Le profil gramscien de l’hégémonie explique la popularité du concept à la fin des années 1940, lorsque l’Europe attribue son salut à la puissance américaine face à la menace stalinienne.
Robert Gilpin décrit les États-Unis comme un « benign leader », c’est-à-dire un meneur bienveillant qui veille sur le monde et contient les crises.
Domination américaine, acceptation des dominés
★ À maîtriser
L’hégémonie américaine n’a jamais été absolue, notamment parce que le système international comprend un « tiers monde » et des formes diversifiées de puissance.
Trois mutations érodent progressivement la capacité hégémonique américaine :
Compléments
Diversification, perte militaire, mondialisation
★ À maîtriser
Compléments
De 1945 à 1949, les États-Unis, seuls détenteurs de l’arme atomique, s’imposent comme l’ultime décideur du système international.
En 1949, l’URSS devient la deuxième puissance nucléaire, ce qui instaure une hégémonie partagée et conflictuelle structurée par le modèle des camps.
Quasi-hégémonie → rivalité → cogérance → unipolarité → apolarité → fragmentation
★ À maîtriser
De 1945 à 1949, l’hégémonie asymétrique est la phase la plus proche de l’idéal hégémonique, car l’URSS ne peut pas encore rivaliser avec les États-Unis sur le plan nucléaire.
De 1949 à 1967, l’hégémonie de rivalité correspond aux moments les plus durs de la guerre froide, marqués par une parité nucléaire contestée et par les crises de Budapest en 1956 et de Cuba en 1959.
En 1967, la rencontre de Glassboro entre Brejnev et Johnson inaugure l’hégémonie de cogérance et la coexistence pacifique.
Compléments
Asymétrie nucléaire → rivalité → cogérance
★ À maîtriser
De 1991 à 1995, la chute de l’URSS nourrit l’illusion d’une hégémonie américaine parfaite et d’un système unipolaire sans restrictions.
La Tempête du désert de 1991 accrédite l’idée d’un gendarme mondial américain sans rival, tandis que les conflits de Yougoslavie et d’Irak révèlent rapidement les limites de cette hégémonie.
📌 Les présidences de Bush, Obama et Trump correspondent respectivement à une posture néoconservatrice, à une hégémonie légère fondée sur le multilatéralisme et à une posture néonationaliste privilégiant « America first ».
Compléments
Chute de l’URSS → illusion unipolaire → érosion → fracture
★ À maîtriser
Depuis 2016, la mondialisation relativise l’attractivité de Washington et l’interdépendance limite la portée de l’alignement, ce qui favorise un système international fragmenté.
Les États-Unis sont devenus un « super-contestataire » en critiquant le multilatéralisme onusien, l’OTAN et la mondialisation qu’ils avaient contribué à susciter au sommet de leur hégémonie.
📌 Comme le concert européen de 1815, l’hégémonie américaine repose sur une tension entre cogestion et domination, ainsi qu’entre légitimité partagée par le multilatéralisme et domination unilatérale.
Compléments
Légitimité multilatérale versus domination unilatérale
Les six systèmes internationaux depuis 1945
| Période | Système | Caractéristique |
|---|---|---|
| 1945-1949 | Quasi hégémonique | Les États-Unis sont seuls détenteurs de l’arme atomique |
| 1949-1967 | Hégémonie partagée et conflictuelle | L’URSS devient la deuxième puissance nucléaire |
| 1967-1991 | Hégémonie de cogérance | Coexistence pacifique après Glassboro |
| 1991-1995 | Système unipolaire | Illusion d’une hégémonie parfaite |
| Jusqu’en 2016 | Système apolaire | Alignements relâchés et prédominance américaine |
| Depuis 2016 | Système fragmenté | Nationalisme et fragmentation |
Teste tes connaissances sur Hégémonie américaine et systèmes internationaux avec 9 questions à choix multiples et corrections détaillées.
1. Que signifie le concept d’hégémonie en relations internationales ?
2. Quelle conception de la puissance américaine Robert Gilpin associe-t-il à l’expression « benign leader » ?
Mémorisez les concepts clés de Hégémonie américaine et systèmes internationaux avec 10 flashcards interactives.
Que désigne l'hégémonie selon sa définition principale ?
Une domination acceptée de manière ambiguë et parfois contrainte.
Pourquoi l’hégémonie américaine n’a-t-elle jamais été absolue ?
Parce que le système international comprend un « tiers monde » et des formes diversifiées de puissance.
Quelles mutations érodent la capacité hégémonique américaine ?
La diversification des registres de puissance, la perte d’efficacité militaire et le brouillage par la mondialisation.
Importe ton cours et l'IA génère fiches, QCM et flashcards en 30 secondes.
Générateur de fiches