Fiche de révision : Oxygénothérapie et soins associés

Plan du Cours

  1. Cadre réglementaire et définitions
  2. Indications et risques de la BPCO
  3. Sources et sécurité de l’oxygène
  4. Connecteurs et humidification
  5. Dispositifs d’administration
  6. Ventilation et oxygénothérapie haut débit
  7. Surveillance et complications
  8. Aérosols et MEOPA

1. Cadre réglementaire et définitions

Notions clés & Définitions

  • Oxygénothérapie : Traitement médical permettant d’apporter artificiellement de l’oxygène à l’organisme par les voies aériennes à une concentration supérieure à celle de l’air ambiant.

★ À maîtriser

  • L’oxygène a le statut de médicament depuis l’obtention de son AMM en juin 1997.

  • La fraction inspirée en oxygène, ou FiO2, est de 21 % dans l’air ambiant et peut atteindre 100 % sous oxygénothérapie.

Compléments

📌 Le rôle infirmier dans l’oxygénothérapie relève du rôle propre ou d’une prescription selon les actes définis par le Code de la santé publique.

2. Indications et risques de la BPCO

Notions clés & Définitions

  • Hypoxémie : Baisse de la teneur en oxygène du sang, définie ici par une PaO2 inférieure à 80 mmHg.
  • Hypercapnie : Augmentation de la teneur en dioxyde de carbone dans le sang, définie ici par une PaCO2 supérieure à 45 mmHg.
  • Hypoxie : Baisse de la teneur en oxygène des tissus due à une inadéquation entre leurs besoins et leurs apports.
  • BPCO : Maladie inflammatoire chronique des poumons qui obstrue durablement les bronches et rend la respiration difficile.

Points essentiels

  • Chez un patient atteint de BPCO, un apport excessif d’oxygène peut augmenter la PO2, provoquer une hypoventilation ou une apnée, augmenter la PCO2, modifier le pH et conduire à la somnolence ou au coma.

Astuce mémo

O2 → PO2 → hypoventilation/apnée → PCO2 → pH → somnolence ou coma

3. Sources et sécurité de l’oxygène

★ À maîtriser

📐 Formule — Le volume disponible d’une bouteille est calculé par P×V=C−10%P \times V = C - 10\%, où P est la pression, V la contenance et C la capacité calculée.

  • Pour une bouteille à 120 bars et d’une contenance de 5 litres, le volume disponible est de 540 litres après déduction de 10 %, soit une autonomie de 36 minutes à 15 L/min.

📌 L’oxygène est inflammable et explosif : il faut éviter la chaleur, les flammes, les étincelles et la graisse, ouvrir la bouteille progressivement et la maintenir allongée ou fixée.

📌 La bouteille d’oxygène placée sur le chariot d’urgence est réservée aux urgences.

Compléments

  • Les principales sources d’oxygène sont:

    • le concentrateur
    • l’extracteur
    • les bouteilles
    • la cuve de stockage
  • Une bouteille d’oxygène comporte:

    • une valve
    • un bloc de sécurisation du manomètre
    • une sortie d’oxygène
    • une prise
    • un manomètre électronique

Astuce mémo

La bouteille d’urgence est réservée à l’urgence, contrairement aux autres sources d’O2

4. Connecteurs et humidification

★ À maîtriser

📌 La présence permanente de l’olive de connexion doit être vérifiée et le tuyau utilisé doit être spécifique à l’oxygène, avec une rigidité accrue et un diamètre variable.

Compléments

📌 L’humidificateur à bulles est à usage unique, ne doit pas être rempli de nouveau, s’utilise sur prescription et pour un débit supérieur à 4 L/min en administration discontinue.

5. Dispositifs d’administration

★ À maîtriser

  • Les lunettes à oxygène délivrent 0,5 à 3 L/min et fournissent une FiO2 de 24 à 44 % ; au-delà de 6 L/min, elles deviennent inconfortables et inefficaces.

  • 🔄 La pose des lunettes comprend les étapes suivantes:

    1. vérifier la prescription
    2. installer le patient assis ou demi-assis
    3. faire moucher le patient
    4. positionner les lunettes
    5. surveiller la respiration et l’état cutané
  • Le masque à moyenne concentration nécessite un débit supérieur à 4 L/min, fournit une FiO2 de 40 à 60 %, expose à une réinhalation de CO2 en dessous de 4 L/min et devient inefficace au-dessus de 10 L/min.

  • Le masque à haute concentration nécessite un débit supérieur à 10 L/min, fournit une FiO2 de 70 à 90 % et son réservoir doit être rempli avant la pose puis rester au minimum gonflé.

Compléments

  • La sonde nasale délivre 1 à 8 L/min avec une FiO2 de 30 à 50 % et son usage doit rester exceptionnel selon la recommandation de la HAS.

Astuce mémo

Faible débit avec lunettes, haut débit avec masque ou oxygénothérapie spécialisée

6. Ventilation et oxygénothérapie haut débit

★ À maîtriser

  • Le BAVU délivre 15 L/min avec une FiO2 de 100 % lorsque le masque est étanche et s’utilise en cas de détresse ou d’arrêt respiratoire, notamment lors d’un ACR ou avant intubation.

📌 La sonde orotrachéale est posée exclusivement par un médecin habilité ou un IADE, tandis que l’IDE vérifie la pression du ballonnet, le repère de positionnement, la fixation et l’efficacité globale.

  • L’oxygénothérapie à haut débit délivre un mélange d’oxygène et d’air réchauffé et humidifié jusqu’à 70 L/min, avec une FiO2 réglable de 21 à 100 %, pour corriger l’hypoxémie artérielle.

Compléments

  • Le respirateur d’anesthésie-réanimation permet de régler la FiO2, le nombre de cycles par minute, le volume courant, les pressions inspiratoires et les pressions expiratoires de pointe sous contrôle médical strict.

7. Surveillance et complications

★ À maîtriser

  • La surveillance respiratoire porte sur:

    • la fréquence
    • l’amplitude
    • la régularité
    • l’efficacité
    • les difficultés respiratoires
  • La surveillance comprend l’oxymétrie de pouls avec une cible supérieure à 95 % et les gaz du sang réalisés sur prescription.

  • Les signes cliniques à rechercher sont:

    • l’altération de la conscience
    • les sueurs
    • la cyanose des lèvres ou des extrémités
    • les marbrures
    • les battements des ailes du nez
    • le balancement thoraco-abdominal
    • l’utilisation des muscles accessoires
    • le tirage

Compléments

  • Les complications possibles comprennent:
    • l’hypoxie
    • l’hypercapnie
    • la tachycardie
    • l’hypertension artérielle
    • la polypnée
    • le coma
    • la cyanose
    • les battements des ailes du nez
    • la somnolence
    • la baisse de la PaO2

8. Aérosols et MEOPA

Notions clés & Définitions

  • Aérosolthérapie : Technique thérapeutique qui projette dans les voies aériennes une suspension de particules solides ou liquides dispersées et transportées par un gaz.
  • MEOPA : Mélange équimolaire de 50 % d’oxygène et de 50 % de protoxyde d’azote utilisé pour une analgésie de courte durée et une sédation consciente.

★ À maîtriser

  • L’aérosolthérapie sert à:
    • humidifier les voies respiratoires
    • fluidifier les sécrétions bronchiques
    • administrer des traitements

📌 Le masque aérosol s’utilise à un débit de 5 à 6 L/min, à distance des repas, chez un patient demi-assis, après mouchage, pendant 15 à 20 minutes chez l’adulte.

  • Les indications du MEOPA comprennent: l’analgésie de courte durée, la mobilisation douloureuse d’un membre, les examens radiologiques, la sédation en soins dentaires, l’analgésie obstétricale en milieu hospitalier

📌 Le MEOPA est contre-indiqué en cas de besoin de ventilation à 100 % d’oxygène, d’altération de la conscience, d’anomalie neurologique, de traumatisme crânien, de traumatisme de la face, de pneumothorax, d’embolie gazeuse ou d’accident de décompression.

📌 L’administration du MEOPA nécessite un local aéré et calme, de l’oxygène mural et une aspiration immédiatement disponibles, du personnel formé et une surveillance constante du patient.

Compléments

  • Le MEOPA agit rapidement avec un délai d’absorption et d’élimination de 3 minutes, sans métabolisme par l’organisme, et n’induit pas d’hypoxie, de dépression respiratoire ni de perte de conscience.

  • Les effets indésirables comprennent:

    • l’agitation
    • l’angoisse
    • l’euphorie
    • les hallucinations
    • les vertiges
    • les céphalées
    • les vomissements
    • les convulsions
    • la sédation excessive
  • La prévention de l’exposition repose sur:

    • une utilisation pertinente
    • le recensement des utilisateurs
    • un local isolé
    • la limitation des émissions
    • la maîtrise des rejets gazeux

Astuce mémo

L’aérosol traite les voies aériennes, tandis que le MEOPA produit une sédation consciente

Tableaux de synthèse

Comparaison des dispositifs d’oxygénothérapie

DispositifDébitFiO2
Lunettes0,5 à 3 L/min24 à 44 %
Sonde nasale1 à 8 L/min30 à 50 %
Masque à moyenne concentration> 4 L/min40 à 60 %
Masque à haute concentration> 10 L/min70 à 90 %
BAVU15 L/min100 %

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Oxygénothérapie et soins associés avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Chez un patient dont la PaO2 est de 75 mmHg, quelle anomalie est définie par cette valeur ?

2. Quelle définition décrit le mieux l’oxygénothérapie ?

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Mémorisez les concepts clés de Oxygénothérapie et soins associés avec 10 flashcards interactives.

Depuis quand l'oxygène a-t-il le statut de médicament ?

Depuis juin 1997.

Qu'est-ce que l'oxygénothérapie ?

Un traitement médical apportant artificiellement de l'oxygène à concentration supérieure à l'air ambiant.

Qu'est-ce que l'hypoxémie selon la définition donnée ?

Une baisse de la teneur en oxygène du sang avec PaO2 < 80 mmHg.

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