Fiche de révision : Histoire, Indications et Techniques de Césarienne

Plan du Cours

  1. Histoire et épidémiologie de la césarienne
  2. Indications de césarienne
  3. Préparation et repères anatomiques
  4. Temps opératoires de la césarienne
  5. Complications maternelles et fœtales
  6. Avenir gynéco-obstétrical
  7. Utérus cicatriciel et risques
  8. Voie basse après césarienne
  9. Déclenchement et rupture utérine

1. Histoire et épidémiologie de la césarienne

Notions clés & Définitions

  • Césarienne : Intervention obstétricale consistant à mettre au monde l’enfant par incision chirurgicale de l’utérus.
  • ASEPSIE : Ensemble des mesures visant à prévenir les infections en supprimant les germes pendant les soins opératoires.
  • Anesthésie : Techniques permettant d’obtenir l’analgésie et/ou l’inconscience nécessaires à la réalisation de l’acte chirurgical.

Points essentiels

  • Le terme césarienne dérive de caesar et du verbe latin caedere, liés à l’idée de couper pour faire naître l’enfant.
  • En Suisse, la première césarienne sur femme vivante est datée de 1500.
  • En 1800, 5 femmes sur 6 décèdent après une césarienne, puis la mortalité atteint 10% en 1880.
  • En France, le taux de césariennes est d’environ 20%, et l’OMS recommande 15% au niveau national.
  • Au-delà de 25%, le taux de césariennes est considéré comme le reflet de mauvaises pratiques.

2. Indications de césarienne

Notions clés & Définitions

  • RCIU sévère : Retard de croissance intra-utérin sévère, situation où la croissance fœtale est trop faible malgré la grossesse.
  • Placenta accreta : Anomalie d’insertion du placenta avec adhérence anormale rendant le décollement risqué lors de l’accouchement.
  • HELPP syndrome : Forme sévère de pathologie hypertensive de la grossesse associant atteinte hépatique, hémolyse et thrombopénie.
  • Chorioamniotite : Infection des membranes et/ou du liquide amniotique, pouvant nécessiter un accouchement rapide par césarienne.
  • Dystocie mécanique : Difficulté d’engagement ou de progression fœtale liée à une cause mécanique.

Points essentiels

  • Indications programmées avant terme : RCIU sévère, prééclampsie sévère et placenta accreta.
  • Indications programmées à terme : bassin chirurgical, obstacle prævia, pathologies maternelles (HTA, cardiopathies contre-indiquant l’effort expulsif, etc.), et souffrance chronique.
  • Avant travail : prééclampsie sévère, HELPP syndrome, hémorragies comme HRP/placenta prævia, poussée d’herpès sauf rupture de la poche des eaux > 6 h, et chorioamniotite.
  • En cours de travail : dystocie mécanique/dynamique, altération du RCF (bradycardie, ralentissements), procidence du cordon, et absence d’engagement avec dilatation complète.

3. Préparation et repères anatomiques

Notions clés & Définitions

  • Segment inférieur : Partie de l’utérus apparaissant au 3e trimestre, moins musculeuse et peu vascularisée, utilisée comme zone de choix pour l’hystérotomie.
  • Dexrorotation : Orientation de l’utérus vers la droite, avec une rotation qui expose davantage le pédicule utérin gauche aux lésions.
  • Références vésicales : Repères de situation de la vessie, étalée sur la face antérieure de l’utérus et au-dessus de la symphyse en fin de grossesse.

Points essentiels

  • La patiente doit avoir une voie veineuse périphérique et une sonde vésicale à demeure avant l’intervention.
  • La préparation cutanée inclut rasage et badigeonnage, et l’intervention nécessite un bilan préopératoire anesthésique et obstétrical.
  • Le segment inférieur apparaît au 3e trimestre, est pauvre en fibres musculaires et en vascularisation, et constitue le lieu privilégié pour l’hystérotomie.
  • L’utérus est incliné à droite avec une dextrorotation de 10 à 90°, ce qui expose davantage le pédicule utérin gauche aux lésions.
  • À terme, la vessie est étalée sur la face antérieure de l’utérus et au-dessus de la symphyse pubienne.

4. Temps opératoires de la césarienne

Notions clés & Définitions

  • Incision de Pfannenstiel : Technique d’accès abdominal où l’écartement des tissus se fait avec des instruments.
  • Méthode de Cohen : Technique habituellement utilisée pour l’ouverture de l’abdomen lors d’une césarienne, avec coupe des plans concernés.
  • Hystérotomie segmentaire transversale : Incision de l’utérus réalisée dans le segment inférieur, classiquement sous forme transversale.
  • Tracé arciforme en U : Forme de l’incision utérine décrite comme une ouverture en « U » lors de la réalisation de l’hystérotomie.
  • Surjet vicryl : Technique de fermeture en surjet avec le fil vicryl utilisée pour refermer l’hystérotomie.

Points essentiels

  • L’incision cutanée peut être horizontale à 2 TD au-dessus de la symphyse ou verticale sous ombilicale ; une cicatrice verticale impose de reprendre la même lors d’une césarienne suivante.
  • Ouverture abdominale : Pfannenstiel (écartement), Mouchel (coupe des muscles) ; Cohen est habituellement utilisé, avec la variante Stark (Cohen sans décollement péritonéal vésico-utérin).
  • Étapes clés : ouverture du péritoine viscéral, décollement vésico-utérin si besoin, hystérotomie segmentaire transversale puis extraction en respectant la mécanique obstétricale.
  • Fermeture : hystérotomie refermée par surjet vicryl ; en général pas de fermeture du péritoine viscéral afin de limiter la douleur et sans diminuer les adhérences ultérieures.
  • Après extraction : vérification du globe utérin, couleur et quantité des urines (plaie vésicale), quantification des pertes sanguines (max 1000 ml), puis antibiothérapie systématique après l’extraction.

5. Complications maternelles et fœtales

Notions clés & Définitions

  • Choc anaphylactique : Réaction allergique grave pouvant survenir lors d’un geste ou d’une administration de produits anesthésiques.
  • Thromboemboliques : Complications liées à la formation de thrombus pouvant entraîner une embolie.
  • Morbidité fœtale : Ensemble des problèmes de santé chez le fœtus ou le nouveau-né après l’accouchement, distinct de la mortalité.

Points essentiels

  • Complications per-opératoires : choc anaphylactique sous produits, inhalation pendant l’AG, hémorragies, déchirures du segment inférieur, et plaies vésicales ou digestives avec adhérences.
  • Les plaies urétérales sont évoquées lors de triples ligatures ou de résection hypogastrique.
  • Post-opératoire : infections, complications thromboemboliques, et anémies.
  • Côté fœtal : pas d’augmentation de la mortalité, mais augmentation de la morbidité avec traumatisme fœtal et dépression respiratoire liée aux anesthésiques.
  • Une dystocie des épaules et un plexus brachial peuvent survenir, pouvant nécessiter une cicatrice corporéale si l’extraction est difficile.

6. Avenir gynéco-obstétrical

Notions clés & Définitions

  • Uterus cicatriciel : Utérus porteur d’une cicatrice après césarienne, exposant à des risques obstétricaux ultérieurs spécifiques.
  • Risque de rupture utérine : Possibilité que la cicatrice utérine se rouvre pendant une nouvelle grossesse ou un travail.
  • Ligature tubaire : Procédure visant à empêcher la fécondation en cas de projet de ne plus avoir d’enfants.

Points essentiels

  • Une césarienne n’a pas d’incidence sur la fertilité au sens de la capacité à concevoir.
  • En revanche, l’utérus cicatriciel expose aux problèmes spécifiques : rupture utérine et placenta accreta.
  • La cicatrice utérine peut influencer la voie d’accouchement de la grossesse ultérieure.
  • La ligature tubaire est discutée, notamment après plusieurs césariennes.

7. Utérus cicatriciel et risques

Notions clés & Définitions

  • TVBAC : Tentative de voie basse après césarienne, c’est-à-dire essayer l’accouchement vaginal malgré un antécédent de césarienne.
  • CPAC : Césarienne programmée après césarienne, réalisée sans tentative de voie basse.
  • AVAC : Accouchement vaginal après césarienne, c’est le résultat d’une TVBAC aboutissant à un accouchement par voie basse.

Points essentiels

  • La cause la plus fréquente d’utérus cicatriciel est l’antécédent de césarienne, aussi possible après myomectomie.
  • Dans l’enquête périnatale 2016, le risque de rupture utérine lié à un utérus cicatriciel est estimé entre 0,1 et 0,5%.
  • Le CNGOF (2008) rapporte pour TVBAC un risque de rupture utérine de 0,2 à 0,8%.
  • La morbidité maternelle des ruptures utérines en AVAC/TVBAC comprend notamment transfusions, transfert en réanimation et lésions viscérales.
  • La mortalité périnatale associée aux ruptures utérines est de 3 à 6% avec un taux d’asphyxie de 6 à 15%.

8. Voie basse après césarienne

Notions clés & Définitions

  • Bishop : Score clinique utilisé avant déclenchement pour estimer la favorableur d’un travail et la progression cervicale.
  • Ocytocine : Médicament utilisé pour stimuler ou renforcer le travail lors du déclenchement ou de la conduite de l’accouchement.
  • Ballonnet de COOK : Dispositif de préparation cervicale par dilatation mécanique utilisé lors de certains déclenchements.
  • Stagnation de dilatation : Situation où la dilatation du col progresse trop peu pendant la phase active du travail.
  • Déclenchement : Mise en route du travail par des moyens médicaux au lieu d’attendre un déclenchement spontané.

Points essentiels

  • Bénéfice TVBAC vs CPAC : le risque de rupture utérine est 0,2 à 0,8% et la morbidité maternelle diminue avec les succès précédents de TVBAC.
  • Pour l’issue néonatale, TVBAC augmente notamment MFIU (0,5 à 2,3/1000), mortalité périnatale (1 à 2,9/1000) et encéphalopathie anoxo-ischémique (0,8/1000) par rapport à CPAC.
  • Facteurs favorisant la réussite : antécédent d’accouchement vaginal après césarienne, Bishop favorable avant déclenchement, et travail spontané.
  • Facteurs diminuant : césarienne pour non progression/non-engagement, utérus bi cicatriciel, âge maternel > 40 ans, IMC > 30, poids > 4000 g, et terme dépassé.
  • Organisation : la décision de voie doit être validée par un obstétricien au 8e mois et l’obstétricien de garde informé dès l’entrée en travail, avec appel immédiat en cas de suspicion de rupture.

9. Déclenchement et rupture utérine

Notions clés & Définitions

  • Risque relatif (RR) : Mesure qui compare un risque entre deux groupes en le multipliant par un facteur.
  • Rupture utérine : Complication grave correspondant à la réouverture de la cicatrice utérine pendant la grossesse ou le travail.
  • RCF : Enregistrement du rythme cardiaque fœtal utilisé pour détecter une souffrance fœtale.
  • Déhiscence : Ouverture partielle ou séparation de la cicatrice sans tableau complet de rupture utérine.

Points essentiels

  • Mode de déclenchement TVBAC : RR x 2 pour rupture utérine, indication médicale, contre-indication en cas d’utérus bi cicatriciel, et ballonnet de COOK + ocytocine autorisés.
  • Prostaglandines E2 et misoprostol ne sont pas recommandés pour le déclenchement en contexte décrit.
  • Si MFIU ou IMG : préparation par mifépristone et dilatateurs hygroscopiques, puis sulprostone et PGE2 vaginales.
  • Prédiction/importance : la rupture utérine concerne 0,1 à 0,5% des utérus cicatriciel et 0,2 à 0,8% en TVBAC, avec 15% de morbidité maternelle et mortalité maternelle < 1%.
  • Diagnostic et prise en charge : ARCF brutal ± douleur pelvienne, et en cas de rupture utérine la récidive impose une CPAC recommandée ; une déhiscence asymptomatique après AVAC n’a pas de recommandations pour la grossesse suivante.

Repères chronologiques

DateÉvénement
1500Première césarienne sur femme vivante en Suisse.
1800Environ 5 femmes sur 6 décèdent des suites d’une césarienne.
1880Mortalité de 10% après césarienne.
1881Description de la technique d’hystérotomie segmentaire transversale.
2008Recommandations du CNGOF sur l’utérus cicatriciel.
2016Enquête périnatale sur la rupture utérine et l’utérus cicatriciel.

Tableaux de synthèse

TVBAC versus CPAC : risque de rupture

ConduiteRisque de rupture utérineContexte
TVBAC0,2 à 0,8%Après un antécédent de césarienne
Utérus cicatriciel0,1 à 0,5%Facteur de risque de rupture utérine

Issues néonatales : TVBAC versus CPAC

Issue néonataleTVBACCPAC
MFIU (pour 1000)0,5 à 2,30 à 1,1
Mortalité périnatale (pour 1000)1 à 2,90 à 1,8
Encéphalopathie anoxo-ischémique (pour 1000)0,80

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre incision cutanée et incision corporéale : une verticale au niveau de la peau ne signifie pas que l’incision utérine doit être identique.
  2. Croire que la mortalité fœtale augmente : la source indique une absence d’augmentation de la mortalité fœtale, mais une hausse de la morbidité.
  3. Oublier que le segment inférieur est le lieu privilégié d’hystérotomie, alors qu’il est pauvre en fibres musculaires et en vascularisation.
  4. Penser que toutes les progestaglandines sont autorisées en déclenchement après césarienne : la source exclut E2 et misoprostol dans ce contexte.
  5. S’imaginer que l’absence de compte rendu opératoire contre-indique la TVBAC : la source précise qu’il n’y a pas de contre-indication.
  6. Interpréter la déhiscence asymptomatique après AVAC comme une urgence systématique : la source dit qu’il n’y a pas de recommandations pour la grossesse suivante.

Checklist Examen

  1. Définir la logique historique du terme césarienne et citer au moins une évolution de mortalité (1500/1800/1880).
  2. Donner le taux de césariennes en France (~20%) et la recommandation OMS (15%) avec le seuil de mauvaise pratique (>25%).
  3. Citer 3 indications programmées (avant terme et/ou à terme) en s’appuyant sur RCIU sévère, prééclampsie sévère, placenta accreta, obstacle prævia ou bassin chirurgical.
  4. Citer 3 indications avant travail (herpès sauf rupture >6 h, HRP/placenta prævia, HELPP ou chorioamniotite).
  5. Citer 4 indications en cours de travail, dont au moins une liée au RCF (bradycardie/ralentissements) et une liée à la dystocie (mécanique ou dynamique).
  6. Lister les éléments de préparation : voie veineuse périphérique, sonde vésicale, préparation de la paroi, bilans anesthésique et obstétrical.
  7. Décrire les repères anatomiques : inclinaison/dextrorotation de l’utérus et risque lié au pédicule gauche, vessie au-dessus de la symphyse, segment inférieur au 3e trimestre.
  8. Connaître les formes d’incision cutanée et la règle concernant l’antécédent d’incision verticale.
  9. Rappeler les étapes et principes opératoires : hystérotomie segmentaire transversale, fermeture par surjet vicryl, non fermeture habituelle du péritoine viscéral.
  10. Citer les complications maternelles per-opératoires et post-opératoires majeures (hémorragies, plaies vésicales, infections, thromboembolies, anémies).
  11. Citer les éléments fœtaux : pas d’augmentation de mortalité, hausse de morbidité, et risques spécifiques (plexus brachial, dystocie des épaules).
  12. Expliquer l’impact futur : absence d’effet sur fertilité mais risques liés au statut d’utérus cicatriciel (rupture, placenta accreta) et impact sur la voie.
  13. Connaître les critères et facteurs autour de la TVBAC : risque de rupture, facteurs favorisant/diminuant, et règles d’organisation (validation au 8e mois, appel immédiat en cas de suspicion).
  14. Savoir le cadre du déclenchement : RR x 2, COOK + ocytocine autorisés, contre-indication en cas d’utérus bi cicatriciel, et non recommandation des prostaglandines E2/misoprostol.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Histoire, Indications et Techniques de Césarienne avec 18 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quel événement historique correspond à la première césarienne sur femme vivante mentionnée en Suisse ?

2. Quel seuil de taux de césariennes est considéré comme le reflet de mauvaises pratiques ?

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Césarienne — définition ?

Intervention chirurgicale pour faire naître l’enfant par incision utérine.

Épidémiologie — mortalité 1800 ?

5 femmes sur 6 décèdent après césarienne.

Indication programmée — exemple ?

RCIU sévère ou placenta accreta.

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