Fiche de révision : Féminisation et inégalités en santé

Plan du Cours

  1. Féminisation des métiers sanitaires et sociaux
  2. Ségrégations verticales et horizontales
  3. Institutionnalisation du pouvoir médical
  4. État sanitaire et social
  5. Charité, philanthropie et assistance
  6. Médicalisation de la société
  7. Alcoolisme et prise en charge
  8. Drogues et gestion des addictions
  9. Inégalités sociales de santé
  10. Individualisation et pratiques de santé
  11. Accès aux soins et discriminations

1. Féminisation des métiers sanitaires et sociaux

Notions clés & Définitions

  • Professions sanitaires-sociales : Ensemble des métiers liés aux soins, au social et à l’éducation où les femmes sont très majoritaires dans les effectifs observés.
  • Féminisation persistante : Tendance durable à l’augmentation et au maintien de la part des femmes dans ces professions, sans disparition rapide de la division genrée du travail.
  • Socialisations féminines : Entraînements et valeurs socialement associées aux femmes (attention, soin, relations sociales) qui orientent aussi vers les métiers sanitaires et sociaux.
  • Assignation sexuée des tâches : Répartition des rôles professionnels organisée par le genre, attribuant plus volontiers aux femmes les fonctions compassionnelles et aux hommes des fonctions dites productives.
  • Ségrégation verticale et horizontale : Organisation du travail par genre où les hommes et les femmes n’occupent pas les mêmes niveaux hiérarchiques ni les mêmes types de tâches.

Points essentiels

  • Une étude de 2023 indique que 9/10 des professionnels sanitaires, sociaux et éducatifs sont des femmes.
  • Dans la petite enfance, la féminisation est quasi exclusive, avec seulement 2 hommes parmi 220 assistant.es maternelles.
  • En animation, la part des femmes est majoritaire (71%), tandis qu’en éducation spécialisée elle descend à 63% pour les femmes.
  • Dans l’intervention socio-éducative, la division des tâches suit souvent l’âge et le handicap: enfants plutôt avec des femmes, jeunes ados plus souvent avec des hommes; plus le public est accompagné, plus les équipes deviennent féminines.
  • Dans la santé, les femmes représentent 78% des professionnels, et la féminisation est particulièrement forte en bas de la hiérarchie (assistant.es de vie sociale 97%, aides-soignantes 90%, infirmières DE 83%).

Astuce mémo

9/10 femmes: du social à la santé, la féminisation reste forte (et au bas de la hiérarchie elle grimpe encore).

2. Ségrégations verticales et horizontales

Notions clés & Définitions

  • Ségrégation verticale : C’est une répartition hiérarchique sexuée où les hommes se retrouvent davantage aux niveaux d’encadrement et de direction que dans les fonctions d’intervention.
  • Ségrégation horizontale : C’est une répartition sexuée des tâches et des activités qui reproduit des rôles “féminins” et “masculins” selon les publics et les types de travail.
  • Fonctions d’intervention féminisées : C’est l’assignation des postes directement tournés vers l’action auprès des usagers, où les femmes sont quasi majoritaires dans les métiers du social et du sanitaire.
  • Fonctions d’encadrement masculinisées : C’est la concentration relative des hommes dans les postes de supervision, de direction et de formation, avec une promotion plus rapide vers la hiérarchie.
  • Féminisation selon les publics : C’est l’augmentation de la proportion de femmes quand l’accompagnement devient plus “global” (soin, attention, éducation, hygiène, troubles, handicap) et moins “extérieur”.

Points essentiels

  • Dans le social, les fonctions d’intervention sont quasi exclusivement féminines tandis que la présence des hommes augmente dans l’encadrement et la formation.
  • Plus on monte dans la hiérarchie, plus les hommes sont présents, avec un exemple de réussite à des jurys de 87% pour les hommes contre 65% pour les femmes.
  • Les tâches reproduisent des rôles sexués: activité sportive et ludique plus souvent confiée aux hommes, tandis que soin et attention restent plus associés aux femmes.
  • Dans la santé, les femmes représentent 78% des professionnels et la surreprésentation est plus forte en bas de l’échelle (aides-soignantes 90%, infirmières DE 83%).
  • La part des hommes double quand ils deviennent cadres (17% des hommes, 35% chez les cadres) et elle varie selon les spécialités (chirurgie orthopédique 5% de femmes, cardiologie 76% d’hommes).

Astuce mémo

Vertical = on grimpe → plus d’hommes; Horizontal = selon l’activité et l’âge/public → sport/extérieur côté hommes, soin/attention côté femmes.

3. Institutionnalisation du pouvoir médical

Notions clés & Définitions

  • Pouvoir symbolique médical : Pouvoir institutionnel permettant de définir ce qui est jugé bon ou mauvais pour la santé et d’imposer ces représentations comme évidences.
  • Monopole médical : Droit et organisation qui réservent l’exercice des soins et le discours médical à un groupe, en excluant des concurrents.
  • Institution médicale : Organisation collective qui répond à des besoins sociaux et impose des normes de conduite acceptées sans débat privé.
  • Groupement professionnel des médecins : Espace organisé formant une catégorie autonome qui conquiert une autorité, contrôle des pratiques et défend son indépendance.
  • Académie de médecine : Institution étatique chargée d’encadrer la pratique médicale et d’aider le gouvernement dans la gestion des épidémies.

Points essentiels

  • La médecine s’institutionnalise en construisant le groupement professionnel des médecins, d’abord émancipé de l’autorité religieuse puis détenteur d’un monopole des soins.
  • La loi de 1892 Chevandier sert à interdire l’exercice illégal de la médecine et à consolider ce monopole tout au long du XIXe siècle.
  • Le monopole médical produit un pouvoir symbolique en contrôlant la manière dont la réalité de la santé est représentée et jugée.
  • L’académie de médecine (1820) encadre et régule les pratiques, avec pour rôle d’assister le gouvernement dans la prolifération des épidémies.
  • Le monopole médical est présenté comme une conquête institutionnelle fondée sur la légalité et sur l’autonomie professionnelle, non comme un fait naturel.

4. État sanitaire et social

Notions clés & Définitions

  • Honte intériorisée de l’insainité : Sentiment intériorisé de ne pas être assez sain, énergique et productif, qui pousse à se conformer aux normes de santé.
  • Extension symbolique de la médecine : Extension du pouvoir symbolique des institutions médicales vers de nouveaux domaines sociaux, via la diffusion de normes et la redéfinition des problèmes.
  • Médicalisation des problèmes sociaux : Processus qui reconfigure des difficultés sociales dans un langage médical, en les faisant traiter comme des questions de santé.
  • Santé comme ressource : Définition de la santé comme capacité de réalisation physique, psychique et sociale, et non seulement absence de maladie.
  • CMU : Dispositif public présenté comme un exemple d’action de l’État plaçant la santé au cœur des politiques d’insertion et d’exclusion sociale.

Points essentiels

  • Des discours sur les comportements à risque (tabac, sucre/gras, soleil, toxicomanie) renforcent des normes nouvelles qui n’exigent plus la contrainte directe, car la honte sociale s’impose.
  • Les normes de santé créent des stigmates sociaux, notamment en associant des problèmes comme l’obésité à des figures jugées pauvres ou “sans hygiène” ou “irresponsables”.
  • La médicalisation consiste à donner un sens médical à des questions auparavant traitées autrement, ce qui étend le champ de l’institution médicale au-delà du soin stricto sensu.
  • La santé devient un levier des politiques publiques liées à l’insertion, car un manque de santé est présenté comme un handicap à l’autonomie et à l’accès aux positions sociales.
  • La définition de la santé comme ressource sert à justifier l’employabilité et l’intégration : une absence jugée liée à la santé peut être interprétée comme preuve d’“irresponsabilité” rendant la personne inemployable.

Astuce mémo

Honte + normes = stigmatisation ; santé-ressource = tri social vers l’employabilité.

5. Charité, philanthropie et assistance

Notions clés & Définitions

  • Congréganistes : Femmes employées en congrégations religieuses qui assurent des secours et, dans certains établissements, des tâches d’hospitalité puis d’assistance aux soins.
  • Congrégation : Association religieuse d’œuvres se développant à partir des années 1820, avec des sœurs travaillant dans des hôpitaux et des hospices pour les pauvres.
  • Hospitalité religieuse : Fonction d’accueil et de soutien matériel des pauvres (soigner, nourrir, loger) organisée par les sœurs, d’abord avant la médicalisation complète des lieux.
  • Secours médical gratuit : Aide financière communale qui garantit une prise en charge des honoraires de médecins pour les habitants, généralisée par la législation sociale mentionnée après 1892.

Points essentiels

  • Les sœurs des congrégations assurent l’accueil et le ravitaillement des pauvres, avec des soins non spécifiquement médicaux et un fort prosélytisme religieux, jusqu’à leur place d’auxiliaires des médecins.
  • Après le début du XIXe siècle, les hôpitaux se transforment en institutions plus médicales, les médecins y deviennent davantage présents et l’établissement sert aussi à enseigner la pratique clinique.
  • Quand une situation l’exige, les congrégations doivent suivre les prescriptions des médecins et peuvent appeler le médecin avant le prêtre pour les derniers sacrements.
  • La loi sociale évoquée impose en 1893 un secours médical gratuit à toutes les communes de France de plus de 20 habitants.
  • En 1897, 1,2 million de personnes bénéficient de cette aide, et leur nombre augmente fortement à la fin du siècle.

6. Médicalisation de la société

Notions clés & Définitions

  • Officiers de santé : Professionnels autorisés à exercer sur un territoire délimité, formés via expérience ou études médicales limitées, servant d’intermédiaires entre la population et les médecins.
  • Médecine empirique : Courant de soins fondé sur une pratique jugée efficace et souvent transmise sans cadre universitaire, qui fournit une concurrence récurrente aux médecins pendant le XIXe siècle.
  • Charlatans : Faux médecins qui imitent les signes et les manières de la médecine savante pour attirer des patients, sans offrir la même légitimité professionnelle.
  • Congréganistes infirmières : Femmes travaillant dans des établissements de secours et d’hospitalité, qui passent d’un rôle religieux auxiliaire à un rôle subordonné aux prescriptions médicales.
  • Hôpital médicalisé : Institution où l’activité devient progressivement clinique, avec une présence accrue des médecins et l’usage des patients comme support d’enseignement.

Points essentiels

  • Après la suppression des corporations (loi Le Chapelier, 1791), la loi du 18 mars 1803 encadre l’accès à la profession via des examens et crée les officiers de santé.
  • Les officiers de santé, installés surtout dans les campagnes, réduisent le monopole effectif des médecins en assurant une présence de soins là où les médecins diplômés délaissent le rural.
  • Sous le XIXe siècle, des acteurs variés (légaux et illégaux) participent à la médicalisation en renforçant le prestige des médecins, notamment grâce au rôle d’intermédiaire des officiers et à l’enseignement à l’hôpital.
  • Les congrégations religieuses transforment leur assistance en relais : elles se conforment aux prescriptions des médecins et organisent l’appel médical avant les rites religieux.
  • Les charlatans et la médecine empirique alimentent aussi la demande de soins : les premiers par imitation, les seconds par des pratiques jugées utiles dans une période où la médecine peut tuer davantage qu’elle ne soigne.
  • La loi Chevandier (1892, un siècle après 1803) vise à faire du marché des soins un espace protégé, ce qui s’accompagne de la lutte contre la concurrence des officiers et des pratiques illégales.

Astuce mémo

Chacun “fabrique” la médecine : officiers = relais rural, sœurs = relais prescrits, charlatans = imitation, empiristes = concurrence, hôpital = école clinique.

7. Alcoolisme et prise en charge

Notions clés & Définitions

  • Alcoolisme des ouvriers : L’alcoolisme est présenté comme un vice à corriger chez les classes populaires, afin de préserver l’ordre social et la santé publique.
  • Hygiénisme : L’hygiénisme est une discipline sociale et médicale qui relie l’environnement et les maladies, en imposant des normes de comportement aux classes populaires.
  • Moralisation des vices : La prise en charge vise à transformer les conduites jugées dangereuses en “bonnes valeurs”, pour produire des effets sanitaires et moraux.
  • Tempérance bourgeoise : La tempérance est décrite comme une valeur transmise aux classes populaires, utilisée pour détourner l’alcoolisme d’une conduite considérée comme déviante.

Points essentiels

  • L’hygiénisme redéfinit le sain et le malsain en associant les pauvres à l’immoralité et à la saleté à moraliser, dont l’alcoolisme fait partie des vices à détourner.
  • La propreté devient un gage de moralité, et les masses populaires doivent modifier leurs habitudes pour être conformes aux normes attendues.
  • La lutte contre l’alcoolisme passe par une proximité et un patronage moral qui cherchent à inculquer des valeurs comme la tempérance, l’autonomie et la responsabilité.
  • L’alcoolisme est traité comme un “fléau” sanitaire, donc intégré à un programme plus large de surveillance et de domestication des classes populaires.

Astuce mémo

Hygiénisme = propreté + morale : on combat l’alcoolisme comme vice à détourner vers la tempérance.

8. Drogues et gestion des addictions

Notions clés & Définitions

  • Addictologie : Le champ médical qui émerge à la fin des années 1990 pour traiter la consommation de stupéfiants dans une logique de prise en charge, après l’essor d’un secteur de contrôle.
  • Loi du 31 décembre 1970 : La loi votée le 31 décembre 1970 en France institutionnalise l’encadrement pénal et sanitaire des stupéfiants et formalise leur double qualification.
  • Double qualification malade et délinquant : La consommation de stupéfiants est définie à la fois comme une violation de la norme de santé et de la norme pénale, visant des personnes considérées comme malades et délinquants.
  • Monopole médical et militaire : Le contrôle de la marihuana repose sur un monopole détenu par le médical et le militaire plutôt que sur une prohibition simple de la consommation.
  • Loi du 1916 sur les substances vénéneuses : La loi de juillet 1916 établit une interdiction formelle des substances vénéneuses, dans un contexte lié à un traité international sur les stupéfiants.

Points essentiels

  • La consommation de stupéfiants est traitée comme un fait à la fois sanitaire et pénal, ce qui place les consommateurs dans une double catégorie de malades et de délinquants.
  • La loi votée le 31 décembre 1970 (L627) fixe ce cadre juridique et pénalise la consommation de stupéfiants dans le code de santé publique.
  • Le contrôle de la marihuana ne fonctionne pas comme une prohibition globale : il repose sur un monopole détenu par le médical et le militaire.
  • La mise en place du dispositif se fait par une double institutionnalisation, d’abord judiciaire à visée répressive puis de façon plus marquée dans l’espace de santé à la fin des années 1990 avec l’addictologie.
  • La loi de juillet 1916 interdit formellement les substances vénéneuses, en lien avec un traité international sur les stupéfiants associé à Shanghai et au trafic de l’opium.
  • Avant les dispositifs plus larges, le suivi policier concerne surtout la cocaïne dans les milieux de la pègre, de la prostitution et des cabarets.

Astuce mémo

Malade ET délinquant : la même loi fait coexister santé et prison.

9. Inégalités sociales de santé

Notions clés & Définitions

  • Inégalités sociales de santé : Phénomène où la santé varie fortement selon la position sociale, avec des différences d’espérance de vie et de qualité de vie.
  • Espérance de vie : Indicateur qui estime le nombre moyen d’années vécues avant décès, utilisé ici pour comparer des groupes sociaux.
  • Incapacités liées à la santé : Situation où l’état de santé limite les capacités au quotidien, dont l’ampleur dépend aussi du niveau social.
  • Déterminants comportementaux : Ensemble des habitudes de vie dont les effets sur la mortalité et les maladies sont mesurés par les savoirs scientifiques.
  • Tabagisme ouvrier : Niveau plus élevé de consommation de tabac observé chez les ouvriers, associé à davantage de cancers du poumon.

Points essentiels

  • Un cadre supérieur vit en moyenne jusqu’à 45 ans sans problème de santé, contre 37 ans pour un ouvrier, soit un écart d’environ 10 ans d’espérance de vie.
  • Les ouvriers passent plus de vie avec des incapacités, car une espérance de vie plus courte s’accompagne de plus de complications présentes tout au long de la vie.
  • Les savoirs scientifiques évaluent l’impact d’habitudes comme l’alcool, les drogues et le surpoids sur la mortalité et les maladies.
  • Les consommations quotidiennes de tabac sont beaucoup plus élevées chez les ouvriers et coïncident avec une mort plus fréquente par cancer du poumon.
  • La qualité de vie des Français est décrite comme plus basse que dans d’autres pays européens, avec une cause non détaillée ici.

Astuce mémo

45/37 : l’écart d’espérance de vie se traduit par plus d’années avec incapacités.

10. Individualisation et pratiques de santé

Notions clés & Définitions

  • Individualisation de la santé : Approche où la santé devient davantage pilotée par l’individu, présenté comme libre et responsable de ses choix.
  • Responsabilité individuelle OMS : Orientation de l’OMS visant à faire des personnes des acteurs de leur santé, par des comportements suivis comme tabac, poids et alcool.
  • Intériorisation des normes : Mécanisme par lequel les pratiques de santé sont intériorisées lors de la socialisation et prennent la forme de conduites collectives.
  • Socialisation à la douleur : Ensemble de normes apprises qui organise la manière dont les groupes valorisent ou évitent la douleur et la consultation médicale.
  • Rapport au corps genré : Façon socialement apprise de percevoir et exprimer le corps, avec des attentes différenciées dès l’enfance entre garçons et filles.

Points essentiels

  • L’individualisation déplace le gouvernement de la santé vers des formes de contrôle social intériorisées, renforcées par l’école et la gestion individuelle du corps.
  • Les pratiques de santé se comprennent comme des pratiques collectives qui rejouent des normes, même quand elles semblent relever d’un choix personnel.
  • Les classes populaires associent parfois la résistance à la douleur au bon état de santé, ce qui peut retarder la consultation.
  • Le rapport au corps féminin est davantage orienté vers l’expression, l’attention et le suivi périodique, notamment en gynécologie.
  • En France, la CMU-C (complémentaire santé gratuite) est mise en place en 2000 pour permettre l’accès aux soins via une aide complémentaire sous conditions de revenus.
  • Les refus et difficultés d’accès aux soins peuvent varier selon les profils, notamment selon le type de couverture (ACSS versus mutuelle) et la présence d’inégalités économiques ou numériques.

11. Accès aux soins et discriminations

Notions clés & Définitions

  • Renoncement aux soins : Le renoncement aux soins correspond au fait de ne pas consulter malgré le besoin, souvent lié à des contraintes économiques et sociologiques.
  • CMU-C : La CMU-C est une complémentaire santé gratuite créée en 2000 pour permettre l’accès aux soins aux personnes aux ressources modestes.
  • Complémentaire santé solidaire : La complémentaire santé solidaire regroupe des aides permettant aux personnes sous le seuil de pauvreté d’accéder à une couverture complémentaire.
  • ACSS : L’ACSS est une couverture liée à la consommation de soins qui peut provoquer davantage de refus par rapport à une mutuelle selon le texte.
  • Racisation clinique : La racisation clinique désigne le fait de transformer des catégories sociales ou raciales en différences présentées comme biologiques dans la prise en charge.

Points essentiels

  • Les personnes les plus modestes renoncent plus souvent aux soins pour des raisons économiques et sociologiques, pas seulement par choix individuels.
  • En médecine générale, le texte indique 1 refus discriminatoire sur 10.
  • Les bénéficiaires de l’ACSS obtiennent plus souvent des refus de soins que ceux ayant une mutuelle.
  • Le texte décrit des discriminations racistes qui influencent la crédibilité accordée au patient et la rapidité de prise en charge.
  • Les inégalités de soins se construisent à l’intersection du genre, de la race et de la classe, avec des symptômes et interprétations traduits différemment selon les groupes.
  • La relation médecin-patient combine une asymétrie de pouvoir et un consentement, et repose sur l’observance du patient, ce qui peut moduler l’accès aux soins expérimentaux.

Astuce mémo

Accès aux soins = (crédibilité du patient) × (interprétation clinique), biaisés par classe, race et genre.

Repères chronologiques

DateÉvénement
19 Janvier 2026Début de la séance 1 : introduction générale sur la surreprésentation des femmes dans le sanitaire et le social
1791Loi Le Chapelier : suppression des corporations
18 mars 1803Loi du 18 mars 1803 : rétablissement/encadrement des monopoles via les examens et création des officiers de santé
1820Académie de médecine : encadre et régule les pratiques, assiste le gouvernement pour les épidémies
1892Loi Chevandier : interdiction de l’exercice illégal de la médecine et consolidation du monopole
1893Secours médical gratuit : obligation pour toutes les communes de plus de 20 habitants
18971,2 million de bénéficiaires du secours médical gratuit
1916Loi de juillet 1916 : interdiction formelle des substances vénéneuses
31 décembre 1970Loi (L627) : encadrement pénal et sanitaire des stupéfiants, double qualification
fin des années 1990Émergence/essor de l’addictologie comme espace de prise en charge

Tableaux de synthèse

Féminisation : social vs santé

SecteurPart des femmes (repère)Logique dominante
Santé78% des professionnelsSégrégations verticale/horizontale ; forte présence en bas de la hiérarchie (assistantes de vie sociale 97%, aides-soignantes 90%, infirmières DE 83%)
Sanitaire-social-éducatif9/10Féminisation persistante ; fonctions compassionnelles plus féminisées et montée hiérarchique plus masculine
Petite enfancequasi exclusivitéSecteurs de garde/assistant·es maternel·les très majoritairement féminins (2 hommes sur 220 assistant·es maternel·les)
Éducation spécialisée63%Féminisation moins marquée que dans d’autres métiers sociaux (vs 71% en animation)

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre ségrégation verticale et horizontale : la première est hiérarchique, la seconde porte sur la répartition des tâches selon genre et publics.
  2. Inverser le sens : « plus on monte dans la hiérarchie, plus les hommes sont présents » ne signifie pas que les femmes dominent l’encadrement.
  3. Mélanger loi Le Chapelier (1791) et loi du 18 mars 1803 : la première supprime les corporations, la seconde encadre l’accès via examens et crée des officiers de santé.
  4. Croire que la loi Chevandier (1892) instaure un monopole « naturel » : le cours insiste sur la légalité et la construction institutionnelle.
  5. Oublier la double qualification malade/délinquant : en 1970, la consommation de stupéfiants relève à la fois de la norme de santé et de la norme pénale.
  6. Réduire l’hygiénisme à la propreté : dans le cours, il associe propreté/saleté à moralisation et stigmatisation des pauvres.
  7. Confondre individualisation et disparition du social : le cours dit que les pratiques de santé restent des pratiques collectives, intériorisées via la socialisation.

Checklist Examen

  1. Définir « professions sanitaires-sociales », « féminisation persistante » et « socialisations féminines » et relier la féminisation aux valeurs et à l’assignation de tâches.
  2. Expliquer la ségrégation verticale et donner le repère « plus on monte dans la hiérarchie, plus les hommes sont présents » (y compris le taux de réussite aux jurys).
  3. Expliquer la ségrégation horizontale et illustrer par l’intervention socio-éducative (âge/handicap : enfants vs pré-ados/ados ; activités sportives extérieures vs soin/attention).
  4. Comparer sanitaire et social sur la base des repères chiffrés (petite enfance, animation, éducation spécialisée ; santé : 78% et bas de hiérarchie).
  5. Présenter l’institutionnalisation du pouvoir médical : monopole médical, pouvoir symbolique, et le rôle du groupement professionnel des médecins et de l’Académie de médecine (1820).
  6. Citer et distinguer les lois clés de l’espace des soins au XIXe : 1791 (Le Chapelier), 18 mars 1803 (officiers de santé), 1892 (Chevandier) et leurs effets sur la concurrence.
  7. Décrire comment l’État sanitaire et social se construit à partir de la charité/philanthropie : « charité légale », hygiénisme/domestication, et peur sanitaire/politique des « classes dangereuses ».
  8. Expliquer l’extension du pouvoir symbolique : médicalisation des problèmes sociaux, honte intériorisée de l’insainité, et définition de la santé comme « ressource » liée à l’employabilité (CMU).
  9. Exposer la médicalisation de la société et la logique de biopolitique (Foucault) : médicaliser, réguler, normaliser, et illustrer avec l’alcoolisme (répression → prise en charge).
  10. Présenter la gestion des addictions : 1970 (L627) et la double qualification, 1916 (substances vénéneuses), puis le déplacement vers l’addictologie à la fin des années 1990.
  11. Expliquer les inégalités sociales de santé : repère 45/37, rôle des déterminants comportementaux (tabagisme ouvrier), et comment la relation médecin-patient produit des différences (crédibilité/interprétation).
  12. Décrire l’individualisation de la santé (OMS/ responsabilité individuelle), puis les socialisations à la douleur et le rapport au corps genré, et relier aux dispositifs d’accès (CMU-C/complémentaire santé solidaire/ACSS) et aux discriminations (dont racisation clinique).

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Féminisation des métiers sanitaires

Majorité féminine dans les professions de santé et social.

Professions sanitaires-sociales

Métiers liés aux soins, très fémininisés.

Ségrégations verticales — définition ?

Répartition hiérarchique sexuée, hommes en haut.

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