QCM : La sociologie d’Erving Goffman — 11 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quel ouvrage Erving Goffman publie-t-il en 1961 sur la vie des malades mentaux et des autres reclus ?

La Mise en scène de la vie quotidienne
Le Métier de sociologue
Histoire de la folie à l’âge classique
Asiles — Condition sociale des malades mentaux

Asiles — Condition sociale des malades mentaux

Explication

Dans Asiles, Goffman étudie la vie sociale des malades mentaux et d’autres personnes recluses. La Mise en scène de la vie quotidienne porte sur les interactions sociales, mais ne constitue pas l’ouvrage consacré à l’institution psychiatrique.

2. Quelle démarche Erving Goffman adopte-t-il pour analyser la vie institutionnelle du point de vue des malades mentaux ?

Une analyse exclusive des dossiers médicaux rédigés par le personnel
Une observation prolongée dans un hôpital psychiatrique de Washington
Une comparaison historique de plusieurs systèmes judiciaires européens
Une enquête statistique menée auprès de plusieurs ministères de la Santé

Une observation prolongée dans un hôpital psychiatrique de Washington

Explication

Goffman s’appuie sur une observation prolongée dans un hôpital psychiatrique de Washington afin de comprendre l’expérience institutionnelle des malades. L’analyse des dossiers ou du point de vue administratif ne correspond pas à cette démarche centrée sur les reclus.

3. Qu’est-ce qui caractérise principalement une institution totale par rapport à un lieu de soins ordinaire ?

La séparation nette entre les horaires de travail et ceux de la vie privée
La priorité accordée aux activités thérapeutiques choisies par chaque patient
Le contrôle de l’ensemble des aspects de la vie des personnes recluses
La possibilité pour chaque résident d’organiser librement ses déplacements

Le contrôle de l’ensemble des aspects de la vie des personnes recluses

Explication

Une institution totale contrôle les différents aspects de la vie des reclus et confond les dimensions spatiale et temporelle du travail et du hors-travail. Un lieu de soins ordinaire laisse généralement davantage d’autonomie dans l’organisation quotidienne.

4. Quelle fonction l’institution totale exerce-t-elle sur les personnes qu’elle accueille ?

Elle organise la vie collective sans chercher à modifier les habitudes personnelles
Elle agit comme une instance de socialisation qui cherche à normer leur vie
Elle favorise une socialisation laissant une large autonomie aux choix individuels
Elle limite son action à la surveillance des comportements médicalement dangereux

Elle agit comme une instance de socialisation qui cherche à normer leur vie

Explication

L’institution totale fonctionne comme une instance éducative de socialisation qui cherche à normer tous les aspects de la vie. Elle ne se contente donc pas de surveiller certains risques médicaux et ne laisse pas une large autonomie individuelle.

5. Quelles conséquences la vie en institution totale entraîne-t-elle pour les reclus ?

Un renforcement de l’autonomie, une protection accrue de l’intimité et une meilleure image de soi
Une diminution des contraintes quotidiennes, avec une image de soi davantage valorisée
Une perte d’autonomie, une perte d’intimité et une dégradation de l’image de soi
Une amélioration de l’intimité, accompagnée d’une participation accrue aux décisions collectives

Une perte d’autonomie, une perte d’intimité et une dégradation de l’image de soi

Explication

La vie en institution totale produit une perte d’autonomie et d’intimité, ainsi qu’une dégradation de l’image de soi. Les autres réponses inversent ou atténuent ces effets en présentant l’institution comme une source de valorisation et de liberté.

6. Pourquoi les malades développent-ils une vie clandestine au sein de l’institution psychiatrique ?

Pour renforcer l’enfermement en facilitant le travail de surveillance du personnel
Pour résister à l’enfermement et échapper à la surveillance, notamment grâce à la solidarité
Pour remplacer les soins médicaux par des activités organisées par l’administration
Pour obtenir une reconnaissance officielle de leurs pratiques dans les espaces communs

Pour résister à l’enfermement et échapper à la surveillance, notamment grâce à la solidarité

Explication

La vie clandestine constitue une manière de résister à l’enfermement et de contourner la surveillance, avec la solidarité comme ressource importante. Elle ne vise donc pas à aider l’administration à maintenir le contrôle ni à officialiser ces pratiques.

7. Quelle transformation certains psychiatres proposent-ils pour réduire le caractère contraignant des grandes institutions ?

Les maintenir en développant une hiérarchie plus stricte entre médecins et patients
Les remplacer par de petites structures urbaines fondées sur une relation plus égalitaire
Les déplacer vers des zones isolées pour éloigner les patients de la vie sociale
Les agrandir afin de concentrer les soins et de renforcer la surveillance collective

Les remplacer par de petites structures urbaines fondées sur une relation plus égalitaire

Explication

Certains psychiatres proposent de remplacer les grandes institutions par de petites structures situées au cœur des villes, avec une relation médecin-patients plus égalitaire. L’agrandissement ou l’isolement géographique prolongerait au contraire les caractéristiques institutionnelles critiquées.

8. Selon Goffman, qu’est-ce qu’un stigmate dans les relations sociales ?

Une limitation fonctionnelle qui empêche toute participation sociale
Un attribut dévalorisant qui éloigne une personne de la norme sociale
Une différence biologique dépourvue de signification sociale
Une caractéristique personnelle valorisée par la majorité du groupe

Un attribut dévalorisant qui éloigne une personne de la norme sociale

Explication

Pour Goffman, le stigmate est un attribut, corporel ou non, qui est socialement dévalorisé parce qu’il s’écarte d’une norme. Une limitation fonctionnelle n’est donc pas automatiquement un stigmate sans cette interprétation sociale.

9. Quelle proposition décrit le mieux le caractère relatif du stigmate ?

Il concerne les caractéristiques visibles davantage que les caractéristiques sociales
Il produit des réactions comparables dans les différents groupes humains
Sa valeur dépréciative varie selon les sociétés et les périodes historiques
Son effet dépend principalement de la gravité médicale de l’atteinte

Sa valeur dépréciative varie selon les sociétés et les périodes historiques

Explication

Le caractère relatif du stigmate signifie que ce qui est jugé dévalorisant change selon les sociétés et les époques. La gravité médicale ne suffit pas à déterminer la signification sociale d’une caractéristique.

10. Comment la stigmatisation peut-elle transformer la perception d’une personne handicapée ?

Elle peut faire disparaître les représentations négatives liées au handicap
Elle peut réduire la personne à son handicap dans le regard social
Elle peut conduire la personne à être reconnue par ses compétences propres
Elle peut remplacer les interactions sociales par une évaluation médicale

Elle peut réduire la personne à son handicap dans le regard social

Explication

La stigmatisation peut entraîner une auto-dévaluation, de la discrimination et l’attribution du handicap comme identité principale de la personne. La reconnaissance de ses compétences propres correspond au contraire à une perception qui ne la réduit pas à son handicap.

11. Une personne possède certaines caractéristiques réelles, mais son entourage lui attribue des traits fondés sur des stéréotypes : quelle distinction s’applique ?

Les caractéristiques réelles relèvent de l’identité sociale virtuelle, tandis que les traits attribués relèvent de l’identité sociale réelle
Les deux catégories relèvent de l’identité sociale réelle, car elles décrivent la même personne
Les deux catégories relèvent de l’identité sociale virtuelle, car elles dépendent des interactions sociales
Les caractéristiques réelles relèvent de l’identité sociale réelle, tandis que les traits attribués relèvent de l’identité sociale virtuelle

Les caractéristiques réelles relèvent de l’identité sociale réelle, tandis que les traits attribués relèvent de l’identité sociale virtuelle

Explication

L’identité sociale réelle désigne ce que la personne est effectivement, alors que l’identité sociale virtuelle correspond à ce que les autres lui attribuent à partir de stéréotypes. Les deux notions ne se confondent donc pas, même si elles concernent une même personne.

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Qui est Erving Goffman en sociologie ?

Un sociologue interactionniste.

Que décrit Erving Goffman dans Asiles (1961) ?

La vie des malades mentaux et des autres reclus.

Sur quoi s’appuie Goffman pour étudier la vie en institution psychiatrique ?

Une observation prolongée dans un hôpital psychiatrique de Washington.

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