Fiche de révision : Crise psychotique et schizophrénie

Plan du Cours

  1. Psychose de l’adulte : définition et enjeux
  2. Classification des psychoses aiguës et chroniques
  3. Troubles psychotiques transitoires et schizo-affectifs
  4. Schizophrénies : symptômes pré-morbides et décompensation
  5. Modèles explicatifs de la schizophrénie et étiologie
  6. Facteurs pronostiques et évaluation de la sévérité
  7. Clinique des schizophrénies : positifs et négatifs
  8. Formes symptomatiques actuelles de la schizophrénie
  9. Troubles délirants chroniques paranoïaques
  10. Délires paranoïaques : érotomanie, jalousie, revendication

1. Psychose de l’adulte : définition et enjeux

Notions clés & Définitions

  • Psychose : Trouble psychiatrique grave entraînant des perturbations majeures de la pensée, des sensations, des perceptions et du contrôle des impulsions, avec retentissement social et familial.
  • Psychose aiguë : Forme transitoire caractérisée par une apparition brutale et une résolution plus ou moins rapide, avec retour partiel ou total à l’organisation psychique antérieure.
  • Psychose chronique : Forme durable liée à une déstructuration profonde de l’organisation psychique, avec troubles de la personnalité et risque de décompensation psychotique.
  • Décompensation psychotique : Mécanisme d’effondrement de l’adaptation à la réalité, conduisant à l’apparition ou l’aggravation de délire et d’hallucinations.
  • Psychose puerpérale : Psychose survenant après l’accouchement, considérée comme particulièrement grave pour la mère et l’enfant.

Points essentiels

  • La psychose correspond à une atteinte importante du fonctionnement psychique touchant pensée, perceptions et impulsions, avec retentissement social, familial et professionnel.
  • Deux grands groupes sont classiquement distingués : aigu et chronique, avec une actualisation de la terminologie dans le DSM-5.
  • Psychose aiguë : durée < 6 mois, début brutal, résolution plus ou moins rapide, et épisode unique ou inaugurant une chronicité.
  • Psychose aiguë : tableau marqué par une pathologie de la conscience avec angoisse intense, exaltation, dépersonnalisation, sentiment d’étrangeté et bizarrerie, et expériences oniroïdes.
  • Psychose chronique : durée > 6 mois, troubles profonds et durables de la personnalité, failles d’identification/structuration et risque de débordement face à la réalité.
  • La distinction aiguë/chronique est remplacée par des catégories plus actuelles : trouble psychotique transitoire ou bref (1 jour à 1 mois), trouble schizophréniforme (< 6 mois), trouble schizo-affectif, et épisodes aigus

Astuce mémo

Aigu = <6 mois et “retour en arrière” ; Chronique = >6 mois et “débordement” → délire/hallucinations.

2. Classification des psychoses aiguës et chroniques

Notions clés & Définitions

  • Psychose transitoire ou brève : Trouble psychotique à durée courte, typiquement compris entre 1 jour et 1 mois.
  • Trouble schizophréniforme : Trouble psychotique de durée inférieure à 6 mois, considéré comme équivalent du trouble psychotique aigu.
  • Trouble schizo-affectif : Catégorie de psychose combinant des symptômes schizophréniques et des symptômes liés à l’humeur.
  • Spectre de la schizophrénie et autres troubles psychotiques : Regroupement des psychoses chroniques en une seule classe, incluant les troubles du spectre schizophrénique.
  • Troubles délirants : Catégorie DSM remplaçant la notion de paranoïa, centrée sur des thèmes délirants sans bizarreries.

Points essentiels

  • La distinction aiguë/chronique peut être reformulée par la notion de durée, avec un repère transitoire ou bref pour les formes aiguës.
  • Les psychoses aiguës incluent notamment le trouble psychotique transitoire ou bref, le trouble schizophréniforme (< 6 mois) et le trouble schizo-affectif.
  • Les épisodes aigus récidivants se rapprochent davantage des troubles bipolaires que d’une psychose chronique.
  • Les psychoses chroniques sont regroupées dans une seule classe : le spectre de la schizophrénie et autres troubles psychotiques.
  • Dans le DSM, la paranoïa a disparu et a été remplacée par les troubles délirants sans bizarreries.
  • Les thèmes des troubles délirants incluent érotomanie, grandiose, jalousie, persécution et délire somatique.

Astuce mémo

Aigu = bref (1 j–1 mois) ou <6 mois (schizophréniforme) ; Chronique = spectre schizophrénie ; DSM : paranoïa → troubles délirants (sans bizarreries).

3. Troubles psychotiques transitoires et schizo-affectifs

Notions clés & Définitions

  • Décompensation psychique : La décompensation désigne l’effondrement des défenses psychiques, ce qui rend la personne plus vulnérable psychologiquement.
  • Compensation psychique : La compensation correspond à la recherche continue d’équilibre et de stabilité du psychisme face aux tensions internes ou externes.
  • Modèle biologique de la schizophrénie : Le modèle biologique voit la schizophrénie comme une maladie neurodéveloppementale dont les altérations précoces se révèlent plus tard par des symptômes psychotiques et cognitifs.
  • Modèle psychanalytique des psychoses : Le modèle psychanalytique considère la psychose comme une entité structurée issue d’un conflit entre le Moi et le monde extérieur, perturbant le rapport à la réalité.
  • Modèle systémique des psychoses : Le modèle systémique explique la psychose par des interactions en boucle au sein d’un système cherchant l’équilibre, avec des communications pouvant devenir paradoxales.

Points essentiels

  • La décompensation est l’opposé de la compensation, car elle correspond à la perte des mécanismes de stabilité psychique.
  • La décompensation est décrite comme un effondrement des défenses psychotiques, augmentant la vulnérabilité psychologique.
  • Le modèle biologique propose une origine neurodéveloppementale avec des altérations présentes dès la naissance, mais des manifestations plus tardives.
  • Le modèle biologique n’est pas présenté comme une explication à 100%, donc il reste incomplet.
  • Le modèle psychanalytique relie la psychose à un conflit Moi–monde extérieur et à une réalité perturbée.
  • Dans ce modèle, le délire sert à combler une faille de la relation au Moi et à la réalité, en remplaçant la réalité par un univers délirant (néo-réalité).

Astuce mémo

Compensation = équilibre ; décompensation = effondrement des défenses ; Biologique = neurodéveloppement ; Psychanalytique = conflit Moi/réalité → délire néo-réalité ; Systémique = boucles + équilibre → réponses adaptatives à des paradoxes.

4. Schizophrénies : symptômes pré-morbides et décompensation

Notions clés & Définitions

  • Symptômes pré-morbides : Ensemble des signes ou difficultés présents avant l’épisode psychotique franc, pouvant annoncer une trajectoire vers la maladie.
  • Décompensation psychotique : Épisode de rupture où les symptômes psychotiques deviennent manifestes, après une période plus silencieuse ou moins bruyante.
  • Déficits cognitifs précoces : Altérations des performances mentales observées dès les premiers épisodes psychotiques, touchant mémoire, attention et langage.
  • Symptômes positifs : Manifestations ajoutées par la maladie, comme certaines hallucinations, idées délirantes ou désorganisation.
  • Symptômes négatifs : Manifestations que la maladie empêche ou réduit, comme l’émoussement affectif et le retrait social.

Points essentiels

  • Les troubles psychotiques sont décrits comme des perturbations du traitement de l’information, avec une vitesse de traitement altérée.
  • Dès les premiers épisodes psychotiques francs, des déficits cognitifs touchent la mémoire à court et long terme, le verbal et le non verbal, ainsi que l’attention et les capacités langagières.
  • Le fonctionnement cognitif différent peut contribuer à l’apparition de symptômes comme hallucinations, idées délirantes, symptômes négatifs et désorganisation.
  • Les facteurs pronostiques favorables incluent un début plus tardif (adulte), un début rapide, et une évolution plus favorable chez la femme.
  • Un pronostic favorable est aussi associé à une forme paranoïde, une prise de TTT adapté dès le début, une bonne réponse aux neuroleptiques, et une bonne coopération patient-famille.
  • La sévérité est évaluée par la symptomatologie clinique (délire, hallucinations, émoussement affectif, retrait social, troubles cognitifs) et par le nombre de rechutes/hospitalisations ainsi que la qualité d’insertion.

Astuce mémo

Cognition d’abord : Mémoire + Attention + Langage → symptômes (positifs) et retrait (négatifs).

5. Modèles explicatifs de la schizophrénie et étiologie

Notions clés & Définitions

  • Schizophrénies positives et négatives : Catégorisation des symptômes où les signes positifs correspondent à des capacités ou expériences ajoutées, tandis que les signes négatifs correspondent à des fonctions empêchées.
  • Signes positifs : En schizophrénie, ensemble des manifestations qui s’ajoutent au fonctionnement habituel du sujet.
  • Signes négatifs : En schizophrénie, ensemble des manifestations qui empêchent ou réduisent des fonctions attendues.
  • Syndrome délirant : Syndrome centré sur un délire fait de convictions fausses, fortement ancrées, vécues comme absolument réelles par le patient.
  • Syndrome de désorganisation : Syndrome où la dissociation perturbe les activités cognitives, émotionnelles et comportementales, donnant un comportement discordant et étrange.

Points essentiels

  • Deux présentations classiques des schizophrénies distinguent les signes positifs et négatifs, et les syndromes regroupant des symptômes.
  • Dans le syndrome délirant, le délire repose sur des convictions fausses mais vécues comme certaines et réelles.
  • Le syndrome délirant se décrit par quatre éléments : thèmes, mécanismes, structure d’organisation et niveau d’adhésion.
  • Les thèmes du délire incluent notamment mystiques, grandiose, persécutif et hypocondriaque.
  • Les mécanismes du délire comprennent interprétation, imaginatif, intuitif, hallucinatif et illusions.
  • La structure du syndrome délirant oppose une forme désorganisée, floue et peu systématisée (paranoïde) à une forme claire, cohérente et systématisée (paranoïaque).

Astuce mémo

Positif = “ajout”, Négatif = “en moins” ; Délire = Thèmes + Mécanismes + Structure + Adhésion ; Paranoïde = “peu systématisé”, Paranoïaque = “systématisé”.

6. Facteurs pronostiques et évaluation de la sévérité

Notions clés & Définitions

  • Ambivalence affective : Trouble de la sphère émotionnelle où les attitudes et propos paraissent contradictoires, avec des réactions affectives paradoxales ou imprévisibles.
  • Émoussement affectif : Altération de la sphère affective caractérisée par une diminution marquée de l’expressivité émotionnelle et de la réactivité.
  • Perte de contact : Altération du lien à la réalité externe, donnant l’impression que le sujet ne vit plus ou ne ressent plus d’émotions.
  • Non-conscience de l’état morbide : Déficit de l’insight, où le sujet n’identifie pas son état comme pathologique, pouvant correspondre à une anosognosie.
  • Syndrome de repli : Forme clinique où le sujet rompt le contact et les échanges avec autrui, paraissant lointain et distant, avec parfois des rêveries hermétiques.

Points essentiels

  • L’ambivalence affective associe attitudes et propos bizarres à des réactions émotionnelles paradoxales ou imprévisibles.
  • L’émoussement affectif s’observe dans les troubles de l’humeur, notamment lors d’états aigus avec abattement ou euphorie.
  • La sphère comportementale peut inclure comportement étrange ou bizarre, apragmatisme, négativisme, maniérisme gestuel et sourire immotivé.
  • La perte de contact correspond à une altération marquée du lien à la réalité externe, avec impression de ne plus vivre ou ne plus ressentir d’émotion.
  • Le déficit d’insight renvoie à la non-conscience de l’état morbide, décrite comme une anosognosie.
  • Le syndrome de repli se manifeste par rupture du contact social, regard ailleurs, et parfois rêveries ou ruminations à contenu hermétique de type pensées magiques.

Astuce mémo

Ambivalence = « émotions à contretemps » ; Émoussement = « émotions émoussées » ; Repli = « regard ailleurs, monde à part ».

7. Clinique des schizophrénies : positifs et négatifs

Notions clés & Définitions

  • Schizophrénie hébéphrénique : Forme de schizophrénie à début insidieux après l’adolescence, dominée par la désorganisation, le retrait social et l’émoussement.
  • Schizophrénie catatonique : Forme rare où dominent des signes de désorganisation motrice et un négativisme marqué, avec peu de délire.
  • Schizo-affective (dysthymique) : Forme à poussées associant un délire non congruent à l’humeur, des troubles thymiques et une évolution périodique.
  • Schizophrénie pseudo-psychopathique : Forme où les troubles du comportement et l’inadaptation sociale dominent, avec froideur affective et délire présent.
  • Schizophrénie résiduelle : Forme stabilisée où persistent surtout des symptômes négatifs, sans symptômes positifs au premier plan.

Points essentiels

  • Les schizophrénies évoluent souvent par poussées, entrecoupées de périodes de rémissions plus ou moins complètes du délire.
  • La forme hébéphrénique représente environ 20% des schizophrénies et débute insidieusement après l’adolescence.
  • Dans la forme hébéphrénique, la désorganisation et le retrait social sont majeurs, avec peu ou pas de délire productif et des perturbations cognitives, avec émoussement effectif.
  • Le pronostic de la forme hébéphrénique est peu favorable malgré les neuroleptiques.
  • La forme catatonique est rare en forme complète, mais certains patients présentent désorganisation motrice, négativisme fort, troubles neurovégétatifs, peu de délire et faible réactivité aux traitements.
  • La forme schizo-affective (dysthymique) associe un syndrome délirant au premier plan non congruent à l’humeur, des troubles de l’humeur et une évolution périodique avec thymorégulateurs efficaces et évolution favorable.

Astuce mémo

Hébéphrénique = « H » comme Hébé (désorganisation + retrait) ; Catatonique = « C » comme Corps figé (moteur + négativisme) ; Schizo-affective = « S » comme Saisons (périodique + humeur) ; Pseudo-psychopathique = « P » comme Perversions du comportement (inadaptation + froideur) ;

8. Formes symptomatiques actuelles de la schizophrénie

Notions clés & Définitions

  • Manque d’autocritique : Déficit d’auto-évaluation qui empêche le patient de remettre en question sa propre vision et ses jugements.
  • Délire paranoïaque passionnel : Forme délirante chronique centrée sur un thème affectivement investi, débutant souvent de façon brutale par une intuition ou une interprétation.
  • Érotomanie : Délire passionnel où le patient est convaincu d’être aimé, avec un objet souvent socialement élevé et envié.
  • Délire de jalousie : Délire passionnel où le patient interprète la vie de couple comme une tromperie, alimenté par des événements anodins.
  • Délire de revendication : Délire passionnel construit autour d’interprétations délirantes, parfois déclenché par un échec de vie ou un conflit majeur.

Points essentiels

  • Le trouble se manifeste à l’âge adulte (30 à 40 ans) de façon insidieuse et progressive.
  • Il concerne environ 20% des patients hospitalisés en services de psychiatrie.
  • Les symptômes incluent orgueil et surestimations de soi, avec absence d’autocritique et jugement faussé.
  • La présentation associe froideur, mépris, rigidité des modes de pensée pouvant aller jusqu’au fanatisme.
  • On retrouve aussi méfiance et susceptibilité, difficultés d’adaptation sociale, et vigilance extrême avec capacité à percevoir le danger.
  • Les délires paranoïaques passionnels sont des états délirants chroniques débutant brutalement par une interprétation ou une intuition délirante, avec participation affective pouvant favoriser un passage à l’acte.

Astuce mémo

Autocritique absente → jugement faux; Passionnel = thème affectif + chronique; Érotomanie (espoir→dépit→rancune), Jalousie (insidieuse + alcool), Revendication (procédurière).

9. Troubles délirants chroniques paranoïaques

Notions clés & Définitions

  • Délire de persécution : Le délire de persécution consiste à se vivre comme victime d’un acte ou d’un phénomène, avec une logique interprétative centrée sur le préjudice subi.
  • Délire de revendication : Le délire de revendication est un délire organisé autour d’interprétations délirantes, souvent lié à des échecs de vie ou à des conflits, avec une tendance procédurière.
  • Délire interprétatif : Le délire interprétatif regroupe de nombreuses interprétations délirantes qui rattachent les événements vécus à un système délirant cohérent.
  • Délire de relation des sensitifs : Le délire de relation des sensitifs naît progressivement après des événements très douloureux, des échecs sentimentaux ou des frustrations, et s’appuie sur une atteinte de soi et des valeurs.

Points essentiels

  • Le délire peut entraîner des conséquences concrètes comme filatures, espionnages, enquêtes et recherches de preuves, avec risque d’actes hétéro-agressifs.
  • Le délire de revendication peut apparaître brutalement après un événement de vie ou s’installer progressivement, et peut évoluer pendant des années.
  • Le délire de revendication s’appuie sur des interprétations délirantes nombreuses, où les événements rencontrés sont rattachés au système délirant.
  • Le délire de persécution repose sur l’adhésion au statut de victime, dont l’attrait peut renforcer la dynamique délirante.
  • Le délire de relation des sensitifs se développe souvent sur une personnalité sensitive, sans hyperestime de soi ni quérulence, avec orgueil, sens des valeurs et de la morale, vulnérabilité et tendance à intérioriser les
  • Le délire de relation des sensitifs porte sur la persécution, le préjudice, le mépris ou l’atteinte de soi et des valeurs, et peut évoluer vers une dépression.

Astuce mémo

Persécution = victime; Revendication = procédure; Interprétatif = tout s’explique par le délire; Sensitifs = douleur→honte→atteinte des valeurs.

10. Délires paranoïaques : érotomanie, jalousie, revendication

Notions clés & Définitions

  • Érotomanie : Délire paranoïaque où le patient est convaincu qu’une personne lui porte des sentiments amoureux, malgré l’absence de preuves.
  • Jalousie délirante : Délire paranoïaque centré sur la conviction d’une infidélité, avec interprétations erronées des faits du quotidien.
  • Revendication délirante : Délire paranoïaque où le patient formule des demandes ou accusations répétées, en s’estimant lésé, sans fondement vérifiable.
  • Hospitalisation en phase aiguë : Mesure de soins indispensable en phase aiguë pour évaluer le patient et préparer la prise en charge ultérieure.
  • Hospitalisation en phase chronique : Mesure utile en phase chronique pour réaliser une évaluation et poser les bases d’une prise en charge adaptée.

Points essentiels

  • Les délires paranoïaques peuvent être expliqués par des facteurs psychogénétiques : privation d’amour inconditionnel maternel, haine perçue dans la petite enfance, et carences affectives prolongées ou au contraire une «

Repères chronologiques

DateÉvénement
1 jour à 1 moisRepère de durée du trouble psychotique transitoire ou bref
< 6moisDurée du trouble schizophréniforme (équivalent du trouble psychotique aigu)
30 à 40ansÂge d’apparition insidieuse et progressive des troubles délirants chroniques paranoïaques

Tableaux de synthèse

Aigu vs chronique (puis catégories DSM-5)

PériodeRepèresCaractéristiques
Aiguë< de 6 moisApparition brutale, résolution plus ou moins rapide avec retour à l’organisation antérieure; pathologie de la conscience avec angoisse intense, exaltation, dépersonnalisation, étrangeté/bizarrerie, expériences oniroïdes; épisode unique ou inaugurant la chronicité
Chronique> de 6 moisPathologie de l’organisation psychique; troubles de la personnalité profonds et durables; failles d’identification/structuration; risque d’être débordé par la réalité entraînant une décompensation psychotique (délire et hallucinations)
Catégories actuellesTransitoire/bref ou <6 moisTrouble psychotique transitoire ou bref (1 jour à 1 mois); trouble schizophréniforme (<6 mois); trouble schizo-affectif; épisodes aigus récidivants rapprochés des troubles bipolaires

Schizophrénies : formes symptomatiques actuelles

FormeDominanceÉvolution/TTT
HébéphréniqueDésorganisation + retrait social; peu ou pas de délire productif; perturbations cognitives; émoussement effectifPronostic évolutif peu favorable malgré les neuroleptiques
CatatoniqueDésorganisation motrice + fort négativisme; troubles neurovégétatifs; peu de délire; peu réactive aux TTTForme rare dans sa forme complète
Schizo-affective (dysthymique)Syndrome délirant au premier plan non congruent à l’humeur + troubles de l’humeur; évolution périodiqueTTT thymorégulateurs efficaces; évolution favorable
Pseudo-psychopathiqueTroubles du comportement + inadaptation sociale; froideur affective; délire présent; actes hétéro-agressifs parfois graves
RésiduelleSymptômes négatifs persistants; symptômes positifs absentsÉvolution favorable avec TTT
Productive/paranoïdeDélire prédominant; réponse au TTT satisfaisante; appauvrissement de la vie psychique moindreÉvolution par poussées avec rémissions plus ou moins complètes du délire

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre psychose aiguë et chronique : l’aiguë est <6 mois avec retour à l’organisation antérieure, la chronique est >6 mois avec déstructuration durable et risque de débordement par la réalité.
  2. Inverser compensation et décompensation : la compensation vise l’équilibre, la décompensation correspond à l’effondrement des défenses psychotiques et à la vulnérabilité.
  3. Croire que la paranoïa DSM-5 existe encore : dans le DSM, la paranoïa a disparu et a été remplacée par des troubles délirants sans bizarreries.
  4. Mélanger syndrome délirant et syndrome de désorganisation : le premier repose sur des convictions fausses mais vécues comme réelles (thèmes/mécanismes/structure/adhésion), le second sur une dissociation perturbant pensée
  5. Penser que les troubles délirants chroniques incluent toujours des hallucinations : le cours précise un délire chronique systématisé sans hallucinations.
  6. Oublier que les épisodes aigus récidivants se rapprochent davantage des troubles bipolaires que d’une psychose chronique.
  7. Confondre délire paranoïaque passionnel et délire interprétatif : le passionnel est centré sur un thème affectivement investi avec participation affective et stades (espoir/dépit/rancune pour l’érotomanie).

Checklist Examen

  1. Définir la psychose et citer les perturbations du fonctionnement psychique (pensée, sensations, perceptions, contrôle des impulsions) avec retentissement social/familial/pro.
  2. Distinguer psychose aiguë et psychose chronique avec les repères de durée (<6 mois vs >6 mois) et les éléments cliniques (pathologie de la conscience vs organisation psychique durable).
  3. Expliquer la mise à jour DSM-5 : remplacer aigu/chronique par transitoire/bref (1 jour à 1 mois), schizophréniforme (<6 mois), schizo-affectif et épisodes aigus récidivants rapprochés des troubles bipolaires.
  4. Décrire décompensation vs compensation (effondrement des défenses psychotiques vs recherche d’équilibre) et relier la décompensation à l’apparition/aggravation de délire et hallucinations.
  5. Connaître les 3 modèles explicatifs (biologique, psychanalytique, systémique) et donner pour chacun l’idée centrale (neurodéveloppement, conflit Moi/monde et néo-réalité, interactions en boucles/paradoxes).
  6. Décrire les symptômes pré-morbides et le mode d’entrée (phase aiguë vs début progressif/intermittence d’épisodes) en citant plusieurs exemples du cours.
  7. Expliquer les facteurs pronostiques favorables et la manière d’évaluer la sévérité (symptomatologie clinique + nombre de rechutes/hospitalisations + qualité d’insertion).
  8. Savoir distinguer positifs vs négatifs et décrire les syndromes : syndrome délirant (4 éléments) et syndrome de désorganisation (dissociation + sphères intellectuelle/affective/comportementale).
  9. Décrire le syndrome de repli (rupture du contact, regard ailleurs, rêveries/ruminations hermétiques) et les notions associées (perte de contact, non-conscience de l’état morbide/anosognosie).
  10. Maîtriser les formes symptomatiques actuelles (productive/paranoïde, hébéphrénique, catatonique, schizo-affective/dysthymique, pseudo-psychopathique, résiduelle) avec dominance clinique et pronostic/TTT quand précisé.
  11. Distinguer troubles délirants chroniques paranoïaques et délires paranoïaques passionnels : âge d’apparition, absence d’hallucinations, thèmes, et conséquences (filatures/espionnages pour jalousie).
  12. Connaître les 3 délires passionnels (érotomanie avec 3 stades, jalousie délirante avec développement insidieux et conséquences, revendication délirante avec tendance procédurière) et leurs caractéristiques clés du cours.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Crise psychotique et schizophrénie avec 10 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Comment se définit le plus précisément une psychose chez l’adulte ?

2. Quel repère de durée correspond le mieux à une psychose transitoire ou brève ?

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Révisez avec les flashcards

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Psychose — définition ?

Trouble grave affectant pensée, perception, impulsions, retentissant socialement.

Psychose aiguë — durée ?

Moins de 6 mois, apparition brutale, résolution rapide.

Psychose chronique — durée ?

Plus de 6 mois, déstructuration profonde, risque de décompensation.

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