QCM : Introduction aux théories du cinéma — 24 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quel sens fondamental de la théorie du cinéma correspond à un ensemble plus ou moins organisé de thèses servant de référence pour comprendre un phénomène cinématographique ?

Un résumé chronologique des œuvres marquantes
Une simple appréciation personnelle d’un film
Un ensemble de thèses organisées pour comprendre le cinéma
Une technique de tournage sans portée conceptuelle

Un ensemble de thèses organisées pour comprendre le cinéma

Explication

La théorie du cinéma est bien définie comme un ensemble de thèses plus ou moins organisées qui aide à comprendre le phénomène cinématographique. Elle ne se réduit ni à un jugement personnel ni à une simple chronologie.

2. Dans les débuts du cinématographe, que désigne l’opposition entre théories endogènes et exogènes ?

Des théories réservées aux seuls réalisateurs
Des théories produites de l’intérieur ou de l’extérieur du milieu cinématographique
Des théories qui s’opposent au montage
Des théories fondées sur le son ou sur la couleur

Des théories produites de l’intérieur ou de l’extérieur du milieu cinématographique

Explication

Les théories endogènes sont produites de l’intérieur du milieu cinématographique, tandis que les théories exogènes viennent de l’extérieur. L’opposition ne porte pas sur des critères techniques comme le son ou la couleur.

3. Quelle idée Matuszewski défend-il à propos du cinéma dès 1898 ?

L’usage du cinéma uniquement comme divertissement populaire
La création d’un dépôt ou musée cinématographique pour conserver l’histoire
La suppression des images animées au nom de la mémoire orale
L’abandon du cinéma au profit exclusif du théâtre

La création d’un dépôt ou musée cinématographique pour conserver l’histoire

Explication

Matuszewski défend l’idée d’un dépôt muséal pour le cinéma afin d’en faire une source historique et documentaire. Il ne le réduit pas à un simple divertissement.

4. Que signifie la notion de « royaume des ombres » associée au cinéma chez Gorki ?

Un art de la lumière naturelle et du plein jour
Un cinéma entièrement fondé sur la musique
Une représentation strictement documentaire du réel
Un univers d’ombres sans sons ni couleurs qui inspire l’effroi

Un univers d’ombres sans sons ni couleurs qui inspire l’effroi

Explication

Chez Gorki, le cinéma est présenté comme un royaume d’ombres : sans sons ni couleurs, il produit une impression inquiétante. Cette vision s’oppose à une lecture documentaire ou lumineuse du médium.

5. Que désigne l’expression « cinématographe cérébral » ?

L’idée que l’image cinématographique ne peut rien évoquer d’intellectuel
L’idée que le cinéma imite seulement le théâtre filmé
L’idée que le cinéma fonctionne comme une métaphore de la vie de l’esprit
L’idée que le cinéma doit supprimer toute émotion

L’idée que le cinéma fonctionne comme une métaphore de la vie de l’esprit

Explication

Le cinématographe cérébral désigne une homologie entre ce qui se passe à l’écran et dans la pensée. Le cinéma y est pensé comme une image de la vie mentale.

6. Pourquoi Giovanni Papini invite-t-il les philosophes à s’intéresser au cinéma ?

Parce qu’il n’a aucun lien avec la civilisation contemporaine
Parce qu’il n’est valable que comme curiosité technique
Parce qu’il relève de la culture quotidienne et révèle des tendances de la modernité
Parce qu’il doit remplacer toutes les autres formes d’art

Parce qu’il relève de la culture quotidienne et révèle des tendances de la modernité

Explication

Papini considère le cinéma comme un fait culturel majeur de la modernité, pas comme un simple divertissement. Il y voit un révélateur de la civilisation contemporaine.

7. Dans la notion de photoplay, comment le film transforme-t-il l’expérience du spectateur ?

Il remplace toute perception par une explication verbale
Il supprime la mémoire au profit du seul mouvement
Il recompose espace, temps et causalité en formes mentales internes
Il réduit l’émotion au strict minimum

Il recompose espace, temps et causalité en formes mentales internes

Explication

Le photoplay pense le film comme une expérience psychologique qui transforme l’espace, le temps et la causalité en formes mentales. L’attention, la mémoire et l’émotion y jouent un rôle central.

8. Quel est le sens du « Ciné-Oeil » dans cette approche du cinéma ?

Faire du cinéma un art purement littéraire
Employer la caméra comme un instrument plus performant que l’œil humain
Remplacer toutes les images par des intertitres
Limiter le film à une imitation du regard ordinaire

Employer la caméra comme un instrument plus performant que l’œil humain

Explication

Le Ciné-Oeil désigne l’usage de la caméra comme outil d’exploration visuelle supérieur à l’œil humain. Il ne s’agit donc pas de réduire le cinéma au verbal ou à l’ordinaire.

9. Que signifie l’idée de « point de vue de l’image » dans le cinéma ?

L’image n’est jamais liée à un auteur ou à un dispositif
L’image doit être identique quel que soit le cadrage
L’image donne toujours un accès direct et objectif au réel
L’image dépend toujours de choix de production et n’est jamais neutre

L’image dépend toujours de choix de production et n’est jamais neutre

Explication

Le point de vue de l’image rappelle que le film résulte de choix du réalisateur, du producteur ou du chef opérateur. L’image animée n’est donc pas neutre.

10. Chez Vertov, quel rôle joue le gros plan dans la représentation ?

Il sert surtout à cacher l’information essentielle
Il remplace le réel par une pure abstraction
Il annule toute lecture visuelle du film
Il donne un accès direct et déchiffre la vie des choses et des corps

Il donne un accès direct et déchiffre la vie des choses et des corps

Explication

Le gros plan, chez Vertov et dans cette logique, rapproche et isole pour mieux déchiffrer le vivant. Il ne cache pas l’information, il intensifie l’accès au sens.

11. Que désigne le « champ visuel » au cinéma ?

Le nombre de personnages présents dans une scène
La durée exacte de la projection
La portion du monde captée par la caméra
Le total de ce que le spectateur imagine hors de l’écran

La portion du monde captée par la caméra

Explication

Le champ visuel correspond à ce que la caméra capture et organise pour le regard du spectateur. Il ne désigne ni la durée, ni le seul hors-champ imaginé.

12. Quel effet le montage produit-il selon l’idée d’Epstein et des quatre bords de l’image ?

Il rend inutile toute organisation du cadrage
Il supprime tout effet émotionnel de l’image
Il construit le sens par l’enchaînement de fragments selon le contexte
Il laisse chaque plan signifier de façon autonome et inchangée

Il construit le sens par l’enchaînement de fragments selon le contexte

Explication

Le montage donne sens par la syntaxe des plans et par le contexte qui modifie la signification. Un plan isolé ne suffit donc pas à fixer définitivement le sens.

13. Que signifie la fragmentation de la continuité espace-temps au cinéma ?

Une fidélité parfaite à l’écoulement naturel du temps
Une rupture de la continuité vécue ordinairement par le spectateur
Une suppression de tout passage d’un plan à l’autre
Une absence totale d’organisation formelle

Une rupture de la continuité vécue ordinairement par le spectateur

Explication

La fragmentation espace-temps désigne la manière dont le cinéma rompt la continuité ordinaire de l’expérience. Le montage recompose ensuite cette discontinuité en sens.

14. Quel rôle la photogénie joue-t-elle dans cette réflexion sur le cinéma ?

Elle impose au film un réalisme strict sans transformation
Elle interdit toute beauté propre aux images
Elle ajoute une valeur morale et sensible aux êtres et aux choses reproduits
Elle supprime l’effet du cadrage sur le spectateur

Elle ajoute une valeur morale et sensible aux êtres et aux choses reproduits

Explication

La photogénie est conçue comme une qualité ajoutée par la reproduction cinématographique, qui augmente la valeur morale et sensible des êtres. Elle ne se confond pas avec un simple réalisme.

15. Quel principe résume le mieux le primat de l’image dans cette conception du cinéma ?

L’essentiel du cinéma réside dans ce que l’image donne à voir
Le cinéma ne vaut que par ses dialogues
L’image n’a qu’un rôle décoratif dans l’œuvre
Le film dépend d’abord de la virtuosité littéraire du scénario

L’essentiel du cinéma réside dans ce que l’image donne à voir

Explication

Le primat de l’image affirme que le cinéma se définit d’abord par ce qu’il donne à voir. Le scénario peut compter, mais il ne constitue pas le centre du médium.

16. Que veut dire l’idée d’« extériorisation du temps de l’esprit » ?

Rendre visible, par l’image, un temps intérieur de la pensée
Remplacer l’intériorité par un commentaire explicatif
Supprimer la pensée au profit d’une simple action
Transformer le temps filmique en temps mesurable identique au réel

Rendre visible, par l’image, un temps intérieur de la pensée

Explication

Cette idée fait du cinéma un moyen de montrer un temps intérieur, celui de l’esprit humain. Le film visualise ainsi la pensée au lieu de la remplacer par un discours.

17. Pourquoi Kirsanoff revendique-t-il un scénario minimal ?

Pour réduire le cinéma à une illustration littéraire
Pour faire dépendre le film du seul dialogue
Pour prouver que l’intrigue est indispensable à toute œuvre
Pour montrer que l’image porte l’essentiel du film

Pour montrer que l’image porte l’essentiel du film

Explication

Kirsanoff privilégie un scénario sans intrigue, action ni décor afin de souligner la puissance propre de l’image. Le film n’est donc pas pensé comme une simple illustration narrative.

18. Quel est le rôle du scénario comme « défi au figurable » ?

Il sert uniquement à expliquer la morale de l’histoire
Il doit rendre visible ce qui dépasse les mots et les formes facilement montrables
Il remplace les images par une description complète
Il doit s’en tenir à ce qui est déjà aisément représentable

Il doit rendre visible ce qui dépasse les mots et les formes facilement montrables

Explication

Le scénario d’avant-garde est conçu comme un défi au figurable : il étire le possible vers l’invisible ou l’impossible à montrer. Il ne se limite donc pas au déjà représentable.

19. Comment Edgar Morin définit-il le fait filmique ?

Comme l’expression de la vie et de l’imagination à travers le film
Comme une simple addition de scènes techniques
Comme une catégorie réservée aux seuls films de fiction
Comme un système fermé sans lien avec le vivant

Comme l’expression de la vie et de l’imagination à travers le film

Explication

Le fait filmique désigne chez Morin l’expression de la vie, de l’imagination et des êtres ou des choses. Il ne se réduit pas à une accumulation mécanique d’images.

20. Que montre la notion de fait cinématographique chez Morin ?

La suppression des affects au profit de la seule technique
L’isolement complet du spectateur face à l’écran
La disparition de toute dimension sociale du cinéma
La circulation de documents de sensation, d’idées et de sentiments dans des groupes humains

La circulation de documents de sensation, d’idées et de sentiments dans des groupes humains

Explication

Le fait cinématographique renvoie à la diffusion sociale, par le film, de documents de sensation, d’idées et de sentiments. Il relie donc le cinéma aux groupes humains et à la circulation culturelle.

21. Que comprend la filmologie dans la synthèse proposée par Cohen-Séat ?

La seule technique de projection
La seule histoire des salles obscures
La seule critique des scénarios
La perception, l’éducation et l’esthétique

La perception, l’éducation et l’esthétique

Explication

Cohen-Séat définit la filmologie comme une synthèse entre la perception, l’éducation et l’esthétique. Elle ne se limite pas à une approche purement technique ou historique.

22. Pourquoi le zoom n’est-il pas retenu comme caractéristique filmophanique ?

Parce qu’il détruit toute perception visuelle
Parce qu’il appartient uniquement au cinéma sonore
Parce qu’il ne se voit pas, tout en servant à expérimenter la perception de l’image
Parce qu’il n’a aucun effet sur l’image

Parce qu’il ne se voit pas, tout en servant à expérimenter la perception de l’image

Explication

Le zoom n’est pas considéré comme filmophanique parce qu’il ne se donne pas directement à voir comme une propriété visible du film. En revanche, il permet de faire varier l’expérience perceptive.

23. Quelle discipline étudie la vie des signes filmiques dans la vie sociale ?

La météorologie du film
La géométrie de l’image
La botanique des formes visuelles
La sémiologie du cinéma

La sémiologie du cinéma

Explication

La sémiologie du cinéma s’intéresse à la vie des signes filmiques et à la manière dont ils produisent du sens socialement. Les autres propositions n’ont aucun rapport avec cette analyse.

24. Quelle thèse Metz défend-il à propos du cinéma et de la langue ?

Le cinéma n’est pas une langue car il n’a pas de double articulation comme les mots
Le cinéma produit un sens uniquement par la grammaire orale
Le cinéma fonctionne comme un dictionnaire d’images fixes
Le cinéma est une langue parfaite fondée sur des phonèmes

Le cinéma n’est pas une langue car il n’a pas de double articulation comme les mots

Explication

Metz soutient que le cinéma n’est pas une langue au sens strict, notamment parce qu’il n’a pas de double articulation comparable à celle du langage verbal. Il ne se découpe donc pas en unités comme les mots.

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Théorie du cinéma — définition ?

Ensemble de thèses pour comprendre le phénomène cinématographique.

Étymologie de théorie — sens ?

Regarder, observer, examiner.

Cinématographe — invention ?

Dispositif produisant des images en mouvement.

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