📋 Plan du Cours
- Définition et questionnement de la biogéographie
- Biodiversité : définition, mesures et état
- Diversité bêta et turn-over entre communautés
- Régions d’endémisme et zones de conservation
- Facteurs biogéographiques : abiotiques et géographiques
- Capacité de croissance et régulation des effectifs
- Stratégies démographiques r et k
- Niche écologique : tolérance et aire potentielle
- Aire de distribution réalisée : interactions biotiques
- Types d’interactions : compétition, prédation, parasitisme
- Adaptations et mécanismes évolutifs
- Changements globaux et menaces sur la biodiversité
📖 1. Définition et questionnement de la biogéographie
🔑 Notions clés & Définitions
- Biogéographie : La biogéographie est l’étude de la répartition géographique des êtres vivants et des causes qui la façonnent dans le temps et l’espace.
- Biodiversité : La biodiversité désigne la diversité du vivant à plusieurs niveaux, des gènes aux espèces, jusqu’aux écosystèmes et aux complexes écologiques.
- Motifs spatiaux et temporels : Les motifs spatiaux et temporels sont les régularités observées dans la distribution des espèces selon la localisation et l’évolution dans le temps.
- Régions biogéographiques : Les régions (ou provinces) biogéographiques sont des zones distinctes où les compositions en espèces diffèrent entre elles.
- Biogéographie écologique : La biogéographie écologique étudie la répartition des espèces en lien avec leurs interactions, leurs conditions de vie et leurs niches.
📝 Points essentiels
- La répartition des espèces à la surface du globe n’est pas aléatoire, ce qui motive une analyse de son organisation.
- La biogéographie combine description et analyse des distributions, puis recherche des facteurs et processus responsables.
- Les motifs étudiés portent à la fois sur l’espace (où) et sur le temps (quand).
- La biogéographie est décrite comme une forme de (macro)écologie, centrée sur la distribution des espèces à grande échelle.
- La diversité n’est pas distribuée aléatoirement : la richesse en taxons suit un gradient latitudinal avec davantage de taxons sous les tropiques en milieu terrestre.
- Les espèces se répartissent en régions biogéographiques délimitées, avec des compositions différentes entre régions.
💡 Astuce mémo
Non-aléatoire = Motifs (où + quand) → Facteurs (écologie, histoire, humains).
📖 2. Biodiversité : définition, mesures et état
🔑 Notions clés & Définitions
- Communauté d’espèces : Une communauté est l’ensemble de populations d’espèces différentes en interaction qui coexistent au même endroit et sur la même durée.
- Écosystème : Un écosystème regroupe des organismes vivants ou morts en interaction avec un environnement défini par des facteurs comme le climat, le sol et l’eau.
- Diversité alpha : La diversité alpha correspond au nombre d’espèces présentes dans une communauté donnée.
- Diversité bêta : La diversité bêta mesure la différence d’espèces entre deux communautés, aussi appelée turn-over.
- Diversité écosystémique : La diversité écosystémique désigne la variété des écosystèmes et des relations entre organismes et environnement à différentes échelles.
📝 Points essentiels
- Un écosystème est décrit comme un système en équilibre dynamique : sa structure, son fonctionnement et sa résilience restent relativement stables tandis que ses composantes peuvent changer.
- La biodiversité se répartit à plusieurs niveaux : entre espèces, entre écosystèmes et aussi au niveau génétique.
- On a décrit environ 2 millions d’espèces, avec environ 18 000 descriptions nouvelles par an, pour un total estimé entre 8 et 10 millions d’espèces dans le monde.
- En France, 186 883 espèces animales et végétales sauvages différentes ont été recensées.
- En France, l’EuroMétropole recense 3 587 espèces animales dans l’atlas mentionné.
- Les manques de connaissance concernent notamment les micro-organismes et les parasites, avec des ordres de grandeur de biomasse aérienne 1,5 T/ha et souterraine 25 T/ha.
💡 Astuce mémo
Alpha = nombre dans une communauté ; Bêta = différence entre communautés (turn-over).
📖 3. Diversité bêta et turn-over entre communautés
🔑 Notions clés & Définitions
- Bilan hydrique du sol : Le bilan hydrique du sol est la différence entre les apports en eau et les pertes liées à l’évapotranspiration et à l’évaporation de surface.
- Espèces xérophiles : Les espèces xérophiles sont des plantes adaptées à des conditions sèches, où l’eau disponible est limitée.
- Espèces hygrophiles : Les espèces hygrophiles sont des plantes adaptées à une humidité proche de la saturation, dans le sol ou dans l’air.
- Étages de végétation : Les étages de végétation sont des bandes altitudinales correspondant à des macroécosystèmes distincts, avec des communautés végétales différentes.
- Facteurs édaphiques : Les facteurs édaphiques regroupent les propriétés du sol qui déterminent la végétation et, indirectement, les communautés animales.
📝 Points essentiels
- En climat méditerranéen, le bilan hydrique devient déficitaire en été à cause du pouvoir évaporant élevé de l’air.
- La répartition saisonnière des précipitations au cours de l’année influence fortement la composition des communautés végétales.
- Les espèces xérophiles incluent par exemple Thymus vulgaris et des plantes de milieux arides, avec des convergences évolutives comme épines et tissus succulents chez des groupes distincts.
- Les espèces hygrophiles vivent dans des conditions proches de la saturation et incluent des exemples comme des épiphytes de forêts ombrophiles et des plantes de marais (Cypéracées, Typha, Phragmites).
- En montagne, la température diminue d’environ 0,55ºC tous les 100 m, ce qui réduit la saison de croissance d’environ 7 jours.
- Les étages collinéens à nival correspondent à des macroécosystèmes distincts, avec des amplitudes d’environ 600–700 m par étage pour les chaînes eurosibériennes mentionnées dans le cours.
💡 Astuce mémo
Sécheresse = Xéro (X) ; Humidité = Hydro (H) ; Altitude = Température ↓ → Saison de croissance ↓.
📖 4. Régions d’endémisme et zones de conservation
🔑 Notions clés & Définitions
- Biogéographie insulaire : La biogéographie insulaire étudie comment la richesse et la composition en espèces varient selon l’isolement et la taille des îles.
- Théorie de la biogéographie des îles : La théorie de la biogéographie des îles relie richesse spécifique et équilibre dynamique entre immigration et extinction.
- Effet éloignement : L’effet éloignement décrit la baisse du taux d’immigration quand une île est plus distante du continent.
- Effet surface : L’effet surface décrit la baisse du taux d’extinction quand une île est plus grande.
- Défaunation par fumigation au méthylbromide : La défaunation par fumigation au méthylbromide consiste à éliminer des arthropodes d’îlots pour mesurer ensuite la recolonisation.
📝 Points essentiels
- La colonisation des îles océaniques peut être relativement rapide, ce qui contredit l’idée d’un simple « musée du passé » géologique.
- La richesse en espèces résulte d’un équilibre dynamique entre taux d’immigration et taux d’extinction, avec une composition qui change même si le nombre total reste proche d’un niveau d’équilibre.
- Dans le modèle, l’éloignement du continent diminue le nombre d’espèces nouvelles arrivant sur l’île (taux d’immigration).
- Dans le modèle, la surface de l’île diminue le nombre d’espèces disparaissant (taux d’extinction).
- L’équilibre est testé expérimentalement via la défaunation de communautés d’arthropodes sur six îlots de mangrove en Floride, puis le suivi de la recolonisation.
- Des tests montrent que l’effet « surface » sur la richesse dépend du groupe : il est marqué chez certains vertébrés (ex. lézards, mammifères) mais pas chez d’autres (ex. plantes, oiseaux).
💡 Astuce mémo
Éloignement = moins d’arrivées ; Surface = moins de disparitions ; Équilibre = immigration ↔ extinction.
📖 5. Facteurs biogéographiques : abiotiques et géographiques
🔑 Notions clés & Définitions
- Facteurs abiotiques : En écologie, ce sont les conditions physiques et chimiques du milieu qui influencent la survie et la reproduction des espèces.
- Facteurs géographiques : En biogéographie, ce sont les caractéristiques spatiales (isolement, surface, relief, etc.) qui structurent la répartition des espèces.
- Histoire biogéographique : En biogéographie, c’est l’ensemble des événements géologiques et évolutifs qui ont façonné la distribution actuelle des espèces.
- Aire potentielle de distribution : En biogéographie, c’est la zone que l’espèce pourrait occuper si ses capacités (notamment croissance, dispersion et tolérance) sont compatibles avec le milieu.
- Capacité de dispersion : En écologie, c’est l’aptitude d’un individu ou d’éléments (graine, pollen, spore, œuf…) à se déplacer et à être transportés sur des distances variables.
📝 Points essentiels
- Les facteurs abiotiques incluent notamment le climat (température, eau) et les composantes du terrain (topographie, sol, géologie).
- Les facteurs géographiques incluent notamment l’isolement et la surface, qui conditionnent la possibilité d’occuper et de maintenir des populations.
- L’histoire biogéographique combine des causes géologiques et évolutives qui expliquent pourquoi certaines espèces sont présentes ou absentes à des endroits précis.
- L’aire potentielle de distribution dépend de la compatibilité entre milieu et capacités de l’espèce, notamment croissance, dispersion et tolérance écologique.
- La dispersion est un processus local qui produit des effets à plus grandes échelles spatiales et temporelles.
- La dispersion se distingue d’une migration cyclique car elle correspond à un déplacement sans retour systématique.
💡 Astuce mémo
Abiotiques = conditions du milieu (climat + sol/relief) ; Géographiques = “carte” (isolement + surface) ; Histoire = passé géologique/évolutif ; Dispersion = transport sans retour.
📖 6. Capacité de croissance et régulation des effectifs
🔑 Notions clés & Définitions
- Capacité de croissance : La capacité de croissance correspond à la performance d’une espèce pour survivre, grandir et se reproduire dans un environnement donné.
- Régulation des effectifs : La régulation des effectifs regroupe les mécanismes qui limitent ou maintiennent la taille des populations au fil du temps.
- Dispersion : La dispersion est le déplacement des individus ou propagules après la naissance pour trouver de nouveaux lieux de reproduction.
- Tolérance écologique : La tolérance écologique décrit la capacité d’une espèce à survivre et performer sur un intervalle de conditions environnementales.
- Aire potentielle de distribution : L’aire potentielle de distribution est l’espace où les conditions permettent à l’espèce d’exister d’après ses capacités écologiques.
📝 Points essentiels
- La dispersion sert à trouver un lieu de reproduction après la naissance, à l’échelle d’un individu et aussi à l’échelle d’une espèce.
- Les modes de dispersion incluent la zoochorie (dispersion par les animaux), l’endozoochorie (transport interne) et l’autochorie (dispersion par la plante elle-même).
- La dispersion influence la distribution spatiale via le front de dispersion, observable par marquage et recapture.
- Exemple chiffré : l’étourneau sansonnet a été relâché à 161 individus et a parcouru ~4000 km en 60 ans, soit ~67 km/an.
- Les facteurs biogéographiques qui déterminent l’aire de distribution incluent la capacité de croissance, la dispersion et la tolérance écologique, avec une aire potentielle liée aux conditions abiotiques et une aire de d
- La niche écologique correspond à la « place » occupée par une espèce selon ses exigences physiques, chimiques et biologiques à un instant donné.
💡 Astuce mémo
Croissance = survivre+grandir+se reproduire ; Dispersion = trouver un nouveau site ; Tolérance = survivre sur un intervalle de conditions.
📖 7. Stratégies démographiques r et k
🔑 Notions clés & Définitions
- Stratégie r : Stratégie démographique caractérisée par une reproduction rapide et de nombreux descendants, souvent avec une survie individuelle plus faible.
- Stratégie K : Stratégie démographique caractérisée par une reproduction plus lente, moins de descendants, et une survie individuelle plus élevée près de la capacité du milieu.
- Capacité de charge K : Niveau maximal de population qu’un milieu peut soutenir durablement, compte tenu des ressources disponibles.
- Sélection r/K : Cadre de comparaison reliant le type de reproduction et de survie aux conditions environnementales et à la densité.
📝 Points essentiels
- La stratégie r est favorisée quand le milieu est instable ou imprévisible, car la reproduction rapide augmente les chances de coloniser tôt.
- La stratégie K est favorisée quand le milieu est stable et que la population est souvent proche de la capacité de charge, ce qui favorise la survie et l’investissement parental.
- À mesure que la densité augmente, la compétition pour les ressources tend à rendre la dynamique plus proche d’une logique K.
- Les deux stratégies décrivent des tendances démographiques, pas des catégories strictes : une espèce peut combiner des traits r et K.
- Les conditions biotiques (compétition, prédation, parasitisme) et abiotiques (climat, eau, sol) modulent la pression de sélection vers r ou vers K.
💡 Astuce mémo
r = rapide et nombreux (milieu instable) ; K = proche de la capacité, survie élevée (milieu stable).
📖 8. Niche écologique : tolérance et aire potentielle
🔑 Notions clés & Définitions
- Tolérance écologique : La tolérance écologique désigne l’intervalle de conditions dans lequel une espèce peut survivre et se reproduire.
- Aire potentielle : L’aire potentielle correspond à l’espace où les conditions permettent la survie d’une espèce, sans tenir compte des interactions biotiques.
- Interactions biotiques : Les interactions biotiques regroupent les effets entre espèces (prédation, compétition, etc.) qui modifient abondance et répartition.
- Espèce clé de voûte : Une espèce clé de voûte est une espèce dont l’influence sur l’écosystème reste forte malgré une abondance parfois faible.
- Cascade trophique : Une cascade trophique est une série d’effets en chaîne déclenchée par la modification d’un niveau trophique, souvent via la prédation.
📝 Points essentiels
- Entre deux espèces, une interaction biotique peut augmenter ou diminuer l’abondance et la distribution de l’autre espèce.
- Dans une communauté, les interactions positives ou négatives entre organismes contribuent au maintien de la biodiversité.
- À l’échelle de l’écosystème, les interactions biotiques structurent son fonctionnement global.
- La prédation peut limiter les surpopulations et influencer la diversité et la distribution des espèces.
- Le retrait des grands prédateurs peut provoquer une perturbation en cascade touchant plusieurs niveaux de la communauté.
- Le loup à Yellowstone a été chassé de 1872 à 1930, éradiqué en 1926, puis réintroduit en 1995 avec un succès rapporté par des travaux sur les 15 premières années après réintroduction.
💡 Astuce mémo
Tolérance = “fenêtre de survie”, Aire potentielle = “où ça marche sans voisins”, Interactions biotiques = “ce qui change la carte”.
📖 9. Aire de distribution réalisée : interactions biotiques
🔑 Notions clés & Définitions
- Plasticité phénotypique adaptative : La plasticité phénotypique adaptative est une adaptation non génétique qui modifie rapidement et réversiblement le phénotype d’un individu selon l’environnement.
- Mésange charbonnière : La mésange charbonnière est un oiseau étudié pour sa capacité à ajuster la date de ponte en réponse à l’émergence des chenilles.
- Niche originelle : La niche originelle est l’ensemble des conditions où une espèce pourrait vivre d’après ses exigences, avant les changements climatiques et spatiaux.
- Niche réalisée : La niche réalisée est la portion effectivement occupée par une espèce dans l’espace, une fois les contraintes biotiques et abiotiques prises en compte.
- Dette climatique : La dette climatique est l’écart entre la réponse attendue d’une espèce face au changement climatique et sa réponse réellement observée en dispersion ou adaptation.
📝 Points essentiels
- La plasticité phénotypique permet un réajustement de l’organisme aux conditions environnementales changeantes au cours de la vie, sans modification génétique.
- Chez la mésange charbonnière (Parus major), la synchronie ponte–émergence des chenilles est maintenue par un ajustement précis de la date de ponte via la plasticité.
- Depuis 1960 au Royaume-Uni, les dates d’émergence des chenilles et de ponte des œufs ont avancé d’environ 2 semaines.
- Pour les oiseaux et les papillons, Devictor et al. (2012) quantifient un retard (dette) climatique de 212 km et 135 km respectivement entre 1990 et 2008.
- Les aires de répartition des plantes se déplacent en moyenne vers les pôles d’environ 6.1 km par décennie, et l’altitude moyenne remonte d’environ 10 à 12 m par décennie.
- Les espèces peuvent suivre l’évolution des niches potentielles, mais la niche originelle peut devenir défavorable entre-temps, ce qui réduit la niche réalisée.
💡 Astuce mémo
Synchronie = ponte qui avance quand les chenilles avancent (plasticité) ; Retard = dette climatique (km).
📖 10. Types d’interactions : compétition, prédation, parasitisme
🔑 Notions clés & Définitions
- Compétition interspécifique : Interaction entre espèces qui exploitent des ressources communes, ce qui réduit la croissance ou la survie de l’une et de l’autre.
- Prédation : Interaction où un organisme (prédateur) capture et consomme un autre organisme (proie), entraînant une mortalité chez la proie.
- Parasitisme : Interaction où un parasite vit aux dépens d’un hôte, en tirant des ressources qui diminuent la performance de l’hôte.
- Hôte : Organisme qui héberge un parasite et lui fournit des ressources, ce qui conditionne l’impact du parasitisme.
- Ressource limitante : Ressource disponible en quantité insuffisante pour toutes les espèces, qui devient le facteur principal de la compétition.
📝 Points essentiels
- La compétition se manifeste quand deux espèces utilisent la même ressource, et l’augmentation d’une espèce peut réduire la réussite de l’autre.
- La prédation crée une pression de mortalité directe sur les proies, ce qui peut modifier leur répartition et leur abondance.
- Le parasitisme agit via un prélèvement de ressources et/ou des effets sur l’hôte, entraînant une baisse de condition, de croissance ou de reproduction.
- La compétition, la prédation et le parasitisme sont des interactions biotiques qui peuvent structurer les communautés en modifiant survie et reproduction.
- Les effets d’une interaction dépendent du contexte (disponibilité des ressources, densité des espèces, conditions environnementales).
- Comparaison : compétition vs prédation vs parasitisme — compétition = partage de ressources, prédation = consommation de la proie, parasitisme = exploitation de l’hôte sans forcément le tuer immédiatement.
💡 Astuce mémo
Compétition = « je prends la même ressource », Prédation = « je mange », Parasitisme = « je vis aux dépens de ».
📖 11. Adaptations et mécanismes évolutifs
🔑 Notions clés & Définitions
- Plantes mésophiles : Plantes tolérant une large gamme d’éclairement, capables de vivre en plein soleil comme à l’ombre.
- Plantes sciaphiles : Plantes exigeant une faible lumière, incapables de survivre avec des éclairements proches de 100%.
- Succession végétale : Suite d’étapes de colonisation et de remplacement des communautés végétales au cours du temps dans un même milieu.
- Culture climax : Stade final d’une succession végétale, dominé par une communauté stable dite climacique.
- Anthropocène : Période récente où les activités humaines deviennent un moteur majeur de l’évolution de la distribution des espèces.
📝 Points essentiels
- Les stades d’une succession peuvent aller d’une garrigue rase à une colonisation par les pins d’Alep, après un stade de digestion mentionné dans l’exemple.
- Les plantes mésophiles peuvent vivre en plein lumière ou à l’ombre, par exemple au bord de chemin forestier avec des espèces comme serpolet, colchique ou dactyle.
- Les plantes sciaphiles se rencontrent dans des milieux à faible lumière comme couverts forestiers denses, ubacs ou fentes de rochers, avec des espèces comme anémone des bois et lamier ainsi que de nombreuses mousses et f
- Les stades intermédiaires d’une succession sont souvent les plus riches en espèces et en biomasse, tandis que l’équilibre du climax est décrit comme métastable (oscillant autour de valeurs d’équilibre).
- La stabilisation absolue du climax est contestée, et des dynamiques post-climax peuvent maintenir une diversité élevée.
- Après déracinement (chablis), la création de niches ensoleillées favorise la régénération naturelle et des espèces pionnières, mais la forêt peut être fragilisée en bordure où le vent agit davantage et l’enracinement est
💡 Astuce mémo
Lumière → Mésophile = “OK partout”, Sciaphile = “ombre obligatoire” ; Succession → “intermédiaire = jackpot espèces” ; Anthropocène = “humains = moteur”.
📖 12. Changements globaux et menaces sur la biodiversité
🔑 Notions clés & Définitions
- Changements globaux : Ensemble de transformations à grande échelle des milieux, liées surtout aux activités humaines, qui modifient la biodiversité et le fonctionnement des écosystèmes.
- Effet de serre : Processus naturel où des gaz atmosphériques retiennent une partie du rayonnement infrarouge, ce qui réchauffe la surface terrestre.
- Albédo : Propriété des surfaces qui mesure leur capacité à réfléchir l’énergie solaire entrante, influençant directement le bilan énergétique de la Terre.
- Cycle biogéochimique : Circulation des éléments (azote, carbone, eau, etc.) entre l’atmosphère, les organismes et les milieux, qui structure la productivité et la chimie des écosystèmes.
- Surexploitation : Prélèvement d’une ressource plus vite que son renouvellement naturel, entraînant une baisse des populations et parfois des effondrements.
📝 Points essentiels
- Sans effet de serre, la Terre serait beaucoup plus froide (≈ -19 °C en moyenne) au lieu des ≈ +15 °C actuels, donc peu habitable.
- Les gaz responsables de l’effet de serre incluent surtout la vapeur d’eau et le CO2, présents dans l’atmosphère.
- La contribution anthropique à l’effet de serre est dite mineure mais problématique car elle renforce l’effet de serre et explique les changements récents du climat.
- L’albédo moyen de la Terre est d’environ 30%, et les surfaces claires (neige, désert) réfléchissent davantage que les surfaces sombres.
- Le changement climatique est présenté comme un réchauffement « sans équivoque » et lié aux activités humaines via l’augmentation des gaz à effet de serre.
- Le réchauffement observé est d’environ +1,26 °C par rapport à 1850-1900, et les hausses futures sont comparées à +4 à +6 °C entre périodes glaciaires et interglaciaires, mais cumulatives dans le temps.
💡 Astuce mémo
Effet de serre = couverture de gaz; Albédo = miroir des surfaces (clair = renvoie, sombre = absorbe).
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 28 janvier | Début des 5 séances de cours magistraux (CM1) |
| 4 mars | Fin des 5 séances de cours magistraux (CM1) |
| 1963 | Théorie de la biogéographie des îles (MacArthur & Wilson) |
| 1970 | Défaunation par fumigation au méthylbromide et suivi de la recolonisation (Simberloff & Wilson) |
| 1872 | Chasse du loup à Yellowstone (début) |
| 1930 | Chasse du loup à Yellowstone (fin) |
| 1926 | Éradication du loup à Yellowstone |
| 1995 | Réintroduction du loup à Yellowstone |
| 1960 | Avancée d’environ 2 semaines des dates d’émergence/ponte (mésange charbonnière, UK) |
| 1990 | Début de la période utilisée pour la dette climatique (oiseaux/papillons) |
📊 Tableaux de synthèse
Biogéographie écologique vs historique
| Type | Ce qu’elle étudie | Échelle/objectif |
|---|
| Écologique | Répartition en fonction des interactions, conditions de vie, niches et composantes de l’environnement | Sous-discipline de l’écologie (grandes échelles) |
| Historique | Répartitions actuelles expliquées par événements anciens et parenté entre espèces | Sous-discipline de la systématique et de la géographie physique (grandes échelles) |
Niche potentielle vs niche réalisée
| Concept | Définition | Ce qui la contraint |
|---|
| Niche originelle | Ensemble des conditions où une espèce pourrait vivre d’après ses exigences, avant changements climatiques et spatiaux | Avant contraintes (climat/spatial) |
| Niche réalisée | Portion effectivement occupée par une espèce une fois contraintes biotiques et abiotiques prises en compte | Contraintes biotiques + abiotiques |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre diversité alpha (nombre d’espèces dans une communauté) et diversité bêta (différence/turn-over entre communautés).
- Croire que la biogéographie explique seulement “où” les espèces vivent : elle étudie aussi les motifs temporels (“quand”).
- Mélanger aire potentielle et niche : l’aire potentielle dépend des capacités (croissance/dispersion/tolérance) et des conditions abiotiques, tandis que la niche est la “place” multidimensionnelle à un instant donné.
- Interpréter la stratégie r/K comme des catégories strictes : le cours insiste sur un continuum et la possibilité de traits combinés.
- Dire que la dispersion est une migration cyclique : la dispersion correspond à un déplacement sans retour systématique.
- Penser que la niche originelle = niche réalisée : la niche réalisée est réduite/transformée par les contraintes biotiques et abiotiques.
- Croire que la théorie île-continent suppose un “musée du passé” uniquement : le cours montre une colonisation relativement rapide et un équilibre immigration–extinction.
✅ Checklist Examen
- Définir la biogéographie et répondre à la question “pourquoi la répartition n’est pas aléatoire ?” en citant motifs spatiaux et temporels.
- Expliquer le lien biodiversité–niveaux (génétique, spécifique, écosystémique) et donner la définition CBD (article 2, RIO 1992).
- Donner les mesures de diversité : diversité alpha (α) et diversité bêta (β/turn-over), et ce que permet de cartographier la bêta-diversité.
- Relier climat et turn-over : bilan hydrique du sol (apports–pertes), xérophiles vs hygrophiles, et l’effet de la saisonnalité des précipitations.
- Expliquer l’influence de l’altitude et des étages de végétation : baisse d’environ 0,55ºC/100 m et réduction de la saison de croissance d’environ 7 jours.
- Décrire les effets topographiques : adret/ubac, rain shadow, et l’idée de microclimats en montagne.
- Présenter la biogéographie insulaire : théorie (immigration–extinction), effet éloignement et effet surface, et l’équilibre dynamique (composition change).
- Expliquer la validation expérimentale : défaunation par fumigation au méthylbromide sur six îlots et suivi de la recolonisation.
- Lister les 4 types de facteurs biogéographiques (abiotiques, géographiques, biotiques, histoire) et préciser ce que fait l’histoire biogéographique.
- Définir aire potentielle de distribution et capacité de dispersion, puis distinguer dispersion et migration cyclique.
- Expliquer la capacité de croissance et la régulation des effectifs : passage d’une croissance exponentielle à une dynamique logistique vers la capacité (K).
- Décrire les stratégies démographiques r et K : conditions favorables (milieu instable vs stable) et idée de continuum.
- Définir tolérance écologique, aire potentielle et interactions biotiques, puis donner l’exemple Yellowstone (dates et cascade trophique).
- Expliquer niche originelle vs niche réalisée et le rôle des contraintes biotiques/abiotiques, avec l’exemple mésange charbonnière (plasticité) et la notion de dette climatique (oiseaux/papillons).
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