📋 Plan du Cours
- Renaissance européenne
- Humanisme et individualisme
- Réformes religieuses
- Imprimerie et diffusion
- Renaissance artistique
- Révolution scientifique
- Mutations culturelles
- Nouveaux paradigmes
📖 1. Renaissance européenne
🔑 Notions clés & Définitions
- Renaissance : Période de renouveau culturel, artistique et intellectuel en Europe aux XVe-XVIe siècles, marquée par une rupture avec le Moyen Âge et une redécouverte de l’Antiquité, favorisant l’émergence d’une modernité individualiste et critique.
- Ouverture des routes maritimes vers l’Atlantique (après 1453 et 1492) : Développement de nouvelles voies de navigation permettant l’expansion commerciale et coloniale de l’Europe, favorisant la formation d’une économie-monde centrée sur l’Europe.
- Rupture avec le Moyen Âge : Fin d’une période perçue comme obscurantiste, caractérisée par une remise en question des dogmes et une valorisation de la connaissance critique, scientifique et humaniste.
- Passage d’une vision théocentrée à une modernité individualiste : Transition d’un monde où Dieu et la religion occupent le centre de la pensée vers une conception centrée sur l’homme, ses capacités et sa liberté, favorisant l’esprit critique et l’autonomie de la raison.
- Émergence d’une économie-monde centrée sur l’Europe : Expansion commerciale, colonisation et échanges qui placent l’Europe au cœur d’un réseau économique mondial, renforçant son influence politique et culturelle.
- Conception de la Renaissance comme une phase de transition : Moment de rupture et de transformation profonde, où l’Europe s’éloigne du Moyen Âge pour poser les bases de la modernité, en intégrant des innovations artistiques, scientifiques et philosophiques.
📝 Points essentiels
- La Renaissance constitue une phase de transition majeure aux XVe-XVIe siècles, marquée par une rupture avec le Moyen Âge perçu comme obscurantiste, et par une ouverture vers l’Antiquité et la modernité.
- La fin du Moyen Âge est symbolisée par la chute de Constantinople en 1453 et la découverte de l’Amérique en 1492, qui favorisent l’ouverture de nouvelles routes maritimes et le développement d’une économie-monde centrée sur l’Europe.
- La Renaissance s’inscrit dans un contexte de transformations profondes : renouvellement artistique, scientifique, philosophique et économique, qui façonnent la société moderne.
- La conception de l’homme évolue : passage d’une vision théocentrée à une vision individualiste, valorisant la dignité, la liberté et le potentiel de progrès de l’individu.
- La rupture avec le Moyen Âge s’accompagne d’un rejet de l’obscurantisme et d’un regain d’intérêt pour la connaissance critique, notamment par le retour aux textes antiques et la diffusion de l’imprimerie.
- La Renaissance pose les bases de la modernité en favorisant l’esprit critique, la science, l’individualisme et l’ouverture au monde.
💡 À retenir
La Renaissance européenne est une période de rupture et de renouveau qui, en s’appuyant sur la redécouverte de l’Antiquité et l’ouverture des routes maritimes, transforme profondément la vision de l’homme, du monde et de la société, marquant le début de la modernité.
📖 2. Humanisme et individualisme
🔑 Notions clés & Définitions
- Humanisme : Courant intellectuel qui place l’homme et sa capacité de progrès au centre du monde, en valorisant l’étude des « humanités » (grammaire, rhétorique, histoire, poésie, philosophie morale). Selon PERROUX (date), il s’agit d’une révolution de la pensée qui remet en question la vision médiévale centrée sur la théologie.
- Retour aux sources : Approche consistant à revenir aux textes originaux de l’Antiquité, en rejetant les traductions médiévales jugées corrompues, pour retrouver la pensée authentique. Développée par les humanistes après 1453, notamment par la philologie, science de l’étude critique des textes, visant à restituer la pensée originale des auteurs anciens.
- Dignité de l’homme : Concept affirmé par Jean Pic de la Mirandole (1486), selon lequel Dieu a placé l’homme au centre du monde, doté d’une liberté fondamentale et capable de s’élever par la connaissance ou de déchoir par l’ignorance, faisant de l’individu le maître de son destin.
- Liberté et libre arbitre : Idéal humaniste selon lequel l’homme possède la capacité de choisir et d’agir librement, ce qui constitue une rupture avec la vision médiévale de l’homme comme une créature pécheresse dont le seul but est le salut par la pénitence.
- Révolution pédagogique : Changement dans l’approche éducative, centrée sur l’épanouissement et l’esprit critique de l’élève, rejetant la scolastique médiévale basée sur la répétition et l’autorité. Selon Érasme, l’éducation doit former « une tête bien faite plutôt que bien pleine » (date).
📝 Points essentiels
- L’Humanisme, né dans les cités italiennes au XIVe siècle, repose sur la conviction que l’homme possède une dignité propre et un potentiel illimité de progrès par l’étude des humanités.
- La redécouverte des textes antiques, notamment par la philologie, permet de retrouver la pensée authentique des auteurs grecs et latins, en rejetant les traductions médiévales jugées corrompues. La chute de Constantinople en 1453 favorise cet accès aux manuscrits grecs originaux.
- Jean Pic de la Mirandole (1486) affirme que Dieu a placé l’homme au centre du monde, lui donnant la liberté de choisir sa propre forme, ce qui incarne la vision optimiste de l’individu comme acteur de sa destinée.
- La pédagogie humaniste privilégie le dialogue, la curiosité et la compréhension, en opposition à la scolastique médiévale qui se limitait à la répétition mécanique et à l’autorité du maître. La formation vise à développer le jugement et l’esprit critique.
- La diffusion de l’humanisme est facilitée par l’imprimerie, qui permet la circulation massive des textes et la standardisation des langues vernaculaires, renforçant le sentiment d’appartenance culturelle et la conscience individuelle.
💡 À retenir
L’humanisme marque une révolution de la pensée en valorisant la dignité, la liberté et le potentiel de progrès de l’homme, en s’appuyant sur un retour critique aux textes antiques et une pédagogie centrée sur l’épanouissement de l’individu.
🔑 Notions clés & Définitions
- Crise de l’Église catholique au tournant du XVIe siècle : période de remise en question profonde de l’autorité, des pratiques et des dogmes de l’Église, entraînant des divisions et des mouvements de réforme (voir aussi "Critique des abus ecclésiastiques et vente des indulgences").
- Critique des abus ecclésiastiques et vente des indulgences : dénonciation par les réformateurs, notamment Luther, des pratiques corrompues du clergé, telles que la vente des indulgences, qui promettaient la réduction des peines du purgatoire contre paiement (voir aussi "Martin Luther et ses 95 thèses").
- Martin Luther et ses 95 thèses (1517) : moine allemand qui, en affichant ses thèses, remet en cause la pratique des indulgences et affirme que le salut ne dépend que de la foi (Sola Fide) et que la Bible est la seule source d’autorité (Sola Scriptura).
- Naissance du protestantisme et rejet de l’autorité papale : mouvement de rupture avec la doctrine et la hiérarchie de Rome, initié par Luther, qui prône une lecture personnelle des Écritures et une foi individuelle, entraînant la formation de nouvelles confessions.
- Jean Calvin et doctrine de la prédestination (vers 1536) : théologien français exilé à Genève, qui développe l’idée que Dieu a choisi dès l’éternité ceux qui seront sauvés ou damnés, renforçant la rigueur morale et l’organisation ecclésiale.
- Diversification des réformes religieuses (Luthéranisme, Calvinisme, Anglicanisme) : mouvements issus de la critique de l’Église catholique, chacun avec ses principes spécifiques, qui contribuent à la fragmentation du christianisme occidental.
📝 Points essentiels
- La crise de l’Église catholique au XVIe siècle est alimentée par la critique des abus, notamment la vente des indulgences, qui scandalise une partie des fidèles et des intellectuels.
- Martin Luther, en 1517, affiche ses 95 thèses, dénonçant la corruption ecclésiastique et affirmant que le salut repose uniquement sur la foi (Sola Fide) et que la Bible doit être la seule autorité (Sola Scriptura).
- La diffusion rapide de ses idées, grâce à l’imprimerie, provoque une rupture profonde avec Rome, entraînant la naissance du protestantisme.
- Jean Calvin, en développant la doctrine de la prédestination, impose un modèle rigide d’organisation ecclésiale et une morale stricte, influençant fortement la Réforme en France, en Écosse et aux Pays-Bas.
- La Réforme se diversifie avec l’émergence de l’anglicanisme en Angleterre, sous Henri VIII, qui rompt avec Rome pour des raisons politiques, tout en conservant une structure hiérarchique proche du catholicisme.
- Ces mouvements de réforme provoquent une fragmentation religieuse de l’Europe, menant à des guerres de religion et à la mise en place d’un pluralisme confessionnel à la fin du XVIe siècle.
💡 À retenir
Les Réformes religieuses du XVIe siècle, en remettant en cause l’autorité de l’Église catholique, ont profondément transformé la chrétienté occidentale, en favorisant l’émergence du protestantisme et en instaurant un pluralisme confessionnel durable.
📖 4. Imprimerie et diffusion
🔑 Notions clés & Définitions
- Invention de l’imprimerie par Gutenberg (vers 1450) : Technique utilisant des caractères mobiles en plomb permettant une reproduction rapide et en série des textes, révolutionnant la production de livres.
- Production massive et rapide de livres sur papier : Résultat de l’imprimerie, cette capacité permet une diffusion élargie du savoir, rendant les livres accessibles à une large population.
- Transformation psychologique de la lecture : Passage d’une activité communautaire et orale à une pratique silencieuse et individuelle, favorisant l’introspection et l’interprétation personnelle.
- Standardisation des langues nationales : Processus par lequel les langues vernaculaires (français, italien, allemand) se diffusent et se codifient, au détriment du latin, renforçant l’identité culturelle locale.
- Rôle des imprimeurs-éditeurs érudits dans l’établissement des textes : Acteurs essentiels de la diffusion du savoir, ils participent à la correction, à l’édition et à la transmission fidèle des textes, contribuant à la création d’une culture savante commune.
📝 Points essentiels
- La mise au point de l’imprimerie par Gutenberg vers 1450 à Mayence marque une rupture technologique majeure, permettant une production en série des livres.
- La fabrication sur papier (moins coûteux que le parchemin) facilite la diffusion de masse, avec plus de 200 millions d’exemplaires au XVIe siècle, contre quelques dizaines de milliers de manuscrits antérieurs.
- La lecture silencieuse et individuelle, rendue possible par l’imprimerie, modifie profondément la psychologie du lecteur, favorisant l’introspection et la subjectivité.
- La standardisation des langues vernaculaires, notamment par la diffusion de textes en français, italien ou allemand, contribue à la formation des identités culturelles nationales.
- La République des Lettres émerge comme un réseau européen d’échanges intellectuels, où savants, imprimeurs et universités collaborent, dépassant les frontières politiques et religieuses.
- Des imprimeurs-éditeurs érudits, tels qu’Aldo Manuce à Venise ou Robert Estienne à Paris, jouent un rôle crucial dans l’établissement et la correction des textes, assurant leur authenticité et leur diffusion fidèle.
💡 À retenir
L’invention de l’imprimerie par Gutenberg vers 1450 a permis une diffusion rapide et massive des textes, transformant la lecture en une activité silencieuse et individuelle, tout en favorisant la standardisation des langues et la création d’un réseau européen d’échanges intellectuels.
📖 5. Renaissance artistique
🔑 Notions clés & Définitions
Perspective linéaire : Technique artistique permettant de représenter la profondeur en utilisant un point de fuite unique, créant une illusion de tridimensionnalité sur une surface plane. Théorisée par Alberti (1435) et mise en œuvre par Brunelleschi (1415), elle révolutionne la perception visuelle en peinture.
Peinture à l’huile : Technique de peinture utilisant des pigments mélangés à de l’huile, permettant des couleurs plus riches, des jeux de transparence et des dégradés subtils. Perfectionnée par les peintres flamands au XVe siècle, elle offre une nouvelle expressivité et une fidélité accrue dans la représentation.
Sfumato et clair-obscur : Techniques picturales développées par Léonard de Vinci (fin XVe siècle). Le sfumato consiste à estomper les contours pour donner une douceur et une profondeur psychologique, tandis que le clair-obscur joue sur les contrastes lumineux pour renforcer le volume et l’émotion.
Étude scientifique de l’anatomie : Pratique consistant à dissecter des corps humains pour comprendre la structure musculaire et osseuse, afin de représenter le corps humain avec précision. Vésale (1543) a publié De humani corporis fabrica, fondement de l’anatomie moderne.
Statut social de l’artiste et mécénat : La mutation du rôle de l’artiste, qui devient un créateur respecté, souvent soutenu par des mécènes tels que les Médicis ou la papauté. Le mécénat permet à l’artiste d’accéder à des commandes monumentales et à une reconnaissance sociale accrue, transformant l’art en instrument de pouvoir et de prestige.
📝 Points essentiels
- La perspective linéaire, théorisée par Alberti et appliquée par Brunelleschi, introduit une nouvelle manière de représenter l’espace, marquant une rupture avec l’art médiéval symbolique.
- La peinture à l’huile, perfectionnée par les flamands, permet une richesse chromatique et une finesse de détails inégalée, favorisant le réalisme et l’expression psychologique.
- Léonard de Vinci innove avec le sfumato et le clair-obscur, techniques qui confèrent aux visages une profondeur émotionnelle et une atmosphère réaliste.
- L’étude anatomique, notamment par Vésale, permet aux artistes de représenter le corps humain avec une précision scientifique, intégrant la connaissance du mouvement et de la musculature.
- Le statut de l’artiste évolue : il devient un génie créateur, souvent protégé par le mécénat de puissants, ce qui valorise l’art comme vecteur de prestige politique et religieux.
💡 À retenir
La Renaissance artistique, en intégrant des innovations techniques et scientifiques, a permis de renouveler la perception visuelle et le statut social de l’artiste, faisant de l’art une expression de la nouvelle vision humaniste du monde.
📖 6. Révolution scientifique
🔑 Notions clés & Définitions
Renaissance scientifique : Période de transformation des savoirs basée sur l’observation, l’expérimentation et la mathématisation du monde, marquant la naissance de la science moderne.
Nicolas Copernic (1543) : Astronome polonais qui propose l’héliocentrisme, plaçant le Soleil au centre de l’univers, en rupture avec le géocentrisme de Ptolémée.
Johannes Kepler (1609) : Astronome allemand découvrant que les orbites des planètes sont elliptiques, confirmant et complétant l’héliocentrisme copernicien.
Galilée (1610) : Astronome italien utilisant la lunette pour observer les satellites de Jupiter, soutenant la théorie héliocentrique et remettant en cause la vision aristotélicienne.
André Vésale (1543) : Médecin flamand qui publie De humani corporis fabrica, révolutionnant l’anatomie par la dissection et la pratique directe du corps humain.
Ambroise Paré (16e siècle) : Chirurgien français qui révolutionne les techniques opératoires, notamment pour les blessures de guerre, en s’appuyant sur l’observation clinique.
📝 Points essentiels
- La Renaissance scientifique marque une rupture avec la vision géocentrique de l’univers, en faveur d’un modèle héliocentrique proposé par Nicolas Copernic (1543), qui remet en cause la place centrale de la Terre.
- Les travaux de Kepler (orbites elliptiques) et les observations de Galilée (lunette astronomique) confirment et précisent cette nouvelle vision, bouleversant la cosmologie antique et médiévale.
- La méthode scientifique se développe, fondée sur l’observation rigoureuse, l’expérimentation et la modélisation mathématique, permettant une compréhension plus précise du monde naturel.
- En médecine, Vésale (1543) remet en question les doctrines galéniques en pratiquant la dissection pour étudier l’anatomie humaine, établissant les bases de la médecine moderne.
- La chirurgie évolue grâce à Paré, qui privilégie l’observation clinique et innove dans les techniques opératoires, notamment pour les blessures de guerre.
- La science nouvelle entre en conflit avec les dogmes religieux, notamment avec l’Église, qui voit dans ces découvertes une menace à son autorité.
💡 À retenir
La révolution scientifique du XVIe siècle, fondée sur l’observation, l’expérimentation et la mathématisation, bouleverse la vision du cosmos, du corps humain et de la nature, posant les bases de la science moderne tout en défiant les dogmes religieux.
📖 7. Mutations culturelles
🔑 Notions clés & Définitions
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Diffusion des idées humanistes et scientifiques : Propagation des valeurs et connaissances issues de l'Antiquité et de la science moderne grâce à l'imprimerie, aux échanges intellectuels et à la redécouverte des textes originaux, favorisant une remise en question des dogmes traditionnels.
Source : La période voit une explosion de la production et de la circulation des livres, notamment avec Gutenberg (1450), permettant une diffusion rapide des idées.
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Transformation des mentalités vers l’individualisme et l’esprit critique : Passage d'une vision communautaire et théocentrique à une valorisation de la subjectivité, de la réflexion personnelle et de la liberté de penser, illustrée par la remise en question des autorités religieuses et la valorisation de la raison.
Source : Jean Pic de la Mirandole (1486) affirme que l'homme peut s'élever par la connaissance et doit devenir maître de lui-même.
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Évolution des pratiques éducatives et pédagogiques : Passage d'une scolastique basée sur la répétition et l'autorité à une pédagogie centrée sur le développement de l'esprit critique, la lecture critique et l'épanouissement de l'individu.
Source : Érasme (1516) prône une éducation fondée sur la maîtrise des humanités et la compréhension critique des textes.
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Impact de la lecture silencieuse sur la subjectivité : La standardisation des livres et l'essor de l'imprimerie favorisent une lecture individuelle, introspective, et la formation d'une conscience personnelle face aux textes, en opposition avec la lecture communautaire et orale du Moyen Âge.
Source : La diffusion massive des livres permet une lecture silencieuse, favorisant l'introspection.
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Affirmation des langues vernaculaires et cultures nationales : La production de livres en langues locales, au détriment du latin, renforce l'identité culturelle et nationale, tout en diffusant la culture savante au-delà des élites ecclésiastiques.
Source : La standardisation des langues nationales accompagne la diffusion des idées humanistes.
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Émergence d’une culture savante commune en Europe : Réseau transfrontalier de savants, d'imprimeurs et d'universités, la République des Lettres favorise une communauté intellectuelle européenne, dépassant les frontières politiques et religieuses.
Source : Les échanges épistolaires, les voyages et la circulation des livres créent un espace commun d’échanges culturels.
📝 Points essentiels
- La Renaissance et l'humanisme, grâce à l'imprimerie (Gutenberg, 1450), ont permis une diffusion massive des idées, rompant avec le monopole ecclésiastique sur la culture.
- La redécouverte des textes antiques, notamment grecs, par les humanistes (ex : exil des savants byzantins après 1453), a favorisé un retour aux sources et une critique des traditions médiévales.
- La valorisation de l’individu et de la raison, illustrée par Jean Pic de la Mirandole (1486), marque une rupture avec la vision médiévale de l’homme pécheur soumis au salut par la pénitence.
- La pédagogie humaniste privilégie la formation de l’esprit critique, la maîtrise des langues anciennes, et l’épanouissement personnel, en opposition à la scolastique médiévale.
- La lecture silencieuse, rendue possible par la diffusion du livre, favorise la subjectivité et l’introspection, contribuant à la formation d’une conscience individuelle.
- La standardisation des langues vernaculaires, encouragée par la production de livres en langues locales, renforce l’identité culturelle et nationale.
- La République des Lettres, réseau européen d’échanges intellectuels, contribue à une culture commune, dépassant les frontières politiques et religieuses, et favorise la circulation des idées et des textes.
💡 À retenir
Les mutations culturelles de la Renaissance, impulsées par la diffusion des idées humanistes et scientifiques, ont profondément transformé la conception de l’homme, de l’éducation, et de la culture en Europe, en favorisant l’individualisme, l’esprit critique et une identité culturelle commune.
📖 8. Nouveaux paradigmes
🔑 Notions clés & Définitions
Vision théocentrée : conception du monde où Dieu et la religion occupent la place centrale dans la compréhension de l’univers et de l’homme, dominant la pensée médiévale.
Transition anthropocentrée : passage d’une vision centrée sur Dieu à une vision où l’homme est placé au cœur de la réflexion, avec une importance accrue de la raison et de la dignité humaine.
Remise en cause des autorités traditionnelles : critique et rejet des sources d’autorité établies comme l’Église et Aristote, au profit de la raison critique et de l’étude directe des textes originaux.
Méthode critique et scientifique : approche basée sur l’observation, l’expérimentation et la vérification rationnelle, qui remet en question les dogmes et privilégie la preuve empirique.
Idée d’un univers infini : conception selon laquelle l’univers n’a pas de limite définie, s’éloignant de la vision géocentrique et centrée sur l’homme, en proposant un cosmos vaste et non fini.
📝 Points essentiels
- La Renaissance marque un bouleversement des paradigmes en remplaçant la vision théocentrée par une perspective plus humaniste et scientifique, favorisant l’autonomie de la raison (PERROUX, date).
- La remise en cause des autorités traditionnelles, notamment l’Église et Aristote, s’accompagne de la valorisation de la méthode critique et de l’étude directe des textes antiques, permettant une connaissance plus authentique et rigoureuse.
- La conception d’un univers infini et non centré sur l’homme remet en question la vision médiévale d’un cosmos limité et hiérarchisé, ouvrant la voie à la science moderne et à la cosmologie héliocentrique (Copernic, 1543).
- La nouvelle anthropologie valorise la liberté individuelle, la dignité humaine et la capacité de l’homme à se perfectionner par la connaissance, en rupture avec la vision pécheresse et passivement soumise du Moyen Âge.
- L’émergence de la pensée critique et scientifique favorise une autonomie de la raison, permettant à l’homme de s’émanciper des dogmes religieux et des autorités antiques pour explorer le monde et lui-même.
💡 À retenir
La Renaissance opère un changement radical en passant d’une vision centrée sur Dieu et l’autorité à une conception où l’homme, la raison et l’univers infini deviennent les nouveaux axes de compréhension, ouvrant la voie à la science moderne et à la pensée critique.
📊 Tableaux de Synthèse
| Thème | Notions clés | Concepts | Auteur / Référence | Particularités |
|---|
| Renaissance européenne | Renouveau culturel, rupture avec Moyen Âge | Passage d’une vision théocentrée à individualiste, ouverture routes maritimes | - | Fin du Moyen Âge : 1453, 1492, découverte de l’Amérique |
| Humanisme et individualisme | Dignité de l’homme, retour aux textes antiques | Redécouverte des sources, liberté, pédagogie humaniste | PERROUX, Jean Pic de la Mirandole, Érasme | Valorisation de la raison, critique de la scolastique |
| Réformes religieuses | Crise de l’Église, remise en question dogmes | Indulgences, protestantisme, prédestination | Luther, Calvin | Fragmentation du christianisme, rejet de l’autorité papale |
| Imprimerie et diffusion | Diffusion massive, standardisation | Circulation des textes, démocratisation de la connaissance | Gutenberg | Accélère la diffusion des idées humanistes et réformistes |
| Renaissance artistique | Nouveaux styles, perspective, réalisme | Art réaliste, perspective, portrait, sfumato | Léonard de Vinci, Michel-Ange | Passage du symbolisme religieux à l’individualisme |
| Révolution scientifique | Méthode expérimentale, remise en cause dogmes | Observation, expérimentation, modèle héliocentrique | Copernic, Galilée, Kepler | Départ de la vision géocentrique, naissance de la science moderne |
| Mutations culturelles | Nouveaux paradigmes, remise en question | Humanisme, science, réforme religieuse | - | Transition vers la modernité, individualisme, rationalisme |
| Nouveaux paradigmes | Science, religion, philosophie | Rationalisme, empirisme, réforme religieuse | Descartes, Luther, Copernic | Changement de cadre de pensée, autonomie de la science |
⚠️ Pièges & Confusions Fréquentes
- Confondre Renaissance et Moyen Âge : la Renaissance n’est pas une simple continuation, mais une rupture avec l’obscurantisme médiéval.
- Mélanger humanisme et individualisme : l’humanisme valorise l’homme mais ne se limite pas à l’individualisme.
- Confondre Luther et Calvin : Luther prône la foi seule, Calvin insiste sur la prédestination.
- Confondre la Réforme protestante et la Contre-Réforme catholique : la première critique, la seconde réagit pour réaffirmer l’autorité de Rome.
- Assimiler l’imprimerie uniquement à la diffusion religieuse : elle accélère aussi la diffusion des idées humanistes et scientifiques.
- Confondre la révolution scientifique et la science moderne : la première est une étape, la seconde s’appuie sur la méthode expérimentale.
- Confondre l’art de la Renaissance avec l’art baroque ou gothique : styles et objectifs différents.
✅ Checklist Examen
- Connaître la définition de la Renaissance selon PERROUX et ses caractéristiques principales.
- Identifier les événements majeurs : chute de Constantinople (1453), découverte de l’Amérique (1492).
- Expliquer le passage d’une vision théocentrée à une vision individualiste durant la Renaissance.
- Définir l’humanisme, ses objectifs et ses principales figures comme Érasme et Jean Pic de la Mirandole.
- Comprendre le rôle de l’imprimerie dans la diffusion des textes humanistes et réformistes.
- Connaître la critique des abus de l’Église, notamment la vente des indulgences, et leur impact.
- Identifier les principales figures de la Réforme : Luther, Calvin, leurs idées et leurs différences.
- Expliquer la naissance du protestantisme et ses conséquences en Europe.
- Connaître les grands artistes de la Renaissance et leurs œuvres majeures.
- Comprendre la révolution scientifique : méthode expérimentale, modèle héliocentrique, figures clés comme Copernic et Galilée.
- Maîtriser les nouveaux paradigmes : rationalisme, empirisme, réforme religieuse.
- Savoir citer et expliquer les concepts clés de PERROUX, Pic de la Mirandole, Érasme, Luther, Calvin.