Fiche de révision : Introduction à la physique quantique

Plan du Cours

  1. Dualité onde-corpuscule
  2. Polarisation d’un photon
  3. Formalisme de Dirac
  4. Mesure et évolution quantiques
  5. Position et impulsion
  6. Transformation de Fourier
  7. Énergie et équation de Schrödinger
  8. Systèmes à une dimension
  9. Produit tensoriel et intrication
  10. Spin 1/2 et résonance magnétique

1. Dualité onde-corpuscule

Notions clés & Définitions

  • Dualité onde-corpuscule : La dualité onde-corpuscule désigne l’idée qu’un même objet quantique peut manifester des comportements de type onde ou de type particule selon l’expérience réalisée.
  • Photon : Le photon est un quantum de lumière dont l’énergie vérifie E=ωE=\hbar\omega et qui peut aussi transférer une quantité de mouvement.
  • Onde plane monochromatique : Une onde plane monochromatique est une oscillation décrite par une phase exp{i(krωt)}\exp\{i(\vec k\cdot\vec r-\omega t)\} dont la fréquence et le vecteur d’onde sont liés par k=ω/ck=\omega/c.
  • Interfrange de Young : L’interfrange est l’espacement des franges brillantes et sombres dans l’expérience des fentes d’Young, lié à la longueur d’onde et à la géométrie des fentes.

Points essentiels

  • L’énergie d’un quantum de rayonnement à la fréquence ν\nu vaut E=hν=ωE=h\nu=\hbar\omega et la quantité de mouvement associée au photon vérifie p=ω/c=k=h/λp=\hbar\omega/c=\hbar k=h/\lambda.
  • Dans une onde plane, la condition k=ω/ck=\omega/c implique une relation entre la longueur d’onde et la pulsation, λ=2π/k=cν=2πc/ω\lambda=2\pi/k= c\nu=2\pi c/\omega.
  • Dans l’expérience des fentes d’Young, la différence de chemin Δax/D\Delta\approx ax/D produit un déphasage 2πax/(Dλ)2\pi ax/(D\lambda), donnant des franges brillantes quand Δ\Delta est un multiple de λ\lambda et des franges sombres quand Δ\Delta vaut un demi-multiple de λ\lambda.
  • L’interfrange vaut λD/a\lambda D/a et explique pourquoi les franges peuvent être observées sans dépendre du temps d’oscillation.
  • Pour un photon unique envoyé dans un montage de type Mach-Zehnder, l’alternative « il passe par un bras ou par l’autre » contredit l’observation quand la phase varie avec la différence de marche.
  • Le principe de correspondance impose qu’en répétant une expérience quantique un grand nombre de fois, on retrouve les prédictions classiques à l’échelle macroscopique.

Astuce mémo

De Broglie-Planck-Einstein : E=hνE=h\nu et p=h/λp=h/\lambda ; puis interférences via Δax/D\Delta\sim ax/D donc franges espacées de λD/a\lambda D/a.

2. Polarisation d’un photon

Notions clés & Définitions

  • Base de polarisation : Une base de polarisation est un couple (ou ensemble) d’états orthonormés représentant les issues possibles d’une mesure de polarisation.
  • Ket de polarisation : Un ket de polarisation est le vecteur normé qui décrit l’état quantique d’un photon unique dans l’espace des états de polarisation.
  • États linéaires |θ> : Un état linéaire |θ> est une superposition normalisée des états verticaux et horizontaux avec des coefficients cosθ et sinθ.
  • États circulaires |±> : Un état circulaire |±> est une superposition des états verticaux et horizontaux avec une phase relative ±i/qui donne une polarisation circulaire.

Points essentiels

  • L’état d’un photon unique s’écrit |ψ⟩=α|↕⟩+β|↔⟩ avec la normalisation |α|^2+|β|^2=1.
  • Pour un état linéaire |θ⟩=cosθ|↕⟩+sinθ|↔⟩, la mesure dans la base {|↕⟩,|↔⟩} donne P↕=cos^2θ et P↔=sin^2θ.
  • Une polarisation circulaire droite/gauche se décrit par |±⟩=(|↕⟩ ± i|↔⟩)/√2 et conduit à des probabilités égales 1/2 dans la base {|↕⟩,|↔⟩}.
  • Dans une mesure idéale sur une base orthonormée {|χ⟩,|χ′⟩}, les probabilités valent P|χ⟩=|⟨χ|ψ⟩|^2 et P|χ′⟩=|⟨χ′|ψ⟩|^2, et l’état après mesure devient l’état effectivement obtenu.
  • L’évolution temporelle d’un photon d’énergie E fait apparaître seulement une phase globale e^{-iEt/ħ}, donc les probabilités de mesure ne dépendent pas du temps.
  • La propagation dans une lame à retard biréfringente introduit un déphasage relatif ϕ=(ke-ko)L entre |↕⟩ et |↔⟩, tandis que la phase globale e^{ikoL} ne change pas les probabilités.

Astuce mémo

Cos² pour la voie verticale et sin² pour l’horizontale, même pour un seul photon ; la phase globale ne compte pas, seul le déphasage relatif ϕ change l’état.

3. Formalisme de Dirac

Notions clés & Définitions

  • ket |ψ⟩ : Un ket est un vecteur colonne de l’espace des états représentant un état quantique.
  • bra ⟨ψ| : Un bra est le vecteur ligne obtenu à partir d’un ket par transconjugaison (conjugaison puis transposition).
  • Bracket ⟨ψ|ψ'⟩ : Un bracket est le produit scalaire hermitien entre deux kets, écrit sous la forme ⟨ψ|ψ'⟩.
  • Espace dual E*H : L’espace dual E*H contient les bras, qui agissent sur les kets pour donner le bracket.

Points essentiels

  • Passer d’un ket |ψ⟩ de composantes (c0,c1,…) à son bra ⟨ψ| donne (c0*,c1*,…).
  • Le bracket correspond au produit scalaire hermitien : si |ψ⟩=∑n cn|ψn⟩ et |ψ'⟩=∑n c'n|ψn⟩ alors ⟨ψ|ψ'⟩=∑n c*n c'n.
  • En formalisme de Dirac, le symbole délimité par | ⟩ (ou ⟨ |) ne doit pas être interprété comme un produit scalaire : on ne remplace pas λ|ψ⟩+μ|ψ'⟩ par |λψ+μψ'⟩.
  • Un opérateur linéaire ˆA a pour éléments de matrice Am,n=⟨ψm| ˆA |ψn⟩ dans une base orthonormée.
  • La relation de fermeture vaut ˆI=∑n |ψn⟩⟨ψn|, et le projecteur sur |ψm⟩ est |ψm⟩⟨ψm| avec propriété d’idempotence (|ψm⟩⟨ψm|)^2=|ψm⟩⟨ψm|.

Astuce mémo

Bra = “transconjugué du ket” : conjuguer + transposer pour obtenir ⟨ψ|.

4. Mesure et évolution quantiques

Notions clés & Définitions

  • Phase globale : La phase globale d’un ket multiplie l’état par eiφe^{i\varphi} sans modifier les probabilités de mesure.
  • État stationnaire : Un état est stationnaire quand son évolution temporelle ne change pas les probabilités de mesure, à cause d’une phase globale.
  • Postulat de la mesure : Une mesure projette l’état sur le sous-espace propre associé au résultat et impose une probabilité donnée par la norme de la projection.
  • Opérateur d’évolution : Un opérateur d’évolution U^(t,t0)\hat U(t,t_0) décrit l’état à l’instant tt à partir de l’instant t0t_0 par ψ(t)=U^(t,t0)ψ(t0)|\psi(t)\rangle=\hat U(t,t_0)|\psi(t_0)\rangle.
  • Observables et projecteurs : La mesure d’une observable utilise des projecteurs P^n\hat P_n vers les sous-espaces propres pour obtenir probabilités et état après mesure.

Points essentiels

  • Si ψ|\psi\,'\rangle et ψ|\psi\rangle ne diffèrent que par une phase globale, alors χψ2=χψ2|\langle\chi|\psi\,'\rangle|^2=|\langle\chi|\psi\rangle|^2 pour toute base de mesure.
  • Pour un état d’énergie unique E=ωE=\hbar\omega, l’évolution temporelle vaut ψ(t)=eiωtψ(0)=eiEt/ψ(0)|\psi(t)\rangle=e^{-i\omega t}|\psi(0)\rangle=e^{-iEt/\hbar}|\psi(0)\rangle, ce qui ne change pas les probabilités χψ(t)2|\langle\chi|\psi(t)\rangle|^2.
  • Dans le postulat général (spectre discret), la probabilité de mesurer ana_n est P(an)=ψP^nψ=P^nψ2P(a_n)=\langle\psi|\hat P_n|\psi\rangle=\|\hat P_n|\psi\rangle\|^2 et l’état après mesure est ψ=P^nψ/P^nψ|\psi'\rangle=\hat P_n|\psi\rangle/\|\hat P_n|\psi\rangle\|.
  • Les projecteurs vérifient l’idempotence P^n2=P^n\hat P_n^2=\hat P_n, ce qui rend cohérente l’expression P(an)=ψP^n2ψP(a_n)=\langle\psi|\hat P_n^2|\psi\rangle.
  • Si le système est isolé (Hamiltonien indépendant du temps), l’opérateur d’évolution s’écrit U^(t)=eiH^t/\hat U(t)=e^{-i\hat H t/\hbar} et les états propres de H^\hat H évoluent avec une phase e^{-iE_n(t-t_0)/\hbar.
  • Une observable mesurée dans son état propre donne un résultat certain et l’écart-type correspondant est nul, ce qui garantit la répétabilité immédiate de la mesure.

Astuce mémo

Phase globale = “invisible aux détecteurs” : seule χψ2|\langle\chi|\psi\rangle|^2 compte, donc eiφe^{i\varphi} ne change rien.

5. Position et impulsion

Notions clés & Définitions

  • Fonction d’onde : Une représentation mathématique de l’état dans l’espace des positions, définie par psi(x)=\langle x|\psi\rangle.
  • Densité de probabilité : Grandeur ψ(x)2|\psi(x)|^2 telle que ψ(x)2dx|\psi(x)|^2dx donne la probabilité de trouver la particule dans l’intervalle infinitésimal [x,x+dx][x,x+dx].
  • Fonction de Dirac : Distribution δ(xx)\delta(x'-x) qui joue le rôle de l’“état de position” dans une base continue, via xx=δ(xx)\langle x'|x\rangle=\delta(x'-x).
  • Opérateur position : Observable notée x^\hat x agissant dans L2(R)L^2(R) par multiplication : x^ψ(x)=xψ(x)\hat x\psi(x)=x\psi(x).
  • Opérateur impulsion : Observable notée p^\hat p agissant dans L2(R)L^2(R) comme dérivée : p^ψ(x)=idψdx\hat p\psi(x)=\frac{\hbar}{i}\frac{d\psi}{dx}.

Points essentiels

  • Dans le cas d’une mesure donnant un résultat certain A=aA=a, on a ΔA=0\Delta A=0 et cela équivaut à A^ψ=aψ\hat A|\psi\rangle=a|\psi\rangle.
  • En espace continu, l’identité s’écrit I^=+xxdx\hat I=\int_{-\infty}^{+\infty}|x\rangle\langle x|dx et la normalisation impose +ψ(x)2dx=1\int_{-\infty}^{+\infty}|\psi(x)|^2dx=1.
  • À résolution finie δx\delta x, la probabilité d’être détecté sur le pixel centré en x0x_0 vaut Pψ(x0)2δxP\approx |\psi(x_0)|^2\,\delta x quand ψ(x)2|\psi(x)|^2 varie peu sur l’intervalle.
  • Les états propres du positionnement vérifient xx=δ(xx)\langle x'|x\rangle=\delta(x'-x) et donc xx=δ(0)=+\langle x|x\rangle=\delta(0)=+\infty, ce qui montre que x|x\rangle n’est pas un état physique de Hilbert.
  • Le commutateur des observables position et impulsion vaut [x^,p^]=iI^[\hat x,\hat p]=i\hbar\hat I, ce qui caractérise leur incompatibilité quantique.
  • Dans la base des positions, x^\hat x multiplie par xx et p^\hat p est un opérateur hermitien donné par p^=iddx\hat p=\frac{\hbar}{i}\frac{d}{dx}.

Astuce mémo

Bornes du couple (x,p) : [x^,p^]=iI^[\hat x,\hat p]=i\hbar\hat I ⇒ “une fois position, pas d’impulsion parfaitement en même temps”.

6. Transformation de Fourier

Notions clés & Définitions

  • Transformée de Fourier : La transformée de Fourier est une opération qui associe à une fonction d’onde ψ(x) une fonction dans l’espace des impulsions, notée ˜ψ(p).
  • Transformée de Fourier inverse : La transformée de Fourier inverse reconstruit la fonction ψ(x) à partir de ˜ψ(p) via une intégrale de retour dans l’espace direct.
  • Espace direct : L’espace direct est la représentation où l’état est décrit par la fonction d’onde ψ(x) dans la base {|x⟩}.
  • Espace de Fourier : L’espace de Fourier est la représentation où l’état est décrit par ˜ψ(p) dans la base {|p⟩}.
  • Théorème de Parseval-Plancherel : Le théorème de Parseval-Plancherel exprime l’égalité du produit scalaire (et donc des normes) entre une fonction et ses transformées de Fourier.

Points essentiels

  • La transformée de Fourier quantique d’une onde ψ(x) vaut ˜ψ(p)=1/√(2πℏ)∫ψ(x)e^{-ipx/ℏ}dx, avec la variable d’intégration x sur R.
  • La transformée de Fourier inverse est ψ(x)=1/√(2πℏ)∫˜ψ(p)e^{ipx/ℏ}dp, ce qui rend les deux formules symétriques sauf au signe de la phase.
  • Le produit scalaire est conservé : ∫ψ1*(x)ψ2(x)dx=∫˜ψ1*(p)˜ψ2(p)dp, donc la transformation est une isométrie.
  • Une dérivation dans l’espace direct devient une multiplication dans l’espace de Fourier : F[dψ/dx]=(ip/ℏ)˜ψ(p), et plus généralement F[d^nψ/dx^n]=(ip/ℏ)^n˜ψ(p).
  • Une dérivation dans l’espace de Fourier devient une multiplication inverse : F^{-1}[d˜ψ/dp]=-(ix/ℏ)ψ(x), donc ˆp correspond à (ℏ/i)d/dx sur ψ(x) et ˆx à iℏ d/dp sur ˜ψ(p).
  • Une translation ψ(x-x0) se traduit par un facteur de phase : F[ψ(x-x0)]=˜ψ(p)e^{-ipx0/ℏ}, et le produit de convolution satisfait F[(ψ1*ψ2)(x)]=√(2πℏ)˜ψ1(p)˜ψ2(p).

Astuce mémo

Direct : dériver → multiplier par ip/ℏ ; Impulsion : multiplier par p → dériver en x via ℏ/i.

7. Énergie et équation de Schrödinger

Notions clés & Définitions

  • Théorème d’Ehrenfest : Le théorème d’Ehrenfest relie l’évolution temporelle des grandeurs moyennes quantiques à des commutateurs entre l’observable et le Hamiltonien.
  • Temps de vol : La méthode du temps de vol déduit l’impulsion à partir de la distance parcourue et du temps mesuré, via la relation x≈pt/m aux temps longs.
  • Pas fractionné : La méthode du pas fractionné approxime l’évolution sur un petit intervalle δt en séparant l’opérateur cinétique (p) et l’opérateur potentiel (x) tout en conservant l’unité de l’évolution.

Points essentiels

  • Pour une particule libre, la phase en espace des impulsions dont la pente vaut −p0 t/(mℏ) implique un décalage du paquet d’ondes de p0 t/m, donc une vitesse p0/m.
  • Sans forces, la position moyenne suit <x>t=<x>0+<p>t/m car d<x>/dt=<p>/m, ce qui redonne le comportement classique.
  • Aux temps longs, la densité de probabilité se réécrit |ψ(x,t)|^2≈(m/t)|ψ~(p=mx/t,0)|^2, reliant directement position lointaine et distribution d’impulsions initiale.
  • Pour un Hamiltonien indépendant du temps, l’opérateur d’évolution s’écrit U(t1,t0)=exp(−iH(t1−t0)/ℏ) et, si t1−t0=Nδt, on a U(t1,t0)=U(δt)^N.
  • Au premier ordre en δt, le calcul du mouvement dans un potentiel arbitraire est mené par la séparation unitaire U(δt)≈Up(δt)Ux(δt) avec Up(δt)=exp(−i p^2 δt/(2mℏ)) et Ux(δt)=exp(−i V(x) δt/ℏ).

Astuce mémo

Phase linéaire en p ⇒ translation en x : pente (−p0 t/mℏ) donne le déplacement p0 t/m.

8. Systèmes à une dimension

Notions clés & Définitions

  • Effet tunnel : L’effet tunnel est le franchissement quantique d’une région classiquement interdite, où la particule pénètre une barrière sous forme d’ondes évanescentes.
  • Barrière tunnel 1D : Une barrière tunnel 1D est un potentiel positif constant par morceaux, nul hors d’un intervalle et de hauteur V0 à l’intérieur.
  • Double puits couplés : Un double puits couplés est un potentiel 1D constitué de deux puits séparés par une barrière de largeur Δ, produisant des niveaux pairs et impairs.
  • Clivage tunnel : Le clivage tunnel est la petite séparation en énergie entre un état symétrique fondamental et un état antisymétrique excité, contrôlée par l’atténuation exponentielle à travers la barrière.

Points essentiels

  • Quand k0L<π/2, l’absence d’état lié se vérifie car l’expression impliquant −k cotan(kL) reste négative et ne peut intersecter le quart de cercle de rayon k0L.
  • Pour une barrière très épaisse vérifiant κa≫1, l’amplitude dans la barrière est dominée par exp(−κx) et la transmission décroît comme exp(−2κa).
  • Dans ce régime, la transmission s’approxime par T≈16E(V0−E)/V0^2 ·exp(−2κa), avec κ défini par V0−E=ℏ^2κ^2/(2m).
  • Pour un électron de 5 eV devant une barrière de 10 eV, une augmentation de 0,1 nm de l’épaisseur entraîne une atténuation d’un facteur 10, ce qui fonde le STM.
  • Dans le double puits symétrique, les états sous la hauteur V0 sont alternés pairs et impairs, et les niveaux se regroupent par paires issues du couplage tunnel.
  • Pour κΔ≫1 et V0≫E, le clivage entre le premier état antisymétrique et l’état symétrique vérifie EA−ES≈4π^2ℏ^2/(mκL^3)·e^(−κΔ).

Astuce mémo

Tunnel = loi d’échelle : transmission ∝ e^(−2·κ·épaisseur).

9. Produit tensoriel et intrication

Notions clés & Définitions

  • Espace produit tensoriel : L’état global d’une paire se décrit dans un espace de Hilbert produit, chaque facteur codant les degrés de liberté du photon (par exemple la polarisation) en dimension 2.
  • État intriqué : Un état intriqué est une combinaison non factorisable du type |ψ⟩ qui ne peut pas s’écrire comme le produit d’un état pour Alice et d’un état pour Bob.
  • Base polarisations croisées : La base { |↕⟩|↕⟩ , |↔⟩|↔⟩ } décrit les deux cas où les deux photons ont la même polarisation, horizontale ou verticale.
  • Mélange statistique réduit : L’état d’un seul photon obtenu en ignorant l’autre se comporte comme un mélange de |↕⟩ et |↔⟩ avec probabilités 1/2, même si l’état global est quantique.

Points essentiels

  • La génération paramétrique avec deux cristaux biréfringents alignés produit l’état intriqué |ψ⟩ = (|↕↕⟩ + |↔↔⟩)/√2 lorsque le laser incident est polarisé à 45° par rapport à la verticale.
  • Si Alice mesure un projecteur de polarisation ˆPχ, la probabilité d’obtenir le résultat 1 vaut 1/2, indépendamment de l’angle choisi pour χ.
  • Après un résultat 1 chez Alice, l’état conditionnel de Bob devient |αβ⟩, et la probabilité conjointe s’écrit P(α,β) = (1/2)cos²(α−β).
  • L’intrication empêche de définir un état quantique pour un seul photon : tout état local |χ⟩ donne une issue aléatoire avec probabilités 1/2 et 1/2.
  • La valeur moyenne d’une observable locale A agissant sur le photon de Bob s’obtient comme 1/2⟨↕|A|↕⟩ + 1/2⟨↔|A|↔⟩, soit le même résultat qu’un mélange classique.
  • La décohérence correspond à la destruction de la cohérence quantique lorsque le système perd de l’information vers l’environnement, et ici « laisser échapper » l’un des deux photons fait disparaître la signature quantique globale.

Astuce mémo

Intrication = « ni l’un seul, ni l’autre séparément » : Alice voit toujours 1/2–1/2, mais ensemble le lien ressort via (1/2)cos²(α−β).

10. Spin 1/2 et résonance magnétique

Notions clés & Définitions

  • Sphère de Bloch : La sphère de Bloch est une représentation géométrique d’un état de spin 1/2 par un point de coordonnées angulaires θ\theta et ϕ\phi.
  • Précession de Larmor : La précession de Larmor décrit la rotation du vecteur de Bloch (et donc de S\langle \vec S\rangle) autour du champ magnétique appliqué à une fréquence liée au Hamiltonien.
  • Fréquence de Rabi : La fréquence de Rabi Ω\Omega est la fréquence des oscillations du spin quand un champ magnétique tournant est appliqué, Ω=(ω0ω)2+ω12\Omega=\sqrt{(\omega_0-\omega)^2+\omega_1^2}.
  • Résonance magnétique nucléaire : La RMN est l’observation, pour un système à deux niveaux de spin 1/2 soumis à un champ tournant, d’un transfert d’orientation maximal quand la fréquence du champ approche la fréquence de Larmor.

Points essentiels

  • Un champ magnétique statique B0=B0z^\vec B_0=B_0\hat z donne le Hamiltonien H^=γB0S^z\hat H= -\gamma B_0\hat S_z avec des niveaux E±=±ω0/2E_\pm=\pm\hbar\omega_0/2ω0=γB0\omega_0=-\gamma B_0.
  • Une rotation d’angle α\alpha autour de zz agit par R^α=exp ⁣(iαS^z/)\hat R_\alpha=\exp\! \big(-i\alpha\hat S_z/\hbar\big) et implique que le vecteur de Bloch garde θ\theta mais change ϕϕ+α\phi\to\phi+\alpha.
  • Avec un champ tournant B(t)=B0+B1(t)\vec B(t)=\vec B_0+\vec B_1(t) à fréquence ω\omega, dans le référentiel tournant la dynamique équivaut à une précession autour d’un champ effectif de fréquence Ω=(ω0ω)2+ω12\Omega=\sqrt{(\omega_0-\omega)^2+\omega_1^2} avec ω1=γB1\omega_1=-\gamma B_1.
  • La probabilité de mesurer Sz=/2S_z=-\hbar/2 évolue comme P(t)=ω12Ω2sin2(Ωt2)P_-(t)=\frac{\omega_1^2}{\Omega^2}\sin^2\left(\frac{\Omega t}{2}\right), avec oscillations dites de Rabi.
  • À la résonance ω=ω0\omega=\omega_0, on obtient un retournement total quand la dynamique est initialement au pôle nord, avec une fréquence d’oscillation Ω=ω1\Omega=|\omega_1|.
  • La probabilité moyenne dans le temps P=12ω12(ω0ω)2+ω12\overline{P_-}=\frac12\frac{\omega_1^2}{(\omega_0-\omega)^2+\omega_1^2} donne une courbe de résonance lorentzienne dont la largeur à mi-hauteur vaut 2ω12|\omega_1|.

Astuce mémo

Résonance RMN : Ω=(ω0ω)2+ω12\Omega=\sqrt{(\omega_0-\omega)^2+\omega_1^2}, donc maximum quand ωω0\omega\approx\omega_0 et oscillations de fréquence ω1|\omega_1|.

Repères chronologiques

DateÉvénement
1900Planck établit une loi universelle du spectre du corps noir
1923Einstein propose une interprétation quantique pour l’énergie du rayonnement (photons)
1927Expériences de Davisson et Germer : confirmation de l’hypothèse de de Broglie (interférences avec les électrons envoyés un par un)
1986Expérience de Grangier, Roger et Aspect : interférence avec un photon unique
1966John Bell propose une inégalité à vérifier pour les théories à variables cachées
2022Prix Nobel de physique 2022 à John Clauser, Alain Aspect et Anton Zeilinger

Tableaux de synthèse

États factorisés vs intriqués (deux sous-systèmes)

Type d’étatÉcritureNature
Factorisé|α⟩ ⊗ |β⟩Dépend de chaque sous-système séparément
IntriquéNon factorisableNe s’écrit pas comme un produit d’états locaux

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre phase globale et déphasage relatif : seule la phase relative (ou déphasage relatif ϕ) modifie les probabilités, pas la phase globale.
  2. Croire que pour un photon dans Mach-Zehnder on peut dire “il passe par un bras” : l’expérience montre qu’il “passe” par les deux chemins à la fois (interférence).
  3. Utiliser |⟨χ|ψ⟩| plutôt que |⟨χ|ψ⟩|^2 pour les probabilités : en mesure idéale, P = |⟨χ|ψ⟩|^2.
  4. Interpréter | | comme un produit scalaire : en formalisme de Dirac, le symbole délimité par ⟨|⟩ ne doit jamais être traité comme un produit scalaire au sens algébrique.
  5. Oublier que les projecteurs sont idempotents : P = ⟨ψ|P_n|ψ⟩ et P_n^2=P_n ; ne pas remplacer P_n^2 par autre chose.
  6. Sur le spectre continu (position/impulsion), traiter |x⟩ comme un état normalisable : ⟨x|x⟩=+∞, donc |x⟩ n’est pas un état physique.
  7. Dans l’inégalité de Heisenberg, confondre commutateur et borne : [x,p]=iħI ⇒ ∆x∆p ≥ ħ/2, pas une borne dépendant de l’état.

Checklist Examen

  1. Dualité onde-corpuscule : relier E=hν=ħω et p=ħk=h/λ, puis appliquer les conditions d’interférence (franges brillantes si Δ multiple de λ, sombres si Δ = demi-multiple de λ) et exprimer l’interfrange λD/a.
  2. Mach-Zehnder : expliquer pourquoi la variation de phase avec la différence de marche interdit l’alternative “bras A ou bras B” pour un photon unique envoyé un par un.
  3. Polarisation photon : écrire l’état |ψ⟩=α|↕⟩+β|↔⟩ avec |α|^2+|β|^2=1, puis calculer P↕ et P↔ pour une base linéaire |θ⟩=cosθ|↕⟩+sinθ|↔⟩ (cos^2θ et sin^2θ).
  4. Polarisation circulaire : donner |±⟩=(|↕⟩ ± i|↔⟩)/√2 et montrer que les probabilités dans {|↕⟩,|↔⟩} valent 1/2.
  5. Dirac : obtenir le bra ⟨ψ| par transconjugaison, calculer ⟨ψ|ψ'⟩ via les composantes, utiliser la relation de fermeture I=∑|ψn⟩⟨ψn| et le projecteur |ψm⟩⟨ψm| (idempotence).
  6. Mesure : relier probabilités et projecteurs P(an)=⟨ψ|P_n|ψ⟩=||P_n|ψ⟩||^2 et donner l’état après mesure |ψ'⟩=P_n|ψ⟩/||P_n|ψ⟩|| ; relier ∆A=0 à l’état propre de Â.
  7. Évolution : écrire l’opérateur d’évolution U(t,t0) et pour système isolé U(t)=e^{-iHt/ħ}, puis conclure que les états propres de H n’évoluent qu’à une phase globale et conservent les probabilités.
  8. Position et impulsion : définir psi(x)=⟨x|ψ⟩, densité |psi(x)|^2, action de x̂ par multiplication et de p̂ = (ħ/i)d/dx, puis utiliser [x̂,p̂]=iħI.
  9. Transformée de Fourier : utiliser les définitions quantiques ˜ψ(p)=1/√(2πħ)∫ψ(x)e^{-ipx/ħ}dx et l’inverse, puis appliquer “dériver en x ⇒ multiplier par ip/ħ en p” et “translation x-x0 ⇒ phase e^{-ipx0/ħ}”.
  10. Schrödinger & particule libre : donner iħ∂ψ/∂t=Hψ avec H=p̂^2/2m+V(x), et pour libre montrer que dans l’espace des impulsions seule la phase varie, puis en déduire <x>_t=<x>_0+<p>t/m et l’étalement à grands temps |ψ(x,t)|^2≈(m/t)|˜ψ(p=mx/t,0)|^2.
  11. Tunnel 1D : rappeler le régime κa≫1 (amplitude ~e^{-κa}, transmission décroît ~e^{-2κa}) et, pour le double puits, relier le clivage EA−ES à une loi e^{-κΔ} (avec dépendance en κ,L donnée dans le cours).
  12. Intrication : donner l’état intriqué |ψ⟩=(|↕↕⟩+|↔↔⟩)/√2 et vérifier que les mesures locales donnent 1/2–1/2 mais que la corrélation est P(α,β)=(1/2)cos^2(α−β).

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1. Quel énoncé décrit le mieux la dualité onde-corpuscule d’un objet quantique ?

2. Dans l’expérience des fentes de Young, à quoi correspond l’interfrange ?

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Dualité onde-corpuscule — définition ?

Un même quantum peut se comporter comme onde ou particule selon l’expérience.

Photon — rôle ?

Quantum de lumière, transfert d’énergie et de quantité de mouvement.

Onde plane monochromatique — description ?

Oscillation avec phase exp{i(k·r - ωt)}, relation k=ω/c.

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