★ À maîtriser
La cité de Rome, selon la légende partiellement confirmée par l’archéologie, aurait été fondée le 21 avril 753 avant J.-C.
La République romaine conquit l’Italie jusqu’à la prise de Tarente en 272 avant J.-C., puis étendit son empire dans le monde méditerranéen.
Selon l’analyse géographique du cours, Rome s’étendait sur trois collines — le Capitole, le Palatin et l’Aventin — et non sur sept ; les quatre langues du plateau des Esquilies donnaient l’illusion de collines supplémentaires.
Au VIIIe siècle avant J.-C., des paysans probablement latins bâtirent des cabanes qui se regroupèrent en villages, lesquels se rejoignirent pour former la Ville.
Les Étrusques asséchèrent le marais du futur Forum grâce à la cloaca maxima et y aménagèrent le comitium pour les citoyens et la curie pour les anciens.
📌 La légende attribue à Romulus la fondation de Rome et le meurtre de Rémus, tandis que l’archéologie date le premier peuplement important du site de la fin du VIIIe siècle avant J.-C.
Compléments
📌 La République conquit son empire sous un régime aristocratique et avec une armée de conscription, tandis que l’Empire fut préservé pendant quatre siècles par une monarchie et une armée professionnelle.
Les historiens étudient les textes littéraires ainsi que l’épigraphie, la numismatique, la papyrologie et l’archéologie.
Le premier habitat romain se trouvait dans le Latium, sur la rive gauche du Tibre, appelée rive latine, en face de la rive étrusque située à droite.
L’île Tibérine facilitait le passage du Tibre entre le Latium et l’Étrurie.
Les principales voies autour de Rome reliaient : la via Salaria au Tibre et à l’Étrurie, la via Aurelia au littoral étrusque vers le nord, la via Cassia à l’intérieur des terres vers le nord, la via Aemilia à Rimini par les Apennins, la via Caecilia à l’Adriatique vers l’est, les voies de Tibur et Latine à la Campanie
La légende attribue à Numa Pompilius l’organisation de la religion, à Tullus Hostilius l’armée, à Ancus Martius les constructions, à Tarquin l’Ancien et Servius Tullius des rôles dans la royauté, et à Tarquin le Superbe la responsabilité légendaire de la chute de la royauté après le viol de Lucrèce en 509 avant J.-C.
★ À maîtriser
Entre 494 et 493 avant J.-C., les plébéiens firent sécession et menacèrent de fonder une ville concurrente sur l’Aventin ; ils conquirent ensuite progressivement l’accès aux magistratures, aux sacerdoces et aux mariages avec les patriciens.
Les plébéiens obtinrent l’accès aux mariages mixtes en 445 avant J.-C., au consulat en 367, à la dictature en 356, à la censure en 351 et aux sacerdoces en 300, bien que quelques prêtrises demeurassent réservées aux patriciens.
Après la défaite de la ligue latine en 338 avant J.-C., Rome accorda la citoyenneté romaine à des vaincus, créant un État romano-campanien doté d’un grand nombre de légionnaires.
La prise de Tarente en 272 avant J.-C. acheva la conquête romaine de l’Italie, réalisée en environ cinquante ans après 338 avant J.-C.
La première guerre punique se déroula de 264 à 241 avant J.-C. et se termina par la prise de la Sicile occidentale par Rome, qui en fit sa première province.
La deuxième guerre punique se déroula de 218 à 201 avant J.-C. ; Hannibal remporta des victoires au Tessin et à la Trébie en 218, à Trasimène en 217 et à Cannes en 216, avant d’être vaincu par Scipion à Zama en 202.
Compléments
Au cours des IVe et IIIe siècles avant J.-C., les élites patriciennes et plébéiennes se rapprochèrent et formèrent la noblesse, ou nobilitas.
Au milieu du IVe siècle avant J.-C., l’armée romaine comptait quatre légions, soit 20 000 fantassins lourds équipés notamment d’un casque, d’une cuirasse, d’un bouclier, d’un glaive court et d’un javelot. - Tite-Live
Les trois lignes de manipules étaient disposées ainsi :
Les guerres samnites se déroulèrent selon la tradition en 343-341, 326-304 et 298-290 avant J.-C.
La troisième guerre punique, de 149 à 146 avant J.-C., se réduisit au siège, à la prise et à la destruction de Carthage, après quoi le nord de la Tunisie actuelle devint une province romaine.
La conquête de la Grèce s’acheva par la défaite de Persée à Pydna en 168 avant J.-C. et le sac de Corinthe en 146 avant J.-C. ; la Grèce fut ensuite divisée en provinces de Macédoine et d’Achaïe.
★ À maîtriser
Polybe explique la puissance romaine par l’équilibre entre trois formes de régime : la monarchie représentée par les consuls, l’aristocratie par le Sénat et la démocratie par les comices.
Pour élire les magistrats supérieurs et voter les lois militaires, le peuple était réparti en 193 centuries censitaires où les plus riches votaient d’abord, de sorte que les plus pauvres ne votaient jamais une fois la majorité atteinte.
Les questeurs géraient les finances, les édiles l’urbanisme, les préteurs la justice et les consuls la politique intérieure et les armées ; ces magistratures formaient le cursus honorum.
Le Sénat contrôlait les finances, la diplomatie et la guerre ; ses avis, appelés sénatus-consultes, finirent par avoir force de lois.
La société romaine combinait des classes fondées sur des critères économiques et des ordres fondés sur des critères juridiques ; un census quinquennal inscrivait notamment sénateurs, chevaliers et citoyens dans des albums.
La hiérarchie sociale romaine comprenait :
Compléments
Les assemblées populaires étaient réparties en 35 tribus, dont 4 urbaines et 31 rustiques, pour élire les magistrats inférieurs et voter les lois civiles.
Les citoyens romains étaient principalement des paysans, qui représentaient peut-être 90 % de cette population, mais comprenaient aussi des artisans, des commerçants et, au dernier siècle de la République, des soldats.
📌 Les esclaves romains pouvaient posséder un pécule et une tombe et étaient considérés comme des hommes diminués, tandis que les esclaves n’étaient pas tenus pour de simples machines ou animaux.
★ À maîtriser
Les Romains empruntèrent aux Grecs des genres littéraires, la philosophie et le goût des œuvres d’art, tout en ajoutant notamment le réalisme à leurs arts figurés.
La crise qui mit fin à la République aristocratique et ouvrit la voie à la monarchie impériale se déroula de 133 à 31 avant J.-C.
La conquête enrichit les nobles grâce au butin, aux esclaves et à l’appropriation de l’ager publicus, tandis que l’absence prolongée des soldats fragilisait leurs exploitations ; ruinés, certains rejoignaient Rome et devenaient clients des riches contre une sportule.
Tibérius Gracchus, élu tribun de la plèbe en 134 avant J.-C., fit voter une loi agraire redistribuant une partie de l’ager publicus et lança le mouvement des populares avant d’être assassiné.
Compléments
Plaute, né vers 254 et mort en 184 avant J.-C., et Térence, né vers 190 et mort en 159 avant J.-C., furent les deux premiers grands auteurs romains de comédies.
Cicéron, né en 106 et mort en 43 avant J.-C., porta la langue latine à sa perfection et écrivit des discours ainsi que des traités de rhétorique, de philosophie et de politique.
Les premiers Latins concevaient souvent les dieux comme des abstractions appelées numina, avant que l’influence grecque ne favorise leur anthropomorphisation.
La première guerre punique provoqua un désarroi religieux qui conduisit les Romains à faire venir à Rome la pierre noire représentant la déesse anatolienne Cybèle.
La fête des morts appelée feralia était célébrée chaque année le 21 février.
Les optimates, conduits par Scipion le deuxième Africain, s’opposèrent à la loi agraire défendue par les populares de Tibérius Gracchus.
Caius Gracchus fut élu dix ans après son frère sur un programme similaire et subit le même sort ; en 100 avant J.-C., Saturninus et Glaucia menèrent une dernière tentative extrémiste autour de la loi agraire.
La conquête enrichit les riches, appauvrit les soldats et prépare la crise.
★ À maîtriser
À partir de 107, Marius revêt une série de consulats illégaux au nom des populares.
La guerre sociale de 91-88 oppose Rome aux Italiens, appelés socii, qui se révoltent contre elle.
Compléments
★ À maîtriser
Auguste fonde une monarchie à Rome sans transition démocratique après sa victoire dans la guerre civile.
La puissance tribunicienne d’Auguste lui donne le droit de casser les lois contraires aux intérêts de la plèbe et lui confère une immunité sacrée.
🔄 Auguste renforce progressivement son autorité : partage des provinces avec le Sénat et titre d’Auguste en 27, culte impérial à Tarragone en 25, première puissance tribunicienne en 23, souverain pontificat en 12, titre de Père de la patrie en 2 avant J.-C.
Le Sénat continue de se réunir sous l’Empire et fournit à l’État ses cadres civils, techniques et militaires.
Le peuple romain ne vote plus sous l’Empire, mais peut manifester violemment sa colère dans les rues.
📌 Les prétoriens vivent auprès de l’empereur et lui fournissent une garde, tandis que les légionnaires stationnent loin de lui sur les frontières de l’Empire.
Compléments
Auguste gouverne plus de quarante ans et organise progressivement son pouvoir.
Sous Auguste, le consulat devient un simple honneur.
Auguste commande les armées comme imperator et doit leur apporter la victoire.
Le titre de Père de la patrie confère à Auguste un honneur symbolique, sans lui donner les droits juridiques d’un père sur ses enfants.
Auguste confie la puissance tribunicienne successivement à :
Les empereurs veillent à l’approvisionnement du peuple romain pour prévenir les conflits liés aux manifestations de colère.
Les légionnaires se considèrent comme les vrais citoyens romains et méprisent les prétoriens ainsi que les habitants de Rome, jugés oisifs et luxueux.
Auguste recourt aux chevaliers et, le premier, aux affranchis, notamment aux affranchis impériaux que ses successeurs emploient aussi.
La victoire d’Actium → Auguste organise durablement son pouvoir.
★ À maîtriser
Sous le Haut-Empire, la population de Rome est estimée entre un et trois millions d’habitants.
Le Forum républicain rassemble :
Les insulae sont des immeubles d’habitation populaires, souvent construits en bois et en brique, sans confort et exposés aux incendies.
Auguste organise l’annone pour distribuer du blé, déploie les prétoriens et les urbaniciani pour maintenir l’ordre et crée les vigiles contre les incendies.
Compléments
Les forums impériaux concurrencent le Forum républicain et signalent le déplacement du centre de gravité politique.
Les marchés du forum de Trajan servent en réalité de bureaux à l’annone, chargée de distribuer du blé aux citoyens.
Le Capitole abrite :
Le Palatin devient un centre politique impérial autour des maisons d’Auguste et de Livie et des constructions de leurs successeurs.
Les domus sont des maisons de nobles équipées notamment d’eau courante, de thermes privés et de jardins intérieurs.
★ À maîtriser
Dans le sens antique, l’Italie exclut la Sicile et la Sardaigne et accorde à ses habitants une autonomie municipale, une fiscalité allégée et des avantages en justice.
La prospérité italienne se concentre dans quatre régions :
La population de l’Afrique romaine comprend :
L’Afrique romaine est longtemps spécialisée dans la monoculture du blé, soutenue par des puits, des barrages sur les ouadi, des canaux et des citernes.
La péninsule Ibérique subit des influences puniques au sud et celtiques au nord.
La péninsule Ibérique fournit des chevaux à l’armée et produit :
Compléments
Le Latium produit du blé et pratique l’élevage, surtout sur les collines, tandis que la via Salaria longe le Tibre et transporte le sel indispensable à la conservation des aliments.
La Campanie est une grande région céréalière où se développent la vigne et l’olivier.
L’Étrurie produit du blé, du vin recherché, le marbre de Carrare et des métaux à Populonia, tandis que ses artisans de céramique arétine partent en Gaule sous Auguste.
La plaine padane associe cultures, élevage bovin et ovin, production de laine et villes fortement urbanisées.
Le port de Trajan à Ostie comprend un bassin hexagonal creusé dans les terres, des quais, des entrepôts et des canaux.
Au début du IIe siècle, le développement de l’olivier entraîne la fabrication d’amphores puis la production de vaisselle sigillée.
L’économie africaine associe :
La richesse de l’Afrique favorise l’évergétisme des notables municipaux, l’entrée d’Africains au Sénat et l’émergence de la dynastie des Sévères.
📌 À l’ouest de l’Empire romain, on parle latin, tandis qu’à l’est on parle grec, même si l’administration est officiellement bilingue.
★ À maîtriser
D’après Strabon, la Bétique comptait 200 villes, la Tarraconaise 114 et la Lusitanie 46.
La Gaule était moins peuplée et moins urbanisée que les régions précédemment décrites, et se divisait en trois zones : le Nord rhénan, le Sud méditerranéen et la Lyonnaise centrale.
La langue grecque, langue de culture et deuxième langue officielle de l’Empire, constituait le facteur d’unité de l’Orient.
En Anatolie, l’Asie occidentale était la province la plus importante de l’Empire par sa richesse matérielle et culturelle et son urbanisation, tandis que la Cappadoce orientale jouait un rôle militaire face à l’Arménie.
L’Égypte produisait beaucoup de blé grâce au limon fertile déposé par la crue du Nil en août, tandis que la vigne y était rare et que l’olivier y était cultivé notamment dans le Fayoum.
Compléments
Dans le Nord de la Gaule, les camps militaires du Rhin donnèrent naissance à des villes et diffusèrent la romanité ; les soldats y dépensaient leurs salaires et le latin était la langue de commandement.
Les villes bretonnes citées sont :
L’Illyrie fournissait à l’Empire du bois, du blé, des métaux et des hommes ; ses empereurs du IIIe siècle sont présentés comme ayant contribué au salut de l’Empire, et ceux du IVe siècle comme ayant fondé le Bas-Empire.
La Syrie associait l’héritage commercial phénicien à une diversité culturelle grecque, romaine et sémitique ; Antioche était la capitale de la vallée de l’Oronte.
Palmyre prospérait grâce à sa position sur une route de la soie et entre les mondes romain et iranien.
La Judée, couloir entre le désert et la mer, connut deux guerres contre Rome, perdues en 66-70 et 132-135.
★ À maîtriser
Sous le Principat, l’empereur réunissait les pouvoirs civils (potestas), militaires (imperium) et religieux, et pouvait imposer son point de vue jusque dans les provinces sénatoriales.
Les forces avec lesquelles l’empereur devait composer étaient :
Sous la République, les lois provenaient des comices (leges) ou du Sénat (sénatus-consultes) ; sous le Principat s’y ajoutèrent les actes de l’empereur : édits, décrets, rescrits et mandats.
Dans la procédure formulaire, le préteur entendait les parties et rédigeait une formule tenant compte des deux points de vue, puis un juge distinct entendait les parties et les témoins et tranchait ; l’accusé devait être présent.
📌 La procédure extraordinaire se déroulait en une seule phase devant le gouverneur, qui disait le droit et prononçait la sanction.
Compléments
Le conseil impérial (consilium principis), composé surtout de juristes et de militaires, devint régulier à partir d’Hadrien et était présidé par le préfet du prétoire.
Les bureaux de la chancellerie cités sont : a rationibus, chargé des comptes, a memoria, chargé des archives, a studiis, chargé des enquêtes, a cognitionibus, chargé des requêtes, ab epistulis latinis et graecis, chargé de la correspondance latine et grecque
Les édits impériaux étaient des textes généraux, les décrets des jugements impériaux, les rescrits des réponses de l’empereur et les mandats des avis administratifs.
Les peines et recours cités étaient : les amendes, la réduction en esclavage, les travaux forcés dans les mines, la crucifixion pour les esclaves et les pérégrins, le glaive pour les citoyens romains, l’appel à César réservé aux citoyens romains
En 533, le Digeste fut inclus dans le Corpus Iuris ciuilis.
En 534, le Code Justinien fut compilé.
★ À maîtriser
L’armée du Principat était permanente et professionnelle, et son corps de bataille comptait 25 légions avant que leur nombre ne monte jusqu’à 33 au début du IIIe siècle.
Une légion était organisée en 10 cohortes, chacune en 3 manipules, puis chaque manipule en 2 centuries ; elle comptait 59 centurions, car la première cohorte avait 5 centuries à effectifs doubles.
Le dilectus, conseil de révision présidé par le gouverneur, examinait d’abord le statut juridique des recrues, puis leurs qualités physiques et intellectuelles ; esclaves et affranchis étaient exclus.
Le dispositif défensif pouvait comprendre : des routes, des défenses ponctuelles comme les forts et fortins, des défenses linéaires, utilisées seulement parfois, comme le mur d’Hadrien ou un fleuve
En 27 avant J.-C., les provinces furent partagées entre le prince et le Sénat.
📌 Dans les provinces sénatoriales, le gouverneur portait le titre de proconsul ; dans les provinces impériales, il était légat impérial propréteur, sauf dans les petites provinces confiées à un procurateur équestre et en Égypte, gouvernée par un préfet équestre.
Le gouverneur devait notamment rendre la justice et maintenir l’ordre ; seuls les citoyens romains pouvaient faire appel à César et être rejugés à Rome.
Dans les cités occidentales, le populus avait des pouvoirs limités, l’ordre des décurions détenait l’autorité et les magistrats exécutaient ses décisions ; le questeur gérait les finances, l’édile la police et les bâtiments, et le duumvir disait le droit.
📌 Les colonies étaient peuplées de citoyens romains, les municipes de pérégrins sauf leurs notables devenus citoyens romains, tandis que dans les civitates même les notables restaient pérégrins.
Compléments
La garnison de Rome comprenait 9 cohortes prétoriennes de 500 hommes, 3 cohortes urbaines de 500 hommes, 7 cohortes de vigiles de 1 000 hommes et 500 equites singulares Augusti.
Les unités auxiliaires comprenaient :
La plupart des soldats étaient citoyens romains ; quelques pérégrins pouvaient servir uniquement dans les auxiliaires et la marine.
L’exercice militaire associait gymnastique, maniement des armes et manœuvres en unités constituées.
★ À maîtriser
Les constructions urbaines importantes étaient financées par les notables grâce à l’évergétisme, et non par le pouvoir impérial ou l’armée.
Le forum, lieu des affaires communes des citoyens, était généralement une place rectangulaire située au croisement du kardo, axe nord-sud, et du decumanus, axe est-ouest.
Le blé, au sens large de céréales, constituait la principale nourriture des habitants et était produit par les paysans selon un principe d’autarcie.
La trilogie méditerranéenne regroupait :
La conservation archéologique favorise la pierre et la céramique, tandis que le bois et les métaux, pourtant importants, ont souvent disparu ou ont été refondus, ce qui impose de rester prudent dans l’évaluation des productions.
La production à grande échelle de certaines céramiques ne suffit pas à parler d’industrie, car la faiblesse des sources d’énergie conduit l’auteur à retenir le terme d’artisanat.
Sous l’Empire, la céramique comprenait la vaisselle commune, sans nom ni âge, et la vaisselle de demi-luxe rouge orangé, décorée en relief et parfois signée par un cachet au fond du plat.
La production de céramique passa de l’Italie à la Graufesenque au sud de la Gaule sous Auguste, puis à Lezoux dans l’Allier au IIe siècle ; l’Afrique produisit aussi des céramiques de qualité à partir du début du IIe siècle.
Les mineurs recherchaient les minerais affleurant ou en loupe, suivaient les filons sous terre jusqu’à leur interruption par une faille et travaillaient dans des conditions très dangereuses.
📌 La production de biens superflus renseigne sur la conjoncture : la bonne santé économique prévalut aux Ier et IIe siècles, tandis que la crise arriva au IIIe siècle.
Compléments
La domus des riches comportait une partie romaine organisée autour de l’atrium, du tablinum et du triclinium, ainsi qu’une partie grecque dotée d’un jardin intérieur appelé péristyle.
Le temple romain était construit sur un haut podium et comprenait un escalier, un pronaos à colonnade et une cella ou naos abritant la statue du dieu.
📌 Lors d’un sacrifice, un animal était tué, tandis que lors d’une libation, du vin était versé.
L’olivier était sensible au froid, ne dépassait pas la latitude de Vienne en Gaule, pouvait pousser en montagne à des altitudes compatibles avec ses exigences climatiques et était cultivé en Égypte, notamment dans le Fayoum.
Le garum, saumure de poisson appréciée dans l’Antiquité, était produit autour du détroit de Gibraltar et le long des littoraux atlantique et méditerranéen.
★ À maîtriser
Le développement du commerce fut favorisé par l’essor de l’économie monétaire.
Auguste réorganisa les monnaies en créant un système bimétalliste fondé sur l’or et l’argent.
L’aureus d’Auguste était une pièce d’or de 7,92 g titrée à 99 %, et le denier une pièce d’argent de 3,86 g titrée à 99 %.
📐 Formule - La loi fixait l’équivalence monétaire suivante : .
Le commerce était organisé et partiellement contrôlé par le pouvoir, qui en tirait des revenus sous forme de taxes.
Les principaux produits agricoles échangés étaient le blé, l’huile, le vin et le garum, tandis que les produits artisanaux comprenaient la céramique, le bois et les métaux en lingots ou travaillés.
Les routes romaines étaient construites en creusant une tranchée, en la remplissant de terre, de sable et de cailloux, en donnant à la chaussée une forme bombée et en ménageant deux rigoles latérales pour évacuer l’eau.
Le mare clausum désignait une pratique de refus de naviguer en hiver et non une interdiction légale ; les navigateurs pouvaient néanmoins prendre la mer à leurs risques et périls.
Compléments
Au début de l’époque impériale, le manque de numéraire conduisit les autorités à tolérer des frappes municipales.
Les gouverneurs contrôlaient les poids et mesures et autorisaient ou non les marchés, susceptibles de provoquer des désordres.
Les ventes se tenaient en ville en plein air, dans des boutiques ou dans des marchés appelés macella, tandis que les marchés périodiques ruraux étaient appelés nundinae.
Les tarifs de portorium instaurés lorsqu’une unité militaire quittait une garnison renseignent sur les marchandises vendues et achetées ainsi que sur leurs prix ; des textes ont notamment été trouvés à Carthage, Lambèse et Zarai.
Les voies romaines n’étaient dallées qu’aux abords des villes ; un axe majeur faisait le tour du monde méditerranéen et des axes secondaires reliaient le littoral à l’intérieur.
Depuis Lyon, les routes principales menaient (Agrippa) :
Les transports utilisaient les chars, la navigation fluviale, le cabotage et la navigation hauturière, cette dernière surtout à la belle saison.
Les navires romains pouvaient contenir jusqu’à 500 tonnes selon Jean Rougé et jusqu’à 1 300 tonnes selon Lionel Casson.
★ À maîtriser
📌 Dans la Tétrarchie, les Augustes devaient abdiquer au bout de vingt ans et être remplacés par les Césars.
En 305, Dioclétien et Maximien abdiquèrent, déclenchant un épisode de guerre civile remporté par Constantin Ier (306-337).
L’édit de Milan accorda aux chrétiens la liberté de culte, et Constantin Ier finit par se convertir au christianisme.
Après plusieurs guerres civiles entre les fils de Constantin Ier, Constance II (337-361) sortit vainqueur de la confrontation.
En 361, les soldats d’Occident se révoltèrent contre leur envoi en Orient et portèrent Julien au pouvoir ; Julien régna de 361 à 363.
Compléments
Dioclétien et ses adjoints remportèrent des victoires contre les Germains et l’Iran, rétablirent l’ordre en Égypte, en Afrique et en Bretagne, et lancèrent une violente persécution contre les chrétiens.
Dioclétien réorganisa les cités et les provinces selon un modèle uniforme, réforma l’armée et créa un nouveau système monétaire.
Constantin Ier remporta ses guerres civiles, notamment contre Maxence, maître de Rome, et Licinius, qui disposait des forces de l’Orient.
Sous Constantin Ier, les scholes palatines, unités de barbares formant une nouvelle garde impériale, remplacèrent l’ancienne garde.
Sous Constantin Ier, les légions furent généralement réduites à 1 000 hommes et le dilectus fut abandonné au profit de recrutements volontaires, de misérables, de barbares et d’hommes fournis comme impôt par les grands propriétaires.
La fondation de Constantinople comme deuxième capitale correspondit à un déplacement du centre de gravité de l’Empire.
Constance II adhéra à l’arianisme et donna au pouvoir un caractère hiératique, sacré et chrétien.
La menace iranienne poussa Constance II à partager le pouvoir avec Julien, qu’il envoya en Gaule avant de lui demander des renforts contre l’Iran.
Julien se proclama polythéiste, fut surnommé « l’Apostat » par les chrétiens et mourut lors de sa campagne contre l’Iran.
Dioclétien organise, Constantin christianise, Julien revient au polythéisme.
★ À maîtriser
Au début du IIIe siècle, les Germains proches de l’Empire adoptèrent une tactique en phalange plus « romaine » et se regroupèrent en ligues, notamment les Francs et les Alamans, tandis que les Goths arrivèrent.
En 378, Valens fut vaincu par les Goths et tué à la bataille d’Andrinople.
En 406, les Vandales, les Alains et les Suèves franchirent la frontière du Rhin.
En 410, les Goths pillèrent Rome après s’être installés depuis plusieurs décennies dans l’Empire.
Compléments
L’invasion des Cimbres et des Teutons, marquée pour les Romains par le désastre d’Orange, eut lieu en 105 avant J.-C.
La tentative d’Auguste de créer une province de Germanie entre le Rhin et l’Elbe se termina par le désastre de Teutoburg en 9 après J.-C.
Les Germains étaient organisés en monarchies dirigées par des rois-chefs de guerre, assistés d’une assemblée et d’un conseil plus restreint ; le peuple se répartissait en cantons et en familles.
Chez les Germains, la violence, surtout au combat, représentait une valeur essentielle.
📌 Malgré leurs bons cavaliers, les Germains combattaient surtout comme fantassins peu protégés, armés notamment de hache, de framée et de spatha.
Au cours du IVe siècle, de nombreux Germains entrèrent dans l’armée romaine et certains atteignirent les plus hauts postes.
Les Vandales et leurs alliés s’installèrent dans la péninsule Ibérique, puis les Goths fondèrent le royaume de Toulouse avant de s’établir en Espagne après le départ des Vandales vers l’Afrique.
De 429 à 439, les Vandales migrèrent vers l’Afrique, débarquant près de Tanger puis prenant Carthage.
Orange, Teutoburg, Andrinople, Rhin, Rome : les repères des affrontements.
★ À maîtriser
L’Iran était le seul État capable de rivaliser avec l’Empire romain par son étendue, sa population et son organisation.
En cas d’invasion, les armées iraniennes reculaient en menant une guérilla afin d’attirer l’ennemi dans des régions isolées, notamment les déserts, où sa logistique manquerait.
Au début du IIIe siècle, l’armée iranienne se dota d’une infanterie lourde permanente et professionnelle et apprit la poliorcétique.
En 363, Julien envahit l’Iran, descendit l’Euphrate, rencontra des difficultés en remontant le Tigre et fut tué par un soldat isolé ; Jovien conclut ensuite une paix jugée honteuse.
Compléments
Les appellations « Parthes » et « Perses », reprises des dynasties Arsacide et Sassanide, ne désignent pas exactement l’ensemble iranien, qui regroupait notamment Parthes, Perses et Mèdes.
Les Romains furent défaits par l’Iran à Carrhae en 53 avant J.-C., tandis qu’Auguste obtint la restitution des enseignes sans guerre en 19 avant J.-C.
📌 Jusqu’au début du IIIe siècle, l’Iran ne représentait pas un danger militaire véritable pour Rome et ne vainquait les légions que lorsque le commandement romain commettait une faute.
Les généraux iraniens s’appuyaient sur les obstacles séparant l’Iran de Rome : le désert de Mésopotamie au sud et les montagnes d’Arménie au nord.
Entre 238 et 244, l’armée iranienne mena de vigoureuses offensives, dont les succès culminèrent avec la capture de l’empereur Valérien en 260.
L’Iran était une monarchie dirigée par les Arsacides jusqu’au début du IIIe siècle, puis par les Sassanides, et souvent qualifiée à tort de « féodale » en raison du rôle important des nobles.
L’armée iranienne était surtout composée de cavaliers lourds cataphractaires issus de la noblesse et de cavaliers légers archers, réputés pour la « flèche du Parthe » tirée vers l’arrière pendant une fuite feinte.
Rome avance ; l’Iran recule vers le désert et la montagne pour épuiser l’ennemi.
★ À maîtriser
Les fantassins romains utilisèrent les armes suivantes. : la spatha, longue épée germanique à deux tranchants et sans pointe, la lancea, longue lance de choc, le casque, la cuirasse, le bouclier
Dioclétien ramena les unités, légions comme auxiliaires, à un modèle de 500 ou 1 000 hommes et augmenta les effectifs en pensant que la quantité compenserait la baisse de qualité.
Après l’abandon du dilectus, les propriétaires durent fournir des recrues, tandis que les volontaires, peu nombreux et souvent de qualité médiocre, étaient complétés par des barbares, des paysans ruinés et des vagabonds.
Constantin Ier supprima les cohortes prétoriennes et les remplaça par les scholes palatines, unités de barbares formant la garde impériale.
Après 363, l’armée romaine manifesta une forte inefficacité, marquée par le désastre d’Andrinople en 378, l’incapacité à empêcher les invasions de la Gaule et de la péninsule Ibérique en 406, puis les sacs de Rome par les Goths en 410.
Compléments
📌 L’évolution de l’armement romain fut lente et commença au milieu du IIIe siècle ; elle ne constitua ni une réforme ni une révolution.
Constantin Ier développa le recrutement de barbares, qui économisait le sang romain et permettait de connaître la tactique adverse, mais dont la motivation à mourir pour Rome était incertaine.
Constantin Ier retira aux préfets du prétoire leurs pouvoirs de commandement, les cantonna à la logistique et plaça progressivement des magistri militum, ou généraux, à la tête de l’armée.
Le nouvel encadrement militaire distinguait les grades suivants. :
Julien put sauver la situation grâce à ses qualités de tacticien à Strasbourg en 357.
★ À maîtriser
Le pouvoir impérial devint plus autoritaire et sacralisé, tandis que le Sénat et le peuple de Rome perdirent leur capacité d’action politique et que l’empereur résida davantage dans les camps frontaliers que dans Rome.
Dans les provinces, les gouverneurs ou praesides conservèrent principalement la fonction judiciaire, tandis que le domaine militaire fut séparé du domaine civil.
Les trois préfectures du prétoire étaient les suivantes. :
Les curiales étaient responsables de la perception des impôts sur leurs propres deniers, charge qui provoqua des abandons de patrimoine et des fuites au désert en Égypte.
Compléments
L’empereur était la loi et le chef des armées ; Dioclétien était aussi chef de la religion, tandis que les empereurs chrétiens se limitaient à défendre la vraie foi définie par les synodes et les conciles.
Le consistoire, nouveau nom du conseil impérial, continuait à traiter les affaires de l’État, l’empereur conservant le dernier mot.
L’administration centrale répartissait les requêtes entre les libelli, les archives entre la memoria et la correspondance entre les epistulae ; les finances étaient gérées par deux comtes, l’un pour les biens privés et l’autre pour les largesses sacrées.
Une police secrète apparut sous le Bas-Empire, avec les agentes in rebus placés à la disposition du maître des offices.
Les cités, désormais toutes appelées civitates, étaient chacune placées sous l’autorité d’un curateur assisté d’une assemblée de notables appelée curiales, successeurs des décurions du Principat.
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1. Un archéologue distingue trois collines isolées et quatre langues de plateau qui semblent former des hauteurs supplémentaires. Selon l’analyse géographique de Rome, quelle interprétation convient ?
2. Au VIIIe siècle avant J.-C., plusieurs groupes de paysans bâtissent des cabanes sur le site de Rome. Quelle évolution conduit à la formation de la Ville ?
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Selon la légende, à quelle date Rome aurait-elle été fondée ?
Le 21 avril 753 avant J.-C.
En quelle année la République romaine prit-elle Tarente ?
En 272 avant J.-C.
Quel régime politique caractérise la République romaine ?
Un régime aristocratique où le peuple dispose de droits très limités.
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