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Quels sont les caractéristiques et les facteurs de la mobilité sociale ? : fiche de révision

Tables de mobilité, fluidité sociale, déclassement, rôle de l'école et de la famille : la fiche complète du chapitre mobilité sociale.

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1Définir et mesurer la mobilité sociale

La mobilité sociale intergénérationnelle est le changement de position sociale entre parents et enfants (à distinguer de la mobilité intragénérationnelle, au cours de la vie, et de la mobilité géographique). Elle se mesure par les tables de mobilité croisant la PCS du père (et désormais des deux parents) et celle de l'individu : la table de destinée répond à « que deviennent les fils/filles de… ? », la table de recrutement à « d'où viennent les membres de la catégorie… ? ».

Limites de l'outil : nomenclature en grandes catégories masquant les mobilités courtes, difficulté à classer les femmes longtemps rapportées au père, choix de l'âge d'observation, et surtout l'incapacité des taux bruts à distinguer ce qui relève de la transformation de la structure des emplois de ce qui relève d'une réelle égalisation des chances.

2Mobilité observée et fluidité sociale

La mobilité observée agrège deux choses. D'abord la mobilité structurelle : la transformation de la structure des emplois (déclin des agriculteurs et des ouvriers, essor des cadres et professions intermédiaires) contraint mécaniquement une partie des enfants à occuper des positions différentes de leurs parents. Ensuite la fluidité sociale, qui mesure l'égalité relative des chances : à structure donnée, un enfant d'ouvrier a-t-il autant de chances qu'un enfant de cadre d'accéder aux positions supérieures ? On la mesure par les odds ratios (rapports de chances relatives).

Résultats pour la France : une majorité d'individus sont mobiles par rapport à leur père, mais la mobilité est souvent de faible amplitude ; la reproduction reste forte aux deux extrémités (un fils de cadre a plusieurs fois plus de chances de devenir cadre qu'un fils d'ouvrier) ; la fluidité a légèrement progressé sur longue période, davantage pour les femmes ; et le déclassement (occuper une position inférieure à celle de ses parents) progresse dans les générations récentes, nourrissant la « peur du déclassement » (Chauvel, Peugny).

3Les facteurs de la mobilité

L'évolution de la structure socioprofessionnelle est le premier moteur : la tertiarisation et la montée des qualifications ont créé des places « en haut » pendant les Trente Glorieuses (mobilité ascendante massive), tandis que le ralentissement de cette dynamique explique la montée du déclassement quand l'expansion scolaire dépasse celle des emplois qualifiés (inflation des diplômes : à diplôme égal, position moindre qu'hier).

L'école est le deuxième facteur : elle distribue les diplômes devenus condition d'accès aux positions, mais comme les chapitres précédents l'ont montré, la réussite et l'orientation restent socialement marquées — l'école est ainsi à la fois canal de mobilité et courroie de reproduction. Troisième facteur : les ressources familiales — capital économique (financer les études, transmettre un patrimoine ou une entreprise), capital culturel (accompagnement scolaire) et capital social (réseaux d'accès à l'emploi) —, ainsi que la socialisation et les configurations familiales, qui différencient aussi les mobilités selon le genre.

4À l'épreuve : sujets et pièges

Sujets types : « La société française est-elle une société de reproduction sociale ? », « Comment mesurer la mobilité sociale ? », « Quel est le rôle de l'école dans la mobilité sociale ? », « Comment expliquer l'évolution du déclassement ? ».

Pièges : confondre mobilité observée et fluidité (une mobilité élevée peut n'être que structurelle) ; lire une table sans préciser s'il s'agit de destinée ou de recrutement ; oublier les femmes et la dimension de genre ; conclure au « tout bouge » ou au « rien ne bouge ». La lecture correcte d'une case de table (« sur 100 fils d'ouvriers, X sont devenus cadres ») est un attendu classique de l'épreuve.

Définitions à connaître par cœur

Mobilité intergénérationnelle
Changement de position sociale d'un individu par rapport à celle de ses parents.
Table de destinée
Table indiquant ce que deviennent les enfants issus de chaque catégorie sociale (lecture en ligne).
Mobilité structurelle
Part de la mobilité imposée par la transformation de la structure des emplois entre deux générations.
Fluidité sociale
Égalité relative des chances d'accès aux positions, indépendamment des changements de structure ; mesurée par les odds ratios.
Déclassement
Situation d'un individu occupant une position sociale (ou un emploi) inférieure à celle de ses parents ou à celle que son diplôme permettait d'espérer.
Inflation des diplômes
Dévalorisation relative des titres scolaires quand leur nombre croît plus vite que les emplois qualifiés correspondants.

Quiz : teste-toi sur quels sont les caractéristiques et les facteurs de la mobilité sociale ?

8 questions corrigées. Réponds avant d'ouvrir la correction !

1. La table de destinée répond à la question…

  • A.« D'où viennent les cadres ? »
  • B.« Que deviennent les fils et filles d'ouvriers ? »
  • C.« Qui vote pour qui ? »
  • D.« Quel est le salaire moyen ? »
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Réponse : B. « Que deviennent les fils et filles d'ouvriers ? »

Elle suit le devenir des enfants de chaque origine ; la table de recrutement, elle, remonte à l'origine des membres d'une catégorie.

2. La mobilité structurelle provient…

  • A.de l'égalisation des chances
  • B.de la transformation de la structure des emplois
  • C.des politiques de quotas
  • D.du hasard
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Réponse : B. de la transformation de la structure des emplois

Moins d'agriculteurs et d'ouvriers, plus de cadres : une partie des enfants change mécaniquement de position.

3. La fluidité sociale mesure…

  • A.le nombre de mobiles
  • B.l'égalité relative des chances entre origines, via les odds ratios
  • C.la vitesse des carrières
  • D.les migrations
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Réponse : B. l'égalité relative des chances entre origines, via les odds ratios

Elle neutralise les effets de structure pour comparer les chances relatives d'accès aux positions.

4. Le déclassement désigne…

  • A.un licenciement
  • B.une position inférieure à celle des parents ou à celle promise par le diplôme
  • C.un changement de région
  • D.une promotion
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Réponse : B. une position inférieure à celle des parents ou à celle promise par le diplôme

Intergénérationnel ou scolaire, il progresse dans les générations nées après les années 1960 (Chauvel, Peugny).

5. L'inflation des diplômes signifie que…

  • A.les diplômes coûtent plus cher
  • B.à diplôme égal, la position accessible est moindre qu'avant
  • C.il y a moins de diplômés
  • D.les notes augmentent
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Réponse : B. à diplôme égal, la position accessible est moindre qu'avant

Quand les diplômés croissent plus vite que les emplois qualifiés, la valeur relative de chaque titre baisse.

6. En France, la reproduction sociale est particulièrement forte…

  • A.au milieu de la hiérarchie
  • B.aux deux extrémités (cadres et ouvriers/employés)
  • C.chez les professions intermédiaires
  • D.nulle part
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Réponse : B. aux deux extrémités (cadres et ouvriers/employés)

L'auto-recrutement des cadres et la persistance des destinées populaires encadrent une mobilité surtout courte au centre.

7. Une limite classique des tables de mobilité est…

  • A.leur précision excessive
  • B.d'avoir longtemps mal saisi la mobilité des femmes
  • C.d'inclure la mobilité géographique
  • D.de mesurer les revenus
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Réponse : B. d'avoir longtemps mal saisi la mobilité des femmes

Les femmes étaient rapportées à la position du père et comparées difficilement ; les analyses récentes intègrent les deux parents.

8. L'école est, pour la mobilité sociale…

  • A.sans effet
  • B.à la fois un canal de mobilité et un mécanisme de reproduction
  • C.uniquement un canal de mobilité
  • D.uniquement un frein
Voir la réponse

Réponse : B. à la fois un canal de mobilité et un mécanisme de reproduction

Elle distribue les diplômes qui permettent la mobilité, mais réussite et orientation restent socialement différenciées.

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Questions fréquentes

Quelle différence entre mobilité observée et fluidité sociale ?

La mobilité observée compte tous les changements de position, y compris ceux imposés par l'évolution de la structure des emplois (mobilité structurelle). La fluidité sociale mesure l'égalité relative des chances à structure donnée, par les odds ratios : c'est elle qui dit si la société devient réellement plus « juste ».

Comment lire une table de mobilité sans se tromper ?

Identifier d'abord le sens de lecture : destinée (en ligne : sur 100 fils d'ouvriers, combien deviennent cadres ?) ou recrutement (en colonne : sur 100 cadres, combien sont fils d'ouvriers ?). Toujours formuler la phrase complète avec l'origine, la destination et la base 100.

Le déclassement augmente-t-il vraiment ?

Oui pour les générations récentes : la probabilité d'occuper une position inférieure à celle de ses parents progresse depuis les cohortes nées dans les années 1960 (travaux de Chauvel et Peugny), sous l'effet du ralentissement de la création d'emplois qualifiés et de l'inflation des diplômes — d'où un fort sentiment social de déclassement.

Quels facteurs de mobilité mettre dans une dissertation ?

L'évolution de la structure des emplois (moteur historique de la mobilité ascendante), l'école et les diplômes (canal ambivalent), et les ressources familiales (capitaux économique, culturel et social), en ajoutant la dimension de genre et le rôle des configurations familiales.