnel est rendue possible et sûre par le sens public de la justice.
  • Le partage d’une conception de la justice crée des liens d’amitié civique entre personnes aux projets disparates et limite la poursuite d’autres fins.

💡 Astuce mémo

Justice publique = accord sur principes + reconnaissance des institutions + point commun d’arbitrage (même quand les intérêts tirent).

📖 5. Déontologisme et règles impératives

🔑 Notions clés & Définitions

  • Déontologisme : Doctrine morale où la justesse d’une action dépend d’abord du respect de règles ou de devoirs, plutôt que de ses conséquences globales.
  • Règles impératives : Règles présentées comme obligatoires, qui guident l’action même quand elles ne maximisent pas un résultat collectif.
  • Utilitarisme : Approche morale qui juge une action ou une société surtout à partir de la somme des plaisirs et des peines produites.
  • Éthique des vertus : Approche morale centrée sur la formation du caractère et sur l’idée de la « vie bonne » plutôt que sur des calculs ou des devoirs abstraits.
  • Théorie de la justice de Rawls : Théorie qui cherche des principes de justice acceptables par des citoyens aux intérêts divergents, en tenant compte des inégalités économiques.

📝 Points essentiels

  • Rawls vise une « société bien ordonnée » où les revendications peuvent être arbitrées à partir d’un point de vue commun, même si certains formulent des exigences excessives.
  • La question centrale est de savoir comment des citoyens, malgré des intérêts divergents, peuvent s’accorder sur des principes de justice de base et les juger légitimes.
  • S’inspirer de l’éthique des vertus est critiqué comme trop paternaliste et peu réaliste dans une société pluraliste, car tout le monde ne partage pas l’idée de « vie bonne » et des vertus associées.
  • La perspective utilitariste pose un problème de protection des droits fondamentaux et des minorités quand on privilégie l’agrégation des intérêts.
  • Rawls répond à l’utilitarisme en affirmant une dignité et une valeur fondamentales de chaque personne, ce qui conduit à traiter les personnes séparément plutôt que d’additionner plaisirs et peines.
  • Rawls poursuit aussi un objectif de renouvellement du contrat social pour intégrer les inégalités économiques, tout en cherchant une conception de la justice qui ne se limite pas à l’égalité économique.

💡 Astuce mémo

Devoirs d’abord (déontologie) vs calcul total (utilitarisme) : Rawls tranche en protégeant chaque personne, puis ajuste le contrat aux inégalités.

📖 6. Société bien ordonnée et justice publique

🔑 Notions clés & Définitions

  • Théorie de la justice de Rawls : La théorie de la justice de Rawls propose une alternative au raisonnement utilitariste en reformulant le contrat social pour tenir compte des inégalités économiques.
  • Renouvellement du contrat social : Le renouvellement du contrat social vise à généraliser l’idée de contrat chez Locke, Rousseau et Kant tout en l’adaptant aux réalités d’inégalités économiques.
  • Position originelle : La position originelle est une situation fictive où des personnes choisissent des principes de justice sans connaître leur place réelle dans la société.
  • Voile d’ignorance : Le voile d’ignorance consiste à priver les décideurs de l’information sur leur situation personnelle et sociale afin de garantir l’équité du choix.
  • Libéralisme politique : Le libéralisme politique encadre la justice par des droits fondamentaux garantis à chacun, compatibles avec un système de libertés égales.

📝 Points essentiels

  • Rawls se présente comme une solution de rechange à la pensée utilitariste et aux versions qui en découlent.
  • Rawls cherche à renouveler le contrat social pour intégrer les inégalités économiques dans la conception de la justice.
  • La position originelle suppose des individus libres et rationnels, placés derrière un voile d’ignorance.
  • Derrière le voile d’ignorance, les individus ignorent leurs attributs physiques et psychologiques, leurs conditions socioéconomiques, leur sexe et leurs projets de vie.
  • Le voile d’ignorance force une démarche impartiale car, en visant leur intérêt, les décideurs ne peuvent pas avantager leur propre situation connue.
  • Deux principes de justice sont choisis : un principe de liberté et un principe de différence, adoptés par l’assemblée fictive.

💡 Astuce mémo

Voile d’ignorance = « je ne sais pas qui je suis » ⇒ je choisis des règles justes pour tous.

📖 7. Réhabilitation du déontologisme par Rawls

🔑 Notions clés & Définitions

  • Principe de liberté : Principe de justice rawlsien imposant à chacun un droit égal aux libertés de base, compatibles avec le même droit pour tous.
  • Principe de différence : Principe rawlsien exigeant que les inégalités soient organisées pour avantager chacun, surtout les plus désavantagés, et pour être ouvertes à tous.
  • Biens premiers : Ensemble de ressources et atouts sociaux que la justice doit répartir équitablement, notamment libertés, revenus, richesses, pouvoirs et opportunités.
  • Respect de soi : Valeur sociale que Rawls relie à la stabilité des bases permettant aux personnes de se considérer dignes et capables de mener leur vie.
  • Position originelle : Procédure de pensée de Rawls visant à choisir des principes de justice dans des conditions qui neutralisent les intérêts particuliers.

📝 Points essentiels

  • Le principe de liberté prime : chaque personne a un droit égal au système le plus étendu de libertés de base compatibles avec celui des autres.
  • Le principe de différence combine deux exigences : avantage pour tous, en particulier pour les plus désavantagés, et accès à des positions ouvertes à tous.
  • Rawls rattache la justice équitable à la répartition des biens premiers : libertés fondamentales, revenus, richesses, pouvoirs, opportunités et bases sociales du respect de soi.
  • Des institutions tolérant des inégalités excessives menacent les bases du respect de soi, donc la stabilité morale et sociale.
  • Les libertés fondamentales portent sur la vie, la liberté, l’égalité, la sécurité et la vie privée, et doivent être complétées par des droits politiques.
  • Les libertés et droits s’autolimitent via des arbitrages difficiles entre libertés et égalité, ou liberté et sécurité, etc.

💡 Astuce mémo

Liberté d’abord, Différence ensuite : libertés égales pour tous, puis inégalités justifiées si elles améliorent surtout les plus désavantagés.

📖 8. Position originelle et voile d’ignorance

🔑 Notions clés & Définitions

  • Position originelle : Situation hypothétique où des personnes choisissent des principes de justice sans connaître leur place réelle dans la société.
  • Voile d’ignorance : Condition de choix qui retire aux participants toute information sur leur situation personnelle afin de limiter les biais.
  • Biens premiers : Ensemble de ressources et avantages considérés comme pertinents pour évaluer et comparer les positions dans la société.
  • Principe de différence : Principe de justice qui autorise des inégalités seulement si elles améliorent le sort des personnes les moins favorisées.
  • Critique libertarienne : Objection qui conteste l’intervention redistributive de l’État au nom de la liberté et de la propriété.

📝 Points essentiels

  • La critique libertarienne vise l’interventionnisme redistributif de l’État et soutient que l’État ne doit préserver que liberté et propriété.
  • La réplique de Rawls aux libertariens est sociologique : les personnes favorisées tirent toujours avantage des institutions existantes.
  • La « fausse neutralité » affirme que le profil psychologique supposé sous le voile n’est ni neutre ni universel, car il reposerait sur des normes culturelles implicites.
  • La notion de « biens premiers » est critiquée comme orientée vers une conception individualiste de la vie en société.
  • Rawls est aussi critiqué pour négliger certaines inégalités sociales et culturelles.
  • Le principe de différence est jugé trop vague faute de règles d’application précises.

💡 Astuce mémo

Voile = choix sans infos personnelles ; critiques = « pas si neutre », « biens orientés », « inégalités culturelles oubliées », « principe flou ».

📖 9. Deux principes de justice de Rawls

🔑 Notions clés & Définitions

  • Voile d’ignorance : Procédure de délibération où les personnes choisissent des principes sans connaître leur position sociale, ce qui vise à rendre le choix plus impartial.
  • Biens premiers : Notion désignant les ressources et avantages que les individus sont censés pouvoir utiliser pour mener leur vie, servant d’élément d’évaluation des principes.
  • Principe de différence : Principe rawlsien qui autorise les inégalités socioéconomiques seulement si elles améliorent la situation des plus défavorisés.
  • Droits socioéconomiques : Droits liés aux conditions matérielles et à l’action de l’État-providence, supposant une intervention positive de l’État et portant une valeur de solidarité.
  • Juste déontologique : Conception du juste fondée sur des exigences de droit et de procédure, distincte d’une maximisation purement utilitariste du bien.

📝 Points essentiels

  • Rawls cherche à concilier une liberté la plus large possible avec l’égalité formelle des droits des citoyens, tout en corrigeant les inégalités matérielles via le principe de différence.
  • Le principe de différence vise les droits socioéconomiques, c’est-à-dire ceux issus de l’État-providence, qui impliquent une intervention positive de l’État.
  • Le fondement de la théorie n’est pas méritocratique : Rawls juge la notion de mérite problématique pour fonder la justice.
  • Le contrat est utilisé comme procédure d’évaluation des principes retenus par la société, et non comme fondement de la société elle-même.
  • Sous voile d’ignorance, la maximisation utilitariste est corrigée : elle protège les droits de chacun contre la logique sacrificielle et distingue le système des libertés de la répartition des richesses.
  • Rawls articule rationalité utilitariste et conception plus kantienne du raisonnable, en parlant d’un juste déontologique plutôt que d’un simple calcul du bien.

💡 Astuce mémo

Voile d’ignorance = choix impartial ; Différence = inégalités seulement si elles aident les plus défavorisés ; Socioéco = droits de l’État-providence.

📖 10. Éthique de la discussion et conditions de validité

🔑 Notions clés & Définitions

  • Éthique de la discussion : L’éthique de la discussion est une approche où la validité d’une norme dépend de l’accord possible des personnes concernées, comme participants à une discussion pratique.
  • Jürgen Habermas : Jürgen Habermas est un philosophe qui propose de dépasser l’opposition entre universalisme moral et relativisme moral via une théorie de la discussion.
  • Universalisme moral : L’universalisme moral est l’idée qu’une seule morale serait valable pour tous, indépendamment des contextes culturels ou historiques.
  • Relativisme moral : Le relativisme moral est l’idée que toutes les morales se valent, car la validité dépendrait des cadres de référence.
  • Discussion pratique : La discussion pratique désigne l’échange argumenté où des participants évaluent la validité d’une norme en tant que concernés.

📝 Points essentiels

  • Habermas vise à dépasser la dichotomie universalisme moral versus relativisme moral en ancrant la validité dans la discussion.
  • Une norme n’est valide que si toutes les personnes concernées sont d’accord (ou pourraient l’être) en tant que participants à une discussion pratique.
  • L’impératif catégorique kantien est déplacé sur le plan de la discussion, car on ne peut plus le déduire a priori.
  • Des conditions strictes doivent être réunies pour que la discussion produise une validité : absence de hiérarchie entre participants.
  • La discussion exige aussi la sincérité des participants et une argumentation rationnelle.
  • Quand l’éthique de la discussion échoue et que la loi paraît injuste, la question de la désobéissance à la loi se pose, mais uniquement sous conditions à préciser.

💡 Astuce mémo

Accord possible + discussion pratique = validité : sans hiérarchie, sincérité et raisons, pas de norme valable.

📖 11. Désobéissance civile et critères d’acceptabilité

🔑 Notions clés & Définitions

  • Désobéissance civile : La désobéissance civile est une transgression volontaire de la loi, généralement non violente et rendue publique, pour dénoncer l’illégitimité morale d’une règle et provoquer une prise de conscience collective.
  • Illégitimité morale de la loi : L’illégitimité morale de la loi désigne l’idée qu’une loi serait moralement injustifiable, même si elle est légalement en vigueur.
  • Principe supérieur : Un principe supérieur est une valeur morale invoquée pour justifier la contestation d’une loi au nom de quelque chose de plus haut que la simple légalité.
  • Prise de conscience collective : La prise de conscience collective est l’objectif moral et politique visé par la désobéissance civile, afin d’obtenir une modification de la loi par l’attention et l’adhésion du public.

📝 Points essentiels

  • La désobéissance civile consiste en une transgression de la loi, le plus souvent non violente.
  • Elle est généralement publique et assumée comme telle, pour que le geste soit lisible comme contestation.
  • Elle vise à attirer l’attention sur la supposée illégitimité morale de la loi.
  • Elle cherche à provoquer une prise de conscience collective en vue de faire modifier la loi.
  • Les critères servent à répondre à la question morale : quelles valeurs et quels objectifs rendent l’acte acceptable.
  • Des figures fondatrices sont mentionnées : Étienne de La Boétie (XVIe siècle) et Henry David Thoreau (XIXe siècle).

💡 Astuce mémo

Non-violence + Public + Assumé + Illégitimité morale → prise de conscience → changement de loi.

📖 12. Bibliographie essentielle du cours

🔑 Notions clés & Définitions

  • Désobéissance civile : La désobéissance civile est une action publique et volontaire de non-obéissance à une loi ou à une autorité, justifiée par un principe moral supérieur.
  • Éthique de vertus : L’éthique de vertus juge l’action à partir des qualités morales de la personne et de la cohérence avec un idéal de caractère.
  • Déontologisme kantien : Le déontologisme kantien évalue la moralité d’une action par le respect du devoir et de la loi morale, indépendamment des conséquences.
  • Utilitarisme : L’utilitarisme juge une action selon ses conséquences, en cherchant à maximiser le bien-être global.
  • Alerte éthique : L’alerte éthique désigne le signalement d’un problème au sein d’une organisation, en lien avec des dispositifs juridiques comme ceux des lanceurs d’alerte.

📝 Points essentiels

  • Le terme « désobéissance civile » est attribué à Henry David Thoreau, dans un essai publié en 1849 après son refus de payer une taxe finançant une guerre contre le Mexique.
  • Des figures fondatrices associées à la désobéissance civile incluent Étienne de La Boétie (XVIe siècle) et Henry David Thoreau (XIXe siècle).
  • Des exemples historiques célèbres au XXe siècle cités sont Gandhi, Mandela et Martin Luther King.
  • La désobéissance civile peut être jugée par l’éthique de vertus, le déontologisme kantien et l’utilitarisme, ce qui conduit à des critères d’évaluation différents.
  • Dans les institutions et organisations, la désobéissance civile est rapprochée de la notion d’alerte éthique, en lien avec la loi française sur les lanceurs d’alerte.
  • La bibliographie du cours comprend Rawls, Théorie de la justice (1971), traduction Catherine Audard, Seuil, 1997 ; Russ et Leguil, La pensée éthique contemporaine, PUF, 2020 ; et Worms, Les maladies chroniques de la dé m

💡 Astuce mémo

Thoreau 1849 → taxe guerre Mexique : « désobéissance civile » = refus public motivé moralement.

📅 Repères chronologiques

DateÉvénement
15/05/2026Date de la séance (Ethique générale – Séance 3) et repères de cours affichés
1971Rawls, Théorie de la justice (ouvrage cité dans la bibliographie)
1849Essai de Henry David Thoreau La Désobéissance civile, publié en 1849

📊 Tableaux de synthèse

Trois familles éthiques (repères)

ApprocheCritère principalExemples/attendus
UtilitarismeConséquences globalesDécision produisant le plus de satisfaction et le moins d’insatisfaction au plus grand nombre
DéontologismeRespect de règles impérativesNe pas frauder ; ne pas mentir ; respect des droits fondamentaux
Éthique des vertusQualités morales de l’agentPrudence, honnêteté, responsabilité d’un bon ingénieur

Rawls : objectifs et principes

ÉlémentCe que Rawls viseCe que cela implique
Solution de rechangeÉchapper à la pensée utilitaristeConsidérer les personnes séparément (dignité/valeur fondamentale)
Renouvellement du contrat socialPrendre en compte les inégalités économiquesChoix de principes derrière voile d’ignorance (équité de la procédure)

⚠️ Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre utilitarisme et déontologisme : l’un calcule les conséquences globales, l’autre exige le respect de règles impératives même si le résultat paraît meilleur.
  2. Croire que l’éthique des vertus donne des règles contraignantes : le cours insiste que les vertus sont trop vagues pour guider directement l’action.
  3. Penser que le voile d’ignorance supprime toute influence : il est critiqué comme une « fausse neutralité » car le profil n’est pas neutre ni universel.
  4. Réduire le principe de différence à une simple égalité économique : il autorise des inégalités seulement si elles avantagent chacun, en particulier les plus désavantagés, et si elles sont ouvertes à tous.
  5. Oublier la distinction entre libertés fondamentales et droits politiques : les libertés fondamentales doivent être complétées par des droits politiques.
  6. Confondre éthique de la discussion et simple opinion : la validité dépend d’un accord possible des personnes concernées en tant que participants à une discussion pratique, sous conditions strictes.
  7. Croire que la désobéissance civile est une violence ou une insurrection : le cours la présente comme transgression le plus souvent non violente, publique et assumée, visant une prise de conscience collective au nom d’un«

✅ Checklist Examen

  1. Expliquer ce que cherche la théorie de la justice de Rawls et pourquoi elle sert de repère pour des bases institutionnelles justes en démocratie pluraliste.
  2. Rappeler les trois familles éthiques et, pour chacune, donner le critère central (conséquences, règles impératives, qualités/vertus).
  3. Appliquer l’opposition utilitarisme/déontologisme à un exemple d’ingénierie (calcul des conséquences vs règles comme ne pas frauder/ne pas mentir).
  4. Expliquer pourquoi, dans le domaine technoscientifique, l’approche utilitariste est critiquée (dimension sacrificielle et non-respect possible du consentement libre et éclairé).
  5. Décrire la notion de « société bien ordonnée » : articulation entre finalité collective et conception publique de la justice, avec arbitrage des revendications.
  6. Présenter la procédure de la position originelle et du voile d’ignorance : ce qui est ignoré et pourquoi cela vise l’équité de la procédure.
  7. Citer et distinguer les deux principes rawlsiens : principe de liberté (droits fondamentaux/libéralisme politique) et principe de différence (inégalités organisées pour avantager chacun, surtout les plus désavantagés, et
  8. Expliquer ce que Rawls appelle « biens premiers » et ce que cela implique pour la répartition (libertés fondamentales, revenus, richesses, pouvoirs, opportunités, bases du respect de soi).
  9. Présenter les critiques adressées à Rawls : critique libertarienne (intervention redistributive), « fausse neutralité », biens premiers orientés, inégalités sociales/culturelles négligées, principe de différence trop
  10. Définir l’éthique de la discussion (Habermas) : validité d’une norme via accord possible des personnes concernées en tant que participants à une discussion pratique, et rappeler les conditions strictes (absence de hiérar
  11. Définir la désobéissance civile et ses critères (transgression volontaire de la loi, le plus souvent non violente, publique et assumée) ainsi que son objectif (prise de conscience collective au nom d’un principe supérieu
  12. Relier la désobéissance civile à l’alerte éthique dans les institutions/entreprises, en mentionnant le lien avec la loi française sur les lanceurs d’alerte.

Testez vos connaissances

Testez vos connaissances sur Principes éthiques en démocratie et justice avec 11 questions à choix multiples avec corrections détaillées.

1. Quel enjeu central de la démocratie est mis en avant lorsque le désaccord est traité comme une donnée normale de l’espace public ?

2. Quelle est la principale idée que la théorie de la justice de Rawls cherche à établir en considérant la légitimité des institutions démocratiques?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Principes éthiques en démocratie et justice avec 9 flashcards interactives.

Enjeux éthiques en démocratie

Justice, légitimité, gestion des désaccords.

Théorie de la justice

Organise la légitimité des institutions démocratiques.

Familles éthiques — trois ?

Utilitarisme, déontologisme, éthique des vertus.

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