Fiche de révision : Introduction à la physique quantique
📋 Plan du Cours
Dualité onde-corpuscule
Polarisation d’un photon
Formalisme de Dirac
Mesure et évolution quantiques
Position et impulsion
Transformation de Fourier
Énergie et équation de Schrödinger
Systèmes à une dimension
Produit tensoriel et intrication
Spin 1/2 et résonance magnétique
📖 1. Dualité onde-corpuscule
🔑 Notions clés & Définitions
Dualité onde-corpuscule : La dualité onde-corpuscule désigne l’idée qu’un même objet quantique peut manifester des comportements de type onde ou de type particule selon l’expérience réalisée.
Photon : Le photon est un quantum de lumière dont l’énergie vérifie E=ℏω et qui peut aussi transférer une quantité de mouvement.
Onde plane monochromatique : Une onde plane monochromatique est une oscillation décrite par une phase exp{i(k⋅r−ωt)} dont la fréquence et le vecteur d’onde sont liés par k=ω/c.
Interfrange de Young : L’interfrange est l’espacement des franges brillantes et sombres dans l’expérience des fentes d’Young, lié à la longueur d’onde et à la géométrie des fentes.
📝 Points essentiels
L’énergie d’un quantum de rayonnement à la fréquence ν vaut E=hν=ℏω et la quantité de mouvement associée au photon vérifie p=ℏω/c=ℏk=h/λ.
Dans une onde plane, la condition k=ω/c implique une relation entre la longueur d’onde et la pulsation, λ=2π/k=cν=2πc/ω.
Dans l’expérience des fentes d’Young, la différence de chemin Δ≈ax/D produit un déphasage 2πax/(Dλ), donnant des franges brillantes quand Δ est un multiple de λ et des franges sombres quand Δ vaut un demi-multiple de λ.
L’interfrange vaut λD/a et explique pourquoi les franges peuvent être observées sans dépendre du temps d’oscillation.
Pour un photon unique envoyé dans un montage de type Mach-Zehnder, l’alternative « il passe par un bras ou par l’autre » contredit l’observation quand la phase varie avec la différence de marche.
Le principe de correspondance impose qu’en répétant une expérience quantique un grand nombre de fois, on retrouve les prédictions classiques à l’échelle macroscopique.
💡 Astuce mémo
De Broglie-Planck-Einstein : E=hν et p=h/λ ; puis interférences via Δ∼ax/D donc franges espacées de λD/a.
📖 2. Polarisation d’un photon
🔑 Notions clés & Définitions
Base de polarisation : Une base de polarisation est un couple (ou ensemble) d’états orthonormés représentant les issues possibles d’une mesure de polarisation.
Ket de polarisation : Un ket de polarisation est le vecteur normé qui décrit l’état quantique d’un photon unique dans l’espace des états de polarisation.
États linéaires |θ> : Un état linéaire |θ> est une superposition normalisée des états verticaux et horizontaux avec des coefficients cosθ et sinθ.
États circulaires |±> : Un état circulaire |±> est une superposition des états verticaux et horizontaux avec une phase relative ±i/qui donne une polarisation circulaire.
📝 Points essentiels
L’état d’un photon unique s’écrit |ψ⟩=α|↕⟩+β|↔⟩ avec la normalisation |α|^2+|β|^2=1.
Pour un état linéaire |θ⟩=cosθ|↕⟩+sinθ|↔⟩, la mesure dans la base {|↕⟩,|↔⟩} donne P↕=cos^2θ et P↔=sin^2θ.
Une polarisation circulaire droite/gauche se décrit par |±⟩=(|↕⟩ ± i|↔⟩)/√2 et conduit à des probabilités égales 1/2 dans la base {|↕⟩,|↔⟩}.
Dans une mesure idéale sur une base orthonormée {|χ⟩,|χ′⟩}, les probabilités valent P|χ⟩=|⟨χ|ψ⟩|^2 et P|χ′⟩=|⟨χ′|ψ⟩|^2, et l’état après mesure devient l’état effectivement obtenu.
L’évolution temporelle d’un photon d’énergie E fait apparaître seulement une phase globale e^{-iEt/ħ}, donc les probabilités de mesure ne dépendent pas du temps.
La propagation dans une lame à retard biréfringente introduit un déphasage relatif ϕ=(ke-ko)L entre |↕⟩ et |↔⟩, tandis que la phase globale e^{ikoL} ne change pas les probabilités.
💡 Astuce mémo
Cos² pour la voie verticale et sin² pour l’horizontale, même pour un seul photon ; la phase globale ne compte pas, seul le déphasage relatif ϕ change l’état.
📖 3. Formalisme de Dirac
🔑 Notions clés & Définitions
ket |ψ⟩ : Un ket est un vecteur colonne de l’espace des états représentant un état quantique.
bra ⟨ψ| : Un bra est le vecteur ligne obtenu à partir d’un ket par transconjugaison (conjugaison puis transposition).
Bracket ⟨ψ|ψ'⟩ : Un bracket est le produit scalaire hermitien entre deux kets, écrit sous la forme ⟨ψ|ψ'⟩.
Espace dual E*H : L’espace dual E*H contient les bras, qui agissent sur les kets pour donner le bracket.
📝 Points essentiels
Passer d’un ket |ψ⟩ de composantes (c0,c1,…) à son bra ⟨ψ| donne (c0*,c1*,…).
Le bracket correspond au produit scalaire hermitien : si |ψ⟩=∑n cn|ψn⟩ et |ψ'⟩=∑n c'n|ψn⟩ alors ⟨ψ|ψ'⟩=∑n c*n c'n.
En formalisme de Dirac, le symbole délimité par | ⟩ (ou ⟨ |) ne doit pas être interprété comme un produit scalaire : on ne remplace pas λ|ψ⟩+μ|ψ'⟩ par |λψ+μψ'⟩.
Un opérateur linéaire ˆA a pour éléments de matrice Am,n=⟨ψm| ˆA |ψn⟩ dans une base orthonormée.
La relation de fermeture vaut ˆI=∑n |ψn⟩⟨ψn|, et le projecteur sur |ψm⟩ est |ψm⟩⟨ψm| avec propriété d’idempotence (|ψm⟩⟨ψm|)^2=|ψm⟩⟨ψm|.
💡 Astuce mémo
Bra = “transconjugué du ket” : conjuguer + transposer pour obtenir ⟨ψ|.
📖 4. Mesure et évolution quantiques
🔑 Notions clés & Définitions
Phase globale : La phase globale d’un ket multiplie l’état par eiφ sans modifier les probabilités de mesure.
État stationnaire : Un état est stationnaire quand son évolution temporelle ne change pas les probabilités de mesure, à cause d’une phase globale.
Postulat de la mesure : Une mesure projette l’état sur le sous-espace propre associé au résultat et impose une probabilité donnée par la norme de la projection.
Opérateur d’évolution : Un opérateur d’évolution U^(t,t0) décrit l’état à l’instant t à partir de l’instant t0 par ∣ψ(t)⟩=U^(t,t0)∣ψ(t0)⟩.
Observables et projecteurs : La mesure d’une observable utilise des projecteurs P^n vers les sous-espaces propres pour obtenir probabilités et état après mesure.
📝 Points essentiels
Si ∣ψ′⟩ et ∣ψ⟩ ne diffèrent que par une phase globale, alors ∣⟨χ∣ψ′⟩∣2=∣⟨χ∣ψ⟩∣2 pour toute base de mesure.
Pour un état d’énergie unique E=ℏω, l’évolution temporelle vaut ∣ψ(t)⟩=e−iωt∣ψ(0)⟩=e−iEt/ℏ∣ψ(0)⟩, ce qui ne change pas les probabilités ∣⟨χ∣ψ(t)⟩∣2.
Dans le postulat général (spectre discret), la probabilité de mesurer an est P(an)=⟨ψ∣P^n∣ψ⟩=∥P^n∣ψ⟩∥2 et l’état après mesure est ∣ψ′⟩=P^n∣ψ⟩/∥P^n∣ψ⟩∥.
Les projecteurs vérifient l’idempotence P^n2=P^n, ce qui rend cohérente l’expression P(an)=⟨ψ∣P^n2∣ψ⟩.
Si le système est isolé (Hamiltonien indépendant du temps), l’opérateur d’évolution s’écrit U^(t)=e−iH^t/ℏ et les états propres de H^ évoluent avec une phase e^{-iE_n(t-t_0)/\hbar.
Une observable mesurée dans son état propre donne un résultat certain et l’écart-type correspondant est nul, ce qui garantit la répétabilité immédiate de la mesure.
💡 Astuce mémo
Phase globale = “invisible aux détecteurs” : seule ∣⟨χ∣ψ⟩∣2 compte, donc eiφ ne change rien.
📖 5. Position et impulsion
🔑 Notions clés & Définitions
Fonction d’onde : Une représentation mathématique de l’état dans l’espace des positions, définie par psi(x)=\langle x|\psi\rangle.
Densité de probabilité : Grandeur ∣ψ(x)∣2 telle que ∣ψ(x)∣2dx donne la probabilité de trouver la particule dans l’intervalle infinitésimal [x,x+dx].
Fonction de Dirac : Distribution δ(x′−x) qui joue le rôle de l’“état de position” dans une base continue, via ⟨x′∣x⟩=δ(x′−x).
Opérateur position : Observable notée x^ agissant dans L2(R) par multiplication : x^ψ(x)=xψ(x).
Opérateur impulsion : Observable notée p^ agissant dans L2(R) comme dérivée : p^ψ(x)=iℏdxdψ.
📝 Points essentiels
Dans le cas d’une mesure donnant un résultat certain A=a, on a ΔA=0 et cela équivaut à A^∣ψ⟩=a∣ψ⟩.
En espace continu, l’identité s’écrit I^=∫−∞+∞∣x⟩⟨x∣dx et la normalisation impose ∫−∞+∞∣ψ(x)∣2dx=1.
À résolution finie δx, la probabilité d’être détecté sur le pixel centré en x0 vaut P≈∣ψ(x0)∣2δx quand ∣ψ(x)∣2 varie peu sur l’intervalle.
Les états propres du positionnement vérifient ⟨x′∣x⟩=δ(x′−x) et donc ⟨x∣x⟩=δ(0)=+∞, ce qui montre que ∣x⟩ n’est pas un état physique de Hilbert.
Le commutateur des observables position et impulsion vaut [x^,p^]=iℏI^, ce qui caractérise leur incompatibilité quantique.
Dans la base des positions, x^ multiplie par x et p^ est un opérateur hermitien donné par p^=iℏdxd.
💡 Astuce mémo
Bornes du couple (x,p) : [x^,p^]=iℏI^ ⇒ “une fois position, pas d’impulsion parfaitement en même temps”.
📖 6. Transformation de Fourier
🔑 Notions clés & Définitions
Transformée de Fourier : La transformée de Fourier est une opération qui associe à une fonction d’onde ψ(x) une fonction dans l’espace des impulsions, notée ˜ψ(p).
Transformée de Fourier inverse : La transformée de Fourier inverse reconstruit la fonction ψ(x) à partir de ˜ψ(p) via une intégrale de retour dans l’espace direct.
Espace direct : L’espace direct est la représentation où l’état est décrit par la fonction d’onde ψ(x) dans la base {|x⟩}.
Espace de Fourier : L’espace de Fourier est la représentation où l’état est décrit par ˜ψ(p) dans la base {|p⟩}.
Théorème de Parseval-Plancherel : Le théorème de Parseval-Plancherel exprime l’égalité du produit scalaire (et donc des normes) entre une fonction et ses transformées de Fourier.
📝 Points essentiels
La transformée de Fourier quantique d’une onde ψ(x) vaut ˜ψ(p)=1/√(2πℏ)∫ψ(x)e^{-ipx/ℏ}dx, avec la variable d’intégration x sur R.
La transformée de Fourier inverse est ψ(x)=1/√(2πℏ)∫˜ψ(p)e^{ipx/ℏ}dp, ce qui rend les deux formules symétriques sauf au signe de la phase.
Le produit scalaire est conservé : ∫ψ1*(x)ψ2(x)dx=∫˜ψ1*(p)˜ψ2(p)dp, donc la transformation est une isométrie.
Une dérivation dans l’espace direct devient une multiplication dans l’espace de Fourier : F[dψ/dx]=(ip/ℏ)˜ψ(p), et plus généralement F[d^nψ/dx^n]=(ip/ℏ)^n˜ψ(p).
Une dérivation dans l’espace de Fourier devient une multiplication inverse : F^{-1}[d˜ψ/dp]=-(ix/ℏ)ψ(x), donc ˆp correspond à (ℏ/i)d/dx sur ψ(x) et ˆx à iℏ d/dp sur ˜ψ(p).
Une translation ψ(x-x0) se traduit par un facteur de phase : F[ψ(x-x0)]=˜ψ(p)e^{-ipx0/ℏ}, et le produit de convolution satisfait F[(ψ1*ψ2)(x)]=√(2πℏ)˜ψ1(p)˜ψ2(p).
💡 Astuce mémo
Direct : dériver → multiplier par ip/ℏ ; Impulsion : multiplier par p → dériver en x via ℏ/i.
📖 7. Énergie et équation de Schrödinger
🔑 Notions clés & Définitions
Théorème d’Ehrenfest : Le théorème d’Ehrenfest relie l’évolution temporelle des grandeurs moyennes quantiques à des commutateurs entre l’observable et le Hamiltonien.
Temps de vol : La méthode du temps de vol déduit l’impulsion à partir de la distance parcourue et du temps mesuré, via la relation x≈pt/m aux temps longs.
Pas fractionné : La méthode du pas fractionné approxime l’évolution sur un petit intervalle δt en séparant l’opérateur cinétique (p) et l’opérateur potentiel (x) tout en conservant l’unité de l’évolution.
📝 Points essentiels
Pour une particule libre, la phase en espace des impulsions dont la pente vaut −p0 t/(mℏ) implique un décalage du paquet d’ondes de p0 t/m, donc une vitesse p0/m.
Sans forces, la position moyenne suit <x>t=<x>0+<p>t/m car d<x>/dt=<p>/m, ce qui redonne le comportement classique.
Aux temps longs, la densité de probabilité se réécrit |ψ(x,t)|^2≈(m/t)|ψ~(p=mx/t,0)|^2, reliant directement position lointaine et distribution d’impulsions initiale.
Pour un Hamiltonien indépendant du temps, l’opérateur d’évolution s’écrit U(t1,t0)=exp(−iH(t1−t0)/ℏ) et, si t1−t0=Nδt, on a U(t1,t0)=U(δt)^N.
Au premier ordre en δt, le calcul du mouvement dans un potentiel arbitraire est mené par la séparation unitaire U(δt)≈Up(δt)Ux(δt) avec Up(δt)=exp(−i p^2 δt/(2mℏ)) et Ux(δt)=exp(−i V(x) δt/ℏ).
💡 Astuce mémo
Phase linéaire en p ⇒ translation en x : pente (−p0 t/mℏ) donne le déplacement p0 t/m.
📖 8. Systèmes à une dimension
🔑 Notions clés & Définitions
Effet tunnel : L’effet tunnel est le franchissement quantique d’une région classiquement interdite, où la particule pénètre une barrière sous forme d’ondes évanescentes.
Barrière tunnel 1D : Une barrière tunnel 1D est un potentiel positif constant par morceaux, nul hors d’un intervalle et de hauteur V0 à l’intérieur.
Double puits couplés : Un double puits couplés est un potentiel 1D constitué de deux puits séparés par une barrière de largeur Δ, produisant des niveaux pairs et impairs.
Clivage tunnel : Le clivage tunnel est la petite séparation en énergie entre un état symétrique fondamental et un état antisymétrique excité, contrôlée par l’atténuation exponentielle à travers la barrière.
📝 Points essentiels
Quand k0L<π/2, l’absence d’état lié se vérifie car l’expression impliquant −k cotan(kL) reste négative et ne peut intersecter le quart de cercle de rayon k0L.
Pour une barrière très épaisse vérifiant κa≫1, l’amplitude dans la barrière est dominée par exp(−κx) et la transmission décroît comme exp(−2κa).
Dans ce régime, la transmission s’approxime par T≈16E(V0−E)/V0^2 ·exp(−2κa), avec κ défini par V0−E=ℏ^2κ^2/(2m).
Pour un électron de 5 eV devant une barrière de 10 eV, une augmentation de 0,1 nm de l’épaisseur entraîne une atténuation d’un facteur 10, ce qui fonde le STM.
Dans le double puits symétrique, les états sous la hauteur V0 sont alternés pairs et impairs, et les niveaux se regroupent par paires issues du couplage tunnel.
Pour κΔ≫1 et V0≫E, le clivage entre le premier état antisymétrique et l’état symétrique vérifie EA−ES≈4π^2ℏ^2/(mκL^3)·e^(−κΔ).
💡 Astuce mémo
Tunnel = loi d’échelle : transmission ∝ e^(−2·κ·épaisseur).
📖 9. Produit tensoriel et intrication
🔑 Notions clés & Définitions
Espace produit tensoriel : L’état global d’une paire se décrit dans un espace de Hilbert produit, chaque facteur codant les degrés de liberté du photon (par exemple la polarisation) en dimension 2.
État intriqué : Un état intriqué est une combinaison non factorisable du type |ψ⟩ qui ne peut pas s’écrire comme le produit d’un état pour Alice et d’un état pour Bob.
Base polarisations croisées : La base { |↕⟩|↕⟩ , |↔⟩|↔⟩ } décrit les deux cas où les deux photons ont la même polarisation, horizontale ou verticale.
Mélange statistique réduit : L’état d’un seul photon obtenu en ignorant l’autre se comporte comme un mélange de |↕⟩ et |↔⟩ avec probabilités 1/2, même si l’état global est quantique.
📝 Points essentiels
La génération paramétrique avec deux cristaux biréfringents alignés produit l’état intriqué |ψ⟩ = (|↕↕⟩ + |↔↔⟩)/√2 lorsque le laser incident est polarisé à 45° par rapport à la verticale.
Si Alice mesure un projecteur de polarisation ˆPχ, la probabilité d’obtenir le résultat 1 vaut 1/2, indépendamment de l’angle choisi pour χ.
Après un résultat 1 chez Alice, l’état conditionnel de Bob devient |αβ⟩, et la probabilité conjointe s’écrit P(α,β) = (1/2)cos²(α−β).
L’intrication empêche de définir un état quantique pour un seul photon : tout état local |χ⟩ donne une issue aléatoire avec probabilités 1/2 et 1/2.
La valeur moyenne d’une observable locale A agissant sur le photon de Bob s’obtient comme 1/2⟨↕|A|↕⟩ + 1/2⟨↔|A|↔⟩, soit le même résultat qu’un mélange classique.
La décohérence correspond à la destruction de la cohérence quantique lorsque le système perd de l’information vers l’environnement, et ici « laisser échapper » l’un des deux photons fait disparaître la signature quantique globale.
💡 Astuce mémo
Intrication = « ni l’un seul, ni l’autre séparément » : Alice voit toujours 1/2–1/2, mais ensemble le lien ressort via (1/2)cos²(α−β).
📖 10. Spin 1/2 et résonance magnétique
🔑 Notions clés & Définitions
Sphère de Bloch : La sphère de Bloch est une représentation géométrique d’un état de spin 1/2 par un point de coordonnées angulaires θ et ϕ.
Précession de Larmor : La précession de Larmor décrit la rotation du vecteur de Bloch (et donc de ⟨S⟩) autour du champ magnétique appliqué à une fréquence liée au Hamiltonien.
Fréquence de Rabi : La fréquence de Rabi Ω est la fréquence des oscillations du spin quand un champ magnétique tournant est appliqué, Ω=(ω0−ω)2+ω12.
Résonance magnétique nucléaire : La RMN est l’observation, pour un système à deux niveaux de spin 1/2 soumis à un champ tournant, d’un transfert d’orientation maximal quand la fréquence du champ approche la fréquence de Larmor.
📝 Points essentiels
Un champ magnétique statique B0=B0z^ donne le Hamiltonien H^=−γB0S^z avec des niveaux E±=±ℏω0/2 où ω0=−γB0.
Une rotation d’angle α autour de z agit par R^α=exp(−iαS^z/ℏ) et implique que le vecteur de Bloch garde θ mais change ϕ→ϕ+α.
Avec un champ tournant B(t)=B0+B1(t) à fréquence ω, dans le référentiel tournant la dynamique équivaut à une précession autour d’un champ effectif de fréquence Ω=(ω0−ω)2+ω12 avec ω1=−γB1.
La probabilité de mesurer Sz=−ℏ/2 évolue comme P−(t)=Ω2ω12sin2(2Ωt), avec oscillations dites de Rabi.
À la résonance ω=ω0, on obtient un retournement total quand la dynamique est initialement au pôle nord, avec une fréquence d’oscillation Ω=∣ω1∣.
La probabilité moyenne dans le temps P−=21(ω0−ω)2+ω12ω12 donne une courbe de résonance lorentzienne dont la largeur à mi-hauteur vaut 2∣ω1∣.
💡 Astuce mémo
Résonance RMN : Ω=(ω0−ω)2+ω12, donc maximum quand ω≈ω0 et oscillations de fréquence ∣ω1∣.
📅 Repères chronologiques
Date
Événement
1900
Planck établit une loi universelle du spectre du corps noir
1923
Einstein propose une interprétation quantique pour l’énergie du rayonnement (photons)
1927
Expériences de Davisson et Germer : confirmation de l’hypothèse de de Broglie (interférences avec les électrons envoyés un par un)
1986
Expérience de Grangier, Roger et Aspect : interférence avec un photon unique
1966
John Bell propose une inégalité à vérifier pour les théories à variables cachées
2022
Prix Nobel de physique 2022 à John Clauser, Alain Aspect et Anton Zeilinger
📊 Tableaux de synthèse
États factorisés vs intriqués (deux sous-systèmes)
Type d’état
Écriture
Nature
Factorisé
|α⟩ ⊗ |β⟩
Dépend de chaque sous-système séparément
Intriqué
Non factorisable
Ne s’écrit pas comme un produit d’états locaux
⚠️ Pièges & confusions fréquents
Confondre phase globale et déphasage relatif : seule la phase relative (ou déphasage relatif ϕ) modifie les probabilités, pas la phase globale.
Croire que pour un photon dans Mach-Zehnder on peut dire “il passe par un bras” : l’expérience montre qu’il “passe” par les deux chemins à la fois (interférence).
Utiliser |⟨χ|ψ⟩| plutôt que |⟨χ|ψ⟩|^2 pour les probabilités : en mesure idéale, P = |⟨χ|ψ⟩|^2.
Interpréter | | comme un produit scalaire : en formalisme de Dirac, le symbole délimité par ⟨|⟩ ne doit jamais être traité comme un produit scalaire au sens algébrique.
Oublier que les projecteurs sont idempotents : P = ⟨ψ|P_n|ψ⟩ et P_n^2=P_n ; ne pas remplacer P_n^2 par autre chose.
Sur le spectre continu (position/impulsion), traiter |x⟩ comme un état normalisable : ⟨x|x⟩=+∞, donc |x⟩ n’est pas un état physique.
Dans l’inégalité de Heisenberg, confondre commutateur et borne : [x,p]=iħI ⇒ ∆x∆p ≥ ħ/2, pas une borne dépendant de l’état.
✅ Checklist Examen
Dualité onde-corpuscule : relier E=hν=ħω et p=ħk=h/λ, puis appliquer les conditions d’interférence (franges brillantes si Δ multiple de λ, sombres si Δ = demi-multiple de λ) et exprimer l’interfrange λD/a.
Mach-Zehnder : expliquer pourquoi la variation de phase avec la différence de marche interdit l’alternative “bras A ou bras B” pour un photon unique envoyé un par un.
Polarisation photon : écrire l’état |ψ⟩=α|↕⟩+β|↔⟩ avec |α|^2+|β|^2=1, puis calculer P↕ et P↔ pour une base linéaire |θ⟩=cosθ|↕⟩+sinθ|↔⟩ (cos^2θ et sin^2θ).
Polarisation circulaire : donner |±⟩=(|↕⟩ ± i|↔⟩)/√2 et montrer que les probabilités dans {|↕⟩,|↔⟩} valent 1/2.
Dirac : obtenir le bra ⟨ψ| par transconjugaison, calculer ⟨ψ|ψ'⟩ via les composantes, utiliser la relation de fermeture I=∑|ψn⟩⟨ψn| et le projecteur |ψm⟩⟨ψm| (idempotence).
Mesure : relier probabilités et projecteurs P(an)=⟨ψ|P_n|ψ⟩=||P_n|ψ⟩||^2 et donner l’état après mesure |ψ'⟩=P_n|ψ⟩/||P_n|ψ⟩|| ; relier ∆A=0 à l’état propre de Â.
Évolution : écrire l’opérateur d’évolution U(t,t0) et pour système isolé U(t)=e^{-iHt/ħ}, puis conclure que les états propres de H n’évoluent qu’à une phase globale et conservent les probabilités.
Position et impulsion : définir psi(x)=⟨x|ψ⟩, densité |psi(x)|^2, action de x̂ par multiplication et de p̂ = (ħ/i)d/dx, puis utiliser [x̂,p̂]=iħI.
Transformée de Fourier : utiliser les définitions quantiques ˜ψ(p)=1/√(2πħ)∫ψ(x)e^{-ipx/ħ}dx et l’inverse, puis appliquer “dériver en x ⇒ multiplier par ip/ħ en p” et “translation x-x0 ⇒ phase e^{-ipx0/ħ}”.
Schrödinger & particule libre : donner iħ∂ψ/∂t=Hψ avec H=p̂^2/2m+V(x), et pour libre montrer que dans l’espace des impulsions seule la phase varie, puis en déduire <x>_t=<x>_0+<p>t/m et l’étalement à grands temps |ψ(x,t)|^2≈(m/t)|˜ψ(p=mx/t,0)|^2.
Tunnel 1D : rappeler le régime κa≫1 (amplitude ~e^{-κa}, transmission décroît ~e^{-2κa}) et, pour le double puits, relier le clivage EA−ES à une loi e^{-κΔ} (avec dépendance en κ,L donnée dans le cours).
Intrication : donner l’état intriqué |ψ⟩=(|↕↕⟩+|↔↔⟩)/√2 et vérifier que les mesures locales donnent 1/2–1/2 mais que la corrélation est P(α,β)=(1/2)cos^2(α−β).
Teste tes connaissances
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1. Quel énoncé décrit le mieux la dualité onde-corpuscule d’un objet quantique ?
2. Dans l’expérience des fentes de Young, à quoi correspond l’interfrange ?