Amortissements et dépréciations : fiche de révision
Linéaire, dégressif fiscal, unités d'œuvre, dépréciations des stocks et des créances : plans d'amortissement, écritures d'inventaire et exemples chiffrés du BTS CG.
1L'amortissement linéaire et le plan d'amortissement
L'amortissement constate la consommation des avantages économiques d'une immobilisation dont l'utilisation est limitée dans le temps. La base amortissable est le coût d'acquisition HT (prix d'achat net + frais directement attribuables comme le transport, l'installation et le montage), diminué de la valeur résiduelle si elle est significative et mesurable. En linéaire, l'annuité = base × taux, avec taux = 100 ÷ durée d'utilisation. Le point de départ est la date de mise en service, et la première annuité est calculée au prorata du temps, en jours sur la base d'une année de 360 jours (mois de 30 jours).
Exemple : machine acquise 60 000 € HT, mise en service le 1er avril N, amortie sur 5 ans (taux 20 %). Annuité N = 60 000 × 20 % × 270 ÷ 360 = 9 000 €. De N+1 à N+4 : 12 000 € par an. En N+5, on complète les 90 jours manquants : 3 000 €. Total = 9 000 + 48 000 + 3 000 = 60 000 €. La valeur nette comptable (VNC) = valeur d'origine − cumul des amortissements : fin N+1, elle est de 60 000 − 21 000 = 39 000 €. Écriture d'inventaire : débit 6811 Dotations aux amortissements sur immobilisations incorporelles et corporelles, crédit 28 Amortissements des immobilisations (2815 pour un matériel industriel enregistré au 215).
2Dégressif fiscal et unités d'œuvre
L'amortissement dégressif est un régime fiscal réservé à certains biens neufs. Taux dégressif = taux linéaire × coefficient fiscal, qui dépend de la durée (1,25 pour 3 ou 4 ans, 1,75 pour 5 ou 6 ans, 2,25 au-delà de 6 ans, article 39 A du CGI). L'annuité se calcule sur la VNC de début d'exercice, le prorata de la première année se compte en mois à partir du premier jour du mois d'acquisition, et on bascule vers un taux linéaire sur les années restantes dès que celui-ci devient supérieur au taux dégressif. Exemple : 40 000 € acquis le 1er janvier N, 5 ans, taux 20 % × 1,75 = 35 %. N : 14 000 € (VNC 26 000). N+1 : 9 100 € (VNC 16 900). N+2 : 5 915 € (VNC 10 985). Il reste 2 ans, soit 50 % > 35 % : N+3 et N+4 = 10 985 ÷ 2 = 5 492,50 € chacune. Total = 40 000 €.
En comptabilité, l'amortissement doit refléter l'utilisation réelle du bien. Si le plan comptable est linéaire alors que l'entreprise pratique le dégressif fiscal, l'écart est enregistré en amortissement dérogatoire (compte 145, par une dotation exceptionnelle, reprise quand l'écart s'inverse). Le mode par unités d'œuvre suit la consommation réelle : annuité = base × unités consommées dans l'exercice ÷ total des unités prévues. Exemple : véhicule de 30 000 € prévu pour 150 000 km, 36 000 km parcourus en N : 30 000 × 36 000 ÷ 150 000 = 7 200 €.
3Les dépréciations d'actifs
La dépréciation constate une perte de valeur probable et réversible : à l'inventaire, la valeur actuelle d'un actif est devenue inférieure à sa valeur nette comptable. À la différence de l'amortissement, elle n'est pas planifiée, elle est réajustée à chaque clôture (dotation complémentaire ou reprise) et elle peut concerner des actifs non amortissables : terrains, stocks, créances, titres. Elle applique le principe de prudence : on enregistre les pertes probables, pas les plus-values latentes.
Écritures. Stocks et créances : débit 6817 Dotations pour dépréciations des actifs circulants, crédit 39 Dépréciations des stocks ou 491 Dépréciations des comptes de clients ; la reprise passe par le 7817. Une créance douteuse est d'abord reclassée pour son montant TTC au 416 Clients douteux ou litigieux, puis dépréciée sur son montant HT, car la TVA sera récupérée en cas de perte définitive. Exemple : créance de 2 400 € TTC (2 000 € HT), perte probable de 60 % : dépréciation = 2 000 × 60 % = 1 200 €. Si la créance devient irrécouvrable : débit 654 Pertes sur créances irrécouvrables pour le HT perdu, débit 44571 pour la TVA, crédit 416, et reprise de la dépréciation devenue sans objet. Immobilisations : 6816 au débit, compte 29 au crédit. Titres : 6866 au débit, compte 296, 297 ou 590 au crédit.
4Pièges de l'examen et méthode de révision
Les pièges classiques : partir de la date d'acquisition au lieu de la date de mise en service en linéaire ; compter le prorata en jours pour le dégressif (il se compte en mois) ; appliquer le taux dégressif à la valeur d'origine au lieu de la VNC ; oublier la bascule en fin de plan ; amortir un montant TTC alors que la TVA est déductible ; oublier la dernière annuité partielle du linéaire ; calculer la dépréciation d'une créance sur le TTC ; confondre amortissement (irréversible, planifié) et dépréciation (réversible, constatée).
Méthode : présente toujours un tableau d'amortissement avec les colonnes année, base, taux ou prorata, annuité, cumul et VNC, puis contrôle que le cumul final est égal à la base amortissable. Pour les créances, fais un tableau par client : créance TTC, créance HT, pourcentage de perte, dépréciation nécessaire, dépréciation existante, dotation ou reprise. Pour réviser, refais sans regarder les deux plans de cette fiche (linéaire au prorata et dégressif avec bascule) jusqu'à retrouver les totaux exacts.
Définitions à connaître par cœur
Quiz : teste-toi sur amortissements et dépréciations
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1. Machine de 60 000 € HT, linéaire sur 5 ans, mise en service le 1er avril N. L'annuité de N est de…
- A.12 000 €
- B.9 000 €
- C.8 000 €
- D.10 000 €
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Réponse : B. 9 000 €
60 000 × 20 % × 270 ÷ 360 = 9 000 €. Du 1er avril au 31 décembre, on compte 9 mois de 30 jours.
2. En amortissement linéaire, le point de départ du calcul est…
- A.la date de la commande
- B.le premier jour de l'exercice
- C.la date de paiement de la facture
- D.la date de mise en service
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Réponse : D. la date de mise en service
Le linéaire démarre à la mise en service du bien. En dégressif fiscal, on part du premier jour du mois d'acquisition.
3. Bien amorti sur 5 ans en dégressif avec un coefficient de 1,75 : le taux dégressif est de…
- A.35 %
- B.20 %
- C.25 %
- D.43,75 %
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Réponse : A. 35 %
Taux linéaire 100 ÷ 5 = 20 % ; taux dégressif = 20 % × 1,75 = 35 %.
4. Bien de 40 000 € acquis le 1er janvier N, dégressif à 35 %. La deuxième annuité est de…
- A.14 000 €
- B.8 000 €
- C.9 100 €
- D.7 000 €
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Réponse : C. 9 100 €
Première annuité : 14 000 €, VNC 26 000 €. Deuxième annuité : 26 000 × 35 % = 9 100 €. Le taux s'applique à la VNC, pas à la valeur d'origine.
5. L'écriture de dotation aux amortissements d'un matériel industriel est :
- A.débit 2815, crédit 6811
- B.débit 6811, crédit 215
- C.débit 6817, crédit 2815
- D.débit 6811, crédit 2815
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Réponse : D. débit 6811, crédit 2815
La dotation est une charge (débit 6811) et l'amortissement vient en diminution de l'actif dans un compte 28, sans toucher au compte d'immobilisation.
6. Véhicule de 30 000 € prévu pour 150 000 km, 36 000 km parcourus dans l'exercice. L'annuité par unités d'œuvre est de…
- A.7 200 €
- B.6 000 €
- C.5 000 €
- D.10 800 €
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Réponse : A. 7 200 €
30 000 × 36 000 ÷ 150 000 = 7 200 €.
7. Créance de 2 400 € TTC (TVA 20 %), perte probable estimée à 60 %. La dépréciation à constater est de…
- A.1 440 €
- B.2 000 €
- C.1 200 €
- D.960 €
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Réponse : C. 1 200 €
La dépréciation se calcule sur le HT : 2 400 ÷ 1,20 = 2 000 €, puis 2 000 × 60 % = 1 200 €.
8. Ce qui distingue la dépréciation de l'amortissement, c'est qu'elle…
- A.ne concerne que les immobilisations
- B.est réversible et réajustée à chaque inventaire
- C.est calculée selon un plan fixé à l'acquisition
- D.ne passe pas par un compte de charge
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Réponse : B. est réversible et réajustée à chaque inventaire
La dépréciation constate une perte de valeur probable : elle peut augmenter, diminuer ou être reprise. L'amortissement suit un plan et n'est pas repris.
Questions fréquentes
Quelle différence entre amortissement et dépréciation ?
L'amortissement répartit de façon planifiée le coût d'une immobilisation sur sa durée d'utilisation : il est irréversible. La dépréciation constate une perte de valeur probable à l'inventaire : elle est réversible, ajustée chaque année, et peut concerner des stocks, des créances, des titres ou des terrains.
Comment calculer le prorata temporis ?
En linéaire : nombre de jours entre la mise en service et la clôture, sur 360 (mois de 30 jours). En dégressif : nombre de mois à partir du premier jour du mois d'acquisition, sur 12. La dernière annuité du linéaire complète la première pour que le total soit égal à la base.
Quand passer du dégressif au linéaire dans le plan ?
Dès que le taux linéaire calculé sur le nombre d'années restantes (100 ÷ années restantes) dépasse le taux dégressif. On divise alors la VNC par le nombre d'années restantes. Sur 5 ans à 35 %, la bascule intervient pour les deux dernières années (50 % > 35 %).
Pourquoi déprécier une créance sur son montant HT ?
Parce que la perte réelle de l'entreprise se limite au hors taxes : si la créance devient définitivement irrécouvrable, la TVA collectée sur cette vente peut être récupérée auprès de l'État.
