★ À maîtriser
L’époque moderne s’étend de 1492, découverte de l’Amérique, à 1789, fin de l’époque moderne et début de l’époque contemporaine.
En 1789, la population urbaine représente environ 20 % de la population française, qui reste donc majoritairement rurale.
Compléments
Richelet définit en 1671 la ville comme un lieu fermé par des terrasses, des fossés ou des murailles et des fossés.
La ville sous l’Ancien Régime se reconnaît notamment à ses clochers, ses remparts, ses bâtiments monumentaux et son réseau dense de rues souvent tortueuses.
Ville close par ses remparts, ville définie par ses habitants et ses activités
★ À maîtriser
Le réseau urbain français reste globalement stable entre le XVIe et le XVIIIe siècle, même si les villes connaissent une urbanisation continue et des croissances inégales.
La population urbaine croît surtout grâce aux migrations venues des campagnes, et les villes connaissent aussi des flambées de mortalité liées notamment aux épidémies ou aux disettes.
Compléments
Vers 1780, le quart nord-ouest du royaume dépasse 50 habitants par km² et certaines généralités, notamment Lille et Paris, dépassent 80 habitants par km².
À la fin de l’époque moderne, Paris compte environ 660 000 habitants, tandis que les petites cités comptent généralement de 2 000 à 10 000 habitants.
Vers 1500, les principales métropoles françaises sont Paris, Rouen, Toulouse, Marseille et Bordeaux, auxquelles s’ajoutent ensuite Nantes et Rennes parmi les principaux pôles.
Entre le XVIe et le XVIIe siècle, Toulouse passe de 20 000 à 40 000 habitants et Lyon triple sa population, d’environ 35 000 à 100 000 habitants entre 1515 et 1700.
Selon J. Dupâquier, le taux d’urbanisation du Bassin parisien atteint 20,4 % en 1713, tandis que la France dépasse probablement 10 % dès le XVIe siècle.
Migrations rurales → croissance des villes
★ À maîtriser
Les villes accueillent des pouvoirs municipaux, provinciaux, monarchiques et ecclésiastiques dont l’autorité peut s’étendre à la ville, à sa banlieue et à la province.
Les privilèges urbains peuvent être : judiciaires, économiques, financiers et fiscaux, liés à la défense de la ville et à ses ressources propres
Les villes servent de relais administratifs, judiciaires et culturels aux campagnes voisines, notamment par les tribunaux royaux, les institutions de commandement et les professionnels de l’écrit.
Compléments
📌 À partir de 1683, l’endettement croissant de certaines villes entraîne la tutelle de leur gestion par l’intendant.
À partir de Louis XIV, des villes jusque-là exemptées de l’hébergement des régiments se voient imposer le logement des troupes ou la construction de casernes, notamment aux frontières.
Lors des États généraux de 1614 dans le bailliage de Troyes, les villes monopolisent le choix des députés chargés de représenter les campagnes, et plus d’un quart des députés du tiers état possède une charge municipale.
En 1562, des protestants s’emparent de Lyon et en font une seconde Genève pendant dix mois.
📌 En 1562, un édit royal limite l’exercice du culte réformé aux seuls faubourgs.
★ À maîtriser
📌 Les foires peuvent avoir un rayonnement international ou intérieur et être associées à des fêtes et divertissements, tandis que les marchés répondent surtout à des échanges locaux.
Compléments
Les échanges urbains s’organisent autour :
Le Havre est créé en 1517 et Sète en 1666 ; Marseille et Dunkerque bénéficient de mesures fiscales avantageuses pour leurs ports.
Les ports se spécialisent notamment dans le commerce méditerranéen à Marseille et dans l’armement de la Compagnie des Indes à Lorient.
★ À maîtriser
Les projets d’urbanisme cherchent à remplacer les rues étroites et tortueuses par des façades alignées, des rues plus droites, de grandes perspectives et de grandes places.
L’aérisme est l’idée médicale selon laquelle une meilleure circulation de l’air chasse les mauvaises odeurs ou « miasmes » et les épidémies.
Les villes nouvelles de la Renaissance sont conçues selon des plans géométriques inspirés de l’Antiquité pour manifester le contrôle politique exercé sur un territoire.
Compléments
L’édit de 1607 sur les constructions est peu appliqué, car les transformations urbaines sont lentes et rencontrent des résistances.
La place royale, souvent ornée d’une statue équestre du roi, honore la monarchie ; la place des Vosges à Paris est réalisée en 1612, avant d’autres places à Reims, Nancy et Bordeaux.
Au XVIIIe siècle, les aménagements urbains comprennent des ponts, des fontaines, des halles, des théâtres, des quais et des jardins publics, ainsi que la transformation d’anciens remparts en promenades ou boulevards.
Les cimetières intérieurs commencent à être fermés au XVIIIe siècle ; le cimetière des Saints-Innocents à Paris ferme en 1780.
Les villes rénovent rarement des quartiers entiers et privilégient la construction de nouveaux quartiers, ce qui favorise la spéculation immobilière, notamment à Saint-Germain à Paris et à Bordeaux.
Sabbioneta est fondée par Vespasiano Gonzague en 1556 et Charleville par Charles Ier Gonzague en 1606.
La ville idéale de la Renaissance suppose un espace vierge et un plan ordonné séparant les fonctions militaires, commerciales, artisanales, résidentielles et politiques, mais reste souvent une image difficile à réaliser dans les villes anciennes.
Henrichemont est fondée en 1608 comme place de sûreté protestante selon un plan radioconcentrique doté d’une place centrale et de quatre places secondaires, mais le projet reste inachevé.
Une ville de Vauban doit pouvoir résister à ses assaillants pendant 48 jours, délai permettant l’arrivée d’une armée, et ne comporte pas de faubourgs.
Les extensions urbaines visent notamment à manifester la tutelle monarchique, desserrer le tissu urbain, limiter l’entassement et faciliter les fonctions militaires ou commerciales.
L’extension des villes passe par l’élévation des maisons d’un ou deux étages supplémentaires et par la poussée des faubourgs vers les périphéries.
À Nîmes, l’expansion manufacturière et démographique développe les faubourgs, où résident notamment des ouvriers et des immigrés tandis que les patrons restent en ville.
Air stagnant et entassement → rues élargies et espaces aérés
★ À maîtriser
Compléments
Les sociabilités traditionnelles comprennent :
Les salons sont des sociabilités mondaines et littéraires, tandis que les académies institutionnalisent la circulation des savoirs et des idées nouvelles.
Après 1750, le théâtre, contrôlé par l’État, participe à la réorganisation urbaine autour de nouvelles salles comparables à l’église ou à l’hôtel de ville.
★ À maîtriser
En théorie, les chefs de famille d’une ville peuvent se réunir en assemblée pour décider des affaires communes, mais cette participation générale fonctionne rarement en pratique.
Dans les villes, un petit groupe de consuls ou d’échevins détient généralement le pouvoir effectif, tandis que le conseil municipal lui est soumis ou choisi par lui.
À Angers, jusqu’au milieu du XVIIIe siècle, la paroisse sert de cellule de base à la vie religieuse, à la représentation aux assemblées de ville, à l’organisation de la milice bourgeoise et à la levée des impositions.
Paris est divisé en 16 quartiers, faubourgs compris, qui servent de cadres aux milices, à la levée des taxes et aux élections du corps de ville.
Compléments
À Lyon, la participation aux assemblées municipales varie de 15 à 50 % en 1544-1545, tandis qu’à Romans elle n’est que de 7 % en 1536.
À Romans, en 1542, l’assemblée générale est remplacée par un conseil de 40 membres qui se recrutent par cooptation et concentrent les pouvoirs des habitants.
Jean Chenu affirme en 1621 que seuls ceux qui peuvent être élus devraient avoir le droit de voter, en invoquant les risques de brigue et de corruption associés au suffrage universel.
Les élections municipales sont étroitement contrôlées : à Bordeaux, les jurats sortants choisissent leurs successeurs, à Lyon les échevins désignent les représentants des métiers, et en Provence les consuls sortants fixent les candidats avant un tirage au sort.
À Beauvais, le maire est élu par une assemblée où chaque métier possède une voix, ce qui met juges et laboureurs à égalité, mais la représentation du petit peuple reste limitée.
À Pontoise, environ huit délibérations municipales sur dix portent sur les impôts, leur collecte, les emprunts, le logement des soldats et les procès liés aux contributions.
Les consuls surveillent les marchés aux grains et fixent le poids du pain ; en période de crise, les villes peuvent interdire les ventes de grains vers l’extérieur, acheter elles-mêmes des grains ou conclure des contrats avec de gros marchands.
Les devoirs municipaux comprennent :
À Marseille, les 24 conseillers de la ville représentent à parts égales les quatre quartiers.
À Toulouse, les capitouls sortants désignent 48 candidats, six par quartier, puis le roi choisit huit capitouls.
Dans certaines villes, le quartier constitue l’unité fiscale fondamentale en plus de sa fonction militaire.
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les quartiers parisiens sont redécoupés et présentent de fortes inégalités, avec une hiérarchie municipale et militaire.
Assemblée théorique des habitants, pouvoir effectif des notables
★ À maîtriser
Les villes se gouvernent d’abord largement elles-mêmes par des dirigeants locaux, tels que maires, échevins et consuls, choisis parmi les habitants importants.
En exploitant les rivalités entre marchands et officiers pour les postes municipaux, le roi fait soutenir des camps par ses agents et crée des clientèles qui lui sont fidèles.
📌 L’autonomie municipale subsiste dans les institutions, mais elle est vidée de sa substance politique et devient une puissance illusoire dans les faits.
Compléments
En 1595, à Lyon, Henri IV réduit le nombre de consuls de 12 à 4 et fait nommer par le roi le chef de la ville.
Après la défaite de la Fronde à Angers, l’intendant renvoie les dirigeants locaux et nomme leurs remplaçants.
Le Conseil d’État décide que le roi choisira désormais le maire et les échevins.
À Lille, les dirigeants sont nommés chaque année par des commissaires choisis par le roi.
Les rivalités locales → des clientèles fidèles au roi
★ À maîtriser
📌 La séparation culturelle oppose les jeux où le peuple est acteur à ceux où il est spectateur, ainsi que les spectacles de plein air à ceux des espaces clos fréquentés par les notables.
Compléments
À Lyon, les fêtes de la totalité urbaine se distinguent des fêtes de sociabilité populaire.
Dans les communautés urbaines, le rang dans les processions et la participation aux affaires municipales rendent visible la place de chaque collectivité.
À Amiens, de 1625 à 1645, au moins 36 % des maîtres fabricants de la manufacture épousent des filles de leurs collègues.
Fêtes fédératrices, mais places assignées selon le rang
★ À maîtriser
Au XVIe siècle, les anciens hôpitaux passent progressivement de la tutelle ecclésiastique à celle des corps municipaux ou d’administrateurs laïcs, qui gèrent leurs biens, leurs revenus et leur fonctionnement.
Les villes créent notamment les institutions suivantes :
📌 L’assistance urbaine devient un problème d’ordre public géré par les autorités civiles, qui cherchent à distinguer les pauvres jugés méritants des vagabonds et à discipliner les bénéficiaires.
Compléments
Les campagnes de pauvreté se dirigent vers les villes pour chercher du grain en période de crise ou du travail en temps normal.
À Lyon, l’Aumône générale illustre la volonté d’intégrer les mendiants à la vie économique de la cité.
Au XVIIIe siècle, les hôpitaux généraux enferment les pauvres valides et les contraignent au travail afin de les rendre utiles et de lutter contre le libertinage, le concubinage et la corruption des mœurs.
La pauvreté devient un enjeu d’ordre public → assistance contrôlée
★ À maîtriser
Dès le XVIe siècle, les conseils de ville cherchent à contrôler les écoles où l’on enseigne le latin.
Le modèle parisien du collège remplace le simple logement des étudiants pauvres par un enseignement des humanités, répartit les élèves en cinq ou six classes selon leur âge et leur niveau, et applique aux lettres et à la grammaire des méthodes inspirées de la philosophie et de la théologie.
📌 Dans les villes, l’écrit circule grâce à l’imprimerie, aux librairies, au prêt, à la revente et au don de livres, tandis que la société reste majoritairement rurale et marquée par une culture orale, gestuelle et visuelle.
Compléments
Dans certaines villes du Sud, les conseils municipaux ont créé dès le XIVe siècle leur propre école, souvent appelée « grande école », en choisissant son directeur et en finançant son fonctionnement.
À Vienne, les consuls discutent du choix des maîtres en 1505, puis paient le directeur de l’école en 1510.
À Rouen, la ville ouvre quatre écoles en 1518 grâce à un don de 6 000 livres.
Les collèges des villes de province peinent à appliquer le modèle parisien faute d’argent et de maîtres suffisamment nombreux, stables et compétents.
★ À maîtriser
Le taux d’urbanisation passe de 14,4 % en 1600 à 18,2 % en 1750.
Au XVIIIe siècle, les villes deviennent des cités ouvertes, davantage définies par leurs échanges, leur économie et leurs modes de vie que par leurs murailles et leurs droits.
Compléments
Au XVIIIe siècle, les combats se déroulent surtout aux frontières, ce qui protège davantage les villes de l’intérieur, tandis que des villes frontières comme Nice restent sur leurs gardes.
La population de Brest double grâce au développement de la marine, mais les marins et les prisonniers y propagent des épidémies.
La peste frappe la Provence en 1720-1721, tandis que les crises de mortalité reviennent à Millau tous les sept ans environ.
Au XVIIIe siècle, les villes connaissent rarement des décès dus directement à la famine, mais les pauvres affaiblis par la misère meurent d’épidémies comme la typhoïde, la dysenterie et les maladies des poumons.
Les équipements qui se répandent surtout dans les centres-villes sont :
Entre 1709 et l’an IV, le nombre de foyers de personnes seules triple.
Les aménagements des déplacements urbains comprennent :
L’expansion du commerce extérieur et colonial favorise un urbanisme atlantique, particulièrement visible à Nantes et à Bordeaux.
★ À maîtriser
Le 7 juin 1788, lors de la journée des Tuiles à Grenoble, les troupes sont visées par des tuiles et tuent quatre personnes.
De janvier à avril 1789, 310 émeutes de tous types éclatent et la contestation dépasse les seules questions du blé.
Compléments
En mai-juin 1788, la volonté monarchique de réduire le pouvoir des parlements provoque des émeutes de soutien à Pau, Rennes et Grenoble.
À l’été 1788, le roi accepte de convoquer les États généraux et les paroisses rédigent des cahiers de doléances portant surtout sur la féodalité et l’impôt.
Les compagnonnages sont des sociétés secrètes ouvrières qui défendent les salaires et la liberté de changer de patron par des procès, des boycotts ou la violence.
Les émeutes populaires portent notamment sur :
Tuiles (1788) → doléances → émeutes (1789)
★ À maîtriser
À Versailles, trois grandes avenues convergent vers la grille du château et l’urbanisme place symboliquement le roi au centre de la société.
Le rassemblement des grands lignages à Versailles permet au roi de surveiller leurs clientèles et de rendre les nobles dépendants de ses faveurs et de ses pensions.
Compléments
En 1671, Louis XIV fait planifier Versailles comme une ville neuve intégrée au projet du château et des jardins.
À partir de 1701, le lit du roi est placé au centre du palais, orienté vers la ville dans le prolongement de l’axe central.
La cour diffuse des normes concernant :
Le châtiment royal comprend : le désarmement de la ville, une chambre de justice, la destruction de la Porte royale, la construction d’une forteresse, l’exclusion des nobles du conseil au profit de marchands
À Versailles, trois avenues convergent vers le château et placent le roi au centre
★ À maîtriser
L’ordonnance prescrit la hiérarchie suivante des châtiments :
La procédure criminelle est secrète, car l’établissement de la vérité est considéré comme un droit absolu et un pouvoir exclusif des souverains et des juges.
Dans le supplice judiciaire, le corps du condamné est promené et exposé en public afin de manifester la vérité et la puissance du souverain.
Compléments
Les peines les plus fréquentes sont l’amende et le bannissement, tandis que les peines corporelles vont de la décapitation à l’écartèlement.
Le cérémonial public peut comprendre :
Les collèges, les casernes et les usines sont des modèles d’espaces clos destinés respectivement à l’éducation en internat, à la fixation de l’armée et à la rationalisation du travail.
Le crime atteint le souverain → le supplice manifeste sa puissance
Teste tes connaissances sur Villes et pouvoir sous l’Ancien Régime avec 40 questions à choix multiples et corrections détaillées.
1. Dans une ville, des artisans fabriquent des biens pour les habitants et l’exportation, tandis que des ateliers textiles se développent face à la concurrence d’ateliers ruraux. Quelle évolution économique cela décrit-il ?
2. Au début d’une période où la mainmise royale sur les villes n’est pas encore renforcée, qui choisit généralement les dirigeants municipaux et parmi qui sont-ils pris ?
Mémorisez les concepts clés de Villes et pouvoir sous l’Ancien Régime avec 94 flashcards interactives.
Qu’est-ce qu’une ville ?
Un milieu géographique et social réunissant de nombreuses constructions, où la plupart des habitants travaillent dans le commerce, l’industrie ou l’administration.
Quelles sont les bornes chronologiques de l’époque moderne ?
De 1492 à 1789.
Quelle part de la population française est urbaine en 1789 ?
Environ 20 %.
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