Il n’existe pas de sociétés sans drogues, et toutes les substances psychoactives ont été expérimentées à des fins hédoniques, spirituelles ou médicales.
Le tabac est la première cause de mortalité et est responsable de plus de 80 000 décès par an, tandis que l’alcool est responsable de 49 000 décès directs ou de davantage si les causes indirectes sont incluses.
Produit × individu × environnement → conduite addictive
📌 Le continuum des consommations va de l’usage simple à l’usage à risque, puis à l’usage nocif et à la dépendance ou au trouble de l’usage.
Usage simple → usage à risque → usage nocif → dépendance
📌 La dépendance psychique est obligatoire dans l’addiction et durable, tandis que la dépendance physique est variable selon les produits, non obligatoire et souvent de durée plus courte.
Liking → wanting → must/craving
★ À maîtriser
Le cannabis contient principalement du delta-9-tétrahydrocannabinol, avec environ 6 % de THC dans l’herbe et 10 % dans la résine, les concentrations pouvant atteindre 20 % et 30 % grâce aux techniques horticoles et aux croisements.
La dépendance à l’héroïne s’installe rapidement chez la majorité des usagers et alterne des phases de soulagement euphorique avec des états de manque provoquant anxiété et agitation.
Compléments
Usage simple sans dommage ≠ usage à risque avec conséquences possibles
★ À maîtriser
Compléments
La modalité de consommation la plus addictogène est l’inhalation, avec un effet en moins de secondes, suivie de l’injection, du sniffing puis de l’ingestion.
La rémission est précoce entre 3 et 12 mois d’abstinence et durable à partir de 12 mois.
Sensibilisation du système de récompense → craving → rechute
★ À maîtriser
Les intoxications peuvent provoquer un syndrome confusionnel, des mouvements anormaux, une crise d’épilepsie ou un coma, tandis que les consommations chroniques peuvent entraîner des troubles cognitifs, des AVC, des insomnies, des apnées du sommeil, des douleurs chroniques, des polyneuropathies et une myopathie.
L’alcool augmente le risque d’AVC ischémique et surtout hémorragique, et une alcoolisation ponctuelle importante représente 20 % des AVC ischémiques chez les sujets de moins de 40 ans.
Environ un tiers des personnes ayant un trouble mental présentent une pathologie addictive hors tabac, et près de la moitié des personnes ayant une pathologie addictive présentent une pathologie psychiatrique.
La pathologie duelle peut résulter d’un trouble mental favorisant l’addiction, d’une substance induisant ou prolongeant les symptômes psychiatriques, ou d’une vulnérabilité génétique et environnementale partagée.
Compléments
Trouble mental → addiction pour s’autosoulager, mais addiction → symptômes psychiatriques
La prévention des addictions repose notamment sur la sensibilisation des jeunes, la réduction de l’exposition et de l’accessibilité des produits, les interventions brèves motivationnelles, les dispositifs d’écoute et le développement des compétences psychosociales.
La prise en charge doit être personnalisée, globale et biopsychosociale, en visant la réduction des risques, l’arrêt éventuel, le rétablissement, la qualité de vie et la prévention de la rechute.
Repérer → réduire les risques → traiter → prévenir la rechute
★ À maîtriser
Chez les personnes souffrant d’un trouble mental, le taux de tabagisme est deux à quatre fois supérieur à celui de la population générale, et 70 à 80 % des patients schizophrènes fument.
En cas de comorbidité psychiatrique, l’initiation au tabac est plus précoce, la consommation et la dépendance sont plus fortes, l’arrêt est plus difficile et les comorbidités psychologiques, cognitives et médicales sont plus importantes.
Le cannabis peut induire des symptômes psychotiques dans 15 % des cas, avec des effets psychomimétiques plus marqués en cas de vulnérabilité et selon la dose consommée.
Les études longitudinales et deux méta-analyses indiquent que les sujets dépendants au cannabis présentent environ deux fois plus de risque de troubles psychotiques, notamment en cas de consommation avant 15 ans, d’effet dose-dépendant, de prédisposition à la schizophrénie ou de polymorphisme de la COMT.
Compléments
Parmi les patients fumeurs atteints de troubles psychiatriques, 20 % ont l’intention d’arrêter dans le mois et 40 % dans les six mois, des taux comparables à ceux de la population générale.
Chez les patients souffrant de schizophrénie, la consommation de cannabis est associée à une survenue de la maladie environ 2,5 ans plus précoce et à davantage d’hospitalisations, de défauts d’observance, de désinsertion sociale et de déclin cognitif.
Vulnérabilité psychiatrique → consommation plus précoce, dépendance plus forte et arrêt plus difficile
Seringues → dépistage → traitements de substitution → dispositifs médico-sociaux
★ À maîtriser
📌 Dans une SCMR, l’accès est réservé aux personnes munies d’une carte d’admission, le deal est interdit et les usagers doivent apporter et déclarer ce qu’ils vont consommer.
Compléments
Chez les usagers étudiés, 14,3 % déclaraient avoir partagé leur seringue au cours du dernier mois, 26,8 % leur petit matériel et 39 % une pipe à crack.
L’évaluation française des SCMR a montré une diminution par trois du nombre de seringues abandonnées dans l’espace public et une projection de 11 millions d’euros de coûts médicaux évités sur dix ans chez les usagers fréquentant ces salles.
Consommation supervisée ≠ incitation à consommer
📌 Le trouble de l’usage de l’alcool repose sur des critères qualitatifs de conduite addictive, tandis que les troubles liés à l’usage reposent sur les conséquences quantitatives de la consommation.
📌 Les repères de consommation sont d’au maximum 2 unités d’alcool par jour, 10 unités par semaine et 5 jours avec alcool, chez les hommes comme chez les femmes.
📐 Formule — L’alcoolémie se calcule par le rapport entre la quantité d’alcool absorbé en grammes et l’eau totale en litres, l’eau totale étant estimée par avec un coefficient de 0,6 chez les femmes et de 0,7 chez les hommes.
Les conséquences de l’alcool comprennent notamment 41 000 décès par an, environ 50 % des faits de délinquance et une mortalité attribuée principalement aux cancers à 39 %, aux maladies cardiovasculaires à 24 % et aux conséquences digestives à 16,5 %.
Le binge drinking correspond à une consommation de 4 à 5 unités jusqu’à 14 unités en deux heures, avec une alcoolémie supérieure à 0,8 g/L.
La maladie alcoolique du foie évolue de la stéatose à la stéato-hépatite, puis à la cirrhose et au cancer, avec une progression vers la cirrhose d’environ 10 % après stéatose et 40 % après stéato-hépatite.
L’encéphalopathie de Gayet-Wernicke est liée à une carence en vitamine B1 et doit être évoquée devant une atteinte oculomotrice, des troubles cérébelleux ou une confusion ou des troubles cognitifs; elle se traite en urgence par vitamine B1 parentérale.
🔄 La prise en charge du sevrage alcoolique repose sur: la plus petite dose efficace de benzodiazépine pendant la durée la plus courte, une hydratation adaptée, une vitaminothérapie B1, une surveillance rapprochée
Sevrage alcoolique → déséquilibre GABA-glutamate → risque convulsif et delirium tremens
📌 En contexte d’urgence, l’intervention addictologique débute après la stabilisation clinique globale, qui reste prioritaire, notamment pour prévenir les accidents de sevrage et traiter un éventuel surdosage.
Le sevrage alcoolique dure en moyenne 5 à 10 jours, est maximal pendant les deux premiers jours et peut être potentiellement mortel en raison des convulsions et du delirium tremens.
Le delirium tremens survient dans 5 à 20 % des sevrages alcooliques et sa mortalité est de 5 à 15 % sans traitement contre moins de 1 % avec traitement.
En cas de surdosage, l’alcool ne possède pas d’antagoniste spécifique, le flumazénil antagonise les benzodiazépines et la naloxone antagonise les opiacés.
🔄 L’intervention brève RPIB consiste à:
Stabiliser → surveiller le sevrage → réduire les risques → orienter vers les soins
★ À maîtriser
📌 L’abstinence correspond à l’arrêt total et définitif de la consommation avec prévention de la rechute après le sevrage, tandis que la gestion de consommation vise une diminution significative selon les critères de l’OMS.
Le sevrage alcoolique comprend les éléments suivants: une prise en charge de 5 à 14 jours ou davantage, un bilan des comorbidités, un bilan cognitif, un bilan social, des entretiens familiaux, un travail motivationnel
Le repérage précoce de l’usage problématique d’alcool repose notamment sur l’AUDIT-C, l’intervention brève et des stratégies de prévention ciblées chez les jeunes adultes.
Compléments
Repérer, intervenir, prévenir la rechute
★ À maîtriser
Le tabagisme au long cours entraîne une issue fatale dans deux cas sur trois lorsque le patient fume toute sa vie et ne s’arrête pas.
La nicotine active le système de récompense cérébral en se fixant aux récepteurs nicotiniques, ce qui augmente la dopamine et entretient la dépendance.
Le tabagisme est la première cause évitable de mort prématurée dans le monde et provoque au moins 6 millions de décès par an, soit environ 10 % de la mortalité mondiale, dont 73 000 décès en France.
Les formes de consommation citées sont:
Compléments
📌 Les métaboliseurs lents de la nicotine consomment et inhalent moins de fumée, tandis que les métaboliseurs rapides consomment et s’exposent davantage et présentent un risque accru de pathologie liée au tabac.
Nicotine → système de récompense → dépendance et craving
★ À maîtriser
Le monoxyde de carbone dans l’air expiré indique l’intensité de l’inhalation tabagique, et la valeur seuil d’abstinence est de 7 ppm.
🔄 La prise en charge suit trois phases:
📌 L’association d’une thérapie cognitivo-comportementale et d’une pharmacothérapie est plus efficace qu’une pharmacothérapie seule.
Compléments
Une cigarette délivre au moins de nicotine à substituer par une dose équivalente de traitement nicotinique substitutif, complétée par une forme orale à la demande.
La varénicline est le médicament le plus efficace en monothérapie, à la posologie de 1 mg deux fois par jour, mais elle est contre-indiquée chez la femme enceinte.
Préparer, sevrer, suivre
★ À maîtriser
Chez la femme enceinte, l’arrêt du tabac est une urgence thérapeutique à proposer le plus tôt possible, car le tabagisme expose notamment au retard de développement, à la grossesse extra-utérine, à la mort subite et aux problèmes d’allaitement.
Chez la femme enceinte, la varénicline et le bupropion sont contre-indiqués, tandis que la thérapie cognitivo-comportementale est essayée avant une substitution nicotinique si nécessaire.
Compléments
★ À maîtriser
🔄 Les six stades du changement sont : (DiClemente et Prochaska):
La rechute peut survenir à n’importe quel stade, constitue une étape normale du processus de changement et survient en moyenne après quatre ou cinq cycles avant l’arrêt.
L’entretien motivationnel considère le patient comme l’expert de sa propre vie et le soignant comme le spécialiste de la relation thérapeutique, dans une rencontre entre deux experts.
La peur des conséquences négatives engendre peu ou pas de changement, tandis que les perspectives positives constituent un levier majeur de motivation.
📌 Lorsque la résistance apparaît pendant un entretien motivationnel, le thérapeute doit revoir son action plutôt que renforcer la menace, car l’intensité de la résistance augmente avec la menace ressentie ou la liberté perçue comme menacée.
Les quatre techniques de base sont:
La première phase de l’entretien motivationnel construit la motivation intrinsèque en amplifiant et clarifiant la divergence, tandis que la deuxième phase renforce l’engagement en suscitant les désirs et les projets de changement.
Compléments
📌 Le reflet simple répète les propos du patient, le reflet double met en évidence son ambivalence et le reflet amplifié exagère prudemment un sentiment pour l’aider à prendre du recul.
Les trois types de résumés sont:
Les stratégies de suscitation du discours-changement comprennent:
Précontemplation → contemplation → préparation → action → maintien → rechute
| Niveau | Caractéristique | Exemple ou risque |
|---|---|---|
| Usage simple | Pas de complication ni dommage | Expérimentation ou consommation socialement admise |
| Usage à risque | Risques immédiats ou différés | Conduite, grossesse, médicaments concomitants |
| Usage nocif | Conséquences pour la santé de l’usager ou d’autrui | Atteintes physiques ou mentales |
| Dépendance | Perte de contrôle et poursuite malgré les conséquences | Craving, tolérance ou sevrage |
| Produit en cause | Antidote |
|---|---|
| Alcool | Aucun antagoniste spécifique |
| Benzodiazépines | Flumazénil |
| Opiacés | Naloxone |
Teste tes connaissances sur Addictologie et entretien motivationnel avec 55 questions à choix multiples et corrections détaillées.
1. Parmi les propositions suivantes concernant l’héroïne, la(les)quelle(s) est(sont) exacte(s) ?
2. L’évolution de la maladie alcoolique du foie comprend :
Mémorisez les concepts clés de Addictologie et entretien motivationnel avec 85 flashcards interactives.
Quelles substances ont été expérimentées dans toutes les sociétés ?
Toutes les substances psychoactives.
Quelles fins motivent l'expérimentation des substances psychoactives ?
Fins hédoniques, spirituelles ou médicales.
Qu'est-ce qu'une conduite addictive ?
Une consommation exposant à des répercussions liées aux substances psychoactives.
Importe ton cours et l'IA génère fiches, QCM et flashcards en 30 secondes.
Générateur de fiches