Fiche de révision : Culture professionnelle et inclusion scolaire

Plan du Cours

  1. Coulisses de l’enquête et culture professionnelle
  2. Approche interactionniste de la culture informelle
  3. Observations participantes et gestion des différences
  4. Changement de paradigme de l’école inclusive
  5. Lois 2005, 2013 et 2019 pour l’inclusion
  6. Élèves à besoins éducatifs particuliers
  7. Personnes-ressources et enseignant spécialisé CAPPEI
  8. Enseignant référent et suivi du PPS
  9. Accompagnements à la scolarité PIAL
  10. Métier d’élève et curriculum caché
  11. Gestion de l’ordre scolaire et relation aux parents

1. Coulisses de l’enquête et culture professionnelle

Notions clés & Définitions

  • Culture professionnelle informelle : La culture professionnelle informelle désigne l’ensemble des manières standard de penser, dire et faire qui circulent entre membres d’une profession, surtout visibles depuis les coulisses.
  • Langue vernaculaire : La langue vernaculaire est le vocabulaire propre à un milieu professionnel, compris par ses membres et utilisé pour parler de la profession entre initiés.
  • Coulisses de l’enquête : Les coulisses correspondent à tout ce qui se déroule en dehors de la classe (couloirs, récréation, pauses) et qui reste peu visible dans l’activité officielle.
  • Ethnographie inductive : L’ethnographie inductive construit l’objet de recherche à partir du terrain, puis fait évoluer les thèmes au fil des observations.
  • Savoirs coupables : Les savoirs coupables sont des jugements et catégorisations internes sur les usagers, liés aux difficultés réelles ou anticipées et rarement divulgués hors du groupe.

Points essentiels

  • Le devoir d’examen dure 2 heures et se fait sans documents ni notes, avec une partie de réponses (définitions, explications, montrer ses connaissances) et une partie de réflexion à problématiser.
  • La problématisation est centrale et l’épreuve fonctionne comme une dissertation, avec une structure en deux ou trois parties.
  • Les coulisses demandent une démarche compréhensive : il s’agit de chercher à comprendre sans se mettre en posture de défense, en travaillant aussi sur soi.
  • La langue vernaculaire peut porter des rhétoriques morales et des jugements (par exemple racistes ou sexistes) qui révèlent des tensions dans la profession.
  • Le terrain de l’enquête est constitué de deux écoles ordinaires d’Île-de-France : Hargreaves (relations balkanisées, professeurs seuls ou en binôme, classes moyennes à hautes) et Beauvoir (grande famille, échantillon d’«

2. Approche interactionniste de la culture informelle

Notions clés & Définitions

  • Résistance à la hiérarchie : Attitude consistant à contester ou contourner l’autorité formelle pour préserver une autonomie professionnelle dans les interactions au travail.
  • Hiérarchies informelles : Hiérarchies construites dans les relations quotidiennes, par exemple via le positionnement de pairs (directeur, directrice) au sein du groupe.
  • Savoirs sociaux coupables : Catégorisation des usagers à partir de supposés manques ou fautes liés à leur origine sociale, qui influence la manière de les traiter.
  • Client idéal : Représentation implicite de l’usager “conforme” aux attentes scolaires, souvent associée à des ressources familiales et à une familiarité avec l’école.
  • Ethnicisation des rapports scolaires : Processus par lequel l’origine (réelle ou supposée) devient le critère prioritaire dans les interactions, produisant des classements et des hiérarchies.

Points essentiels

  • La résistance à la hiérarchie sert à marquer l’autonomie professionnelle et à gagner une place dans le groupe des pairs.
  • Le directeur ou la directrice peut être perçu comme un pair, ce qui augmente la probabilité d’être intégré au collectif.
  • Les enseignants décrivent un décalage entre l’image extérieure du métier et la réalité du travail préparatoire, qui s’impose une fois “dans le métier”.
  • Les rapports aux usagers peuvent être marqués par l’ingérence et le mépris quand des familles dominantes pensent savoir sans connaître le métier.
  • Les “savoirs sociaux coupables” conduisent à juger les usagers sur des attentes de politesse, de respect et de ponctualité, présentées comme des lacunes éducatives.
  • Le “client idéal” renvoie à une famille capable d’anticiper et d’optimiser le parcours scolaire, notamment via des ressources et une maîtrise des codes scolaires.

Astuce mémo

Hiérarchie→pair : pour être “du groupe”, on résiste; Usagers→étiquettes : classe sociale puis origine deviennent des filtres d’interaction.

3. Observations participantes et gestion des différences

Notions clés & Définitions

  • Enfants du voyage : Groupe d’élèves dont la scolarisation est marquée par une intégration incomplète et des pratiques scolaires parfois inadaptées à leur présence continue.
  • Désinvestissement scolaire : Mécanisme de baisse d’engagement des apprentissages, où l’école relâche le suivi et les exigences pour certains élèves.
  • Laïcité à l’école : Principe encadrant la neutralité et les pratiques religieuses dans l’espace scolaire, notamment autour de la cantine et des sorties.
  • Foulard en sortie : Pratique vestimentaire des élèves/femmes concernées, autorisée dans l’établissement et parfois contestée lors des sorties selon les écoles.
  • AESH : Professionnels accompagnant certains élèves en situation de handicap, inscrits dans le cadre de l’école inclusive.

Points essentiels

  • Les enfants du voyage peuvent manquer de supports scolaires (ex. absence de manuels) et réclamer des éléments matériels comme l’étiquette plastifiée.
  • L’inscription à des activités (ex. cours d’anglais) peut ne pas être automatique pour certains élèves, obligeant les parents à récupérer les documents et à demander l’inscription.
  • Des comportements perçus comme très violents et des tenues jugées inadaptées à l’âge peuvent influencer les attentes et le climat scolaire.
  • Pour les élèves musulmans, les enseignants peuvent se fonder sur des suppositions plutôt que sur la réalité, notamment autour de la cantine (ramadan, porc).
  • Le ramadan peut déclencher des demandes de départs en vacances anticipés via un mot dans le cahier de correspondance.
  • Dans l’enquête, la famille Martin (population majoritaire) obtient un départ anticipé sans difficultés et offre des orchidées à l’enseignante, tandis que les autres familles rencontrent davantage de tensions liées à laïc

Astuce mémo

Différences = (suppositions) + (règles de laïcité) + (accès inégal aux supports/inscriptions) → conflits ou désengagement.

4. Changement de paradigme de l’école inclusive

Notions clés & Définitions

  • Loi de 2005 : La loi de 2005 vise à garantir l’accès et le maintien des élèves handicapés dans des institutions scolaires ouvertes à tous, avec une logique de droit commun.
  • Loi de 2013 inclusion : La loi scolaire de 2013 introduit le terme d’inclusion et impose au service public d’éducation de veiller à l’inclusion scolaire de tous les enfants.
  • Loi de 2019 école de la confiance : La loi de 2019 promeut une scolarisation de qualité de la maternelle au lycée en tenant mieux compte des singularités et besoins éducatifs particuliers.
  • École inclusive (Serge Gardou) : L’école inclusive, d’après Serge Gardou, ne consiste pas à intégrer un “élément extérieur” mais à faire évoluer l’école pour répondre aux inégalités et exclusions.
  • Élève en situation de handicap : La notion d’élève en situation de handicap remplace l’étiquette “handicapé” et met l’accent sur la situation plutôt que sur une caractéristique figée de l’élève.

Points essentiels

  • La loi de 2005 concerne l’ensemble de la société en organisant l’accès aux institutions scolaires et le maintien dans un cadre de scolarité ordinaire.
  • La loi de 2013 inaugure l’idée d’inclusion en affirmant que l’éducation doit inclure tous les enfants sans distinction.
  • La loi de 2019 vise une scolarisation de qualité de la maternelle au lycée en prenant en compte les besoins éducatifs particuliers.
  • Le changement de paradigme consiste à adapter l’école aux élèves, et non à exiger que les élèves se conforment à l’école, pour viser l’égalité.
  • Les résultats sont jugés quantitatifs plutôt satisfaisants, mais des difficultés persistent sur l’accueil en classe et l’accompagnement au quotidien.
  • Les pratiques enseignantes doivent évoluer vers l’accessibilité des apprentissages (pas seulement l’accessibilité des locaux) avec des compensations techniques ou humaines si besoin.

Astuce mémo

Adaptation école → égalité élèves : “l’école bouge, pas l’élève” (lois 2005→2013→2019).

5. Lois 2005, 2013 et 2019 pour l’inclusion

Notions clés & Définitions

  • Élèves à besoins éducatifs particuliers : Élèves à besoins éducatifs particuliers (EBEP) : groupe d’élèves qui rencontrent, de façon significative, plus de difficultés d’apprentissage que la majorité de leurs pairs, pour des raisons variées.
  • MDPH : MDPH : organisme départemental qui décide des compensations liées au handicap et qui intervient pour organiser les aides.
  • Accessibilité pédagogique : Accessibilité pédagogique : ensemble des adaptations mises en place par les enseignants et équipes éducatives pour rendre les apprentissages et évaluations accessibles.
  • Compensation : Compensation : ensemble des aides accordées pour compenser les limitations liées au handicap, afin de rétablir une égalité des chances.
  • ULIS : ULIS : dispositif de scolarisation en classe ordinaire avec un petit groupe d’élèves, piloté par un enseignant coordonnateur, de la maternelle au lycée.

Points essentiels

  • L’inclusion vise l’adaptation de l’établissement et du contexte, pas l’adaptation de l’élève, car l’obstacle n’est pas censé venir de sa faute.
  • Le modèle EBEP repose sur une catégorisation préalable, ce qui crée un paradoxe : pour bénéficier d’aides, l’élève doit d’abord être reconnu comme ayant un handicap.
  • Les EBEP regroupent notamment des besoins liés à une déficience, à des difficultés d’apprentissage, ou à des difficultés socio-économiques ou culturelles.
  • Des élèves peuvent cumuler plusieurs catégories (ex. allophonie et dispositif UPE2A), ce qui rend le repérage plus complexe pour les enseignants.
  • L’égalité des chances est recherchée en supprimant les obstacles et en ajoutant des facilitateurs pour modifier l’environnement d’apprentissage.
  • L’accessibilité pédagogique relève des enseignants : adaptation des supports, des modalités d’enseignement et des modalités d’évaluation (dont la différenciation).

Astuce mémo

Catégoriser → compenser : l’aide passe par la reconnaissance (MDPH) puis par des adaptations (accessibilité) dans l’école.

6. Élèves à besoins éducatifs particuliers

Notions clés & Définitions

  • UPE2A : Dispositif d’accueil et de scolarisation destiné aux élèves allophones afin de leur permettre de progresser dans la maîtrise du français et de s’intégrer au parcours scolaire.
  • Orientation scolaire : Processus de décision qui détermine la filière et le parcours d’un élève à partir de son niveau scolaire et des choix institutionnels.
  • Orientation choisie : Type d’orientation où la filière est décidée en fonction de l’évaluation scolaire et des attentes des acteurs qui orientent.
  • Orientation subie : Type d’orientation où l’élève n’obtient pas le parcours souhaité, souvent sous l’effet de contraintes et de représentations des acteurs.
  • CAPPEl : Certificat d’aptitude professionnelle aux pratiques de l’éducation inclusive qui qualifie des enseignants spécialisés pour accompagner la scolarisation des élèves à besoins éducatifs particuliers.

Points essentiels

  • Les élèves allophones en classe ordinaire cumulent des difficultés liées à la diversité linguistique et à des parcours de scolarisation inégaux, ce qui pèse sur l’action des enseignants.
  • Dans l’enquête menée sur deux collèges UPE2A en région parisienne (classe de 3e), l’orientation est présentée comme fortement liée au travail d’évaluation réalisé par les acteurs de l’UPE2A.
  • L’orientation est décrite comme « choisie » ou « subie » selon les évaluations et les décisions des acteurs, avec un objectif d’intégration rapide au marché de l’emploi.
  • Une orientation très genrée est rapportée : les garçons sont orientés vers des métiers comme la chaudronnerie, tandis que les filles sont orientées vers des secteurs comme l’esthétique/vente et la petite enfance ou l’ac­
  • Le texte distingue aussi des causes possibles de non-réussite : difficulté de compréhension du français ou difficultés cognitives, et souligne que certains élèves sont peu accompagnés en classe ordinaire.
  • Le CAPPEl (mise en place en 2017, circulaire n° 2017-026) identifie des compétences d’enseignants spécialisés et leur mission de personne-ressource pour épauler les acteurs de l’école inclusive.

Astuce mémo

UPE2A → Évaluer → Orienter (choisie/subie) ; CAPPEl = Personne-ressource.

7. Personnes-ressources et enseignant spécialisé CAPPEI

Notions clés & Définitions

  • PIAL : Les Pôles inclusifs d’accompagnement localisés sont des structures créées en 2019 pour coordonner l’accompagnement des élèves en situation de handicap par l’ensemble des acteurs de l’école.
  • AESH : Les AESH sont des personnels chargés d’accompagner des élèves en situation de handicap afin de soutenir leur autonomie et leur accès aux apprentissages.
  • Professionnalité AESH : La professionnalité AESH regroupe des compétences, un domaine d’activité, une formation, un statut et une dimension éthique encadrant l’exercice du métier.
  • AESH référent : L’AESH référent est un accompagnant désigné dans chaque département pour apporter un appui aux AESH débutants et soutenir leur parcours professionnel.
  • Enseignant spécialisé CAPPEI : L’enseignant spécialisé CAPPEI est un professionnel formé pour intervenir auprès d’élèves en situation de handicap, en articulation avec les équipes et les dispositifs d’inclusion.

Points essentiels

  • Les PIAL visent deux priorités : un accompagnement humain ajusté aux besoins de l’élève pour développer l’autonomie, et une organisation plus flexible de cet accompagnement pour les établissements.
  • La circulaire de 2019 (n° 2019-088) répond à la forte hausse des élèves accompagnés par des AESH, passant d’environ 26 000 en 2005 à 166 000 à la rentrée 2018.
  • Le principe de compensation (aide humaine) peut prendre le dessus sur l’accessibilité des situations d’enseignement-apprentissage et sur la différenciation/adaptation pédagogique.
  • La professionnalité AESH s’appuie sur des éléments concrets : compétences, territoire d’activité (ce qui est autorisé), formation, et statut (diplôme et niveau de rémunération).
  • La dimension éthique est centrale car l’adulte est en position d’asymétrie avec l’élève, ce qui renforce les exigences de conduite et de responsabilité.
  • L’autonomie professionnelle de l’AESH (pouvoir de décision) fait l’objet de débats, sans consensus présenté comme une “vérité unique”.

Astuce mémo

PIAL = “Plus d’humain, Plus de flexibilité” ; AESH = “Compensation + autonomie”.

8. Enseignant référent et suivi du PPS

Notions clés & Définitions

  • PPS : Le PPS est le document qui organise le parcours scolaire d’un élève en situation de handicap, avec les besoins, objectifs et modalités de suivi.
  • Enseignant référent : L’enseignant référent est l’adulte ressource chargé du suivi du PPS et de la coordination autour de l’élève.
  • École inclusive : L’école inclusive vise l’accueil et l’accompagnement des élèves en situation de handicap pour favoriser leur autonomie et leur émancipation.
  • AESH : L’AESH est un personnel au service de l’école inclusive, présent auprès de l’élève pour soutenir sa scolarité en lien avec l’équipe éducative.
  • Métier de l’entre-deux : Le « métier de l’entre-deux » décrit une posture professionnelle partagée entre l’éducation (émancipation) et l’accompagnement au quotidien avec l’enseignant.

Points essentiels

  • Le suivi du PPS s’appuie sur une articulation entre l’enseignant référent, l’enseignant et les personnels d’accompagnement pour assurer la cohérence des actions autour de l’élève.
  • La tension décrite pour les AESH tient à leur proximité quotidienne avec l’élève en situation de handicap, ce qui renforce la question d’une éthique spécifique dans l’école inclusive.
  • L’accompagnement d’élèves en situation de handicap est présenté comme renforcé car ces élèves sont décrits comme ayant des besoins spécifiques (BEP) et nécessitent un soutien étroit.
  • La posture « entre éducation et accompagnement » implique une asymétrie adulte/enfant : l’adulte soutient sans se substituer, tout en visant l’autonomie de l’élève.
  • Le suivi du PPS doit prendre en compte les inquiétudes liées aux transitions, notamment après le collège, avec la question de l’insertion professionnelle.
  • Le PPS s’inscrit dans une logique de continuité : l’accompagnement vise aussi le bien-être et la place de l’élève dans l’établissement, pas seulement la réussite scolaire.

Astuce mémo

PPS = Parcours + Pilotage : l’enseignant référent coordonne, l’AESH accompagne au quotidien, et l’objectif reste l’autonomie de l’élève.

9. Accompagnements à la scolarité PIAL

Notions clés & Définitions

  • PIAL : Dispositif d’accompagnement à la scolarité visant à soutenir les élèves et à organiser des actions autour de l’école.
  • Chouchou : Étiquette d’un élève très apprécié par l’enseignant, dont l’acceptation dépend du niveau de performance et du risque de léser les autres.
  • Tableau de comportement : Outil de suivi des conduites scolaires (participation, état des cahiers, etc.) utilisé par l’enseignant pour évaluer et tracer les comportements.
  • Négociation ouverte/fermée : Modalité d’interaction enseignant-élèves qui alterne des formes de discussion plus ou moins cadrées pour gérer l’autorité et la classe.
  • Effets de pairs : Influence des camarades sur les comportements, les pratiques et l’intégration des élèves, variable selon le niveau scolaire.

Points essentiels

  • L’acceptation d’un « chouchou » dépend du fait qu’il soit excellent et que les autres élèves ne soient pas pénalisés.
  • Au collège, les filles sont décrites comme plus enclines à accepter la proximité avec les enseignants, alors que certains garçons de milieux populaires se distancient davantage.
  • Au collège, la distanciation est associée à des incohérences perçues entre professeurs et à la culture juvénile, avec une intensité plus marquée chez des filles de milieux aisés et des élèves de milieux populaires en éti
  • Dans les collèges de banlieue, les enseignants explicitent davantage les compétences, les attentes et les consignes, avec une pédagogie plus « visible ».
  • Au lycée, la perception du « bon » enseignant se polarise : milieux aisés valorisent passion/méthode, milieux populaires valorisent la motivation, lycées professionnels décrivent une relation ambivalente liée à une forme
  • En primaire, le respect des règles de vie (lever la main, silence) est lié au respect des compétences, mais la prise de parole varie selon niveau scolaire et origine sociale (bons vs mauvais, filles vs garçons).

Astuce mémo

Chouchou = Excellent + pas de perdants ; Collège = filles proches, garçons populaires distants ; Lycée = passion (aisés) / motivation (populaires) / ambivalence (pro).

10. Métier d’élève et curriculum caché

Notions clés & Définitions

  • Chouchou et bouffon : Notions de classement informel où un élève peut passer du statut de favori à celui de bouc émissaire, avec un risque de stigmatisation.
  • Stigmatisation : Processus par lequel un élève est marqué négativement par des étiquettes sociales ou scolaires, pouvant aggraver ses difficultés et ses relations.
  • Vie scolaire : Ensemble des personnels chargés d’encadrer les élèves hors cours, notamment surveillants et CPE, pour assurer sécurité et continuité des activités.
  • Contrôle des élèves : Ensemble des actions d’encadrement et de régulation du comportement ordinaire, ainsi que du traitement des conduites deviantes ou perturbatrices.
  • Division du travail éducatif : Organisation où les tâches éducatives sont réparties entre catégories de personnels, avec des rôles et des responsabilités distincts.

Points essentiels

  • Le « contrôle des élèves » vise à réguler le quotidien (absences, désordre, dégradations) et à traiter les comportements perturbateurs.
  • La vie scolaire doit assurer la sécurité des élèves et des agents et permettre le déroulement des activités prévues par chaque fonction.
  • Le contrôle des élèves est un enjeu central du fonctionnement de l’établissement et une condition des apprentissages.
  • La division du travail éducatif distingue des tâches éducatives dites « nobles » et des tâches de « sale boulot » liées à la discipline.
  • Dans les niveaux intermédiaires, les acteurs peuvent renommer, déléguer ou dissimuler les tâches indignes pour être reconnus comme des professionnels.
  • L’encadrement horizontal (entre pairs de rôles) peut parfois mieux fonctionner qu’un encadrement frontal vertical, selon l’analyse mobilisée.

Astuce mémo

Contrôle = réguler + traiter ; Vie scolaire = sécurité + continuité ; Division du travail = nobles vs sale boulot.

11. Gestion de l’ordre scolaire et relation aux parents

Notions clés & Définitions

  • Gestion de l’ordre scolaire : Ensemble des pratiques de l’enseignant pour faire respecter le cadre de classe, en limitant les perturbations tout en préservant le respect de l’élève et de ses droits.
  • Tableau de comportements : Dispositif de suivi des conduites en classe fondé sur l’observation et le report d’informations, présenté comme un outil de responsabilisation plutôt qu’une punition.
  • Déviance secondaire : Processus par lequel l’étiquetage institutionnel transforme la transgression en identité dominante de l’élève, renforçant la stigmatisation et la limitation des possibilités d’agir.
  • Théorie de l’étiquetage : Approche sociologique selon laquelle la déviance dépend des catégories attribuées par des acteurs et des institutions, pouvant produire des effets de stigmatisation.
  • Délégation du sale boulot : Idée sociologique selon laquelle un dispositif comme le tableau externalise une partie du jugement en organisant l’observation et le report, pour réduire l’arbitraire perçu.

Points essentiels

  • La gestion de l’ordre doit respecter l’élève et ses droits, notamment sans humiliations ni atteintes à la parole, et en tenant compte du point de vue des parents.
  • Les techniques de gestion varient selon la personnalité, l’expérience et la philosophie pédagogique de l’enseignant, ce qui influence participation, implication et responsabilisation.
  • Deux profils d’enseignants sont distingués : les « provocateurs de déviances » (vision pessimiste, domestication) et les « isolateurs de déviance » (vision optimiste, réduction de la déviance).
  • Le tableau de comportements est présenté par les enseignants comme un outil objectif, basé sur l’observation, qui limite la gestion émotionnelle (moins de cris, plus de constat).
  • Le tableau est aussi justifié comme pédagogique : faire changer les comportements perturbateurs, donner un exemple dissuasif, rendre visibles les comportements attendus et valoriser les conduites positives.
  • Point de vue sociologique : le tableau fonctionne comme une délégation du jugement via l’observation et le report, ce qui donne au dispositif une apparence de transparence et de « justice » pour l’enseignant.

Astuce mémo

Tableau = Observation → Report → Responsabilisation (et moins de colère).

Repères chronologiques

DateÉvénement
2010Glaser et Strauss : démarche inductive de construction de l’objet à partir du terrain
2005Loi de 2005 sur l’égalité des droits des chances et la scolarisation/maintien des élèves handicapés
2013Loi scolaire de 2013 : terme d’« inclusion » et obligation d’inclusion scolaire sans distinction
2017Mise en place du CAPPEl (circulaire n° 2017-026) pour les pratiques de l’éducation inclusive
2018Rentrée 2018 : forte hausse des AESH (166 000 élèves accompagnés)
2019Création des PIAL (2019) et loi de 2019 « Pour une école de la confiance »
2021Enquête PISA (a 15 ans, 2021) sur satisfaction et sentiment de bien-être

Tableaux de synthèse

Écoles ordinaires : Hargreaves vs Beauvoir

ÉcoleOrganisationProfil social/ethnique
HargreavesProfesseurs seuls ou en binômeClasses moyennes à classes hautes
Beauvoir« Grande famille »Échantillon contrasté (mixité sociale et ethnique)

Orientation des élèves UPE2A : choisie vs subie

TypeDéclencheurEffet
Orientation choisieÉvaluation du travail scolaire par les acteurs de l’UPE2AFilière décidée, intégration rapide au marché de l’emploi
Orientation subieContraintes/évaluations et décisions des acteursParcours non obtenu : disqualification et orientation genrée

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre « coulisses » et « classe » : les coulisses sont tout ce qui se passe hors cours (couloirs, récréation, midi) et révèle la culture informelle.
  2. Croire que la langue vernaculaire est neutre : elle peut porter des rhétoriques morales et des jugements (racistes/sexistes) sur les usagers.
  3. Mélanger ethnographie inductive et démarche déductive : ici l’objet se construit à partir du terrain puis les thèmes émergent progressivement.
  4. Penser que l’école inclusive consiste à « intégrer » un élément extérieur : la définition de Gardou insiste sur l’adaptation de l’école, pas sur la normalisation de l’élève.
  5. Oublier le paradoxe EBEP : pour obtenir des aides, l’élève doit d’abord être catégorisé/reconnu (MDPH), ce qui peut discriminer.
  6. Réduire l’inclusion à la présence d’un AESH : le cours insiste sur l’accessibilité pédagogique et la compensation, pas seulement sur l’aide humaine.
  7. Confondre déviance et transgression : tous les actes transgressifs ne sont pas forcément déviants, et inversement, selon les catégories et la qualification des acteurs.

Checklist Examen

  1. Rappeler la structure du partiel : 2 heures, sans documents/notes, avec une partie de réponses (définitions/explications/connaissances) et une partie de réflexion à problématiser.
  2. Expliquer ce qu’est la problématisation et pourquoi l’épreuve fonctionne comme une dissertation (2 ou 3 parties, sans partir de « de nos jours/depuis quelques années »).
  3. Définir culture professionnelle informelle, langue vernaculaire et coulisses de l’enquête, puis relier ces notions à l’enquête sur l’école primaire.
  4. Décrire la démarche inductive (construction de l’objet à partir du terrain) et ce que montrent les « observations participantes » sur la normalité d’une profession.
  5. Expliquer l’approche interactionniste : comment les interactions (entre pairs et avec les usagers) produisent la culture professionnelle informelle.
  6. Définir savoirs coupables et expliquer comment ils catégorisent les usagers (origine sociale, réussite, attentes de politesse/respect/ponctualité) et produisent des hiérarchies.
  7. Présenter la résistance à la hiérarchie et les hiérarchies informelles (directeur/directrice perçu comme pair) comme mécanismes d’intégration au groupe.
  8. Expliquer l’ethnicisation des rapports scolaires : origine réelle ou supposée prioritaire, production de hiérarchies et tensions dans une école « indifférente aux différences ».
  9. Décrire les catégories d’élèves observées à Beauvoir/Louise-Michel (élèves communautaires, enfants du voyage, élèves musulmans) et les exemples associés (manuels, inscriptions, cantine/ramadan/foulard).
  10. Expliquer le changement de paradigme de l’école inclusive : adapter l’école aux élèves pour viser l’égalité, avec les lois 2005/2013/2019 et la définition de Serge Gardou.
  11. Définir EBEP, accessibilité pédagogique et compensation, puis expliquer le rôle de la MDPH et le paradoxe de la catégorisation préalable.
  12. Présenter ULIS et UPE2A comme dispositifs (classes de référence, soutien, logique d’inclusion par va-et-vient) et relier à l’enjeu d’évaluation/orientation.
  13. Expliquer l’orientation « choisie » vs « subie » dans l’enquête UPE2A et le lien avec le marché de l’emploi, y compris l’orientation genrée.
  14. Définir CAPPEl comme qualification d’enseignants spécialisés et mission de personne-ressource, puis présenter enseignant référent et suivi du PPS comme coordination autour de l’élève (continuité, transitions).

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Culture professionnelle et inclusion scolaire avec 22 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Que désigne principalement la culture professionnelle informelle dans le monde du travail enseignant ?

2. À quoi renvoie l’ethnographie inductive dans l’enquête sur les pratiques professionnelles ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Culture professionnelle et inclusion scolaire avec 22 flashcards interactives.

Culture professionnelle informelle — définition ?

Les manières implicites de penser, dire et faire entre collègues.

Langue vernaculaire — rôle ?

Vocabulaire spécifique pour parler entre initiés.

Coulisses de l’enquête — localisation ?

En dehors de la classe : couloirs, récréations, pauses.

Voir les flashcards →

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