Objectivité (Daston et Galison, date) : notion historique qui désigne une vision désengagée et neutre du chercheur, visant à suspendre la présence de l’observateur pour privilégier une représentation fidèle de l’objet, tout en étant consciente que cette objectivité est une approximation idéale.
Épistémologie (définition générale) : étude des modes de connaissance et des fondements du savoir scientifique, analysant comment différentes disciplines proposent des méthodes spécifiques pour produire des connaissances valides.
Science sociale (définition) : ensemble de disciplines qui étudient l’être humain vivant en société, en se concentrant sur les phénomènes collectifs plutôt que sur l’individu seul, avec une attention particulière à la façon dont ces sciences proposent des modes de connaissance adaptés à leur objet.
Distinction sciences naturelles vs sociales (W. Dilthey, date) : les sciences naturelles cherchent à expliquer par des lois causales, avec une certitude relative, tandis que les sciences sociales privilégient la compréhension des significations et des contextes, avec une rigueur moindre mais une nécessité d’interprétation.
Subjectivité du chercheur (concept) : réalité que le chercheur ne peut totalement éliminer, car ses valeurs, ses prénotions et son contexte historique influencent inévitablement ses observations et interprétations.
Jugement dans la science (concept) : processus de tri et de sélection des variables, des données et des résultats, nécessaire pour distinguer l’essentiel de l’accessoire, en particulier dans un contexte où l’objectivité pure est impossible.
L’objectivité scientifique, notamment dans les sciences sociales, est une idéalisation visant à réduire l’influence de la subjectivité du chercheur, mais elle reste inatteignable dans sa pureté. La rigueur consiste à faire preuve d’un jugement critique et d’une auto-critique constante pour approcher au mieux la réalité sociale.
Ethnocentrisme : Tendance à considérer sa propre culture comme supérieure ou comme norme universelle, en jugeant les autres cultures à partir de ses propres standards. AUTEUR (date) : notion critique qui implique une vision partiale et biaisée des autres sociétés, souvent source de préjugés et de discrimination.
Critique de l’ethnocentrisme : Analyse visant à dénoncer et déconstruire cette tendance, en soulignant ses limites et ses effets néfastes, notamment l’imposition de normes culturelles occidentales sur d’autres sociétés. Elle invite à une approche plus relativiste et plurielle des cultures. AUTEUR (date) : démarche essentielle pour dépasser le regard biaisé et favoriser la compréhension interculturelle.
Modèle européen de rationalité : Représentation selon laquelle la rationalité occidentale, basée sur la science, la logique et la raison critique, serait la seule voie légitime de connaissance et de progrès. AUTEUR (date) : critique post-coloniale qui remet en question cette prétendue supériorité, soulignant qu’elle est ethnocentrique et non universelle.
Limites des Lumières (ethnocentrisme) : Critique selon laquelle le projet éclairé, en valorisant la raison occidentale, a souvent ignoré ou dévalorisé d’autres formes de pensée, renforçant ainsi une vision ethnocentrique et excluant la diversité culturelle. AUTEUR (date) : critique qui met en lumière l’eurocentrisme implicite dans le projet des Lumières.
Critique post-coloniale de la science : Analyse qui dénonce la prétendue objectivité scientifique occidentale comme étant située, biaisée par des rapports de pouvoir, notamment dans le contexte colonial. Elle remet en question la légitimité universelle de la science occidentale et invite à une reconnaissance des savoirs locaux et des perspectives décoloniales. AUTEUR (date) : démarche qui vise à déconstruire l’universalité prétendue de la science et à valoriser la diversité des savoirs.
L’ethnocentrisme est une attitude qui consiste à juger autrui à partir de sa propre culture, souvent en considérant celle-ci comme supérieure ou comme norme universelle. Il peut conduire à des préjugés, à la discrimination et à la domination culturelle.
La critique de l’ethnocentrisme insiste sur la nécessité de relativiser les normes et les valeurs, en reconnaissant la diversité des formes de pensée et de vie. Elle s’oppose à une vision universaliste et eurocentrée, notamment celle issue du modèle européen de rationalité.
Le modèle européen de rationalité, valorisant la science et la logique occidentale, est critiqué pour son caractère ethnocentrique, car il suppose que cette rationalité est la seule légitime, ignorant ou dévalorisant d’autres formes de connaissance.
Les limites des Lumières, en particulier leur ethnocentrisme, sont soulignées par la critique post-coloniale, qui dénonce la prétendue supériorité de la raison occidentale et la légitimité universelle de ses savoirs.
La critique post-coloniale de la science met en lumière le fait que la science occidentale est située, influencée par des rapports de pouvoir, et qu’elle ne peut prétendre à une objectivité totale. Elle invite à une reconnaissance des savoirs locaux et à une décolonisation des sciences.
L’ethnocentrisme, en tant que biais culturel, limite la compréhension interculturelle et justifie souvent la domination. La critique de cette attitude invite à une approche relativiste, décoloniale et plurielle, remettant en question la prétendue supériorité de la rationalité occidentale.
La comparaison des cultures, via la méthode comparatiste, est essentielle pour comprendre la diversité sociale tout en étant consciente des risques de projection normative et des limites liées à l’isolation des variables.
Le faux évolutionnisme est une vision simpliste et ethnocentrique de l’histoire sociale, qui considère à tort que toutes les sociétés suivent une même trajectoire linéaire de progrès, ce qui masque la diversité et la complexité réelle des processus sociaux.
Systèmes symboliques : Ensemble organisé de signes, de symboles et de pratiques qui donnent sens à la réalité sociale et façonnent la perception du monde. Selon Durkheim (1895), ils structurent la conscience collective en incarnant des valeurs et des croyances partagées.
Violence symbolique : Forme de domination exercée par l'imposition de significations, de normes ou de représentations qui sont acceptées comme légitimes par les dominés, souvent sans conscience de leur soumission. Bourdieu (1994) la définit comme une violence insidieuse qui reproduit les rapports de pouvoir par le biais des systèmes symboliques.
Attentes collectives : Normes, croyances ou comportements que la société ou un groupe social projette comme étant attendus ou souhaitables. Elles orientent les actions individuelles et renforcent la cohésion sociale, en étant souvent intériorisées par les membres du groupe.
Consentement : Processus par lequel les individus acceptent ou adhèrent implicitement aux systèmes symboliques et aux attentes collectives, souvent sans en avoir pleinement conscience. Ce consentement alimente la domination symbolique en rendant invisible la soumission.
Domination symbolique : Situation où une classe ou un groupe impose ses valeurs, ses normes et ses représentations comme légitimes, de façon à ce que celles-ci soient acceptées comme naturelles ou justes par tous, renforçant ainsi la hiérarchie sociale. Bourdieu (1994) insiste sur le rôle de la violence symbolique dans ce processus.
Les systèmes symboliques structurent la réalité sociale en créant un cadre de référence partagé, permettant la cohésion et la reproduction des rapports sociaux. Ils sont inscrits dans des pratiques, des rituels et des discours, et participent à la construction de la légitimité sociale.
La violence symbolique est une forme de pouvoir invisible, exercée par la domination des systèmes symboliques, qui impose des normes et des valeurs sans recours à la force physique. Elle fonctionne par le biais du consentement et de l'intériorisation des attentes collectives, rendant la domination difficile à percevoir.
La domination symbolique repose sur la capacité à faire accepter comme légitimes des rapports de pouvoir, souvent en utilisant des systèmes symboliques qui valorisent la culture, la langue ou les croyances de la classe dominante.
Bourdieu (1994) montre que la violence symbolique est une violence qui ne laisse pas de traces visibles mais qui a des effets durables sur la conscience et la perception des individus, en leur faisant croire à leur propre légitimité dans l'ordre social.
La violence symbolique contribue à la reproduction des inégalités sociales en maintenant les attentes collectives conformes aux intérêts des dominants, tout en étant perçue comme naturelle ou évidente par les acteurs.
Les systèmes symboliques façonnent la réalité sociale en imposant des normes et des valeurs qui, par le biais du consentement, reproduisent la domination sans recours à la violence physique, incarnant la notion de violence symbolique de Bourdieu.
Pensée sauvage : Concept développé par Claude Lévi-Strauss, désignant une forme de pensée primitive ou non occidentale, caractérisée par une logique intuitive, mythologique et symbolique, opposée à la rationalité occidentale fondée sur la science et la logique formelle. Elle privilégie la relation entre les éléments par association d’idées et de symboles, plutôt que par la causalité rationnelle.
Critique des prénotions : Approche qui consiste à remettre en question les idées reçues, les idées préconçues ou les représentations sociales qui façonnent notre perception du monde. Selon Durkheim, cette critique est essentielle pour accéder à une connaissance objective des faits sociaux, en évitant de projeter nos biais ou nos préjugés.
Importance des représentations propres : Notion soulignant que chaque culture ou groupe social possède ses propres systèmes de symboles, de mythes et de significations, qui structurent leur vision du monde. Ces représentations sont fondamentales pour comprendre la pensée sauvage, qui s’appuie sur ces systèmes pour donner sens à la réalité.
Opposition rationalité occidentale vs autres modes de pensée : Distinction entre la rationalité occidentale, basée sur la logique formelle, la science et la causalité, et d’autres modes de pensée, comme la pensée sauvage, qui privilégient l’association d’idées, la symbolique et la mythologie. Lévi-Strauss critique la supériorité de la rationalité occidentale en montrant que d’autres formes de pensée ont leur propre cohérence et leur propre logique.
La pensée sauvage se manifeste dans les sociétés dites "primitives" ou non occidentales, où la logique mythologique et symbolique prévaut sur la rationalité scientifique. Elle repose sur des systèmes de classification basés sur des oppositions binaires (ex : vie/mort, nature/culture) et sur la mythologie pour expliquer le monde.
Critique des prénotions : La pensée sauvage remet en question l’idée que la rationalité occidentale serait la seule voie légitime vers la connaissance. Elle insiste sur la nécessité de reconnaître la légitimité et la cohérence des représentations propres à chaque culture, en évitant l’ethnocentrisme.
Importance des représentations propres : Ces représentations structurent la vision du monde dans chaque société, influençant leur manière de penser, d’agir et d’interpréter la réalité. La compréhension de ces représentations permet de dépasser le jugement de valeur eurocentrique.
La rationalité occidentale valorise la causalité, l’explication scientifique et la logique formelle, tandis que la pensée sauvage privilégie l’association d’idées, la symbolique et la mythologie. Lévi-Strauss montre que ces modes de pensée sont complémentaires et que la pensée sauvage n’est pas inférieure, mais différente.
La critique de la pensée sauvage par Lévi-Strauss vise à décentrer la vision occidentale, en montrant que toutes les formes de pensée ont leur propre cohérence et leur propre logique, ce qui remet en question la hiérarchie entre rationalité et mythologie.
La pensée sauvage désigne une logique mythologique et symbolique propre aux sociétés non occidentales, qui remet en question la supériorité de la rationalité occidentale et insiste sur la légitimité des représentations propres à chaque culture.
Méthode comparatiste Weber : approche méthodologique visant à analyser les phénomènes sociaux en comparant différentes sociétés ou contextes pour identifier les causes et comprendre la logique interne des actions sociales, tout en évitant la simple explication causale (Weber).
Compréhension vs explication : distinction fondamentale selon Weber ; la compréhension (Verstehen) consiste à saisir le sens subjectif que les acteurs donnent à leurs actions, tandis que l’explication vise à établir des relations causales objectives entre phénomènes (Weber).
Modèle interprétatif : cadre méthodologique qui privilégie l’interprétation des motivations, valeurs et significations que les acteurs attribuent à leurs comportements, permettant une analyse qualitative et contextualisée (Weber).
Séparation objectivité et critique : principe selon Weber selon lequel la science doit distinguer la description objective des faits sociaux de la critique normative ou politique, évitant ainsi que la science ne devienne un outil de légitimation ou de critique morale.
Jugements de valeur en science : en science sociale, Weber soutient que les jugements de valeur ne doivent pas influencer la description objective des faits sociaux, mais qu’ils peuvent être analysés séparément dans une démarche critique ou normative (Weber).
La méthode comparatiste de Weber vise à comprendre la logique interne des actions sociales en comparant différentes sociétés ou périodes, pour dégager des lois ou régularités sans réduire la complexité à une causalité simple.
Weber insiste sur la distinction entre compréhension (Verstehen) et explication, soulignant que la compréhension implique une immersion dans le monde subjectif des acteurs, tandis que l’explication cherche des relations causales objectives.
Le modèle interprétatif privilégie l’analyse des motivations, valeurs et significations que les acteurs donnent à leurs actions, permettant une lecture contextualisée et qualitative des phénomènes sociaux.
La séparation entre objectivité scientifique et critique morale ou politique est centrale : la science doit décrire les faits sociaux sans juger, tandis que la critique peut porter sur les valeurs ou finalités.
Weber affirme que les jugements de valeur sont inévitables dans la vie sociale, mais qu’ils doivent être séparés de la démarche scientifique pour préserver l’objectivité.
La méthode Weber se veut une réponse à la difficulté de comprendre la société sans tomber dans une causalité simpliste ou une réduction à des lois naturelles, en insistant sur la contextualisation et l’interprétation.
La méthode comparatiste de Weber permet d’étudier la société en distinguant compréhension et explication, tout en séparant l’analyse objective des faits sociaux de la critique normative, afin d’accéder à une connaissance contextualisée et interprétative des actions humaines.
Idéal-typique : Construction abstraite élaborée par Weber (1922) permettant de synthétiser et de simplifier un phénomène social complexe en isolant ses caractéristiques essentielles pour mieux le comprendre. C’est un outil méthodologique qui ne prétend pas représenter une réalité concrète, mais un modèle pour analyser la réalité sociale.
Outil méthodologique : Concept selon Weber (1922) désignant une démarche permettant d’élaborer des modèles abstraits, comme l’idéal-typique, pour étudier et comparer des phénomènes sociaux en se concentrant sur leurs traits saillants.
Construction abstraite : Processus de création d’un modèle théorique qui synthétise les caractéristiques essentielles d’un phénomène social sans prétendre à une description exhaustive ou concrète. Elle sert à clarifier, comparer et analyser la réalité sociale.
Modèle pour comprendre la réalité sociale : Utilisation de l’idéal-typique comme un cadre analytique permettant de saisir la structure fondamentale d’un phénomène social, facilitant la compréhension et la comparaison entre différentes sociétés ou situations.
Idéal-typique comme construction : Il s’agit d’une représentation théorique, non une réalité empirique, qui synthétise des traits caractéristiques pour faire ressortir la logique sous-jacente d’un phénomène social.
L’idéal-typique est une construction abstraite élaborée par Weber (1922), visant à synthétiser un phénomène social complexe en isolant ses traits saillants, sans prétendre à une représentation fidèle de la réalité concrète. Il sert d’outil méthodologique pour analyser, comparer et comprendre la société.
La démarche consiste à construire un modèle abstrait qui met en évidence la logique ou la structure essentielle d’un phénomène, permettant ainsi de faire des comparaisons entre différentes sociétés ou situations. Par exemple, Weber a utilisé l’idéal-typique pour étudier la rationalité ou la bureaucratie.
L’idéal-typique n’est pas une réalité empirique, mais une construction théorique qui facilite la compréhension en simplifiant la complexité sociale. Il s’agit d’un outil pour analyser la réalité sociale plutôt qu’une description fidèle.
La construction de l’idéal-typique repose sur une sélection de traits caractéristiques, qui peuvent varier selon l’objet d’étude, et doit rester une abstraction pour éviter la confusion avec la réalité concrète.
La notion de construction abstraite permet de distinguer l’idéal-typique d’un modèle réaliste ou descriptif, en insistant sur sa fonction de guide analytique et non de représentation exacte.
L’idéal-typique, selon Weber, est un outil méthodologique abstrait qui synthétise les traits essentiels d’un phénomène social pour faciliter sa compréhension et sa comparaison, sans prétendre à une description fidèle de la réalité concrète.
Faits sociaux comme choses (Durkheim, 1895) : Les faits sociaux doivent être traités comme des objets extérieurs et coercitifs, observables indépendamment de la conscience individuelle, afin d'éviter les prénotions et d'établir leur réalité objective. Ils se manifestent par des manières d’agir, de penser et de sentir extérieures à l’individu, exerçant une contrainte sur lui.
Réalité sociale (Weber) : Ensemble des phénomènes et comportements qui résultent de l’action humaine et qui possèdent une existence propre, distincte des valeurs ou des jugements de valeur. Elle se manifeste à travers des règles de conduite observables, qui peuvent être analysées scientifiquement tout en étant séparées des jugements de valeur.
Règles de conduite observables : Comportements, normes ou pratiques concrètes et mesurables dans une société, qui peuvent être étudiés empiriquement. Ces règles façonnent la réalité sociale et sont distinctes des valeurs ou des idéologies, permettant une analyse neutre et scientifique.
Neutralité scientifique : Principe selon lequel le chercheur doit analyser la réalité sociale sans jugement de valeur ou engagement personnel, en se concentrant sur les faits observables et en séparant la description de la norme ou du jugement moral. Weber insiste sur la distinction entre la description objective et l’évaluation subjective.
Distinction entre réalité sociale et valeurs : La réalité sociale comprend des faits observables et des règles de conduite, indépendants des jugements de valeur. Les valeurs, quant à elles, relèvent de la sphère subjective, morale ou idéologique, et ne doivent pas influencer l’analyse scientifique selon Weber.
Weber insiste sur la nécessité de distinguer la réalité sociale, qui est empirique et observable, des valeurs et jugements de valeur, qui relèvent de la sphère subjective. La science sociale doit analyser les faits sociaux comme des choses, c’est-à-dire comme des phénomènes extérieurs et coercitifs, indépendants des opinions personnelles.
La notion de faits sociaux comme choses, développée par Durkheim (1895), implique que ces faits possèdent une extériorité et une contrainte, ce qui permet leur étude objective. Weber reprend cette idée en insistant sur la séparation entre la description neutre de la réalité sociale et l’évaluation morale ou politique.
La réalité sociale est constituée de règles de conduite observables, telles que les normes, pratiques ou comportements, qui peuvent être identifiés empiriquement. Leur étude nécessite une neutralité du chercheur, évitant de mêler analyse scientifique et jugement de valeur.
La distinction entre réalité sociale et valeurs est fondamentale pour la scientificité en sciences sociales. Weber souligne que l’analyse doit se concentrer sur les règles observables, tout en laissant de côté les jugements moraux ou idéologiques, afin de garantir une objectivité relative.
La neutralité scientifique ne signifie pas l’absence de valeurs, mais la capacité à analyser la réalité sociale sans que celles-ci n’influencent la description empirique. La science sociale doit décrire les faits tels qu’ils sont, sans les moraliser ou les politiser.
La réalité sociale, selon Weber, est constituée de faits sociaux observables et coercitifs, séparés des valeurs, et leur étude doit respecter la neutralité scientifique en distinguant la description objective des jugements de valeur.
Critique de l’universalisme : Remise en question de l’idée selon laquelle les principes, valeurs ou méthodes issus d’une culture ou d’une civilisation peuvent être appliqués de façon universelle, sans distinction de contexte ou de particularités culturelles. Elle souligne que cette prétention à l’universalité est souvent ethnocentrique et imperialiste.
Limites des Lumières : Critique des principes des Lumières (rationalisme, progrès, liberté individuelle) en soulignant leur caractère abstrait, individualiste, élitiste et ethnocentrique, notamment leur tendance à universaliser une conception spécifique de la rationalité européenne. Selon ****(date)**, ces limites montrent que leur projet d’émancipation ne peut être appliqué sans adaptation à d’autres contextes culturels.
Impossibilité d’universaliser la raison européenne : Argument selon lequel la rationalité et la pensée occidentale ne peuvent pas être généralisées à toutes les cultures, car elles reposent sur des présupposés spécifiques à l’histoire, la langue, et le contexte européen. La raison n’est pas une donnée universelle, mais culturellement située.
Critique post-coloniale de l’universalisme : Analyse qui dénonce la prétention des savoirs occidentaux à imposer leur modèle comme universel, au détriment des savoirs et des pratiques des cultures colonisées ou marginalisées. Elle met en évidence que cet universalisme sert souvent à légitimer la domination et l’impérialisme culturel, en ignorant la diversité des formes de connaissance et de rationalité.
L’universalisme occidental, notamment celui issu des Lumières, est contesté pour son ethnocentrisme et son incapacité à reconnaître la diversité des rationalités et des cultures, ce qui remet en question sa légitimité à imposer ses valeurs comme universelles.
Relativité des valeurs : La conception selon laquelle les jugements de valeur, notamment ceux liés à la justice ou à la moralité, varient selon les sociétés, les cultures ou les contextes historiques, rendant leur universalité difficile à établir.
Diversité des jugements de valeur : La pluralité des critères, normes et préférences morales ou sociales adoptés par différentes sociétés ou groupes, qui reflète une absence de consensus universel sur ce qui est considéré comme juste ou bon (voir aussi critique des jugements subjectifs).
Difficulté de définir la justice collective : La complexité à élaborer une notion de justice qui soit valable et applicable à l’échelle d’une société entière, en raison de la diversité des valeurs et des intérêts en présence, ainsi que de leur relativité contextuelle.
Critique des jugements subjectifs : La remise en question de la prétendue objectivité ou universalité des jugements moraux ou sociaux, en soulignant leur dépendance aux contextes culturels, historiques ou individuels, ce qui limite leur validité absolue.
Relativité des valeurs (auteur) : Selon W. Dilthey, la connaissance des valeurs ne peut être objective que dans une perspective compréhensive, car elle dépend du contexte culturel et historique, ce qui rend leur évaluation relative.
La relativité des valeurs implique que ce qui est considéré comme juste ou moral dans une société peut être perçu comme injuste ou immoral dans une autre, ce qui complique la recherche d’un fondement universel à la justice (voir critique des jugements subjectifs).
La diversité des jugements de valeur reflète la pluralité des normes, croyances et préférences, rendant difficile la définition d’une justice ou d’une moralité collectives qui soient acceptées universellement.
La difficulté de définir la justice collective réside dans la coexistence de valeurs contradictoires ou divergentes, ainsi que dans la dépendance de ces valeurs à des contextes spécifiques, ce qui limite leur objectivité et leur universalité.
La critique des jugements subjectifs souligne que ces jugements sont influencés par des facteurs culturels, historiques ou personnels, et ne peuvent prétendre à une validité absolue ou universelle, ce qui remet en question leur prétention à une légitimité objective.
La relativité des valeurs ne nie pas la possibilité de dialogue ou de négociation interculturelle, mais elle souligne que toute tentative d’universalisation doit prendre en compte la diversité des contextes et des perspectives.
La relativité des valeurs montre que les jugements moraux et sociaux sont profondément dépendants du contexte culturel et historique, rendant leur universalité difficile à établir et soulignant la nécessité d’une approche compréhensive et dialogique.
Auto-critique scientifique : Processus par lequel la science remet en question ses propres méthodes, ses présupposés et ses résultats afin d’améliorer sa rigueur, sa transparence et sa capacité à produire des connaissances fiables. Elle implique une réflexion interne sur ses limites et ses biais.
Critique féministe et post-coloniale de la science : Approche qui analyse comment la science, en tant que production de savoir, est influencée par des rapports de pouvoir, notamment liés au genre et à la domination coloniale. Elle dénonce la partialité, l’eurocentrisme et l’ethnocentrisme présents dans la construction des connaissances, en soulignant la nécessité d’intégrer les perspectives des dominés.
Pov des dominés : Point de vue des groupes marginalisés ou subalternes, souvent ignorés ou dévalorisés dans la production scientifique dominante. La critique de ce pov vise à décentrer la science eurocentrée et à valoriser les savoirs issus des expériences des groupes marginalisés.
Remise en question de l’objectivité : Critique qui souligne que l’objectivité prétendue de la science n’est qu’une construction sociale, influencée par des biais culturels, politiques et idéologiques. Elle remet en cause l’idée d’une science totalement neutre et désengagée.
Auto-critique des SHS (Sciences Humaines et Sociales) : Réflexion interne à ces disciplines sur leurs propres méthodes, leurs biais, leur capacité à représenter fidèlement la réalité sociale, et leur responsabilité éthique dans la production de savoirs.
Socio de la critique : Approche qui analyse la science comme un phénomène social, en étudiant ses dynamiques internes, ses enjeux de pouvoir, ses biais institutionnels, et ses effets sur la société. Elle considère la critique comme un outil pour comprendre et transformer la science elle-même.
La science, notamment en SHS, doit constamment s’auto-évaluer pour éviter de reproduire des biais liés à ses origines eurocentrées, patriarcales ou coloniales. AUTEUR (date) souligne que l’auto-critique permet d’identifier les biais liés à la position du chercheur dans la société, notamment en ce qui concerne la domination des savoirs occidentaux.
La critique féministe et post-coloniale de la science met en évidence que la prétendue objectivité est souvent une façade qui masque des rapports de pouvoir. Elle insiste sur la nécessité d’intégrer les perspectives des groupes marginalisés pour enrichir et décentrer la connaissance. AUTEUR (date) montre que cette critique remet en question la neutralité prétendue de la science, en soulignant que celle-ci est située et partiale.
La remise en question de l’objectivité ne signifie pas l’abandon de la scientificité, mais une reconnaissance que la connaissance est toujours située, influencée par le contexte social, politique et culturel du chercheur. La science doit donc pratiquer une auto-critique constante pour réduire ses biais.
La socio de la critique analyse la science comme un phénomène social, en étudiant ses enjeux de pouvoir, ses institutions, ses pratiques, et ses effets sur la société. Elle considère la critique comme un levier pour transformer la production de savoirs et favoriser une science plus inclusive et réflexive.
La critique des sciences sociales doit aussi porter sur la manière dont elles peuvent reproduire des rapports de domination ou exclure certains savoirs. L’auto-critique permet d’interroger la légitimité des méthodes et des résultats, notamment face aux critiques des acteurs sociaux eux-mêmes.
L’auto-critique scientifique, notamment dans les SHS, est essentielle pour déconstruire les biais liés à la domination, à l’ethnocentrisme et au genre, et pour rendre la science plus réflexive, inclusive et responsable. Elle permet d’interroger la prétendue neutralité de la connaissance et d’intégrer les perspectives des groupes marginalisés.
| Thème | Notions clés | Approche / Méthode | Auteur / Référence | Particularités |
|---|---|---|---|---|
| Objectivité scientifique | Objectivité (Daston et Galison) : vision désengagée, approximation | Distinction sciences naturelles vs sociales (Dilthey) : explication vs compréhension | Daston et Galison, Dilthey | Objectivité idéale, limite inatteignable, jugement critique |
| Critique de l’ethnocentrisme | Ethnocentrisme : juger sa culture comme norme | Relativisme, décolonisation des savoirs | Auteur non précisé | Biais culturel, domination, diversité des savoirs |
| Comparaison des cultures | Méthode comparatiste : analyser similitudes/différences | Contrôle des variables, éviter projection | Auteur non précisé | Difficulté d’isolation, risque de normer |
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1. Selon Daston et Galison, qu'est-ce que l'objectivité scientifique ?
2. Quel est l’objectif principal de la critique de l'ethnocentrisme selon le contenu ?
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Objectivité — définition ?
Vision désengagée visant à représenter fidèlement l’objet.
Épistémologie — rôle ?
Étude des modes de connaissance et des fondements du savoir.
Science sociale — définition ?
Études des phénomènes collectifs humains en société.
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