Fiche de révision : Interactionnisme en développement humain

Plan du Cours

  1. Psychologie du développement
  2. Nature VS Culture
  3. Théories innéistes et environnementalistes
  4. Interaction nature-culture
  5. Approche interactionniste
  6. Psychologie culturelle
  7. Écosystèmes du développement
  8. Modèles transactionnels
  9. Psychopathologie développementale
  10. Facteurs de risque et protection
  11. Maltraitance et conséquences

1. Psychologie du développement

Notions clés & Définitions

  • Psychologie du développement : étude des changements chez l’individu au fil du temps, visant à comprendre pourquoi certains suivent telle ou telle trajectoire de développement (ex : conséquences selon l’âge lors de la grossesse). Elle s’intéresse aux chemins différents que peuvent emprunter les individus dans leur évolution (source : introduction générale).

  • Trajectoires développementales : chemins différents suivis par les individus dans leur développement, influencés par des interactions entre la personne et son environnement. Ces trajectoires peuvent évoluer positivement ou négativement selon les circonstances (source : introduction).

  • Interactions personne-environnement : influence mutuelle entre l’individu et son environnement physique, social et culturel. Ces interactions façonnent le développement en modifiant ou en maintenant certaines trajectoires (source : introduction).

Points essentiels

  • La psychologie du développement cherche à comprendre les processus qui expliquent la diversité des chemins de croissance individuelle, en insistant sur l’impact des interactions entre la personne et son environnement.
  • La dynamique du développement permet d’anticiper, de soutenir ou d’infléchir les trajectoires, notamment en prévention ou en soutien familial.
  • La question de la nature (inné) versus la culture (acquis) a longtemps dominé la réflexion, mais aujourd’hui, il est reconnu que le développement résulte d’une interaction constante entre ces deux dimensions.
  • La théorie de Sameroff souligne que les dispositions personnelles à un instant donné sont le résultat d’une histoire développementale, intégrant contraintes externes (environnement physique, social, culturel) et internes (maturation, puberté, handicap).
  • Le développement n’est pas simplement l’ajout de culture à la nature, mais une histoire d’interactions continues.
  • La perspective interactionniste considère que le développement est le fruit d’échanges constants entre facteurs innés et environnementaux, sans hiérarchie stricte.

À retenir

Le développement humain est un processus dynamique façonné par l’interaction constante entre l’individu et son environnement, donnant lieu à des trajectoires variées selon les circonstances et les expériences.

2. Nature VS Culture

Notions clés & Définitions

Nature (inné) : Ensemble des caractéristiques biologiques, génétiques et héréditaires qui influencent le développement humain. Selon A. Gesell (maturationisme), l’environnement n’a aucun effet, l’enfant suit un programme prédéfini. La théorie innéiste privilégie la maturation biologique comme moteur principal du développement.

Culture (acquis) : Ensemble des pratiques, connaissances, comportements transmis socialement et appris. Selon J. Watson (béhaviorisme), l’enfant est une "table rase" façonnée par l’environnement. La transmission exogène et l’apprentissage jouent un rôle central dans le développement.

Héritage culturel : Transmission des pratiques et connaissances culturelles d’une génération à l’autre, permettant la continuité et l’évolution des sociétés. Elle se manifeste par la transmission endogène et exogène, influençant la construction des comportements et des outils psychologiques.

Démêlage nature-culture : Ensemble d’études visant à distinguer l’influence de la biologie et de la culture sur le développement humain. Ces études incluent l’analyse des enfants sauvages, des enfants placards, des nouveau-nés, des animaux, et des variations inter-culturelles, ainsi que les études génétiques (h², coefficient d’héritabilité).

Points essentiels

  • La dichotomie entre nature et culture est une construction culturelle, très présente dans l’histoire occidentale, notamment aux XVIe-XVIIe siècles, avec des enjeux politiques liés à la responsabilité de l’origine humaine (inné vs acquis).
  • La plupart de nos comportements résultent d’un mélange entre inné et acquis, impossible à séparer totalement, comme le souligne Sameroff.
  • La recherche a montré que l’environnement influence le développement dès la conception, par exemple via l’impact de la famine ou l’étude des enfants sauvages.
  • La grille de lecture "nature VS culture" a été remise en question par la découverte de l’épigénétique et la co-évolution culture-nature, montrant que l’environnement modifie l’expression génétique et que culture et biologie évoluent conjointement.
  • La naissance n’est pas un point de départ absolu : l’apprentissage commence dès la vie intra-utérine, et la transmission culturelle est cumulative, permettant des innovations et des adaptations.

À retenir

Le développement humain résulte d’une interaction dynamique entre inné et acquis, rendant la dichotomie nature versus culture insuffisante pour expliquer la complexité de l’évolution humaine. La culture et la biologie s’influencent mutuellement, formant un processus intégré et évolutif.

3. Théories innéistes et environnementalistes

Notions clés & Définitions

Théories innéistes
Approches qui privilégient le rôle de la biologie et de la maturation dans le développement. Selon ces théories, le développement est principalement guidé par un programme biologique prédéfini, indépendant de l’environnement.
AUTEUR : A. Gesell (date) : Maturationisme, théorie selon laquelle l’environnement n’a aucun effet sur l’enfant, il suit un programme biologique.

Théories environnementalistes
Approches qui insistent sur l’impact de l’environnement et de l’apprentissage dans le développement. Elles considèrent que le développement résulte principalement des interactions avec l’environnement physique, social et culturel.
AUTEUR : J. B. Watson (date) : Béhaviorisme, qui voit l’enfant comme une table rase, façonnée par l’environnement.

Modèle maturationniste
Modèle de développement guidé principalement par la maturation biologique. Il suppose que le développement suit un ordre prédéfini, peu influencé par l’environnement.
AUTEUR : A. Gesell (date) : Maturationnisme.

Points essentiels

  • La psychologie du développement a longtemps opposé nature (inné) et culture (acquis), mais cette dichotomie est aujourd’hui considérée comme simpliste. La majorité des cpts sont un mélange des deux.
  • La question de la nature et de la culture surgit souvent lors de l’étude de problématiques chez l’enfant, mais il est reconnu qu’on ne peut pas séparer complètement ces deux dimensions.
  • La théorie innéiste, représentée par Gesell, postule que le développement suit un programme biologique, sans influence de l’environnement.
  • La théorie environnementaliste, notamment par Watson, voit l’environnement comme le principal facteur façonnant l’enfant.
  • La notion de moment fondateur (naissance) est remise en question, car l’apprentissage commence dès la vie intra-utérine.
  • La grille de lecture “nature vs culture” a été remise en cause par les avancées en épigénétique et co-évolution, montrant que les deux interagissent constamment.
  • La recherche sur les enfants sauvages, les enfants placards, les études sur les nouveau-nés, et les études génétiques ont permis d’éclairer la complexité du développement.
  • La notion d’héritabilité (coefficient h²) permet d’évaluer la part de variabilité liée à la génétique, mais elle ne donne pas une réponse définitive sur l’inné ou l’acquis.
  • La théorie de Vygotski et l’épigénétique montrent que l’environnement peut modifier l’expression génétique, rendant la dichotomie encore plus floue.

À retenir

Le développement humain ne peut être réduit à l’inné ou à l’acquis : il résulte d’une interaction dynamique entre facteurs biologiques et environnementaux, rendant la distinction entre ces deux approches dépassée.

4. Interaction nature-culture

Notions clés & Définitions

Interaction nature-culture : Processus dynamique où l'inné (biologique, génétique) et l'acquis (social, culturel) s'influencent mutuellement, façonnant le développement de l’individu. La culture n’est pas simplement ajoutée à la nature, mais interagit constamment avec elle, influençant la manière dont les dispositions personnelles évoluent en réponse aux contraintes externes et internes.

Épigénétique : Étude de comment l’environnement modifie l’expression des gènes sans changer la séquence ADN, par exemple, via des mécanismes qui activent ou désactivent certains gènes en réponse à des facteurs environnementaux. La métaphore du piano illustre comment l’environnement peut jouer sur la "partition" génétique.

Co-évolution culture-nature : Interaction évolutive entre les pratiques culturelles et la biologie humaine, où chaque domaine influence et modifie l’autre au fil du temps. Par exemple, la maîtrise du feu ou la transmission culturelle de comportements modifient la sélection génétique, et vice versa.

Points essentiels

  • La dichotomie entre nature et culture est considérée comme une construction culturelle, notamment en Occident, et est remise en question par la recherche contemporaine (Descola 2005).
  • La question de la nature versus la culture surgit souvent en contexte de problématiques ou de troubles, mais il est reconnu que tout comportement résulte d’un mélange de dispositions personnelles, influencées par l’histoire développementale, les contraintes externes (environnement physique, social, culturel) et internes (maturation, puberté, handicap).
  • La naissance n’est pas un point de départ absolu, car l’apprentissage commence dès la vie intra-utérine, et l’environnement influence le déclenchement de processus biologiques (ex : règles).
  • La grille de lecture "nature vs culture" a été dépassée par les avancées en épigénétique et en étude de la co-évolution, montrant que l’environnement modifie l’expression génétique et que la culture influence la biologie.
  • La transmission culturelle, comme la maîtrise du feu ou la langue, illustre cette interaction évolutive, où les pratiques culturelles façonnent la biologie humaine.
  • La notion de dispositions personnelles, résultant d’une histoire développementale et d’adaptations successives, souligne que le développement n’est pas une simple addition de nature et culture, mais une interaction continue.

À retenir

Le développement humain ne peut être réduit à l’inné ou à l’acquis : il résulte d’une interaction constante entre la biologie et la culture, où chaque facteur influence l’autre dans un processus évolutif et dynamique.

5. Approche interactionniste

Notions clés & Définitions

Approche interactionniste : Perspective qui considère le développement comme le résultat d'interactions entre facteurs innés et environnementaux, intégrant la dynamique entre l’individu et son environnement physique, social et culturel.

Modèles transactionnels : Modèles qui mettent en avant l’interaction continue entre l’individu et son environnement dans le développement, soulignant que le changement résulte d’échanges constants et réciproques.

Points essentiels

  • Le développement ne peut pas être réduit à une seule cause (inné ou acquis) mais résulte de l’interaction entre ces deux dimensions.
  • La psychologie du développement s’intéresse à la diversité des trajectoires développementales, influencées par ces interactions.
  • La grille de lecture binaire (nature vs culture) a évolué vers des modèles plus dynamiques, intégrant la complexité de leur interaction.
  • La question de la nature et de la culture est culturellement construite, et leur distinction est souvent politique.
  • La recherche a montré que la majorité de nos comportements et capacités résultent d’un mélange entre inné et acquis, avec une influence constante de l’environnement dès la vie intra-utérine.
  • La théorie de Vygotski insiste sur l’intériorisation des outils psychologiques (langage, écriture, calendriers) issus de l’interaction sociale, qui façonnent le développement des fonctions psychiques supérieures.
  • La cognition culturelle, selon Tomasello, montre que la transmission culturelle et la capacité à élaborer des symboles différencient profondément l’humain des autres primates.
  • La pensée systémique et l’écologie du développement soulignent que le développement doit être compris comme un système ouvert, où chaque élément influence et est influencé par les autres, dans un processus d’interdépendance et d’émergence.

À retenir

Le développement humain résulte d’un processus dynamique d’interactions continues entre facteurs innés et environnementaux, où chaque élément influence l’autre dans un système en constante évolution.

6. Psychologie culturelle

Notions clés & Définitions

Psychologie culturelle : étude de la manière dont la culture influence la cognition et le comportement, en analysant comment les systèmes de signes et de pratiques culturelles façonnent la pensée et l’action des individus.

Outils psychologiques : moyens culturels qui aident à penser et à se représenter le monde, tels que le langage, les calendriers, l’écriture, les symboles numériques, les œuvres d’art, etc. Ces outils sont des élaborations sociales, artificielles, et non organiques ou individuelles, qui facilitent la cognition.

Langage : outil culturel le plus développé, permettant la médiation de la pensée, la communication, et l’intériorisation des fonctions psychiques supérieures. Il est une création culturelle qui se transmet socialement, puis intériorisée pour devenir un outil psychologique.

Calendriers : outils culturels servant à penser le temps long et le passage du temps. Ils varient selon les cultures (ex : grégorien, maya) et sont des élaborations sociales permettant d’organiser la perception du temps.

Symboles numériques et algébriques : systèmes de quantification créés culturellement, permettant d’augmenter la cognition en structurant la pensée abstraite (ex : chiffres arabes vs romains).

Écriture : outil culturel facilitant la mémorisation, la transmission de sens, et la structuration de la pensée. Chaque culture possède ses propres alphabets ou systèmes d’écriture.

Intériorisation des outils : processus par lequel les outils psychologiques, initialement sociaux, deviennent des fonctions internes permettant à l’individu de penser de manière autonome. La théorie de Vygotski insiste sur la nécessité de l’interaction sociale pour cette intériorisation.

Points essentiels

  • La psychologie culturelle montre que la cognition humaine est profondément façonnée par la culture, notamment par la transmission et l’intériorisation des outils psychologiques.
  • Ces outils, tels que le langage, l’écriture, et les calendriers, sont des élaborations sociales qui permettent de penser le temps, les quantités, et de structurer la pensée.
  • La théorie de Vygotski souligne que ces outils apparaissent d’abord dans un contexte social, puis deviennent des fonctions intrapsychiques, essentielles au développement du psychique supérieur.
  • La culture est un système de signes dont le sens est partagé, et qui influence la manière dont les individus perçoivent et agissent dans le monde.
  • La cognition humaine ne peut être comprise sans prendre en compte la dimension culturelle et les interactions sociales qui la médiatisent.

À retenir

La psychologie culturelle met en évidence que la pensée humaine est le produit d’un processus d’intériorisation des outils culturels, transmis socialement, qui façonnent la cognition et le comportement.

7. Écosystèmes du développement

Notions clés & Définitions

Écosystèmes du développement : Cadre qui englobe tous les contextes influençant le développement de l’individu, incluant les niveaux micro, meso et macro (Brofenbrenner, 1979). Ces niveaux représentent respectivement l’environnement immédiat, les interactions entre environnements proches, et les influences sociales et culturelles plus larges.

Interaction sociale : Rôle des échanges et relations avec autrui dans le développement cognitif et social. Elle constitue le moteur principal de l’intériorisation des outils psychologiques et du développement des fonctions psychiques supérieures (Vygotski, 1985).

Points essentiels

  • Le développement de l’individu est influencé par l’ensemble des contextes environnementaux, structurés en différents niveaux : micro (famille, école), meso (interactions entre ces milieux), macro (culture, société, institutions).
  • La famille, en tant que système, illustre la pensée systémique : interdépendance, émergence, réciprocité et adaptation. La famille est un système ouvert en constante réorganisation pour maintenir son équilibre.
  • La psychologie de la famille considère que le développement de l’enfant est inséparable de son environnement familial, où la qualité du parentage et la santé mentale des parents jouent un rôle clé.
  • La théorie écologique de Brofenbrenner insiste sur l’interdépendance des niveaux et leur influence réciproque, soulignant que tout changement dans un niveau impacte les autres.
  • La pensée systémique met en avant que le tout dépasse la somme de ses parties, avec des phénomènes d’émergence et d’interdépendance, notamment dans les systèmes complexes comme la famille ou l’écosystème social.
  • La dynamique des interactions sociales, notamment via l’étayage et la référence sociale, favorise l’acquisition des outils culturels et le développement des fonctions psychiques supérieures (Vygotski, 1985).

À retenir

L’écosystème du développement intègre tous les contextes sociaux, culturels et familiaux qui interagissent de manière dynamique, influençant profondément le parcours développemental de l’individu. La compréhension de ces interactions est essentielle pour soutenir un développement harmonieux.

8. Modèles transactionnels

Notions clés & Définitions

  • Modèles transactionnels : Approches qui décrivent le développement comme le résultat d’échanges continus entre l’individu et son environnement. Ces modèles insistent sur la dynamique d’interactions permanentes où chaque partie influence l’autre dans le processus de développement (voir aussi "interaction personne-environnement").
  • Interaction personne-environnement : Influence mutuelle dans le processus de développement, où l’individu et son environnement s’impactent réciproquement, façonnant ainsi le parcours développemental (voir aussi "modèles transactionnels").

Points essentiels

  • Le développement n’est pas linéaire ni déterminé uniquement par des facteurs innés ou acquis, mais résulte d’échanges continus entre la personne et son environnement physique, social et culturel.
  • La dynamique de ces échanges permet des trajectoires développementales différentes selon les interactions spécifiques.
  • La conception des modèles transactionnels s’éloigne de la vision binaire nature vs culture pour privilégier une approche plus dynamique, intégrant l’histoire personnelle et le contexte environnemental.
  • La théorie met en avant que le développement est une accumulation d’adaptations successives, où chaque interaction influence la suivante.
  • La famille, l’environnement social, et les interactions quotidiennes jouent un rôle central dans la construction du développement individuel.

À retenir

Les modèles transactionnels soulignent que le développement résulte d’échanges continus et réciproques entre l’individu et son environnement, rendant chaque trajectoire unique et dynamique.

9. Psychopathologie développementale

Notions clés & Définitions

  • Psychopathologie développementale : étude des troubles du développement chez l'enfant et l'adolescent, en s'intéressant à la manière dont ces troubles apparaissent et évoluent au fil du temps.

  • Facteurs de risque : éléments ou conditions qui augmentent la probabilité de développer un trouble du développement. Ces facteurs peuvent être externes (environnement physique, social, culturel) ou internes (maturation, puberté, handicap).

  • Facteurs de protection : éléments ou conditions qui diminuent la probabilité de développer un trouble du développement, en favorisant un développement sain ou en atténuant l’impact des facteurs de risque.

  • Dispositions personnelles : caractéristiques individuelles résultant de l’histoire développementale, qui influencent la vulnérabilité ou la résilience face aux troubles.

  • Interactions développementales : processus par lequel les facteurs internes et externes interagissent au fil du temps pour influencer le développement.

  • Histoire développementale : succession d’adaptations à des contraintes externes (environnement physique, social, culturel) et internes (maturation, puberté, handicap), qui façonnent les dispositions personnelles.

Points essentiels

  • La psychologie du développement s’intéresse aux changements et trajectoires différentes chez l’individu, en soulignant que ces changements sont en grande partie induits par les interactions entre la personne et son environnement physique, social et culturel.

  • La question de la nature (inné) versus la culture (acquis) a évolué vers une compréhension plus dynamique, où ces deux dimensions sont indissociables et influencent mutuellement le développement.

  • La grille de lecture « nature VS culture » a été remise en question par les avancées en épigénétique et en études sur la co-évolution culture-nature, montrant que le développement résulte d’interactions complexes.

  • La notion de dispositions personnelles insiste sur le fait que le développement n’est pas simplement une addition de culture et de nature, mais une histoire d’interactions où chaque individu possède des caractéristiques uniques façonnées par son parcours.

  • La théorie interactionniste met en avant que le développement est le résultat d’échanges continus entre facteurs innés et environnementaux, où l’environnement peut moduler l’expression génétique (voir épigénétique).

  • La famille et l’environnement familial jouent un rôle central dans le développement, avec une dynamique systémique où chaque membre influence les autres, et où la cohésion, la hiérarchie et la qualité des liens sont déterminantes.

  • La santé mentale maternelle, notamment la dépression post-partum ou d’autres psychopathologies, constitue un facteur de risque pour le développement de troubles chez l’enfant, en affectant la qualité du parentage.

  • L’écologie du développement humain, selon Brofenbrenner, décrit l’environnement social de l’enfant comme un ensemble de cercles concentriques, où chaque niveau influence le développement global.

À retenir

Le développement psychologique de l’enfant est le résultat d’interactions complexes entre ses dispositions personnelles, ses expériences, et son environnement, ce qui rend chaque trajectoire unique et modulable par divers facteurs de risque et de protection.

10. Facteurs de risque et protection

Notions clés & Définitions

Facteurs de risque : éléments qui influencent négativement le développement, augmentant la probabilité de survenue de troubles ou de trajectoires développementales défavorables (voir section 9).
Facteurs de protection : éléments qui influencent positivement le développement, diminuant la vulnérabilité face aux risques ou aux difficultés (voir section 9).
Maltraitance : effets négatifs de la maltraitance sur le développement psychologique et physique, pouvant entraîner des troubles ou des retards dans le développement (voir section 9).
Conséquences de la maltraitance : effets délétères sur le développement, tels que troubles psychologiques, retards cognitifs, problèmes physiques ou sociaux, liés à une maltraitance précoce ou prolongée.

Points essentiels

  • Le développement de l’enfant est influencé par une interaction entre dispositions personnelles et exigences de la situation (voir section 9).
  • Les facteurs de risque peuvent être externes (environnement physique, social, culturel) ou internes (maturation, vulnérabilités).
  • La maltraitance a des effets négatifs sur le développement psychologique et physique, pouvant compromettre la santé mentale, le comportement, ou la croissance physique.
  • La protection réside dans la présence de facteurs favorables, tels que un environnement stable, un soutien social, ou une intervention précoce.
  • La compréhension du développement nécessite de considérer l’ensemble des contraintes et dispositions personnelles qui façonnent la trajectoire de l’individu.
  • La pensée systémique souligne que tout changement dans un système (ex : famille) affecte l’ensemble, et que la prévention ou l’intervention doit prendre en compte ces interactions.

À retenir

Le développement humain résulte d’un équilibre dynamique entre facteurs de risque et facteurs de protection, où la maltraitance constitue un facteur de risque majeur aux effets délétères, tandis que la stabilité et le soutien favorisent un développement positif.

11. Maltraitance et conséquences

Notions clés & Définitions

  • Dispositions personnelles : caractéristiques individuelles influencées par l’histoire développementale, résultant d’une succession d’adaptations à des contraintes internes (maturation, puberté, handicap) et externes (environnement physique, social, culturel) (source). Ces dispositions façonnent la réponse de l’individu face à la maltraitance ou à d’autres expériences de vie.

  • Interactions développementales : processus par lequel les facteurs internes (maturation, dispositions personnelles) et externes (environnement, contexte social) interagissent au fil du temps, influençant la trajectoire de développement de l’individu (source).

Points essentiels

  • La psychologie du développement s’intéresse à la dynamique de changement chez l’individu, notamment comment les interactions entre la personne et son environnement peuvent conduire à des trajectoires développementales différentes (source).

  • La maltraitance, en affectant l’environnement et en modifiant potentiellement les dispositions personnelles, peut entraîner des conséquences négatives sur le développement psychologique et physique de l’enfant ou de l’adolescent.

  • La compréhension du développement ne peut se limiter à une dichotomie inné/acquis ; il s’agit d’un processus d’interactions complexes où les dispositions personnelles, façonnées par l’histoire développementale, jouent un rôle central dans la réponse aux expériences de maltraitance.

  • La prévention et le soutien visent à intervenir sur ces interactions, en soutenant l’enfant et sa famille, en modifiant l’environnement ou en renforçant les dispositions personnelles pour limiter les effets délétères de la maltraitance.

À retenir

Le développement humain résulte d’une interaction continue entre les dispositions personnelles, façonnées par l’histoire développementale, et l’environnement, ce qui explique que les conséquences de la maltraitance dépendent de ces interactions et de leur évolution dans le temps.

Tableaux de Synthèse

AspectInnée (Nature)Acquise (Culture)Auteur / RéférenceCommentaires
DéfinitionCaractéristiques biologiques, génétiquesPratiques, connaissances, comportements transmis socialementGesell (maturationisme), Watson (béhaviorisme)Deux visions opposées traditionnellement
Rôle dans le développementProgrammé, indépendant de l’environnementFaçonné par l’environnement et l’apprentissageGesell, WatsonLa réalité : interaction constante
Influence de l’environnementNégliée ou absente (Gesell)Centrale (Watson)Gesell, WatsonLa recherche montre une influence mutuelle
Évolution du conceptDe la séparation stricte à l’interactionLa co-évolution, épigénétique-La dichotomie est dépassée
Exemple d’étudesEnfants sauvages, études génétiquesÉtudes sur l’apprentissage, transmission culturelle-La complexité du développement dépasse ces catégories

Pièges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre inné et acquis comme deux causes exclusives, alors qu’ils interagissent constamment.
  2. Croire que la théorie de Gesell affirme que l’environnement n’a aucun effet, alors qu’elle minimise son rôle.
  3. Surestimer l’impact de la génétique via le coefficient h² sans considérer l’épigénétique.
  4. Penser que la naissance marque un point de départ absolu, alors que l’apprentissage commence dès la vie intra-utérine.
  5. Confondre la vision innéiste avec l’idée que le développement est entièrement prédéterminé.
  6. Croire que la dichotomie nature vs culture est une opposition simple, alors qu’elle est une construction culturelle dépassée.
  7. Omettre l’impact de l’épigénétique dans la modulation de l’expression génétique par l’environnement.

Checklist Examen

  1. Connaître la définition de la psychologie du développement et ses objectifs.
  2. Expliquer la notion de trajectoires développementales et leur importance.
  3. Maîtriser la différence entre inné (nature) et acquis (culture) avec exemples.
  4. Identifier les principaux auteurs : Gesell (maturationisme), Watson (béhaviorisme), Sameroff (interactionniste).
  5. Comprendre la critique de la dichotomie nature vs culture par les avancées en épigénétique.
  6. Savoir décrire le modèle maturationniste et ses implications.
  7. Connaître la théorie de Vygotski sur l’impact de l’environnement.
  8. Savoir définir l’héritabilité (h²) et ses limites.
  9. Expliquer le concept d’interaction nature-culture dans le développement.
  10. Identifier les études clés illustrant l’interaction entre facteurs biologiques et environnementaux.
  11. Comprendre que le développement humain résulte d’une interaction dynamique, non d’une cause unique.
  12. Maîtriser la notion d’épigénétique et son rôle dans la modulation génétique.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Interactionnisme en développement humain avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. En quoi les facteurs de risque et les facteurs de protection diffèrent-ils principalement dans leur influence sur le développement de l’individu ?

2. Quel auteur est principalement associé à la formalisation des modèles transactionnels en développement ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Interactionnisme en développement humain avec 22 flashcards interactives.

Psychologie du développement — définition ?

Étude des changements chez l’individu au fil du temps.

Trajectoires développementales — rôle ?

Chemins différents suivis par chaque individu.

Interactions personne-environnement — influence ?

Modèlent le développement par rétroactions mutuelles.

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