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Introduction au droit : sources et hiérarchie des normes : fiche de révision

Règle de droit, sources, pyramide de Kelsen, organisation judiciaire : le socle du semestre 1, celui que les partiels et les TD mobilisent en permanence.

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1La règle de droit et ses caractères

La règle de droit est une règle de conduite sociale dont le respect est assuré par l'autorité publique. Ses caractères, à savoir restituer et illustrer : elle est générale et impersonnelle (elle vise des catégories abstraites — « tout conducteur », « le vendeur » — et non des individus nommés), obligatoire (avec une gradation : lois impératives, auxquelles on ne peut déroger, et lois supplétives, qui s'appliquent à défaut de volonté contraire des parties) et coercitive (sanctionnée par l'État : nullité, dommages et intérêts, peines).

La règle de droit se distingue des autres règles de conduite — morale (sanction intérieure, la conscience), religion, mœurs et convenances (sanction sociale diffuse) — par sa sanction étatique. Question de cours classique : une même prescription (« ne pas mentir ») peut relever de la morale sans être juridiquement sanctionnée, sauf quand le droit s'en saisit (le dol, le faux témoignage).

2Les sources du droit

Sources écrites, par autorité décroissante : le bloc de constitutionnalité (Constitution du 4 octobre 1958, son Préambule, la Déclaration de 1789, le Préambule de 1946, la Charte de l'environnement de 2004) ; les traités et le droit de l'Union européenne (règlements, directives), qui ont une autorité supérieure aux lois (article 55 de la Constitution) ; la loi votée par le Parlement (article 34 : domaine de la loi) ; les règlements — décrets et arrêtés — (article 37 : domaine réglementaire), en distinguant décrets d'application et règlements autonomes ; les ordonnances de l'article 38.

Sources non écrites et interprétatives : la coutume (usage ancien, constant et perçu comme obligatoire — rôle résiduel), la jurisprudence (l'ensemble des décisions de justice : source discutée, car l'article 5 du Code civil prohibe les arrêts de règlement, mais son rôle créateur est réel — la responsabilité du fait des choses est née de l'interprétation de l'ancien article 1384) et la doctrine (opinions des auteurs : autorité intellectuelle, pas source formelle).

3La hiérarchie des normes et son contrôle

La pyramide de Hans Kelsen ordonne les normes : chaque norme tire sa validité de sa conformité à la norme supérieure — Constitution au sommet, puis traités, lois, règlements, actes individuels. Cette hiérarchie n'existe que par ses contrôles, qu'il faut savoir distinguer (c'est LA question piège du partiel) : le contrôle de constitutionnalité des lois appartient au Conseil constitutionnel — a priori (avant promulgation, sur saisine) et a posteriori depuis 2008 via la question prioritaire de constitutionnalité (QPC, article 61-1) ; le contrôle de conventionnalité (conformité de la loi aux traités) appartient aux juges ordinaires — Cour de cassation (arrêt Jacques Vabre, 1975) et Conseil d'État (arrêt Nicolo, 1989) — car le Conseil constitutionnel s'y refuse depuis sa décision IVG de 1975 ; le contrôle de légalité des règlements appartient au juge administratif.

Retenir le partage : constitutionnalité → Conseil constitutionnel ; conventionnalité → juges judiciaires et administratifs ; légalité des actes administratifs → juge administratif.

4L'organisation juridictionnelle française

Deux ordres de juridictions, séparés depuis la loi des 16-24 août 1790. L'ordre judiciaire juge les litiges entre personnes privées et les infractions : en première instance le tribunal judiciaire (fusion des TGI et TI en 2020) et les juridictions spécialisées (conseil de prud'hommes, tribunal de commerce), en appel les cours d'appel, et au sommet la Cour de cassation — qui juge le DROIT et non les faits : elle casse ou rejette, elle ne rejuge pas l'affaire (elle renvoie alors devant une autre juridiction du fond). L'ordre administratif juge les litiges impliquant l'administration : tribunaux administratifs, cours administratives d'appel, Conseil d'État. Le Tribunal des conflits départage les deux ordres.

Notions de procédure à maîtriser : double degré de juridiction (appel possible en principe), voies de recours (appel : réformation ; pourvoi en cassation : contrôle du droit), et la distinction juridictions du fond (qui apprécient souverainement les faits) / Cour de cassation. Ces notions sont le préalable direct de la fiche d'arrêt.

Définitions à connaître par cœur

Règle de droit
Règle de conduite générale, impersonnelle, obligatoire et coercitive, dont le respect est garanti par l'autorité publique.
Loi impérative / supplétive
La loi impérative s'impose sans dérogation possible ; la loi supplétive ne s'applique qu'à défaut de volonté contraire exprimée par les parties.
Bloc de constitutionnalité
Ensemble des normes de valeur constitutionnelle : Constitution de 1958, Déclaration de 1789, Préambule de 1946, Charte de l'environnement de 2004.
QPC
Question prioritaire de constitutionnalité (art. 61-1, depuis 2010) : tout justiciable peut contester, au cours d'une instance, la conformité d'une loi promulguée aux droits et libertés constitutionnels.
Contrôle de conventionnalité
Contrôle de la conformité d'une loi aux traités internationaux (art. 55), exercé par les juridictions ordinaires (Jacques Vabre 1975 ; Nicolo 1989).
Jurisprudence
Ensemble des décisions rendues par les juridictions ; source de droit discutée mais au rôle créateur réel, dans les limites de l'article 5 du Code civil.

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9 questions corrigées. Réponds avant d'ouvrir la correction !

1. Quels caractères définissent la règle de droit ?

  • A.Générale, impersonnelle, obligatoire, coercitive
  • B.Individuelle, négociée, facultative
  • C.Morale, intérieure, spontanée
  • D.Écrite, codifiée, immuable
Voir la réponse

Réponse : A. Générale, impersonnelle, obligatoire, coercitive

La règle de droit vise des catégories abstraites, s'impose et est sanctionnée par l'État — c'est ce qui la distingue de la morale.

2. Une loi supplétive…

  • A.s'impose dans tous les cas
  • B.s'applique à défaut de volonté contraire des parties
  • C.n'a aucune force obligatoire
  • D.ne concerne que le droit pénal
Voir la réponse

Réponse : B. s'applique à défaut de volonté contraire des parties

Elle « supplée » le silence des parties, qui peuvent l'écarter — contrairement à la loi impérative.

3. Le contrôle de conventionnalité des lois est exercé par…

  • A.le Conseil constitutionnel
  • B.les juridictions ordinaires (Cour de cassation et Conseil d'État)
  • C.le Parlement
  • D.le Président de la République
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Réponse : B. les juridictions ordinaires (Cour de cassation et Conseil d'État)

Depuis la décision IVG (1975), le Conseil constitutionnel le refuse ; la Cour de cassation (Jacques Vabre, 1975) et le Conseil d'État (Nicolo, 1989) l'assurent.

4. La QPC permet…

  • A.de contester une loi promulguée devant le Conseil constitutionnel au cours d'un procès
  • B.de saisir directement la Cour de cassation
  • C.d'abroger un décret
  • D.de réviser la Constitution
Voir la réponse

Réponse : A. de contester une loi promulguée devant le Conseil constitutionnel au cours d'un procès

Issue de la révision de 2008 (art. 61-1), la QPC ouvre le contrôle a posteriori des lois, sur renvoi filtré par les cours suprêmes.

5. L'article 55 de la Constitution donne aux traités…

  • A.une valeur inférieure aux lois
  • B.une autorité supérieure aux lois
  • C.une valeur constitutionnelle
  • D.une simple valeur morale
Voir la réponse

Réponse : B. une autorité supérieure aux lois

Les traités régulièrement ratifiés ont, sous réserve de réciprocité, une autorité supérieure à celle des lois.

6. La Cour de cassation…

  • A.rejuge entièrement les faits de l'affaire
  • B.juge le droit : elle casse ou rejette, sans rejuger le fond
  • C.est une juridiction administrative
  • D.n'examine que les affaires pénales
Voir la réponse

Réponse : B. juge le droit : elle casse ou rejette, sans rejuger le fond

Juge du droit, elle contrôle l'application de la règle par les juges du fond et renvoie en cas de cassation.

7. Le domaine de la loi est fixé par…

  • A.l'article 34 de la Constitution
  • B.l'article 37
  • C.l'article 55
  • D.l'article 61-1
Voir la réponse

Réponse : A. l'article 34 de la Constitution

Art. 34 : domaine de la loi ; art. 37 : domaine réglementaire ; ce partage est une innovation de 1958.

8. Les litiges entre un particulier et une administration relèvent en principe…

  • A.de l'ordre judiciaire
  • B.de l'ordre administratif
  • C.du Tribunal des conflits
  • D.du Conseil constitutionnel
Voir la réponse

Réponse : B. de l'ordre administratif

L'ordre administratif (TA, CAA, Conseil d'État) juge l'administration ; le Tribunal des conflits ne fait que départager les ordres.

9. La doctrine est…

  • A.une source formelle du droit
  • B.l'opinion des auteurs, dotée d'une autorité intellectuelle
  • C.l'ensemble des coutumes
  • D.un synonyme de jurisprudence
Voir la réponse

Réponse : B. l'opinion des auteurs, dotée d'une autorité intellectuelle

Elle éclaire et influence le droit sans créer de normes : autorité de fait, non source formelle.

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Questions fréquentes

Comment réviser l'introduction au droit pour le partiel ?

Deux axes : le par-cœur structuré (caractères de la règle de droit, hiérarchie des normes avec les trois contrôles et leurs juges, organisation juridictionnelle) en flashcards, et l'entraînement aux questions de cours rédigées — les correcteurs attendent définitions précises et exemples (arrêts Jacques Vabre, Nicolo, mécanisme de la QPC).

Quelle est la différence entre contrôle de constitutionnalité et de conventionnalité ?

Le premier confronte la loi à la Constitution et appartient au Conseil constitutionnel (a priori ou par QPC). Le second confronte la loi aux traités (art. 55) et appartient aux juges ordinaires — Cour de cassation et Conseil d'État — depuis que le Conseil constitutionnel s'y est refusé en 1975.

La jurisprudence est-elle une source du droit ?

C'est un débat de cours classique : formellement, l'article 5 du Code civil interdit les arrêts de règlement et le juge ne crée pas de règle générale ; matériellement, la jurisprudence a créé des pans entiers du droit (responsabilité du fait des choses, troubles anormaux de voisinage). La bonne réponse au partiel expose les deux faces.

Faut-il apprendre les articles par cœur ?

Les numéros structurants, oui : articles 34, 37, 38, 55, 61-1 de la Constitution et article 5 du Code civil. Pour le reste, la précision du raisonnement compte plus que la récitation de numéros.