Fiche de révision : Introduction à la criminologie sociale

Plan du Cours

  1. Criminologie comme phénomène social
  2. Paradigmes criminologiques
  3. Criminologie critique et radicale
  4. Statistiques criminelles et mesure du risque
  5. De la discipline au contrôle
  6. Extensions féministes et crimes des puissants
  7. Interactionnisme symbolique et étiquetage
  8. Criminologie culturelle
  9. Victimologie, abolitionnisme et justice réparatrice
  10. Paradigme classique et théories rationnelles
  11. Explications biologiques et psychologiques
  12. Explications sociologiques et psychosociales

1. Criminologie comme phénomène social

Notions clés & Définitions

  • Criminologie : La criminologie est une science des sciences humaines qui décrit et comprend des situations et réactions sociales liées à des comportements jugés problématiques, sans but normatif.
  • Double objet de la criminologie : Le double objet désigne l’étude des situations problématiques comme phénomènes sociaux et l’étude de la réaction sociale à ces situations, incluant normes et effets.
  • Réaction sociale : La réaction sociale est l’ensemble des réponses par lesquelles la société tente de prévenir ou résoudre des conflits et d’exercer un contrôle sur des comportements perçus comme problématiques.
  • Contrôle social : Le contrôle social regroupe les mécanismes par lesquels des groupes influencent ou corrigent les conduites, de manière informelle entre proches à une action officielle de l’État.

Points essentiels

  • Le sujet de la criminologie ne se limite pas à la personne criminelle ou à la criminalité : elle étudie aussi la réaction de la société et l’application des normes.
  • La réaction sociale se place sur un continuum allant du contrôle social informel au contrôle social formel, avec des formes intermédiaires.
  • Le contrôle social informel repose sur des influences souvent implicites entre personnes liées (famille, amis, voisins, collègues).
  • Le contrôle social formel est exercé de façon organisée par l’État via des institutions chargées de faire respecter des règles (police, parquet, tribunaux).
  • La criminalisation primaire est le processus de définition de ce qui devient problématique ou punissable : qui décide, pourquoi et comment.
  • La criminalisation secondaire porte sur l’application concrète des normes (et leurs effets), incluant aussi les conséquences voulues et non voulues.

Astuce mémo

Deux volets pour comprendre : situations problématiques + réaction sociale (avec normes et effets).

2. Paradigmes criminologiques

Notions clés & Définitions

  • Paradoime criminologique : Un cadre de pensée qui oriente les questions posées, ce qui est jugé pertinent et la façon de comprendre et expliquer les phénomènes étudiés en criminologie.
  • Paradoime positiviste : Un ensemble de théories qui part du droit pénal pour étudier le comportement criminel, en traitant largement la définition juridique de la criminalité comme un point de départ.
  • Paradoime classique : Une orientation positiviste fondée sur l’idée d’un individu rationnel, responsable de ses choix, et sur la prévention de la criminalité par l’action du droit pénal.
  • Paradoime étiologique : Une orientation positiviste qui cherche les causes du comportement délinquant sans remettre en question le rôle du droit pénal comme base des catégories.
  • Paradoime constructiviste : Un ensemble de théories qui voit la délinquance comme une construction sociale, et étudie surtout la définition et la réaction sociale envers les comportements jugés problématiques.

Points essentiels

  • Un paradigme guide les recherches en déterminant ce qui est considéré comme problème et ce qui est laissé hors question, parfois sans que les chercheurs en aient conscience.
  • Une « révolution » au sens de Thomas Kuhn correspond à un changement de paradigme quand une nouvelle théorie rompt avec les cadres de pensée existants, notamment dans les années 1960-1970 en criminologie.
  • Le positivisme traite la criminalité comme largement définie par le droit pénal, ce qui fait que le cadre légal est peu ou pas interrogé pour expliquer le comportement.
  • Le paradigme classique postule un individu rationnel à libre arbitre, et propose de réduire la criminalité via des lois claires et des peines dissuasives.
  • Le paradigme étiologique exige une théorie centrée sur la recherche de causes du comportement délinquant, défini par la loi, sans remise en cause de la création et de l’application des normes.
  • Le constructivisme (dit aussi critique) considère la délinquance et la déviance comme des constructions sociales, donc l’analyse porte sur la définition des normes et la réaction, en incluant l’écart entre primaire criminalisation et secondaire criminalisation.

Astuce mémo

Classique = choix rationnel + dissuasion; Étiologique = causes sans toucher à la loi; Constructiviste = délinquance construite + définition et réaction.

3. Criminologie critique et radicale

Notions clés & Définitions

  • Criminologie radicale : Approche marxiste qui voit le droit pénal comme un outil de contrôle social au service de la classe dominante plutôt que comme une réponse neutre au crime.
  • Criminologie critique : Approche structuraliste et conflictuelle qui étudie comment le droit pénal, dans son contenu et son application, reflète et renforce des rapports de pouvoir.
  • Définition du crime par le pouvoir : Idée selon laquelle les groupes dominants influencent fortement ce qui est qualifié de criminel et comment cette qualification est imposée par le système pénal.
  • Pakkans : Notion désignant la probabilité d’être contrôlé, appréhendé et enregistré, qui dépend notamment de la visibilité et du contexte social.

Points essentiels

  • La criminologie radicale part du principe que le droit n’est pas neutre et naît de conflits entre groupes aux intérêts divergents, la classe dominante obtenant une plus grande capacité à imposer la définition du criminel.
  • Pour la criminologie radicale, le droit pénal agit comme instrument de contrôle social et tend à préserver des rapports de pouvoir et de propriété; Marx illustre cela par la pénalisation, en 1842, du ramassage de bois par les pauvres.
  • La théorie de Rusche et Kirchheimer relie la sévérité des peines à la structure économique: quand le travail est rare, les peines sont en général plus douces, et quand l’emploi est abondant et le chômage élevé, elles deviennent plus strictes.
  • La criminologie critique met au centre la criminalisation primaire (ce qui devient punissable) et secondaire (la manière dont le système s’applique), en analysant la sélection et la non-neutralité des pratiques.
  • The New Criminology (1973) avance que la criminalité est un processus social et politique, et que l’étiquetage et la réaction sociale déterminent une partie du passage à la déviance et au pénal.
  • Dans l’étude de Chambliss sur les Saints et les Roughnecks, des conduites comparables mènent à une pakkans différente car les rapports sociaux influencent la visibilité, les interactions avec la police et, au final, l’arrestation.

4. Statistiques criminelles et mesure du risque

Notions clés & Définitions

  • Nouvelle pénologie : Approche pénale où l’on traite moins la culpabilité individuelle et davantage le pilotage de groupes à risque via des outils statistiques et des profils.
  • Profils de risque : Outils de catégorisation utilisés pour attribuer à une personne un niveau de risque, afin de guider des décisions policières et judiciaires.
  • Penale rationaliteit : Logique de fond qui structure la façon dont une société conçoit la peine, ses finalités et la manière dont les personnes sont visées.
  • Culture du contrôle : Conception selon laquelle la sécurité devient une valeur dominante, rendant la surveillance et la gestion du risque socialement normales.

Points essentiels

  • À partir des années 1980, le raisonnement pénal se déplace d’une finalité de réinsertion vers la gestion de risques et la protection contre des dommages futurs.
  • La nouvelle pénologie privilégie des bases de données, des modèles statistiques et des profils de risque pour gérer des catégories plutôt que des individus.
  • Feeley et Simon décrivent un transfert vers des techniques de gestion du risque, où l’individu est traité comme porteur d’une catégorie de risque.
  • Garland soutient que les politiques pénales ne dépendent pas uniquement des chiffres objectifs de la criminalité, car des tensions sociales et politiques donnent aussi une légitimité au durcissement.
  • Foucault souligne que le savoir criminologique n’est pas neutre, car il produit des catégories (comme dangereux) qui soutiennent et légitiment des choix de justice pénale.
  • Cohen et Garland rapprochent l’extension du contrôle du “net widening”, où de nouvelles mesures peuvent accroître la portée de la surveillance au lieu de la réduire.

Astuce mémo

Nouvelle pénologie = “classer plutôt que rééduquer” (profils de risque et bases statistiques pour piloter le contrôle).

5. De la discipline au contrôle

Notions clés & Définitions

  • Égalité formelle : Une situation où les règles paraissent neutres dans leur texte, sans garantir que leur application produise les mêmes effets pour tous.
  • Criminalisation primaire : Processus par lequel certains faits sont définis comme infractions, parfois uniquement partiellement ou via des voies autres que le droit pénal.
  • Criminalisation secondaire : Processus par lequel, même quand des faits sont punissables, des acteurs puissants évitent ou réduisent réellement poursuites et sanctions.
  • Crimes des puissants : Idée selon laquelle des atteintes graves dues à des personnes ou organisations puissantes peuvent être moins visiblement criminalisées ou moins sévèrement sanctionnées.
  • Immunité pénale : Situation où la puissance (économique, politique ou institutionnelle) permet d’échapper en pratique à la pleine responsabilité dans le système pénal.

Points essentiels

  • La critique féministe montre que, même avec des lois gender-neutral, les normes sociales peuvent influencer l’interprétation des faits et donc l’égalité réelle dans la sanction.
  • Dans les crimes des puissants, la question centrale passe de la surreprésentation des “faibles” à la sous-représentation des “puissants” malgré des dommages importants.
  • Sutherland (White Collar Crime, 1949) observe qu’aux États-Unis, des fraudes et corruptions de grandes entreprises étaient souvent connues des contrôles mais traitées plus doucement que la criminalité “classique”.
  • La criminalisation primaire peut être contournée quand des pratiques nuisibles sont gérées surtout par des sanctions administratives, du droit civil ou des autorités de régulation plutôt que par des condamnations pénales.
  • La criminalisation secondaire peut reposer sur la complexité des faits (difficile attribution de la faute) et sur des ressources juridiques permettant de retarder, négocier ou éviter un procès.
  • La conséquence générale est un glissement vers une “immunité” pratique : moins de contrôle effectif et moins de sanctions lourdes pour les acteurs disposant de pouvoir et de moyens.

Astuce mémo

Primaire = définir; Secondaire = échapper (punissable sur papier, non sanctionné en pratique).

6. Extensions féministes et crimes des puissants

Notions clés & Définitions

  • Crime d’État : Idée que l’État ne se contente pas d’appliquer la loi, mais peut aussi être impliqué dans des pratiques illégales ou dommageables.
  • Intersectionnalité en criminologie : Approche qui relie les rapports de pouvoir liés au genre et aux autres différences pour comprendre comment la criminalisation et la responsabilité sont distribuées.

Points essentiels

  • Stanley Cohen montre que des États peuvent non seulement punir, mais aussi être impliqués dans des pratiques illégales ou nuisibles, jusqu’à 57 cas recensés par son analyse.
  • L’analyse de Cohen insiste sur les mécanismes d’occultation : les violations des droits peuvent être niées, minimisées ou justifiées.
  • Penny Green et Tony Ward développent l’idée en étudiant comment les institutions étatiques peuvent contribuer à la violence, à la corruption ou aux atteintes systématiques aux droits.
  • L’extension féministe maintient la même question centrale : qui a le pouvoir de définir la criminalité, qui est contrôlé et puni, et qui peut éviter une responsabilité malgré des dommages importants.
  • Cette approche rend visible l’imbrication entre droit pénal, criminalisation et rapports de pouvoir liés au genre, à l’intersectionnalité, à la puissance économique et à la puissance étatique.

Astuce mémo

Pouvoir définit la faute : quand l’État et les dominants nomment, les autres trinquent.

7. Interactionnisme symbolique et étiquetage

Notions clés & Définitions

  • Victim blaming : Le victim blaming désigne l’attribution d’une responsabilité au vécu du/de la victime dans le crime dont elle est victime.
  • Secondaire victimisation : La secondaire victimisation correspond au fait d’être de nouveau victime après la première atteinte, à cause des réactions des institutions ou des professionnels.
  • Idéal victim : L’idéal victim désigne le profil de victime le plus facilement reconnu comme « vraie victime » par la société, selon des stéréotypes partagés.

Points essentiels

  • La secondaire victimisation désigne un second traumatisme produit par la prise en charge (police, médecins, juges, avocats, assurances) quand la personne n’est pas crue ou pas correctement informée.
  • Martin Symonds introduit le concept en 1980 en reliant la vulnérabilité des victimes en état de choc à la manière dont les institutions interagissent avec elles.
  • Le modèle de l’idéal victim explique que la reconnaissance sociale du statut de victime dépend de caractéristiques perçues comme « faibles » et d’un contexte jugé « respectables », tandis que des éléments comme la relation avec l’auteur ou l’alcool rendent la reconnaissance moins évidente.
  • Dans le cas des violences sexuelles, l’étiquetage peut passer par des questions interprétées comme une mise en cause (« Pourquoi étais-tu là ? », « As-tu bu de l’alcool ? »), ce qui peut transformer la procédure en nouvelle source de souffrance.
  • Le concept d’idéal victim montre aussi que les victimes « concurrencent » pour l’attention et la crédibilité, certaines situations correspondant mieux aux attentes dominantes.
  • Mike Maguire étudie en 1980, à partir d’entretiens avec plus de 300 victimes d’une effraction en Angleterre interrogées 4 à 10 semaines après les faits, des besoins dépassant les dommages matériels.

Astuce mémo

Symonds : choc puis institutions = « seconde claque »; Christie : stéréotype décide qui est « vraie victime ».

8. Criminologie culturelle

Notions clés & Définitions

  • Reintegrative shaming : Notion d’interactionnisme centrée sur une réprobation qui vise la réintégration sociale, pas uniquement la condamnation.
  • Changing Lenses : Concept associé à Howard Zehr : changer de regard sur le crime pour passer d’une logique de faute et de peine à une logique de dommage et de relations.

Points essentiels

  • La réponse sociale doit pousser le délinquant à reconnaître le tort causé afin de soutenir la réintégration dans la communauté.
  • Le crime est traité comme un événement qui produit un dommage, et la réaction attendue vise d’abord la réparation de ce dommage sur les plans matériels, psychologiques et relationnels.
  • Howard Zehr propose une autre “lentille” d’analyse du crime : le focus devient le dommage infligé aux personnes et aux relations plutôt que la simple violation d’une loi.
  • Le cadre oriente les pratiques vers trois questions : qui a subi le tort, quels besoins en découlent, et qui peut assumer la responsabilité pour réparer au mieux.

Astuce mémo

Shaming réparateur = faute reconnue + lien social reconstruit (condamner pour réintégrer).

9. Victimologie, abolitionnisme et justice réparatrice

10. Paradigme classique et théories rationnelles

Notions clés & Définitions

  • Défense sociale : Approche pénale fondée sur l’idée que la délinquance dépend aussi des caractéristiques de la personne, donc la réponse vise protection et traitement plutôt qu’une culpabilité pure.
  • Libération conditionnelle : Mesure où des condamnés peuvent sortir plus tôt s’ils respectent des conditions fixées, introduite dans le contexte de la défense sociale en 1888.
  • Criminalité et personnalité : Courant explicatif liant le passage à l’acte à des traits psychologiques relativement stables, tels que des déséquilibres internes ou des types de personnalité.
  • Théorie du cycle de vie : Modèle distinguant des trajectoires délinquantes temporaires à l’adolescence et des trajectoires plus persistantes dès l’enfance, dues à une interaction facteurs biologiques et environnement.

Points essentiels

  • En défense sociale, la responsabilité pénale est partiellement relativisée et la justice se réoriente vers la protection de la société et le traitement du délinquant plutôt que la seule punition.
  • La libération conditionnelle est introduite en 1888, permettant une sortie anticipée des condamnés sous conditions.
  • Pour les personnes non imputables, des internements peuvent être décidés pour une durée indéterminée afin d’assurer un traitement.
  • La théorie du PEN d’Hans Eysenck décrit trois dimensions de personnalité (psychoticisme, extraversion/introversion, névrosisme), et la délinquance résulte d’une combinaison de ces dimensions plutôt que d’un seul trait.
  • Chez Jean Pinatel, la conduite criminelle procède d’un processus progressif centré sur une « noyau-personnalité criminel », sans différence absolue entre délinquants et non-délinquants mais avec une différence de degré.
  • Terrie Moffitt distingue des délinquances liées à l’adolescence (maturity gap, souvent décroissantes) et des délinquances persistantes (début précoce), étudiées via des études longitudinales dont un suivi de plus de 1000 enfants en Nouvelle-Zélande.

Astuce mémo

Légitime→défense : 1888 sort tôt, internement sans limite; PERSONNALITÉ (PEN/Pinatel) puis TRAJECTOIRE (Moffitt).

11. Explications biologiques et psychologiques

Notions clés & Définitions

  • Socialisation : Concept désignant l’apprentissage par l’individu, au fil de ses expériences sociales, des manières de faire, de penser et de justifier ses actes.
  • Association différentielle : Idée selon laquelle la délinquance s’apprend par le contact avec autrui, lorsque les définitions favorables à l’infraction l’emportent sur celles qui la condamnent.
  • Théorie de la contrôle social : Approche expliquant la délinquance par la solidité des liens sociaux, qui freinent l’acte lorsque les normes sont insuffisamment internalisées.
  • Fragilité sociale : Concept décrivant une vulnérabilité produite par une accumulation d’expériences négatives dans plusieurs institutions, pouvant renforcer une trajectoire délinquante.

Points essentiels

  • Chez Sutherland, la délinquance n’est pas un trait isolé mais un résultat d’apprentissage au sein de relations et de groupes où sont transmis techniques, motivations et justifications.
  • Dans l’association différentielle, la délinquance apparaît quand une personne acquiert davantage de définitions qui rendent l’infraction acceptable ou défendable que de définitions qui la condamnent.
  • Chez Hirschi, le risque augmente quand les liens sociaux sont faibles ou absents, notamment sur 4 éléments : attachement, engagement, implication et croyance dans les normes.
  • La fragilité sociale chez Vettenburg et Walgrave est un processus cumulatif et interactionnel, où des expériences négatives dans des institutions (comme l’école, l’aide, la justice) se renforcent entre elles.
  • La fragilité sociale distingue la délinquance passagère (liée à l’adolescence) de la délinquance systématique (liée à une insécurité sociale présente et future), qui dure plus longtemps avant de s’atténuer à l’entrée dans la vie adulte.
  • La réponse proposée est d’abord la prévention radicale (agir sur les chances des jeunes) et, en cas de besoin, une approche centrée sur la restauration plutôt que sur la seule sanction.

Astuce mémo

Apprends en relation : si les définitions favorables dominent, la délinquance devient “possible”.

12. Explications sociologiques et psychosociales

Notions clés & Définitions

  • Liaison sociale : La liaison sociale désigne l’ensemble des attaches, engagements, participations et croyances qui relient le jeune aux normes et réduisent le risque de délinquance.
  • Vulnérabilité sociétale : La vulnérabilité sociétale est un processus cumulatif et interactionnel où des expériences négatives dans plusieurs institutions s’enchaînent et augmentent le risque de délinquance.

Points essentiels

  • Chez Sutherland, la délinquance n’est pas entièrement déterminée par le milieu : elle apparaît comme un apprentissage social dans de petits groupes où l’on acquiert techniques, motifs et justifications.
  • Le processus de l’association différentielle consiste à apprendre davantage de définitions favorables à l’infraction que de définitions qui la désapprouvent.
  • Le cadre de Sutherland implique qu’un comportement délinquant peut aussi être désappris, ce qui soutient une logique de resocialisation et de changement d’environnement.
  • Hirschi s’appuie sur des self-reports de jeunes et relie la délinquance à la force des liens avec parents, école et normes sociales.
  • Dans la théorie du contrôle social, les quatre éléments de la liaison sociale sont attachment, commitment, involvement et belief, dont la faiblesse augmente le risque de délinquance.
  • Vettenburg et Walgrave distinguent la délinquance transitoire (liée à l’adolescence) de la délinquance systématique (liée à une incertitude sociale actuelle et future) portée par une spirale d’expériences négatives avec les institutions.

Astuce mémo

A-C-I-B : attachment, commitment, involvement, belief (plus faible = plus de risque) ; Spirale institutions : école → travail → justice (vulnérabilité cumulée).

Repères chronologiques

DateÉvénement
1842Penalisation, en 1842, du ramassage de bois par les pauvres (exemple de Marx pour la criminologie radicale).
1888Introduction de la libération conditionnelle (défense sociale) et référence à des internements pour non-imputables.
1973Parution de The New Criminology (Taylor, Walton et Young).
1975Publication de Discipline, toezicht en straf. De geboorte van de gevangenis (Foucault).
1980Introduction du concept de la secundaire victimisatie (Martin Symonds).
1982Publication de l’article sur la Broken Windows Theory dans The Atlantic.
1989Article de Meda Chesney-Lind sur la double standard chez les filles (et mention de la conférence de Chambliss sur “state-organized crime”).
2001Publication de The Culture of Control (Garland).

Tableaux de synthèse

Pariginmes criminologiques : questions et objet

ParigmePoint de départQuestion centrale
ClassiqueDroit pénalComment mieux prévenir la criminalité via le droit pénal/peines dissuasives.
Étiologique (positiviste)Droit pénal comme donnéPourquoi les personnes commettent des actes définis par la loi comme délinquants (sans remettre en cause le droit).
Constructiviste (critique)La construction sociale du (straf)droitComment se définissent les comportements et comment se fait la réaction sociale (criminalisation primaire et secondaire).

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre réaction sociale et contrôle social : la réaction sociale décrit les réponses de la société aux situations, tandis que le contrôle social regroupe des mécanismes allant de l’informel à l’officiel.
  2. Croire que la criminalisation primaire/secondaire désigne une chronologie “avant/après” simple : primaire = définir/qui décide, secondaire = application en pratique et ses effets.
  3. Opposer à tort rational choice et prévention : le classique vise surtout à modifier des situations (coûts/bénéfices, surveillance, cibles) et pas à “expliquer” les causes profondes uniquement.
  4. Inverser l’effet de la théorie de la “nouvelle pénologie” : ce n’est pas la culpabilité individuelle, mais le pilotage de catégories via statistiques/profils de risque.
  5. Réduire la selectivité des statistiques à un simple biais : ici, la “trechter” (police→parquet→tribunaux) produit un “dark number”, donc les chiffres ne mesurent pas la criminalité totale.
  6. Mélanger idéal victim et victime réelle : l’idéal victim renvoie à la reconnaissance sociale (“vraie victime”) selon des stéréotypes, ce qui peut générer de la secondaire victimisation.
  7. Croire que victimologie/abolitionnisme/restorative se remplacent toujours : le texte précise surtout des logiques et finalités différentes, le rétablissement pouvant coexister avec le droit pénal (plutôt “minimaliste” ou “maximaliste”).

Checklist Examen

  1. Définir criminologie, double objet (situations problématiques + réaction sociale), et préciser que l’approche est non normative.
  2. Expliquer réaction sociale et contrôle social sur un continuum : contrôle informel vs formel, puis relier à criminalisation primaire vs secondaire (définition vs application/effets).
  3. Identifier les trois paradigmes et, pour chacun, donner leur point de départ et leur objet : classique (dissuasion/prévention via droit), étiologique (causes sans remettre en cause le droit), constructiviste (définition + réaction, criminalisation primaire/secondaire).
  4. Présenter les apports radicale/critique via le conflictdenken : non-neutralité du droit, classe dominante et “définition du crime par le pouvoir”, et relier Rusche & Kirchheimer à la relation travail/mécanismes de peine.
  5. Expliquer pourquoi les criminaliteitscijfers sont sélectifs : trechter, police/parquet/tribunaux, selectivité et dark number, puis citer self-report et enquêtes de victimation comme compléments.
  6. Articuler Foucault : discipline, panoptique comme métaphore, savoir-pouvoir, normalisation et rôle des institutions ; puis articuler Garland : pénale rationaliteit, punitieve wending, culture du contrôle et “net widening”.
  7. Maîtriser les extensions : féminisme (double standard + intersectionnalité), crimes des puissants (white collar crime : Sutherland ; green criminology : Lynch & Frank), et state crime (Cohen + Green & Ward ; typologie par McLaughlin ; exemple Congo-Vrijstaat).
  8. Expliquer l’enchaînement interactionnisme/constructivisme : Becker (labeling, morele ondernemers, exclusion, outsider), Lemert (primaire vs secondaire deviantie), et Goffman (stigmatisation, sociale vs personnelle identité).
  9. Définir les concepts de victimologie : victim blaming, secundaire victimisatie (Symonds), idéal victim (Christie), et l’idée que des besoins de victimes dépassent le matériel (Maguire).
  10. Comparer abolitionnisme et réparation : l’idée de penalité (Pires), “conflicts as property” (Christie), et principes du restorative justice (dommages, responsabilité, communauté) avec la hersteldriehoek de Zehr et la logique de minimaliste vs maximaliste.
  11. Sur le plan du positivisme classique : exposer Beccaria (società contract/utilitarisme, proportionnalité, publicité, pas de torture), puis rationnelle keuzetheorie (Cornish/Clarke) et prévention situationnelle (routine activity + broken windows : logique des “petites désordres”).
  12. Sur les explications biologiques/psychologiques/sociologiques/psychosociales : citer au moins 2 auteurs par bloc (Lombroso/Ferri puis Eysenck-PEN/Pinatel/Moffitt ; Chicago School/Anomie-Merton/Cohen ;

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Introduction à la criminologie sociale avec 24 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Dans l’étude de Chambliss sur les Saints et les Roughnecks, qu’explique la notion de pakkans ?

2. Dans la théorie du contrôle social de Hirschi, quel ensemble de liens sociaux réduit le risque de délinquance ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Introduction à la criminologie sociale avec 24 flashcards interactives.

Criminologie — phénomène social ?

Étude des comportements problématiques et réactions sociales.

Double objet de la criminologie ?

Étude des situations problématiques et de la réaction sociale.

Réaction sociale — rôle ?

Prévenir ou résoudre conflits liés aux comportements problématiques.

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