QCM : Stoïcisme, existentialisme et responsabilité (22 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Pourquoi Sartre peut-il se réclamer du stoïcisme tout en le critiquant ?

Il y voit une manière de transformer son rapport au monde plutôt que d’assumer authentiquement sa situation.
Il y voit une doctrine qui supprime toute responsabilité individuelle face aux événements.
Il y voit une morale qui déduit directement ses principes de l’analyse de la conscience.
Il y voit une théorie qui fonde l’authenticité sur la maîtrise rationnelle des événements extérieurs.

Il y voit une manière de transformer son rapport au monde plutôt que d’assumer authentiquement sa situation.

Explication

Sartre admire certains aspects du stoïcisme, mais lui reproche de modifier le rapport au monde au lieu de conduire à une existence authentique dans une situation donnée. L’admiration pour cette philosophie ne signifie donc pas qu’il accepte sa conception de l’authenticité.

2. Quelle fonction les Cahiers pour une morale occupent-ils dans l’évolution de la pensée de Sartre ?

Ils remplacent l’analyse de la liberté par une théorie stoïcienne de la soumission au destin.
Ils développent une critique de la morale sans chercher à formuler de nouvelle orientation éthique.
Ils constituent une tentative inachevée de construire une morale après le refus d’en déduire une de L’être et le néant.
Ils exposent une morale achevée que Sartre avait entièrement déduite de L’être et le néant.

Ils constituent une tentative inachevée de construire une morale après le refus d’en déduire une de L’être et le néant.

Explication

Publiés en 1948 et restés inachevés, les Cahiers pour une morale témoignent de la volonté de Sartre d’élaborer une morale. Cette entreprise intervient après son refus de déduire une morale directement de L’être et le néant.

3. Que désigne la représentation dans l’analyse stoïcienne de la liberté intérieure ?

La série des événements extérieurs qui détermine les réactions de l’âme indépendamment de tout jugement.
La manière dont l’âme se rapporte aux choses, qui peut être utilisée de façon correcte ou incorrecte.
La faculté de produire des objets matériels en leur attribuant une valeur conforme à nos désirs.
La connaissance rationnelle qui rend toutes les interprétations de la mort également justes.

La manière dont l’âme se rapporte aux choses, qui peut être utilisée de façon correcte ou incorrecte.

Explication

La représentation désigne le rapport de l’âme aux choses et son usage peut être bon ou mauvais, notamment lorsqu’il s’agit de se représenter la mort. Elle concerne donc l’activité interprétative de l’âme, et non les événements extérieurs eux-mêmes.

4. Selon Épictète, lequel de ces éléments dépend de nous ?

La maladie qui atteint notre corps.
Le jugement que nous portons sur une situation.
La réussite d’un événement public.
La décision prise par une autre personne.

Le jugement que nous portons sur une situation.

Explication

Pour Épictète, les actes de l’âme, parmi lesquels figurent les jugements, les impulsions et les passions, dépendent de nous. Les événements extérieurs, comme la maladie ou les décisions d’autrui, ne relèvent pas directement de ce pouvoir intérieur.

5. Pourquoi la liberté de la volonté rend-elle possible le bonheur dans le stoïcisme ?

Parce que l’être humain peut se soustraire au déroulement nécessaire des causes naturelles.
Parce que la volonté peut obtenir que les événements extérieurs correspondent à ses préférences.
Parce que personne ne peut contraindre autrui à vouloir quelque chose contre sa volonté.
Parce que le bonheur repose sur l’absence de toute passion produite par l’âme.

Parce que personne ne peut contraindre autrui à vouloir quelque chose contre sa volonté.

Explication

La volonté conserve une liberté intérieure, car autrui ne peut pas imposer directement ce que nous voulons. Le bonheur devient ainsi possible par l’usage de cette volonté, et non par la maîtrise des événements extérieurs.

6. Que signifie le terme grec Heimarménè dans le stoïcisme ?

La représentation par laquelle l’âme juge les événements extérieurs.
Le destin par lequel tout arrive.
La providence qui rend le destin intelligible sur le plan divin.
L’acte spontané par lequel une personne choisit une action volontaire.

Le destin par lequel tout arrive.

Explication

Heimarménè désigne le destin stoïcien, c’est-à-dire ce par quoi tout arrive. La providence renvoie plutôt à l’intelligibilité divine du destin, ce qui distingue les deux notions.

7. Dans la parabole du chien attaché à une charrette, que montre le comportement du chien qui résiste ?

Il parvient à interrompre la marche de la charrette grâce à la force de sa résistance.
Il change la direction de la charrette en refusant d’accompagner son mouvement.
Il est entraîné au même endroit que le chien qui accompagne volontairement la traction.
Il reste immobile tandis que le chien docile est conduit vers la destination commune.

Il est entraîné au même endroit que le chien qui accompagne volontairement la traction.

Explication

Le chien qui résiste est malgré tout entraîné au même endroit que celui qui suit volontairement la traction. La parabole illustre ainsi que la résistance ne supprime pas le déroulement auquel l’animal est pris.

8. Que représente la chaîne dans la parabole du chien attaché à une charrette ?

Elle représente la providence divine qui protège le chien contre les effets du destin.
Elle représente le désir du chien, distinct de l’objet vers lequel la charrette le conduit.
Elle représente la liberté intérieure du chien et sa capacité à choisir une destination indépendante.
Elle représente à la fois la contrainte exercée sur le chien et la chaîne des causes qui l’intègre aux événements.

Elle représente à la fois la contrainte exercée sur le chien et la chaîne des causes qui l’intègre aux événements.

Explication

La chaîne possède une double signification : elle matérialise la contrainte subie par le chien et symbolise la série causale dans laquelle il est inclus. Elle ne désigne donc pas une liberté séparée du destin, mais l’inscription de l’action dans le déroulement des causes.

9. Comment faut-il comprendre l’acte spontané dans le stoïcisme ?

Comme le pouvoir d’agir sans contrainte ni empêchement, sans constituer un libre arbitre indépendant du destin.
Comme une liberté cartésienne grâce à laquelle la volonté échappe au déroulement du destin.
Comme la faculté de choisir en dehors de toute nécessité et de toute chaîne causale.
Comme la décision intérieure qui permet de produire un événement détaché des causes naturelles.

Comme le pouvoir d’agir sans contrainte ni empêchement, sans constituer un libre arbitre indépendant du destin.

Explication

L’acte spontané consiste à pouvoir accomplir une action sans être contraint ni empêché, tout en restant inscrit dans le destin. Il ne correspond donc pas à un libre arbitre cartésien indépendant de la nécessité.

10. Quelle orientation distingue principalement le stoïcisme de la philosophie d’Épicure ?

La recherche du bonheur par le plaisir
La contemplation désintéressée de la nature
La recherche de la vertu dans l’action
La suspension du jugement face au monde

La recherche de la vertu dans l’action

Explication

Le stoïcisme conçoit la philosophie comme une pratique de l’action orientée vers la vertu. La recherche du bonheur caractérise plutôt l’approche attribuée ici à Épicure.

11. Comment le stoïcisme préserve-t-il l’efficacité causale de l’action malgré le destin ?

Le destin concerne les événements extérieurs mais exclut les actions
Le destin agit à travers les agents eux-mêmes
Le destin fixe l’issue sans intégrer les décisions humaines
Le destin cesse d’agir lorsque les agents délibèrent

Le destin agit à travers les agents eux-mêmes

Explication

Dans la conception stoïcienne, le destin agit à travers nous : nos décisions et nos actions participent donc à l’enchaînement causal. L’idée d’une issue fixée indépendamment de toute action relève plutôt du fatalisme externaliste.

12. Quel rôle la prohairésis joue-t-elle chez Épictète ?

Elle désigne le choix déjà effectué et sépare l’agent de sa responsabilité
Elle correspond à une école de pensée qui remplace la faculté de choisir
Elle décrit l’impulsion physique qui détermine une action sans décision
Elle précède le choix et relie la faculté de choisir à la responsabilité

Elle précède le choix et relie la faculté de choisir à la responsabilité

Explication

La prohairésis désigne ce qui vient avant le choix et permet d’articuler la faculté de choisir avec la responsabilité. La hairésis renvoie plutôt au choix ou à une école de pensée, ce qui explique la confusion possible.

13. Quelle différence caractérise les recherches de Chrysippe et d’Épictète sur la responsabilité ?

Chrysippe examine le devoir, tandis qu’Épictète examine les causes physiques des événements
Chrysippe étudie la liberté morale, tandis qu’Épictète rejette toute responsabilité humaine
Chrysippe analyse les désirs, tandis qu’Épictète décrit l’ordre cosmique du destin
Chrysippe examine la causalité, tandis qu’Épictète examine ce qui dépend de nous et ce que nous devons faire

Chrysippe examine la causalité, tandis qu’Épictète examine ce qui dépend de nous et ce que nous devons faire

Explication

Chrysippe s’intéresse principalement à la responsabilité causale, alors qu’Épictète s’interroge sur ce qui relève de notre responsabilité et sur notre conduite. Les autres réponses attribuent à l’un les préoccupations propres à l’autre ou introduisent une thèse non indiquée.

14. Que désigne la responsabilité causale dans la pensée de Chrysippe ?

Ce qui arrive à l’agent sous l’effet des circonstances extérieures
Ce que l’agent doit accomplir selon une règle morale
Ce qui détermine la valeur morale d’une intention après l’action
Ce qui vient de nous et fonde la responsabilité morale

Ce qui vient de nous et fonde la responsabilité morale

Explication

La responsabilité causale concerne ce qui provient de l’agent et constitue ainsi le fondement de sa responsabilité morale. Elle ne se confond pas avec la responsabilité morale elle-même, qui porte sur ce que l’agent doit faire.

15. Comment le destin stoïcien est-il conçu ?

Comme une chaîne intelligible de causes déterminées englobant toutes les choses
Comme une succession de possibilités ouvertes aux choix sans détermination causale
Comme une règle morale qui concerne les actions humaines mais pas les pensées
Comme une puissance incompréhensible qui impose des événements sans ordre rationnel

Comme une chaîne intelligible de causes déterminées englobant toutes les choses

Explication

Le destin stoïcien est une chaîne intelligible de causes déterminées qui s’étend à toutes les choses, y compris aux âmes, aux désirs et aux pensées. Une force incompréhensible sans ordre rationnel ne correspond pas à cette conception stoïcienne.

16. Quel rapport les stoïciens établissent-ils entre la providence et le destin ?

Ils associent la providence aux âmes et le destin aux événements physiques
Ils distinguent un ordre divin des événements humains déterminés par la matière
Ils décrivent deux forces opposées, l’une rationnelle et l’autre dépourvue d’ordre
Ils désignent le même ordre rationnel du monde, dont Dieu est la cause des causes

Ils désignent le même ordre rationnel du monde, dont Dieu est la cause des causes

Explication

Pour les stoïciens, la providence et le destin renvoient au même ordre rationnel du monde, avec Dieu comme cause des causes. Ils ne constituent donc pas deux principes séparés ni deux domaines distincts de la réalité.

17. Pourquoi Sartre juge-t-il que le refus stoïcien de juger une situation haïssable peut être inauthentique ?

Parce qu’il remplace l’examen de la situation par une obéissance immédiate aux normes sociales
Parce qu’il affirme que toute situation pénible résulte d’une décision consciente de l’individu
Parce qu’il transforme le refus de juger en analyse psychologique et laisse la situation inchangée
Parce qu’il conduit à condamner moralement les personnes qui subissent une situation difficile

Parce qu’il transforme le refus de juger en analyse psychologique et laisse la situation inchangée

Explication

Sartre estime que cette attitude peut psychologiser le problème sans modifier la situation haïssable, ce qui empêche un engagement authentique. L’idée d’une obéissance aux normes sociales ne caractérise pas la critique formulée ici.

18. Quelle différence Sartre établit-il entre supporter une situation et s’y engager véritablement ?

Supporter une situation revient à la transformer concrètement, tandis que s’y engager consiste à en accepter les effets
Supporter une situation permet d’en encaisser le choc, tandis que s’y engager implique une prise de position authentique
Supporter une situation exige de la choisir librement, tandis que s’y engager consiste à subir ses conséquences
Supporter une situation suppose de la juger injuste, tandis que s’y engager consiste à suspendre tout jugement sur elle

Supporter une situation permet d’en encaisser le choc, tandis que s’y engager implique une prise de position authentique

Explication

Pour Sartre, le stoïcien peut résister intérieurement au choc sans prendre véritablement part à la situation. La transformation concrète n’est pas la définition de la simple capacité à supporter une épreuve.

19. Quelle distinction oppose le consentement stoïcien à la responsabilité sartrienne ?

Le stoïcien explique les événements par sa volonté, tandis que l’individu sartrien renonce à toute prise de position personnelle
Le stoïcien transforme ce qui arrive, tandis que l’individu sartrien se contente d’accepter les événements imposés
Le stoïcien veut ce qui arrive, tandis que l’individu sartrien reprend à son compte ce qu’il n’a pas choisi
Le stoïcien refuse les événements extérieurs, tandis que l’individu sartrien choisit les circonstances qui déterminent son existence

Le stoïcien veut ce qui arrive, tandis que l’individu sartrien reprend à son compte ce qu’il n’a pas choisi

Explication

Le consentement stoïcien consiste à vouloir ce qui arrive, alors que la responsabilité sartrienne désigne le fait d’assumer quelque chose qui n’a pas été choisi. La responsabilité sartrienne ne se réduit donc pas à accepter passivement les événements.

20. Quel équilibre le problème stoïcien de la responsabilité cherche-t-il à préserver ?

La liberté absolue de l’agent et l’absence de toute influence extérieure
L’efficacité causale de l’action et son origine dans l’agent
L’indépendance de l’action humaine et la disparition de toute chaîne causale
L’obéissance de l’agent au destin et l’inutilité pratique de ses décisions

L’efficacité causale de l’action et son origine dans l’agent

Explication

Le problème consiste à maintenir ensemble le fait que l’action produit effectivement des effets et le fait qu’elle provient de l’agent. Une liberté totalement indépendante des causes ne correspond pas à la difficulté stoïcienne.

21. Pourquoi le destin pose-t-il un problème d’imputabilité morale dans la pensée stoïcienne ?

S’il inclut les actions humaines, elles deviennent vaines ; s’il les exclut, leur imputabilité morale est garantie
S’il exclut les actions humaines, elles deviennent vaines ; s’il les inclut, leur imputabilité morale est menacée
S’il exclut les actions humaines, leur origine devient plus claire ; s’il les inclut, elles échappent à toute causalité
S’il inclut les actions humaines, l’agent devient entièrement indépendant ; s’il les exclut, il perd toute capacité d’agir

S’il exclut les actions humaines, elles deviennent vaines ; s’il les inclut, leur imputabilité morale est menacée

Explication

Le destin semble conduire soit à l’inutilité des actions humaines, soit à une difficulté concernant leur attribution morale. Les autres formulations inversent les conséquences respectives de l’inclusion et de l’exclusion des actions dans le destin.

22. Comment les stoïciens conçoivent-ils le rapport entre la cause d’une action et l’effet produit ?

La cause détermine mécaniquement l’effet selon une succession entièrement fixée
La cause disparaît dès que l’agent intervient dans la production de l’action
La cause accompagne l’action sans jouer de rôle dans la production de son effet
La cause provoque l’action sans imposer nécessairement l’effet produit

La cause provoque l’action sans imposer nécessairement l’effet produit

Explication

Chez les stoïciens, la cause qui déclenche une action ne détermine pas entièrement le résultat qui en découle. Cette conception se distingue d’un déterminisme mécanique dans lequel chaque cause imposerait son effet.

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Pourquoi Sartre critique-t-il le stoïcisme malgré son adhésion ?

Parce qu'il le voit comme une modification du rapport au monde, pas une vie authentique.

Que représentent Les Cahiers pour une morale dans la pensée de Sartre ?

Une tentative de construire une morale après avoir refusé celle de L’être et le néant.

Qu'est-ce que la représentation selon Épictète ?

La manière dont l’âme se rapporte aux choses.

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