Fiche de révision : Vie politique française de 1962 à 1965

Plan du Cours

  1. Départ de Debré et nomination de Pompidou
  2. Parcours et formation politique de Pompidou
  3. Installation et fragilités du gouvernement Pompidou
  4. Révision constitutionnelle et crise d’octobre
  5. Victoire gaulliste aux élections de 1962
  6. Recomposition des oppositions politiques
  7. Échec de la candidature Defferre
  8. Candidats à la présidentielle de 1965
  9. Résultats et portée du scrutin de 1965

Repères chronologiques

  1. 5 octobre 1962Une motion de censure contre le gouvernement Pompidou est adoptée par 280 députés sur 480 et renverse le gouvernement.
  2. 18 juin 1965Le projet de fédération démocrate-socialiste échoue après le congrès socialiste.
  3. 25 juin 1965Gaston Defferre retire sa candidature, laissant la gauche non communiste sans candidat.

1. Départ de Debré et nomination de Pompidou

★ À maîtriser

  • À la fin de la guerre d’Algérie, Michel Debré quitte ses fonctions après être resté fidèle à de Gaulle malgré la tension entre cette fidélité et son soutien à l’Algérie française.

  • De Gaulle choisit Georges Pompidou, alors peu connu du public et du monde politique, pour remplacer Michel Debré à Matignon.

Compléments

  • Pompidou avait dirigé le cabinet de De Gaulle lorsque celui-ci était président du Conseil en 1958.

2. Parcours et formation politique de Pompidou

★ À maîtriser

  • Fils de deux instituteurs, Georges Pompidou est reçu à l’École normale supérieure en 1931 puis à l’agrégation de lettres en 1934.

Compléments

  • Avant sa carrière politique, Pompidou enseigne au lycée Saint-Charles à Marseille, puis au lycée Henri-IV à Paris à partir de 1938.

  • Pendant la guerre, Pompidou ne participe pas à la Résistance et entre au cabinet de De Gaulle en 1944 grâce à un ami.

  • Après le départ de De Gaulle du pouvoir en 1946, Pompidou devient maître des requêtes au Conseil d’État et se rapproche du général pendant la période du RPF.

  • Après 1953, Pompidou devient directeur de société à la banque Rothschild, noue des contacts économiques et s’attire des critiques de gaullistes de gauche pour ses liens financiers.

  • En 1958, Pompidou contribue au retour au pouvoir de De Gaulle et joue un rôle majeur dans la composition du gouvernement et le traitement des affaires importantes.

  • Nommé au Conseil constitutionnel en février 1959, Pompidou reçoit aussi une mission secrète liée au règlement de la question algérienne.

3. Installation et fragilités du gouvernement Pompidou

★ À maîtriser

  • Pompidou devient Premier ministre en 1962 à l’âge de 51 ans, après que De Gaulle lui a annoncé son intention de le nommer à Matignon.

  • La majorité gouvernementale rassemble :

    • l’UNR
    • des indépendants
    • le MRP
  • Le gouvernement Pompidou obtient la confiance par 259 voix contre 128, révélant une majorité fragile.

  • Après la conférence de presse de De Gaulle du 15 mai 1962 sur une Europe des États, les ministres du MRP démissionnent du gouvernement.

📌 Pompidou engage la responsabilité de son gouvernement par une déclaration de programme selon l’article 49.1 de la Constitution.

Compléments

  • Pompidou pense être un Premier ministre de transition, mais il reste finalement en fonction pendant six ans.

  • À la demande de De Gaulle, Pompidou met fin au conseil de cabinet que Michel Debré réunissait à Matignon.

  • La nomination de Pompidou est critiquée à gauche, notamment dans L’Humanité et Le Populaire, en raison entre autres du nombre important de ministres non parlementaires.

  • Pompidou menace de démissionner si la peine de mort prononcée contre le général Jouhaud est exécutée, et De Gaulle renonce finalement à l’exécution.

4. Révision constitutionnelle et crise d’octobre

★ À maîtriser

  • L’attentat du Petit-Clamart, organisé par Bastien-Thiry le 22 août 1962, échoue de justesse contre De Gaulle.

  • Après l’attentat du Petit-Clamart, De Gaulle annonce vouloir faire élire le président de la République au suffrage universel afin de donner une forte légitimité à son successeur.

📌 L’article 11 permet au président de soumettre à référendum un projet de loi portant sur l’organisation des pouvoirs publics, tandis que l’article 89 prévoit un vote préalable du Parlement pour réviser la Constitution.

Compléments

  • De Gaulle estime que le collège des grands électeurs institué en 1958 pourrait élire un président qui ne lui convient pas, notamment Antoine Pinay.

  • Gaston Monnerville dénonce une violation de la Constitution et accuse le Premier ministre de forfaiture à propos de la procédure choisie par De Gaulle.

  • Le ministre de l’Éducation nationale Pierre Sudreau démissionne en raison de son opposition à la révision constitutionnelle par référendum.

  • Après la motion de censure, De Gaulle dissout l’Assemblée nationale et fixe les élections législatives aux 18 et 25 novembre, après le référendum du 28 octobre 1962.

5. Victoire gaulliste aux élections de 1962

★ À maîtriser

  • Le référendum du 28 octobre 1962 approuve la réforme de l’élection présidentielle au suffrage universel par 61,75 % des suffrages exprimés, avec 22 % d’abstention.

  • Les élections législatives des 18 et 25 novembre 1962 donnent plus de 30 % des voix à l’alliance gaulliste UNR-UDT, qui obtient la majorité des députés au second tour.

  • La double victoire de 1962 renforce le lien direct que De Gaulle souhaite établir entre le président élu et le peuple, et nourrit les accusations de bonapartisme de l’opposition.

Compléments

  • De Gaulle s’investit fortement dans la campagne référendaire et intervient quatre fois à la télévision.

  • Après les législatives de 1962, les indépendants ne comptent plus que 18 députés, tandis que l’opposition de gauche regroupe 41 communistes et environ 60 socialistes.

  • Après les élections de 1962, Pompidou est chargé de former un nouveau gouvernement dont la composition diffère peu du précédent.

6. Recomposition des oppositions politiques

★ À maîtriser

  • Après la mort de Maurice Thorez, Waldeck Rochet lui succède à la tête du Parti communiste en 1964.

  • Le programme commun envisagé associe :

    • les communistes
    • les socialistes
    • les syndicalistes
    • d’autres démocrates
  • La SFIO connaît une baisse de ses militants et une tension entre sa doctrine marxiste et sa pratique politique pragmatique.

Compléments

  • À Paris, les listes communes réunissent :

    • des communistes
    • des socialistes
    • des radicaux
  • Le Parti socialiste unifié, associé à Michel Rocard, attire notamment des étudiants de l’UNEF et des milieux intellectuels.

  • La CFDT provient d’une scission de la CFTC.

  • Le Club Jean Moulin, créé en mai 1958, est un groupe de réflexion sur les valeurs républicaines face à l’autoritarisme présidentiel de la Ve République.

  • Le MRP choisit Jean Lecanuet comme nouveau leader en vue de la recomposition politique et de l’élection présidentielle de 1965.

7. Échec de la candidature Defferre

★ À maîtriser

  • À partir de 1963, une tentative de rapprochement entre la gauche modérée et le centre se construit autour d’une candidature de Gaston Defferre, maire de Marseille.

  • Defferre veut unir les sociaux-démocrates et les démocrates chrétiens, mais exclut une négociation avec le Parti communiste.

Compléments

  • L’Express, par l’intermédiaire de Jean-Jacques Servan-Schreiber et Françoise Giroud, promeut un candidat d’opposition désigné comme « Monsieur X », bientôt identifié à Gaston Defferre.

  • Le congrès du MRP du 27 mai 1965 soutient globalement la démarche de Defferre.

  • Au congrès socialiste du 3 au 6 juin 1965, des désaccords avec le MRP sur l’enseignement privé et les orientations économiques fragilisent le projet de Defferre.

8. Candidats à la présidentielle de 1965

★ À maîtriser

  • L’élection présidentielle de 1965 est la première organisée en France au suffrage universel depuis 1848.

  • François Mitterrand annonce sa candidature en septembre 1965 et se présente comme candidat unique de la gauche avec le soutien de la SFIO, de Pierre Mendès France et du Parti communiste.

  • De Gaulle annonce sa candidature à la radio et à la télévision le 4 novembre 1965, après avoir longtemps entretenu le doute sur sa décision.

Compléments

  • Jean-Louis Tixier-Vignancour, candidat d’extrême droite, défend l’Algérie française et cherche à rassembler les nostalgiques de Vichy et de l’Algérie française.

  • Les deux autres petits candidats sont le sénateur centriste Pierre Marcilhacy et Marcel Barbu.

  • Dans Le Coup d’État permanent, publié en 1964, Mitterrand critique De Gaulle et le compare à Pétain et à Franco.

  • Jean Lecanuet, candidat du MRP, mène une campagne à l’américaine et met en avant sa jeunesse de 45 ans.

  • De Gaulle prévoit de ne pas utiliser la totalité du temps de parole autorisé, soit deux heures à la radio et deux heures à la télévision.

9. Résultats et portée du scrutin de 1965

★ À maîtriser

  • Au premier tour du 5 décembre 1965, l’abstention est de 15 %, De Gaulle obtient 45 % des suffrages exprimés, Mitterrand 32 % et Lecanuet 15,57 %.

  • La mise en ballotage de De Gaulle constitue un revers personnel et oblige à organiser un second tour.

  • Au second tour de 1965, De Gaulle est réélu avec 55 % des voix contre 45 % pour Mitterrand.

  • L’élection de 1965 affaiblit le prestige de De Gaulle malgré sa victoire et consacre Lecanuet et Mitterrand comme figures de l’opposition.

Compléments

  • Entre les deux tours, Tixier-Vignancour et Marcel Barbu appellent leurs électeurs à voter pour Mitterrand, tandis que Lecanuet ne donne pas de consigne claire.

  • Pour le second tour, De Gaulle participe à trois entretiens télévisés avec le journaliste Michel Droit et refuse d’utiliser contre Mitterrand une photographie de celui-ci avec Pétain.

  • Mitterrand obtient la majorité dans 24 départements lors du second tour de 1965.

  • Après l’élection, le centre démocrate se forme autour de Lecanuet et la gauche démocrate et socialiste autour de Mitterrand, réunissant la SFIO, le Parti radical et la Convention des institutions républicaines.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Vie politique française de 1962 à 1965 avec 29 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. À quel moment Michel Debré quitte-t-il ses fonctions après être resté fidèle à de Gaulle malgré la tension liée à son soutien à l’Algérie française ?

2. Pour remplacer Michel Debré à Matignon, quel choix de De Gaulle surprend par le faible profil public et politique du candidat ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Vie politique française de 1962 à 1965 avec 66 flashcards interactives.

Pourquoi Michel Debré quitte-t-il ses fonctions à la fin de la guerre d’Algérie ?

Il reste fidèle à de Gaulle malgré la tension avec son soutien à l’Algérie française.

Qui De Gaulle choisit-il pour remplacer Michel Debré à Matignon ?

Georges Pompidou, alors peu connu du public et du monde politique.

Quels concours Georges Pompidou réussit-il en 1931 et 1934 ?

L’École normale supérieure en 1931 et l’agrégation de lettres en 1934.

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