Fiche de révision : Axe gonadotrope et pathologies hypophysaires

Plan du Cours

  1. Principes de l’évaluation hormonale
  2. Anatomie et embryologie hypophysaires
  3. Rapports et vascularisation hypophysaires
  4. Hypothalamus et système porte
  5. Fonctions hypothalamiques et neurohypophyse
  6. Organisation histologique endocrine
  7. Histologie de l’axe hypophysaire
  8. Adénomes hypophysaires
  9. Axe gonadotrope et différenciation sexuelle
  10. Différenciation sexuelle fœtale
  11. Fonctionnement des axes gonadotropes
  12. Puberté et croissance
  13. Hypogonadismes
  14. Hyperprolactinémie et androgènes
  15. Axe somatotrope et GH
  16. ADH et troubles de l’osmolarité
  17. Hyponatrémies liées à l’ADH

1. Principes de l’évaluation hormonale

Points essentiels

📌 L’évaluation d’une hormone repose simultanément sur le dosage de l’hormone et celui de son hormone régulatrice ou de la variable qui la contrôle, comme pour la TSH avec la T4 ou l’ACTH avec le cortisol.

📌 Lorsqu’une hormone varie peu au cours de la journée, un dosage basal suffit généralement à déterminer si sa sécrétion est normale, insuffisante ou excessive.

  • Pour une hormone variable dans le temps, le prélèvement est réalisé au moment où son taux est minimal en cas de suspicion d’hypersécrétion et au moment où il est maximal en cas de suspicion d’insuffisance, puis un test dynamique est utilisé si nécessaire.

📌 Un test de freinage recherche une hypersécrétion en vérifiant que le taux hormonal peut diminuer, tandis qu’un test de stimulation recherche une insuffisance en vérifiant que la sécrétion peut augmenter.

Astuce mémo

Hormone → régulateur → prélèvement adapté → test dynamique

2. Anatomie et embryologie hypophysaires

Notions clés & Définitions

  • Hypophyse : Glande située dans la selle turcique de l’os sphénoïde, sous le cerveau et au centre de la base du crâne.

Points essentiels

  • Les principales parties de l’hypophyse sont:

    • La tige hypophysaire
    • La neurohypophyse
    • La pars tuberalis
    • La pars anterior
    • La pars intermedia
  • L’hypophyse se forme par convergence de la poche de Rathke issue du stomodeum et de l’ébauche neurohypophysaire issue du diencéphale, la poche de Rathke migrant le long du canal craniopharyngien.

Astuce mémo

Adénohypophyse glandulaire en avant, neurohypophyse nerveuse en arrière

3. Rapports et vascularisation hypophysaires

★ À maîtriser

📌 L’hypophyse est en rapport latéralement avec les sinus caverneux contenant l’artère carotide interne et les nerfs crâniens III, IV, VI, V1 et V2, tandis qu’elle est en rapport supérieur avec le diaphragme hypophysaire et le chiasma optique.

Compléments

  • L’hypophyse mesure environ 8 mm d’avant en arrière et pèse 0,5 gramme.

Astuce mémo

Une glande dans la selle turcique, sous le chiasma et entre les sinus caverneux

4. Hypothalamus et système porte

Points essentiels

  • Dans le système porte hypophysaire, les hormones hypothalamiques passent du premier réseau capillaire aux veines portes hypophysaires puis à un second réseau capillaire sinusoïdal de l’adénohypophyse.

📌 La neurohypophyse reçoit directement les axones des neurones hypothalamiques, tandis que l’adénohypophyse reçoit les hormones hypothalamiques par le système porte hypophysaire.

Astuce mémo

Libérines ou statines hypothalamiques → adénohypophyse → glandes périphériques

5. Fonctions hypothalamiques et neurohypophyse

Notions clés & Définitions

  • Hypothalamus : Structure du diencéphale située dans les parois latérales et le plancher du troisième ventricule, qui coordonne les fonctions végétatives, autonomes et endocrines.

Points essentiels

  • L’hypothalamus régule l’homéostasie, les métabolismes hydrique et thermique, l’alimentation, le système nerveux autonome, les fonctions sexuelles, le comportement et les motivations.

📌 L’ADH ou vasopressine régule principalement l’osmolarité et la pression artérielle, tandis que l’ocytocine agit notamment sur le muscle lisse utérin et les glandes mammaires.

Astuce mémo

ADH pour l’eau et la pression, ocytocine pour l’utérus et la lactation

6. Organisation histologique endocrine

★ À maîtriser

📌 Les hormones peptidiques sont hydrosolubles, circulent librement et agissent sur des récepteurs membranaires, tandis que les hormones stéroïdes circulent liées à des protéines et agissent sur des récepteurs intracellulaires.

  • Les hormones thyroïdiennes sont des hormones monoaminées dérivées de la tyrosine qui contiennent de l’iode, circulent liées à des protéines plasmatiques et agissent sur des récepteurs intracellulaires.

Compléments

  • Les hormones monoaminées dérivent presque toutes de la tyrosine, sauf la mélatonine qui dérive du tryptophane.

Astuce mémo

Épithélium → invagination → glande endocrine ou exocrine

7. Histologie de l’axe hypophysaire

Points essentiels

📌 L’adénohypophyse est une partie glandulaire qui synthétise des hormones antéhypophysaires, tandis que la neurohypophyse est une partie nerveuse qui stocke et libère l’ADH et l’ocytocine produites par l’hypothalamus.

  • Dans le lobe antérieur, les cellules acidophiles représentent 80 % des cellules chromophiles et sécrètent la GH ou la prolactine, tandis que les cellules basophiles représentent 20 % et sécrètent la TSH, la FSH, la LH ou l’ACTH.

  • Les cellules somatotropes représentent 40 à 50 % du lobe antérieur et produisent la GH, tandis que les cellules corticotropes représentent 15 à 20 % et produisent l’ACTH issue du clivage de la POMC.

  • Le système magnocellulaire comprend de grandes cellules des noyaux supra-optique et paraventriculaire qui produisent l’ADH ou l’ocytocine et projettent leurs axones vers la neurohypophyse.

Astuce mémo

Magnocellulaire vers la neurohypophyse, parvocellulaire vers l’éminence médiane

8. Adénomes hypophysaires

★ À maîtriser

📌 Un microadénome hypophysaire provoque principalement un syndrome d’hypersécrétion lié au type cellulaire atteint, tandis qu’un macro-adénome peut provoquer une hypersécrétion, des déficits hormonaux et un syndrome tumoral compressif.

  • Un macro-adénome peut comprimer le chiasma optique et provoquer un syndrome chiasmatique avec hémianopsie bitemporale, baisse de l’acuité visuelle et céphalées.

  • Les principaux adénomes hypersécrétants sont:

    • Les prolactinomes
    • Les adénomes somatotropes
    • Les adénomes corticotropes
    • Les adénomes thyréotropes
  • Une insuffisance corticotrope entraîne un déficit en cortisol et en androgènes, mais ne provoque pas de déficit en aldostérone.

📌 Un microadénome hypophysaire sécrétant provoque principalement une hypersécrétion hormonale, tandis qu’un macroadénome peut associer hypersécrétion, déficit antéhypophysaire et compression des structures voisines.

  • Une extension suprasellaire d’un macroadénome peut comprimer le chiasma optique et provoquer une hémianopsie bitemporale ou une baisse de l’acuité visuelle.

Compléments

  • Une extension latérosellaire dans le sinus caverneux peut comprimer les nerfs oculomoteurs, surtout le VI, et provoquer une diplopie.

  • Une extension infrasellaire dans le sinus sphénoïdal peut entraîner une fuite de liquide céphalo-rachidien responsable d’une rhinorrhée claire et d’un risque de méningite ascendante.

Astuce mémo

Microadénome → hypersécrétion ; macro-adénome → compression et déficits

9. Axe gonadotrope et différenciation sexuelle

Points essentiels

  • Chez l’homme, la différenciation sexuelle repose sur le caryotype XY et le gène SRY, qui conduisent à la formation du testicule puis à la production de testostérone, de dihydrotestostérone et d’AMH.

📌 Chez la femme, l’absence de chromosome Y et d’AMH permet le développement des organes génitaux internes féminins issus des canaux de Müller, tandis qu’une exposition excessive aux androgènes surrénaliens peut masculiniser les organes génitaux externes.

📌 La GnRH est sécrétée de manière pulsatile par l’hypothalamus sous l’influence des neurones à kisspeptine et stimule les cellules gonadotropes antéhypophysaires à sécréter la LH et la FSH.

  • Chez l’homme, la LH stimule les cellules de Leydig à produire la testostérone, tandis que la FSH et la testostérone agissent sur les cellules de Sertoli, qui produisent l’inhibine et soutiennent la maturation des spermatogonies.

Astuce mémo

GnRH pulsatile → LH/FSH → gonades → hormones sexuelles et rétrocontrôle

10. Différenciation sexuelle fœtale

Notions clés & Définitions

  • Hormone anti-müllérienne : Sécrétée par la gonade masculine, elle provoque la régression des canaux de Müller et empêche le développement de l’utérus et des trompes.

Points essentiels

📌 Chez un fœtus XY présentant une mutation inactivatrice du récepteur à la testostérone, les organes génitaux externes ont une apparence féminine tandis que la sécrétion d’AMH entraîne la régression des canaux de Müller.

  • Chez une femme 46,XX, l’absence de testostérone entraîne une différenciation féminine des organes génitaux externes et l’absence d’AMH permet le développement des trompes, de l’utérus et du fond du vagin.

Astuce mémo

AMH agit sur les organes génitaux internes, la testostérone sur les organes externes

11. Fonctionnement des axes gonadotropes

★ À maîtriser

  • La GnRH hypothalamique est sécrétée de façon pulsatile, stimule les cellules gonadotropes antéhypophysaires, puis entraîne la sécrétion de LH et de FSH.

  • Les neurones à kisspeptine stimulent les neurones à GnRH par le récepteur GPR54 et intègrent notamment le rétrocontrôle des stéroïdes sexuels, la leptine et la prolactine.

  • La LH stimule les cellules de Leydig, qui fabriquent la testostérone, tandis que la FSH et la testostérone agissent sur les cellules de Sertoli, indispensables à la spermatogenèse.

Compléments

  • La testostérone est transportée principalement par la TeBG et la SHBG avec une forte affinité, tandis que la fraction liée à l’albumine a une faible affinité et participe avec la testostérone libre à la fraction biodisponible.

Astuce mémo

GnRH pulsatile → LH/FSH → gonades → rétrocontrôle stéroïdien

12. Puberté et croissance

★ À maîtriser

  • 🔄 Le cycle ovarien se déroule en trois étapes:

    1. Phase folliculaire avec développement du follicule et augmentation de l’œstradiol
    2. Ovulation vers J14
    3. Phase lutéale avec sécrétion d’œstradiol et de progestérone par le corps jaune
  • Chez le garçon, la puberté débute vers 13 ans et l’augmentation du volume testiculaire, de 3 à 16 mL, constitue un signe majeur de son début.

  • La testostérone et l’œstradiol accélèrent d’abord la croissance osseuse, puis entraînent la maturation et la soudure des cartilages de conjugaison, ce qui provoque l’arrêt de la croissance.

Compléments

  • Chez la fille, le premier signe pubertaire est le développement du bourgeon mammaire, tandis que les cycles menstruels caractérisent une puberté complète et un axe gonadotrope fonctionnel.

Astuce mémo

Accélération de croissance → pic pubertaire → soudure des cartilages → arrêt

13. Hypogonadismes

★ À maîtriser

📌 L’hypogonadisme primaire correspond à une défaillance des gonades avec élévation de LH et de FSH, tandis que l’hypogonadisme secondaire correspond à un déficit hypothalamo-hypophysaire avec gonadotrophines basses.

  • Le syndrome de Turner, lié à un caryotype X0, provoque un hypogonadisme périphérique, une très petite taille et une aménorrhée primaire.

  • Le syndrome de Klinefelter, lié à un caryotype XXY, associe une hypotrophie testiculaire, une inhibine basse, une FSH élevée, une azoospermie et une gynécomastie.

Compléments

  • Le syndrome de Kallmann associe un hypogonadisme hypogonadotrope à une anomalie de migration des neurones à GnRH et à une agénésie des lobes olfactifs, responsable d’une perte de l’odorat.

Astuce mémo

Hypogonadisme primaire : gonades défaillantes et gonadotrophines élevées ; secondaire : déficit central et gonadotrophines basses

14. Hyperprolactinémie et androgènes

Notions clés & Définitions

  • Hyperprolactinémie : Augmentation de la prolactine qui inhibe la GnRH et provoque un hypogonadisme hypogonadotrope.

Points essentiels

📌 Une interruption de la tige pituitaire lève le frein dopaminergique hypothalamique et augmente la prolactine.

  • Les principales causes d’hyperprolactinémie sont:

    • Adénome à prolactine
    • Compression de la tige pituitaire
    • Antagonistes dopaminergiques comme les neuroleptiques
    • Stimulation par l’œstradiol
    • Stimulation par la TRH
  • Le syndrome des ovaires polykystiques associe fréquemment une hyperandrogénie ovarienne, des troubles de l’ovulation, une insulinorésistance et une prédominance de la sécrétion de LH, sans véritables kystes ovariens.

Astuce mémo

Dopamine diminuée → prolactine augmentée → GnRH inhibée → hypogonadisme

15. Axe somatotrope et GH

Notions clés & Définitions

  • Acromégalie : Hypersécrétion de GH survenant après la soudure des cartilages de conjugaison et provoquant une hypertrophie osseuse en épaisseur et des tissus mous.

★ À maîtriser

  • La plupart des effets de la GH passent par l’IGF-1, produit principalement par le foie après stimulation par la GH.

  • Le diagnostic biologique de l’acromégalie repose sur une IGF-1 élevée et l’absence de freinage de la GH après une charge orale de 75 g de glucose.

Compléments

  • L’acromégalie peut provoquer des déformations de la face et des extrémités, une macroglossie, une hypersudation, une cardiomyopathie, une insulinorésistance, une hypercalciurie et une augmentation du risque de polypes ou de cancers coliques.

Astuce mémo

GH avant soudure : gigantisme ; GH après soudure : acromégalie

16. ADH et troubles de l’osmolarité

Notions clés & Définitions

  • Hormone antidiurétique : Ou vasopressine, elle rend les parois du tube collecteur perméables à l’eau en permettant l’insertion d’aquaporines 2.

Points essentiels

  • En cas de perte d’eau, l’augmentation de l’osmolarité stimule l’ADH et la soif, puis l’aquaporine 2 permet la réabsorption d’eau et la concentration des urines.

📌 Le diabète insipide central résulte d’un déficit de sécrétion d’ADH, tandis que le diabète insipide rénal résulte d’une absence de réponse périphérique à une ADH normalement sécrétée.

📌 La potomanie provoque des urines diluées par consommation excessive d’eau et suppression de l’ADH, tandis que le diabète insipide persiste malgré la restriction hydrique et entraîne une osmolarité plasmatique élevée.

Astuce mémo

Diabète insipide : urines diluées par manque d’ADH ; potomanie : urines diluées malgré une ADH fonctionnelle

17. Hyponatrémies liées à l’ADH

★ À maîtriser

📌 Le SIADH est une sécrétion inappropriée d’ADH chez un patient euvolémique, avec hyponatrémie, osmolarité plasmatique basse et osmolarité urinaire inappropriément élevée.

  • Les principales causes du SIADH sont:
    • Cancers pulmonaires à petites cellules
    • Médicaments
    • Pathologies pulmonaires non cancéreuses
    • Affections neurologiques
    • Traumatismes de la post-hypophyse

📌 Une hyponatrémie aiguë provoque une entrée d’eau dans les cellules cérébrales avec hypertension intracrânienne, céphalées, nausées, troubles de la conscience, convulsions et risque de décès.

📌 La correction d’une hyponatrémie chronique doit rester inférieure à 10 mmol/L en 24 heures afin d’éviter une myélinolyse centropontine pouvant entraîner tétraparésie, dysphagie, dysarthrie, confusion, coma et décès.

Compléments

  • Après une chirurgie hypophysaire, l’atteinte de la post-hypophyse peut provoquer successivement un diabète insipide par arrêt de l’ADH, un SIADH par relargage d’ADH nécrosée, puis un nouveau diabète insipide par disparition des cellules sécrétrices.

Astuce mémo

Hyponatrémie aiguë : œdème cérébral ; chronique : adaptation cellulaire puis risque de myélinolyse

Tableaux de synthèse

Adénohypophyse et neurohypophyse

CaractéristiqueAdénohypophyseNeurohypophyse
OriginePoche de Rathke, ectoblaste épithélialDiencéphale, neuroectoblaste
NatureGlandulaireNerveuse
FonctionSynthèse d’hormones antéhypophysairesStockage et libération de l’ADH et de l’ocytocine
ConnexionSystème porte hypophysaireAxones hypothalamiques directs

Types d’hormones

TypeTransportRécepteur
PeptidiquesLibres dans le sangMembranaire
StéroïdesLiées à des protéines sériquesIntracellulaire
MonoaminéesVariable selon l’hormoneMembranaire, sauf hormones thyroïdiennes

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Axe gonadotrope et pathologies hypophysaires avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Pourquoi faut-il doser simultanément une hormone et son hormone régulatrice ou la variable qui la contrôle ?

2. Quelle est la principale méthode d’évaluation hormonale pour déterminer si la sécrétion d’une hormone est normale, insuffisante ou excessive lorsque ses variations sont faibles au cours de la journée?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Axe gonadotrope et pathologies hypophysaires avec 11 flashcards interactives.

Sur quoi repose l’évaluation d’une hormone ?

Sur le dosage de l’hormone et de son hormone régulatrice ou variable de contrôle.

Principes évaluation hormonale

Dosage d'hormone et régulatrice, tests dynamiques

Que recherche un test de freinage en évaluation hormonale ?

Il recherche une hypersécrétion en vérifiant la diminution du taux hormonal.

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