📋 Plan du Cours
- Thoinot Arbeau et orchésographie
- Classifications des danses
- Corneille et théâtre classique
- Rousseau et critique du théâtre
- Fête vs théâtre
- Controverse sur la moralité
- Mimésis et contagion
- Remise en question de l'art dramatique
📖 1. Thoinot Arbeau et orchésographie
🔑 Notions clés & Définitions
- Thoinot Arbeau : Pseudo de Jehan Tabourot (1515-1595), membre du clergé français, auteur de l'ouvrage "Orchésographie". Il a pratiqué la danse dans sa jeunesse et s'appuie sur ses souvenirs pour rédiger ses écrits.
- Orchésographie : Ouvrage publié en 1588 par Thoinot Arbeau, considéré comme le corpus le plus complet du 16ème siècle sur la danse. Il s'agit d'un manuel décrivant la danse, utilisant pour la première fois des partitions pour la danse, avec une approche pédagogique.
- Manuel de danse du 16ème siècle : Recueil de techniques et classifications des danses, avec une référence importante pour la pratique et l'apprentissage de la danse à cette époque.
- Classification des danses : Organisation des danses selon leur style, rythme et usage, notamment en danses de cour ou populaires, avec des catégories spécifiques.
- Danse récréative et de société : Types de danses destinées au divertissement et à la vie sociale, privilégiées dans l'ouvrage d'Arbeau.
- Notions de danses classifiées par Arbeau :
- Basse-danse : Danse lente, grave, issue des balles aristocratiques européennes, caractérisée par sa lenteur et sa solennité.
- Branles : Danse en chaîne, souvent d'introduction ou d'ouverture du bal.
- Gaillarde : Danse joyeuse, vive, en duo, avec des sauts.
- Gavotte : Danse en chaîne, joyeuse, sautillante.
- Pavane : Grande danse lente et majestueuse, symbole de la posture de "se pavaner" (se montrer).
- Utilisation des partitions pour la danse : Première référence dans un manuel de danse, permettant une transmission précise des pas et des mouvements.
- Danse guerrière : Danse rare, peu commentée, mais intéressante en tant qu'exemple de danse spécifique.
- Capriol : Élève d'Arbeau, mentionné dans l'ouvrage comme référence pédagogique ou exemple.
📝 Points essentiels
- Thoinot Arbeau, en tant que membre du clergé, écrit un manuel pratique et pédagogique pour l'apprentissage de la danse, basé sur ses souvenirs et son expérience.
- "Orchésographie" est le premier ouvrage à utiliser des partitions pour la danse, ce qui en fait une référence riche et référencée.
- La classification des danses distingue principalement entre danses de cour (basse-danse, pavane) et danses populaires ou de société (branles, gaillarde, gavotte).
- La basse-danse est associée à la gravité et à la lenteur, tandis que les danses comme la gaillarde ou la gavotte sont plus vives et sautillantes.
- La pavane, danse lente et majestueuse, symbolise la posture de la noblesse et la mise en valeur de l'apparence sociale.
- Arbeau souhaite transmettre une méthode d'apprentissage structurée, avec des pas précis mais sans indiquer le chemin complet entre eux.
💡 À retenir
L'"Orchésographie" de Thoinot Arbeau est un manuel pionnier du 16ème siècle qui organise et transmet la pratique de la danse à travers une classification claire, en utilisant pour la première fois des partitions, et privilégie la danse récréative et de société.
📖 2. Classifications des danses
🔑 Notions clés & Définitions
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Danse de cour : Ensemble des danses aristocratiques et cérémoniales pratiquées lors des événements de la cour, souvent lentes et majestueuses, comme la pavane. Selon Thoinot Arbeau, ces danses sont destinées à la société noble et à la représentation officielle.
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Danse populaire : Forme de danse accessible à tous, souvent issue des traditions locales et communautaires, plus vivace et spontanée. Arbeau distingue ces danses des danses de cour, en insistant sur leur aspect récréatif et de société.
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Danse de cortège : Danse organisée en chaîne ou en procession, généralement en ouverture de bal ou de cérémonie, comme les branles ou gavottes. Elle sert à introduire la fête ou l’événement, avec une structure en chaîne ou en groupe.
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Danse de couples : Danse où deux partenaires interagissent, souvent en duo, comme la gaillarde. Elle se différencie des danses en groupe ou en chaîne, et privilégie l’expression individuelle en relation avec un partenaire.
📝 Points essentiels
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La classification d’Arbeau distingue principalement les danses selon leur usage social et leur contexte : de cour (aristocratique, cérémonial), populaire (récréatif, communautaire), de cortège (en ouverture, processionnelle) et de couples (interaction en duo).
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La basse-danse, lente et grave, est une danse de cour aristocratique, tandis que la gaillarde et la gavotte, joyeuses et vives, sont des danses de société ou populaires.
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Les branles et pavane sont des danses de cortège ou d’introduction, souvent en chaîne ou en procession.
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La danse de couples, comme la gaillarde, permet une interaction plus intime et expressive entre deux partenaires.
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La classification s’appuie sur l’ouvrage d’Arbeau (1588) et ses générations successives, qui cherchent à apprendre et à enseigner la danse de façon pédagogique, en distinguant les types selon leur rythme, leur usage et leur contexte social.
💡 À retenir
La classification des danses selon Arbeau repose sur leur usage social, leur rythme et leur contexte, distinguant notamment les danses de cour aristocratiques, populaires, de cortège et de couples, pour mieux comprendre leur fonction et leur évolution.
📖 3. Corneille et théâtre classique
🔑 Notions clés & Définitions
- Corneille : dramaturge français du XVIIe siècle, auteur de pièces de théâtre influentes telles que Le Cid, connu pour ses théories sur le poème dramatique et ses débats sur la règle des unités.
- Théâtre classique : mouvement théâtral inspiré de l’antiquité, caractérisé par la recherche de la vraisemblance, la bienséance, et le respect des règles formelles.
- Règles des trois unités : principes issus de l’antiquité qui imposent que la pièce doit respecter l’unité de temps (une journée), l’unité de lieu (un seul lieu), et l’unité d’action (une seule intrigue principale).
- Tragédie : genre théâtral noble et élevé, structuré en 5 actes, rédigé en alexandrin, mettant en scène des personnages de haut rang avec un sujet emprunté à la mythologie romaine, respectant la règle de grandeur et de l’honnête homme.
- Structure en 5 actes : découpage de la tragédie en cinq parties : exposition, perturbation, tentative de résolution, point culminant, et dénouement.
- Alexandrin : vers de 12 syllabes, forme poétique privilégiée dans le théâtre classique pour sa solennité et sa régularité.
- Règles de bienséance et vraisemblance : principes qui exigent que les actions, personnages et dialogues soient conformes à la morale, à la décence, et à la logique du réalisme.
- Théorie de la grandeur : conception selon laquelle les personnages de tragédie doivent incarner une noblesse d’âme et de situation, reflétant la grandeur de l’homme dans ses actions.
- Théorie de l’honnête homme : idéal de comportement et de vertu que le personnage doit incarner, conforme aux valeurs morales et sociales de l’époque.
📝 Points essentiels
- Corneille, à la fin du XVIe et au début du XVIIe siècle, s’inscrit dans le mouvement du théâtre classique, en opposition avec les formes plus libres ou baroques.
- La tragédie cornéllienne doit respecter strictement la structure en 5 actes, l’alexandrin, et les règles des trois unités pour assurer la vraisemblance et la bienséance.
- La règle de grandeur impose que les personnages aient un rang social élevé et que leurs actions reflètent une noblesse d’âme, conformément à la théorie de l’honnête homme.
- La conception cornéllienne du théâtre privilégie la moralité, la conformité aux règles, et la recherche d’un effet de grandeur, en accord avec le mouvement du classicisme français.
- La polémique autour du respect ou non des unités dans Le Cid a marqué la réflexion théorique, Corneille défendant la légitimité de sa liberté créatrice par le succès de ses œuvres.
- La tragédie doit susciter la pitié et la terreur, conformément à la poétique d’Aristote, tout en respectant la vraisemblance et la bienséance.
💡 À retenir
Corneille, en tant que figure centrale du théâtre classique français, a théorisé un genre noble et structuré, fondé sur la règle des trois unités, la grandeur, et la moralité, visant à élever la morale et l’esprit du spectateur à travers une tragédie en 5 actes, écrite en alexandrin.
📖 4. Rousseau et critique du théâtre
🔑 Notions clés & Définitions
Rousseau : Philosophe du XVIIIe siècle qui critique le théâtre comme art de luxe et de corruption des mœurs, et prône la fête comme alternative plus naturelle et sociale.
Théâtre comme art de luxe et de corruption des mœurs : Rousseau considère le théâtre comme un divertissement coûteux, artificiel, qui détourne l’homme de ses véritables vertus et favorise la dépravation morale par la représentation de passions excessives et de comportements immoraux.
Théâtre comme moyen d'éducation : Rousseau rejette cette idée, estimant que le théâtre ne sert pas à instruire moralement mais à flatter les passions, ce qui nuit à l’éducation du peuple.
Fête comme alternative au théâtre : Rousseau propose la fête en plein air, sans distinction entre acteurs et spectateurs, comme un moyen de rassembler la communauté, de renforcer la cohésion sociale et de préserver la moralité, en opposition au théâtre qui divise et dénature.
Morale et influence sociale du spectacle : Rousseau voit dans le théâtre un danger de contamination morale, car il représente et flattent les passions, pouvant entraîner une contagion du mal, et détourner les spectateurs de leur véritable nature et de leurs devoirs sociaux.
📝 Points essentiels
- Rousseau critique le théâtre pour son aspect de luxe et de corruption, le considérant comme un art qui détourne l’homme de ses vertus naturelles.
- Il oppose la fête, en plein air, où les spectateurs sont acteurs eux-mêmes, à la représentation théâtrale, qu’il voit comme artificielle et dénaturante.
- La fête permettrait de renforcer la cohésion sociale, d’unir les individus dans un plaisir partagé sans distinction entre scène et salle.
- Rousseau s’oppose à l’idée que le théâtre puisse éduquer moralement, car il flatterait les passions et déformerait la réalité, éloignant ainsi le peuple de la véritable humanité.
- La représentation théâtrale est perçue comme une source de contagion morale, où le spectateur devient complice des crimes et des passions représentés, ce qui corrompt ses mœurs.
- La critique de Rousseau s’inscrit dans une conception de la nature humaine comme bonne, que le théâtre, par ses artifices, corrompt.
- Il privilégie la fête en plein air, simple et naturelle, comme lieu d’union et de moralité, en opposition à l’artifice du théâtre.
💡 À retenir
Rousseau condamne le théâtre comme art de luxe et de corruption, proposant la fête en plein air comme une alternative plus morale, sociale et authentique pour préserver la moralité et l’unité du peuple.
📖 5. Fête vs théâtre
🔑 Notions clés & Définitions
Fête : Organisation sociale en plein air, sous le ciel, visant à rassembler le peuple dans le plaisir et la joie, sans distinction entre acteurs et spectateurs, favorisant la communion immédiate et collective (VASAK, 18ème siècle).
Organisation sociale : Mise en place d’événements publics ou privés permettant de renforcer les liens entre les membres d’une communauté, notamment par la fête ou le divertissement collectif (VASAK, 18ème siècle).
Divertissement collectif : Activité de loisir partagée par une communauté, visant à divertir et à renforcer la cohésion sociale, souvent en opposition à la représentation théâtrale qui sépare acteurs et spectateurs (VASAK, 18ème siècle).
Théâtre comme lieu d'influence artistique et politique : Espace où se diffusent des idées, des valeurs et des influences, contrôlé par des réglementations strictes, notamment au 18ème siècle, pour modérer son impact moral et politique (D’ALEMBERT, Rousseau).
Contrôle moral et réglementations du théâtre au 18ème siècle : Ensemble de lois et de mesures visant à encadrer la pratique théâtrale, notamment par l’obtention d’autorisations, la censure, et des interdictions de représentations jugées immorales ou dangereuses (D’ALEMBERT, 1757).
📝 Points essentiels
- La fête est perçue comme une organisation sociale en plein air, sans division entre acteurs et spectateurs, permettant une communion immédiate et collective, en opposition au théâtre traditionnel qui sépare ces rôles (VASAK).
- Rousseau critique le théâtre comme art de luxe, dangereux pour la moralité, et prône le remplacement par la fête, qui favorise la convivialité et la participation directe des citoyens.
- Le théâtre est soumis à un contrôle moral strict au 18ème siècle, avec des réglementations sévères, des autorisations, et des interdictions pour limiter son influence perçue comme corruptrice.
- La fête est vue comme une alternative républicaine, naturelle et démocratique, où la communauté se rassemble sous le ciel, sans distinction de rang ou de rôle, contrairement au théâtre qui impose une séparation artificielle.
- Rousseau oppose la fête à la représentation théâtrale, considérant que la fête favorise la communion immédiate et authentique, tandis que le théâtre éloigne le spectateur de la réalité et peut la déformer.
💡 À retenir
Au 18ème siècle, la fête est valorisée comme un moyen d’union sociale authentique et républicaine, en opposition au théâtre, considéré comme un art de luxe, moralement dangereux et soumis à une réglementation stricte pour limiter ses effets pernicieux.
📖 6. Controverse sur la moralité
🔑 Notions clés & Définitions
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Controverse sur la moralité du théâtre : Débat portant sur l’impact moral et social du théâtre, notamment sa capacité à corrompre ou à éduquer le public, ainsi que sa régulation (voir Rousseau, Lettre sur les spectacles).
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Effet moral et éducatif du théâtre : Idée que le théâtre peut influencer les mœurs et l’éducation des spectateurs, soit en leur inculquant des valeurs morales, soit en les corrompant (voir Rousseau).
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Théâtre comme art de divertissement et de luxe : Vision selon laquelle le théâtre est une distraction frivole, un luxe qui peut contribuer à la décadence morale, considéré comme un art qui séduit pour le plaisir plutôt que pour l’instruction (voir Rousseau).
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Question de la moralité et de la régulation : Problématique sur la nécessité de contrôler, réglementer ou moraliser le théâtre pour limiter ses effets néfastes, notamment par des lois ou des restrictions sur les représentations (voir Rousseau, D’Alembert).
📝 Points essentiels
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La controverse oppose principalement Rousseau, qui condamne le théâtre comme art de luxe pouvant corrompre les mœurs, à d’autres penseurs qui envisagent une possibilité de réforme pour en faire un outil éducatif (voir Rousseau, Lettre sur les spectacles).
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Rousseau critique le théâtre pour sa tendance à flatter les passions, à déformer la réalité, et à représenter des passions excessives ou des actions atroces, ce qui peut influencer négativement le public en lui donnant une vision déformée de la vie et en contaminant la moralité (voir Rousseau, Lettre sur les spectacles).
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La représentation théâtrale est vue comme un lieu de contagion morale, où la mimèsis peut entraîner une contamination du spectateur, qui devient complice ou imitateur des actes représentés (voir Rousseau, Lettre sur les spectacles).
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La régulation du théâtre, notamment par des lois ou des censures, est proposée pour limiter ses effets néfastes, notamment en interdisant certaines représentations ou en contrôlant la conduite des acteurs (voir Rousseau, Lettre sur les spectacles ; D’Alembert).
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Rousseau propose de remplacer le théâtre par des fêtes publiques, en plein air, où la communauté participe directement, supprimant la division entre acteurs et spectateurs, pour favoriser la convivialité et la moralité collective (voir Rousseau).
💡 À retenir
La controverse sur la moralité du théâtre oppose la vision du théâtre comme art potentiellement corrupteur à celle d’un outil éducatif pouvant être régulé ou remplacé par des fêtes, soulignant la tension entre divertissement, moralité et régulation.
📖 7. Mimésis et contagion
🔑 Notions clés & Définitions
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Mimésis : Représentation ou imitation de la réalité dans le but de faire apparaître des passions ou des passions humaines, permettant au spectateur de se reconnaître dans la scène représentée (imitation fidèle ou déformée selon Rousseau). La mimésis est essentielle pour susciter l’émotion et la catharsis.
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Représentation des passions humaines : La scène théâtrale est un tableau où sont dépeintes les passions, émotions et mœurs propres à l’homme, qui existent dans tous les cœurs. Rousseau insiste sur le fait que ces passions sont représentées pour plaire, souvent en exagérant ou déformant la réalité.
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Contagion : Idée que le théâtre, par la mimésis, peut transmettre ou contaminer moralement et émotionnellement le spectateur. Rousseau évoque la contamination possible du spectateur par la représentation, qui peut le rendre complice des actes odieux ou le corrompre moralement, par imitation ou par influence.
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Effet émotionnel du théâtre : Le théâtre doit produire des passions et des émotions fortes chez le spectateur, telles que la pitié ou la terreur, dans le but de provoquer la catharsis. Rousseau critique la superficialité de cet effet, qui ne dure pas et ne mène pas à une véritable transformation morale.
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Catharsis : Purification ou soulagement des passions par la représentation théâtrale, permettant au spectateur de se libérer de ses passions en les voyant représentées. Selon Aristote, la tragédie doit provoquer cette purification, mais Rousseau questionne la véritable efficacité de cet effet.
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Purification par les émotions : Processus par lequel le théâtre, en suscitant des passions fortes, permettrait au spectateur de se libérer de ses passions mauvaises ou excessives, en les éprouvant à distance. Rousseau critique cette idée, soulignant que le théâtre peut aussi renforcer ces passions.
📝 Points essentiels
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La mimésis est au cœur du théâtre, permettant la représentation des passions humaines, qui sont universelles et présentes dans tous les cœurs. Rousseau insiste sur le fait que cette représentation est souvent faite pour plaire, en flattant ou en exagérant ces passions.
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La contagion évoquée par Rousseau désigne la capacité du théâtre à influencer moralement et émotionnellement le spectateur, qui peut devenir complice des actes représentés, voire corrompu moralement.
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Rousseau souligne que l’effet émotionnel du théâtre, notamment la catharsis, est souvent superficiel et passager, ne menant pas à une véritable transformation morale. La représentation peut aussi déformer la réalité, éloignant le spectateur de ses semblables.
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La critique de Rousseau porte aussi sur la déformation de la réalité par le poète, qui ajuste la représentation pour flatter le goût du public, créant une distance entre la scène et la vie réelle, ce qui limite la véritable moralité ou instruction.
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La représentation des passions par le théâtre peut entraîner une contamination morale, car le spectateur, en s’identifiant ou en étant influencé, peut adopter des comportements ou des passions mauvaises.
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Rousseau propose de remplacer le théâtre par la fête, qui favorise une communion immédiate et égalitaire, évitant la séparation entre acteurs et spectateurs, et limitant la mimésis à une imitation sans déformation ni flatterie.
💡 À retenir
Le théâtre, par la mimésis, représente les passions humaines pour émouvoir, mais il peut aussi contaminer moralement le spectateur, qui risque de devenir complice ou de renforcer ses passions mauvaises. Rousseau critique cette influence et privilégie la fête comme moyen d’union sociale authentique.
📖 8. Remise en question de l'art dramatique
🔑 Notions clés & Définitions
- Critique de la représentation : remise en cause de la manière dont le théâtre déforme la réalité pour plaire au public, en flattant ou en exagérant les passions humaines, ce qui éloigne la scène de la vérité (source : Rousseau).
- Déformation de la réalité dans le théâtre : processus par lequel le théâtre modifie, amplifie ou altère la réalité pour susciter des émotions ou répondre aux goûts du public, créant une distance avec la vie réelle (source : Rousseau).
- Question de la moralité : interrogation sur l’impact moral du théâtre, notamment sa capacité à corrompre ou à influencer négativement les mœurs sociales, en représentant des actions atroces ou immorales (source : Rousseau).
- Effet social du théâtre : réflexion sur l’influence du théâtre comme lieu d’éducation ou de corruption, pouvant renforcer ou déstabiliser l’ordre moral et social, selon Rousseau et d’autres penseurs (source : Rousseau).
- Remise en question de l’art dramatique : critique visant à limiter ou à transformer le rôle du théâtre, en proposant notamment la fête en alternative, pour éviter la contamination morale et favoriser une organisation sociale plus saine (source : Rousseau).
- Critique de la représentation comme contagion : idée que le théâtre peut transmettre la contagion du mal, en suscitant chez le spectateur des passions qui peuvent le corrompre ou le rendre complice des crimes représentés (source : Rousseau).
- Déformation de la réalité par le poète : notion que le poète, en représentant des passions ou des actions, modifie la réalité pour flatter le goût du public, créant une distance entre la scène et la vie réelle (source : Rousseau).
- Effet de catharsis : concept aristotélicien évoqué par Rousseau, mais questionné quant à sa véritable efficacité, car il pourrait ne produire qu’une émotion passagère sans véritable purification morale (source : Rousseau).
- Fête vs théâtre : proposition de Rousseau que la fête, en étant une organisation collective en plein air, pourrait remplacer le théâtre pour renforcer la cohésion sociale sans déformer la réalité ni corrompre les mœurs (source : Rousseau).
- Mimésis et contagion : idée que la représentation mimétique peut entraîner une contagion morale, où le spectateur, en voyant agir le mal ou la violence, pourrait devenir lui-même mauvais ou imiter ces actes (source : Rousseau).
- Question de la moralité et de l’effet social : interrogation sur la responsabilité morale du théâtre dans la formation ou la déformation des mœurs, et sur ses effets potentiellement néfastes ou bénéfiques pour la société (source : Rousseau).
📝 Points essentiels
- La critique de Rousseau porte sur la déformation de la réalité dans le théâtre, qui flatte ou exagère les passions humaines pour plaire, mais qui éloigne la scène de la vérité et de la moralité.
- Rousseau considère que le théâtre peut agir comme une contagion morale, en diffusant des passions et des crimes, ce qui peut corrompre la société.
- La représentation théâtrale est vue comme un moyen de flatter les passions, mais aussi comme un vecteur de déformation de la réalité, ce qui pose la question de ses effets sur la morale publique.
- La proposition de Rousseau est de remplacer le théâtre par la fête, qui serait plus sociale, naturelle et moins susceptible de déformer la réalité ou de corrompre.
- La critique s’appuie sur l’idée que le théâtre, en représentant des passions et des actions immorales, peut renforcer la déformation morale et la contagion du mal.
- La réflexion sur la moralité et l’effet social du théâtre soulève la question de sa responsabilité dans la formation des mœurs et de son rôle dans l’éducation du peuple.
💡 À retenir
Le théâtre, selon Rousseau, déforme la réalité pour flatter les passions, ce qui peut entraîner une contagion morale et une dégradation des mœurs, d’où la nécessité de le remplacer par la fête, plus naturelle et socialement bénéfique.
📊 Tableaux de Synthèse
| Thème | Notions clés | Auteur / Référence |
|---|
| Orchésographie (danse du 16ème siècle) | Manuel pratique avec partitions, classification des danses (basse-danse, branles, gaillarde, gavotte, pavane), danse récréative et de société | Thoinot Arbeau (Jehan Tabourot) |
| Classification des danses | Danse de cour (pavane, basse-danse), danse populaire (gaillarde, gavotte), danse de cortège (branles, pavane), danse de couples (gaillarde) | Arbeau |
| Théâtre classique (17ème siècle) | Respect des trois unités (temps, lieu, action), structure en 5 actes, alexandrin, bienséance, vraisemblance, grandeur, honnête homme | Corneille |
⚠️ Pièges & Confusions Fréquentes
- Confondre la basse-danse (danse lente, noble) avec la pavane (danse lente et majestueuse) — bien distinguer leur usage et leur symbolique.
- Assimiler toutes les danses en chaîne ou en procession comme étant des branles ou pavane, alors qu'il existe différentes catégories selon leur contexte.
- Confondre danse de cour (aristocratique) et danse populaire (traditionnelle, communautaire) — leur usage social et rythme diffèrent.
- Croire que l’orchésographie ne concerne que la danse, alors qu’elle intègre aussi une approche pédagogique et une classification précise.
- Confondre la règle des trois unités avec d’autres règles de théâtre ou de poésie, alors qu’elle concerne spécifiquement la vraisemblance et la cohérence de l’action.
- Penser que Corneille privilégie uniquement la forme en 5 actes, alors qu’il insiste aussi sur la moralité et la grandeur.
- Confusion fréquente entre la règle de grandeur et la règle de bienséance — la première concerne la noblesse d’âme, la seconde la morale et la décence.
✅ Checklist Examen
- Connaître la biographie de Thoinot Arbeau et la date de publication de l’"Orchésographie" (1588).
- Savoir définir l’orchésographie et ses objectifs pédagogiques.
- Identifier les différentes classifications de danses selon Arbeau : basse-danse, branles, gaillarde, gavotte, pavane.
- Expliquer la différence entre danse de cour, danse populaire, danse de cortège et danse de couples.
- Connaître les caractéristiques principales de la tragédie classique selon Corneille : respect des trois unités, structure en 5 actes, vers alexandrin.
- Maîtriser la conception de la grandeur et de l’honnête homme dans le théâtre classique.
- Savoir que la règle des trois unités concerne la vraisemblance, le temps, le lieu et l’action.
- Identifier les principes de bienséance et de vraisemblance dans le théâtre classique.
- Connaître la structure en 5 actes de la tragédie et ses différentes parties.
- Comprendre la polémique autour du respect ou non des unités dans Le Cid.
- Maîtriser la distinction entre danse aristocratique et danse populaire dans la classification d’Arbeau.
- Connaître les principaux auteurs et concepts : Thoinot Arbeau, Corneille, règle des trois unités, grandeur, honnête homme.