QCM : Introduction à la criminologie sociale — 24 questions

Questions et réponses du QCM

1. Dans l’étude de Chambliss sur les Saints et les Roughnecks, qu’explique la notion de pakkans ?

La probabilité d’être contrôlé, appréhendé et enregistré selon le contexte social
La durée moyenne des peines prononcées pour des délits comparables
Le degré de dangerosité psychologique attribué à un individu
Le niveau de réintégration sociale après une sanction

La probabilité d’être contrôlé, appréhendé et enregistré selon le contexte social

Explication

La pakkans désigne la probabilité d’être contrôlé, appréhendé et enregistré, et elle dépend notamment de la visibilité et du contexte social. Cela permet d’expliquer pourquoi des conduites similaires peuvent mener à des réactions pénales différentes.

2. Dans la théorie du contrôle social de Hirschi, quel ensemble de liens sociaux réduit le risque de délinquance ?

La punition, l’isolement, la stigmatisation et le contrôle policier
Le psychoticisme, le névrosisme, l’extraversion et l’introversion
La pauvreté, l’âge, le sexe et l’origine ethnique
L’attachement, l’engagement, l’implication et la croyance

L’attachement, l’engagement, l’implication et la croyance

Explication

Hirschi explique la baisse du risque de délinquance par la solidité de quatre liens : attachement, engagement, implication et croyance. Quand ces liens sont faibles, la contrainte sociale sur l’acte diminue.

3. En quoi consiste le paradigme constructiviste en criminologie ?

À réduire la criminalité à des choix rationnels face au risque de sanction
À traiter la délinquance comme une construction sociale et étudier définition et réaction sociale
À mesurer uniquement les infractions visibles par les services de police
À expliquer la délinquance par des causes naturelles sans interroger les normes

À traiter la délinquance comme une construction sociale et étudier définition et réaction sociale

Explication

Le paradigme constructiviste considère la délinquance comme une construction sociale et porte l’analyse sur la définition des normes et la réaction sociale. Il met aussi en relation criminalisation primaire et secondaire.

4. Que soutient principalement la criminologie radicale ?

Le droit pénal sert de contrôle social au service de la classe dominante
Le droit pénal est un outil neutre qui sanctionne également tous les groupes sociaux
La délinquance résulte d’un simple déficit de contrôle familial
Les peines devraient dépendre surtout d’indicateurs statistiques de risque

Le droit pénal sert de contrôle social au service de la classe dominante

Explication

La criminologie radicale, d’inspiration marxiste, voit le droit pénal comme un instrument de contrôle social au service de la classe dominante. Elle refuse l’idée d’une neutralité du droit.

5. Comment Terrie Moffitt distingue-t-elle les trajectoires délinquantes au cours du cycle de vie ?

Elle soutient que toute délinquance disparaît spontanément à l’entrée dans l’âge adulte
Elle distingue une délinquance exclusivement héréditaire d’une délinquance uniquement due à l’école
Elle oppose une délinquance limitée à l’adolescence à une délinquance persistante débutant tôt et s’inscrivant dans la durée
Elle affirme que la délinquance dépend d’abord du droit pénal et de ses définitions

Elle oppose une délinquance limitée à l’adolescence à une délinquance persistante débutant tôt et s’inscrivant dans la durée

Explication

Moffitt oppose des trajectoires adolescentes, souvent liées à un « maturity gap », à des trajectoires persistantes qui commencent plus tôt et durent davantage. Cette distinction repose sur l’évolution dans le temps, pas sur la définition juridique du crime.

6. Quel changement de regard Howard Zehr propose-t-il avec « Changing Lenses » ?

Remplacer toute réponse sociale par une sanction plus sévère
Évaluer le crime uniquement par les statistiques officielles
Abandonner l’idée de responsabilité de l’auteur
Passer de la faute et de la peine au dommage et aux relations

Passer de la faute et de la peine au dommage et aux relations

Explication

Zehr propose de considérer d’abord le dommage causé aux personnes et aux relations, plutôt que la seule violation d’une loi. La responsabilité n’est pas supprimée, mais elle est pensée dans une logique de réparation.

7. Quelle est une caractéristique de la criminalisation secondaire dans l’étude des crimes des puissants ?

Elle désigne la prévention informelle exercée par les proches
Elle mesure la visibilité médiatique des infractions commises
Elle consiste à définir les infractions dans le code pénal
Elle concerne l’évitement ou la réduction réelle des poursuites et sanctions

Elle concerne l’évitement ou la réduction réelle des poursuites et sanctions

Explication

La criminalisation secondaire porte sur l’application concrète des normes, y compris le fait que des acteurs puissants puissent éviter ou réduire réellement poursuites et sanctions. Cela produit une forme d’immunité pratique.

8. Dans l’approche de Hans Eysenck sur la personnalité et la délinquance, sur quoi repose principalement l’explication du passage à l’acte ?

Sur une stricte dépendance au niveau de revenus et à la position sociale
Sur une combinaison de dimensions de personnalité comme le psychoticisme, l’extraversion/introversion et le névrosisme
Sur une absence totale d’apprentissage social et de relations avec autrui
Sur une opposition entre criminalisation primaire et criminalisation secondaire

Sur une combinaison de dimensions de personnalité comme le psychoticisme, l’extraversion/introversion et le névrosisme

Explication

Chez Eysenck, la délinquance est liée à la combinaison de plusieurs dimensions de personnalité, et non à un seul trait isolé. Les autres propositions relèvent d’autres approches, comme l’apprentissage social ou les analyses sociologiques.

9. Dans la théorie de l’association différentielle de Sutherland, quand la délinquance apparaît-elle le plus probablement ?

Quand elle développe uniquement des traits de personnalité stables et immuables
Quand elle est principalement exposée à des sanctions administratives plutôt qu’à des peines pénales
Quand une personne apprend davantage de définitions favorables à l’infraction que de définitions qui la condamnent
Quand ses liens avec la famille, l’école et les normes deviennent plus forts

Quand une personne apprend davantage de définitions favorables à l’infraction que de définitions qui la condamnent

Explication

Pour Sutherland, la délinquance est un apprentissage social : elle devient plus probable lorsque les définitions favorables à l’infraction dominent celles qui la désapprouvent. Les liens sociaux forts relèvent plutôt de la théorie du contrôle social.

10. Dans une perspective abolitionniste, que critique principalement l’analyse des conflits ?

La tendance du système pénal à s’approprier et à neutraliser les conflits au lieu de les résoudre
L’absence totale de victimes dans les affaires pénales
La nécessité de multiplier les tribunaux pour chaque désaccord
Le fait que les conflits soient toujours de nature strictement individuelle

La tendance du système pénal à s’approprier et à neutraliser les conflits au lieu de les résoudre

Explication

L’abolitionnisme critique le fait que le système pénal transforme les conflits en affaires institutionnelles, au détriment des personnes concernées. L’idée est de privilégier d’autres formes de traitement des torts et des conflits.

11. Quel est le principe central des théories rationnelles de la dissuasion ?

Modifier les coûts et les bénéfices perçus pour réduire le passage à l’acte
Identifier une personnalité criminelle unique chez chaque délinquant
Remplacer le droit pénal par une prise en charge psychothérapeutique
Supprimer toute publicité des sanctions pour éviter l’exemplarité

Modifier les coûts et les bénéfices perçus pour réduire le passage à l’acte

Explication

Les théories rationnelles cherchent à agir sur la décision en rendant l’acte moins avantageux ou plus coûteux. L’objectif est donc la prévention par la dissuasion, et non la recherche d’une personnalité criminelle ou d’un traitement médical.

12. Quel est le principe central de la nouvelle pénologie ?

Remplacer entièrement la peine par la médiation entre victimes et auteurs
Punir plus sévèrement les auteurs selon leur culpabilité morale
Gérer des groupes à risque à l’aide de données statistiques et de profils
Évaluer seulement les récidives passées sans modéliser le futur

Gérer des groupes à risque à l’aide de données statistiques et de profils

Explication

La nouvelle pénologie met l’accent sur la gestion de groupes à risque grâce à des outils statistiques, des bases de données et des profils de risque. Elle déplace l’attention de la culpabilité individuelle vers le pilotage des catégories.

13. Dans l’approche des crimes des puissants, quel constat est au cœur de l’analyse ?

Les crimes commis par les entreprises n’entraînent jamais de conséquences juridiques
Les infractions commises par les plus pauvres sont toujours mieux tolérées par les institutions
La gravité d’une infraction dépend uniquement du nombre de victimes directes
Les atteintes graves commises par des acteurs puissants peuvent être moins visiblement criminalisées ou moins sévèrement sanctionnées

Les atteintes graves commises par des acteurs puissants peuvent être moins visiblement criminalisées ou moins sévèrement sanctionnées

Explication

Cette approche met l’accent sur la sous-représentation et la moindre sanction des acteurs puissants malgré des dommages importants. L’idée n’est donc pas que les crimes économiques échappent toujours à toute réponse, mais qu’ils sont souvent traités plus doucement.

14. Quel trait caractérise le paradigme classique en criminologie ?

Il voit la délinquance comme une construction sociale et analyse surtout l’étiquetage
Il considère le droit pénal comme neutre mais secondaire face aux statistiques
Il cherche d’abord les causes biologiques du comportement délinquant
Il part de l’idée d’un individu rationnel et mise sur la prévention par le droit pénal

Il part de l’idée d’un individu rationnel et mise sur la prévention par le droit pénal

Explication

Le paradigme classique repose sur l’idée d’un individu rationnel, responsable de ses choix, et sur une prévention fondée sur le droit pénal et la dissuasion. Les autres options décrivent plutôt d’autres paradigmes ou des thèmes non pertinents.

15. Dans la criminologie culturelle, que vise le « reintegrative shaming » ?

Une punition exemplaire fondée sur l’exclusion durable
Une simple augmentation des peines pour dissuader les autres
Une neutralisation médicale du comportement déviant
Une réprobation qui cherche à réintégrer la personne dans la communauté

Une réprobation qui cherche à réintégrer la personne dans la communauté

Explication

Le « reintegrative shaming » associe la réprobation à une logique de réintégration sociale, et non à l’exclusion pure. L’enjeu est que l’auteur reconnaisse le tort causé pour restaurer le lien social.

16. Quelle hypothèse caractérise le paradigme classique en criminologie ?

La sanction doit viser uniquement le traitement médical
Le crime est avant tout déterminé par des traits biologiques innés
La délinquance est une construction sociale sans lien avec le choix
L’individu est rationnel et répond aux coûts et bénéfices des sanctions

L’individu est rationnel et répond aux coûts et bénéfices des sanctions

Explication

Le paradigme classique repose sur l’idée d’un acteur rationnel qui pèse ses choix et peut être dissuadé par des peines claires. Il s’oppose ainsi aux explications centrées sur les causes biologiques ou sur la construction sociale de la déviance.

17. Que défend Garland à propos du durcissement des politiques pénales ?

Il peut aussi être porté par des tensions sociales et politiques
Il résulte seulement de la psychologie des délinquants
Il est expliqué principalement par la disparition du contrôle informel
Il dépend uniquement des chiffres objectifs de criminalité

Il peut aussi être porté par des tensions sociales et politiques

Explication

Garland souligne que les politiques pénales ne suivent pas uniquement les chiffres objectifs de la criminalité, car des tensions sociales et politiques contribuent aussi à légitimer le durcissement. La simple évolution statistique ne suffit donc pas.

18. Quel énoncé décrit le mieux la criminologie comme phénomène social ?

Une science des sciences humaines qui comprend les situations problématiques et les réactions sociales sans finalité normative
Une méthode statistique qui mesure uniquement la fréquence des délits enregistrés
Une théorie psychologique qui explique les crimes par des traits de personnalité stables
Une branche du droit pénal qui fixe les peines appropriées pour chaque infraction

Une science des sciences humaines qui comprend les situations problématiques et les réactions sociales sans finalité normative

Explication

La criminologie est présentée comme une science des sciences humaines qui étudie à la fois les situations jugées problématiques et les réactions sociales, sans prescrire ce qui doit être puni. Les autres propositions confondent la criminologie avec le droit pénal, la statistique ou une théorie psychologique.

19. Quel est l’objet central de l’interactionnisme symbolique appliqué à l’étiquetage ?

Expliquer la criminalité par des traits biologiques stables
Démontrer que toute délinquance est imposée par la loi pénale
Comprendre comment la réaction sociale et les définitions influencent la déviance
Mesurer uniquement la fréquence des infractions enregistrées

Comprendre comment la réaction sociale et les définitions influencent la déviance

Explication

L’interactionnisme symbolique s’intéresse à la manière dont les catégories, les interactions et la réaction sociale contribuent à produire ou renforcer la déviance. Il ne réduit pas l’analyse à une cause biologique ni aux seuls chiffres policiers.

20. Que désigne la criminalisation primaire ?

La manière dont des acteurs puissants évitent les sanctions
La classification statistique des personnes selon leur niveau de risque
L’application concrète des normes par la police et les tribunaux
Le processus qui définit ce qui devient punissable ou problématique

Le processus qui définit ce qui devient punissable ou problématique

Explication

La criminalisation primaire correspond au processus de définition de ce qui devient punissable ou problématique. La criminalisation secondaire concerne, elle, l’application concrète des normes et leurs effets.

21. Que désigne principalement la criminalisation secondaire dans la critique des crimes des puissants ?

Le fait de définir un comportement comme infraction dans le texte de loi
La manière dont les faits punissables sont appliqués, avec des possibilités d’évitement des poursuites et des sanctions
L’augmentation automatique des peines pour toutes les infractions économiques
La suppression complète des normes sociales dans l’évaluation du crime

La manière dont les faits punissables sont appliqués, avec des possibilités d’évitement des poursuites et des sanctions

Explication

La criminalisation secondaire concerne l’application concrète des normes, ainsi que les effets et les stratégies qui permettent parfois d’éviter la sanction. La définition initiale de l’infraction relève, elle, de la criminalisation primaire.

22. Quel est le but principal de la justice réparatrice ?

Écarter totalement toute forme de responsabilité
Réparer le dommage en impliquant la victime, l’auteur et la communauté
Punir l’auteur sans se préoccuper des besoins de la victime
Remplacer toute norme sociale par des accords privés

Réparer le dommage en impliquant la victime, l’auteur et la communauté

Explication

La justice réparatrice vise à traiter le tort, les besoins qui en découlent et la responsabilité de réparation. Elle se distingue d’une logique purement punitive centrée sur la seule peine.

23. Que signifie l’expression « idéal victim » ?

Le profil de victime le plus facilement reconnu comme une « vraie victime » selon des stéréotypes sociaux
La personne qui porte systématiquement plainte en premier
Le témoin qui a le plus d’informations sur l’infraction
La victime qui a subi le dommage matériel le plus élevé

Le profil de victime le plus facilement reconnu comme une « vraie victime » selon des stéréotypes sociaux

Explication

L’idéal victim renvoie au stéréotype de la victime jugée légitime et crédible par la société. Certaines victimes sont moins reconnues lorsque leur situation ne correspond pas à ces attentes, ce qui peut favoriser une victimisation secondaire.

24. Que désigne le double objet de la criminologie ?

L’étude des causes biologiques du crime et des troubles mentaux associés
L’étude des situations problématiques comme phénomènes sociaux et de la réaction sociale à ces situations
L’étude des seules personnes condamnées et de leur réinsertion en prison
L’étude des infractions et, séparément, celle des peines prévues par le code pénal

L’étude des situations problématiques comme phénomènes sociaux et de la réaction sociale à ces situations

Explication

Le double objet renvoie à l’analyse des situations problématiques comme phénomènes sociaux et à l’étude de la réaction sociale, y compris normes et effets. Il ne se limite ni aux peines, ni aux condamnés, ni aux causes biologiques.

Révisez avec les flashcards

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Criminologie — phénomène social ?

Étude des comportements problématiques et réactions sociales.

Double objet de la criminologie ?

Étude des situations problématiques et de la réaction sociale.

Réaction sociale — rôle ?

Prévenir ou résoudre conflits liés aux comportements problématiques.

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