Fiche de révision : Introduction aux sciences du mouvement

Plan du Cours

  1. Sciences du mouvement et biomécanique
  2. Bascule vers le cognitivisme et Tolman
  3. Mouvement global et mouvement focal
  4. Geste et action orientée vers un but
  5. Composantes posturale et locomotrice
  6. Classification des habiletés et traitement de l’information
  7. Incertitude et information de Shannon
  8. Chaîne de communication et canal de transmission
  9. Source, émetteur, code et récepteur
  10. Bruit et niveaux de perturbation
  11. Apprentissages complexes et définition de Fleishman
  12. Approche écologique : affordance et entropie

1. Sciences du mouvement et biomécanique

Notions clés & Définitions

  • Biomécanique : La biomécanique étudie le mouvement du corps en combinant des connaissances mécaniques et l’organisation anatomique.
  • Iatrophysique : L’iatrophysique désigne une approche historique reliant la compréhension du vivant à des principes physiques, avant l’essor de la biomécanique.
  • Physiologie du mouvement : La physiologie du mouvement cherche à expliquer et décomposer le mouvement à partir du fonctionnement biologique du corps.
  • Sciences du mouvement : Les sciences du mouvement regroupent des disciplines qui étudient le mouvement comme objet central, notamment via mécanique, anatomie et physiologie.
  • Sciences cognitives : Les sciences cognitives étudient le mouvement en mobilisant la psychologie et d’autres disciplines, avec des approches successives (cognitive, écologique, dynamique).

Points essentiels

  • La caractérisation scientifique du mouvement s’est construite en plusieurs étapes, d’abord via la mécanique/physique puis via des disciplines biologiques et cognitives.
  • Le tournant héliocentrique (Copernic, Galilée, années 1500) a renforcé l’idée que les lois physiques valent aussi pour les objets terrestres, pas seulement pour les planètes.
  • Entre 1600 et 1650, l’association mécanique + anatomie a conduit à s’intéresser aux forces sur le corps et à des notions comme la position du centre de gravité (Borelli, 1608-1679).
  • Au tournant des années 1700, des avancées technologiques ont accéléré l’étude du mouvement, puis la physiologie s’est associée plus tard pour le décomposer (Marey, 1830-1904).
  • Vers les années 1900, les sciences du mouvement se structurent comme groupe, tandis que la psychologie devient une science et évolue surtout de façon plus isolée jusqu’aux années 1950.
  • Après la Seconde Guerre mondiale (vers 1950), la remise en question des savoirs a favorisé l’association de disciplines (psychologie, intelligence artificielle, philosophie, linguistique) pour mieux traiter les questions

Astuce mémo

Biomécanique = Mécanique + Anatomie ; puis Physiologie ; puis Sciences cognitives (cognitive→écologique→dynamique).

2. Bascule vers le cognitivisme et Tolman

Notions clés & Définitions

  • Behaviorisme : Courant psychologique qui étudie uniquement des comportements observables comme réponses à des stimuli extérieurs.
  • Boîte noire : Notion selon laquelle les processus mentaux entre stimulus et réponse ne sont pas observés directement, donc traités comme une zone non analysée.
  • Associationnisme : Thèse d’apprentissage reliant directement un stimulus à une réponse, sans recours explicite aux mécanismes mentaux.
  • Tolman : Chercheur qui critique le behaviorisme en montrant que des rats peuvent agir comme s’ils disposaient d’une représentation du labyrinthe.
  • Carte cognitive : Représentation mentale attribuée à l’animal, permettant d’anticiper des trajets même sans voir la nourriture.

Points essentiels

  • Le behaviorisme vise une psychologie objective en privilégiant des comportements mesurables plutôt que des états subjectifs.
  • Le problème central du behaviorisme est de caractériser l’environnement qui produit la stimulation pertinente pour l’animal.
  • Le behaviorisme refuse d’observer le cerveau et suppose une association directe stimulus→réponse, ce qui permet de prédire l’un à partir de l’autre.
  • Le conditionnement par récompense correspond au renforcement, car l’assouvissement d’un besoin augmente la probabilité du comportement.
  • Le conditionnement par punition diminue la probabilité d’apparition d’un comportement quand la réponse entraîne un résultat désagréable.
  • Les lois de Thorndike : l’exercice renforce une activité répétée dans une situation identique, et l’effet renforce si la conséquence est agréable ou interrompt si elle est désagréable.

Astuce mémo

Behaviorisme = Stimulus-Réponse sans cerveau visible ; Tolman = Carte mentale pour choisir même sans voir.

3. Mouvement global et mouvement focal

Notions clés & Définitions

  • Habileté : L’habileté est la capacité acquise à produire une performance compétente, rapide et adaptée, après entraînement.
  • Perception : La perception correspond à l’interprétation des signaux fournis par les capteurs sensoriels (visuel, auditif, etc.).
  • Sensation : La sensation désigne le stade lié aux capteurs sensoriels, avant l’interprétation cognitive des informations.
  • Psycho-physique : La psycho-physique cherche à établir des lois reliant les caractéristiques physiques de l’environnement à la façon dont elles sont perçues.
  • Taxonomie des habiletés : Une taxonomie est une classification des habiletés en catégories fondées sur leurs caractéristiques et leurs relations.

Points essentiels

  • Chaîne de l’habileté : perception des caractéristiques de l’environnement → prise de décision (quoi faire, quand faire) → production d’une activité musculaire organisée.
  • Les études de l’habileté couvrent quatre familles : processus sensoriels/perceptifs, prise de décision, contrôle/production du mouvement, et apprentissage.
  • Guthrie (1935) : l’habileté vise un résultat fixé à l’avance avec forte probabilité de réussite et des coûts (temps/énergie) minimisés.
  • Welford (1968) : l’habileté s’acquiert par un long entraînement et se manifeste par une performance rapide, experte et adaptée.
  • Leplat et Pailhous (1975) : être habile signifie travailler vite tout en respectant les autres critères imposés par la tâche.
  • Leplat (1987) : une habileté correspond à la possibilité acquise d’exécuter une classe de tâches à un niveau élevé d’efficacité et d’efficience.

Astuce mémo

Perception → Décision → Action : P-D-A (habileté).

4. Geste et action orientée vers un but

Notions clés & Définitions

  • Habileté motrice : Une habileté motrice est une capacité permettant d’exécuter un mouvement adapté à un but précis.
  • Topocinèse : La topocinèse désigne un mouvement dont le but à atteindre est défini dans l’espace.
  • Morphocinèse : La morphocinèse correspond à une habileté guidée par la nécessité de produire une forme déterminée.
  • Activité EMG : L’activité EMG est l’enregistrement de la contraction musculaire utilisé pour distinguer des types d’habiletés.
  • Situation socio-motrice : Une situation socio-motrice est une situation où des partenaires et/ou des adversaires sont présents.

Points essentiels

  • La classification de Marielle Cadopi (1980) distingue topocinèses et morphocinèses selon la façon dont le but est défini.
  • En topocinèse, le but à atteindre est fixé dans l’espace, ce qui oriente la production du mouvement (ex : foot).
  • En morphocinèse, l’action est guidée par la production d’une forme (ex : danseuse).
  • La discipline évaluée peut combiner un code de pointage et une dimension artistique (ex : patinage artistique, gym, équitation).
  • Jacques Paillard (1983) distingue les habiletés en s’appuyant sur l’activité musculaire mesurée par EMG, avec une pente liée à la vitesse d’augmentation de la contraction.
  • Le mouvement progressif ou en rampe correspond à une contraction à vitesse constante, et la pièce osseuse ne se déplace qu’après un seuil de contraction suffisant (selon les courbes décrites).

Astuce mémo

Topo = but dans l’espace ; Morpho = forme à fabriquer.

5. Composantes posturale et locomotrice

Notions clés & Définitions

  • Apprentissage moteur : L’apprentissage moteur regroupe des processus liés à l’entraînement ou à l’expérience qui entraînent des changements relativement durables des comportements habiles.
  • Maturation : La maturation désigne une évolution naturelle de l’organisme qui modifie la conduite sans être due à un apprentissage par pratique.
  • Feedforward : Le feedforward est une régulation anticipatrice où la commande est produite avant que l’information sensorielle ne puisse corriger le mouvement.
  • Feedback : Le feedback est une régulation en boucle où l’information issue de l’action est réutilisée pour corriger le mouvement vers l’équilibre.
  • Copie d’efférence : La copie d’efférence est une prédiction interne de la commande motrice qui permet d’anticiper les sensations attendues et de comparer au réel.

Points essentiels

  • L’apprentissage n’est pas directement observable : on observe des changements de comportement après des pratiques, pas l’apprentissage lui-même.
  • Il y a apprentissage quand la répétition d’une même situation modifie systématiquement et durablement la conduite.
  • L’apprentissage moteur correspond à une amélioration de la capacité à réaliser une habileté, mise en évidence comme relativement permanente.
  • L’apprentissage est une activité à la fois psychologique et biologique, et il résulte en général d’une pratique longue.
  • La transformation apprise est relativement durable : une fois installée, elle peut persister et perturber la performance pendant un certain temps.
  • Régulation des mouvements rapides : le système s’appuie sur l’anticipation (feedforward) car le traitement de l’information arrive trop tard pour corriger l’instantanéité du geste.

Astuce mémo

Rapide = avance (feedforward), Lent = retour (feedback), Très rapide = prédiction (copie d’efférence).

6. Classification des habiletés et traitement de l’information

Notions clés & Définitions

  • Transformation de l’information : Processus mental où le cerveau modifie progressivement la représentation du stimulus pour produire une réponse motrice.
  • Approche écologique et dynamique : Perspective où le contrôle moteur s’explique par l’interaction rapide du système avec l’environnement et les propriétés du corps, sans dépendre d’une représentation interne lente.
  • Modèle de Whithing : Modèle centraliste et simplifié où les entrées sensorielles sont traitées au niveau du SNC pour aboutir à une sortie motrice.
  • Filtre sélectif de Broadbent : Mécanisme de limitation du canal central qui empêche de traiter toutes les entrées sensorielles en même temps.
  • Boucle ouverte : Contrôle où l’ajustement se fait avant l’exécution grâce à une commande, sans correction possible pendant le mouvement.

Points essentiels

  • Le traitement en plusieurs étapes prend du temps car chaque étape transforme l’information avant la réponse motrice.
  • L’approche écologique insiste sur le fait que certaines régulations peuvent être prises en charge par les propriétés physiques et biologiques du corps.
  • Dans le modèle de Whithing, le traitement central relie directement l’entrée sensorielle à la sortie motrice via le SNC.
  • Dans le modèle de Broadbent, le canal de traitement est limité, ce qui impose un filtre pour éviter la surcharge (ex : situation dichotique, élimination du bruit).
  • Dans le modèle simplifié, le SNC décompose le traitement en perception, décision et effet, et intègre la mémoire pour éviter de repartir de zéro à chaque essai.
  • Le feedforward correspond à un fonctionnement sans correction en cours d’exécution, tandis que le feedback (intrinsèque ou extrinsèque) permet une régulation pendant l’action.

Astuce mémo

Transformation = étapes = temps : plus ça se transforme, plus ça prend du délai.

7. Incertitude et information de Shannon

Notions clés & Définitions

  • Programme moteur généralisé : Un programme moteur qui s’applique à une classe de mouvements proches, en réutilisant une structure commune plutôt qu’un programme unique par mouvement.
  • Programme moteur spécifique : Un programme construit à partir du programme généralisé en ajoutant des paramètres propres à la tâche et aux conditions initiales pour produire un résultat visé.
  • Modèle hiérarchique de Paillard : Un modèle à plusieurs niveaux où la réalisation motrice et la conception cognitive sont organisées en hiérarchie, avec un coût attentionnel croissant au niveau conscient.
  • Servomoteur : Un niveau physiologique de régulation basé sur la coordination agoniste–antagoniste qui ajuste la force selon les exigences de la tâche.
  • Modèle interne de Wolpert : Une représentation prédictive qui relie commande motrice et sensations attendues, permettant d’anticiper le retour sensoriel avant la comparaison au réel.

Points essentiels

  • Le programme moteur généralisé réduit la mémoire en réutilisant un même schéma pour une catégorie de mouvements, puis il faut ajouter des paramètres (force, amplitude, etc.).
  • La commande motrice est déterminée par le résultat désiré et les conditions initiales (état du corps et environnement), puis elle génère des feedbacks comparés à des normes.
  • Le modèle hiérarchique de Paillard distingue des niveaux où les opérations conscientes et attentionnelles sont coûteuses en temps et en ressources, donc défavorables à la fluidité rapide.
  • La hiérarchie à 4 niveaux associe servomoteur (agoniste/antagoniste), auto-régulation (plusieurs groupes), auto-adaptation (nouveaux mouvements sans attention) et auto-organisation (nouveaux mouvements avec attention/cog
  • Le servomoteur correspond à une régulation de la force via des boucles alpha et gamma, avec une coordination agoniste–antagoniste.
  • L’auto-régulation repose sur des programmes câblés par des connexions neuronales existantes, tandis que l’auto-adaptation modifie légèrement le câblage pour construire de nouveaux circuits.

Astuce mémo

PMG = même “moule”, paramètres = “réglages”; Paillard = 4 étages du réflexe à l’attention (du rapide au coûteux).

8. Chaîne de communication et canal de transmission

Notions clés & Définitions

  • Modèle interne prédictif : Modèle interne : système de prédiction qui anticipe le mouvement et la force nécessaires à partir des caractéristiques biomécaniques du corps et du contexte.
  • Dynamic Forward Model : Dynamic Forward Model : modèle prédictif dynamique qui simule l’évolution attendue du mouvement (ex. sous gravité) pour guider l’action.
  • Gravité terrestre (1g) : Gravité terrestre (1g) : accélération attendue utilisée par le système pour planifier l’interception d’une balle tombante.
  • Flux optique : Flux optique : ensemble des changements visuels perçus au cours du temps, porteurs d’information pour guider l’action.
  • Couplage perception-action : Couplage perception-action : relation où l’action modifie la perception et où la perception issue des changements influence l’action suivante.

Points essentiels

  • La prédiction de force reste robuste même quand le contexte change (ex. après avoir bu), ce qui suggère une forte fiabilité du modèle interne plutôt qu’une simple volonté d’agir.
  • Après adaptation à plusieurs levées, la force de préhension se règle aux caractéristiques de l’objet, puis l’allègement attendu conduit à une accélération plus forte.
  • Les modèles prédictifs intègrent des caractéristiques biomécaniques (amplitude, masse, volume) et restent adaptés au contexte.
  • Avec un écran simulant la descente, une accélération virtuelle correcte permet de rattraper avec une accélération égale à celle sur Terre.
  • Si l’accélération virtuelle est fausse (vitesse constante, 0g), la main arrive trop tôt car la prédiction de mouvement et de force n’est pas la bonne.
  • Si l’accélération virtuelle est correcte mais que le déclenchement est basé sur un clic au mauvais moment, la réponse est trop tardive : c’est le mouvement qui doit être couplé au timing attendu.

Astuce mémo

Prédire → agir : bon modèle (1g) donne bon mouvement, mauvais timing (clic) casse l’interception.

9. Source, émetteur, code et récepteur

Notions clés & Définitions

  • Invariant optique : Un invariant optique est une propriété du flux visuel qui reste exploitable malgré les transformations continues de la scène.
  • Focus d’expansion : Le focus d’expansion est le point immobile du flux optique lors d’un déplacement vers l’avant, associé à un vecteur nul.
  • Focus de contraction : Le focus de contraction est le point immobile du flux optique lors d’un déplacement vers l’arrière, associé à un vecteur nul.
  • Tau : Le tau est un invariant optique reliant le temps restant avant contact à partir de la vitesse et de la variation de l’expansion rétinienne.
  • Affordance : Une affordance désigne les possibilités d’action qu’un objet offre à un individu, dépendantes de la relation sujet-environnement.

Points essentiels

  • Les flux visuels portent l’information utile au contrôle de la motricité sous forme d’invariants exploitables pour agir malgré la complexité du champ visuel.
  • Lors d’une marche vers l’avant, le seul point immobile du flux optique est le focus d’expansion, et les autres points s’en éloignent visuellement.
  • Lors d’une marche vers l’arrière, le seul point immobile du flux optique est le focus de contraction, et les autres points se rapprochent visuellement.
  • Le focus d’expansion/contraction est associé à un vecteur de amplitude nulle, et la vitesse d’éloignement/rapprochement renseigne la vitesse de déplacement.
  • Le tau a été défini par David Lee (1976) et correspond à un temps de contact exprimé en secondes.
  • Le tau global s’obtient à partir de la vitesse d’expansion optique (r) et de sa vitesse de changement, avec D comme vitesse de changement de la distance/paramètre associé au point projeté sur la rétine (p et r).

Astuce mémo

FOE = Forward Only Expansion (vers l’avant, le centre ne bouge pas) ; FC = Backward Contraction (vers l’arrière, le centre ne bouge pas).

10. Bruit et niveaux de perturbation

Notions clés & Définitions

  • Modalités sensorielles : Ensemble des canaux sensoriels (vision, proprioception, etc.) qui contribuent à la décision et au pilotage d’une action.
  • Flux visuel : Type de flux issu de la vision, dont la dynamique dépend des variations de vitesse et d’expansion perçues.
  • Flux proprioceptif : Type de flux lié aux informations biomécaniques, notamment quand la vitesse d’un support détermine le mouvement du corps.
  • Tau : Signal perceptif basé sur la relation entre distance et vitesse, utilisé pour estimer un temps d’arrivée sans recourir à l’accélération.
  • Complexité perceptive : Niveau de difficulté lié au traitement simultané de plusieurs informations sensorielles et à leur intégration en cours d’action.

Points essentiels

  • Les modalités sensorielles n’ont pas le même poids dans la décision : elles sont sélectionnées de façon inconsciente selon la tâche.
  • Dans l’exemple du tracteur, la vitesse du tracteur détermine le flux visuel tandis que la vitesse du tapis détermine la vitesse de mouvement des gens et donc un flux proprioceptif.
  • Tau néglige l’accélération : l’information utilisée repose sur la vitesse et une distance.
  • Tau fournit une information via l’œil, ce qui limite son usage quand d’autres modalités sensorielles (sonore, haptique, etc.) devraient compter.
  • L’estimation par expansion suppose des conditions géométriques (ex. sphéricité) : si l’objet tourne, l’expansion régulière de taille n’est plus valable.
  • L’approche écologique vise une simplification de la complexité perceptive pendant l’action, tandis que l’approche dynamique cherche surtout à simplifier le pilotage neuro-musculo-squelettique en tenant compte de ses lois

Astuce mémo

Vision = tracteur (flux visuel) ; Corps = tapis (flux proprioceptif) ; Tau = vitesse+distance (pas d’accélération) ; Expansion = géométrie stable (sinon ça casse).

11. Apprentissages complexes et définition de Fleishman

Notions clés & Définitions

  • Portrait de phase : Un portrait de phase est une représentation du mouvement où l’on trace la position en fonction de la vitesse pour visualiser l’oscillation.
  • Coordination en phase : Une coordination en phase correspond à une synchronisation où les mêmes muscles se contractent simultanément chez les deux oscillateurs.
  • Coordination en anti-phase : Une coordination en anti-phase correspond à une synchronisation inversée où, quand un muscle s’active, son homologue est au repos.
  • Phase relative : La phase relative mesure le décalage entre les mouvements de deux oscillateurs, exprimé comme un écart angulaire dans l’espace des phases.
  • Paramètre d’ordre : Le paramètre d’ordre est une variable collective macroscopique qui résume quantitativement l’état du système.

Points essentiels

  • Quand on entretient un mouvement oscillatoire, la trajectoire position-vitesse forme un cercle sur le portrait de phase.
  • En coordination en phase, les deux portraits de phase sont identiques et la phase relative vaut 0°.
  • En coordination en anti-phase, l’angle entre portraits de phase vaut 180° et la phase relative reflète cet écart.
  • La phase relative est l’indicateur observé qui caractérise le comportement émergent des oscillateurs.
  • Le paramètre de contrôle est une variable manipulée (ex. vitesse) dont la variation entraîne un changement du paramètre d’ordre.
  • Le paramètre de contrôle ne prescrit pas le mode de coordination : il déclenche une dynamique intrinsèque qui émerge spontanément.

Astuce mémo

Portrait de phase = Position ↔ Vitesse : même forme = même synchronisation (0°) ; forme opposée = anti-phase (180°).

12. Approche écologique : affordance et entropie

Notions clés & Définitions

  • Affordance : Notion écologique désignant ce que l’environnement rend possible pour l’action d’un individu, compte tenu de ses capacités.
  • Entropie de trajectoire : Mesure de la complexité géométrique d’une trajectoire à partir de sa longueur et de la taille de son enveloppe convexe.
  • Enveloppe convexe : Zone minimale englobant une trajectoire, utilisée pour comparer la complexité de formes de mouvement.
  • Gel des degrés de liberté : Stratégie d’apprentissage où un débutant limite l’amplitude articulaire et “fige” des degrés de liberté plutôt que de les exploiter.
  • Dégel des degrés de liberté : Évolution de l’apprentissage où l’expert dissocie le travail des articulations et augmente l’amplitude latérale disponible.

Points essentiels

  • L’entropie de trajectoire se calcule à partir de la longueur LL et de la longueur de l’enveloppe convexe CC pour comparer des formes de trajectoires.
  • À enveloppe convexe identique, une trajectoire avec entropie élevée présente une forme géométriquement plus complexe qu’une trajectoire à entropie faible.
  • Dans les données d’escalade, les non-experts ont une entropie plus élevée que les experts, et l’entropie diminue au fil des essais pour les deux groupes.
  • La trajectoire d’un expert est décrite comme plus “régulière” : il oscille de part et d’autre de la porteuse, ce qui simplifie le mouvement complexe.
  • Le gel des degrés de liberté se manifeste par une posture plus figée et une moindre exploitation de l’amplitude latérale, alors que le dégel permet une dissociation segmentaire.
  • Dans l’expérience zig-zag, le gel se traduit par une tête orientée vers la prochaine cible et des écrasements répétés, tandis que le dégel s’accompagne d’un comportement plus fluide sans écrasement.

Astuce mémo

Entropie = LL / CC : plus la trajectoire “remplit” son enveloppe, plus elle est complexe; Gel = figer les articulations, Dégel = dissocier et gagner en amplitude.

Repères chronologiques

DateÉvénement
années 1500Tournant héliocentrique (Copernic, Galilée) renforçant l’universalité des lois physiques
1600-1650Association mécanique + anatomie : forces sur le corps et position du centre de gravité (Borelli)
1950Après la Seconde Guerre mondiale : remise en question et association de disciplines (psychologie, intelligence artificielle, philosophie, linguistique)

Tableaux de synthèse

Bascule cognitivisme : behaviorisme vs cognitivisme

ApprocheUnité d’étudeTraitement mental
BehaviorismeComportements observables (stimulus→réponse)Boîte noire : cerveau non observé, association directe stimulus→réponse
CognitivismeOpérations mentales et usage des connaissancesReprésentations internes : tri/stockage en mémoire, traitement de l’information

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre sensation et perception : la sensation correspond aux capteurs, la perception à l’interprétation cognitive des signaux.
  2. Croire que le feedforward est un feedback : feedforward anticipe avant correction possible, feedback corrige en boucle pendant l’action.
  3. Mélanger focus d’expansion et focus de contraction : l’un correspond au déplacement vers l’avant, l’autre vers l’arrière.
  4. Penser que le tau inclut l’accélération : dans le cours, tau néglige l’accélération et repose sur vitesse + distance/temps de contact.
  5. Inverser centraliste et périphériste : centraliste = correction avant exécution (boucle ouverte), périphériste = correction pendant le mouvement (boucle fermée).
  6. Confondre efficacité et efficience : l’efficacité vise l’atteinte du but, l’efficience rapporte performance au coût/ressources.
  7. Croire que l’approche écologique “supprime” toute information : elle redéfinit l’information comme contenue dans les changements (flux) et le couplage perception-action.

Checklist Examen

  1. Expliquer la différence entre biomécanique et iatrophysique, et situer l’association mécanique+anatomie (1600-1650) puis la physiologie (années 1700).
  2. Décrire l’évolution des sciences du mouvement vers les années 1900 et la structuration de la psychologie puis de la psychologie cognitive vers les années 50.
  3. Définir behaviorisme, boîte noire et associationnisme, puis préciser le problème central du behaviorisme (caractériser l’environnement qui produit la stimulation pertinente).
  4. Expliquer renforcement vs punition et résumer les lois de Thorndike (exercice et effet) en termes de probabilité de comportement.
  5. Présenter la critique de Tolman du behaviorisme (carte cognitive) et ce que permet la carte cognitive dans un labyrinthe sans voir la nourriture.
  6. Définir habileté et donner la chaîne P-D-A (perception → prise de décision → action) ainsi que les quatre familles d’études de l’habileté.
  7. Comparer les définitions de Guthrie (1935), Welford (1968), Leplat & Pailhous (1975) et Leplat (1987) en repérant ce qui change (probabilité de réussite, entraînement, critères de tâche, efficacité/efficience).
  8. Distinguer mouvement global vs mouvement focal, puis geste vs action (contenu sémantique vs but orienté vers un effet observable).
  9. Classer les habiletés selon au moins deux taxonomies du cours : Poulton (fermée/ouvertes, incertitude) et Cadopi (topocinèses/morphocinèses) ou Knapp (habitude/adaptation).
  10. Décrire la classification de Paillard (EMG et pente liée à la vitesse d’augmentation de la contraction) et relier mouvement en rampe vs impulsif/balistique à l’EMG.
  11. Expliquer ce qu’est l’apprentissage moteur (définition de Fleishman et critères : changement relativement durable, non observable directement) et distinguer maturation vs apprentissage.
  12. Décrire la chaîne de communication (source, émetteur, code, récepteur) et le rôle du bruit dans la transmission de l’information.
  13. Expliquer la théorie de Shannon : information comme réduction d’incertitude, bit, et la relation log2(N/n) telle que donnée dans le cours.
  14. Présenter les régulations : feedforward (mouvements rapides), feedback (mouvements lents, boucle fermée, feedback positif vs négatif) et copie d’efférence (mouvements extrêmement rapides).

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Introduction aux sciences du mouvement avec 24 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Que désigne principalement la biomécanique dans l’étude du mouvement ?

2. Quelle évolution historique a renforcé l’idée que les lois physiques s’appliquent aussi au corps terrestre ?

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Biomécanique — définition ?

Étude du mouvement du corps en combinant mécanique et anatomie.

Iatrophysique — rôle ?

Approche historique reliant vivant et principes physiques.

Physiologie du mouvement — but ?

Expliquer et décomposer le mouvement biologique.

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