QCM : Psychologie clinique et psychanalytique — 25 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quel objet d’étude caractérise principalement la psychologie clinique ?

Les mécanismes biologiques de l’évolution des espèces animales
Les règles sociales qui organisent les échanges dans une communauté
Le rapport entre le normal et le pathologique, notamment à travers la déviance
Les structures grammaticales qui permettent de former des phrases

Le rapport entre le normal et le pathologique, notamment à travers la déviance

Explication

La psychologie clinique examine la relation entre le normal et le pathologique, en s’intéressant notamment à la déviance. L’étude de l’évolution biologique relève plutôt de la biologie, et celle des structures grammaticales de la linguistique.

2. Quelle conception Michel Foucault propose-t-il de l’histoire de la clinique et de la psychologie ?

Une progression continue vers une définition scientifique stable de la maladie mentale
Une évolution principalement déterminée par le développement des techniques biologiques
Une histoire complexe, dynamique et plurielle qui ne suit pas une évolution linéaire
Une succession de découvertes médicales séparées des transformations sociales

Une histoire complexe, dynamique et plurielle qui ne suit pas une évolution linéaire

Explication

Michel Foucault remet en cause l’idée d’une évolution linéaire et présente la psychologie comme une discipline complexe, dynamique et plurielle. La réduire à une progression continue ou à des facteurs biologiques néglige cette pluralité historique.

3. Quelle distinction oppose correctement l’hominisation et l’humanisation ?

L’hominisation est biologique, tandis que l’humanisation est culturelle et sociale
L’hominisation concerne les normes sociales, tandis que l’humanisation concerne les instincts
L’hominisation désigne l’éducation, tandis que l’humanisation désigne la reproduction
L’hominisation est culturelle, tandis que l’humanisation décrit une mutation biologique

L’hominisation est biologique, tandis que l’humanisation est culturelle et sociale

Explication

L’hominisation correspond à l’évolution biologique du primate vers l’animal humain, alors que l’humanisation renvoie aux processus culturels et sociaux. Les autres réponses inversent ces domaines ou leur attribuent des contenus qui ne correspondent pas à la distinction.

4. Que révèle la manière dont une société prend en charge la psychiatrie et la folie ?

Elle permet de mesurer le niveau d’évolution biologique de sa population
Elle peut indiquer le degré d’humanisation atteint par cette société
Elle montre que l’humanisation de cette société est définitivement achevée
Elle décrit principalement la qualité de ses institutions éducatives

Elle peut indiquer le degré d’humanisation atteint par cette société

Explication

La prise en charge de la psychiatrie et de la folie reflète le degré d’humanisation d’une société, processus qui reste inachevé. Elle ne mesure donc pas l’évolution biologique et ne prouve pas qu’une humanisation définitive est atteinte.

5. Pourquoi la vie sociale humaine se distingue-t-elle de la régulation de la vie animale ?

Elle nécessite des règles, des lois et des normes au-delà des interactions instinctives
Elle dépend de mécanismes biologiques qui coordonnent les espèces d’un milieu
Elle repose sur la biocénose et sur des comportements principalement instinctifs
Elle s’organise par des réactions innées sans intervention de constructions sociales

Elle nécessite des règles, des lois et des normes au-delà des interactions instinctives

Explication

Chez l’humain, la vie sociale doit être organisée par des règles, des lois et des normes. La biocénose et les interactions instinctives caractérisent plutôt la régulation de la vie animale.

6. Quelle caractéristique correspond à la conception freudienne de la sexualité humaine ?

Elle comprend des pulsions dès la naissance, une latence, puis une réactivation pubertaire
Elle se développe en une seule phase continue après la maturation des organes reproducteurs
Elle est déterminée par les normes sociales sans organisation pulsionnelle précoce
Elle apparaît avec la puberté et reste directement liée à la reproduction biologique

Elle comprend des pulsions dès la naissance, une latence, puis une réactivation pubertaire

Explication

Selon Freud, la sexualité humaine est détachée du strict besoin de reproduction et suit une organisation biphasique avec des pulsions infantiles, une période de latence et une réactivation pubertaire. La réduire à la puberté ou à la reproduction biologique contredit cette conception.

7. Comment définir le langage dans son sens général ?

Une réalisation individuelle qui met en œuvre une langue donnée
Un ensemble de règles grammaticales propre à une collectivité déterminée
Une capacité universelle à symboliser et à désigner des objets absents
Un système social particulier partagé par les locuteurs d’une même communauté

Une capacité universelle à symboliser et à désigner des objets absents

Explication

Le langage est la capacité universelle de symboliser et de désigner des objets même lorsqu’ils sont absents. Un système social particulier correspond plutôt à une langue, tandis qu’une réalisation individuelle relève de la parole.

8. Quelle distinction décrit correctement le rapport entre langage, langue et parole ?

Le langage est un idiome particulier, la langue une faculté universelle et la parole une règle collective
Le langage est une production individuelle, la langue une expression spontanée et la parole un système social
Le langage est une norme nationale, la langue une capacité symbolique et la parole une structure biologique
Le langage est une capacité universelle, la langue un système social et la parole son usage individuel

Le langage est une capacité universelle, la langue un système social et la parole son usage individuel

Explication

Le langage désigne la capacité universelle, la langue un système institué et partagé comme le français ou l’anglais, et la parole l’actualisation individuelle de cette capacité. Confondre la langue avec la parole revient à oublier la différence entre système social et usage individuel.

9. Quel outil occupe une place centrale dans le travail du psychologue clinicien ?

La classification sociale, qui répartit les personnes selon des catégories collectives
La parole, qui permet l’expression et l’élaboration dans la relation clinique
La mesure biologique, qui établit directement l’origine des conduites observées
La reproduction expérimentale, qui vérifie les comportements dans un laboratoire

La parole, qui permet l’expression et l’élaboration dans la relation clinique

Explication

La parole constitue l’outil central du psychologue clinicien dans le travail d’expression et d’élaboration. Les mesures biologiques ou les procédures expérimentales peuvent appartenir à d’autres démarches, mais elles ne définissent pas cet outil clinique central.

10. Quelle particularité existentielle distingue l’être humain des autres vivants ?

Il peut établir une définition biologique complète de sa propre existence
Il peut se demander « Que suis-je ? », sans recevoir une réponse exacte ou définitive
Il peut obtenir une réponse définitive à toutes les interrogations sur sa condition
Il peut résoudre la question de son identité grâce à des normes sociales partagées

Il peut se demander « Que suis-je ? », sans recevoir une réponse exacte ou définitive

Explication

L’être humain est présenté comme le seul vivant capable de poser la question « Que suis-je ? », question qui ne reçoit aucune réponse exacte ou définitive. Les autres propositions transforment cette interrogation ouverte en problème résolu par la biologie, les normes ou une réponse finale.

11. Quelle distinction caractérise le mieux la manière d’aborder l’individu et le sujet ?

L’individu relève de la subjectivité, tandis que le sujet correspond à une catégorie standardisée
L’individu est interprété selon son histoire, tandis que le sujet est classé par des mesures générales
L’individu et le sujet sont définis par les mêmes critères objectifs et statistiques
L’individu est mesuré et généralisé, tandis que le sujet est singulier et inscrit dans une histoire

L’individu est mesuré et généralisé, tandis que le sujet est singulier et inscrit dans une histoire

Explication

L’individu est appréhendé par la mesure, la généralisation et l’objectivité, alors que le sujet est compris à partir de sa singularité et de son histoire. La confusion fréquente consiste à attribuer au sujet les caractéristiques de l’individu standardisé.

12. Pourquoi deux personnes ayant reçu le même diagnostic peuvent-elles présenter des vécus différents de leur maladie ?

Parce qu’un même diagnostic correspond généralement à des maladies biologiquement différentes
Parce que leur subjectivité et leur histoire personnelle modifient leur manière de vivre la maladie
Parce que le diagnostic établit une interprétation propre à chaque professionnel de santé
Parce que les symptômes disparaissent plus rapidement chez les personnes ayant une histoire similaire

Parce que leur subjectivité et leur histoire personnelle modifient leur manière de vivre la maladie

Explication

Un diagnostic commun n’efface pas la singularité des personnes : chacune peut vivre sa maladie selon sa subjectivité et son histoire. Le diagnostic ne signifie donc pas que les maladies sont nécessairement biologiquement différentes.

13. Quelle attitude correspond au fait de traiter un patient comme un sujet ?

Décrire son état à partir de mesures comparables entre plusieurs patients
Orienter son traitement vers la suppression rapide de tout symptôme observable
Appliquer à sa situation les caractéristiques générales de son diagnostic
Prendre en compte sa subjectivité unique au-delà des catégories standardisées

Prendre en compte sa subjectivité unique au-delà des catégories standardisées

Explication

Traiter le patient comme un sujet implique de reconnaître sa subjectivité singulière plutôt que de le réduire à un individu standardisé. Une approche fondée sur les seules caractéristiques générales du diagnostic risque précisément de négliger cette singularité.

14. Quelle définition rend compte du soin dans une perspective archéologique ?

Une intervention spécialisée destinée à corriger les troubles du corps ou du comportement
Une activité propre à l’être humain qui apparaît avec les institutions médicales et sociales
Une conduite culturelle qui dépend du langage et de la transmission entre générations
Une pratique présente chez tout vivant et nécessaire à sa survie, notamment par l’apport nourricier

Une pratique présente chez tout vivant et nécessaire à sa survie, notamment par l’apport nourricier

Explication

Le soin existe chez tout vivant et contribue à sa survie, notamment grâce à l’apport de nourriture. Le réduire à une pratique humaine, médicale ou culturelle ferait perdre sa dimension biologique générale.

15. Quelle conséquence de la néoténie humaine explique la nécessité de soins prolongés ?

La croissance prolongée concerne surtout les apprentissages culturels après l’accès à l’autonomie motrice
La maturation rapide des fonctions motrices permet une autonomie précoce après la naissance
Le développement humain se déroule sans dépendance corporelle dès que les besoins alimentaires sont satisfaits
La prématurité développementale entraîne une dépendance durable, notamment avant l’acquisition de la marche

La prématurité développementale entraîne une dépendance durable, notamment avant l’acquisition de la marche

Explication

La néoténie désigne la prématurité développementale particulière de l’humain, qui entraîne une dépendance prolongée et nécessite notamment environ deux ans pour acquérir la marche. Elle s’oppose donc à l’idée d’une autonomie motrice précoce.

16. Que révèle le soin humain sur la relation du sujet à autrui ?

Il s’inscrit entre des êtres parlants et confronte le sujet à sa dépendance envers autrui
Il repose sur une régulation biologique qui se déroule indépendamment des relations de parole
Il concerne principalement la transmission de techniques médicales entre professionnels spécialisés
Il transforme progressivement toute relation de dépendance en autonomie personnelle complète

Il s’inscrit entre des êtres parlants et confronte le sujet à sa dépendance envers autrui

Explication

Le soin humain se déploie dans une relation entre êtres parlants et rend manifeste la dépendance du sujet à l’égard d’autrui. Il ne se réduit donc pas à une régulation biologique indépendante de la parole.

17. Quelle transformation caractérise l’histoire de la prise en charge de la maladie mentale ?

Elle a remplacé les pratiques asilaires par une organisation fondée sur les seules interprétations religieuses
Elle a transformé une prise en charge psychologique spécialisée en surveillance administrative des patients
Elle est passée d’une gestion empirique ou asilaire à une prise en charge spécialisée et professionnalisée
Elle est passée d’une prise en charge scientifique à une gestion principalement familiale et coutumière

Elle est passée d’une gestion empirique ou asilaire à une prise en charge spécialisée et professionnalisée

Explication

La prise en charge de la maladie mentale s’est progressivement déplacée d’une gestion empirique ou asilaire vers la psychiatrie et la psychologie clinique professionnalisées. Cette évolution ne correspond ni à un retour à la gestion familiale ni à une réduction de la prise en charge à la surveillance.

18. Quelle démarche décrit le mieux le fonctionnement de la science moderne ?

Elle recueille des observations sans hypothèses afin de préserver les faits de toute interprétation théorique
Elle formule des hypothèses, les vérifie expérimentalement et les soumet continuellement à l’épreuve
Elle choisit l’explication la plus intuitive et la maintient tant qu’aucune théorie concurrente n’apparaît
Elle établit des vérités par transmission d’autorité, puis les conserve lorsque la tradition les confirme

Elle formule des hypothèses, les vérifie expérimentalement et les soumet continuellement à l’épreuve

Explication

La science moderne construit des hypothèses, les confronte à l’expérience et accepte de les remettre à l’épreuve. La transmission par autorité décrit plutôt un savoir qui ne repose pas sur cette vérification expérimentale.

19. Quelle opposition distingue la recherche fondamentale de la recherche clinique ?

La recherche fondamentale part des patients, tandis que la recherche clinique élabore un savoir sans implication pratique
La recherche fondamentale cherche des applications immédiates, tandis que la recherche clinique évite les situations concrètes
La recherche fondamentale vise un savoir objectivant, tandis que la recherche clinique part de l’observation des patients
La recherche fondamentale vérifie des dogmes, tandis que la recherche clinique remplace l’expérimentation par une intuition clinique

La recherche fondamentale vise un savoir objectivant, tandis que la recherche clinique part de l’observation des patients

Explication

La recherche fondamentale produit un savoir objectivant sans viser directement ses applications, tandis que la recherche clinique s’appuie sur l’observation des patients pour préciser les aspects théoriques. La recherche fondamentale ne se définit donc pas par la recherche d’effets pratiques immédiats.

20. Quels objectifs définissent le modèle scientifique lorsqu’il étudie les faits ?

Les interpréter selon une histoire singulière, les comprendre intuitivement et les préserver de toute manipulation
Les décrire, les expliquer, les prévoir et, si possible, les reproduire
Les mesurer sans les expliquer, les prévoir sans les reproduire et les appliquer à toute situation
Les classer moralement, les relier à une autorité et les soustraire à la vérification expérimentale

Les décrire, les expliquer, les prévoir et, si possible, les reproduire

Explication

Le modèle scientifique cherche à décrire et expliquer les faits, puis à les prévoir et éventuellement à les reproduire. La simple mesure, sans explication ni possibilité de prévision ou de reproduction, ne suffit pas à caractériser ce modèle.

21. Quelle caractéristique distingue la révolution scientifique des formes de savoir fondées sur l’autorité d’un maître ?

Elle remplace les expériences concrètes par des interprétations exclusivement spéculatives.
Elle privilégie l’observation des croyances plutôt que l’analyse des phénomènes.
Elle conserve les vérités établies en les rattachant à une tradition savante.
Elle introduit le langage mathématique pour interroger les lois de la nature.

Elle introduit le langage mathématique pour interroger les lois de la nature.

Explication

La révolution scientifique, portée notamment par Copernic, Galilée, Kepler et Newton, utilise le langage mathématique pour questionner les lois de la nature. Elle se distingue ainsi d’un savoir soumis à l’autorité, car elle remet en question les connaissances établies plutôt que de les préserver par tradition.

22. Dans la démarche de Descartes, quelle relation existe entre le doute méthodique et le Cogito ?

Le doute remplace la pensée par l’observation, puis le corps garantit l’existence du sujet.
Le doute écarte les croyances incertaines, puis la pensée fournit une première certitude.
Le doute classe les opinions vraies, puis l’autorité philosophique valide l’existence du sujet.
Le doute confirme les vérités reçues, puis l’expérience sensible fonde la certitude du sujet.

Le doute écarte les croyances incertaines, puis la pensée fournit une première certitude.

Explication

Descartes utilise le doute méthodique pour se défaire des croyances et des vérités absolues, avant de découvrir dans l’activité de penser la certitude du Cogito. Confondre le doute avec une confirmation des croyances inverse le rôle critique qu’il joue dans cette démarche.

23. Comment la démarche objectivante et la démarche subjective abordent-elles le stress d’une personne ?

La première mesure le stress, tandis que la seconde explore ses effets intérieurs.
La première interprète les vécus, tandis que la seconde calcule leurs manifestations mesurables.
La première recherche les causes biographiques, tandis que la seconde compare des indicateurs quantifiés.
La première décrit une histoire singulière, tandis que la seconde établit une mesure standardisée.

La première mesure le stress, tandis que la seconde explore ses effets intérieurs.

Explication

La démarche objectivante traite le sujet comme un objet mesurable, alors que la démarche subjective l’aborde au cas par cas à partir de ses effets intérieurs. La description d’une histoire singulière correspond donc plutôt à l’approche subjective qu’à la démarche objectivante.

24. Quel principe guide la sémiologie lorsqu’elle recherche les signes d’une maladie ?

Des symptômes différents sont considérés comme les effets d’une cause commune.
Des catégories médicales distinctes sont établies à partir des récits individuels.
Des expériences intérieures similaires sont interprétées comme des diagnostics singuliers.
Des symptômes identiques sont supposés renvoyer à des causes identiques.

Des symptômes identiques sont supposés renvoyer à des causes identiques.

Explication

La sémiologie recherche les signes d’une maladie en supposant que des symptômes identiques renvoient à des causes identiques. L’interprétation des récits individuels et des expériences singulières relève davantage d’une approche clinique subjective que de ce principe sémiologique.

25. Pourquoi le psychologue peut-il formuler une hypothèse diagnostique plutôt qu’affirmer un diagnostic ?

Elle remplace l’entretien clinique par une procédure fondée sur des critères généraux.
Elle lui permet de mesurer les symptômes sans considérer l’histoire du patient.
Elle l’oriente dans son analyse sans enfermer le patient dans une catégorie.
Elle transforme les signes observés en une classification médicale définitivement établie.

Elle l’oriente dans son analyse sans enfermer le patient dans une catégorie.

Explication

Le médecin doit affirmer un diagnostic, tandis que le psychologue peut utiliser une hypothèse diagnostique pour s’orienter tout en évitant de réduire le patient à une catégorie. Une hypothèse diagnostique n’est donc pas une classification définitivement établie, mais un repère interprétatif qui reste ouvert.

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Qu'étudie la psychologie clinique ?

Le rapport entre le normal et le pathologique.

À quelles disciplines la psychologie clinique est-elle historiquement rattachée ?

À la psychiatrie et à la naissance de la psychanalyse.

Qui a remis en question l'évolution linéaire de la clinique ?

Michel Foucault.

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