Fiche de révision : Les transformations de la stratification sociale

Plan du Cours

  1. Structure sociale et inégalités
  2. Espace social hiérarchisé
  3. Transformation de la structure socioprofessionnelle
  4. Féminisation des emplois
  5. Marx et la lutte des classes
  6. Weber et la stratification sociale
  7. Moyennisation et recul des classes
  8. Individualisation du travail
  9. Persistance des classes sociales

1. Structure sociale et inégalités

Notions clés & Définitions

  • Inégalité économique et sociale : Une inégalité est une différence d’accès à une ressource valorisée par la société comme le revenu, l’éducation ou la culture.
  • Groupe social : Un groupe social regroupe des individus qui entretiennent des relations et qui ont conscience d’appartenir à ce groupe.
  • Structure sociale : La structure sociale décrit la façon dont les groupes sont hiérarchisés entre eux à partir des inégalités économiques et sociales.
  • Stratification sociale : La stratification sociale correspond à la manière dont la société est organisée en niveaux hiérarchisés selon des inégalités.

Points essentiels

  • Une inégalité se mesure par des différences d’accès à des ressources valorisées par la société et elle produit des avantages ou des désavantages.
  • Un groupe social suppose des relations entre individus et une conscience d’appartenance qui peut être directe ou indirecte.
  • La question centrale du chapitre porte sur la structuration de la société française et sur l’évolution de cette structuration à travers les inégalités.

Astuce mémo

Inégalité = accès inégal à une ressource ; structure = classement des groupes.

2. Espace social hiérarchisé

Notions clés & Définitions

  • Espace social : L’espace social est un cadre d’analyse où les groupes se positionnent selon des critères socioéconomiques qui organisent une hiérarchie.
  • CSP : Les CSP désignent des catégories socioprofessionnelles utilisées pour situer les individus dans l’espace social hiérarchisé.
  • Statut d’emploi : Le statut d’emploi distingue notamment les salariés et les indépendants comme critère de construction de l’espace social.
  • Secteur d’activité : Le secteur d’activité répartit les emplois en secteurs comme primaire, secondaire et tertiaire pour hiérarchiser l’espace social.
  • Diplômes : Les diplômes constituent un critère permettant de situer la population active dans un espace social fondé sur le niveau de qualification.

Points essentiels

  • La hiérarchisation de l’espace social repose sur des facteurs socioéconomiques comme les CSP, les revenus et les diplômes.
  • Trois critères sont utilisés pour construire l’espace social : statut d’emploi, secteur d’activité et niveau associé à ces ressources socioéconomiques.
  • Le chapitre indique que « espace social », « structure sociale » et « stratification sociale » renvoient à la même idée d’organisation hiérarchisée.

Astuce mémo

3 critères à cocher : statut, secteur, qualification (CSP/revenus/diplômes).

3. Transformation de la structure socioprofessionnelle

Notions clés & Définitions

  • Structure socio-professionnelle : La structure socio-professionnelle correspond à la répartition de la population active dans les différents emplois et catégories.
  • Salarisation : La salarisation est l’augmentation de la part des salariés dans la population active.
  • Tertiarisation : La tertiarisation désigne l’augmentation du poids du secteur tertiaire dans la population active.
  • Élévation du niveau de qualification : L’élévation du niveau de qualification correspond à l’augmentation de la part des diplômés dans la population active.
  • Polarisation : La polarisation désigne l’augmentation de la part des salariés dans la population active.

Points essentiels

  • Depuis la seconde moitié du XXe siècle, la structure socio-professionnelle évolue avec tertiarisation, salarisation, élévation des qualifications et féminisation des emplois.
  • En France, les indépendants représentent moins de 12% des actifs en emploi, alors que les salariés représentent 88% des actifs en emploi et la proportion se stabilise dans les années 90.
  • La tertiarisation fait que les 3/4 des emplois français sont dans le secteur tertiaire, en lien avec le déclin de l’industrie à partir de 1974.
  • Le mécanisme du « déversement » (Sauvy) explique un transfert d’emplois : agricole vers l’industrie puis industrie vers les services, selon les gains de productivité.
  • L’élévation du niveau de qualification s’appuie sur une scolarité plus longue (jusqu’à 16 ans) et sur des réformes comme le collège unique en 1975.

Astuce mémo

Déversement : agricole → industrie → services (quand la productivité augmente).

4. Féminisation des emplois

Notions clés & Définitions

  • Féminisation des emplois : La féminisation des emplois est l’augmentation de la part des femmes dans la population active.
  • Modes de garde : Les modes de garde pour les très jeunes enfants sont cités comme facteur favorisant l’activité féminine.
  • Droits des femmes : La reconnaissance des droits des femmes est présentée comme un facteur explicatif de la hausse de l’emploi féminin.

Points essentiels

  • Aujourd’hui, le taux d’emploi des femmes se rapproche de celui des hommes et le développement de l’emploi féminin se fait à partir du milieu des années 60.
  • La féminisation des emplois est expliquée notamment par l’évolution de la famille, la reconnaissance des droits des femmes et le développement des modes de garde pour les très jeunes enfants.
  • Le texte relie l’essor de l’emploi féminin à un contexte de tertiarisation.

Astuce mémo

Féminisation = famille + droits + garde + tertiaire (milieu des années 60).

5. Marx et la lutte des classes

Notions clés & Définitions

  • Bourgeoisie capitaliste : Pour Marx, la bourgeoisie capitaliste détient le capital, c’est-à-dire les moyens de production.
  • Prolétariat : Pour Marx, le prolétariat ne possède que sa force de travail qu’il vend à la bourgeoisie capitaliste.
  • Rapports de production : Les rapports de production désignent la structure économique qui oppose, chez Marx, la détention du capital et la vente de la force de travail.
  • Classe en soi : Une classe en soi correspond à une communauté de conditions objectives d’existence dans la position au sein des rapports de production.
  • Classe pour soi : Une classe pour soi correspond à la prise de conscience et à la mobilisation pour défendre des intérêts communs.

Points essentiels

  • Pour Marx, la société capitaliste naissante est traversée par un conflit central entre bourgeoisie et prolétariat.
  • Les classes sociales sont définies principalement par leur position dans les rapports de production et l’histoire tend vers une bipolarisation.
  • Pour parler de classes selon Marx, il faut réunir deux dimensions : classe en soi (conditions objectives) et classe pour soi (conscience et mobilisation).
  • Marx associe « capital » aux moyens de production et « travail » à la force de travail.

Astuce mémo

Classe en soi = même position ; classe pour soi = même conscience + mobilisation.

6. Weber et la stratification sociale

Notions clés & Définitions

  • Max Weber : Max Weber est l’auteur qui propose une lecture différente de Marx des classes et de la stratification sociale au début du XXe siècle.
  • Classe sociale (Weber) : Pour Weber, une classe sociale se définit surtout par le niveau de richesse économique plutôt que par la seule propriété des moyens de production.
  • Groupe de statut : Le groupe de statut structure l’ordre social selon l’accès au prestige.
  • Parti politique : Le parti structure l’ordre politique selon le degré d’accès au pouvoir.
  • Classe moyenne : La classe moyenne est évoquée chez Weber comme une classe possible, contrairement à une opposition binaire entre deux classes.

Points essentiels

  • Weber distingue les classes non seulement par les moyens de production mais surtout par le niveau de richesse économique.
  • Chez Weber, il n’y a pas nécessairement une opposition directe et il est question de classes sans conscience de classe partagée.
  • La stratification sociale a trois dimensions : classes (richesse), groupes de statut (prestige) et partis (pouvoir).
  • Les trois dimensions peuvent se superposer sans relation automatique : on peut avoir du prestige sans disposer forcément d’un niveau de richesse équivalent.

Astuce mémo

Weber = 3 étages : richesse (classe), prestige (statut), pouvoir (parti).

7. Moyennisation et recul des classes

Notions clés & Définitions

  • Moyennisation de la société : La moyennisation correspond à une réduction des distances entre classes sociales et à une moindre opposition entre elles.
  • Distances inter-classes : Les distances inter-classes désignent les écarts d’inégalités entre classes sociales, notamment entre classe ouvrière et bourgeoise.
  • Catégories sociales intermédiaires : Les catégories sociales intermédiaires regroupent des emplois qui contribuent à former une vaste classe moyenne.
  • Identification subjective à une classe sociale : L’identification subjective est la conscience d’appartenir à une classe sociale, qui peut s’affaiblir ou s’intensifier.

Points essentiels

  • À partir des années 60-70, la représentation d’une société divisée en deux classes opposées est remise en question dans le contexte des Trente Glorieuses (45-75).
  • La réduction de certaines inégalités économiques et l’homogénéisation des consommations (biens diffusés largement) contribuent à réduire les distances inter-classes.
  • La hausse des catégories intermédiaires favorise l’émergence d’une vaste classe moyenne et donc une moindre opposition ouvriers/ bourgeois.
  • À partir des années 70, le sentiment d’appartenance à la classe ouvrière s’affaiblit et celui à la classe moyenne augmente, notamment avec le recul du PCF et des syndicats ouvriers.
  • Le texte relie aussi l’affaiblissement politique ouvrier à des mutations économiques comme les délocalisations et la disparition d’emplois dans les bassins industriels.

Astuce mémo

Trente Glorieuses : baisse des écarts + consommation de masse = distances inter-classes réduites ; années 70 : conscience ouvrière s’effrite.

8. Individualisation du travail

Notions clés & Définitions

  • Individualisation : L’individualisation est un processus où les individus gagnent plus d’autonomie et font des choix moins imposés par des contraintes sociales.
  • Distance intra-classe : La distance intra-classe correspond à des inégalités qui existent à l’intérieur d’une même classe sociale.
  • Solidarités ouvrières : Les solidarités ouvrières désignent les liens collectifs entre travailleurs qui peuvent diminuer avec l’individuation du travail.
  • Horaires individualisés : Les horaires individualisés sont une organisation du travail qui individualise la gestion du temps et affaiblit les collectifs.
  • Déclin de l’adhésion syndicale : Le déclin de l’adhésion syndicale est présenté comme un facteur contribuant à la faiblesse des collectifs de travail.

Points essentiels

  • À partir des années 70, l’organisation du travail s’oriente vers l’individuation au travail, ce qui affaiblit les solidarités ouvrières.
  • L’individualisation rend les choix au travail moins contraints par les syndicats ou par les employeurs et diminue la force des collectifs.
  • Les horaires individualisés et la gestion individuelle des carrières sont cités comme causes du recul des collectifs de travail.
  • Le texte associe aussi l’affaiblissement collectif au déclin de l’adhésion syndicale et à l’existence d’évaluations annuelles.

Astuce mémo

Individualisation = moins de contraintes collectives ⇒ moins de solidarités.

9. Persistance des classes sociales

Notions clés & Définitions

  • Classes en soi : Les classes en soi désignent des groupes partageant des conditions d’existence similaires, même quand la conscience collective se modifie.
  • Niveau de vie : Le niveau de vie est l’indicateur utilisé pour mesurer l’écart entre catégories de population comme les plus riches, le médian et les plus pauvres.
  • Inégalités interclasses : Les inégalités interclasses sont des écarts entre groupes sociaux, qui peuvent varier dans le temps.
  • Retour des classes sociales : Le retour des classes sociales désigne l’idée d’une recrudescence des écarts entre groupes liée à l’enrichissement d’un segment de la population.

Points essentiels

  • Les classes sociales gardent une pertinence car les inégalités de vie ne disparaissent pas et peuvent s’accroître sur la période récente.
  • En 2016, l’Insee donne un niveau de vie annuel moyen de 56 230 euros pour les 10% des Français les plus riches, avec une augmentation mentionnée pour les plus riches.
  • Le texte donne aussi des ordres de grandeur du niveau de vie médian et du niveau moyen des 10% les plus pauvres pour comparer les écarts.
  • Selon Thomas Piketty, depuis 2000 on observe un retour des classes sociales lié à l’enrichissement du segment le plus riche.
  • Malgré l’évolution de la conscience et des organisations du travail, les classes en soi existent encore et les inégalités culturelles et de réussite scolaire restent présentes.

Astuce mémo

Même si ça bouge socialement, les écarts de niveau de vie + culture maintiennent des classes en soi.

Repères chronologiques

DateÉvénement
seconde moitié du 20eme siecleDébut des phénomènes de tertiarisation, salarisation, élévation des qualifications et féminisation des emplois dans la structure socio-professionnelle
1975Mise en place du collège unique
2016Publication Insee sur le niveau de vie moyen des 10% les plus riches
2000Début de la période où Piketty situe un retour des classes sociales
1974Choc pétrolier mentionné comme point de départ de pertes d’emplois dans l’industrie
1959Allongement de la scolarité obligatoire jusqu’à 16 ans
années 90Stabilisation de la proportion salariés/indépendants

Tableaux de synthèse

Marx vs Weber sur les classes

AuteurDéfinition centrale des classesAutre dimension de la stratification
MarxRapports de production : capital pour la bourgeoisie et force de travail pour le prolétariatConflit central et bipolarisation entre deux classes opposées
WeberRichesse économique : une classe dépend du niveau de richesseStratification en trois dimensions : classe, statut, parti

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre inégalité et groupe social : une inégalité décrit un accès différencié à une ressource, tandis qu’un groupe social suppose des relations et une conscience d’appartenance.
  2. Croitre que Marx définit les classes seulement par le sentiment : il faut à la fois une position objective et une mobilisation consciente.
  3. Penser que, chez Weber, les classes sont toujours opposées : il évoque aussi des situations sans bipolarisation et l’existence de classes moyennes.
  4. Oublier que Weber ajoute d’autres critères que l’économie : prestige (statut) et pouvoir (parti) structurent aussi la stratification.
  5. Lire la moyennisation comme une disparition complète des classes : le texte maintient l’existence de classes en soi et d’inégalités persistantes.
  6. Confondre distances inter-classes et distances intra-classe : la première concerne l’écart entre classes, la seconde l’écart à l’intérieur d’une même classe.
  7. Croire que l’individualisation supprime toute solidarité : le cours explique qu’elle affaiblit plutôt les collectifs et les solidarités ouvrières.

Checklist Examen

  1. Définir une inégalité comme différence d’accès à une ressource valorisée et expliquer qu’elle produit des avantages et des désavantages.
  2. Décrire ce qu’est un groupe social à partir des relations entre individus et de la conscience d’appartenance.
  3. Expliquer pourquoi le cours identifie structure sociale et stratification sociale comme synonymes.
  4. Lister les facteurs socioéconomiques cités pour construire l’espace social hiérarchisé (CSP, revenus, diplômes).
  5. Citer les trois critères de construction de l’espace social indiqués (statut d’emploi, secteur d’activité et catégories liées).
  6. Définir la structure socio-professionnelle et dire quels phénomènes la transforment depuis la seconde moitié du XXe siècle.
  7. Donner les chiffres sur la salarisation (88% salariés, moins de 12% indépendants) et dire ce qui se passe dans les années 90.
  8. Expliquer le sens de la tertiarisation et donner le repère des 3/4 des emplois dans le tertiaire.
  9. Résumer la logique du déversement (Sauvy) en chaîne agricole → industrie → services.
  10. Expliquer ce que signifie l’élévation du niveau de qualification et citer deux repères de scolarisation (jusqu’à 16 ans en 59 et collège unique en 1975).
  11. Définir la féminisation des emplois et donner au moins deux facteurs explicatifs parmi ceux du cours (évolutions familiales, droits, modes de garde, etc.).
  12. Résumer l’opposition Marxienne bourgeoisie/prolétariat par leur position dans les rapports de production et rappeler capital et force de travail.
  13. Expliquer les deux conditions pour parler de classes chez Marx : classe en soi puis classe pour soi.
  14. Définir les classes chez Weber par le niveau de richesse et rappeler que les classes et la conscience de classe ne sont pas nécessairement opposées.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Les transformations de la stratification sociale avec 18 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Comment définit-on une inégalité économique ou sociale ?

2. Quelle caractéristique est indispensable pour parler d’un groupe social ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Les transformations de la stratification sociale avec 18 flashcards interactives.

Inégalité économique — définition ?

Différence d’accès aux ressources valorisées

Groupe social — rôle ?

Relations et conscience d’appartenance

Structure sociale — fonction ?

Organisation hiérarchisée des groupes

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