Fiche de révision : Initiation à la RT-qPCR

Plan du Cours

  1. PCR classique et PCR en temps réel
  2. Matrice, rétrotranscription et fluorescence
  3. Amorces et taille des amplicons
  4. Température de fusion et hybridation
  5. Cycles et appareillage de la PCR
  6. Contrôle de spécificité par fusion
  7. Courbes d’amplification et Ct
  8. Quantification absolue et efficacité
  9. Quantification relative et normalisation
  10. Applications et interprétation des résultats

1. PCR classique et PCR en temps réel

★ À maîtriser

📌 La PCR classique est analysée en point final par électrophorèse sur gel d’agarose, tandis que la PCR en temps réel suit la fluorescence cycle après cycle.

Compléments

  • La PCR classique renseigne notamment sur la présence ou l’absence de produit, sa taille et le nombre d’amplicons, ce qui contribue à évaluer la spécificité de la PCR.

  • La PCR classique est présentée comme semi-quantitative pour moins de 15 à 20 cycles, alors que la qPCR est l’application quantitative principale de la PCR en temps réel.

Astuce mémo

Le gel donne un résultat final ; l’optique suit la fluorescence cycle après cycle.

2. Matrice, rétrotranscription et fluorescence

★ À maîtriser

  • La matrice de la PCR doit être de l’ADN ; si l’échantillon initial contient de l’ARN, une étape de rétrotranscription est nécessaire avant la PCR.

  • Pour une RT-PCR ou une RT-qPCR à partir d’ARN, l’ARN est rétrotranscrit en ADNc, puis l’ADNc sert de matrice à la PCR.

  • La PCR en temps réel nécessite les réactifs de la PCR classique, une molécule fluorescente et un thermocycleur muni d’un module optique.

Compléments

  • Les principaux types d’ARN cités dans la préparation sont :
    • ARNm
    • ARNr
    • ARNt

📌 La PCR amplifie une cible d’ADN, tandis que la RT-PCR et la RT-qPCR comportent une étape préalable de rétrotranscription lorsque l’échantillon de départ est de l’ARN.

  • Les molécules fluorescentes présentées sont les sondes TaqMan, aussi appelées sondes d’hydrolyse, et les agents qui se lient à l’ADN double brin, comme SYBR Green.

3. Amorces et taille des amplicons

Notions clés & Définitions

  • Amorce : Court fragment d’acide nucléique, d’ARN ou d’ADN, généralement obtenu par synthèse chimique et utilisé comme amorce en PCR ou comme sonde en hybridation.

★ À maîtriser

  • Une PCR utilise un couple de deux amorces, une amorce Forward et une amorce Reverse, qui encadrent le fragment d’ADN à amplifier.

  • Pour la RT-qPCR, le cours recommande des amorces de 20 à 25 nucléotides, une teneur en GC de 40 à 60 % et un Tm proche de 65 °C.

Compléments

  • Pour la RT-qPCR, le cours recommande une taille d’amplicon comprise entre 50 et 200 pb.

📌 Pour limiter l’amplification d’ADN génomique contaminant dans un échantillon d’ARN, le cours propose de placer les amorces dans des exons séparés par un intron, afin que l’amplicon issu de l’ADNg soit plus long que celui issu de l’ADNc, ou que l’amplicon génomique dépasse 1000 pb.

  • Dans l’exercice du cours, les amorces proposées sont Forward 5’-ATGCAGGAATGCAAACGC-3’ et Reverse 5’-CTAGCTGACTACGCCGCC-3’, pour un amplicon de 261 pb calculé comme (482−222)+1.

4. Température de fusion et hybridation

Notions clés & Définitions

  • Température de fusion : Température correspondant à l’équilibre où 50 % des molécules d’ADN sont sous forme simple brin et 50 % sous forme double brin.

★ À maîtriser

  • La température d’hybridation des amorces est réglée à environ 5 °C sous la moyenne des Tm des deux amorces.

Compléments

  • La dénaturation ou fusion de l’ADN correspond à la séparation des deux brins de la double hélice par rupture des liaisons hydrogène.

  • Pour des fragments d’ADN de moins de 18 à 20 résidus, comme les amorces, le cours donne la formule Tm=2(A+T)+4(G+C)Tm = 2(A+T)+4(G+C).

  • Le Tm dépend de la composition en bases de l’ADN.

  • Le Tm des fragments de plus de 35 résidus, comme les amplicons, est déterminé expérimentalement ou par calcul thermodynamique.

5. Cycles et appareillage de la PCR

★ À maîtriser

  • La PCR classique comprend trois étapes répétées : dénaturation à 95 °C, hybridation des amorces à Thyb, puis élongation à 72 °C avec l’ADN polymérase et les dNTP.

Compléments

  • La Taq polymérase est une ADN polymérase thermorésistante dont la température optimale d’activité indiquée dans le cours est 72 °C.

  • Le programme de PCR en temps réel présenté commence par un Hot Start qui active l’ADN polymérase, puis comprend 40 cycles d’amplification en deux étapes.

  • La PCR classique est réalisée dans un thermocycleur, tandis que la PCR en temps réel utilise un thermocycleur muni d’un module optique pour enregistrer la fluorescence.

Astuce mémo

Dénaturation, hybridation, élongation : le cycle classique en trois temps.

6. Contrôle de spécificité par fusion

★ À maîtriser

  • Avec SYBR Green ou EvaGreen, la fluorescence émise est proportionnelle à la quantité d’ADN double brin produite.
  • Les courbes de fusion ou de dissociation sont mesurées après les cycles de PCR, pendant une étape post-PCR où la température du bloc chauffant augmente progressivement, afin de déterminer le Tm des amplicons.

📌 Les courbes de fusion sont obtenues à la fin des cycles et uniquement lorsque la réaction utilise des agents liant l’ADN double brin ; elles servent à vérifier la spécificité de la PCR.

Compléments

  • Des amplicons non spécifiques ou des dimères d’amorces peuvent produire des pics ou des épaulements supplémentaires sur les courbes de fusion.

  • Un produit PCR pur peut présenter un pic de fusion correspondant à un Tm de 80 °C dans l’exemple du cours.

  • Les dimères d’amorces peuvent être particulièrement visibles dans les puits NTC, c’est-à-dire sans matrice, et peuvent disparaître dans les puits Unknown contenant les échantillons à tester.

  • Le cours associe les pics ou épaulements attribués aux dimères d’amorces à un Tm d’environ 70 à 76 °C.

7. Courbes d’amplification et Ct

Notions clés & Définitions

  • Ct : Nombre de cycles nécessaires pour que la courbe d’amplification atteigne le seuil de fluorescence ; il correspond à l’abscisse du point d’intersection entre la courbe et le seuil.

★ À maîtriser

📌 À seuil de fluorescence identique, un Ct plus élevé indique une quantité initiale de matrice plus faible, car davantage de cycles sont nécessaires pour atteindre le seuil.

  • Les courbes d’amplification servent à estimer la quantité initiale de matrice N₀ à partir du Ct et de la fluorescence mesurée au cours des cycles.

Compléments

  • La PCR classique est analysée à la fin de la réaction, tandis que la PCR en temps réel permet de visualiser l’amplification du cycle 1 au cycle 40 dans l’exemple du cours.

Astuce mémo

Moins de matrice initiale → davantage de cycles avant le seuil → Ct plus élevé.

8. Quantification absolue et efficacité

★ À maîtriser

📐 Formule - La loi d’amplification de la PCR s’écrit Nn=N0(1+E)nN_n=N_0(1+E)^n, où N₀ est la quantité initiale de cible, E l’efficacité et n le nombre de cycles.

📐 Formule - Pour une efficacité E égale à 1, soit 100 %, la loi d’amplification devient Nn=N02nN_n=N_0 2^n.

  • La quantification absolue consiste à enregistrer une courbe d’amplification, positionner un seuil de fluorescence, déterminer le Ct correspondant, puis estimer N₀ à partir de l’équation d’amplification et de l’efficacité E.

📐 Formule - Pour une droite standard de pente p, l’efficacité est calculée par E=10−1/p−1E=10^{-1/p}-1 ; une pente de −3,32 correspond à E = 1, soit 100 % d’efficacité.

Compléments

  • Une droite standard absolue est construite à partir de dilutions en cascade d’une matrice de quantité initiale connue, puis en reliant les Ct expérimentaux au logarithme de N₀.

  • Le cours indique comme intervalle d’efficacité acceptable 0,85<E<1,050{,}85<E<1{,}05.

  • Dans l’exemple de droite standard absolue, les dilutions de matrice connue sont réalisées en cascade au 1/10, et la quantité de référence No1 est arbitrairement définie à 1.

  • Dans l’exemple de droite standard relative, les dilutions de l’échantillon sont réalisées en cascade au 1/5 et les quantités représentées sont 1, 0,2, 0,04 et 0,008.

9. Quantification relative et normalisation

Notions clés & Définitions

  • Gène de référence : Gène dont l’expression est constitutive et dont l’ADNc sert de cible REF pour normaliser la quantité de GOI ; le cours cite l’actine, GAPDH et la tubuline comme exemples.
  • Échantillon calibrateur : Échantillon auquel tous les autres échantillons sont comparés lors de la quantification relative normalisée.

★ À maîtriser

📐 Formule - Pour comparer deux échantillons à efficacité E, le rapport des quantités initiales est N01N02=(1+E)Ct2−Ct1\frac{N_{01}}{N_{02}}=(1+E)^{Ct_2-Ct_1}.

📐 Formule - Lorsque E = 1, le rapport des quantités initiales devient N01N02=2Ct2−Ct1\frac{N_{01}}{N_{02}}=2^{Ct_2-Ct_1}.

📐 Formule - Si les efficacités du GOI et du REF sont égales à 1, la quantité normalisée vérifie N0,GOIN0,REF=2−ΔCt\frac{N_{0,GOI}}{N_{0,REF}}=2^{-\Delta Ct}, où ΔCt=CtGOI−CtREF\Delta Ct=Ct_{GOI}-Ct_{REF}.

📐 Formule - Avec l’échantillon 2 comme calibrateur et des efficacités égales à 1, la méthode comparative de Livak calcule le rapport normalisé par 2−ΔΔCt2^{-\Delta\Delta Ct}, où ΔΔCt=ΔCt1−ΔCt2\Delta\Delta Ct=\Delta Ct_1-\Delta Ct_2. - KJ Livak, Methods, 2001

📌 La méthode des droites standards conserve les valeurs mesurées des efficacités EGOI et EREF, tandis que la méthode comparative de Livak suppose EGOI = EREF = 1.

Compléments

  • Pour Ct₁ = 10 et Ct₂ = 15, avec une efficacité de 100 %, l’échantillon 1 contient 32 fois plus de GOI que l’échantillon 2.

  • La comparaison relative sans normalisation ne tient pas compte des différences de quantité totale de matériel analysé, qui peuvent notamment résulter d’erreurs de pipetage.

📐 Formule - Si les efficacités du GOI et du REF sont égales, la normalisation d’un échantillon vérifie N0,GOIN0,REF=(1+E)CtREF−CtGOI\frac{N_{0,GOI}}{N_{0,REF}}=(1+E)^{Ct_{REF}-Ct_{GOI}}.

  • Lorsque EGOI et EREF sont différents, le cours présente une méthode de quantification relative utilisant les efficacités estimées par des droites standards.

  • Dans les représentations graphiques décrites, la quantification relative du contrôle est normalisée à 1 ; une valeur RQ supérieure à 1 indique une augmentation d’expression et une valeur inférieure à 1 une diminution.

  • Les appellations utilisées pour les résultats relatifs sont :

    • Relative expression
    • Relative quantification (RQ)
    • Fold change (FC)
    • Ratio
  • La méthode de quantification relative attribuée à Pfaffl est associée dans le cours à NAR, 2001. - MW Pfaffl

10. Applications et interprétation des résultats

Points essentiels

  • La qPCR permet une application quantitative, notamment la quantification de transcrits par RT-qPCR, en estimant la quantité initiale de la cible d’intérêt dans un échantillon.

  • La PCR en temps réel peut être utilisée qualitativement pour rechercher et détecter des mutations ou des SNP dans des échantillons d’ADN.

Tableaux de synthèse

PCR classique et PCR en temps réel

AspectPCR classiquePCR en temps réel
AnalysePoint finalCycle après cycle
AppareillageThermocycleurThermocycleur avec module optique
Résultat principalPrésence, taille et nombre d’ampliconsQuantification par courbe d’amplification
Contrôle de spécificitéÉlectrophorèse sur gelCourbe de fusion si agent liant l’ADN double brin

Teste tes connaissances

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1. Comment diffèrent le suivi de la PCR classique et celui de la PCR en temps réel ?

2. Quelle méthode est principalement utilisée pour quantifier une amplification, et dans quelles conditions la PCR classique est-elle décrite comme semi-quantitative ?

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Comment la PCR classique et la PCR en temps réel sont-elles analysées ?

La PCR classique est analysée en point final par électrophorèse sur gel d’agarose, tandis que la PCR en temps réel suit la fluorescence cycle après cycle.

De quelle molécule la matrice d’une PCR doit-elle être constituée ?

D’ADN.

En quoi l’ARN est-il rétrotranscrit avant une RT-PCR ou une RT-qPCR ?

En ADNc.

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