★ À maîtriser
Le premier parc national au monde, Yellowstone, est créé aux États-Unis en 1872, témoignant d’une valorisation précoce de la nature sauvage.
Les États-Unis adoptent des lois de protection de l’environnement dès le XIXe siècle, tout en exploitant largement leurs ressources naturelles, ce qui entraîne d’importantes dégradations environnementales et émissions de gaz à effet de serre.
Compléments
L’exploitation des ressources naturelles est étroitement liée à la construction moderne et à l’expansion du territoire américain, aux échelles fédérale et fédérée.
La politique environnementale américaine se caractérise par des contrastes entre partisans et opposants de la protection et par une tradition d’isolationnisme dans les négociations environnementales internationales.
L’écologie politique naît aux États-Unis dans les années 1960.
Yellowstone protège, l’exploitation transforme
★ À maîtriser
📌 L’État fédéral gère les orientations nationales et les grandes lois, tandis que les États fédérés disposent d’une marge de manœuvre locale, d’un gouverneur et d’une Constitution propres.
Compléments
En 1804-1806, l’expédition de Lewis et Clarke, commandée par Thomas Jefferson et menée avec 45 hommes, cartographie le territoire, recense ses ressources naturelles et noue des relations avec les populations autochtones.
La population américaine installée à l’ouest des Appalaches passe de 100 000 personnes en 1790 à 7 millions en 1840.
En 1853, l’achat Gadsden au Mexique, portant sur des territoires situés dans le sud des actuels Arizona et Nouveau-Mexique, achève théoriquement l’unité géographique des États-Unis contigus.
En 1853, l’unité géographique sur le papier ne signifie pas que tous les territoires sont soumis à l’autorité fédérale, notamment ceux peu peuplés ou habités par des populations amérindiennes.
La mise en valeur agricole et industrielle des territoires permet au jeune État américain d’affirmer son autorité et de soutenir son développement économique grâce aux ressources.
★ À maîtriser
Compléments
Après la conquête, la frontière à repousser reste une composante de l’identité américaine et se prolonge dans les discours sur la Destinée manifeste.
Selon le recensement de 1890, tous les territoires sont peuplés et le front pionnier de la Conquête de l’Ouest n’existe plus.
Après la disparition du front pionnier, la sauvegarde des paysages sauvages de l’Ouest devient une lutte pour préserver ce qui est présenté comme l’essence de l’Amérique et de son peuple, dans une vision ethnique et racialiste.
★ À maîtriser
Au XVIIIe siècle, la wilderness désigne d’abord des espaces vierges à coloniser et à mettre en valeur, puis les paysages immenses et leur biodiversité acquièrent une valeur positive à mesure que la colonisation progresse.
La création des parcs nationaux entraîne l’éviction d’Amérindiens qui utilisent ces territoires pour la chasse, la pêche et la collecte de plantes, de baies, de noix, de racines et de pierres précieuses.
Compléments
La wilderness prend une valeur patrimoniale, testimoniale, civilisationnelle, émotionnelle et identitaire, notamment parce que les États-Unis ne disposent pas de monuments historiques millénaires comparables à ceux d’Europe.
Frederick Jackson Turner voit dans la wilderness la source de qualités fondatrices de l’esprit américain, notamment l’indépendance, la liberté, le courage et la persévérance, forgées à l’épreuve de la nature par les pionniers.
La mise sous protection des espaces naturels criminalise les interactions avec la nature qui ne correspondent pas aux objectifs de protection définis par le gouvernement.
Les défenseurs de la wilderness, dont John Muir, partagent des convictions eugénistes, racistes et xénophobes, et certains estiment que le contact avec la nature sauvage maintient la vigueur de la « race » blanche anglo-saxonne.
William Cronon présente la wilderness comme une construction sociale et soutient que tous les environnements ont été modifiés par l’être humain, même lorsque ces modifications sont invisibles.
La wilderness paraît vierge aux touristes, mais les usages humains et les expulsions révèlent une nature construite.
★ À maîtriser
La Destinée manifeste conduit les colons à conquérir et dominer une nature considérée comme sauvage, dans l’idée puritaine qu’ils sont les élus de Dieu chargés de créer une société parfaite dans un nouveau paradis terrestre.
La conquête du territoire vise à transformer la nature sauvage en terres de richesse et d’abondance afin de renforcer la puissance de l’État fédéral américain.
Vers 1900, il reste environ 300 millions d’hectares de forêts sur les quelque 400 millions d’hectares qu’elles couvraient à l’arrivée des Européens sur le territoire des États-Unis actuels.
Compléments
La dégradation des milieux naturels s’accélère avec la progression des pionniers et la mise en valeur du territoire.
La conquête agricole des Grandes Plaines entraîne la disparition des troupeaux de bisons, après des pratiques de chasse amérindiennes déjà destructrices que la colonisation accélère.
L’exploitation minière dans l’Est sacrifie les paysages, tandis que l’exploitation de l’or en Californie ravage la région à partir de 1848.
L’État et les pionniers assèchent des marais pour transformer la wilderness en terres exploitables.
L’immensité du territoire donne l’impression que les ressources naturelles sont illimitées et favorise une exploitation prédatrice qui culmine dans la seconde moitié du XIXe siècle, au début de l’ère industrielle.
La conquête transforme les milieux en ressources exploitables → leur dégradation s’accélère.
★ À maîtriser
Pour les transcendantalistes, vivre en symbiose avec la nature plutôt que chercher à la dominer permet à l’être humain de se transcender, de développer son courage et sa créativité et de s’imprégner de principes moraux tels que la liberté, la bonté, l’autonomie, la responsabilité individuelle et la justice.
L’essai Nature de Ralph Waldo Emerson, publié en 1836, est considéré comme l’acte de naissance du transcendantalisme et invite à accueillir la nature avec émerveillement sans la traiter comme une entité distincte à dominer.
Dans Walden ou la Vie dans les bois (1854), Henry David Thoreau défend une vie à la campagne ou dans un environnement verdoyant et raconte son séjour de 2 ans, 2 mois et 2 jours dans une cabane près de l’étang de Walden, au Massachusetts.
Compléments
Les transcendantalistes considèrent l’être humain comme fondamentalement bon, mais corrompu par la modernité, notamment par les structures étatiques, la religion et les villes, qui l’éloignent de la nature.
Ralph Waldo Emerson, George Ripley, Frederic Henry Hedge et George Putnam fondent le Transcendental Club à Cambridge, dans le Massachusetts, en 1836.
Le transcendantalisme contribue à inspirer les parcs nationaux et les premières mesures de protection de la nature, ainsi que des contre-cultures comme la Beat Generation des années 1950 et le mouvement hippie des années 1960.
📌 Le transcendantalisme critique la société moderne et valorise la responsabilité individuelle, mais ne propose pas de projet politique de grande ampleur ni de mobilisation collective.
La nature n’est pas un objet à dominer : elle est le lien qui élève l’être humain.
★ À maîtriser
📌 Pinchot défend une conception anthropocentrique de la nature : il faut conserver les ressources naturelles pour permettre leur exploitation au bénéfice des citoyens, plutôt que protéger la nature pour ses valeurs intrinsèques.
Compléments
Avec le président Theodore Roosevelt, Pinchot met sur pied une équipe fédérale chargée d’encourager un usage avisé des ressources naturelles, désigné par l’expression « wise use ».
Pinchot s’oppose à la mainmise des intérêts privés sur les ressources, notamment forestières, et le mouvement conservationniste prend en compte les générations futures, préfigurant le développement durable.
Préserver la nature pour elle-même s’oppose à la conserver pour mieux exploiter ses ressources.
★ À maîtriser
Thomas Jefferson, président des États-Unis de 1801 à 1809, veut fonder une république de petits fermiers instruits, vertueux et indépendants, dont l’indépendance économique serait assurée par les ressources de la nature américaine.
La Land Ordinance de 1785 prévoit que des géomètres fédéraux cadastrent les territoires occidentaux en townships de 6 miles de côté, vendus aux enchères à de petits fermiers.
📌 Le Homestead Act de 1862 permet à une famille de devenir propriétaire d’une terre après 5 ans de résidence et de mise en valeur, moyennant des frais administratifs, ou de l’acheter à 1,25 dollar par acre après au moins 6 mois de résidence, sans attendre les 5 ans.
Compléments
Un quadrillage géométrique est plaqué sur la wilderness pour la convertir en petites exploitations.
★ À maîtriser
Sous l’influence des transcendantalistes Emerson, Thoreau et Muir, Theodore Roosevelt fait de la protection de l’environnement une cause nationale pendant ses deux mandats, de 1901 à 1909.
En 1903, John Muir emmène Theodore Roosevelt camper dans la vallée de Yosemite, et cette expérience convertit le président à la protection de la nature.
La politique conservationniste de Roosevelt sanctuarise certaines ressources et vise à assurer la gestion durable de l’ensemble des ressources naturelles.
Compléments
Roosevelt crée 150 forêts protégées couvrant 675 000 km², 5 parcs nationaux et 51 réserves ornithologiques.
Le Forest Service est inauguré en 1905 avec Gifford Pinchot pour remédier aux dégâts de la conquête de l’Ouest et des premiers forages pétroliers.
Le Reclamation Service, créé en 1902 avec l’Institut d’études géologiques des États-Unis, est chargé de la gestion des eaux, notamment des barrages et de la surveillance des cours d’eau.
Le camping à Yosemite convainc Roosevelt → il protège des espaces naturels.
★ À maîtriser
Compléments
Le parc national de Yosemite est créé en 1890.
Le Forest Reserve Act de 1891 vise à protéger les forêts fédérales.
Les États-Unis comptent 59 parcs nationaux couvrant 210 000 km², soit 2,2 % du territoire, et accueillant 400 millions de touristes par an.
L’Antiquities Act classe des espaces naturels au titre du patrimoine national, dans une démarche qui contribue à distinguer la vision étatsunienne de celle de l’Europe, où apparaît alors la notion de patrimoine historique.
★ À maîtriser
📌 Une ressource n’existe pas en soi : une société la désigne selon ses besoins, si bien qu’un déchet peut devenir une ressource lorsqu’il est transformé en énergie ou recyclé.
Compléments
La qualification de ressource naturelle varie selon les époques, les sociétés et les espaces.
Le territoire des États-Unis couvre 9,6 millions de km² et présente une grande variété de reliefs, de climats et de ressources naturelles.
Les grands lacs et les grands fleuves des États-Unis fournissent de l’eau douce et permettent le développement d’infrastructures hydroélectriques importantes.
Les ressources minérales et les hydrocarbures sont abondants aux États-Unis, qui sont presque autosuffisants dans ces domaines, mais disposent de peu de terres rares.
Grâce à la mise en valeur du pétrole et du gaz de schiste, les États-Unis n’importent qu’un tiers de leur consommation d’hydrocarbures et sont les premiers producteurs mondiaux de pétrole.
★ À maîtriser
La Tennessee Valley Authority, créée pendant le New Deal, est une entreprise publique fédérale chargée de produire de l’électricité, d’assurer la navigabilité du fleuve pour attirer les industries et de gérer les dégradations environnementales.
Dans les années 1930, l’intervention fédérale liée au New Deal entraîne la construction de centaines de barrages qui transforment les rivières en ouvrages d’ingénierie.
📌 Donald Worster décrit les États-Unis comme une « société hydraulique », dont l’organisation sociale et la construction de l’État reposent en partie sur la maîtrise de l’eau. - Rivers of Empire : Water, Aridity and the Growth of the American West, 1985
Compléments
Le barrage Hoover, construit entre 1931 et 1936, a nécessité 7 millions de tonnes de béton.
Au milieu du XIXe siècle, les Mormons commencent à construire des barrages et à détourner des cours d’eau.
Maîtriser l’eau → produire de l’énergie et renforcer l’État fédéral.
★ À maîtriser
📌 L’ordre social hydraulique repose sur l’alliance de deux centres de pouvoir : le secteur privé, composé de grands industriels et de propriétaires terriens soutenus par l’État, et le secteur public, composé de technocrates, de bureaucrates et d’experts qui planifient, organisent et livrent les infrastructures.
Compléments
📌 Le développement hydraulique permet le développement économique sans émissions de gaz à effet de serre, contrairement à l’extraction pétrolière ou au charbon.
Le secteur privé exploite, le secteur public planifie : leur alliance structure l’ordre social.
★ À maîtriser
Les États-Unis, naturellement riches en pétrole brut, ont commencé l’exploitation pétrolière à terre avant de la développer au large et sont restés le premier producteur mondial jusqu’en 1974.
Au pic de son activité en 1901, le Los Angeles City Field comptait plus de 200 compagnies pétrolières exploitant 1 250 puits sur une étendue de 6 km.
Compléments
Titusville est passée de 250 habitants à plus de 10 000 en 1868, illustrant la croissance rapide des villes champignons liées à l’activité pétrolière.
Après une vingtaine d’années, l’exploitation pétrolière d’Oil Creek décline, sans que les ressources soient entièrement épuisées ; la forêt détruite a été replantée pour rétablir des scieries, et le site est aujourd’hui un parc d’État de Pennsylvanie.
Aujourd’hui, un seul puits du Los Angeles City Field reste actif et produit 3,5 barils par jour, contre une moyenne américaine d’environ 50 barils par jour pour un champ, avec des écarts allant de moins d’un baril à plusieurs millions par jour.
Un baril de pétrole équivaut à environ 159 litres.
La construction de Summerland a rapidement transformé la petite communauté côtière en une cité pétrolière en forte croissance.
Le forage s’est développé au large de Santa Barbara et de Los Angeles durant la première moitié du XXe siècle, avec notamment Ellwood, terrestre et offshore, en 1927, et Mesa, terrestre, en 1929.
L’exploitation pétrolière offshore a contribué à la création de grandes instances de protection de l’environnement, comme l’EPA dans les années 1970.
★ À maîtriser
Selon Evan Bonney, dans Forestry and Power in the United States Empire, 1881-1914 (CHSP, 2026), la sylviculture a servi à renforcer le pouvoir fédéral et à construire l’empire américain dans l’Ouest.
Les arbres étant considérés comme des mécanismes de captage et de stockage de l’eau, leur maintien dans l’Intermountain West aride est devenu un objectif des dirigeants américains au début du XXe siècle.
Compléments
L’Intermountain West se situe entre les montagnes Rocheuses, la Sierra Nevada et la chaîne des Cascades et connaît la sécheresse, les tempêtes violentes et les feux de forêt.
Les forestiers surveillaient les éleveurs faisant paître leur bétail dans les réserves forestières et renforçaient l’autorité fédérale par l’expérimentation scientifique, l’aménagement des montagnes contre les feux et la collecte d’informations.
Les arbres captent et stockent l’eau → leur gestion devient un enjeu fédéral.
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1. Quel événement illustre la valorisation précoce de la nature sauvage aux États-Unis ?
2. Comment caractériser la politique environnementale américaine au XIXe siècle, alors que le pays adopte des lois de protection ?
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En quelle année Yellowstone, premier parc national au monde, est-il créé ?
En 1872.
Quelle valorisation la création de Yellowstone témoigne-t-elle précocement ?
La valorisation de la nature sauvage.
Quand les États-Unis adoptent-ils des lois de protection de l’environnement ?
Dès le XIXe siècle.
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